VŒU

SONNET

A Edouard d’Otémar.

Non, non! L’accouplement que je voudrais connaître,

Ce n’est plus aujourd’hui ce coït impuissant

Qui fouille un peu de chair et verse un peu de sang

Au bord d’une blessure où sa langueur pénètre.

Je veux, ô femme, entrer tout entier dans ton être:

Il hurlera d’amour, ton ventre bondissant,

Comme hurle, trop pleine, une mère qui sent

L’effort intérieur d’un géant qui va naître.

C’est mon rêve: Je veux, dans ton torse en débris,

Sentir mes os broyés et mes muscles meurtris

Sous les spasmes vengeurs de ta chair envahie.

Et dans ce rut suprême et ses derniers élans,

Je veux, pour féconder ta vie avec ma vie,

T’éjaculer mon âme et mourir dans tes flancs!