NOTES:

[1] Il a existé à Bordeaux un corsaire qui avait quatre-mâts, et qui fut bientôt connu dans la marine sous le nom vulgaire du Quatre-Mâts. Cette disposition, que l'on croyait devoir être favorable à la marche de ce navire, n'obtint pas tout le succès que l'on attendait d'une telle innovation. Au bout de quelques jours de mer, le Quatre-Mâts fut amariné par une frégate qui, elle, n'avait que trois-mâts.

[2] Un capitaine de corsaire, qui, pendant la dernière guerre maritime, s'était conduit de la même manière que mon capitaine Doublemin, dans une circonstance pareille à celle que je viens de retracer, fut acquitté honorablement à Brest par la cour martiale convoquée pour juger la conduite de cet officier. Le fond dans lequel j'ai puisé l'aventure de maître Révolté est historique.

[3] Les matelots se servent souvent de ce nom métaphorique pour désigner le soleil.

[4] Dans la lame de l'Ouest, pour indiquer la partie occidentale de l'horizon sous laquelle disparaît le soleil à la mer.

[5] J'ai long-temps cherché, avec un zèle digne de tout historien consciencieux, à savoir la raison pour laquelle les conteurs de bord assignaient à la ville de Saint-Malo le rang de cinquième partie du monde. Plusieurs annalistes m'ont répondu que c'était parce que les premiers Malouins ne voulaient être d'abord ni Bretons ni Normands, qu'on avait fini par faire une cinquième partie du monde pour eux, dans l'impossibilité où l'on se trouvait de classer à leur fantaisie la ville de Saint-Malo dans la nomenclature des anciennes cités provinciales du royaume. On en a fait autant, dans les vieux dictons de bord, pour les villes qui se trouvaient sur la lisière de deux provinces, pour Nantes par exemple, dont les habitans ne savaient trop s'ils étaient Hauts-Bretons ou Angevins. C'est une grosse plaisanterie du gaillard d'avant.

[6] Les matelots qui racontent ont l'habitude de parfumer tous leurs récits des fleurs d'érudition qu'ils ont cueillies dans le cours de leurs voyages, en parcourant les points maritimes les plus remarquables du globe. C'est cette prétention qui explique le soin avec lequel ils introduisent, à l'occasion, autant de noms propres qu'ils peuvent le faire dans leurs contes et leurs histoires de mer.

[7] A bord des navires de guerre, on divise, pour la distribution des vivres, tout l'équipage en plats, c'est-à-dire en chambrées d'ordinaire; chaque plat réunit sept hommes, six matelots et un mousse, qui mangent à la même gamelle et qui reçoivent leur ration liquide dans le même bidon.

[8] Village du Finistère, très-connu des marins.

[9] Nom que donnent par dérision les matelots aux marins inexpérimentés qui se cramponnent le plus fortement qu'ils peuvent pour ne pas tomber en montant dans les haubans.

[10] Nom que les matelots donnent généralement aux hommes de couleur de différens peuples des tropiques ou de la ligne.

[11] La bouche, en langage figuré.

[12] Les yeux, dans le jargon métaphorique du gaillard d'avant.

[13] Le mot de bouteille a, dans le dictionnaire maritime, une tout autre signification que dans le langage ordinaire.