XIII.

Le Monténégro, environné presque de tous côtés par la mer, qu'il voit, qu'il touche pour ainsi dire, ne peut se frayer un libre passage jusqu'à ses rivages. Le congrès de Vienne a cru devoir fermer de ce côté toute issue vers la mer. Le Monténégro n'a point de port, ce qui rend les montagnards tributaires de l'Autriche pour un grand nombre d'objets de consommation et surtout pour le sel.

La possession de Kataro est toujours l'idée fixe, l'espoir permanent des Monténégrins. C'est là qu'il faut chercher la véritable cause de la levée de boucliers de 1838, et non point dans la question de délimitation de territoire qui lui servit de prétexte.

De nombreux combats eurent lieu entre les impériaux et les Tsernogorstes, sans amener de grands résultats. Pour en finir, l'Autriche et le Monténégro résolurent de s'en rapporter à l'arbitrage de la Russie; la paix fut signée grâce à la médiation de cette puissance; mais les Monténégrins avaient manqué le but pour lequel ils avaient pris les armes, ils ne possédaient pas de station maritime; la paix fut donc, dans la montagne Noire, le sujet des plaintes passionnées, des regrets patriotiques d'une foule de guerriers.