II.
Le Monténégro ou Tsernogore, quoique formant depuis la fin du XVIIIe siècle, un État indépendant, n'est point cependant ce qu'on peut appeler un pays constitué d'une façon régulière. C'est une nation composée d'éléments divers, un peuple de proscrits qui l'habite. Le Monténégro est le vaste lieu d'asile de tous les proscrits de la race serbe. Ses montagnes sont placées comme une espèce de ligne de démarcation entre le monde slave et le nôtre.
Les Monténégrins eux-mêmes n'ont que des notions très confuses sur l'étendue de leur territoire et sur le chiffre de leur population. La grlitza, almanach officiel de Tsetinié, capitale du pays, évaluait, en 1835, ce chiffre à près de 100 000 âmes; le Monténégro s'est étendu depuis cette époque, et on peut porter à un maximum d'environ 130 000 le total des habitants.
Le Monténégro est divisé en quatre arrondissements (nahias); chacun de ces arrondissements peut mettre sur pied un nombre de guerriers déterminé d'avance.
Les sept montagnes qui environnent le Monténégro forment, sous le nom de Berda, un territoire particulier qui cependant est attaché à son voisin par les liens d'une espèce de confédération.