COLLECTIONS DE DESSINS DE GONCOURT
PEINTRES, SCULPTEURS, DESSINATEURS, VIGNETTISTES, ORNEMANISTES, ARCHITECTES DU XVIIIe SIÈCLE
Anonyme.—Sur un fond d'architecture, entre deux colonnes torses entourées de guirlandes de fleurs, un voile tendu par deux amours; en haut, au milieu, un petit cartouche représentant Jésus amené devant Caïphe; en bas, le lavement des pieds des Apôtres prenant tout le bas de la feuille de papier.
Dessin à la sanguine et à la pierre d'Italie[7].
Encadrement de page d'un livre religieux, dont le texte devait être imprimé sur le blanc et le vide du voile.
Manière de Hallé.
H. 34, L. 22.
—Même entourage; en haut, cartouche représentant l'Annonciation; en bas, le prophète Élie avec un aigle à ses pieds.
Dessin à la sanguine et à la pierre d'Italie.
Même destination que le précédent.
Manière de Hallé.
H. 31, L. 22.
Anonyme.—Sous de grands arbres, au bord d'une rivière, une Diane dormant nue au milieu de ses nymphes.
Bistre sur crayonnage.
Manière de Callet.
H. 23, L. 26.
Anonyme.—Une femme, un pied sur un banc, et qu'un jeune homme soulève, l'aidant à atteindre un bouquet de cerises; un homme couché à terre et regardant sous les jupes de la femme.
Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume.
Manière de Queverdo.
H. 21, L. 17.
Anonyme.—Un sultan assis, les jambes croisées sur un divan, une aigrette de rubis à son turban; derrière lui trois Turcs, dont l'un fume.
Aquarelle sur trait de plume.
Manière mélangée de Liotard et d'Hilaire.
H. 25, L. 31.
Anonyme.—Zéphyr caressant Flore couchée à terre. Faune surprenant une nymphe endormie sur son urne.
Dessins sur papier jaune, à la pierre noire estompée, rehaussée de craie.
Ces deux dessins dont j'ai vu autrefois les tableaux, non signés, chez Évans, marchand de curiosités, sont faits dans la première manière de Vien.
H. 9, L. 25.
Anonyme.—Une vue des nouveaux boulevards, pleine de monde qui regarde un Arlequin, au son d'un violon, balancer un coq sur une corde.
Encre de Chine, très légèrement lavée d'aquarelle.
École de Huet.
H. 27, L. 34.
Adam (Lambert-Sigismond). Le sculpteur auquel Mariette reproche «de faire tout en sorte que tout forme trou dans ses ouvrages», le dessinateur facile et tourmenté.
—Fontaine, au pied formé par deux dauphins rejetant l'eau que versent, au sommet, deux amours aux extrémités de poissons. Tout autour du vase, orné de masques, court une frise représentant des jeux d'amours.
Bistre sur trait de plume.
Signé: Adam.
H. 40, L. 25.
Amand (Jacques-François). Un artiste que l'on ne connaît guère que par la petite eau-forte insérée dans le «Dictionnaire des graveurs» de Basan, un peintre qui a eu l'ambition de refaire pour son temps, dans une suite de grands dessins, les intérieurs d'artisans de Bosse qu'il peuple d'ouvriers à la tournure d'apôtres,—des ressouvenirs de peintre d'histoire, transportés dans la vie familière du xviiie siècle. Deux des dessins de cette suite, le Menuisier et le Doreur, mentionnés dans le catalogue du graveur Le Bas, se retrouvaient à la vente de M. Laperlier.
—Dans un atelier aux poutres du plafond soutenues par des colonnes de pierre, des ouvriers sont occupés à des travaux de menuiserie. Au premier plan, à gauche, une femme agenouillée remplit un panier de copeaux[8].
Dessin lavé à l'encre de Chine sur trait de plume.
Signé sur un rabot posé à terre: Amand.
Gravé par Chenu et Le Bas de la même grandeur sous le titre: l'Atelier du sieur Jadot établi dans l'emplacement de l'ancienne église de Saint-Nicolas.
Vente Lebas et Laperlier.
H. 33, L. 44.
Aubry (Étienne). Des dessins dans la manière de Greuze, lavés avec le bistre de Fragonard, mais qui n'ont pas la fougue du dessin du premier, ni la chaleur du procédé du dernier; le bistre en les dessins d'Aubry ne fait que des salissures[9].
—Dans une chambre de la campagne, une dame faisant embrasser par un garçonnet en matelot un tout petit enfant, que tient sur ses genoux une jeune femme; à gauche est assis un gentilhomme jouant avec une grande canne; à droite, derrière la chaise de la visiteuse, une vieille paysanne et un vieux paysan se tenant debout.
Bistre.
Gravé par De Launay, sous le titre: les Adieux a la nourrice. Le tableau a été exposé au Salon de 1777, et depuis a fait partie de la collection de M. Boitelle.
Vente Valferdin.
H. 39, L. 48.
—Femme tenant contre elle un enfant effrayé à la vue d'une souris, que lui montre, dans une souricière, une autre femme agenouillée.
Bistre.
Portant la marque A G P B, la marque de M. de Bizemont, fondateur du Musée d'Orléans.
H. 28, L. 24.
Bardin. Un dessinateur du nu, plus anatomiste et moins conventionnel que ses contemporains.
—Au milieu de femmes ivres, aux mains garnies de cymbales, un corybante dansant, en agitant au-dessus de sa tête un tambour de basque.
Camaïeu de gouache sur papier jaune réservé pour les lumières.
Signé: Bardin, 1776.
Vente Tondu.
H. 32, L. 16.
Baudouin (Pierre-Antoine). Je ne puis que répéter ce que j'ai déjà dit: c'est que la gouache de Baudouin n'a rien du petit art fini et pourléché de Lawreince, mais que ses gouaches sont esquissées dans la pâte à l'eau, ainsi que Fragonard esquissera, plus tard, ses nudités dans la pâte à l'huile. Et j'ajouterai que toute gouache finie, pinochée, qui a perdu le caractère d'esquisse, n'est pas un Baudouin ou n'est plus un Baudouin. Je vais m'expliquer sur cette dernière phrase. Il y a un certain nombre de Baudouin qui ont un dessous vrai, mais qui n'ont que cela, avec une peinturlure bête par dessus, et je citerai la «Soirée des Thuileries» venant du baron de Saint-Vincent, où il n'y a plus guère du peintre, à l'heure qu'il est, qu'un peu de la femme et son gant long; je citerai encore «le Coucher de la mariée» ayant appartenu à Roqueplan, où la touche de l'artiste n'est plus retrouvable que sur la garniture de la cheminée. Les gouaches de Baudouin, ces peintures fragiles, un moment abandonnées à l'humidité des fonds de magasins et même à la pluie des quais, ont généralement beaucoup souffert et ont été restaurées pour le goût de ceux qui les achetèrent bien avant les artistes, pour les vieux polissons. Puis au fond il n'a jamais existé de restaurateur capable de faire revivre l'esprit, le faire d'ébauche de ces sortes d'ouvrages. Non, disons-le encore, jamais on ne rencontre chez Baudouin le travail du dessus de tabatière, le joli peiné de la gouache courante; au contraire, il préfère au plaisant du métier, aux agréables et fausses colorations du genre, des couleurs qui visent à la solidité, à l'intensité, à la vérité de la peinture à l'huile, et les «Soins tardifs», de ma collection, sont un curieux spécimen du sérieux introduit, dans la gouache, par l'artiste si maltraité par le vertueux Diderot. Mais s'il y a beaucoup de Baudouin repeints, il est encore un plus grand nombre de copies du temps, exécutées dans une coulée sans transparence, sans rupture de tons, à l'apparence mate et plâtreuse de papier peint, et parmi lesquels je classerai les gouaches jusqu'ici connues du «Confessionnal» et du «Catéchisme». Parmi tous les Baudouin que j'ai vus, je ne connais de Baudouin originaux et sincères, en dehors de ceux catalogués ici, que sa gouache de réception d'une exécution très faible, le croqueton du «Fruit de l'Amour secret» gardé dans un carton du Louvre, un second exemplaire avec différences de «l'Épouse indiscrète» provenant de la vente du baron Saint-Vincent et possédé par M. Edmond de Rothschild[10].
—Une femme, cachée par un amas de matelas jetés sur un fauteuil, épiant son mari, qui prend la gorge d'une chambrière, renversée sur le lit qu'elle était en train de faire.
Gouache.
Gravée en réduction par Simonet, sous le titre: l'Épouse indiscrète. Elle est gravée avec changement: la femme, agenouillée dans la gravure, est debout dans le dessin.
Provenant de la collection Paignon-Dijonval, dans le catalogue de laquelle cette composition est cataloguée sous le no 3542.
H. 33, L. 29.
—Un gouverneur pénétrant avec son élève dans une chambre à coucher, où se voit, sur un lit, une femme dormant presque nue.
Aquarelle sur trait de plume.
Gravé par de Ghendt en réduction et avec changements dans la suite des Quatre parties du Jour, sous le titre: le Matin.
Vente Prault, où cette aquarelle est décrite sous le no 43, et seconde vente Tondu.
H. 25, L. 20.
—Une jeune villageoise et son amant surpris dans un grenier, au milieu de leurs ébats amoureux, par la mère de la jeune fille, dont la tête apparaît dans l'ouverture d'une trappe.
Gouache.
Gravé par De Launay sous le titre: les Soins tardifs.
Vente Tondu.
H. 29, L. 22.
—Une femme à sa toilette, dont un coiffeur accommode les cheveux, pendant qu'une fille de chambre l'éclaire avec une bougie; un gentilhomme accoudé sur la toilette.
Croquis à la plume, lavé d'aquarelle.
Première idée du sujet gravé par Ponce, sous le titre: la Toilette, mais différente de la composition définitive.
H. 23, L. 18.
Beugnet. Un de ces ignorés dessinateurs, dont je crois que toute l'existence artistique est révélée par «la Marchande de bouquet et la Marchande de noix à la guinguette», deux estampes mentionnées dans le catalogue de Paignon-Dijonval, et la présence dans ma collection, de deux grandes et mauvaises gouaches, très curieuses pour l'iconographie de la Révolution. L'une d'elles est incontestablement l'Ile d'Amour de Belleville, bal devenu une mairie, et qui avait conservé, dans sa cour, le kiosque de treillage de mon dessin, existant encore il y a une vingtaine d'années. Elles ont encore un intérêt, ces deux gouaches datées de 1793: elles vous donnent la représentation du bonnet rouge élégant de ces années, du bonnet, pour ainsi dire, des muscadins du temps, une espèce de bonnet à la houssarde, au gland tombant sur le côté, bleu de ciel, bordé d'une large bande rouge.
—Un cabaret de la Courtille sous la Terreur.
La façade est surmontée d'un écusson flanqué de drapeaux, tricolores et couronné d'un bonnet rouge. Aux tables du jardin, des femmes, des enfants, des civils, des militaires boivent, mangent, font l'amour. Sous l'ombre de grands arbres, un orchestre composé d'un violon, d'un cor, d'une basse, fait danser une contre-danse à quatre couples. Au premier plan est assis sur une table un militaire, le casque sur la tête, en habit à parements rouges, en gilet et en culotte jaunes, en bas bleus.
Gouache.
Signé: Beugnet, 1793.
H. 35, L. 53.
—L'Ile d'Amour.
Sous un pavillon de treillage surmonté d'un bonnet rouge, un couple danse. Les tables sont peuplées de femmes au petit bonnet de linge noué d'un ruban, aux amples fichus croisés sur la poitrine, et d'hommes poudrés en carmagnole de couleur tendre, en élégant bonnet rouge. Un homme, tout habillé de rose, donne le bras à une femme tout habillée de bleu, et qui porte sur la tête une sorte de chapeau de pierrot, entouré d'une guirlande de roses. Une femme qui a une ceinture tricolore, s'évente, un pied posé sur un tabouret, tout en causant avec des gardes nationaux. Au premier plan, à gauche, dans un appentis, un garçon cabaretier verse le vin d'un broc dans un litre d'étain.
Gouache.
Signé: Beugnet, 1793.
H. 35, L. 53.
Blarenberghe (Louis-Nicolas). On connaît le faire microscopique de cet artiste de tabatières et de boîtes. Aurait-il fait parfois des choses plus larges? Voici un dessin qui a tout l'air d'un Lepaon, et que je n'aurais jamais songé à attribuer à Blarenberghe, si je n'avais trouvé chez M. Edmond de Rothschild la gouache terminée et, je crois, signée. Malgré cela, je n'ai pas une bien entière confiance dans mon attribution.
—Course de chevaux dans la plaine des Sablons. Au premier plan des gentilshommes à chevalet des carrosses, dont l'un est attelé de six chevaux.
Croquis à la plume, lavé à l'encre de Chine, avec les figures de second plan et le paysage seulement indiqués à la pierre noire.
La gouache de M. Edmond de Rothschild porte la date de 1782.
H. 26, L. 64.
Boilly (Louis-Léopold). Dessinateur, dont les grandes aquarelles de scènes bourgeoises, aux contours d'une calligraphie facile, aux colorations par larges teintes plates étendues sur des ombres uniformément préparées à l'encre de Chine, ne manquent pas d'un certain effet dû à la simplicité du procédé, de l'effet qu'obtenait avant lui, dans ses humoristiques lavis en couleur, l'Anglais Rowlandson.
—Dans une rue de Paris, par une pluie battante, un mari, donnant la main à deux enfants, et suivi de sa femme et de sa fille, qui tient un parapluie sur la tête de sa mère en toilette de soirée, traverse une passerelle jetée sur un ruisseau. A gauche, un homme du peuple causant avec une cuisinière.
Dessin sur trait de plume, rehaussé d'aquarelle sur lavis d'encre de Chine.
H. 32, L. 40.
Boissieu (Jean-Jacques de). Un Hollandais de Lyon retrouvant parfois, en ses laborieux lavis à l'encre de Chine, les habiles petits coups de lumière des grands maîtres des Pays-Bas.
—Un groupe d'arbres, éclairés sur leurs cimes, par une lumière frisante qui vient de la gauche, et projetant leurs ombres à terre; au fond, un lointain montagneux du Lyonnais.
Lavis à l'encre de Chine.
Signé: D. B. 1793.
H. 12, L. 24.
Boquet. C'est le dessinateur officiel des Menus-Plaisirs, l'imaginateur, pendant toute la seconde moitié du xviiie siècle, de tous les costumes et travestissements pour les opéras représentés et les bals de la cour. Un trait de plume ou de crayon à la Eisen, mais encore plus cursif, balayé de quelques touches à l'aquarelle jetées à la diable, et voilà sur le papier pour le costumier un ingénieux, coquet, lumineux habillement. Et ces croquis ont encore, pour l'histoire du costume au théâtre, de précieuses indications écrites de la main de Boquet au bas de chacun d'eux. On connaît trois recueils de ces précieux dessins: l'un qui faisait partie de la collection d'estampes de M. Devéria, et qui a été acquis avec sa collection par le cabinet des Estampes, un autre qui a été acheté 5,500 fr. par les archives de l'Opéra, à la vente du baron Taylor, le troisième qui est chez moi.
—Sophie Arnould, en costume d'Eucharis dans l'Opéra des «Caractères de la Folie».
Aquarelle sur plume.
Le dessinateur des Menus a écrit au bas de son croquis: Mlle Arnould. Eucharis. 2me entrée. Fond de petit satin rose à bandes tamponnées, bandes de gaze d'Italie aussy tamponnées bordées de rézeau d'argent frisé; la gaze d'Italie traversée de bandes de satin découpées, bouillonnées de nœuds par distance de satin rose; une frange d'argent avec un rézeau sur la teste; vêtement de dessous d'argent; mante de satin rose imprimé.
H. 24, L. 15.
—Recueil de 106 costumes et travestissements exécutés pour les opéras représentés à la cour et les bals de la Reine.
Opéra. Le chant.—Mlle S. Arnould, 3 costumes pour l'opéra d'Argie.—Mlle Duplant, 1 pour le Prologue des Amours des Dieux.—Mlle Chevalier, 2 pour Acis et Galatée, etc.—Mlle Dubois, 2.—M. Pillot, 1 pour les Caractères de la Folie.—M. Cassaignade, 2 pour le Fragment de l'acte Turc, etc.—M. Legros, 2 pour Persée, etc.—M. Larrivée, 1 pour les Romans. La danse.—Mlle Guimard, 8 pour les opéras de Persée d'Azolan d'Ismenias, etc.—Mlle Lyonnois, 3 pour la pantomime des Suivantes de la Mode, etc.—Mlle Peslin, 3 pour Tancrède, Orphée, etc.—Mlle Vestris, 4 pour les Talents Lyriques.—Mlle Heinel, 1 pour Anacréon.—Mlle Allard, 3.-Mlle Lany, 1 pour Dardanus.—Mlle Mion, 1.—M. Vestris, 4 pour Cythère assiégée, etc.—M. Dauberval, 4 pour la Provençale, etc.—M. Lany, 2.—M. Laval, 1.—M. Léger, 1.—M. Gardel, 1.—M. Dupré, 1. Et encore des costumes d'acteurs et d'actrices chantant dans les chœurs, de danseuses et de danseurs, de figurants, de comparses, et de personnages intitulés «un Ruisseau», «un Plaisir», «un Monstre né du sang de Méduse»; puis de nombreuses feuilles de groupements d'acteurs et d'actrices, ou d'actrices seules, comme la figuration par Mlles Audinot, Duperré, Dervieux, du groupe des trois Grâces dans l'opéra d'Atalante. Enfin, des croquis préparatoires de la mise en scène, avec des légendes ainsi rédigées: «Un abbé apprenant à jouer de la flûte avec son maître; le maître est havre sec (sic), l'abbé gros, joufflu, avec de gros sourcils noirs.»
Comédie française, Mlle Doligny, 1 pour la Princesse de Navarre.
Bals de la Reine. La comtesse de Boufflers, 1.—Le duc de Bourbon, 1.—Le duc d'Avray, 1.
Tous ces dessins, sauf deux exécutés à la mine de plomb, sont croqués à la plume, et le plus souvent, enlevés au pinceau trempé d'encre de Chine et lavés d'aquarelle.
Borel (Antoine.) Le dessinateur et le vignettiste galant, qui de la volupté spirituelle de ses maîtres, fait la volupté bête et pataude, qui est le caractère et la signature de ses dessins et de ses tristes lavis.
—Un repas dans la campagne, où sur une table dressée sous de grands arbres, au milieu de paysans auxquels on distribue du vin, deux gentilshommes trinquent avec de jeunes villageoises.
Dessin à la plume, lavé d'encre de Chine et par dessus d'aquarelle.
Signé: Borel.
H. 22, L. 30.
Bouchardon (Edme). Le dessinateur que les monteurs de dessins du temps appelaient Apeliotès, dans le cartouche de leur encadrement; le dessinateur dont de simples contre-épreuves dépassaient 700 livres à la vente Mariette; le dessinateur à la filée savante du contour, à l'éphébisme de la ligne dans le nu académique, à la carrure puissante du trait dans l'habillé de ses Cris de Paris; oui, celui-là, si haut placé par le xviiie siècle, et si digne d'estime à toutes les époques, aurait-on pu penser qu'il tomberait si bas, que le dessin de ma collection,—et un dessin de cette même vente Mariette,—serait acheté 2 sous par Gavarni, dans sa jeunesse, étalé où? sur le boulevard du Temple, dans la boue!
—Un monstre ailé, sur des nuages, semant des fleurs.
Sanguine.
Au bas du dessin, de l'écriture de Bouchardon: le Vent d'orient.
Il porte la marque de Mariette, et était catalogué sous le no 1121 de sa collection.
H. 39, L. 28.
Boucher (François)[11]. Le sentiment et le rendu de la chair de la femme, de sa vie frémissante, de sa molle volupté, en dessin aussi bien qu'en peinture, c'est le talent de Boucher et qui n'appartient qu'à lui seul. A ce don joignez la perception du désordre pittoresque, du fouillis du paysage, qui fait du peintre de Mme de Pompadour un révolutionnaire dans la nature académisée et le feuillage à cinq doigts du xviie siècle. Et ce nu féminin et ce rustique de la campagne de son temps, Boucher le formule sur le papier avec toutes les adresses et toutes les habiletés imaginables, et vous trouverez, dans ma collection, des académies de femmes qui vont au maître des maîtres de la chair, à Rubens, et des paysages matutineux faits d'une caresse d'estompe d'une modernité qui étonne[12]. Vous y rencontrerez aussi presque tous ses procédés, même un spécimen de peinture à l'essence sur papier, et, une chose tout à fait rare, une aquarelle à la tonalité d'une vieille tapisserie passée. Ils sont nombreux et de belle qualité, les Boucher, en ma maison d'Auteuil, et cependant il m'en manque un, auquel je pense de temps en temps, comme on pense à une femme qu'un rien stupide vous a empêché de posséder. Il y avait en ce temps, dans la dernière boutique du quai Voltaire qui touche à l'École des Beaux-Arts, un marchand de tableaux et de dessins, un vieux Hollandais du nom de Steinhaut, méprisant très fort l'école française, et dans l'escalier noir duquel j'ai trouvé mon Moreau de «Marie-Antoinette se rendant à Notre-Dame». Un jour cependant je voyais exposé à son étalage un Boucher, une merveille, un tout petit portrait de Mme de Pompadour, miniaturé au pastel, dans un encadrement d'amours et d'attributs d'art de la plus large facture, pardieu! un Boucher, dont je retrouvais plus tard la description dans le catalogue de la collection de M. Sireul, celle que l'expert désignait sous le nom du Portefeuille de M. Boucher. Je marchandai le dessin au bonhomme Steinhaut: il me disait qu'il était honteux, qu'il s'était laissé entraîner dans une vente,—je crois, la vente de M. de Cypierre,—qu'il l'avait payé beaucoup trop cher, et m'engageait à ne pas acheter son dessin. La nuit, je ne pouvais dormir et avais tout le temps, dans mes yeux fermés, ledit Boucher. Le lendemain matin, après avoir réuni les 160 francs demandés du dessin, je courais quai Voltaire: le Boucher était vendu à un Anglais, et je sortais de chez mon Hollandais avec l'âpre et l'enragé désir des choses qui vous sont enlevées. A quelques jours de là, passant sur le quai, Steinhaut m'appelait du seuil de sa porte, et me disait que son Anglais était dégoûté du dessin, qu'il me le céderait au prix qu'il l'avait payé, que c'était convenu, que je n'avais qu'à y aller un dimanche matin, jour où j'étais sûr de le trouver. Le dimanche suivant, j'étais de fort bonne heure à l'adresse de l'Anglais. Une affaire imprévue par hasard l'avait forcé de sortir, et je me trouvais en présence d'une longue lady. Elle sonnait, on apportait le Boucher, et je commençais à sortir de mon gilet, avec des doigts tremblants d'émotion, mes huit louis, quand cette Anglaise, qui semblait avoir autant de vinaigre dans le caractère que de couperose sur la figure, s'écria tout à coup: «Mon mari, Monsieur, n'est pas forcé de vendre ce dessin comme vous semblez le croire?»—«Mais non, Madame, rien dans mes paroles...»—«Mais si.»—«Mais non.» Et finalement elle se refusa absolument à me le vendre. Ce n'est pas mon seul desideratum, il me revient en ce moment, dans le souvenir, un dessin de Watteau que moi seul à la vente, où il se trouvait, savais être la première idée de la Conversation, reproduisant le portrait de Watteau et de M. de Julienne, et encore dans une autre vente un vrai bijou, une gouache de Taunay, représentant une chasse à courre en habits rouges, sous la feuillée d'automne d'une forêt, et combien d'autres, hélas!
—Académie de femme nue, vue de dos, hanchant à droite sur ses pieds entre-croisés; une de ses mains est appuyée sur des étoffes, que son autre main soulève.
Dessin sur papier jaune, aux trois crayons, rehaussé de pastel.
H. 36, L. 34.
—Académie de femme nue, vue de dos, le talon du pied de derrière un peu soulevé, et dans le mouvement d'une femme passant une chemise.
Dessin sur papier gris, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
H. 36, L. 21.
—Académie de femme nue, vue de face, le haut du corps appuyé sur un piédestal sculpté d'amours, les bras relevés au-dessus de la tête et la couronnant.
Dessin sur papier gris, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
H. 35, L. 19.
—Académie de femme nue, couchée, vue de dos, le haut du corps un peu soulevé, une jambe repliée sous l'autre et dont on voit la plante du pied.
Dessin sur papier jaune relevé de quelques touches de pastel bleu.
H. 28, L. 35.
—L'Adoration des bergers.
Esquisse à l'essence sur papier.
Maquette pour le tableau d'autel de la chapelle du château de Bellevue.
Portant la marque du chevalier Damery et provenant de la vente Villenave.
H. 42, L. 28.
—Une jeune fille encore vêtue de sa chemise, du bout de ses pieds essayant l'eau d'un ruisseau dans lequel elle va se baigner; elle a le bras passé sur les épaules d'une compagne; des amours, à mi-jambes dans l'eau, jouent avec un cygne.
Dessin à la pierre d'Italie.
Gravé à l'eau-forte par Huquier sous le titre: Vénus au bain, en tête du Troisième livre de sujets et pastorales par F. Boucher, peintre du Roy; gravé également en fac-similé dans l'œuvre de Demarteau, no 345.
H. 22, L. 18.
—Jeune femme vêtue «à l'espagnole», assise sur une chaise aux pieds contournés; elle a un collier de ruban au cou, et tient, de la main droite levée en l'air, un éventail.
Dessin sur papier jaune aux trois crayons.
Signé: Boucher, 1750.
Ce dessin, provenant de la collection Niel, passait en 1781 à la vente Sireul, où il était acheté 123 fr. par M. Dulac.
H. 34, L. 24.
—Jeune femme assise dans un fauteuil de profil, tournée à gauche, la tête vue de trois quarts. Un petit bonnet jeté sur ses cheveux roulés, elle tient un écran à la main.
Dessin à la pierre d'Italie[13].
Vente Villot.
H. 34, L. 23.
—Un berger agenouillé retirant les bas d'une bergère en chemise qui va se mettre à l'eau; derrière, une femme qui commence à se déshabiller.
Dessin sur papier jaune à la pierre d'Italie rehaussé de craie.
H. 26, L. 23.
—Jardinière à mi-corps, un grand chapeau de paille sur le haut de la tête, et penchée sur un panier qu'elle tient de ses deux mains.
Dessin sur papier bleu à la pierre d'Italie, rehaussé de pastel.
H. 27, L. 30.
—Bergère assise sous des arbres, et mettant à son chapeau une rose que lui demande un berger; auprès d'elle, une chèvre et des moutons.
Aquarelle.
H. 16, L. 21.
—Un vase à l'anse formée par un masque d'où pend une guirlande de lauriers, sur la panse, un culbutis d'amours, fond de paysage.
Dessin sur papier jaune, à la pierre noire, rehaussé de craie.
Étude pour le vase figurant, dans la composition gravée par Aliamet, sous le titre de la Bergère prévoyante.
H. 26, L. 18.
—Petite passerelle en bois sur laquelle un enfant regarde un autre pêchant à la ligne.
Dessin à la pierre noire, au ciel estompé.
Vente Aussant.
H. 31, L. 23.
—Cour de ferme rustique; sous la treille de la porte ouverte, une mère avec un enfant dans sa jupe, au bas de l'escalier, une femme soulevant une terrine; au premier plan, un homme assis par terre à côté d'un âne.
Dessin à la plume, lavé de bistre, sur un frottis de sanguine.
H. 24, L. 21.
—Près d'une chaumière au toit de chaume, une femme en train de laver dans une auge, sous l'enchevêtrement de petits arbres s'entre-croisant au-dessus d'un puits.
Dessin sur papier gris, à la pierre noire, rehaussé de craie.
Signé à l'encre sur l'auge: Boucher.
H. 24, L. 26.
Caresme (Philippe.) Un bistreur, un aquarelliste, un gouacheur, toujours érotique, volontiers obscène, au dessin lourd, à la grâce mastoc, à la sensualité toute matérielle, et dont l'éternelle bacchanale ressemble à une suite de dessins copiés d'après de mauvais bas-reliefs de la décadence romaine.
—Des satyres courent dans la campagne, portant à cru sur leurs épaules des nymphes nues, la coupe à la main. Au premier plan une nymphe et un satyre sont tombés aux pieds d'un autel, décoré de têtes de bouc.
Dessin à la plume et au bistre.
Signé: Ph. Caresme 1780.
Vente Odiot.
H. 32, L. 53.
Carmontelle (Louis). «L'homme aux profils», un dessinateur qui n'est qu'un amateur, un aquarelliste dont les colorations ont quelque chose des petits tableaux de l'époque, fabriqués en paille colorié; et cependant, malgré tout ce qui lui fait défaut, Carmontelle est intéressant, comme un homme qui a fait poser devant lui la société de son temps, et a recueilli tout ce que donne à un artiste incomplet le d'après nature du dessin. Il faut avouer que ses croquis au crayon noir et à la sanguine sont très supérieurs à ses aquarelles.
—Une femme en robe blanche à fleurettes rouges, en mantelet noir fermé, travaillant les mains couvertes de mitaines. Elle est enfoncée dans une bergère sur le dossier de laquelle s'appuie un homme, le chapeau sous le bras, et a en face d'elle une femme en robe bleue, assise sur le bout d'une chaise et penchée vers elle.
Aquarelle.
J'ai cru longtemps que ces deux femmes étaient Mmes Hérault et de Séchelles, gravées par Delafosse, mon dessin ayant une certaine ressemblance avec la gravure, mais un examen plus attentif m'a convaincu que je m'étais trompé, et que les deux femmes, représentées ici, n'avaient point été gravées.
H. 26, L. 19.
—Un gentilhomme de profil tourné à gauche, le tricorne sur l'oreille, la main enfoncée dans la poche de sa veste.
Dessin au crayon noir et à la sanguine.
Au dos, d'une écriture du temps: M. le chevalier de Meniglaise[14].
H. 20, L. 15.
Casanova. Dessinateur qui, en ses dessins, a un peu de la furia que mettait le Bourguignon dans sa peinture militaire.
—Charge de cavalerie sur une batterie d'artillerie; au premier plan un artilleur, la tête nue, une mèche à la main.
Bistre sur trait de plume.
H. 22, L. 40.
—Près d'un grand arbre, sous lequel est bâti un petit corps de bâtiment, une pyramide surmontée d'une fleur de lys que des gens regardent.
Dessin à la pierre d'Italie, lavé de bistre.
Dans la marge, d'une écriture du temps: Obélisque élevé à Turenne où il fut tué d'un boulet de canon. Esquisse de Casanova.
H. 39, L. 31.
Chardin (Jean-Simon). «Chardin, dit Mariette, ne voulait s'aider d'aucun croquis, d'aucun dessin sur le papier.» Donc les dessins de Chardin sont de la plus grande rareté, et aucun des dessins très terminés, que les catalogues de ventes modernes lui attribuent, ne lui appartiennent. Tout ce qu'on peut espérer rencontrer de sa main, ce sont de hâtives croquades d'une composition, quelques études dans le genre de ce fusain représentant une femme le panier au bras, mentionné dans la collection des dessins de d'Argenville, des études pareilles à mon «Joueur de boule», à la silhouette flottante et comme estompée par le pouce du peintre,—une sanguine qui, par parenthèse, est la seule étude que je connaisse, signée d'une signature authentique.
—Homme coiffé d'un tricorne, de profil, tourné à gauche, une épaule appuyée à un mur, se disposant à lancer une boule.
Sanguine estompée.
Signé: J. B. Chardin 1760.
H. 35, L. 22.
—Un homme montrant la curiosité à deux polissons.
Sanguine avec quelques touches de crayon noir et de craie sur papier jaunâtre.
Au bas, d'une écriture du temps: Chardin, en haut, à droite, de la main de Chardin: demain..... Mouffard... chapon p... detin. C'est sans doute, rognée par le couteau du monteur Glomy, une invitation du peintre à un ami, écrite par lui sur son dessin, pour l'inviter à manger le lendemain un chapon au Plat d'Étain.
Ce dessin passait avec le titre de la Curiosité sous le no 482 à la vente anonyme du 2 mai 1791.
H. 20, L. 22.
—Un jaquet, un petit laquais au grand chapeau aux rebords retroussés, à la houppelande qui lui tombe sur les talons; il désigne de son bras droit étendu quelque chose à la cantonade.
Dessin aux trois crayons sur papier jaunâtre.
Ce dessin, dessiné sur le même papier que «la Curiosité» et monté dans la même monture ancienne, était attribué, par une écriture du temps, à Chardin.
H. 19, L. 10.
—Une vieille femme assise de face, représentée à mi-corps et tenant à deux mains un chat sur ses genoux.
Dessin sur papier jaunâtre, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Le dessin portait au dos, d'une écriture du temps, le nom de Chardin.
Première idée du portrait peint, possédé par Mme la baronne de Conantre, un des plus beaux portraits du xviiie siècle et dans la facture à la fois blonde et bitumineuse des Chardin de Vienne. On le dit signé, mais je n'ai pu vérifier la signature.
H. 26, L. 19.
Chasselat. Pauvre illustrateur, dont les dessins d'avant la Révolution sont rares. Ces dessins, qui viennent de chez Masquelier, avaient été attribués à ce petit maître par M. Villot, qui ignorait que Chasselat avait légué, à sa mort, tous ses dessins à Masquelier.
—Jeune femme assise de côté dans un fauteuil, la tête de face tournée à droite, les mains croisées à gauche sur un genou relevé; coiffure bouffante, robe à manches courtes, fichu sur les épaules.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir, rehaussé de craie.
Vente Villot.
H. 30, L. 18.
—Femme assise sur un fauteuil de face, un pied dont la pointe est relevée, posé sur un coussin. Coiffure dans laquelle est piquée une rose, ample fichu, rose au corsage à échelle.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir rehaussé de craie.
Vente Villot.
H. 30, L. 20.
Cochin (Charles-Nicolas). Le dessinateur issu de ces générations d'artistes, que Marolles appelait les faciles Cochins, l'homme qui dessina pendant soixante-sept ans, se reposant le soir des dessins de commande de la journée par des dessins pour les amis, l'historiographe au trait des Mariages et des Deuils royaux, le profileur des célébrités de son temps, l'estampier de tous les livres illustrés de l'époque, l'alerte crayonneur, dans une silhouette à la Guardi, du petit gentilhomme cambré, de la petite femme à la jupe ballonnante d'alors, et auxquels il fait une physionomie avec quatre points d'encre, le dessinateur à la pierre noire, à la mine de plomb, à la sanguine, au bistre, à l'encre de Chine, à l'aquarelle! Disons, par parenthèse, que Cochin est un assez piètre aquarelliste et dont les grandes aquarelles des Fêtes de cour ne valent pas beaucoup mieux que des enluminures, et Moreau jeune lui-même n'est guère plus aquarelliste que Cochin. De vrais peintres à l'eau, de coloristes tripoteurs du procédé, il n'y a guère parmi tous les artistes français du xviiie, que Baudouin et Gabriel de Saint-Aubin, et encore, dans le paysage, Moreau l'aîné, dont je me rappelle une petite vue du Pont-Neuf, qui avait tous les caractères de modernité d'une aquarelle anglaise de 1830.
Dans la série des Cochin qui sont réunis ici, il en est trois, qui sont de précieux documents pour l'histoire de notre ancienne académie, de son enseignement: ils nous font assister à une séance du modèle, ils nous introduisent dans la salle d'un concours.
—Portrait de Fenouillot de Falbaire; il est représenté dans un petit cadre octogone, surmonté d'un rameau de chêne.
Dessin à la pierre noire.
Signé au-dessous de la tablette: C. N. Cochin delin. 1787.
Gravé par Augustin de Saint-Aubin.
H. 14, L. 9.
—Portrait de Mme Dessaux, femme du premier médecin de l'Hôtel-Dieu de Paris; elle est représentée les cheveux frisés et hérissés autour de la tête, une large cravate de mousseline blanche au cou, la poitrine dans un corsage aux gros boutons et aux revers d'un habit d'homme.
Dessin à la pierre noire.
Signé dans la marge: C. N. Cochin f. delin. 1788.
Le nom de Mme Dessaux, ainsi que celui de son mari sur un dessin qui faisait pendant à celui-ci, était écrit au dos, d'une écriture du temps.
H. 15, L. 11.
—Portrait de femme, de profil, tournée à gauche; elle est représentée dans un médaillon, une fanchon de dentelles dans les cheveux, un collier de fourrure au cou, un mantelet jeté sur son corsage décolleté.
Dessin à la mine de plomb et à la sanguine.
Signé au-dessous de la tablette: C. N. Cochin filius 1759.
H. 17, L. 13.
—Petite société de gentilshommes et de dames parées conversant, en se promenant dans un parc; à gauche, une femme, vue de dos, montre en l'air quelque chose du bout de son éventail fermé.
Aquarelle sur trait de plume.
H. 13, L. 20.
—Salle de spectacle de Versailles garnie de ses spectateurs des loges, du parterre et des musiciens de l'orchestre; le roi est le seul homme assis au milieu des femmes qui garnissent la première rangée du balcon.
Lavis à l'encre de Chine.
H. 31, L. 41.
—Dans le décor et la perspective d'un immense palais, quatre groupes de danseuses et de danseurs, costumés d'une manière différente, exécutent un ballet.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé sur le soubassement d'une colonne: Cochin f.
Au dos du dessin se trouve écrit de la main du peintre: Les Amours de Tempé. Ballet héroïque de quatre entrées 1752, à Versailles.
H. 41, L. 60.
—Deux compositions allégoriques: «L'une figurant le mausolée de la Reine de France (Marie Leckzinska) érigé dans l'église de Saint-Denys le 11 aoust 1768 et représentant la France désolée, couchée auprès d'un cyprès, à côté du tombeau de la Reine; l'autre figurant le catafalque de la Reine de France dans l'église Notre-Dame de Paris le 6 septembre 1768 et représentant le cercueil de la Reine, entourée des Vertus qui pleurent pendant que l'Immortalité lui présente une couronne d'étoiles.» (Catalogue de Cochin fils par Jombert.)
Sanguines.
Le second de ces dessins est signé: C. N. Cochin filius delin. 1768.
Tous deux ont été reproduits en fac-similé par Demarteau.
H. 11, L. 22.
—La Sûreté, le Péril.—La Simplicité, la Ruse ou la Fourberie.—L'Opinion, l'Entêtement, l'Incertitude.
Les deux premiers dessins à la pierre noire, le troisième à la sanguine.
Ces trois dessins allégoriques ont été gravés dans l'Iconologie par Ponce, Gaucher, Leveau.
H. 9, L. 5.
—Au-dessous du cadre d'un médaillon vide, au haut duquel des amours attachent des guirlandes de fleurs, un génie assis, une main posée sur un livre; au bas, des amours regardent avec des loupes, les tiroirs d'un médaillier.
Sanguine.
Signé: C. N. Cochin del. 1776.
Gravé par Augustin de Saint-Aubin comme frontispice des «Pierres gravées» du duc d'Orléans.
Vente d'Augustin de Saint-Aubin, où il était catalogué sous le no 20.
H. 22, L. 15.
—Sur une estrade, une jeune femme, dans une jupe falbalassée, un soulier au haut talon appuyé sur un coussin, la tête ceinte d'une couronne de lauriers, pose assise au milieu d'un cercle d'élèves-peintres, dessinant le carton sur les genoux. Derrière la femme, trois professeurs dont le plus rapproché du modèle est Cochin.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, rehaussé de craie[15].
Signé dans la marge: Dessiné par C. N. Cochin le fils 1761. On y lit à côté de la signature: Concours pour le Prix de l'Étude des Têtes et de l'Expression fondé à l'Académie royale de peinture et de sculpture par M. le comte de Caylus, honoraire amateur en 1760.
Gravé en réduction sous le même titre par Flipart en 1763.
Ce dessin exposé au Salon de 1767, après avoir appartenu à M. de Caylus, passait chez Chardin où il était vendu sous le no 48 du catalogue de sa vente.
H. 30, L. 39.
—Une femme assise, vue de dos, la tête couronnée de roses, le visage un peu retourné, posant devant trois lignes d'élèves-peintres assis sur des gradins; au fond un professeur debout, la main dans son gilet.
Dessin sur papier jaunâtre, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Le même sujet que le précédent, mais moins heureusement composé et abandonné pour le premier.
H. 31, L. 39.
—Séance du modèle d'homme à l'Académie. Le modèle, allongé sur la table, soulevé sur une main, et vu de dos, pose devant les élèves, dont le premier rang est assis à terre, les jambes croisées à la façon du dessinateur de Chardin.
Croquis à la pierre d'Italie sur papier jaunâtre.
H. 36, L. 53.
Coypel (Charles). Quelque chose de fondu, de nuageux dans ses dessins qui sent le pastelliste qu'était le peintre Coypel.
—Près d'une colonne d'un palais, sous un pan de draperie relevée par un gland, une femme dans un costume oriental à l'antique, une coupe à la main, l'autre tendue vers un plateau qu'apportent deux suivantes.
Dessin sur papier bleu à la pierre noire estompée avec rehauts de craie.
Dans le milieu du dessin il semble qu'on distingue les trois lettres C O Y. Est-ce une signature?
H. 36, L. 24.
Dandré-Bardon (Michel-François). Un académique, au dessin dégingandé de la décadence italienne, et qui peuple ses ciels, de génies maniant la foudre avec les gestes et les emperruquements de danseurs de son temps.
—Allégorie. Assise sur le fût d'un canon, une femme a les bras levés, dans un mouvement de reconnaissance, vers un héros suspendu dans le ciel, un rameau d'olivier à la main, et derrière lequel s'envolent les génies de la Discorde.
Dessin à la plume, lavé au bistre sur frottis de sanguine, et rehaussé de blanc de gouache, avec un repentir pour la figure de la femme.
Signé: Dandré Bardon: On lit de l'écriture du peintre, au bas du dessin: Louis XV donne la paix à l'Europe en détruisant par son pouvoir tous les projets de la Discorde; et sur un phylactère déployé par un amour dans le dessin: La paix de 1748.
Répétition du dessin possédé par le Louvre et venant de chez Mariette.
H. 29, L. 19.
—Apollon, une main appuyée sur sa lyre et entouré des Muses, dans une salle fermée par une balustrade, et aux colonnes de laquelle des amours suspendent des tentures.
Croquis à la plume, lavé de bistre.
Signé: Dandré Bardon; et au dos du dessin, de l'écriture du peintre: Parnasse pour le fond de la salle du concert de la ville d'Aix en Provence par M. Dandré Bardon.
H. 20, L. 49.
David (Louis). Parfois, mais rarement, il échappe au semblant d'épure qu'il trace d'un corps humain; cependant dans un portrait,—le portrait est au fond son original et grand talent,—David jette, sur un morceau de papier, modelée dans une encre de Chine brutale et cernée par un trait dur, une physionomie pleine d'une vie intense.
—Portrait de David. Il s'est représenté en buste, de profil, tourné à gauche, les bras croisés. Il a au cou une large cravate blanche, et porte un de ces habits aux amples revers, au haut collet, un habit de l'époque de la Révolution.
Dessin à l'encre de Chine sur trait de plume.
Signé: L. David.
H. 18, L. 18 (ovale).
Debucourt (Louis-Philibert). L'habile et charmant graveur en couleur, aux dessins d'une telle rareté,—du temps qu'il gravait ses femmes en robe blanche et ses hommes en habit rouge,—que je n'ai jamais pu en rencontrer un. Je n'ai vu passer sous son nom que des broutilles fort contestables. M. Jazet lui-même, le descendant de Debucourt, ne possédait guère qu'une assez ennuyeuse étude de la vieille Annette, faite pour le médaillon d'Annette et de Lubin. Et, sauf la Fête de la Fédération, un dessin qui n'est pas terminé,—découvert chez Blaizot par M. Delbergue-Cormont,—on ne rencontre de Debucourt, que des dessins de l'époque du Directoire et de l'Empire, dans lesquels survit bien peu du talent du graveur et du petit peintre de la fin du xviiie siècle.
—Une tabagie, dans laquelle une jeune femme, coiffée d'une calèche ridicule, et qu'un homme cherche à retenir par la taille, se bouche le nez avec la serviette d'un garçon, porteur d'un plat de poisson dont la sauce se répand.
Gouache sur trait de plume.
Ce dessin caricatural a été gravé sans nom de dessinateur, sous le titre: les Goûts différens.
H. 18, L. 29.
—Femme en tunique courte, en jupe transparente, rattachant les bandelettes de sa chaussure.
Aquarelle gouachée.
Gravé sous le titre: le Prétexte (Modes et Manières du jour, no 1).
H. 16, L. 10
Desfriches. Négociant, amphitryon de Cochin qui vient riboter sous les chênes verts de sa Cartaudière, collectionneur, artiste, amateur, inventeur du papier-tablette, aujourd'hui papier Pelée, Desfriches est un agréable paysagiste de la banlieue d'Orléans, avec son branchage rameux, son feuillage étoilé, ses fonds légers, et ses petites lumières égratignées au grattoir.
—Un chemin bordé par deux bouquets d'arbres, sous l'un desquels est une chaumière; au premier plan, un homme soulevant un seau, causant avec une femme.
Dessin à la pierre noire sur papier-tablette.
Gravé en fac-similé de crayon par Demarteau, sous le no 223 de son Œuvre.
H. 15, L. 20.
Desrais (C.-L.). Le premier dessinateur, chez lequel meurt la ligne rondissante et verveuse de la vignette du xviiie siècle dans la ligne raide et sèche de la vignette de la Révolution et de l'Empire.
—Vue de l'intérieur de la salle du Panthéon de la rue de Chartres. Huit danseurs et danseuses groupés, deux par deux, dansent l'Allemande[16] sous les yeux de nombreux spectateurs, amassés autour d'eux ou garnissant les deux balcons circulaires de la coupole.
Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume avec quelques rehauts de blanc de gouache. La partie architecturale du dessin n'est lavée que d'un seul côté.
Gravé par Croisé dans le Journal Polytype des Sciences et des Arts du 27 octobre 1786.
Vente Lavalette.
H. 20, L. 14.
Duclos (Antoine-Jean). L'habile graveur qui a produit quelques dessins à la facture petite et gentillette.
—Un homme dépouillé de son uniforme militaire, et que des soldats emmènent.
Bistre sur trait de plume.
Signé: A. J. Duclos invenit 1772.
En bas, dans la marge, de la main du dessinateur: le Déserteur. Oui, je déserte!
H. 15, L. 9.
Dumas. Architecte dont les dessins d'architecture sont animés de petites figures gribouillées sans une trop grande maladresse.
—Représentation de la Halle à la marée au moment de la criée.
Aquarelle sur trait de plume.
On lit dans la marge: Vue en perspective de la Halle à la marée. Cour des Miracles, commencée en 1785 par les ordres de monseigneur de Calonne... de messire Charles-Pierre Lenoir, alors lieutenant-général de police, et finie au mois de juillet 1786, sous les ordres de messire Thiroux de Crosne... par Dumas architecte.
H. 35, L. 51.
—Rentrée d'un régiment de gardes françaises dans une grande caserne, au fronton décoré de fleurs de lys, et au milieu duquel se voit une tête entourée de rayons. Carrosses, chaises à porteur, vinaigrette dans laquelle deux Savoyards traînent une femme.
Aquarelle sur trait de plume.
H. 26, L. 44.
Duplessis-Bertaux (Jean). Le dessinateur que l'Empire appelait son Callot, le dessinateur au dessin mouvementé, incisif, selon l'expression de M. Renouvier, qui lui reproche avec justesse le parti pris de ses corps allongés, de ses bras tendus, du théâtral apporté à ses petites figures. Je possède un dessin intéressant pour l'histoire de ses débuts. C'est le no 368 du cabinet du frère de Mme de Pompadour, un dessin qu'un catalogue postérieur annonce avec cette mention: fait à l'âge de 13 ans[17], et qui, entièrement exécuté dans la manière de Callot, dont il copiait alors les estampes, est un des plus curieux dessins historiques pour l'histoire de Paris du xviiie siècle: une composition énorme représentant en 1762, avec tous ses détails, la Foire Saint-Ovide.
—La Foire Saint-Ovide.
Vue des boutiques établies autour de la place Vendôme et des théâtres forains adossés au piédestal de la statue de Louis XIV. Au milieu du passage des carrosses et de la promenade d'une escouade du guet, nombre de petites figures, parmi lesquelles il y a des marchandes de fruits, des vendeurs d'orviétan, des débitants de moulins à vent pour les enfants. Sur la baraque la plus en vue, on lit ces trois affiches: Le sieur Nicolet fera l'ouverture de son théâtre lundi.—Aujourd'hui Arlequin Racolleur suivi d'un grand ballet pantomime.—La grande troupe des sauteurs et voltigeurs de corde, la petite Hollandaise commencera. On distingue encore sur d'autres baraques: Chassinet joueur du Roy.—Au Caffé royal.—Magasin de toutes sortes de vins de Bourgogne et autres.
Dessin à la plume.
Signé dans la marge: Foire Saint-Ovide. Dédié à M. le marquis de Marigny, conseiller du Roy en ses conseils... Dessiné à la plume par son très humble et très obéissant serviteur Bertaux 1762.
Vente du marquis de Menars, no 368.
H. 41, L. 54.
—Vue d'une fête sous la Révolution. Au fond, derrière des statues de chevaux cabrés, trois temples, le premier dédié à la Paix, le second aux Arts, le troisième à l'Industrie. A droite, en avant d'une espèce de figuration de la Bastille, défile de la cavalerie; au premier plan des hommes du peuple, des enfants, des houssards, des femmes en tunique près d'une vendeuse en plein air.
Dessin à la plume trempé dans le bistre et lavé à l'encre de Chine.
Signé B. D. et dans la marge: Duplessis Bertaux 1794.
Durameau (Louis). Peintre d'histoire qui a souvent cherché dans ses dessins le rembranesque, faisant choix de papier fauve, chauffé de sanguine qu'il lavait de bistre, et dont il éclairait les lumières restreintes, de blanc de gouache. Durameau a fort peu traité de sujets de la vie contemporaine.
—Une partie de cartes, aux bougies, entre deux gentilshommes et une dame.
Dessin sur papier rosâtre, lavé de bistre et rehaussé de blanc de gouache.
Signé: Du Rameau 1767.
H. 17, L. 23.
—Scène romaine au lit de mort d'un mourant.
Dessin sur papier brunâtre à la pierre noire, lavé de bistre et rehaussé de blanc de gouache.
H. 29, L. 22.
—Éole ouvrant l'antre des Vents, qui se précipitent dehors, le visage gonflé par des souffles faisant une tempête autour d'un vaisseau: tempête que regarde, flottante dans le ciel, Vénus descendue de son char attelé de paons.
Dessin au crayon noir et à la sanguine, lavé et rehaussé de gouache.
Signé: Du Rameau 1775.
H. 33, L. 41.
Durand (P.-L.). Dessinateur très peu connu. Sans l'indication, au bas de la gravure de Fessard, de: P.-L. Durand delineavit, j'aurais été tenté d'attribuer ce dessin à un Marillier quelconque.
—Un obélisque sur lequel un amour attache un médaillon de Marie-Thérèse; une figure allégorique de chaque côté, au bas une femme pleurant, la tête d'un amour sur son genou, dans le ciel une Renommée mettant en fuite le Temps. Encadrement composé de palmes et d'amours, surmonté des armes de Marie-Antoinette.
Lavis à l'encre de Chine.
Le dessin porte dans une tablette: Filiæ, uxori, matrique Cæsarum, et dans la marge: Galliarum reginæ pietati, Felix Nogaret Massiliensis et Andegavensis Academiæ socius, inv. urnam... anno M DCC LXXXI.
Dessin commémoratif de la mort de Marie-Thérèse, gravé par Fessard. (Voir la longue description de ce dessin dans Bachaumont, vol. XVII, p. 249 et 250.)
H. 31, L. 22.
Eisen (Charles). Vignettiste inférieur à Gravelot, et trop abondant et trop facile, mais un dessinateur au contour fluide et joliment contourné, et qui a fait dans la traduction d'Anacréon et ailleurs, du nu microscopique que lui seul sait faire: de petites académies de femmes qui dans le cadre d'un cul-de-lampe, apparaissent, ainsi que de grandes études de Boucher, vues par le petit bout d'une lorgnette. Il y a une vingtaine d'années, j'ai acheté chez M. Jaquinot, l'heureux déterreur connu de tous les amateurs, un album où les imaginations d'Eisen sont visibles dans leur première conception et leur vague ébauche: le livre des Pensées de l'artiste, ainsi qu'on s'exprimait au xviiie siècle. Ces croquis, ces pensées étaient les esquisses des compositions, que l'illustrateur soumettait à l'éditeur, et qui, acceptées, étaient reprises par lui, dans des dessins finis très souvent sur peau vélin. Quelques-uns de ces croquis sont curieux, en ce qu'ils portent en marge les changements demandés par l'éditeur et quelquefois les explications et les objections du dessinateur. Outre un certain nombre de croquetons pour les livres illustrés par Eisen, et parmi lesquels il y en a du format d'une pierre gravée, le livre des Pensées d'Eisen contenait des projets de décorations pour lambris de château, la première idée de «la Nuit» et encore la première idée du seul tableau historique que le vignettiste ait jamais exécuté.
—Recueil de 68 croquis reliés en un volume.
Pensées des contes de La Fontaine suivants: Joconde, les Oies du frère Philippe, A Femme avare galant Escroc, le Calendrier des vieillards, On ne s'avise jamais de tout, le Contrat, le Tableau, le petit Chien, etc., et encore les variantes du Berceau, de l'Abbesse malade, etc. Pensées pour les Métamorphoses d'Ovide, la Henriade, les «État actuel de la musique du Roi», etc., etc.
Tous ces dessins sont à la mine de plomb, sauf un seul à la sanguine.
—Apollon et les Muses dans un vallon, au-dessus duquel piaffe Pégase.
Dessin lavé à l'encre de Chine sur trait de plume.
Signé: C. Eisen f.
H. 18, L. 22.
—Vénus entourée de sa cour, descendant sur un nuage, dans les forges de Vulcain, qui la regarde, une main appuyée sur son marteau.
Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume.
H. 20, L. 16.
—Dans un bosquet près d'une fontaine, Henri IV aux pieds de Gabrielle d'Estrées, entourée de groupes d'amours jouant avec les armes du Roi; Sully apparaissant dans le lointain.
Dessin à la plume, avec des parties seulement indiquées à la mine de plomb.
Croquis du tableau d'Eisen gravé par de Mouchy, sous le titre: Henri IV et Gabrielle.
H. 18, L. 22.
—Deux enfants en buste, dont l'un a la joue appuyée contre ses deux mains, posées sur une cage.
Dessin lavé à l'encre de Chine sur trait de plume.
Gravé par Louise Gaillard.
H. 11, L. 19.
—Amours attachant, au milieu des plis de deux drapeaux croisés, un écusson représentant un coq, la tête levée vers une étoile, et que surmonte une banderole, où est écrit: Viget audax.
Mine de plomb.
Projet de décoration pour lambris, dans la marge duquel on lit de la main d'Eisen: Charles Eisen pour les panaux de derrière.
H. 32, L. 16.
—Dans une chambre à coucher, où se voit un lit à la couverture faite, une femme assise à sa toilette, et que ses filles de chambre accommodent pour la nuit, cause retournée avec un homme en robe de chambre.
Croquis à la mine de plomb.
Première idée de la composition gravée par Patas, sous le titre de: la Nuit.
H. 24, L. 19.
—Une femme lisant à sa toilette, qu'un amour derrière son fauteuil montre du doigt à un jeune homme qui entre. La scène a un encadrement à cariatides, et au bas des instruments de musique entourant un médaillon, qui contient ces quatre vers:
Dans ce moment cher à mon cœur
Qui m'offre tout ce que j'adore,
Ma belle a l'éclat d'une fleur
Que l'amour vient de faire éclore.
Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume.
L'encadrement seul a été gravé dans le temps, sans nom de dessinateur ni de graveur.
H. 20, L. 26.
Fragonard (Honoré). Des imaginations de poète prenant corps dans des taches de la plus belle couleur, en des eaux bistrées d'un bistre chaud, roux, couleur d'écaille.
—Une jeune femme assise de côté et tournée à droite, la tête vue de trois quarts. Habillée d'une robe ouverte sur la jupe, elle a la poitrine enveloppée d'un fichu menteur, et est coiffée, sur ses cheveux relevés et bouffants, d'un pouf; ses pieds reposent sur un coussin.
Dessin estompé sur crayon noir et rehaussé de craie.
Cette étude est le portrait en pied de Rosalie Fragonard, une fille du peintre morte à ses vingt ans, ainsi que l'atteste l'authentification faite par son petit-neveu T. Fragonard, le peintre de la manufacture de Sèvres.
H. 49, L. 35.
—Femme assise sur une chaise de paille de face, la tête de trois quarts tournée à droite. Elle est vue jusqu'à mi-jambes, les mains l'une dans l'autre posées sur ses genoux, et a sur sa robe un mantelet à capuchon bordé d'une large ruche, se croisant sur sa poitrine.
Sanguine.
Signé: Frago. 1785.
Collection Marcille père.
H. 22, L. 17.
—Jeune fille assise par terre, la tête penchée, les bras abandonnés, les jambes croisées sous elle. Coiffée d'un petit bonnet, et habillée d'une robe et d'un mantelet[18], elle se détache d'un drap blanc étendu sur une table à l'effet de faire ressortir le modèle.
Sanguine.
Signé: Frago. 1785.
Collection Marcille père.
H. 22, L. 17.
—Une femme allongée sur un banc de jardin, au dossier à balustres, une joue appuyée sur sa main droite, ses souliers au haut talon posés l'un sur l'autre.
Dessin au crayon noir, légèrement lavé d'encre de Chine.
Signé au crayon: F... g......
H. 31, L. 39.
—Dans un hangar, au fond duquel s'élève une presse, et où travaillent des ouvriers imprimeurs, près d'un gentilhomme qui parle à un homme mettant en page une feuille d'impression, est assise une femme, tenant un masque à la main.
Grisaille à l'essence sur papier.
Un catalogue anonyme des premières années de la Révolution donne cette grisaille comme étant la représentation d'une «Imprimerie secrète».
H. 32, L. 22.
—Un grand-papa dans un fauteuil, une main appuyée sur une béquille, sourit à un enfant tenu par sa mère et qui lui tend les bras; le père est penché derrière le vieillard.
Dessin dans la manière de Greuze, à l'encre de Chine, dessiné et lavé au pinceau.
H. 32, L. 24.
—Dans un cellier, entourée d'enfants, une jeune fille est en train de couper du pain dans une grande miche; un petit garçon, à la courte chemisette, se tient debout devant elle, attendant sa tartine.
Bistre.
Dessin gravé en réduction par De Launay, sous le titre: Dites donc, s'il vous plaît?
Vente Villot.
H. 32, L. 45.
—Sur le pied d'un lit en désordre, où se voit deux oreillers, une jeune femme en chemise est assise, une jambe repliée sous elle, les mains jointes, la tête appuyée au mur; monté sur un escabeau, son chien la regarde tristement.
Bistre rehaussé de blanc de gouache autour de la tête de la femme.
Première idée du sujet gravé en fac-similé par Saint-Non, et au burin par Dennel, sous le titre: S'il m'étoit aussi fidèl (sic).
Porte la marque à froid F. R.
H. 27, L. 37.
—Dans une grange, un peintre en train de peindre une jeune villageoise, et dont le chevalet et la personne sont renversés par la brusque irruption d'un amoureux qui a jeté le modèle sur une botte de foin, où il le tient embrassé.
Bistre.
Gravé en fac-similé par Charpentier, sous le titre: La Culbute.
H. 28, L. 40.
—Un vieillard penché sur des sacs d'argent, que ses mains semblent défendre de la convoitise d'une jeune femme, les regardant par-dessus son épaule.
Dessin sur papier jaune, au crayon noir, rehaussé de brutales touches de pastel.
Vente Villot.
H. 20, L. 22 (ovale).
—Un berger et une bergère s'embrassant près d'un abreuvoir; un taureau les contemple.
Bistre.
H. 23, L. 17.
—Une écurie pleine de l'envolée de volailles, où des jeunes filles s'amusent d'un âne tout chargé d'enfants, et que tire par la bride, pour le faire entrer, un jeune garçon.
Aquarelle relevée de plume.
Signé: Fragonard 1770.
Gravé deux fois par Saint-Non, en 1762 et en 1770.
H. 18, L. 26.
—Paysage au milieu de rochers au pied d'un arbre tordu par le vent; un berger, couché à plat ventre, garde des bestiaux; à droite, une femme tenant sur les bras un marmot et donnant la main à un autre enfant.
Gouache.
Vente Pérignon.
H. 29, L. 42.
—A l'entrée d'une allée de grands arbres, vue d'une fontaine au milieu de laquelle s'élève une colonne surmontée d'une statue; à gauche, une charrette au trot.
Bistre.
H. 16, L. 22.
—Près des remparts d'une ville baignés par une rivière, un petit aqueduc où une roue fait monter l'eau; à droite, de grands arbres sous lesquels se promènent des gens; à gauche, une femme chargée de deux cruches.
Bistre.
H. 19, L. 31.
—Sous l'avance d'une roche, dans un site boisé, des bestiaux boivent à un abreuvoir.
Bistre.
H. 25, L. 30.
—Un four public rempli de femmes apportant leurs pains à cuire, et qu'un homme enfourne.
Bistre.
Sur une poutre de la toiture est écrit, de la main de Fragonard: Four banal de Négrepelisse, octobre 1773.
Et au dos du dessin se lit d'une écriture du temps: Dessin d'Honoré Fragonard fait dans son voyage d'Italie avec M. Bergeret. Du cabinet de M. le duc de Chabot.
Dans le journal manuscrit et inédit, qu'a rédigé Bergeret de ce voyage d'Italie, il fait mention d'un séjour de Fragonard du 12 au 26 octobre 1773, à sa terre de Négrepelisse, près Montauban.
H. 29, L. 37.
—Un escalier de parc italien surmonté de deux statues, et derrière lesquelles s'entrevoit une fontaine monumentale aux eaux jaillissantes. Au premier plan, au milieu de gens couchés à terre, une femme debout tenant une ombrelle.
Sanguine.
H. 22, L. 38.
—Vue de la villa Borghèse, animée de groupes de personnages sous les pins parasols.
Bistre.
Vente Defer.
H. 25, L. 39.
—Des cascatelles, au haut desquelles se voit entre des arbres une rotonde à colonnes; au premier plan, contre le piédestal d'un grand vase où montent des plantes grimpantes, est adossée une femme qui a près d'elle deux enfants.
Bistre.
Le dessin est signé au dos: Honoré Fragonard fecit 1788.
H. 51, L. 37.
—Dans une métairie de la campagne romaine, des enfants dont l'un est monté sur le dos d'un âne, font manger le baudet dans un autel antique, devenu une mangeoire, pendant que près d'une marmite qui bout, montée sur un piédestal, une jeune fille immobile se tient drapée dans l'attitude d'une statue.
Bistre.
Vente du duc de Chabot.
H. 34, L. 46.
Freudeberg (Sigismond). Un singe de Moreau jeune, parfois pas trop maladroit, mais dont la grâce reste en ses meilleures compositions légèrement allemande. Ces deux dessins de l'illustration du «Monument du Costume», en compagnie de cinq ou six autres Moreau de la même suite, étaient passés en Russie: M. Gigoux a eu le bonheur de les y déterrer, et, si je me souviens bien de ses paroles, au prix d'une dizaine de francs chacun, Moreau ou Freudeberg,—et seul, un Freudeberg de cette suite, s'est vendu 5,500 francs à la vente Mahérault.
—Dans une chambre à coucher, une jeune femme, déjà en bonnet de nuit, se fait enlever des épaules par une chambrière son caraco, pendant qu'une autre fille de chambre bassine son lit.
Bistre sur trait de plume.
Gravé sous ce titre: le Coucher par Duclos et terminé par Bosse, dans la «Suite d'Estampes pour servir à l'Histoire des Mœurs et du Costume des Français dans le xviiie siècle».
Vente Gigoux.
H. 28, L. 22.
—Dans un appartement aux lambris délicatement sculptés, une femme couchée sur un sofa, dormant la tête appuyée sur sa main; au dehors, par une porte-fenêtre entr'ouverte, on voit une chambrière lutinée par un gentilhomme, et le repoussant d'une main posée contre sa bouche.
Bistre sur trait de plume.
Gravé sous ce titre: le Boudoir par Maleuvre, dans la «Suite d'Estampes pour servir à l'Histoire des Mœurs».
Vente Gigoux.
H. 28, L. 22.
Gillot (Charles). Le maître de Watteau, un grand talent original à cheval sur l'antiquité et la comédie italienne, un dessinateur élégant et serpentant, un croqueur à la plume pleine de fantaisie, mais qui n'a jamais pu, dans ses dessins faits, se dépouiller de la sécheresse du graveur. Son crayon a quelque chose de la pointe d'un style qui entrerait dans le papier, et ses sanguines vues à distance apparaissent comme des contre-épreuves de fines impressions tirées en rouge.
—Au dessous d'une niche, où est placé le buste du dieu Pan, trois faunesses attirant à elle une panerée de fleurs apportée par un satyre; à droite, à gauche, des épisodes de bacchanale.
Sanguine.
Gravé par Gillot, sous le titre: Feste du dieu Pan.
H. 15, L. 36.
—Sous un drapeau déployé, marchant en bataillon, une troupe d'amours, dont chacun porte, sur son petit corps nu, un accessoire ou un morceau de costume de la Comédie italienne.
Sanguine.
H. 14, L. 21.
Girodet de Roucy Trioson (Anne-Louis). L'artiste aux dessins si en faveur sous la Restauration, si dépréciés aujourd'hui.
—Médaillon aux deux têtes accolées, où le peintre s'est représenté avec sa maîtresse, dessinée les cheveux coupés courts et coiffée en garçon.
Dessin au crayon noir, rehaussé de craie et de blanc de gouache qui a noirci.
Au dos du dessin, l'amant a écrit:
Je n'ai pu de tes traits retracer la douceur
Ni cette grâce enchanteresse
Que leur donnent à la fois ton esprit et ton cœur.
Cependant à mon âme ils sont présents sans cesse,
Et ma main seule est coupable d'erreur.
Mais que du sentiment ce faible et léger gage
Où s'est tracé ton plus fidèle ami
Répète encor après nous, d'âge en âge,
Que mon cœur à ton cœur fut constamment uni[19].
A bien des années de là, sur le papier jauni, la maîtresse prenant la plume, écrivait au bas des vers de son amant:
17 ans après.
Un amour immortel m'entraînait à sa gloire:
J'appris à l'admirer autant qu'à le chérir.
Et c'est pour m'attacher encore à sa mort,
Que j'ai différé de mourir.
Ces quatre lignes sont signées Julie, que suit un nom de famille qui a été gratté.
H. 11, L. 11 (ovale).
Bourguignon dit Gravelot (Hubert-François). Le grand vignettiste du xviiie siècle, un des plus savants dessinateurs de son temps[20], et dont le dessin a cette qualité d'être toujours, en les plus petites choses, un contour flottant et roulant de la forme, et cela encore très souvent cherché sur la chaleur du fond, sur un frottis de sanguine,—une des habitudes à laquelle on reconnaît, sur le papier, les coloristes de l'époque.—Gravelot a enfin une grâce, toujours appuyée sur l'étude de nature, que n'a pas Eisen, fabriquant trop souvent sa grâce de chic. La vente du général Andreossy, en livrant aux enchères de grands dessins trouvés par le général pendant son ambassade en Angleterre, a été une révélation de l'énorme travail de préparation des petites vignettes de Gravelot. Il les cherchait d'abord d'après nature, ou d'après des mannequins articulés qu'il avait fait exécuter à Londres, dans de larges dessins au crayon noir rehaussés de blanc, et tout semblables à des études de Lancret. Cela fait, il les mettait au carreau, puis les réduisait en de petits dessins du format des livres, exécutés à la mine de plomb avec le plus grand fini.
En 1809, à la vente Guyot passait le Portefeuille de Gravelot, le livre de ses croquis. C'est sans doute cette réunion de dessins retrouvée, par M. Danlos fils, qui a été vendue, il y a deux ou trois ans, à M. Bocher.
—Jeune homme en costume de cour, saluant, le tricorne à la main; derrière lui un piédestal, où il y a une femme-sphinx sur le dos de laquelle est assis un amour.
Dessin à la mine de plomb et à la sanguine.
Vente Andreossy.
H. 24, L. 17.
—Jeune homme en costume de cour, le tricorne sous le bras, une main étendue en avant; dans le fond, une architecture de palais.
Dessin à la mine de plomb et à la sanguine.
Ce dessin et le précédent sont frottés de sanguine au revers pour être gravés.
Vente Andreossy.
H. 24, L. 17.
—Dame debout, jouant de l'éventail, tout en s'entretenant avec un gentilhomme qui a le chapeau sous le bras.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir estompé, et rehaussé de craie.
Vente Andreossy.
H. 42, L. 34.
—Femme en petit bonnet, en manteau de lit, assise près d'une table de toilette autour de laquelle sont groupées trois silhouettes de jeunes filles, dont l'une semble tenir à la main une houppe; à ses pieds est couché à terre un homme, le coude appuyé sur un tabouret.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir, rehaussé de craie.
Vente Andreossy.
H. 28, L. 43.
—Femme couchée dans un lit, dont le pied découvert est manié par un chirurgien pour une saignée. Par une porte ouverte, une fille de chambre entre, portant sur un plateau une chocolatière.
Dessin sur papier jaunâtre, au pinceau trempé dans le bistre, sur estompage de crayon rehaussé de craie.
H. 43, L. 54.
—Deux personnages penchés sur une cuve.
Trait de plume lavé de bistre.
Signé: H. Grav. delin.
C'est un dessin satirique fait par Gravelot en Angleterre, et tiré, je crois, du poème d'Hudibras, et qui porte, en haut de son encadrement rocaille, cette inscription: The itinerant Handy-Craftsman or Caleb turn'd Tinker.
Vente Andreossy.
H. 22, L. 30.
—Une fouille à la porte d'une église d'architecture anglaise, et qui porte, dans une ogive, la date de 1301; un homme, la tête découverte, remet une lettre à un vieillard appuyé sur une canne, en train de surveiller les ouvriers. A gauche, sous un pigeonnier, sont assis un jeune homme et une jeune fille près d'un paon qui fait la roue.
Dessin à la plume, lavé d'encre sur papier jaunâtre.
H. 26, L. 22.
—Sur un fond d'architecture gravé, le char de Neptune, précédé de Vénus portée sur un dauphin et entourée d'amours; sur les deux rives des Turcs et des Indiens, auxquels des Néréïdes apportent des produits de l'Océan. Outre la scène principale tout entière dessinée, il y a, dans la voussure du plafond, des cartouches, dans les entre-colonnements du palais de théâtre, des niches, remplies par des écussons et des statues également dessinés.
Lavis à l'encre de Chine.
Dessin pour une Fête de Versailles, qui, après que les figures ont été dessinées sur le commencement de la gravure, a été entièrement gravé sous un titre que je ne retrouve plus.
H. 30, L. 48.
—Le Colin-maillard.
Dessin à la sanguine relevé de plume.
Signé deux fois dans la marge: H. Gravelot inven.
Gravé par Martinet dans une série de quatre vignettes avec des vers au bas.
H. 18, L. 12.
—Une jeune femme couchée sur un grabat, dont s'approche, suivi d'un petit garçon, un homme qui fait un geste d'étonnement.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir estompé, rehaussé de craie. Il a été mis au carreau pour la réduction du dessin en vignette.
C'est le dessin de la vignette gravée par Pasquier, t. Ier, p. 189 de l'Histoire de Tom Jones, traduit par M. de la Place, 1751.
Vente Andreossy.
H. 38, L. 46.
Greuze (Jean-Baptiste). A propos du grand dessin, exposé par Greuze au Salon de 1769, Diderot dit: «Il ne faut à Greuze qu'une matinée pour faire un dessin comme celui-là.» Oui, Greuze a le jaillissement du trait comme inspiré et enthousiaste; son lavis semble avoir la fièvre, et même en ses têtes d'études où il s'astreint à un travail de hachures, il apporte là dedans une fougue qui n'y laisse rien de mécanique. Un dessin, catalogué ici, présente un intérêt: c'est la répétition, pour ainsi dire, du «Coucher» de Vanloo, un dessin désagréable par la masculinité du torse, mais dont le fier et coloré modelage des jambes montre le puissant artiste qu'était Greuze à certaines heures.
—Dans un parc, un jeune homme debout, soutenant de la main gauche son fusil appuyé sur un banc de pierre, où se repose un chien, tandis que son bras droit est entouré des deux mains d'une jeune femme assise, qui appuie amoureusement sa tête contre lui.
Lavis au pinceau à l'encre de Chine.
Étude pour le portrait d'un jeune ménage, peut-être celui des de La Borde.
H. 38, L. 35.
—Jeune femme au seuil d'une porte, la tête baissée, les bras pendants; sur ses épaules est jeté un fichu à la large pèlerine.
Dessin au crayon noir et à la sanguine fondus et estompés.
Étude de femme d'après Mme Greuze pour la composition gravée par Massard, sous le titre: la Dame bienfaisante. Une étude semblable, mais à la sanguine seulement, existe au Louvre.
Vente Hope.
H. 49, L. 31.
—Une vieille femme paralytique, qu'un jeune homme approche d'un fauteuil, en la soutenant filialement sous les bras.
Lavis au pinceau à l'encre de Chine.
H. 31, L. 22.
—Académie de femme nue, vue de dos, la tête retournée par derrière. Une main appuyée sur un coin de toilette, elle a la jambe gauche agenouillée sur un fauteuil où est posée sa chemise.
Dessin au crayon noir et à la sanguine fondus et estompés.
Vente de Mlle Caroline Greuze, no 35.
H. 59, L. 37.
—Trois études d'amours.
Lavis au pinceau à l'encre de Chine sur trait de crayon et balafré de sanguine.
H. 26, L. 22.
Guérin (François). Un académicien de la vieille académie bien peu connu, et dont les dessins grouillants et tumultueux, lavés de bistre et sabrés de blanc de gouache, sont un mélange de faire de Boucher, son maître, et de Gabriel de Saint-Aubin. Ils ne sont pas signés, les dessins de ma collection, mais j'ai vu en 1860, chez Mallinet, un dessin du même Maître, et absolument de la même facture, représentant, dans un atelier plein d'enfants, une femme peignant à un chevalet, dessin signé F. G., les initiales de François Guérin.
—Un marché à la volaille du temps. Allée de boutiques faites de quatre perches, au haut desquelles est noué, servant de toit, un vieux morceau de toile, d'où pendent accrochés toutes sortes de volatiles. Au premier plan du marché, peuplé de vendeuses et d'acheteuses, une vieille femme agenouillée sort d'un panier, appelé couveuse, un poulet qu'elle met entre les mains d'une fillette.
Dessin sur papier jaune, au bistre, rehaussé de blanc de gouache.
Portant la marque du chevalier Damery.
H. 23, L. 28.
—Une marchande de marrons en train de renverser le contenu de sa poêle dans un morceau de couverture; à côté un garde française embrassant une grisette; dans le fond, une femme jouant du violon auprès d'un homme qui fait la parade devant les tableaux d'une baraque.
Dessin sur papier jaune, au bistre, rehaussé de blanc de gouache.
Portant la marque du chevalier Damery.
H. 23, L. 28.
Hoin (Claude). Un nom d'artiste complètement sombré, et que seulement depuis quelques années vient de réapprendre aux amateurs le passage, dans les ventes d'estampes, de deux ou trois gravures en couleur d'après ses compositions. Les experts avaient une telle défiance de l'inconnu de son nom, et cela encore à la vente Tondu, qu'ils livraient aux enchères ses gouaches, signées en toutes lettres, sous le nom de Fragonard. Un très habile gouacheur que Hoin, et peut-être l'inventeur de ces petits zigzags de blanc, employés si joliment par Hall dans les demi-teintes neutres de ses étoffes, et qui font l'effet de ces sillons brillants qu'un patin laisse sur la glace. Hoin faisait, par parenthèse, annoncer que ces coups de blanc étaient exécutés avec le blanc de zinc, tout nouvellement inventé par le chimiste de Morveau. Hoin, en définitive, est l'un des quatre ou cinq plus remarquables gouacheurs du siècle. On ne peut lui reprocher qu'un goût trop prononcé pour la coloration gorge de pigeon, qui apporte à ses compositions une harmonie un peu ardoisée.
—Mme Dugazon dans le rôle de Nina. Elle est représentée en fichu de gaze, en corsage jaune, en robe de mousseline blanche à dessous rose, courant vers une grille de château, des fleurs dans les cheveux, un bouquet à la main.
Gouache.
Signé sur une pierre de la grille: Hoin P. de M. (peintre de Monsieur), 1789.
Composition différente de Nina la folle, gravée en couleur par Janinet en 1787, d'après Hoin.
Vente Tondu.
H. 25, L. 19.
Houel (Jean-Pierre-Louis). D'élégants dessins de toutes sortes, parmi lesquels on remarque une série de gouaches représentant des paysages italiens, où l'artiste cherche à échapper aux tons conventionnels de ce genre de peinture, pour se rapprocher de la couleur vraie de la nature.
—Sous les arceaux d'une vieille construction, une écurie où l'on voit un petit cavalier en selle sur un cheval qui caracole; à droite, un escalier où monte un homme portant un sac sur son dos.
Bistre sur trait de plume.
Signé: Houel f. 1764.
H. 32, L. 27.
—Une colline boisée, surmontée d'une église à campanile entourée de cyprès; au bas, un lac avec une barque amarrée; à gauche un homme qui brouette une barrique.
Gouache.
Signé: Houel f. R. 1772.
H. 30, L. 47.
Huet (Jean-Baptiste). Le copiste, le plagiaire des dessins, des motifs, des procédés même de Boucher dont il a pris jusqu'aux petits traits géminés dont le puissant crayonneur accidente, zèbre, pour ainsi dire, le plane de son estompage: travaux que l'on sent chez le Maître l'œuvre d'une main et qui ne semblent chez son disciple que la façon d'un outil, d'une mécanique. Déclarons-le bien haut, le joli chez Boucher a parfois du grandiose, il n'est jamais que joli chez Huet.
—Une bergère, en chapeau de paille, au corsage décolleté et enrubanné, à la jupe faisant retroussis, les pieds nus, une rose à la main; derrière elle des moutons couchés à terre.
Pastel.
Signé: J. B. Hûet, 1788.
H. 39, L. 28.
—Dans un jardinet fleuri de roses trémières, une jeune femme, assise près d'une caisse d'orangers, pêche à la ligne; à ses côtés un petit garçon joue avec un chien.
Aquarelle.
Signé au crayon: J. B. Hûet, 1783.
H. 20, L. 29.
—Dans une chambre où les gens sont aveuglés par la fumée d'un poêle qu'on allume, deux amoureux profitent de l'incident pour s'embrasser sans être vus[21].
Dessin lavé au bistre sur trait de plume.
Signé: J. B. Hûet, 1789.
Gravé en couleur par Delacour, sous le titre: l'Heureux Accident.
H. 24, L. 37.
—Marche d'animaux à la Benedette Castiglione, où, dans la bousculade, un taureau monte sur une vache.
Dessin sur papier jaune, au crayon noir, rehaussé de craie.
Signé à l'encre: J. B. Hûet, 1771.
H. 32, L. 43.
—Bâtiments de ferme dans une saulaie, au bord d'un ruisseau où pêche à la ligne un petit garçon.
Signé: J. B. Hûet, 1787.
H. 34, L. 44.
—Cour de ferme, où sur des bottes de foin est assise une jeune villageoise, adossée à la porte rustique d'un verger, sous laquelle joue un enfant.
Signé: J. B. Hûet, 1787.
H. 34, L. 44.
—Canard prenant son vol.
Aquarelle.
Signé: C. Huet, 1754[22].
H. 21, L. 39.
Huez. Un sculpteur qui fait des dessins de sculpteur.
—La France, appuyée sur un bouclier fleurdelysé, fait le geste de bénir une femme, ayant la main sur un aérostat. Dessin au bistre et à l'encre de Chine sur trait de plume.
Signé: D'Huez, qui a écrit dans la marge: La Physique présentant la machine aérostatique à la France qui la protège.
H. 31, L. 24.
Jeaurat (Edme). Dessinateur de scènes «du bas peuple» à la façon de Chardin, mais qui n'a rien de son ampleur magistrale. Ses dessins sont presque toujours exécutés au crayon noir avec une pierre d'Italie, presque grise, et très légèrement rehaussés de blancs à peine visibles, cela sur un papier bleuâtre, en sorte que ses études, aux contours et aux détails arrêtés par un petit trait sec, apparaissent comme éclairées par un clair de lune. On remarquera que trois de ces dessins de Jeaurat, quoique provenant de ventes différentes, portent gravée à froid une petite ancre: la marque du chevalier Damery. Cet amateur, dont le nom se trouve au bas d'un certain nombre d'estampes, comme le nom du possesseur d'une collection considérable de tableaux et de dessins, fut un homme d'un goût sûr, un choisisseur délicat et raffiné. Je signale sa marque aux amateurs: elle n'est jamais sur un dessin médiocre.
—Un homme et une femme du peuple dansant.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Étude des deux figures principales pour le tableau de la Place des Halles, gravé par Aliamet.
Portant la marque du chevalier Damery.
H. 22, L. 27.
—Trois femmes des halles faisant les cornes.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Étude pour le Transport des filles de joie a l'hôpital, gravé par Levasseur.
Portant la marque du chevalier Damery et du peintre Joyant.
H. 22, L. 28.
—Un homme attelé au brancard d'une charrette; en bas, à gauche, une répétition de la tête coiffée d'un bonnet au lieu d'un chapeau.
Dessin sur papier gris, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Étude pour le Déménagement du Peintre, gravé par Duflos.
H. 22, L. 19.
—Une femme assise dans un fauteuil, un sac au bras.
Dessin sur papier jaunâtre, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Étude de la femme pour la composition gravée par Balechou, sous le titre: le Mari jaloux.
H. 34, L. 26.
—Un malade assis à une table, comptant les parties de son apothicaire, un laquais appuyé au dos de sa chaise, une fille de chambre une seringue à la main.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Portant la marque du chevalier Damery.
H. 24, L. 30.
Lafitte (Louis). L'illustrateur que les éditeurs du Directoire et de l'Empire acceptèrent pour le continuateur de Moreau, un dessinateur incorrect et niais, dans l'imagerie duquel la recherche de David s'allie à des sentimentalités à la Bartolozzi.
—Intérieur d'atelier, à la muraille garnie de plâtres, du commencement de la Révolution; des élèves dessinent et peignent, d'autres lisent; un modèle de femme se repose la main sur un tabouret.
Dessin sur papier jaune, au crayon noir, rehaussé de blanc.
Signé à l'encre: L. Lafitte, 1790.
Ce dessin est le no 98 de la vente Lafitte, 1828, où il est ainsi décrit dans le catalogue: Représentation de l'atelier de Vincent et portraits de plusieurs de ses élèves pendant une heure d'étude.
H. 42, L. 54.
Lagrenée dit l'aîné (Louis-Jean-François). Un peintre et dessinateur gracieux, faisant de la grâce dans laquelle commence à apparaître le goût de l'antique et ces profils à la grecque, où le front passe au nez par une ligne droite sans rentrant.
—Une sultane accroupie à terre, une cuiller à la main, près d'une petite table basse où sont posées une théière et une tasse; dans le fond, deux suivantes versant de l'eau dans une bouilloire posée sur un trépied allumé.
Bistre sur trait de plume, rehaussé de blanc de gouache.
Étude pour un dessus de porte.
H. 11, L. 25.
La Joue (Jacques). Un artiste au dessin verveux et tordu, et qui, dans les personnages, semble le dessin d'un grand orfèvre, associant l'homme à la rocaille de ses créations. Un génie abondant, comme on disait alors, une imagination meublée de paysages aux arbres ornementaux, d'architectures ronflantes, de ruines théâtrales.
—Un encadrement portant en haut l'écusson de la maison d'Orléans, soutenu par deux amours, et descendant des deux côtés par des chutes de verdure et de treillage à des scènes de chasse au milieu desquelles se voit dans un cartouche le portrait de Wouwermans.
Dessin à la plume lavé d'encre de Chine.
Signé: Lajoue.
Gravé par Le Parmentier, sous le titre: Frontispice de l'Œuvre de Wouwermans.
H. 34, L. 45.
—Dans une bibliothèque, deux amours dont l'un porte une toque, une fraise, un manteau, et sur son ventre nu, le baudrier de la Comédie italienne. Tous deux sont appuyés sur un globe terrestre.
Un amour couronnant un buste encastré dans un obélisque, dont le soubassement porte les trois fleurs de lys; un second amour étendant les bras vers le buste.
Lavis à l'encre de Chine.
Tous deux signés: Lajoue.
Études pour dessus de portes.
H. 33, L. 32.
—Au pied d'un bouquet d'arbres et d'une fontaine surmontée d'un groupe d'animaux représentant un cerf forcé, des chasseurs se reposent couchés à terre; dans le lointain, une chasseresse à cheval qui a une amie en croupe.
Dessin à la plume lavé d'aquarelle.
H. 23, L. 27.
Lancret (Nicolas). Un dessin descendant de Watteau, mais sans ces appuiements cassés et ce brisement aigu de la ligne, qui sont le charme et la signature du grand Maître. En outre, le dessin est plus lourd, plus rond, plus ramassé, et toujours avec des extrémités balourdes. Lancret ne voit pas long comme voyait Watteau. Il serait toutefois injuste de ne pas accorder à Lancret une certaine ampleur décorative de beaux contours rocailleux, des grâces parfois solides, et, dans le procédé, la trituration du crayon noir et de la sanguine d'un vrai coloriste.
—Une femme debout et déclamant, un masque à la main, une autre assise et chantant, les yeux sur un livre de musique, toutes deux en robes et en petits toquets garnis de fourrures.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir et à la sanguine, gouaché de blanc.
Ces deux figures se retrouvent dans un tableau de Lancret, conservé dans les appartements du château de Potsdam.
Vente Villot.
H. 18, L. 30.
—Deux femmes vêtues, comme dans le dessin précédent, de robes et de toquets à la polonaise. Elles sont debout l'une en face de l'autre et semblent jouer une scène de théâtre.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
H. 18, L. 24.
—Deux hommes dans l'attitude de présenter la main à une femme au bas d'un escalier, trois hommes vus de dos dans l'inclination d'un salut.
Feuille de croquis au crayon noir et à la sanguine sur papier blanc.
L'étude de l'homme présentant la main a été employée par Lancret, avec un changement, dans l'Adolescence, gravée par de Larmessin.
H. 23, L. 32.
—Un homme de profil tourné à droite dans le mouvement d'ajuster. Dans le fond, deux répétitions de sa tête coiffée d'une manière différente.
Dessin sur papier verdâtre rehaussé de blanc.
H. 31, L. 22.
—Un homme couché à terre, vu de dos, la tête de profil tourné à gauche.
Dessin à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc sur papier jaune.
Étude.
H. 22, L. 23.
Lantara (Simon Mathurin). Le peintre, le dessinateur amoureux des jeux de la lumière dans les vapeurs, dans les nuages, et qui met toujours un peu des vaporisations d'un clair de lune en ses ciels du jour.
—Un bord de rivière, ayant à droite un bouquet d'arbres, à gauche les toits d'un village, dans le fond une tour en ruine. Au premier plan, un homme dont une bourrasque, qui fait le ciel nébuleux, enlève le chapeau.
Dessin sur papier bleu au crayon noir estompé avec rehaut de craie.
H. 25, L. 39.
La Rue (dit des Batailles). Dessinateur au gros et épaté contour roussâtre, qu'on dirait une cernée faite par la pourriture du papier. Les dessins de La Rue sont très rares.
—Une course de chevaux dans un site italien.
Dessin au bistre tracé à la plume de roseau et lavé d'une teinte bleutée.
Vente Peltier.
H. 19, L. 47.
La Tour (Maurice-Quentin de). Un grand, un très grand pastelliste, mais avant tout l'homme unique des préparations, de ces savantes et vivantes ébauches de la physionomie humaine, qui peuvent tenir à côté de n'importe quel portrait de quelque école que ce soit.
—Une femme vue de face, à mi-corps. Poudrée, en coiffure basse du milieu du siècle, et d'où s'échappe et se déroule, à gauche, sur sa gorge, une boucle de cheveux appelée repentir, elle porte au cou un collier de ruban bleu, et sa robe décolletée est une robe de velours bleu garnie de dentelles et de fourrure de cygne. Derrière elle, le dos d'un fauteuil sculpté se détachant d'un fond bleuâtre.
Pastel.
H. 54, L. 48.
—Masque de La Tour.
Préparation pastellée sur papier jaunâtre.
Étude pour le portrait de l'artiste du Louvre.
H. 27, L. 17.
—Tête de femme de trois quarts tournée à gauche.
Préparation sur papier jaune, poussée au fini du pastel dans le visage; les cheveux seulement frottés d'une coloration de poudre, le cou indiqué par un trait de craie, le fond haché de bleu. Préparation mise au carreau.
Étude pour le grand portrait en pied de Mme de Pompadour du Louvre.
H. 36, L. 26 (ovale).
—Tête de femme de trois quarts tournée à gauche.
Préparation sur papier bleu, au crayon noir, rehaussée de craie, avec de la sanguine seulement sur les lèvres.
Le nom de Mlle Dangeville était écrit, d'une écriture du temps, sur une bande de papier collé sur le petit cadre noir habituel aux préparations de La Tour. Il est encore au dos du dessin. L'authenticité de l'attribution est confirmée par une seconde étude plus avancée qui figure au Musée de Saint-Quentin sous le no 64.
H. 30, L. 20.
—Tête d'homme vu de trois quarts, tourné à droite, un mazulipatan noué sur la tête.
Préparation sur papier bleu, aux trois crayons, rehaussée de pastel.
Étude pour le portrait de Dumont le Romain, conservé au Louvre.
H. 30, L. 20.
Lavreince (Nicolas). Un gouacheur qui n'a rien de la large manière de Baudouin, mais non sans mérite dans ses compositions d'une coloration aimable, d'un travail précieux, d'un badinage de pinceau dans les étoffes, léger, volant, zigzagant, et dans les chairs d'un fin aiguillage de petits tons délicats. Lavreince est, à l'heure qu'il est, la coqueluche des amateurs de tabatières, et cette année un riche carrossier, M. Mülbacher, vient d'acheter 25,000 francs les deux gouaches de «l'Assemblée au Salon» et de «l'Assemblée au Concert». Les deux gouaches, cataloguées ici, ont été achetées par moi moins chèrement chez un coiffeur de la rue de Vaugirard. Le besoin d'amuser, par quelque chose accroché au mur, l'homme auquel on coupe les cheveux, dont on racle le menton, a fait de la boutique des coiffeurs de la banlieue et de la province une des mines où les marchands de Paris et quelquefois les amateurs ont fait les plus heureuses retrouvailles de dessins et de gravures du xviiie siècle.
—Dans un parc, un homme assis à terre et lisant une brochure, où se distingue le nom de Figaro, à une société parmi laquelle sont deux femmes debout, abritées sous la même ombrelle; en un coin, une jeune fille chatouille avec une paille la figure d'un petit garçon qui dort.
Gouache sur vélin.
Signé: Lavreince, 1782.
Gravé de la même grandeur par Gutenberg, sous le titre: le Mercure de France. On lit dans l'annonce de la mise en vente de cette gravure publiée dans le Mercure de France du 27 novembre 1784: «La principale figure est M. de Beaumarchais lisant dans le Mercure l'extrait du Figaro.»
H. 29, L. 34.
—Sous de grands arbres, un homme couché à terre, un coude appuyé sur un tabouret, jouant de la flûte, un abbé pinçant de la guitare, une femme jouant de la mandoline; au milieu du groupe, une autre femme tenant ouvert un livre de musique, sur lequel est penchée une jeune fille.
Gouache sur vélin.
Signé: Lavreince.
Gravé de la même grandeur par C.-N. Varin, sous le titre: le Concert agréable.
Les gouaches du «Mercure de France» et du «Concert agréable» passaient en 1787 sous le no 378 à la vente Collet.
H. 29, L. 34.
Le Barbier (Jean-Jacques-François). L'artiste qui déshonore les Chansons de La Borde par sa collaboration, l'auteur de grands dessins philosophiques et patriotiques au trait d'un maître d'écriture, lavés sur des ombres à l'encre de Chine, de la froide aquarelle d'un lavis d'architecture.
—La Peinture et l'Histoire immortalisant Voltaire dans le temple de Mémoire, où son portrait est accroché à une colonne par un amour, et peint par une femme en tunique la palette à la main. Encadrement fait d'un rameau de laurier enrubanné.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: Lebarbier l'aîné, 1770.
H. 44, L. 31 (ovale).
Le Bas (Jacques-Philippe). Des dessins en quête de Lancret, et encore assez souvent de mignards croquetons à la mine de plomb sur peau vélin, où le sérieux graveur s'amuse à faire de la bergerie galante.
—Autour d'une table dressée sous un arbre, deux femmes et deux enfants, au milieu desquels un vieillard, le chapeau à la main, semble dire le Benedicite.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie avec rehauts de craie.
Signé dans la marge: J. P. Le Bas, 1739.
H. 27, L. 32.
—Jeune villageoise marchant avec un enfant, les pieds dans l'eau d'un ruisseau; au fond, deux femmes chargeant un cheval.
Croquis à la mine de plomb sur peau vélin.
H. 17, L. 23.
Lemoine. Ce pastelliste, ce dessinateur[23], cet auteur du joli profil de la Saint-Huberty, gravé par Janinet dans les «Costumes des grands théâtres de Paris» est aujourd'hui complètement oublié,—et l'homme et l'œuvre,—et ses dessins, qui ne sont presque jamais signés, donnent lieu aux attributions les plus extravagantes. Cependant le portraitiste a laissé des dessins qui méritent la restitution de son nom au bas de leur nuageuse indication. Ce sont des bustes de femmes, des femmes en pied dessinées avec des ombres et des lumières, sans l'arrêt, pour ainsi dire, d'un contour. Baignées de lueurs diffuses, ces femmes sont flottantes dans le fusinage, seulement fortifié çà et là de quelques accentuations de sauce. Des images troubles délicieusement vagues, qui demandent une grande intelligence de la lumière, et qui se rapprochent, avec un peu moins de légèreté, de l'estompage gris de quelques rares études d'Honoré Fragonard.
—Une femme posée à contre-jour devant une fenêtre, entre une toilette et un pupitre à musique. Elle est assise les jambes croisées, une main tenant un livre dans le creux de sa jupe. Vêtue d'une blanche toilette de linon, elle porte sur la tête un chapeau de paille enrubanné, au rebord abaissé sur les yeux.
Dessin estompé à la sauce.
H. 45, L. 38.
Lemoyne (François). Un grand dessinateur incorrect, le précurseur de Boucher, et qui a gardé dans ses corps de femmes et leurs airs de tête un peu de la grâce du Parmesan et de la manière de Véronèse.
—Une jeune fille en chemise, assise sur un tertre, la jambe droite allongée en avant, dans le mouvement d'une femme qui va se laver les pieds.
Dessin sur papier bleu, à la pierre noire, rehaussé de craie.
Portant les marques des collections Lempereur et Desperret.
H. 38, L. 26.
Lempereur (Jean-Baptiste-Denis). Un graveur auquel, sans qu'il soit nommé, l'œuvre gravé de Watelet doit beaucoup, et un agréable paysagiste en ses moments de loisir. De l'aimable banlieue de Paris, il a laissé des sanguines d'un croquant particulier, des aquarelles lavées des eaux de la pâle et blonde aquarelle de Boucher, des paysages au crayon noir dont l'estompage, mélangé de craie et d'un rien de sanguine, semble le procédé moderne de Clerget.
—Un escalier, surmonté de deux sphinx à tête et à gorge de femme, posés à l'entrée d'une terrasse à balustres menant à une habitation sous de grands arbres; en bas, un homme qui pousse une brouette.
Sanguine.
Signé: Lempereur, 1773.
Au dos du dessin était écrit: Vue d'un jardin à Fontenay-aux-Roses.
H. 30, L. 37.
—Une cour de ferme, où sur la droite est un hangar fait de troncs d'arbres et de branchages, au fond un homme assis sur une auge.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: Lempereur f., 1772.
Dans la marge de l'ancienne monture, de l'écriture du paysagiste: A Aulnay près Sceaux.
H. 22, L. 29.
—Une chaumière au toit défoncé dans un bouquet d'arbres.
Dessin au crayon noir estompé, mélangé de craie et de sanguine.
Signé: Lempereur, 1773.
Dans la marge: A Aulnay près Sceaux.
H. 20, L. 31.
Lepaon (Jean-Baptiste). De jolis petits soldats, de jolis petits canons, de jolis petits campements, de jolis petits sièges: ce sont là les dessins de cet artiste, qui s'engagea pour voir la guerre de près, et qui n'en a jamais été que l'enjoliveur et le bistreur coquet. Parmi les dessins de Lepaon qui figurent ici, il en est un curieux. C'est une grande aquarelle qui détruit l'assertion de Brunn Neergaard, avançant dans le Moniteur du 29 août 1806[24] que Lepaon n'a jamais fait d'aquarelle. Puis cette aquarelle représente l'équipage de chasse de la maison de Condé, dont Lepaon était le peintre officiel, et où parmi les piqueurs et au milieu des chevaux et des chiens figurent les princes de Conti et de Condé. Du reste, le dessin est assez mauvais, pas assez cependant, pour que le marchand qui le possédait, ait cru devoir me le donner par-dessus le marché pour envelopper une gravure qu'il m'avait vendue.
—Opérations d'un siège avec la vue du camp assiégeant, de ses tranchées, de ses batteries. Au premier plan, une femme se promène, une ombrelle à la main, au bras d'un officier, tandis qu'un peintre, un genou posé à terre, fait un croquis.
Dessin au bistre sur trait de plume.
H. 19, L. 48.
—Halte de cavalerie dans un village; au premier plan, un cavalier, descendu de cheval, prend un sac des mains d'une vieille femme.
Bistre sur trait de plume.
H. 29, L. 39.
—Un hallali à Chantilly. Un piqueur sonnant de la trompe à cheval, valets de chiens se reposant couchés à terre, chiens se désaltérant à une mare. Sur la droite, en habits rouges à collets et à revers de velours noir, le prince de Conti et le prince de Condé causent ensemble.
Aquarelle.
Signé: Lepan (sic) fecit 1769.
H. 41, L. 56.
Lépicié (Nicolas-Bernard). Du petit, du très petit Chardin, dans un dessin cependant serré, détaillé, étudié à la pointe d'une pierre d'Italie très grise, sur du papier jaune, avec des rehauts de craie et de sanguine, qui font des études d'après nature de Lépicié, de tièdes et de blondes préparations pour sa claire peinture.
—Dans un intérieur rustique, Lépicié, assis, prend un verre de vin sur une table, ayant entre ses jambes un enfant qui mange un morceau de pain.
Dessin terminé au crayon noir, rehaussé de craie et de sanguine.
Signé: Lépicié.
C'est le dessin du tableau qui figurait dans la galerie Boitelle.
H. 45, L. 38.
Leprince (Jean-Baptiste). L'esprit, le ragoût, la couleur de Boucher transportés dans des dessins, dans des lavis, presque tous consacrés à la reproduction de sujets russes. Le dessin des «Joueurs de tonneau» a son histoire: acheté par le marchand de gravures Dauvin, chez le peintre Decamps, il avait fait presque les frais de la composition d'un de ses tableaux.
—Une jeune femme en costume russe, un oiseau posé sur un doigt de sa main.
Sanguine.
Gravé en fac-similé dans l'œuvre de Demarteau, sous le no 537.
H. 33, L. 22.
—Dans un riche intérieur, une femme en costume russe jouant de la guitare, pendant qu'une petite esclave pose un rafraîchissement sur une table.
Aquarelle.
Gravé en couleur par Marin, sous le titre: The Pleasures of solitude, et publié à Londres.
H. 23, L. 15.
—Dans un paysage russe, un pont élevé sur de hauts piliers menant à la porte d'une ville fortifiée.
Bistre.
Signé: B. Le Prince.
H. 24, L. 26.
—A la porte d'une chaumière, cinq paysans jouant au tonneau; dans le fond, un homme prenant une femme par la taille.
Bistre.
H. 27, L. 35.
—Dans un caback, une guinguette des environs de Moscou, devant une estrade où des gens boivent et fument, un couple de Russes exécute la danse nationale, aux sons d'un orchestre monté sur des tonneaux.
Lavis d'encre de Chine sur frottis de sanguine.
Signé: Le Prince, 1778.
Gravé par Leprince, sous le titre: la Danse russe.
H. 32, L. 57.
Lesueur (Louis). Dessinateur-paysagiste qui raye et griffonne ses lavis de fins traits de plume, ressemblant à l'égratignure d'une aiguille sur du cuivre.
—Cour de ferme devant la porte de laquelle un âne chargé de paniers se met au pas, suivi de la fermière.
Bistre retouché de plume.
Signé: L. Lesueur, 1782.
H. 13, L. 21.
Liotard (Jean-Étienne). L'artiste excentrique et cosmopolite, le pastelliste de «la Chocolatière» dont les trois crayons ont une certaine ressemblance avec les trois crayons de Portail, et dont, par un hasard inexplicable, on ne connaît guère que des contre-épreuves. Je crois que la femme de ma collection est de la suite de ces costumes de femmes de tous les pays contre-épreuvées, que possède le cabinet des Estampes.
—Femme de profil tournée à droite, la tête vue de trois quarts. Habillée d'une robe semée de pois sur laquelle est jeté un mantelet à capuchon, elle tient ses mains dans un petit manchon de soie au rebord de fourrure.
Contre-épreuve d'un dessin à la pierre d'Italie et à la sanguine.
H. 30, L. 20.
Loutherbourg (Philippe-Jacques). Tantôt imitant le faire de Leprince, tantôt le faire des maîtres flamands, et, dans cette dernière imitation, se servant d'un papier rugueux assez semblable au papier préparé pour la peinture à l'huile, et sur lequel, les lavis au bistre prennent le caractère d'esquisses brossées au bitume.
—Réjouissances publiques, où des pifferari font danser des marionnettes; sur une fontaine décorative est écrit de la main du peintre: Il nous est rendu.
Bistre sur trait de plume.
Signé au pinceau: Loutherbourg.
Vente Tondu.
H. 27, L. 36.
—Repos de pâtres italiens sous un grand arbre; à droite, un homme, monté sur une mule caparaçonnée, boit à une gourde, la tête renversée en arrière.
Bistre avec rehauts de blanc de gouache sur un papier préparé, à la nuance verdâtre.
H. 33, L. 43.
Machy (Pierre-Antoine de). Devant les aquarelles de cet homme, dont la peinture rappelle un peu la peinture de Guardi, un étonnement vous prend à les trouver si sales, et peuplées de personnages qui annoncent les bonshommes de Béricourt.
—La colonnade du Louvre en perspective, au fond le palais Mazarin et l'Hôtel des Monnaies, à droite les maisons qui masquaient la façade de Saint-Germain-l'Auxerrois[25]. De nombreux personnages sur la petite place, un arracheur de dents, un marchand de mort aux rats, un porteur d'eau, des marchandes à éventaires, des promeneurs.
Aquarelle.
H. 33, L. 63.
Mallet (Jean-Baptiste). Le dernier représentant de la gouache, de cet art tout xviiie siècle, et qui ne survécut pas à la monarchie. Aussi les gouaches de Mallet, passé la Révolution, sont aigres, ses chairs de femmes briquées, l'ensemble du travail pénible. Et il arrive un moment où Mallet laisse le faire et le badinage de l'ancienne gouache française, pour une gouache qu'il touche avec les petites lumières carrées de la peinture de Téniers, appliquée à des sujets français qu'il habille à la hollandaise.
—Dans une chambre, décorée à la mode du Directoire, et que des objets de peinture, posés sur un secrétaire, disent la chambre d'un peintre, un jeune homme verse une tasse de thé à son modèle, une femme en chemise assise sur ses genoux, tandis qu'une autre femme, debout devant le groupe, remue une cuiller dans la tasse qu'elle tient à la main.
Gouache.
Signé sur un carton: Malet f.[26].
H. 22, L. 29.
—Un antiquaire assis dans une galerie, où se voient des statues, des bustes, des vases, des lampes, une momie; une jeune femme, qu'un jeune homme tient par la taille, regarde avec lui dans le tiroir d'un médaillier.
Aquarelle sur trait de plume, relevée de gouache.
Dessin du tableau exposé au Salon de l'an IX.
H. 22, L. 32.
—Dans l'encadrement d'une fenêtre soutenue au milieu par une statuette d'Amour, et où monte une vigne, une femme, en costume flamand, fait pisser, dans un vase de bronze, un petit enfant à la brassière écourtée.
Gouache.
Signé au pinceau dans la muraille: Mallet.
H. 23, L. 17.
Marillier (Clément-Pierre). Ce vignettiste, que les bibliophiles sont en train de faire l'égal des premiers dans son genre, commence la série des illustrateurs qui n'ont plus le dessin du peintre, ainsi que l'avaient Gravelot, Moreau, Eisen, et ne peuvent sortir du petit dessin pinoché du graveur. Dans ses compositions les plus réussies, Marillier ne s'élève jamais au delà de la gentillesse.
—Une jeune femme alitée dans sa chambre à coucher et à laquelle une fille de chambre apporte une tasse de tisane; à son chevet est assis un gentilhomme.
Dessin à la plume lavé de bistre.
Signé dans la marge: C. P. Marillier inv. 1775.
Gravé par de Longueil pour les œuvres d'Arnaud de Baculard.
H. 6, L. 9.
—Une jeune femme, qu'une fille de chambre habille devant un miroir tenu par une autre chambrière; un rustaud, le chapeau à la main, est en train de saluer la femme.
Bistre.
Signé dans la marge: C. P. Marillier inv. 1775.
Gravé par Delaunay pour le conte de Pauline et Suzette, anecdote française.
H. 6, L. 9.
—Dans un cadre, un enfant nu couché aux pieds de deux bornes, au-dessus un miroir entouré de rayons, au-dessous une épée suspendue dans une couronne de laurier.
Lavis à l'encre de Chine.
Signé: C. P. Marillier inv. 1779.
Gravé par Texier pour le cul-de-lampe de Valmiers, anecdote.
H. 11, L. 8.
Massé (Jean-Baptiste). Un portraitiste faisant revivre dans les petits portraits qu'il fait de ses contemporains, le sourire de l'époque. Il est miniaturiste de son métier, et ses dessins, lumineux et roses sur papier jaune, ont quelque chose de l'ébauche sur l'ivoire d'une miniature.
Buste d'un homme de cour poudré, un large nœud de ruban noir au cou.
Dessin sur papier jaune, au crayon noir estompé avec rehauts de craie et de sanguine, et encore avec un léger lavis d'aquarelle sur la figure.
Signé dans l'encadrement: J.-B. Massé fecit.
H. 17, L. 13 (ovale).
Meissonnier (Juste-Aurèle). L'ornemaniste au beau dessin turgide, amendé toutefois, en sa correcte exubérance, des extravagances et des écarts de goût du Borromini,—le créateur de la rocaille française.
—Candélabre à cinq lumières, imaginé dans le serpentement et l'entre-croisement de branchages; un aigle dans la niche, formée en bas par les tortils de la rocaille, un amour soutenant la plus haute girandole.
Dessin au crayon noir et à la plume et à l'encre de Chine, lavé d'une teinte jaune. Il a été mis au carreau.
Gravé dans l'Œuvre de Meissonnier sous le titre: Projet d'un grand Chandelier pour le Roi.
H. 29, L. 19.
Monnet (Charles). Peintre d'histoire et dessinateur possédant le dessin courant du temps.
—Le Dauphin, la Dauphine travaillant à un métier de tapisserie, entourés de leurs enfants (Louis XVI, Louis XVIII, Charles X).
Lavis d'encre de Chine sur trait de plume.
On lit au dos du dessin, d'une écriture du temps: «M. le Dauphin, Mme la Dauphine, les trois princes, M. le duc de la Vauguyon et le Père Berthier, composition originale de Monnet, peintre du Roi. J'en ai trois autres du même sujet par le même avec différences.» Un de ces trois autres projets, en hauteur et au bistre, existe au revers du dessin.
Ce dessin du tableau exposé au Salon de 1771, réduit à la dimension d'une vignette, a été gravé sous le titre: Quelle école pour les pères! dans «le Vicomte de Valmont ou les Égarements de la Raison», vol. IV.
Vente Monmerqué.
H. 38, L. 41.
—Télémaque embrassant l'Amour dans les bras d'Eucharis; au fond, danse de nymphes.
Gouache sur vélin.
Dessin original[27] faisant partie de l'illustration de l'exemplaire du «Télémaque» de Didot in-4o, imprimé sur peau vélin que j'ai possédé.
H. 20, L. 14.
Moreau le jeune (Jean-Michel). L'habile ordonnateur et metteur en scène des assemblées de gentilshommes et de grandes dames parées, des Sacres, des Revues, des Bals de cour, des Feux d'artifices, le dessinateur sans pareil des intérieurs et des élégances de la vie de son temps. J'ai eu la bonne fortune d'acquérir son plus beau dessin et je vais raconter l'histoire de ce dessin. Dans la vie de Le Bas d'après des notes manuscrites de l'expert Joullain, chargé de la vente du graveur, mon frère et moi avons dit qu'il avait été commandé par Le Bas à Moreau: «M. Moreau jeune avait fait prix avec M. Le Bas pour ce dessin à 600 livres payées comptant, et deux douzaines de la planche qui devait être gravée d'après ce dessin, dont moitié desdites épreuves avant et moitié après la lettre. Il a exigé de la succession de M. Le Bas pour indemnité de ces épreuves la somme de 480 livres. Il avait reçu 600 livres; total 1,080 livres.» A cette vente Le Bas, en 1783, le dessin payé 1,080 livres se vendait seulement 610, et était acheté par le libraire Lamy qui l'acquérait pour le faire graver[28]. Des mains de Lamy où passait le dessin? On ne le savait, et on le croyait perdu, lorsqu'il se retrouvait, en 1859, en la possession d'un petit chemisier du quartier des Halles, dont la femme, de bonne famille, était la fille d'une personne qui, je crois, avait été attachée au service du comte de Bordeaux. Le dessin était offert au Musée, et successivement à tous les riches amateurs de Paris, au prix de 1,000 francs. M. Reiset m'indiquait l'existence du dessin. J'allais le voir et étais très tenté, mais je me trouvais n'avoir devers moi que quelques centaines de francs et ne pouvais en offrir que quatre cents francs. J'étais refusé, et n'y pensais plus quand, à quelques semaines de là, un soir on sonna chez moi. J'allais ouvrir et me trouvais en face d'une jeune femme, portant sur son bras un enfant, et tenant de sa main libre une grande chose enveloppée dans une serviette. C'était la Revue du Roi. J'avoue que, quand je regarde mon Moreau aujourd'hui, je ressens comme un remords d'avoir eu à offrir si peu d'argent à cette pauvre femme si touchante dans son sacrifice, où l'on sentait la gêne d'affaires embarrassées.
—Petite fille endormie dans son lit. Elle est représentée de profil tournée à gauche, ses deux bras reposant sur le drap que soulève une de ses jambes relevée.
La même petite fille endormie tournée de l'autre côté. Elle a la tête soulevée et enfoncée dans l'oreiller, et les deux bras étendus et croisés devant elle.
Dessins lavés d'encre de Chine sur trait de plume.
—Deux études, très probablement faites par le père, d'après la petite fille, devenue depuis la mère d'Horace Vernet.
H. 10, L. 15.
—Vieille femme assise, les bras croisés, un mantelet de soie noire sur les épaules; à côté d'elle, un chat sur une table. Le mur du fond est décoré de quelques estampes encadrées, parmi lesquelles on remarque la Tête d'expression, gravée par Cochin, et une marine d'après Vernet, à laquelle la mère de Cochin a travaillé. Serait-ce le portrait de Madeleine Horthemels?
Dessin lavé au bistre sur trait de plume.
H. 19, L. 16.
—Le roi Louis XV à cheval, son livret en main, passant la revue de sa Maison militaire, qui défile dans le fond; au premier plan nombreux carrosses sur lesquels sont montées des chambrières dont les jupes s'envolent sous un coup de vent.
Dessin lavé à l'encre de Chine sur trait de plume.
Signé: J. M. Moreau le Jeune 1769.
Ce dessin, exposé au Salon de 1781, a été gravé de la même grandeur par Malbeste, sous le titre: la Revue du Roi a la plaine des Sablons.
Vente Le Bas.
H. 35, L. 74.
—Dans la basilique de Reims, le roi Louis XVI prêtant entre les mains de l'archevêque «le serment du royaume».
Dessin lavé de bistre sur trait de plume.
Signé: J. M. Moreau le Jeune, 1775.
Première idée de la scène gravée avec changement et ampliation à droite, sous le titre: le Sacre de Louis XVI, dessiné d'après nature et gravé par J. M. Moreau le Jeune, dessinateur et graveur du cabinet du Roi, 1779.
H. 37, L. 49.
—La reine Marie-Antoinette allant, le 21 janvier 1782, rendre grâce à Notre-Dame et à Sainte-Geneviève pour la naissance du Dauphin. Partie de la Muette, ayant pris ses voitures au rond du Cours-la-Reine, elle passe sur la place Louis XV, dans un carrosse attelé de huit chevaux blancs, et suivi des cent-gardes du corps du Roi. Le dessin est pris de la terrasse du palais Bourbon, où des curieux pressés contre la balustrade regardent le défilé et la foule immense de l'autre côté de la Seine. Dans le coin, à gauche, le prince de Condé et le duc de Bourbon causent, les mains dans des manchons, avec un groupe de femmes.
Dessin lavé à l'aquarelle sur trait de plume.
Ce dessin, qui faisait partie des dessins commandés à Moreau pour perpétuer le souvenir des journées des 21 et 23 janvier 1782, n'a point été gravé. Est-ce le dessin lavé offrant une vue perspective de la place Louis XV prise de la terrasse du palais Bourbon, que Thierry place dans le boudoir du palais?
H. 45, L. 105.
—Diane,—Iphigénie,—Oreste,—Thoas,—Garde de Thoas,—Scythe.
Dessins à l'aquarelle sur trait de plume.
Signés tous les six: J. M. Moreau le Jeune, 1781.
Recueil des costumes commandés par l'Académie royale de musique à Moreau, pour monter l'opéra d'«Iphigénie en Tauride», dont la première représentation eut lieu le 23 janvier 1781.
H. 23, L. 16.
—Un pont en bois jeté sur une petite île et reliant les deux rives d'une rivière ombragée d'arbres, où se tiennent des pêcheurs à la ligne.
Dessin à l'encre de Chine.
H. 26, L. 35.
Moreau l'aîné (Louis). Un des gouacheurs les plus habiles, les plus légers, les plus pimpants, et le paysagiste qui, pour moi, a seul rendu la gaieté et le riant de la campagne parisienne. Les deux gouaches de ma collection sont de la plus belle qualité du Maître. Le jour où je les vis à l'exposition du boulevard des Italiens en 1860, ce fut chez moi un désir fou de les posséder. Et ce désir était de temps en temps réveillé par une vente que faisait, par-ci par là, leur possesseur, le miniaturiste Carrier: une vente où les gouaches désirées n'apparaissaient jamais. J'en étais venu à des vœux homicides, et étais presque tenté d'imiter ce monsieur, auquel un de mes oncles avait enlevé aux enchères une paire de cornets de Chine d'un rouge très laid, mais introuvable; pendant plusieurs années, il vint tous les ans s'informer chez le concierge si mon oncle était encore vivant. Enfin M. Carrier mourait en 1875, et les aquarelles étaient vendues; mais cette fois, au lieu de les acheter 2 ou 300 francs, leur valeur en 1860, j'étais forcé de les payer 1,325 francs.
—Entrée d'un parc auquel mènent cinq marches, à gauche une rangée de caisses et de pots de fleurs. Dame, une ombrelle à la main, dont un serviteur porte la traîne.
Gouache.
Signé: L. M. 1780.
Vente Carrier.
H. 29, L. 23 (ovale).
—Intérieur de parc, où, sous un arbre penché, se voit le départ d'une rampe d'escalier, surmontée d'une pomme de pin en pierre. Bergère assise, une houlette en travers des genoux; un berger lui offre un bouquet de fleurs.
Gouache.
Signé: L. M. 1780.
Vente Carrier.
H. 29, L. 22 (ovale).
—Jardin chinois, où s'élève au milieu des arbres une pagode à clochetons; une gondole à l'ancre dans une pièce d'eau. A droite, au premier plan, un gentilhomme donne des ordres à un jardinier; à gauche, un homme, une bêche à la main, est assis sur un rouleau à fouler le gazon.
Aquarelle légèrement gouachée.
H. 39, L. 32 (ovale).
Natoire (Charles). Le Boucher de la seconde moitié du siècle, mais n'ayant de son prédécesseur, et de seconde main encore, que la pratique et la convention, et rien de ce que Boucher avait vu de la nature, même avec ses yeux du xviiie siècle.
Toutefois il y a, dans l'œuvre de Natoire, des paysages romains, amusants, spirituellement décoratifs, faits d'un rien d'aquarelle et de gouache jeté sur une feuille de papier bleu couverte d'un croquis à la plume: des dessins que le peintre aimait, collectionnait, et dont on vendait une suite de 160 à sa mort.
—Dessin allégorique pour la naissance d'un dauphin de France. Un génie dans une draperie fleurdelysée, présentant un nouveau-né à l'Olympe trônant sur les nuages, sous les yeux d'une femme assise, au manteau doublé d'hermine, et entourée des Muses. Au premier plan, à droite, les nymphes de la Seine offrant des fleurs, à gauche, une caverne où rentrent les génies de la Discorde, au milieu des amours jouant avec des globes terrestres et des télescopes.
Aquarelle sur crayonnage.
H. 43, L. 69.
—Deux figures de femmes couchées sur les nuages et représentant: le Printemps, l'Été.
Lavis au bistre sur papier bleu avec rehauts de blanc de gouache[29].
Ces deux dessins ont été exécutés pour des plafonds.
H. 20, L. 25.
—La Muse de la musique entourée d'amours, une main sur une lyre, l'autre soutenant la bande d'une partition qu'un amour déroule dans le ciel.
Dessin sur papier bleu à la pierre d'Italie rehaussé de craie.
Dessin d'un dessus de porte.
H. 21, L. 29.
—Vue de la villa d'Este. Au premier plan une femme agenouillée donnant à boire à des chèvres, et sur le piédestal d'une louve allaitant Rémus et Romulus, un homme jouant de la guitare.
Croquis à la plume lavé d'aquarelle et de gouache sur papier bleu.
Signé: Villa d'Est. magio 1766 C. N.
H. 30, L. 47.
Nattier (Jean-Marc). Le portraitiste auquel est attribué un certain nombre d'études rapides, enlevées d'une manière similaire, mais dont on n'a pas retrouvé, que je sache encore, la peinture ou la gravure d'aucun de ces jets sur le papier[30]. A ces études de portraits se trouve réunie dans ma collection, une grande machine décorative, une de ces compositions avec lesquelles Nattier, qui se levait de fort bonne heure, amusait ses matinées avant l'arrivée de ses modèles du grand monde.
—Une femme à mi-corps, assise de face sur une chaise, le haut du corps un peu penché à droite, en train de faire de la frivolité.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Vente Villot[31].
H. 33, L. 30.
—Un homme à mi-corps, de profil, tourné à droite, la tête retournée et vue de trois quarts, un carton sur les genoux, à la main un compas avec lequel il trace une figure géométrique.
Dessin sur papier bleu à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Vente Villot.
H. 30, L. 25.
—Triomphe d'Amphitrite; au-dessus de la conque traînée sur les eaux, une grande voile déployée dans le ciel que soulèvent et tendent des amours.
Lavis d'encre de Chine sur trait de plume, avec dans certaines parties des rehauts de blanc de gouache. Le dessin a été mis au carreau.
Signé au dos du dessin: J. M. Nattier invenit et delineavit 1758, et, d'une écriture du temps, au crayon: Peint en 1759.
Vente Peltier.
H. 29, L. 52.
Norblin (Jean-Pierre de la Gourdaine). Un faiseur de taches à l'encre de Chine, à l'imitation des taches au bistre faites par Fragonard; un crayonneur gras et croquant à la mine de plomb, à l'imitation des crayonnages de Fragonard à la sanguine.
—Un cabaret où un homme cherche à embrasser une femme qui se défend.
Une course à la bague dans la campagne, où l'on voit au premier plan un homme caracolant, armé d'une lance.
Deux croquetons à la mine de plomb.
H. 10, L. 17.
—La Main-chaude. Sous de grands arbres, au milieu d'une nombreuse compagnie, une jeune fille frappant dans la main posée sur le dos d'un homme, dont la tête est cachée dans les jupes d'une femme.
Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume, en forme d'écran.
H. 29, L. 27.
—Le Jeu de bascule. Sous de grands arbres, des jeunes filles et des jeunes gens se balançant sur un tronc d'arbre basculant.
Lavis à l'encre de Chine sur trait de plume, en forme d'écran.
H. 29, L. 27.
Olivier (Michel-Barthélemy). Des dessins non signés, que les marchands ont offerts pendant longtemps aux amateurs, sous des attributions absurdes, et que les amateurs n'achetaient pas, les croyant fabriqués par un faussaire: ces dessins ayant quelque chose d'une modernité suspecte. Enfin, il y a une quinzaine d'années, dans une vente, je crois, d'un descendant d'Olivier, arrivait aux enchères un lot de ses eaux-fortes et de ses dessins, dont quelques-uns étaient la première idée de quelques-unes des eaux-fortes. Ce jour-là on était fixé sur ces dessins inconnus, on avait à faire à Olivier, le peintre officiel du prince de Conti, l'auteur des curieux tableaux du Thé à l'anglaise dans le salon des Quatre-Glaces au Temple, de la Fête dans le Bois de Cassan à l'Ile-Adam. Les dessins d'Olivier sont de petits, petits, petits dessins, à la recherche d'intentions spirituelles, et s'appliquant à rappeler dans le mélange de la sanguine, du crayon noir, de la craie, l'esprit et la couleur des dessins de l'école de Watteau. Quelquefois même des touches de pastel viennent s'ajouter aux trois crayons et agrémenter les études du peintre galant du Temple, d'un coloriage léger et gai. Très souvent aussi, à l'imitation de Watteau, le sujet principal est accompagné du crayonnage d'une tête, d'un bras, d'une main, d'un croqueton qui fait contraste avec l'étude terminée.
—Deux femmes de profil, tournées à gauche, se promenant. Elles sont habillées en grand habit avec des plumes dans les cheveux; l'une d'elles tient à la main un éventail fermé. Sur le fond est jetée une étude de tête.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
H. 24, L. 17.
—Femme assise à terre, coiffée d'un papillon, elle est entourée d'études de bras et de mains.
Sanguine; trois des études de bras et de mains sont à la pierre d'Italie.
H. 15, L. 20.
—Femme assise, les jambes allongées, une main tendue et montrant quelque chose dans le lointain.
Dessin sur papier gris, à la pierre d'Italie et à la sanguine rehaussé de pastel.
H. 13, L. 21.
—Rose endormie, couchée sur une chaise longue, un livre tombé de ses mains; du dessous de ses jupes remontées, son petit chien toutou aboie après un garçonnet penché sur le dossier et regardant les mollets de la belle.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, frotté de sanguine et rehaussé de blanc.
Ce dessin, en hauteur, a été gravé en largeur avec de nombreux changements et l'introduction d'une fille de chambre, sous le titre: le Sommeil interrompu. Il ne porte ni nom de dessinateur ni nom de graveur, dans sa marge qu'emplissent vingt-cinq vers.
H. 32, L. 26.
Oudry (Jean-Baptiste). On disait, de son temps, Oudry encore plus attaché à ses dessins qu'à ses tableaux, et que, de ses dessins, il composait des portefeuilles de cinquante morceaux variés, de manière que celui qui en possédait un seul, avait un échantillon de tous les genres embrassés par le peintre. En effet, l'illustrateur des Fables de la Fontaine est universel, mais plus particulièrement paysagiste et avant tout animalier. Dans ses dessins d'animaux presque toujours exécutés sur papier bleu, à la pierre noire avec rehauts de craie, il apporte une habileté dont le seul défaut est peut-être la constante égalité, le faire uniformément semblable, une perfection qui vous laisse sans surprise. Ses dessins aux beaux écrasements de crayon noir dans l'ombre, aux détails simplifiés dans les clairs,—et tout lumineux des lumières posées par l'homme qui peignait des oiseaux blancs sur fond blanc,—arrivent à une unité d'effet extraordinaire et sous des apparences faciles, à ce résumé concret de l'objet représenté que donne seul un savoir énorme. Et les heureux et magistraux dessins qu'a laissés ce dessinateur toujours occupé à crayonner, ce dessinateur «des perdrix au plumage bizarre, des cerfs à tête singulière» tués par le Roi, ce dessinateur de tous les animaux inconnus et étranges arrivant à la ménagerie de Versailles. Ce sont de pittoresques accumulis de poissons qui lui faisaient faire, au dire des «Mémoires des Académiciens», dix voyages à Dieppe pour les dessiner dans toute leur fraîcheur; ce sont de ces buffets ou de ces dispositions de deux pièces de gibier, accrochées à un clou au-dessus d'une tablette garnie de victuailles ou d'accessoires, d'une touche de crayon qu'on supposerait être celle de Chardin; ce sont de savantes études de chiens, de la grosse bête chassée par la vénerie royale, etc. Et même le paysagiste n'est pas à dédaigner: ses dessins de grands parcs avec un bout d'escalier, avec un angle de terrasse à balustres, se font remarquer tout de suite par une connaissance de l'anatomie de l'arbre, une science de ses embranchements, et encore par un éclairage du dessous des grandes futaies qui n'appartiennent qu'à Oudry.
A propos des dessins à la sanguine d'animaux d'Oudry, on doit se défier de certains dessins un peu dans sa manière, mais d'un crayonnage plus maigre, et qui sont du nommé Dugommer; quant à ses paysages à la pierre d'Italie, sur papier bleu, il faut prendre garde à quelques dessins de Pierre, moins libres cependant que ceux d'Oudry, mais qui a travaillé d'après nature à Arcueil, dans l'ancien parc du prince de Guise, et reproduit les mêmes motifs que son confrère. Enfin il ne faut pas craindre d'acheter des paysages d'Oudry dans lesquels se promènent des personnages de l'Empire: un marchand du commencement du siècle qui en possédait un certain nombre, ayant eu, pour les vendre, l'idée de faire peupler leur vide et leur solitude, par un artiste contemporain dont on m'a dit le nom que j'ai oublié.
—Un chien barbet surprenant un cygne sur ses œufs.
Dessin sur papier bleu, lavé à l'encre de Chine, rehaussé de gouache.
Signé: Oudry fecit pour présent.
Dessin du tableau exposé au Salon de 1742 et peint pour la salle à manger de M. Bernard l'aîné.
H. 35, L. 40.
—Attaque d'un loup par trois dogues.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc et de quelques touches de pastel.
H. 44, L. 27.
—Dans l'angle ruineux d'un parapet donnant sur la mer, un amoncellement de poissons surmontés d'un congre et d'une anguille de mer ficelés à un clou; sur le parapet, un perroquet.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Signé à la plume: Oudry, 1740.
Vente Andreossy.
H. 31, L. 43.
—Un baquet débordant de poissons de mer répandus à terre; sur un bout de mât où sèche un filet, un perroquet.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Signé à la plume: Oudry, 1740.
Vente Andreossy.
H. 31, L. 40.
—Un canard et un lièvre accrochés à un clou; en bas, des bouteilles, du pain, du fromage.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Dessin du tableau peint pour le dessus de cheminée de M. Jombert, libraire, et exposé au Salon de 1742.
H. 39, L. 22.
—Dans une niche de buffet, un faisan et un lièvre accrochés à un clou; sur la tablette, gigot, volaille piquée, cardons, bouteilles et panier.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Signé: J. B. Oudry, 1743.
Dessin du tableau fait pour la salle à manger de M. Roettiers, orfèvre du Roi, et exposé au Salon de 1753. Il y a quelques changements dans les accessoires.
H. 35, L. 26.
—Un chien à côté d'un tabouret de canne où sont posés une musette, des estampes, un livre.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Dessin du tableau pour devant de cheminée exposé au Salon de 1742 et acquis par M. Watelet. Le tableau est aujourd'hui au château de Jeand'heurs appartenant à M. Léon Rattier.
H. 24, L. 33.
—Vue d'un parc terminé par une terrasse à balustres donnant sur une rivière.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
Signé: J. B. Oudry, 1744.
Vente Guichardot.
H. 32, L. 53.
Pajou (Augustin). Un sculpteur qui dessine avec le pittoresque, le brio d'un dessinateur de profession. Ses dessins, qui ne sont pas très communs, sont généralement lavés d'un chaud bistre sur un trait de plume.
—Projet d'une fontaine à têtes de béliers et à godrons, surmontée d'un cygne, et dont la panse, où deux amours s'embrassent, est soutenue par deux satyres. Le socle est formé par trois cariatides à queue de serpent.
Bistre sur trait de plume.
Signé: Pajou.
Vente Tondu.
H. 32, L. 18.
—Projet de brûle-parfum, au couronnement formé d'un amour et de deux satyres.
Bistre sur trait de plume avec rehauts de blanc de gouache.
H. 14, L. 18.
—Dans un fronton, accoudées à un écusson vide et couronné de fleurs de lys, les figures de la Prudence et de la Libéralité.
Sanguine.
Ce dessin, très terminé, est le projet définitif, et tel qu'il a été exécuté, du fronton du pavillon de droite du Palais-Royal, sur la place.
H. 22, L. 59.
Parizeau (Ph.-L.). Des dessins de paysage où tout est gracieux: les arbres, les bêtes, les paysans.
—Une chaumière, où une femme, assise dans la baie de la porte, est entourée de petits enfants jouant sur le seuil.
Sanguine.
Signé sur le mur de la chaumière: Ph. L. Parizeau, 1775, près Longjumeau.
Étude par Parizeau, dans un voyage avec Wille, et dont Wille donne les étapes dans ses «Mémoires», à la date du 3 septembre 1775.
H. 18, L. 43.
Parrocel (Charles). Le peintre de l'entrée de l'Ambassadeur turc, le coloriste, dont les yeux semblent avoir toujours gardé la mémoire de ces tableaux de Bourguignon faits sur cuir doré, et où l'or, épargné par la peinture, faisait les cuirasses; le dessinateur dont la plume et la sanguine ont une sorte de furia, le croqueur instantané habitué à saisir le galop d'un cheval, et qui, en ses hâtifs et cursifs et carrés dessins, rencontra quelquefois de petits cavaliers au torse superbe, aux pans d'habits renflés, qui ont quelque chose du crayonnage de Watteau.
—La course de la bague, avec la tête du pistolet, la tête de l'épée, la tête de lance, la tête de Méduse, etc.
Sanguine.
Gravé à l'eau-forte par Parrocel, en réduction et avec quelques petits changements dans «l'École de cavalerie» par M. de la Guerinière, vol. Ier, p. 30.
Vente Le Bas, où ce dessin était catalogué sous le no 37.
H. 26, L. 46.
—Un palefrenier étrillant un cheval.—Une échoppe de regrattier.—Un maréchal-ferrant travaillant la mâchoire d'un cheval.
Lavis d'encre de Chine sur trait de plume.
Ces trois dessins sont gravés dans une suite d'après le Maître.
H.17, L. 13.
Pater (Jean-Baptiste). En dépit de la disproportion des parties d'un corps, d'un dégingandement parfois singulier de ses figures dessinées, Pater est le dessinateur qui approche le plus de son Maître. Il ne vous trompera pas avec un de ses trois crayons,—là Watteau défie tout le monde;—mais le plus fin connaisseur pourra être pris à un croquis, à un croqueton à la sanguine, tant l'élève s'est assimilé le jet et le ressentiment du contour de Watteau. Disons ici que c'est tout à fait une rareté que de rencontrer un dessin qui soit la première idée presque complète d'un tableau de Pater; on ne connaît guère de lui que des études de figures isolées. Sous le nom de Pater je catalogue, avec une espèce de certitude, un lavis dont pour moi le pointillage du pinceau a la plus grande analogie avec le faire du crayonnage du dessinateur; toutefois, pour affirmer d'une manière positive mon attribution, il aurait fallu voir des lavis de ce maître parfaitement authentiques, et je n'en connais pas.
—Un couple assis sur un tertre et devisant; dans le fond, à gauche, un galant dont la tête n'est indiquée que par un ovale, caressant la gorge d'une femme qui se défend.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Première idée du tableau gravé par Filleul, sous le titre: l'Amour et le Badinage.
H. 25, L. 31.
—Près d'une niche, à la sculpture rocaille, et d'où tombe un filet d'eau, un négrillon pose un déjeuner de porcelaine sur un guéridon, placé devant une dame à l'ample robe. A côté de la femme se tient debout, le bras appuyé au piédestal d'un grand vase, un homme en robe de chambre un bonnet de coton à fontange sur la tête; plus loin un gentilhomme, son chapeau sur la cuisse, est assis sur un tabouret.
Dessin à l'encre de Chine, dessiné et lavé au pinceau sur papier bleu.
Vente Thibaudeau, où il était catalogué sous le nom d'Eisen père.
H. 27, L. 38.
Perroneau (Jean-Baptiste). Un grand pastelliste injustement sacrifié par Diderot à La Tour, et dont la préparation de Laurent Cars, au Louvre, donne la plus haute idée. Perroneau est plus naturellement coloriste que La Tour; il est, dans sa peinture de poussière colorée, tout plein de tons clairs, frais, presque humides. Certes son heureux rival a une science anatomique et physiognomique d'un visage bien supérieure à la sienne, mais trop souvent ses tons sont fatigués, ne se montrent plus entiers, et jamais, au grand jamais, il ne s'est élevé à ces clartés d'une figure faites de la pose franche de touches de bleu, de vert, balafrés de rose, et qui ont la plus grande parenté avec la couleur à l'huile des portraits de Reynolds, des portraitistes anglais de la fin du xviiie siècle.
—Louis Claude, comte de Goyon de Vaudurant, sous-gouverneur de Bretagne, coiffé à l'oiseau royal; il est en habit de velours noir, jabot de dentelle, gilet de soie à fleurettes traversé par le cordon rouge de commandeur de l'ordre de Saint-Louis.
Pastel sur peau vélin.
Provient de la collection du docteur Aussant de Rennes, où il était attribué à La Tour. Ce pastel, qui a tous les caractères du faire de Perroneau, n'a pu être exécuté par La Tour qui, déjà un peu fou, ne travaillait plus à l'époque, où M. de Goyon était nommé commandeur de l'ordre de Saint-Louis.
H. 71, L. 58.
Pierre (Jean-Baptiste Marie). Le remplaçant et le continuateur de Boucher, un dessinateur dont les dedans sont un peu vides, mais un contourneur élégant et joliment maniéré de l'humanité de son temps. Ses femmes nues sont très désirables avec leur petite gorge drue, leur corps allongé dans la rondeur, leur derrière en poire, et l'élève de Natoire n'est point encore trop maladroit au tortillage d'une toilette d'homme ou de femme de son temps. Ce dessin du «Peintre sicilien» catalogué plus bas, je me vois toujours l'achetant, au temps des ventes fastes et secourables aux désargentés, en cette vieille maison du fond de la rue de Vaugirard, cette maison toute bondée de dessins et de gravures, et où les lots de choses d'art semblaient ne pouvoir s'épuiser: la maison de Villenave. Je le payais, mon Pierre, je crois, quelque chose comme 7 francs, et je l'achetais aux côtés de M. Reiset, qui, encore plus heureux que moi, acquérait là, pour moins de cent francs, deux Watteau qui sont aujourd'hui deux des joyaux de la collection du duc d'Aumale.
—Le gentilhomme Adraste aux genoux de l'esclave grecque dont il vient d'ébaucher le portrait.
Dessin sur papier blanc à l'encre de Chine, rehaussé de blanc de gouache.
Signé dans le dos d'une chaise: Pierre.
Dans la marge du dessin est écrit: Le Sicilien. Eh bien, allez, oui, j'y consens.
H. 22, L. 27.
—La Folie faisant fuir la Religion. En bas, un prêtre renversé, un soldat se tordant les mains, un laboureur levant les bras au ciel, un magistrat à genoux regardant la Religion s'envoler. Allégorie satirique contre la philosophie et l'irréligion du ministère Maurepas, Sartine, Miromesnil.
Dessin lavé à l'encre de Chine relevé de plume.
Signé au crayon dans la marge de l'ancienne monture: Pierre, le merc(redi) 1er février 1775.
H. 32, L. 27.
—Une jeune femme vue de dos, peignant un paysage posé sur un chevalet.
Sanguine.
Signé à l'encre: Pierre.
H. 23, L. 18.
Pillement (Jean). Un chinoiseur faisant de la chinoiserie rococo au goût du temps, et de petits paysages proprets avec un crayon taillé menu, menu, menu.
—Un pont à l'arche de pierre rompue et remplacée par une passerelle en bois; au premier plan, un homme monté sur un âne qu'il pousse à coups de bâton.
Dessin à la pierre noire.
Signé: J. Pillement, 1769.
H. 16, L. 23.
—Une masure au bord d'une rivière; sur une estacade une femme qui file debout, la quenouille à la main.
Dessin à la pierre noire.
H. 16, L. 23.
Portail (Jacques-André). Des deux crayons ayant l'air de dessins de la vieillesse de Watteau—qui n'en eut pas,—des dessins hésitants, tâtonnés, et comme tracés par des doigts un peu tremblants, et jamais, sans cette belle audace même dans la maladresse, qu'ont parfois et Pater et Lancret; des dessins cependant tout pleins, dans une interprétation ingénue et plaisamment maladroite, de la physionomie du xviiie siècle. Longtemps ces deux crayons se vendaient sans qualification. Ce n'est qu'en 1851, à la vente du baron de Silvestre, que l'apparition d'une dizaine de ces dessins, sauvés des soixante-neuf ramassés par son grand-père, le Maître à dessiner des enfants de France, réapprenait aux amateurs et aux marchands le nom du bonhomme Portail. On remarquera qu'en général les dessins de Portail sont seulement à la sanguine et à la pierre noire sans mélange de craie. Indépendamment de ces deux crayons, Portail, dont le titre était «peintre de fleurs», a exécuté, à l'aquarelle et à la gouache, de nombreuses et savantes études de fleurs, de plantes même de légumes, dont quelques-unes, indépendamment d'une série de miniatures, passaient à la vente de M. de Menars. Elles sont la plupart, maintenant, je crois, en la possession du marquis de Chennevières.
—Portrait du peintre, en buste, vu de trois quarts et tourné à gauche, la tête un peu soulevée, une joue appuyée sur sa main droite.
Dessin à la pierre noire et à la sanguine avec quelques touches de lavis à l'encre de Chine.
Une inscription d'une écriture du temps porte dans la marge: Dessiné par M. Portail, de l'Académie royale de peinture et sculpture, premier dessinateur du cabinet du Roi, garde des plans et tableaux de la couronne.
Vente Aussant.
H. 22, L. 17.
—Deux négrillons en costume de porte-queues de robes, et coiffés du casque à la moresque orné de panaches; ils sont accoudés à une table de toilette, sur laquelle il y a posés un pot à l'eau et une cuvette.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
H. 27, L. 25.
—Une dame en grands paniers, assise dans une chaise, une canne à la main, causant, la tête retournée, avec un gentilhomme appuyé au dossier.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
Collection Niel.
H. 30, L. 24.
—Un jeune homme assis, jouant de la flûte, auquel un autre homme, appuyé au dossier de sa chaise, présente la partition.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
H. 26, L. 22.
—Jeune fille, vue à mi-corps, en déshabillé et regardant dans son corset qu'elle soulève de ses deux mains.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire.
Étude pour la miniature portant le no 329 du marquis de Menars, ainsi décrite: «Une jeune fille assise et en déshabillé. Elle ouvre sa chemise et paraît y regarder attentivement.»
H. 26, L. 19.
Prud'hon (Pierre-Paul). Le dernier dessinateur de la grâce.
—Accroupie sur ses pieds, un ruban lui servant de guides, Psyché est traînée par l'Amour à genoux et dont les mains sont enchaînées derrière le dos.
Dessin à la pierre d'Italie sur papier jaunâtre.
Ce dessin est le modèle du bras de fauteuil pour l'ameublement de l'impératrice Marie-Louise, fondu par Thomire.
Porte la marque de M. His de la Salle qui avait fait un échange avec Blaisot.
H. 21, L. 36.
Pujos. Le portraitiste de Belle et Bonne, dessinateur consciencieux, appliqué, au crayonnage un peu froid, mais adroitement contre-taillé.
—Portrait de Sue, représenté dans une houppelande à collet de fourrure, et tenant de la main gauche une tête de mort.
Dessin à la pierre d'Italie.
Dans la tablette de l'écriture du peintre: Sue, célèbre anatomiste, et au-dessous: Dessiné par son ami Pujos en 1785.
Vente Capé.
H. 19, L. 13.
—Buste de femme, un pouf jeté sur le haut des cheveux et coiffée avec deux coques derrière l'oreille. Elle est habillée d'un peignoir bordé d'une ruche, et à son cou se voit le cordonnet d'un médaillon.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, relevé de craie.
Signé dans la marge: L. Pujos... en 1775.
H. 14, L. 14 (ovale).
Queverdo (François-Marie-Isidore). Le dessinateur, dont j'ai vu dans ma jeunesse, chez Mayor, deux dessins qui, s'ils n'avaient été signés, auraient été pris, par tout le monde, pour des Eisen,—le dessinateur devenu, dans les dernières années du xviiie siècle, l'affreux illustrateur que l'on connaît.
—Le Coucher de la mariée. Une femme entourée de ses chambrières, dont l'une tient une bougie, et qu'un homme agenouillé sollicite d'entrer au lit.
Lavis au bistre mélangé de carmin et rehaussé de blanc de gouache.
Signé dans l'encadrement carré fait à l'ovale du dessin par le dessinateur: Queverdo 1762.
H. 20, L. 18.
—Dans un confessionnal fait en treillage et fleuri de plantes grimpantes et couronné de deux pigeons qui se becquètent, un moine confesse une jeune villageoise qui s'essuie les yeux, tandis que de l'autre côté son amoureux attend son tour. A droite et à gauche du dessin, un groupe de berger et de bergère, couchés à terre, qui s'embrassent.
Lavis de bistre sur trait de plume.
Gravé sans nom de dessinateur et de graveur dans les imageries de Basset, sous le titre de: la Belle Pénitente, avec des vers au bas qu'on chantait sur l'air du Confiteor.
H. 15, L. 28.
Ranc (Jean). Peintre de portraits, élève de Rigaud. Il a laissé, de ses portraits à l'huile, des études crayonnées aux ombres légères et comme effacées, et dont l'éclairage de craie semble exécuté sur une contre-épreuve.
—Une vieille femme, au triple menton, à la coiffure basse, un pan de draperie jetée sur l'épaule droite. Elle est représentée vue de face dans le cadre d'un œil de bœuf architectural.
Dessin sur papier bleu, à la pierre d'Italie, rehaussé de craie.
H. 23, L. 17.
Robert (Hubert). L'artiste qui a inventé la ruine spirituelle, le crayonneur agréable, l'aquarelliste à l'aquarelle à la fois délicate et décoratoire. En dehors de ses villas italiennes, Hubert Robert a donné, sur notre ancien Paris, quelques dessins inspirés par une démolition, par un incendie, par une catastrophe montrant le monument ruineux et pittoresque, dessins où il apporte son talent prime-sautier dans la représentation de localités qui ne sont guère peintes que par un Raguenet.
—Un portique de villa italienne surmonté d'une terrasse, et dans la niche duquel tombe l'eau d'une fontaine. Un gentilhomme, le chapeau sous le bras, et donnant le bras à une dame en mante noire, s'apprête à monter un escalier s'ouvrant entre deux statues antiques; au premier plan, une femme puise de l'eau dans un chaudron, près d'une mère qui tient son enfant par les lisières.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: H. Robert 1763.
H. 34, L. 21.
—Jardin d'une villa italienne, où un escalier, au bas duquel est couché un Fleuve sur son urne, mène à une fontaine monumentale retombant en cascade; en bas, le long d'un mur, aux bas-reliefs encastrés, deux femmes arrangent des arbustes dans de grands pots de terre rouge.
Aquarelle.
Signé: H. Robert fecit 1770.
H. 21, L. 22.
—Escalier monumental que gravit une Italienne, son enfant sur le bras; au premier plan près d'un sphinx de bronze vert jetant de l'eau dans une vasque, une femme, accoudée sur une borne, tient un petit chien dans ses bras.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: H. Robert.
H. 33, L. 28.
—Vue de l'intérieur d'un cellier romain où un gros chien a pour niche un tonneau; une femme, un marmot sur le bras, monte un escalier, où un enfant, assis sur une marche, mange sa soupe.
Croquis sur un large frottis de sanguine, lavé de bistre et relevé de plume.
H. 36, L. 47.
—Vue, prise sous une arche du Pont-Neuf, du Pont-au-Change tout chargé de maisons; une grande estacade à droite au pied de laquelle sont amarrés des bateaux; au premier plan, un groupe de trois hommes dont l'un tient une ligne.
Croquis à la pierre noire.
Portant la marque FR.
H. 31, L. 46.
—Vue de l'Hôtel-Dieu, après l'incendie de 1772; une échelle est appliquée contre l'arceau du milieu; au premier plan, un groupe de deux femmes et d'un homme.
Sanguine.
H. 28, L. 36.
—Vue de la démolition du cimetière des Innocents. Par la baie d'une arche ogivale, on aperçoit une tour au-dessus du cloître dont la partie supérieure est déjà démolie; au milieu de la cour, amoncellement de poutres et de débris; au premier plan, un homme regardant appuyé sur le mur d'appui.
Sanguine lavée d'encre de Chine, relevée de plume et rehaussée de blanc de gouache.
H. 37, L. 29.
Sablet le jeune. Des dessins nobles, des études d'après nature qui rappellent des académies d'atelier.
—Une vieille femme aux pieds nus, en costume de la campagne romaine, représentée de profil, tournée à gauche et tendant la main.
Lavis à l'encre de Chine.
H. 35, L. 27.
Saint-Aubin (Gabriel). Un gribouilleur de génie, dans les croquis, les croquetons duquel il serait possible, en les gravant, de reconstruire une Illustration du xviiie siècle, qui aurait ses légendes toutes faites avec le bavardage écrit de la main de l'artiste-croqueur, en marge, au dos, au revers, et même à travers le crayonnage et la peinturlure de ses dessins d'après nature.
—Portrait d'Augustin de Saint-Aubin enfant, dormant tout habillé sur un tabouret; dans le coin, à gauche, une répétition plus étudiée de la tête du dormeur.
Dessin à la pierre noire.
Au dos, de la fine écriture d'Augustin: Étude faite d'après nature par Gabriel de Saint-Aubin en 1747 d'après son frère Augustin qui lui servait de modèle[32].
H. 21, L. 19.
—Portrait de Louis XVI dans un cadre, au bas duquel jouent deux amours, au milieu d'attributs et de médaillons représentant des épisodes de la vie du monarque.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir et frotté de blanc, signé: Gabriel de Saint-Aubin f. 1770. Il a écrit en bas: Louis-Auguste, dauphin de France. Marié le 16 may 1770, et ajouté plus tard: Roi le... 1774.
H. 33, L. 22.
—Deux études du portrait de Young.
L'une représente l'écrivain dans un médaillon, au bas duquel est une lampe, un sablier et une tête de mort servant d'encrier; l'autre le montre dans un médaillon soutenu par un Génie, avec au bas une Muse la tête voilée de noir, une plume à la main.
Le premier dessin est à la pierre d'Italie et à la sanguine relevé d'encre; le second est à la pierre d'Italie.
Tous les deux sont signés. Le second porte au bas trois lignes au crayon, qui commencent ainsi: Gabriel de Saint-Aubin l'ami de Young...
Le premier a été gravé par Augustin de Saint-Aubin, en tête de la traduction des Nuits de Young, par Letourneur, 1770.
H. 14, L. 8.
—La Vierge exposant l'Enfant Jésus à l'adoration d'un moine et d'une sœur. Le sujet principal est entouré de quinze petits médaillons à la plume, représentant quinze épisodes de la vie du Sauveur.
Dessin lavé sur crayon noir à l'encre de Chine.
Signé: G. d. S. A.
Vente Pérignon.
H. 20, L. 18.
—Matathias renversant les idoles et massacrant les prêtres.
Dessin à la plume, lavé d'aquarelle avec rehauts de gouache.
Vente Pérignon.
H. 17, L. 23.
—La mort de Germanicus.
Dessin à la plume, lavé sur frottis de sanguine, et rehaussé de gouache.
Gravé sous le no 44 de l'illustration faite par Gabriel Saint-Aubin de «l'Abrégé d'histoire romaine», publié chez Nyon.
H. 21, L. 16.
—Une châsse promenée à la porte d'une église par le clergé.
Dessin à la pierre noire, relevé de plume.
Projet de tableau, ainsi que l'indique la mention de 14 pieds, écrite en bas, au crayon, par Gabriel de Saint-Aubin.
H. 5, L. 10.
—Les Dimanches de Saint-Cloud.
Dans une allée de boutiques, au milieu du cercle fait par la foule, un homme et une femme dansent aux accords d'un joueur de violon et d'un harpiste.
Bistre relevé de plume.
Signé au bas, à gauche: Gabriel de Saint-Aubin del., et sur le toit d'une boutique: Vu à Saint-Cloud le 12 septembre 1762. G. de S. A.
H. 20, L. 28.
—Vue du Pont-Neuf et de la Samaritaine prise au quai de la Mégisserie à l'époque où se construisaient, sur les demi-lunes du pont, les guérites dont la location fut affermée par le Roi, au profit des veuves de l'Académie de Saint-Luc. Sur le premier plan un marché aux fleurs, une rixe de femmes, un groupe de racoleurs.
Dessin à la sanguine et à la pierre noire, accentué de plume.
Signé: G. de Saint-Aubin 1775.
Ventes Brunn-Neergaard, Sylvestre[33].
H. 23, L. 38.
—Pitres de parade se fendant pour un assaut, gros abbé le nez en l'air, vieillard vu de dos dans un grand manteau, savoyard sautillant sur un pied, femme assise sur un banc soulevant son enfant pour voir.
Feuille de croquis sur papier grisâtre, à la pierre noire, rehaussés de blanc.
Étude pour la «Vue des Boulevards» de Gabriel de Saint-Aubin, gravée sans titre par Duclos.
H. 43, L. 26.
—Deux vues du Wauxhall.
Dessin à la plume sur un dessous de crayon lavé.
Sur l'un de ces dessins on lit, de l'écriture de Saint-Aubin: Vue du salon des Muses faite au Wauxhal par Gabriel de Saint-Aubin, 1769, avec indication de café turc et de restaurateur.
H. 5, L. 10.
—Vue des tables d'un café des boulevards, devant lequel défilent des carrosses.
Croquis au crayon noir rehaussé de blanc.
Vente Pérignon.
H. 14, L. 19.
—Dans le fond l'École-Militaire, au premier plan une foule immense regardant, du quai, un bateau au milieu de la Seine.
Dessin à l'aquarelle repris de plume.
En bas, de l'écriture du dessinateur: Bateau insubmersible de M. de Bernière éprouvé le 1er août. Gabriel de Saint-Aubin, 1776. Le véritable honneur est d'être utile aux hommes. Pour la société établie à cette fin, 1776. (Voir sur cette expérience les «Mémoires de la République des lettres» à la date du 4 août 1776.)
H. 19, L. 14.
—Un laboratoire de chimie, au manteau du fourneau décoré d'une figure allégorique présentant un miroir à Vulcain. Au-dessous sont groupés, autour d'une table, des savants, des femmes, des abbés, au milieu desquels on remarque un seigneur au grand cordon en sautoir. Un homme tient une cornue entre ses mains. C'est sans doute la chambre d'expérimentation du chimiste-amateur, le duc de Luynes, où se lit sur une porte sculptée: Au Sage.
Dessin à la pierre noire, relevé de quelques coups de plume.
Signé: G. S. A. 1779.
Vente Pérignon.
H. 18, L. 12.
—Sous un ciel, où les Naïades versent la pluie avec des arrosoirs, et où les Vents soufflent la tempête, des jouteurs de régates de la Seine s'avancent, leurs lances de bois appuyées sur la cuisse. Au premier plan, un cabriolet stationnant à côté d'une ancre.
Dessin à la pierre noire, relevé de plume, lavé d'aquarelle et de gouache dans le ciel.
Signé: G. de S. A.
Vente Pérignon.
H. 22, L. 18.
—Danse d'hommes et de femmes dans des arbres, au pied de statues, avec un fond de ciel qui semble éclairé d'illuminations et de lueurs de feux d'artifice.
Dessin sur papier gris à la pierre noire, rehaussé de craie et de quelques touches de pastel dans le fond.
On lit dans le ciel de ce dessin représentant sans doute quelque réjouissance publique: le Retour désiré.
Vente Pérignon.
H. 22, L. 28.
—Le Salon de 1757. Plusieurs personnes, parmi lesquelles se trouve un Turc, sont arrêtées devant une statue de Vénus.
Dessin à l'encre de Chine sur trait de plume.
En bas, au crayon de la main de Gabriel: Salon de 1757, figure de M. Mignot. C'est la figure ainsi mentionnée au livret de l'exposition: «Vénus qui dort. Cette figure est de la même proportion que l'Hermaphrodite antique et doit faire son pendant, par M. Mignot, agréé.»
H. 14, L. 16.
—Une jeune femme dessinant dans un atelier une statuette de Vénus, posée sur un guéridon. Un peintre, la main qui tient sa palette, posée sur l'épaule de la femme, lui indique, de son autre main, une correction.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre noire, éclairé d'un frottis de craie.
H. 21, L. 15.
—Trois jeunes filles dessinant sur un coin de table.
Dessin à la pierre noire, relevé de plume.
On déchiffre à peu près, sur ce dessin, de la main de Gabriel: ... Pour Mme J. G. Colignon de Freneuse; et en bas, sous la jeune fille de premier plan: pied en l'air.
H. 17, L. 11.
—Dans un appartement aux lambris sculptés, au mobilier somptueux, un commissaire verbalisant avec son clerc à une table, tandis qu'un soldat aux gardes saisit dans un secrétaire une boîte, en présence d'un homme en robe de chambre et en bonnet de coton.
Lavis à l'encre de Chine sur un frottis de sanguine.
Portant la marque du chevalier Damery.
H. 24, L. 19.
—Une femme donnant de la bouillie à un enfant, renversé sur ses genoux.
Dessin sur papier bleu à la pierre noire, rehaussé de craie.
Signé: G. de S. A. 1773.
H. 28, L. 20.
—Une femme assise, un pied sur un tabouret, lisant dans un livre.
Contre-épreuve d'un dessin à la pierre noire, avec, en marge de la femme, des croquetons à la plume et au crayon.
H. 23, L. 18.
—Deux hommes assis sur des chaises, à l'entrée d'une grande allée d'arbres; à côté d'eux deux femmes couchées à terre.
Dessin à la pierre noire, lavé d'encre de Chine et d'une coloration bleuâtre. Au dos du dessin, croquis de statue à la plume et tête d'homme baissé et paysage au crayon.
H. 18, L. 11.
—L'Étude et les Amours cherchant à arrêter le Temps, un pied posé sur les constitutions des Jésuites.
Dessin estompé au crayon noir.
Signé: G. de S. A.
Ce grand dessin académique, dont le dessinateur semble avoir eu une sorte d'orgueil, porte en bas, de la main de Gabriel: Bon à coler derrière mon portrait.
H. 54, L. 43.
—Un Génie ailé, à la main une trompette de Renommée, montrant un portrait lauré, et repoussant du pied l'Envie et la Haine.
Dessin lavé de bistre sur papier bleu, rehaussé d'aquarelle et de gouache.
Signé: Gabriel de Saint-Aubin f. avec la mention: Pour le prince de la Paix.
Vente Peltier.
H. 24, L. 21,
—La Ville de Paris, figurée par une déesse tenant une rame, et montrant à une femme qui serre deux enfants sur sa poitrine, la colonne de l'hôtel de Soissons, encastrée dans les nouvelles Halles aux grains et aux farines. En haut, un petit dessin architectural de l'encastrement.
Dessin au crayon et à la plume, lavé de bistre et d'encre. Au revers, sur un fond aquarellé de bleu, le crayonnage d'un homme assurant un lorgnon dans son œil, à côté d'un autre homme couché sur un banc; autour d'eux, plusieurs objets d'art.
Nombreuses écritures sur le dessin du recto, et au verso, à côté d'une petite statuette religieuse, deux fois dessinée: Bronze à Saint-Jean par..... le 1er octobre 1769.
Allégorie relative à l'érection de la colonne donnée par Bachaumont à la ville de Paris, et dont le dessin destiné aux «Étrennes françoises» dont Gabriel Saint-Aubin a fait presque toute l'illustration, a été remplacé par un Gravelot.
H. 18, L. 12.
—Études d'amours pour un plafond, avec la composition du milieu cherchée deux fois, d'une manière différente.
Dessin moitié à la sanguine relevé de plume, moitié au lavis d'encre de Chine sur crayonnage à la pierre noire.
Signé: G. de Saint-Aubin, 1779.
Ce dessin porte en bas de la main de Gabriel: pour le plafond de..... Serait-ce un plafond pour l'hôtel de M. d'Angiviller, dont le nom se trouve dans un cartouche sur lequel est assis un amour?
H. 18, L. 14.
—Près d'une femme, un personnage grotesque et coiffé d'une calotte, tenant renversée une marotte à laquelle se suspend un amour.
Dessin à la pierre noire.
Signé: G. de S. A. et griffonné, en marge, de chiffres, d'écritures, d'adresses, de recettes de peinture.
Vente Pérignon.
H. 18, L. 13.
—Dans un appartement à colonnes et où la porte est surmontée d'un groupe de deux amours, deux hommes causant debout, une main de l'un posée sur la main de l'autre.
Dessin à la pierre d'Italie, relevé de quelques traits de plume.
Signé: G. de Saint-Aubin del.
Gravé par Augustin de Saint-Aubin pour l'Intérêt personnel, acte II, scène II.
H. 12, L. 7.
—Neuf compositions pour l'illustration de Zadig de Voltaire.
Gribouillis à la plume, dont un seul est légèrement lavé d'encre de Chine.
H. 10, L. 8 (forme ovale).
—Trois dessins d'armoiries: deux différents pour les armes de Madame de Pompadour, un pour les armes de son frère, M. de Marigny.
Trois dessins au crayon, à la plume, lavés d'encre de Chine, sur papier et sur peau vélin.
Signé au bas des deux poissons de Marigny: G. S. A.
H. 6, L. 12.
Saint-Aubin (Augustin de). Un cadet moins peintre, moins savant dessinateur, moins artiste que son aîné, mais doué d'un contour de grâce, d'une suavité de dessin, d'une naïve galantiste d'art, qui en fait le peintre de la volupté de la femme de son temps. Pour le juger complètement, il faudrait qu'un habile fureteur déterrât les originaux de son «Bal paré» et de son «Concert bourgeois», ces deux représentations typiques du monde du xviiie siècle, exposées au Salon de 1773, et faites avec ce joli procédé qui lui réussit si bien: un doux crayonnage balayé d'un nuage d'aquarelle. Dans l'ordre de ces dessins de vapeurs, et parmi lesquels je citerai la première idée de «Au moins soyez discret», c'est dans un certain vague à peine coloré d'aquarelle ou de pastel, comme la pâle vision d'une femme rose, entrevue dans un rêve amoureux.
—Portrait à mi-corps et de profil, du dessinateur à l'âge de vingt-huit ans. Il a les cheveux en accommodage du matin, un carton sur les genoux, un porte-crayon au bout de sa main droite, levée et tendue. Au fond, sur un chevalet, une toile représentant une nudité mythologique.
Bistre sur trait de plume.
Signé: Aug. de Saint-Aubin del. 1764.
Vente Renouard.
H. 19, L. 14.
—Portrait d'une jeune femme de profil, tournée à gauche, aux cheveux bouffants et retombants, serrés par un ruban au sommet de la tête, un collier de perles au cou, un fichu lâchement noué sur le décolletage de sa poitrine.
L'encre de Chine, relevée de quelques petits traits de plume, est légèrement lavée d'aquarelle.
Signé au crayon dans le cercle blanc de l'ovale: A. de Saint-Aubin, 1780.
Au dos, d'une écriture du temps: Aimée Louise Chevrau de Moussy[34].
H. 12, L. 10 (ovale).
—Portrait d'une jeune femme de profil, tournée à droite, coiffée en chien couchant. Elle a une perle longue à l'oreille, et ses épaules décolletées sortent d'une robe jaune.
Dessin à la mine de plomb, légèrement lavé d'aquarelle et relevé de pastel.
H. 17, L. 14 (ovale).
—Portrait d'une femme âgée, vue de trois quarts, en cheveux relevés et surmontés d'un pouf. Un fichu de mousseline est jeté sur ses épaules.
Dessin à la pierre noire et à la mine de plomb, rehaussé de sanguine dans la figure.
H. 18, L. 13.
—Portrait de femme, représentée la tête renversée, les cheveux épars, les yeux au ciel, la gorge nue à demi voilée par une vapeur d'encens.
Sanguine.
H. 16, L. 13.
—Jeune femme debout, un petit tablier sur sa robe, les bras nus croisés, et les mains enfoncées dans les engageantes de ses manches. Derrière elle, un intérieur de chambre, où se voit une console au-dessous d'une glace.
Au dos, de l'écriture d'Augustin: Étude d'après Mlle L. G. dessinée par Aug. de Saint-Aubin, 1763.
H. 21, L. 13.
—Une femme jouant de la harpe et chantant.
Mine de plomb reprise de plume.
H. 17, L. 10.
—Une petite fille, assise dans un grand fauteuil de paille, et lisant un livre qu'elle tient de ses deux mains entrecroisées; à terre, une poupée.
Mine de plomb.
H. 19, L. 13.
—Une femme en corset, en camisole qu'elle ramène sur un de ses seins, envoyant un baiser du bout des doigts.
Mine de plomb légèrement aquarellée sur la figure.
Première idée du dessin gravé par Augustin de Saint-Aubin, sous le titre de: Au moins soyez discret.
H. 21, L. 16.
—Dame habillée, vue de face; un bras passé derrière son dos. Coiffure de fleurs et de plumes, robe violette avec nœuds, glands, barrières et volants jaunes; gants montant jusqu'aux coudes.
Aquarelle sur dessous de mine de plomb.
Gravé dans la «Gallerie des Modes et Costumes français dessinés d'après nature» et publiée par Esnauts et Rapilly, gravé par Dupin fils sous le no 360, avec la légende: Grande robe de cour garnie de gazes entrelacées et de guirlandes.....
H. 25, L. 18.
—Dame habillée, vue de face, la tête tournée de profil à gauche, une main appuyée sur la hanche. Robe bleue falbalassée sur jupe rose à guirlandes de fleurs.
Aquarelle sur dessous de mine de plomb.
Gravé dans la collection Esnauts et Rapilly, par Dupin fils, sous le no 375, avec la légende: Grande robe de cour à l'étiquette.....
H. 25, L. 18.
—Dame habillée, de profil, tournée à gauche et tenant d'une main un éventail fermé. Corsage rose, retroussis bleu sur une jupe rose entr'ouverte sur un dessous à bordure jaune, brodé de fleurettes.
Aquarelle sur dessous de mine de plomb.
Gravé dans la collection Esnauts et Rapilly, par Dupin fils, sous le no 357, avec la légende: Robe asiatique ornée de gazes et de guirlandes de chêne.....
Ces trois dessins de costumes d'Augustin de Saint-Aubin proviennent de la vente Hope.
H. 25, L. 18.
—Un commissionnaire, tenant de ses deux mains son chapeau contre sa poitrine.
Mine de plomb.
Gravé par Augustin de Saint-Aubin, sous le no 4, dans la suite: «Mes gens, ou les Commissionnaires ultramontains.»
H. 20, L. 14.
—Trois petits garçons jouant à la toupie, devant la colonnade du Louvre.
Sanguine.
Gravé par Augustin de Saint-Aubin, sous le titre: la Toupie, dans la suite: «C'est ici les différents jeux des petits polissons de Paris.»
H. 17, L. 17.
Saint-Aubin (Mlle Germain de). Tous les hommes et toutes les femmes de cette famille Saint-Aubin peignent et dessinent. Un curieux document, à l'appui de cette assertion, est l'album possédé par M. Destailleurs, où les dessins de Gabriel et des Augustin sont entremêlés des dessins de celui-ci et de celle-là, d'un neveu, d'une nièce.
—Portrait de Germain de Saint-Aubin, l'auteur des Papillonneries humaines.
Mine de plomb.
Au revers du dessin, on lit: Charles Germain de Saint-Aubin, dessinateur du Roy, né le 17 janvier 1721, dessiné en 1761 par Mlle de Saint-Aubin pour M. Sedaine, son amy.
H. 11, L. 11 (ovale).
Saint-Quentin. Un dessinateur à la fois médiocre et facile, et dans l'aquarelle duquel se glissent des bruns qui ne sont pas les roux d'un coloriste.
—A l'ombre d'un saule, un lavoir, dans le fond une charrette dételée et basculée ou jouent de petits paysans; au premier plan, à côté d'une cuve à lessive, un homme baignant des enfants.
Dessin lavé à l'aquarelle légèrement gouachée.
Signé: Saint-Quentin inv. f. 1764.
H. 23, L. 35.
Soldi. Un Italien devenu français, séduit par Chardin, et qui cherchait à imiter ses sujets et sa manière dans des dessins chauds et blonds.
—Dans un pauvre intérieur aux paniers pleins de linge, près d'une table à repasser, où est appuyé un petit garçon, une jeune fille, accotée à un cuveau, est grondée par une vieille femme, qui lui met sous le nez un linge dans lequel elle lui montre un trou.
Dessin à la sanguine, lavé d'encre de Chine, rehaussé de blanc et repris de plume.
Gravé par Henriquez, avec un changement dans le petit garçon, sous le titre: la Négligence aperçue.
Swebach-Desfontaines (Jacques). Un dessinateur du soldat et des foules, qui a des allumements de lumière assez gais, et de petites adresses de plume et de pinceau parfois amusantes.
—Vue d'un camp, où des fantassins et des hussards à cheval boivent, groupés autour d'une vivandière, à la porte d'une baraque transformée en cabaret.
Lavis à l'encre de Chine sur papier verdâtre, rehaussé de blanc de gouache.
H. 24, L. 34.
—Foule groupée devant les tréteaux du théâtre des Associés. Foule sortant de dessous l'auvent du théâtre d'Audinot.
Deux croquis lavés de bistre sur gribouillage de plume.
On lit de la main de Swebach, sur le premier: Assossiés; et sur le second: Sortie de chés Odinot (sic).
H. 11, L. 17.
—Entrée d'un café à la devanture soutenue par des piliers de bois, garnis de jalousies, et sur la porte duquel on lit: Café Godet[35]. Des hommes et des femmes, dans des costumes du Directoire, se pressent vers les tables en plein air. Devant le café, un vielleur, une marchande d'oublies, de petits Savoyards.
Aquarelle.
Au dos du dessin, se lisait: Sweback, 1798.
H. 14, L. 28.
Taraval (Hugues). Le peintre dont on disait: «Il a un très beau pinceau», et dont les dessins sont rares. Au fond un artiste qui est de la monnaie de Boucher, mais avec des enveloppements moins ronds de la forme, des ressentiments plus nature, et une certaine venusté dans ses figures de femmes.
—Académie de femme agenouillée, les mains jointes sous son menton.
Dessin estompé aux trois crayons.
Portant la marque F. R.
H. 29, L. 20.
Saugrain (Élise). De petites lumières papillonnantes, des eaux égayées de reflets, des verdures bleuâtres, une nature couleur de mousse et d'automne: c'est là la palette de cette élève de Moreau l'aîné, qui gravait les gouaches de son Maître, avec cette mention au bas de l'estampe: Élise Saugrain sculp. Moreau direxit.
—Un bouquet de saules au bord d'une rivière, dont les détours et les sinuosités baignent de petites langues de terre et de petits îlots verts.
Aquarelle légèrement gouachée.
Signé: Saugrain, 1767.
H. 21, L. 39.
Schenau. Encore un Allemand, et le plus Allemand de tous les Allemands qui ont fait de l'art français.
—La maîtresse d'école. Une vieille paysanne, entourée de petites filles et de petits garçons, fait lire, dans un livre, un marmot juché sur une table, qu'elle tient entre ses bras contre sa poitrine.
Dessin à l'encre de Chine lavé d'aquarelle.
H. 39, L. 27.
Taunay (Nicolas-Antoine). Un dessinateur, dont on ne rencontre guère que des dessins et des illustrations de sa vieillesse, sans grand accent du xviiie siècle. Et cependant,—détail presque ignoré aujourd'hui,—il a été un moment un des plus lestes et des plus pimpants gouacheurs du xviiie siècle, un gouacheur qui, sur la peau vélin, a fait revivre la claire et pétillante peinture de Pater, avec ses lumineux réveillons, avec ses allumements de couleurs tendres: les cendres vertes, les vermillons, les jaunes de soufre.
—Ouverture d'un chemin dans la campagne. Homme brouettant de la terre, charretier chargeant un tombereau de déblais, femme accroupie renversant une hotte, travailleurs défonçant la terre à coups de pic; dans un coin, un individu déculotté, faisant ses besoins dans un cours d'eau.
Gouache sur peau vélin.
Signé: N. Taunay, 1784.
Répétition du tableau, que le «Salon de la Correspondance», de la Blancherie, annonce exposé, comme faisant partie du cabinet du comte de Cossé, sous le titre: Des travailleurs qui ouvrent un chemin dans une montagne.
H. 32, L. 25.
—Juge reconduit chez lui aux flambeaux.
Juge assis dans un fauteuil auquel on présente de petits chiens.
Dessins au bistre gouachés de blanc, l'un a été mis au carreau.
Deux scènes de l'illustration des «Plaideurs» de Racine, pour une édition de Didot.
H. 11, L. 8.
Touzé. Dessinateur minutieux appliqué, un peu parent de Duplessis-Bertaux, et dont le crayon, comme le sien, va naturellement à la caricature. Je me trouve posséder par hasard tous ses dessins qui ont eu l'honneur de la gravure depuis son «Charlatan» et son «Conducteur d'ours» acquis il y a bien des années à une petite vente de l'hôtel des Jeûneurs, jusqu'à son dessin de «Zemire et Azor», trouvé, pendant l'armistice du siège, chez un coiffeur de la banlieue, presque démoli par les obus.
—Sur le quai de l'École, dans la foule des badauds, un sauvage arrachant avec un sabre, du haut de sa voiture, une dent à un patient monté sur un escabeau.
Dessin sur papier jaunâtre, au crayon noir, rehaussé de blanc.
Gravé par Miger, sous le titre: le Charlatan.
H. 21, L. 26.
—Escorté de musiciens en carrosse, un homme marchant dans la foule de la rue, et tenant en laisse un ours, sur lequel sont deux singes.
Dessin à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc sur papier jaunâtre.
Gravé par Miger, sous le titre: le Conducteur d'ours.
H. 21, L. 26.
—Dans un palais de théâtre au fond duquel un transparent laisse voir un sultan, au milieu de son harem, à droite un acteur à l'apparence d'un homme-bête, à gauche une actrice chantant.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc.
Gravé par Voyez le jeune, sous le titre du: Tableau magique de Zémire et Azor.
H. 38, L. 32.
—Contre un pilier des Halles, un petit bout d'homme ridicule, voulant embrasser de force une marchande, pendant qu'un enfant lui verse, par derrière, une bouteille dans sa poche.
Dessin sur papier jaunâtre, à la pierre d'Italie, légèrement lavé de bistre et rehaussé de blanc.
Gravé en réduction par Hémery, sous le titre: la Marchande d'œufs[36].
H. 45, L. 36.
Trémollières (Pierre-Charles). Un élève de Jean Baptiste Vanloo, qui dans un dessin, non sans force et sans puissance, a encore exagéré l'engorgement des amours de Boucher, qu'on voit chez lui, tout pantalonnés de graisse, en leurs chairs renflées. En dehors de quelques rares têtes d'études pastellées, il a un seul et unique procédé de dessin: des lavis au crayon noir sur papier bleu, lavés d'un vilain bistre jaune, avec de larges hachures au pinceau.
—Groupe de trois amours, dont l'un entoure de ses bras un coq qui chante.
Croquis au crayon noir, lavé de bistre et rehaussé de blanc sur papier bleu.
Dessin ovale d'un panneau de lambris.
H. 26, L. 20.
—Fillette regardant un petit garçon, qui dort, le ventre à l'air, sur le départ d'une rampe de parc.
Croquis au crayon noir, lavé de bistre et rehaussé de blanc sur papier bleu.
Dessin pour un panneau de lambris,
H. 27, L. 22.
Trinquesse (Louis). Un crayonneur à la sanguine, qui a laissé un certain nombre d'études de femmes, saisies d'après nature dans leur ajustement et leur accommodement du jour, et qui trouve ou surprend parfois de jolis mouvements, mais dont les dessins sont gâtés par la sécheresse académique, les hachures sérieuses qu'il introduit dans ses croquis de la mode et des fanfioles de la toilette. Les deux premiers dessins viennent d'une suite de 24 études, où, sur l'une d'elles, il y avait écrit, de la main du peintre, qu'elles avaient été faites en 1773, d'après une Madame de Framery.
—Étude de femme en pied, un chapeau à plumes sur la tête, assise dans une bergère près d'une servante où est posé un pot à l'eau.
Sanguine.
Signé à la plume: Trinquesse f.
H. 39, L. 24.
—Femme en robe habillée, couchée tout de son long sur une chaise longue. Sa tête est appuyée sur une main, l'autre tient un bouquet dans le creux de sa jupe.
Sanguine.
Signé à la plume: Trinquesse f.
H. 25, L. 37.
—Femme assise de côté dans un fauteuil, les pieds étendus sur un tabouret.
Sanguine.
H. 34, L. 27.
—Femme assise sur une chaise, une main tenant une plume, appuyée sur une table à côté d'elle.
Sanguine.
H. 32, L. 22.
—Femme assise de côté sur une table, une jambe pendante, un pied posé à terre.
Sanguine.
H. 34, L. 27.
Troy (Jean-François de). Des dessins, dont l'authentification est difficile, et dont il faudrait, pour avoir la certitude complète de l'authenticité, trouver quelque première idée des tableaux gravés du peintre, ou des tableaux exécutés en tapisserie aux Gobelins, comme la série d'Esther. Celui-ci a pour lui le faire gras du dessinateur, l'espèce d'orientalisme de ses compositions, imaginé avec des têtes de juifs des ghetto italiens, l'attribution d'une écriture du temps sur la vieille monture, et la mention de son biographe, que de Troy a peint une «Femme adultère» pour le cardinal de Tencin.
—Au milieu des pharisiens, la femme adultère en larmes, auprès de laquelle, Jésus-Christ penché à terre, écrit de son doigt sur le sol: «Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre.»
Dessin à la pierre noire.
Portant la marque G. P. entre-croisés.
H. 38, L. 28.
Vanloo (Carle). C'est en quelque sorte le dessinateur officiel de l'école française de son temps. Algarotti le proclame le créateur d'un nouveau mode de dessin, par la substitution à l'estompage italien, de l'égrenage du crayon, relevé de traits de force: une façon de faire revivre, dans un mol enveloppement, les hachures entre-croisées des vieux maîtres. Mais, indépendamment du procédé, il est accordé, surtout à Vanloo, par les salonniers, le grand style du dessin. Enfin, pour tout dire, l'académie à la sanguine, que l'élève-peintre copie dans le tableau du «Dessinateur» de Chardin, est une académie de Vanloo. Il y a bien à rabattre sur cet engouement des contemporains, et de Mme de Pompadour. Vanloo n'a pas le dessin personnel, n'a pas le dessin franchement de son époque, de sa patrie: son dessin est un compromis bâtard entre le dessin italien et le dessin français. Toutefois ses dessins méritent de trouver une place assez large dans une collection du xviiie siècle, dont il est un des représentants attitrés. Puis dans les dessins décrits ici, il se trouve une série où l'artiste a été sauvé de la convention, et forcé pour ainsi dire d'être français par l'étude rigoureuse de la nature. Ce sont les dessins faisant partie de ce lot mentionné dans son catalogue[37], où il avait représenté dans leur intérieur, et en pied, les peintres ses amis et leurs femmes. Et peut-être en étudiant bien les vagues tableaux accrochés à la muraille sur quelques-uns des fonds, arriverai-je, un jour, à découvrir le nom des aimables personnages.
—Une femme assise, en déshabillé Pompadour, un bonnet papillon sur une coiffure basse, une cravate en chenille au cou, une échelle de rubans au corsage, des engageantes à la saignée, tenant de sa main droite, posée sur ses genoux, un mouchoir, pendant que son bras gauche repose sur un coussin placé sur une table. Quelques personnes croient retrouver dans cette étude le portrait de Mme Vanloo, qui existe dans le grand tableau de la famille des Vanloo.
Dessin à la pierre d'Italie sur papier bleu, rehaussé de blanc avec un léger frottis de sanguine sur le visage et les mains.
Signé: Carle Vanloo 1743.
Porte la marque du chevalier Damery, et provient de la vente de M. Jules Boilly.
H. 44, L. 32
—Un homme, assis de face sur un fauteuil, au dos canné. Il a l'épée au côté et le chapeau sous le bras. Le fond de l'appartement est garni de tableaux.
Dessin sur papier jaunâtre[38] à la pierre d'Italie rehaussé de blanc.
Signé: Carle Vanloo f. 1743.
Vente Lajarriette.
H. 44, L. 32.
—Auprès d'un petit bureau, un homme assis de face, tenant de la main gauche sa tabatière, où il vient de prendre une prise. Quelques tableaux accrochés au mur du fond.
Dessin sur papier jaunâtre à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc.
H. 39, L. 31.
—Une vieille femme, tricotant au coin d'une cheminée; à sa gauche, une petite table sur laquelle il y a une corbeille à tapisserie, des ciseaux, une pelote. Derrière elle l'angle d'un grand tableau.
Dessin sur papier bleuâtre à la pierre d'Italie, rehaussé de blanc.
Signé à l'encre: Carle Vanloo 1743.
H. 47, L. 33.
—Tête de jeune femme, vue de trois quarts, aux cheveux relevés et noués avec un ruban au sommet de la tête.
Dessin à la sanguine brunâtre, travaillée dans la manière et avec les entre-croisements de hachures des têtes d'études de Greuze.
Provenant de la vente de Norblin père dans laquelle il était catalogué sous le nom de Mlle de Nesle.
H. 43, L. 31.
—Tête de petite fille, de profil, tournée à droite, une collerette au cou, un fil de perle et un ruban bleu s'enroulant dans ses noirs cheveux relevés.
Dessin au crayon noir légèrement pastellé.
Étude pour le tableau gravé par Fessard, sous le titre: la Musique, décorant le salon de compagnie de Mme de Pompadour, au château de Bellevue.
H. 25, L. 20.
—Tête de petite fille, de profil, tournée à gauche, un ruban rose courant dans ses cheveux blonds, roulés sur sa tête. Elle a un collier de perles au cou.
Dessin au crayon noir légèrement pastellé.
Étude pour le tableau gravé par Fessard, sous le titre: la Peinture, décorant le salon de compagnie de Mme de Pompadour, au château de Bellevue.
H. 25, L. 20.
—Personnages groupés dans un salon autour d'une femme assise dans un fauteuil.
Dessin à la plume, lavé de bistre.
Première idée du tableau gravé par Beauvarlet, sous le titre: la Conversation espagnole[39].
Provient des ventes Norblin fils et Arozarena.
H. 26, L. 23.
Vernet (Joseph). De tranquilles et sérieux dessins, qui ont rompu avec le tapage pittoresque de l'école paysagiste de Boucher: des effets larges, de grandes lumières dormantes, le commencement de l'enveloppement d'un paysage par une atmosphère.
—Vue de la Seine en face le palais Bourbon. Le cours de l'eau est animé par des bateaux, des trains de bois, des batelets remplis de gentilshommes et de dames; au milieu du fleuve est amarrée une frégate.
Dessin à la pierre noire.
Portant une marque inconnue.
H. 22, L. 37.
—Un maçon en train de tailler une pierre près d'un toiseur regardant dans un cahier, sa toise sous le bras.
Dessin à la mine de plomb et à la sanguine.
Étude faite pour les ports de mer, avec des numéros sur les diverses parties du costume du maçon, qui indiquent, en marge, les couleurs pour la peinture à l'huile.
H. 20, L. 15.
Vernet (Carle). Le peintre sportsman, le sec amuseur du Directoire, avec des caricatures qui semblent exécutées au tire-ligne, et où l'esprit est très médiocre et trop souvent scatologique. J'ai là, de Vernet, un important dessin, qui est un vrai dessin de water-closet, et un jour je l'y ferai encadrer.
—Derrière une porte entre-bâillée, un homme accroupi sur une lunette, pendant qu'attend dehors un autre homme très pressé, qui se tortille.
Sépia.
Signé: Carle Vernet.
Gravé par Debucourt, sous le titre: Chacun son tour.
H. 33, L. 21.
—Un incroyable donnant le bras à une femme, et faisant la rencontre d'une merveilleuse, au chapeau impossible.
Aquarelle sur trait de plume.
Gravé par Darcis, sous le titre: les Merveilleuses.
H. 28, L. 33.
Vincent (François-André). Un des premiers déserteurs du goût du xviiie siècle, pour arriver à devenir un des médiocres adeptes de l'art raide et mannequiné.
—Caricature ou plutôt, comme l'on disait alors, dans les ateliers, Calotine de Jombert. Il est représenté jouant du violon, en bonnet de coton, de grosses besicles sur le nez.
Sanguine.
On lit au dos du dessin: Jombert (Charles-Pierre), fils de Charles-Antoine Jombert, éditeur de beaucoup d'ouvrages sur les mathématiques et l'art militaire, est entré dans l'école de Durameau, sous les auspices de M. Cochin, et a gagné le grand prix de peinture avec éclat sur la punition de Niobé, fille de Tantale et d'Amphion. (Collection de M. Gault de Saint-Germain, no 200.)
H. 24, L. 17.
—Une tête d'homme, surmontée d'un singe promenant une plume sur du papier.
Dessin à la pierre noire.
Signé: Vincent f. en pleine mer, octobre 1771.
H. 26, L. 17.
Wailly (Charles). Habile architecte qui a passé de nombreuses années en Russie. Quoiqu'on lui attribue les personnages qui se trouvent dans les paysages de Lantara, on peut affirmer, en dépit de son unique signature sur le dessin catalogué ici, qu'il n'est pas l'auteur des nombreuses figures, où le faire de Leprince est parfaitement reconnaissable.
—Sacre de Catherine II dans la cathédrale de l'Assomption, à Moscou.
Sous la voûte de la basilique, aux lustres gigantesques, entre les immenses piliers peints et historiés, Catherine II est représentée debout, devant un prêtre casqué, tenant ouvert sur sa poitrine un livre ouvert; au bas de l'escalier, où se tient sur chaque marche un héraut, se déroule dans les bas-côtés une foule énorme de vieux dignitaires du clergé russe dans d'amples dalmatiques et de jeunes prêtres coiffés à la catogan et habillés de pelisses aux manches fendues des dolmans.
Lavis à l'encre de Chine.
Signé: C. de Wailly 1776.
H. 48, L. 72.
Watteau (Antoine). Le dessinateur, sous les doigts duquel les outils et les matières du dessin semblent des matières et des outils d'une nature et d'une qualité autres que ceux employés par tous les dessinateurs: c'est de la sanguine qui contient de la pourpre, c'est du crayon noir qui a un velouté à nul autre pareil; et cela mélangé de craie, avec la pratique savante et spirituelle de l'artiste, devient, sur du papier chamois, de la chair blonde et rose. Watteau, le grand, l'original, l'inimitable dessinateur de l'école française!
—Académie de femme, assise de profil, tournée à gauche, une jambe croisée sur l'autre, une main posée sur une corbeille.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Étude de la figure principale pour la peinture de la salle à manger de Crozat, gravée par Desplaces, sous le titre: le Printemps.
H. 32, L. 27.
—Académie d'homme assis, une coupe à la main, vu de trois quarts et tourné à gauche.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Étude de la figure principale pour la peinture de la salle à manger de Crozat, gravée par Fessard, sous le titre: l'Automne.
H. 28, L. 19.
—Un mezzetin dansant, répété quatre fois, de dos, de face, de trois quarts.
Dessin aux trois crayons sur papier chamois.
Les deux silhouettes de gauche ont été gravées dans les Figures de différents Caractères, sous les numéros 18 et 102; les quatre figures sont des études pour l'Indifférent de la galerie La Caze.
Vente d'Imecourt.
H. 25, L. 37.
—Un mezzetin dansant vu de dos, les bras étendus, la jambe de derrière relevée.
Sanguine sur papier blanc.
Signé: W.[40].
H. 22, L. 15.
—Tête de femme, quatre fois répétée sous différents aspects; au-dessous une tête de paysanne, un masque, une tête d'homme.
Feuille d'études aux trois crayons sur papier chamois.
H. 22, L. 28.
—Deux études d'hommes: l'une d'un pèlerin assis sur une rampe de pierre, une main entr'ouverte sur l'un de ses genoux; l'autre d'un personnage de théâtre, de profil, tourné à gauche et dans la pose de quelqu'un qui se penche pour ramasser quelque chose à terre.
Sanguine sur papier blanc.
Vente d'Aigremont.
H. 18, L. 20.
—Une femme, vue de profil, tournée à droite. Habillée du petit manteau volant affectionné par le Maître, elle est assise sur une chaise de bois, tenant à la main un éventail.
Sanguine.
H. 16, L. 16.
—Cinq études de mains de femmes; une a l'air de serrer le bois d'un arc, l'autre s'appuie sur la pomme d'une canne.
Dessin à la sanguine et à la mine de plomb.
Provient des collections Saint et Desperret.
H. 21, L. 15.
—Paysage, où deux femmes sont assises au bord d'une rivière, et où un homme pousse devant lui une brouette.
Dessin à la sanguine rehaussé de blanc sur papier chamois.
Gravé dans les Figures de différents Caractères, par Boucher, sous le no 146.
H. 19, L. 30.
—Arabesque, où se voit à droite une nymphe surprise par un satyre, à gauche une nymphe couchée, entourée de faunins.
Sanguine.
Gravé par Huquier, sous le titre: le Berceau.
H. 40, L. 27.
—Arabesque, où sous un berceau de treillage, une statue de déesse reçoit l'adoration de gens agenouillés.
Sanguine.
Gravé par Huquier, sous le titre: le Temple de Diane.
H. 37, L. 27.
—Profil de jeune fille, tourné à droite. Elle a les cheveux relevés et torsadés au sommet de la tête, d'où lui retombe sur la nuque une longue boucle frisée; sur ses épaules est jeté un manteau de lit.
Contre-épreuve d'un dessin aux trois crayons[41].
H. 21, L. 16.
—Un vieux remouleur penché sur sa meule, où égoutte l'eau d'un sabot percé.
Contre-épreuve d'un dessin aux trois crayons. L'original est dans la réserve des dessins du Louvre.
Gravé dans les Figures de différents Caractères, par Caylus, sous le no 107.
Vente Valferdin.
H. 32, L. 22.
—Un montreur de la curiosité.
Contre-épreuve d'un dessin au crayon noir et à la sanguine.
Un dessin analogue, et qui fait une sorte de frontispice dans les Figures de différents Caractères, a été gravé sous le no 132. Le montreur de la curiosité, au lieu d'être debout, est agenouillé.
H. 31, L. 20.
—Deux études de femmes vues de dos: l'une debout tenant, de l'extrémité des doigts de sa main droite, sa jupe relevée; l'autre assise un bras levé, une jambe allongée sur un tertre. Dans le fond une reprise de la tête de cette dernière.
Contre-épreuve d'un dessin aux trois crayons.
Vente Peltier.
H. 23, L. 30.
Watteau dit Watteau de Lille, le père (Louis). Peintre et dessinateur qui n'a rien de son illustre ascendant, mais qui, en cette Flandre toujours piétinée par ces troupes inspiratrices des premiers tableaux d'Antoine Watteau, y trouva des motifs de vives et colorées croquades du soldat en ivresse et en joie.
—Sous des arbres, un grenadier, une femme toute débraillée sur les genoux, trinquant avec un autre grenadier ayant sur sa cuisse la tête d'une femme ivre, couchée à terre.
Dessin sur papier gris à la pierre noire, mélangée de sanguine brune avec rehauts de craie.
Au dos du dessin la signature qui était dans la marge: Wattaux.
Gravé par Beurlier, sous le titre: Ribotte de grenadiers.
Vente Tondu.
H. 24, L. 29.
Watteau le fils (François-Louis-Joseph). Le peintre de très charmants tableaux, le dessinateur de modes, qui, dans une toilette de femme, a apporté une espèce de style grandiose, et qui en cette collection d'Esnauts et Rapilly, au milieu des Leclerc et des Desrais, étonne par l'ampleur de ses étoffements superbes[42].
—Une femme, à mi-corps, arrangeant les plumes d'un chapeau posé sur ses genoux, pendant qu'une fille de chambre lui attife les cheveux.
Dessin sur papier gris à la pierre noire estompée, rehaussée de craie[43].
H. 29, L. 25.
Weyler (Jean-Baptiste). Miniaturiste pastelliste, émailleur, auteur du bel émail du comte d'Angeviller, possédé par le Louvre.
—Une tête de femme vue de trois quarts, tournée à droite avec le regard à gauche; elle a dans ses cheveux en désordre, un ruban bleu.
Dessin légèrement pastellé[44].
Signé: Weyler 1790.
H. 17, L. 13.
Wille (Jean-Georges). De pauvres dessins lavés d'eaux tristes et sans lumière.
—Vue de Paris prise du bas du rempart de l'Arsenal. On voit l'île Louviers couverte de piles de bois, le chevet de Notre-Dame, le pont de la Tournelle, le fort de la Tournelle et la porte Saint-Bernard. Au premier plan, un homme qui porte sur son épaule une épave de la Seine.
Lavis à l'encre de Chine.
Signé sur un mur: J. G. Wille 1762.
C'est le dessin, dont Wille parle dans ses Mémoires: «(May 1762.) Le 19, je me levai de grand matin et je courus dessiner un paysage, tout seul, derrière l'Arsenal. A onze heures j'étais de retour.»
H. 23, L. 34.
Wille fils (Alexandre). Un dessinateur à l'éducation d'art toute française, mais qui se ressentira, toute sa vie, de son origine allemande, en ce Paris dont l'art est fait surtout d'esprit.
—Une page de griffonnis, au milieu de laquelle se voient cinq têtes de femmes; au-dessous une étude d'amour couché, une tête de chien, etc.
Plume relevée d'aquarelle dans les figures de femmes.
Signé: P. A. Wille filius inv. et del. 1768.
Vente Chanlaire.
H. 24, L. 22.
—Femme, en caraco à capuchon, en jupe verte avec une garniture à dessous rose; elle tient dans la main une lettre à l'adresse du peintre.
Encre de Chine, lavée d'aquarelle.
Dessin gravé par Louise Gaillard, dans une série de costumes de femmes, sous le titre: la Mystérieuse.
H. 24, L. 16.
—Une femme du peuple prenant aux cheveux un homme, qui frappe, à coups de bâton, un homme terrassé.
Aquarelle sur trait de plume.
Signé: P. A. Wille filius del. 1773.
H. 22, L. 18.
—Une jeune fille de la campagne assise, et tenant une plume dans sa main, tombée le long de son corps.
Dessin à la pierre noire.
Signé: P. A. Wille filius 1773.
Gravé en fac-similé dans l'Œuvre de Demarteau.
H. 30, L. 21.
—Dans une chambre, assise près d'une toilette, derrière laquelle est debout son mari, une femme examine un bonnet de nouveau-né que lui présente une lingère.
Sanguine.
Signé: P. A. Wille filius inv. del. 1767.
Ce grand dessin, d'un travail très fini, a été gravé sous un titre que je ne retrouve plus.
H. 31, L. 26.
Winkeles. Un Hollandais qui fit deux voyages en France; un à la fin du xviiie siècle, un autre à la fin du Directoire, et qui a laissé, sur le Paris de la fin du siècle, des vues historiques d'un grand intérêt, et animées de petits personnages qui sont mieux que des figures de dessinateur de monuments.
—Vue de l'entrée des Tuileries au Pont-Tournant, et de la loge-restaurant du Suisse du jardin. Nombreuses figures de promeneurs, de gentilshommes, de dames, d'abbés. A droite, un gardien en livrée dormant assis sur une chaise.
Lavis à l'encre de Chine.
H. 17, L. 23.
—Vue du château de Madrid au bois de Boulogne tel qu'il existait encore en 1802. Devant le château passe un wiski, attelé en arbalète de six chevaux, et au premier plan, un homme traîne un tonneau d'eau.
Aquarelle.
Au revers du dessin est écrit, de la main du dessinateur: Le château de Madrid au bois de Boulogne. Winkeles fils del. 1802.
H. 16, L. 23.