RONDEL MÉLANCHOLIQUE

A Jules Lévy.

Véez mes plours, oyez mes cryz:

J’ai d’amour mon aame férue,

Et comme un bœuf tirant charrue,

Je trayne mon cueur mal espris.

Ma belle m’a gaussé de ryz

Et s’en est ma tendresse accrue:

Véez mes plours, oyez mes cryz.

Las! Pour endormir ses mespris,

Je l’ai de mes plaintes recrue;

Mais pour que ma peine soit crue,

L’or me fault, à payer son prix:

Véez mes plours, oyez mes cryz!