NOTES

[1: Voir l'Appendice, numéro I.]

[2: Les femmes et les enfants ne sont pas compris dans ce chiffre. Les esclaves non plus. Voir, sur la population totale, Wallon, Histoire de l'Esclavage dans l'antiquité.]

[3: Victor Duruy, Histoire grecque.]

[4: «Le roi fit des reproches à M. de Vendôme, puis à M. de la Rochefoucauld, de ce qu'ils n'allaient jamais au sermon, pas même à ceux du père Séraphin. M. de Vendôme lui répondit librement «qu'il ne pouvait aller entendre un homme qui disait tout ce qu'il lui plaisait, sans que personne eût la liberté de lui répondre,» et fit rire le roi par cette saillie.» Mémoires du duc de Saint-Simon.]

[5: Par la bouche du coryphée. Ici c'est le coryphée du chœur des Nuées, c'est par conséquent une Nuée qui parle, une Nuée sous la forme d'une fille: de là la plaisanterie.]

[6: «Il faut remarquer, dit Otfried Müller, qu'à Athènes l'État se souciait peu de savoir qui était le véritable auteur d'un drame, et cette question n'était même jamais posée officiellement. Le magistrat qui présidait à une des fêtes de Dionysos, où il était d'usage d'amuser le peuple par des drames nouveaux [Aux grandes Dionysies c'était le premier archonte; aux Lénéennes, le basileus.], accordait cette concession au maître de chœur qui offrait de préparer le chœur et les acteurs pour une pièce nouvelle, pour peu qu'on eût en lui la confiance nécessaire. Les comiques étaient, aussi bien que les tragiques, maîtres de chœur, chorodidascales, de profession; et, dans toutes les choses officielles, telles que payement et distribution des prix, l'État s'enquérait uniquement de celui qui avait préparé le chœur et monté la pièce nouvelle. En outre, une coutume que les tragiques abandonnèrent dès le temps de Sophocle s'était maintenue plus longtemps parmi les comiques: le poëte chorodidascale jouait en même temps le premier rôle, celui de protagoniste.

Aristophane avait donc confié ses premières pièces à deux maîtres de chœur de ses amis, Philonidès et Callistrate. On ajoute même, d'après quelques témoignages anciens, qu'il avait fait la distinction de donner à Callistrate les pièces politiques, à Philonidès celles qui se rapportaient à la vie privée. Ces amis sollicitaient ensuite de l'archonte le chœur, mettaient la pièce en scène, obtenaient même (les didascalies en citent plusieurs exemples) le prix, si la pièce était couronnée; le tout comme s'ils étaient les véritables auteurs, quoique le public intelligent ne pût guère se tromper sur l'auteur de la pièce, ni hésiter entre le génie d'Aristophane, qui venait de se révéler, et Callistrate, qui leur, était bien connu.» (Otfried Müller, Hist. de la litt gr., trad. K. Hillebrand).]

[7: E. Du Méril, Revue des Deux-Mondes, 1er juillet 1846. C'est à peu près ainsi qu'on définissait autrefois la France «une monarchie absolue tempérée par des chansons.»]

[8: Ainsi que le montrent les fragments qui concernent les Longs Murs et l'Odéon.]

[9: Otfried Müller, Hist. de la litt. gr., trad. K. Hillebrand.]

[10: La scène des petits cochons de lait semble une broderie de fantaisie sur le proverbe athénien qui disait: «Un Mégarien vendrait bien ses enfants pour de petits cochons, si quelqu'un voulait les prendre.»]

[11: Proprement: Dénonciateur de [ceux qui exportent les] figues [par contrebande]. Le Sénat, à une époque ancienne, dit Plutarque, avait défendu par une loi d'exporter les figues de l'Attique: ceux qu'on trouvait en contravention étaient condamnés à une amende, au profit du dénonciateur. Le ministère public étant chose inconnue à la Grèce comme à Rome, c'étaient les citoyens eux-mêmes qui dénonçaient ceux qui, en violant la loi, faisaient tort à la société. Les sycophantes ne méritèrent donc pas toujours le mépris qui s'attache à leur nom, puisque les coupables fussent restés impunis si quelque citoyen ne les eût appelés en justice, et cela à ses risques et périls: car, dans les actions publiques, l'accusateur qui n'obtenait pas au moins un cinquième des suffrages payait une amende de mille drachmes; c'était un moyen de tenir en bride les sycophantes. Mais on comprend que, malgré cette précaution de la loi, ce rôle, par sa nature même, pouvait devenir aisément abusif et odieux. Souvent on accusa des innocents. Il en résulta que, par extension, le nom de sycophantes fut donné d'une manière générale aux calomniateurs et aux gens très-nombreux qui vivaient du produit de leurs dénonciations. Aristophane ne laisse échapper aucune occasion de flétrir et de ridiculiser les sycophantes. Isocrate, lui aussi, poursuivra sans relâche les sycophantes. «C'est, dit M. Ernest Havet, le nom dont on nommait à Athènes ces aboyeurs misérables, ces dénonciateurs infâmes, qui donnent les citoyens à déchirer aux citoyens, jetant de préférence en proie aux passions publiques ceux dont ils redoutent le plus la raison ou la vertu… Isocrate trouve contre les sycophantes des flétrissures presque égales à leur abjection. Il a tracé notamment, à la fin du discours sur l'Antidosis un portrait de cette espèce d'hommes vraiment achevé et ineffaçable. Il a oublié un trait cependant, qui ne se dessinait pas encore: c'est que le sycophante contient en lui le délateur, c'est-à-dire ce qui se présente de plus triste et de plus odieux dans l'histoire. Le délateur du temps des Césars, c'est le sycophante sans la liberté.»]

[12: Érasme s'est souvenu sans doute de ce tableau, lorsqu'il a mis en scène un chartreux et un soldat: celui-ci revenant de la guerre, éclopé, misérable, aussi ruiné de corps que de biens; celui-là en pleine fleur de santé, libre de soins et charmé du repos; tous deux étrangers à toute croyance noble et généreuse. Aussi Érasme se moque-t-il de tous les deux.]

[13: Cléon était fils d'un corroyeur et avait été corroyeur lui-même. Il n'était point Paphlagonien; mais ce nom en grec, par une sorte d'onomatopée, fait allusion à sa voix rauque et à son éloquence violente et tumultueuse. De plus, le poëte, en le nommant ainsi, semble à son tour le désigner comme étranger et lui renvoyer son injure. Enfin le scoliaste ajoute que les Paphlagoniens, en général, passaient pour d'assez malhonnêtes gens.]

[14: On rend, comme on peut, ce calembour, l'épouvantail au lieu de l'éventail: le grec dit βυρσινην, fouet de cuir, au lieu de μυρσινην, branche de myrte, avec laquelle les esclaves éventaient le maître ou chassaient les mouches. Ici, les mouches, ce sont les orateurs, qui seuls alors, avec les poëtes comiques, remplissaient le rôle que les journalistes remplissent aujourd'hui.]

[15: Voir l'Appendice, numéro II.]

[16: Voir dans l'Appendice, numéro III, les excellentes observations de M. Grote, pour compléter ce point.]

[17: G. Grote, Hist. de la Grèce, trad. par A.-L. de Sadous, tome IX.]

[18: Comme on a pu le voir précédemment, nous ne partageons pas absolument ce point de vue particulier.]

[19: Ernest Havet, Introduction au Discours d'Isocrate sur l'Antidosis.]

[20: Ernest Havet, Introduction au Discours d'Isocrate sur l'Antidosis.]

[21: On appelle didascalie un ensemble de renseignements, très-précieux pour la plupart, relatifs à la date, à l'auteur et à la mise en scène d'une pièce, et qui en accompagnent le titre.]

[22: Otfried Müller, Hist. de la litt. gr., trad. K. Hillebrand.]

[23: Pour une expédition.—Voir les Acharnéens.]

[24: Cléon.]

[25: Cléon ou la Guerre? Le sujet, dans le texte, n'est pas exprimé.]

[26: Comme les serpents changent de peau, dit le Scholiaste. Le mot grec, aspis, qui signifie bouclier, signifie aussi serpent. L'exactitude n'est pas nécessaire dans les plaisanteries; au contraire! c'est pourquoi les gens trop exacts ne sont pas toujours très-plaisants.]

[27: On plantait en terre un long bâton, en travers duquel un autre faisait comme une balance, sous les deux bassins de laquelle étaient deux autres bassins plus grands et remplis d'eau, et sous cette eau il y avait une figure en bronze doré, qu'on appelait Manès. Le jeu, à la fin des banquets, consistait à verser, d'assez loin, du vin dans l'un des bassins d'en haut, de façon qu'entraîné par le poids du liquide il trébuchât et allât heurter avec bruit la tête du bonhomme caché sous l'eau, sans que le vin se répandît: alors on avait gagné, et c'était signe qu'on était aimé de celle qu'on aimait, autrement, on avait perdu.]

[28: Chargé d'exécuter la statue de Minerve, Phidias fut accusé par ses ennemis d'avoir détourné une partie de l'or dont elle devait être ornée. La calomnie et l'exil furent la récompense de ses travaux; Périclès se considéra comme attaqué dans la personne de son ami, et craignit peut-être de se voir lui-même obligé de rendre ses comptes: ce fut, dit-on, un des motifs qui le déterminèrent à engager les Athéniens dans la guerre du Péloponnèse.]

[29: Ce décret interdisait de laisser entrer aucun Mégarien sur le territoire de l'Attique, ni de faire aucun commerce avec ce peuple. Les Mégariens, qui tiraient d'Athènes tous leurs approvisionnements, furent réduits par ce décret à la famine. Qu'on se rappelle la scène du Mégarien forcé de vendre ses deux filles, dans la comédie des Acharnéens; voir ci-dessus.]

[30: C'est-à-dire que, les vignes ayant été ravagées par l'ennemi dès le commencement, cela augmenta l'animosité, et dès lors la guerre fut lancée avec fureur.]

[31: Le texte dit: La jeune Thrace. Les esclaves portaient souvent le nom de leur pays, comme autrefois chez nous les domestiques: Champagne, Bourguignon, etc.]

[32: Ce qu'on appelle étoiles filantes.]

[33: Ce démagogue que, dans la comédie des Chevaliers, on a vu remplacer Cléon dans la faveur de la multitude: car un démagogue chasse l'autre, et tous sont chassés tour à tour.]

[34: On joue sur le nom de Trygée, qui, nous l'avons dit, signifie à peu près vendangeur. Mot à mot, nous la vendangerons, nous la vendangerons.]

[35: Rapprochez Rabelais, au chapitre de Frère Jean des Entommures: «Les taborineurs avoient défoncé leurs taborins d'un costé, pour les emplir de raisins; les trompettes estoient chargées de moussines» (de grappes liées ensemble), etc.—Et Alfred de Musset, à ce vers:

De ta robe de noce on fit un parapluie!]

[36: Poyard, Notice.]

[37: Alceste, aussi déterminé et aussi sensé que Lysistrata, ripostera à peu près de même à Célimène:

Non, ce n'est pas, madame, un bâton qu'il faut prendre,
Mais un cœur à leurs vœux moins facile et moins tendre.
]

[38: Pandrose. Une des deux filles de Cécrops. Ce nom fut donné aussi à Minerve.]

[39: À Athènes la plupart des archers étaient Scythes. Dans la première scène, où Lysistrata convoque les femmes à prêter serment, elle dit: «Où est la scythe?» comme on dirait chez nous: «Où est la gendarme!» ou comme on eût dit, sous la Restauration: «Où est la cent-suisse?»]

[40: Ces derniers mots sont les paroles d'Hector à Andromaque, au sixième chant de l'Iliade.]

[41: C'est-à-dire que les tributs, au lieu de couler dans telle ou telle dépense spéciale, devraient être directement versés dans le Trésor, afin que le peuple tout entier en fît un emploi profitable. C'est la centralisation des finances. Ici Aristophane, contrairement à son habitude, émet et patrone une idée qui appartient à l'avenir, non au passé.]

[42: Allusion au récent désastre de Sicile.]

[43: Michelet, Bible de l'humanité.]

[44: On lit dans la Gazette de Cologne, 1er septembre 1865:

«Nous aurons sous peu à Leipzig le spectacle d'une assemblée toute particulière: un congrès allemand de femmes! Déjà, dans une assemblée préparatoire, ont été proposés «les points principaux de la question concernant l'affranchissement pratique du «sexe féminin», et Mme Louise Otto-Peters, ainsi que Mlle Augusta Schmidt y ont fait un appel patriotique à leurs sœurs d'Allemagne pour les engager à prendre part au congrès, et à préparer les rapports qu'elles pourraient avoir à faire touchant la question.

«Voici quel serait le sujet de leurs délibérations: Exposition industrielle et artistique de travaux féminins, organisation de caisses de subventions et de secours mutuels, participation de talents féminins dans les salles d'audience des académies et universités, érection d'écoles économiques et commerciales pour femmes, etc., etc. Il paraît que, des principales villes d'Allemagne, sont déjà arrivées plus de cinquante lettres annonçant la participation d'autant de membres au futur congrès.»]

[45: On doit se rappeler ici ce que W. Schlegel nomme le temps idéal, c'est-à-dire le temps qui s'allonge ou qui s'abrège au gré de l'imagination du poëte ou des spectateurs, par conséquent tout le contraire de la fameuse unité de temps, qui n'existe pas plus dans le théâtre grec, que la fameuse unité de lieu. Resterait l'unité d'action, qui encore, dans le théâtre grec comme dans le théâtre de Shakespeare, se réduit à l'unité d'intérêt, pour relier les divers épisodes d'une action extrêmement libre et changeante, ou même plus simplement encore à ce que nous avons nommé l'unité de verve, en ce qui regarde le théâtre d'Aristophane.]

[46: Même observation qu'à la note précédente: le spectateur admettait donc sans peine, quoiqu'il n'y eût pas eu d'entr'acte et qu'il n'y en eût jamais, qu'il s'était écoulé six jours et six nuits depuis que les femmes avaient formé le complot par lequel commence la pièce.]

[47: Bien entendu, par ce mot de corset, il ne faut pas ici entendre absolument le corset d'aujourd'hui. Cependant, le στροφιον, dont parle ici le texte, étant la pièce du vêtement destinée, comme le prouvent d'autres passages des poëtes comiques, à tourner sous la gorge pour la soutenir, ce mot correspond plus exactement à celui de corset, qu'à celui de ceinture. Mais c'est un corset primitif, qui soutient la gorge et ne la brise pas: un peuple artiste ne l'aurait pas permis.]

[48: Le texte dit: Ανθροπος, cet homme, mais dans le sens générique, comme on pourrait dire: Cet être-là! Cet exemple est encore plus curieux que celui de Cicéron, souvent cité, où il pleure la mort de sa fille, malheur auquel pourtant il faut se résigner, dit-il, quoniam homo nata erat, puisqu'elle était née homme (et par conséquent sujette à la mort).]

[49: Minerve chalcièque.]

[50: Ernest Havet, le Christianisme et ses origines.]

[51: Au vers 955.]

[52: Cicéron, Tusculanes, V, 37.—-Cf. Plutarque, sur l'Exil, ch. V;—-Épictète, Discours philosophiques, recueillis par Arrien, I, 9, 1.]

[53: M. F. Laurent, Histoire du Droit des gens, t. II, p. 392.]

[54: En quoi il se trompait, je crois.]

[55: Platon, Apologie de Socrate.—Et Morel, Histoire de la Sagesse et du Goût.]

[56: Ernest Havet, Introduction à Isocrate.]

[57: Ibidem.]

[58: G. Grote, Hist. de la Grèce, t. VII, p. 395.]

[59: G. Grote, Hist. de la Grèce, tome VII, p. 391. V. p. 392, les noms des principaux sophistes.]

[60: Le mot cheval, [Grec: hippos] en grec, entre dans tous ces noms.]

[61: Nom formé de φειδομαι, j'épargne, et de [Grec: hippos], cheval.]

[62: Artaud, notice sur les Nuées.]

[63: C'étaient des espèces d'histrions, desquels on pourrait rapprocher ceux de la comédie italienne au dix-huitième siècle. Ceux-ci également amusaient leur public par toutes sortes de définitions curieuses, analogues à celles que nous venons de citer. Brighella, par exemple, type de nos Scapins, n'est pas un voleur, non! mais un homme d'esprit et un calculateur habile qui sait résoudre ce problème de trouver une chose avant que son propriétaire l'ait perdue. Les objets qu'il s'approprie sont des biens dont il hérite avant la mort de ceux qui les possèdent. Quand il est forcé de voyager, c'est-à-dire de fuir, il console les poules veuves, adopte les poulets mineurs et les canards orphelins. Il délivre les bourses et les montres captives; etc.]

[64: Pascal, dans le fragment intitulé de l'Art de persuader, retrouve cette théorie, comme il avait, plus jeune, deviné les premières propositions d'Euclide.—Cette note, et la phrase à laquelle elle se rapporte, sont de M. Morel, dans le livre déjà cité, Histoire de la Sagesse et du Goût.]

[65: À propos du saut des divers insectes, dont la force musculaire croît à mesure que leur taille diminue, lire la Revue des Deux-Mondes du 15 mars 1867, pages 542, 543. On y verra que la science moderne n'a pas dédaigné ces problèmes, qui paraissaient à Aristophane vains et ridicules.]

[66: Dans ce trait se trouve le germe de la comédie suivante, les Guêpes.]

[67: Voir Morel, Hist. de la sagesse, etc.]

[68: Si toutefois on n'a pas mêlé ensemble deux hommes différents, portant le même nom de Diagoras.]

[69: Monnaie fictive, d'une valeur que l'on suppose avoir été égale à 5700 francs environ.]

[70: Barthélémy, Voyage d'Anacharsis.]

[71: Réticence. C'est-à-dire: Si toutefois tu admets qu'il y ait des dieux.]

[72: Montagne de Thrace.]

[73: Cacare volo.]

[74: Montagne voisine d'Athènes.]

[75: Ces onze derniers mots n'en font qu'un dans le grec. Il est vrai qu'il a neuf syllabes, et qu'il est formé de quatre vocables soudés ensemble: [Grec: sphragidonuchargochomhêtas]. Mais si, de nos onze mots français, on ôte les articles, mots parasites, et la conjonction et, les onze se réduiront à six.]

[76: C'est-à-dire aux sophistes.]

[77: À peu près de même, à la première scène du Mariage forcé, Sganarelle, sortant de chez lui, dit à ses gens: «Si l'on m'apporte de l'argent, que l'on me vienne quérir vite chez le seigneur Géronimo; et, si l'on vient m'en demander; qu'on dise que je suis sorti, et que je ne dois revenir de toute la journée.»]

[78: Encore un trait qui prépare la comédie des Guêpes.]

[79: Edita doctrina sapientum templa serena. LUCRÈCE.]

[80: Dans l'Italie grecque, à Crotone, la foule s'était soulevée contre les pythagoristes accusés d'oligarchie, et avait mis le feu à leurs écoles.]

[81: Voir Egger, De la deuxième édition des Nuées.]

[82: Expression de Montaigne, masculin du mot sage-femme.]

[83: Otfried Müller, Hist. de la litt. gr., trad. K. Hillebrand.]

[84: Voir la dernière partie du dialogue de Platon intitulé Gorgias.]

[85: Voir Poyard, notice sur les Nuées.]

[86: Morel, Hist. de la Sagesse.]

[87: V. Otfried Müller, Hist. de la litt. gr., trad. et commentée par K. Hillebrand, t. II.]

[88: Les premières Nuées avaient, d'après une tradition authentique, une parabase différente. Elles n'avaient pas non plus la lutte du Juste et de l'Injuste, ni l'incendie de l'école à la fin. Il est probable, d'ailleurs, d'après Diogène de Laerte (II, 18), et malgré toutes les confusions que nous trouvons chez lui,—dit Otfried Müller,—que dans les premières Nuées Socrate était mis en rapport avec Euripide, et qu'on attribuait à l'un une part dans les tragédies de l'autre. (V. les remarques contraires de F. Ritter dans son compte rendu de cet ouvrage.)]

[89: L'obole valait 12 centimes de notre monnaie: le triobole faisait donc 36 centimes. Mais une valeur de 36 centimes, en ce temps-là, représentait bien l'équivalent de 3 fr. de nos jours.]

[90: Hist. de la Grèce, fin du tome VII.]

[91: Tous les jours, le premier aux plaids et le dernier.

Racine, les Plaideurs, acte I, scène 1.]

[92: Sorte d'horloge à eau, qui mesurait le temps aux orateurs pour leurs plaidoyers.]

[93:
Il fit couper la tête à son coq, de colère,
Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire:
Il disait qu'un plaideur dont l'affaire allait mal
Avait graissé la patte à ce pauvre animal.

Racine, les Plaideurs, acte I, scène 1. ]

[94: Une des colonnes qui soutenaient le toit abritant les juges contre le soleil dans la place Héliée.]

[95: Insigne des juges.]

[96: Comme Chrémyle y fait coucher Plutus, dans la comédie qui porte ce dernier nom. (Voir plus loin.) C'était l'usage, en pareil cas.]

[97: Sorte de proverbe. On contait qu'un voyageur, ayant loué un âne pour aller à Mégare, s'était assis, pendant une halte, à l'ombre de cet âne, afin de s'abriter contre l'ardeur du soleil. L'ânier lui disputa la place, prétendant qu'il avait loué l'âne, mais non son ombre. De là, contestation et procès.—Démosthènes reprit ce conte dans un de ses discours, pour réveiller l'attention de son public.]

[98:
…Le voilà, ma foi! dans les gouttières;

…Vous verrez qu'il va juger les chats!

RACINE, les Plaideurs, acte I. ]

[99: Eschyle, dans le récit de la même bataille, celle de Salamine, se sert de la même comparaison. Il est intéressant de rapprocher, sur ce sujet national, Eschyle, Aristophane et Hérodote, génies si divers,—tragédie, comédie, histoire;—partout le même esprit, la même fierté, la même joie patriotique.]

[100: Les tribunaux.]

[101: Les six derniers archontes présidaient les tribunaux civils, sous le nom de Thesmothètes.]

[102: Magistrats qui instruisaient les affaires criminelles et qui veillaient à la garde des condamnés. Socrate, en prison depuis son jugement jusqu'au jour où il but la ciguë, resta, sous la surveillance des Onze.]

[103: Amphithéâtre construit par Périclès. On y donnait des concours de musique: de là le nom Odéon, «lieu où l'on chante.» On y faisait aussi les distributions de farine au peuple; et la présence de juges était sans doute nécessaire pour mettre fin aux contestations qui s'élevaient.]

[104: «Ceci regarde les magistrats préposés à l'entretien des murs. Du reste, cet office n'était pas une magistrature proprement dite, mais seulement une commission temporaire, selon les besoins. C'est ainsi que Démosthènes fut élu par la tribu Pandionide; ce qui nous a valu les deux célèbres discours de Démosthènes et d'Eschine pour et contre Ctésiphon.» ARTAUD.]

[105: Racine semble s'être rappelé ces vers d'Aristophane dans le trait suivant du dialogue de Chicaneau avec la comtesse de Pimbesche:

CHICANEAU.

Mais cette pension, madame, est-elle forte?

LA COMTESSE.

Je n'en vivrais, monsieur, que trop honnêtement;
Mais vivre sans plaider, est-ce contentement?
]

[106: [Grec: Tetraphêcheis], littéralement, hauts de quatre coudées. C'est Racine qui nous fournit l'équivalent.

Qu'est-ce qu'un gentilhomme? Un pilier d'antichambre.
Combien en as-tu vus, je dis des plus huppés,
À souffler dans leurs doigts dans ma cour occupés,
Le manteau sur le nez, ou la main dans la poche;
Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche!

Les Plaideurs, Acte I, scène 5.]

[107: C'était un usage des accusés, pour se rendre les juges favorables. Xénophon (Rep. Ath.) le mentionne aussi. Au surplus, cela fait partie de la mimique naturelle, instinctive, et peut s'observer encore aujourd'hui chez les enfants et chez les simples.]

[108: Vers 609. Les pauvres gens portaient dans la bouche leur menue monnaies.—De là aussi par suite, l'usage de mettre une obole dans la bouche des morts pour payer leur passage dans la barque de Caron.—«Encore aujourd'hui, dans l'Orient, les Juifs et autres marchands portent dans leur bouche une quantité incroyable de petites monnaies, sans que cela les empêche de parler.» Artaud.]

[109: Même aux îles Fortunées, un des paradis de l'antiquité, ce vieux juge ne serait heureux qu'en jugeant.]

[110: Les deux autres mois, nous l'avons dit, se dissipaient en fêtes de toute sorte, pendant lesquelles les tribunaux chômaient, et, par conséquent, on ne touchait pas le triobole.]

[111: Dans son beau livre du Progrès.]

[112: Mesure qui correspond à peu près au litre.]

[113: Sans doute, le poêlon et la bouteille.]

[114: Le pot de chambre. La clepsydre, nous l'avons dit, était une horloge à eau: de là, l'analogie et la plaisanterie.]

[115: De [Grec: aguia], rue.]

[116: Et toi, lampe nocturne, astre cher à l'amour! ANDRÉ CHÉNIER, Élégies.]

[117: Les femmes seules y étaient admises, et les hommes disaient qu'à huis clos il se passait parfois entre elles d'étranges choses: c'est à quoi peut-être Aristophane fait ici quelque allusion satirique.—Cependant la pièce que nous avons de lui sous ce titre: Les Fêtes de Cérès et de Proserpine ne nous présentera rien de tel; mais un assez grand nombre d'autres détails plaisants. Voir plus loin.]

[118: Ceci était écrit en 1849, dans la Liberté de penser, où ces Études parurent d'abord en quatre articles. Je suis plus que jamais de cette opinion. L'enfant lui-même, puisqu'il peut être propriétaire, devrait avoir son vote:—et encore, en parlant ainsi, je me place au point de vue le plus étroit, qui ne découvre la source du droit de suffrage que dans la propriété. À plus forte raison, selon le droit vrai et complet, tout être faisant partie de la nation devrait-il voter, soit par lui-même s'il est en âge, soit par ses parents ou tuteurs en attendant. Autant de têtes, autant de votes. Voilà le vrai.]

[119: Cela signifie que son manteau était tellement mince et déchiré, qu'on pouvait douter qu'il en eût un.]

[120: Le petit-fils, à ce que l'on croit du célèbre général dont il est question dans les Chevaliers.]

[121:
Œdipe, qui jadis eut la douleur amère
De faire des enfants à madame sa mère!

Boursault, le Mercure galant, comédie.]

[122: Rapprochez Plutus et Pluton.]

[123: Voici l'ordre chronologique des onze pièces d'Aristophane qui nous sont parvenues:

426 ans avant notre ère, les Acharnéens; 425, les Chevaliers; 424, les Nuées; 423, les Guêpes; 421, la Paix; 415, les Oiseaux; 412, Lysistrata; 411, les Fêtes de Cérès et de Proserpine; 406, les Grenouilles; 393, les Femmes à l'Assemblée; 408 et 388, Plutus, représenté deux fois.]

[124: «On peut supposer, dit Schlegel, que, déjà quelque temps avant la loi, il était devenu dangereux pour le poëte comique de donner toute l'étendue possible au privilége dont il jouissait. S'il est vrai, comme on l'a prétendu et contesté tour à tour, qu'Alcibiade ait fait noyer Eupolis pour le punir d'avoir dirigé contre lui une satire dialoguée, il n'y a aucune gaieté comique en état de résister à l'idée d'un pareil danger.

«Le Plutus qui nous est conservé n'est pas celui que le poëte avait mis sur la scène en 408, mais bien celui qu'il donna vingt ans plus tard, en 388; c'est la dernière pièce que le vieux poëte ait fait jouer lui-même; car les deux comédies qu'il composa encore, le Coccatos et l'Éolosicon, il les fit donner par son fils Araros [Otfried Müller, Hist. de la litt. gr.].»]

[125: «L'absence de la parabase, et de nombreuses allusions à des faits politiques postérieurs à 408, ne permettent pas de supposer que nous ayons entre les mains l'édition primitive; d'un autre côté, les vers où Aristophane attaque certains citoyens par leur nom ne peuvent appartenir à l'édition de 388, puisqu'alors cette licence était proscrite.» POYARD, Notice.]

[126: Ni dans Lysistrata, soit que le temps ait mutilé cette pièce, soit que le poëte n'ait pas toujours usé de son droit.]

[127: Ou charge publique honorifique et onéreuse.]

[128: Voir l'Appendice, numéro IV: Les derniers jours du théâtre grec.]

[129: Comme dans cette belle chanson russe, d'une si poignante ironie, où la femme d'un fonctionnaire berce son enfant en disant:

«Dors, vaurien, pendant que tu es inoffensif.—Do, do, l'enfant do.

«La lune couleur de cuivre répand mystérieusement sa lumière sur ton berceau.—Ce n'est pas une histoire en l'air que je veux te dire, je vais chanter la vérité. Toi, ferme les yeux.—Do, do, l'enfant do.

«Toute la province est dans la joie à la nouvelle qui vient de se répandre: Ton père, coupable de tant de méfaits, vient enfin d'être cité en justice. Mais ton père, gredin consommé, saura se tirer d'affaire.—Dors, vaurien, tandis que tu es honnête.—Do, do, l'enfant do.

«En grandissant tu apprendras à apprécier le nom de chrétien.—Tu achèteras un habit de scribe et tu prendras la plume.—Tu diras avec hypocrisie: «Je suis honnête, je suis pour la justice!»—Dors, ton avenir est assuré.—Do, do, l'enfant do.

«Tu auras l'apparence d'un grave fonctionnaire, et tu seras coquin dans l'âme.—On te reconduira jusqu'à la porte, puis on fera derrière ton dos un geste de mépris.—Tu apprendras à courber l'échine avec grâce…—Dors, vaurien, tandis que tu es innocent.—Do, do, l'enfant do.

«Quoique doux et peureux comme un mouton, et peut-être bête comme lui, tu sauras arriver en rampant à une excellente place, sans te laisser prendre en faute.—Dors, tandis que tu ne sais pas voler.—Do, do, l'enfant do.

«Tu achèteras une maison à plusieurs étages;—tu atteindras un haut grade, et deviendras un grand seigneur, un noble!—Tu vivras longtemps, entouré d'honneurs, et finiras ton existence en paix.—Dors, mon beau fonctionnaire!—Do, do, l'enfant do.»]

[130: C'était un riche avare.]

[131: Voir dans Hérodote la théorie et les exemples de cette jalousie des dieux ou du destin. C'est par là qu'il explique les vicissitudes de l'histoire.]

[132: Ou, comme on dit aujourd'hui, «du côté des gros bataillons.»]

[133: Au troisième acte du Bourgeois gentilhomme, scène IX, Molière, emploie ce même procédé d'antithèses comiques, lorsque Cléonte et son valet Covielle, parlant l'un de l'ingrate Lucile, l'autre de la servante Nicole, non moins oublieuse que sa maîtresse, disent tour à tour:

CLÉONTE.

Après tant de sacrifices ardents, de soupirs et de vœux que j'ai faits à ses charmes!

COVIELLE.

Après tant d'assidus hommages, de soins et de services que je lui ai rendus dans sa cuisine!

CLÉONTE.

Tant de larmes que j'ai versées à ses genoux!

COVIELLE.

Tant de seaux d'eau que j'ai tirés au puits pour elle!

CLÉONTE.

Tant d'ardeur que j'ai fait paraître à la chérir plus que moi-même!

COVIELLE.

Tant de chaleur que j'ai soufferte à tourner la broche à sa place!…

Etc., etc.]

[134: Le talent valait 5560 francs.]

[135: Voir, ci-dessus, l'analyse des Guêpes, et la note 96.]

[136: «Nécessité d'Industrie est la mère,» a dit La Fontaine dans une de ses Fables; et Perse, dans le Prologue de ses Satires, avait dit, plus énergiquement encore: Magister Artis Venter, «le Ventre est le maître de l'Art.»]

[137: Où les pauvres, pendant l'hiver, se réfugiaient en foule, et parfois se brûlaient en se pressant contre le fourneau des bains.]

[138: C'est par ce vers que M. Boissonade répliquait aux hardiesses de Wolf sur Homère.]

[139: «La pauvreté, féconde en hommes!» LUCAIN.]

[140: «Que d'amis, que de parents naissent, en une nuit, au nouveau ministre!» LA BRUYÈRE.]

[141: Sorte de proverbe, pour dire: Tout change. Vous fûtes belle autrefois peut-être; mais la saison des amours est passée.—Milet avait été longtemps la plus puissante des villes Ioniennes: elle avait possédé une flotte très nombreuse, et fondé plus de quatre-vingts colonies. Elle se laissa amollir par le luxe et la volupté, et dégénéra; ce qui est résumé dans ce vers, réponse rendue par l'oracle à Polycrate, tyran de Samos. Tombée au pouvoir des Perses, elle essaya inutilement de secouer leur joug.]

[142: Éleusis, où l'on célébrait les grands-mystères, était à deux lieues d'Athènes: les femmes élégantes s'y rendaient en char, et faisaient assaut de luxe. C'était le Longchamp de ce temps là.]

[143: Au second acte de l'École des Femmes, Alain dit à Georgette, par une métaphore semblable:

Dis-moi, n'est-il pas vrai, quand tu tiens ton potage,
Que, si quelque affamé venait pour en manger,
Tu serais en colère, et voudrais le charger?

GEORGETTE.

Oui, je comprends cela.

ALAIN.

C'est justement tout comme
La femme est en effet le potage de l'homme;
Et, quand un homme voit d'autres hommes parfois
Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,
Il en montre aussitôt une colère extrême…
]

[144: voir ci-dessus l'analyse de la Paix]

[145: Voir la Revue des Deux-Mondes du 1er janvier 1863.]

[146: Au reste c'était aussi pour une heure ou deux qu'un Bossuet composait ses chefs d'œuvre, l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, ou de la duchesse d'Orléans, ou du prince de Condé.—Oui, c'était pour une heure ou deux, et pour tous les siècles.]

[147: Par la machine suspendue qui roulait les dieux dans les tragédies, et qu'on appelle chez nous une gloire.]

[148: S'ils tombent de là-haut. Allusion au Télèphe, au Philoctète, au Bellérophon, tous boiteux. Dans la Paix de notre poëte, la fille de Trygée dit à son père qui monte au ciel sur l'escarbot: «Prends garde de tomber et de devenir boiteux: ne va pas fournir un sujet de tragédie à Euripide!»]

[149: Œnée, Phénix, Philoctète, Bellérophon, Télèphe, tragédies d'Euripide, desquelles il ne reste que des fragments fort courts.]

[150: Vers emprunté à Euripide. Il y a dans cette scène un grand nombre de vers parodiés de la même façon.]

[151: Ces deux vers sont empruntés au Télèphe d'Euripide.]

[152: Autre vers parodié.]

[153: Idem.]

[154: La mère d'Euripide avait, dit-on, vendu des herbes et des légumes sur le marché.—Ceci est, du reste, une parodie des vers de tragédie où l'on disait souvent, par un tour semblable, la pensée contraire: «Puissent les dieux t'accorder un plus heureux destin qu'à ta mère!» C'était devenu une formule, comme dans nos mélodrames: la croix de ma mère! ou: sauvé! sauvé, mon Dieu!…]

[155: Encore la même allusion à la mère d'Euripide.]

[156: Nous en avons fait un petit extrait en un seul livre: le Mal qu'on a dit des Femmes.—Mais, avec impartialité, nous avons recueilli aussi le Bien.—Le Mal a eu déjà sept éditions.—On vient de réunir en un volume le Mal et le Bien.]

[157: Ce qui faisait du bruit et allait trahir sa présence. Telle est je crois, l'interprétation véritable, quoique Artaud, d'après un scholiaste, en ait adopté une autre, et Poyard à son exemple; comme j'avais fait aussi d'abord. Mais je me rallie à la version de Brunck.]

[158: Pendant les Thesmophories, les femmes logeaient deux à deux sous des tentes dressées près du temple de Cérès.]

[159: Voir la note 47.]

[160: Quo penem trudis deorsum? Brunck.]

[161: Eccum vide: prominet, et optimi coloris est. Brunck.]

[162: Isthmum aliquem habes, homo: sursumque et deorsum penem trahis retrahisque, frequentius quam Corinthii. Les Corinthiens, pour n'avoir pas à faire le tour du Péloponnèse, faisaient passer sans cesse leurs navires d'une mer à l'autre à travers l'isthme, au moyen de machines. On sait, au surplus, que les vaisseaux grecs étaient de très-petites dimensions.]

[163: Hercule était Thébain: aussi quelques commentateurs ont-ils voulu placer d'abord à Thèbes le lieu de la scène où Dionysos frappe à la porte de ce dieu; mais la supposition est inutile: Hercule avait un temple près d'Eleusis, et de là aux Enfers l'imagination et la foi populaires faisaient aisément le chemin.]

[164: Où l'on pilait la ciguë.]

[165: Allusion aux premiers effets de la ciguë. Voir, dans le Phédon de Platon, la mort de Socrate, imitée par Lamartine dans ses premières poésies.]

[166: C'était au Céramique qu'on célébrait, en l'honneur de Minerve, de Vulcain et de Prométhée, les lampadophories et les lampadodromies, c'est-à-dire les processions aux flambeaux et les courses aux flambeaux: dans celles-ci on se passait les torches de main en main, et il fallait prendre garde de les éteindre en courant! Le beau vers de Lucrèce:

Et quasi cursores vitae lampada tradunt,

est une allusion à cet usage. On donnait aux concurrents le signal du départ, en lançant une torche du haut de la tour.]

[167: Nouvelle allusion au salaire que recevaient les citoyens pour aller juger et voter, et dont nous avons parlé plusieurs fois, notamment à propos des Guêpes. Ce salaire varia, à diverses époques, de 1 à 2 et à 3 oboles.]

[168: Célèbre bataille navale, gagnée par les Athéniens sur les Lacédémoniens, en 406, quelques mois seulement avant la représentation des Grenouilles. Les Athéniens avaient embarqué sur leur flotte un certain nombre d'esclaves qui combattirent vaillamment et reçurent la liberté pour récompense.—D'autre part, les chefs de l'armée navale furent condamnés à la peine capitale pour n'avoir point enseveli leurs morts, quoique la tempête les en eût empêchés.—Socrate le juste vota seul contre ce décret trop rigoureux.

Un passage de M. Grote (Hist. de la Grèce, t. XI), achèvera de mettre ce point en lumière:

Après la bataille des Arginuses, dans l'étourdissement de la victoire, non-seulement on n'avait pas recueilli pour les ensevelir les corps des guerriers morts flottants sur l'eau, mais on n'avait pas visité les carcasses des vaisseaux désemparés, pour sauver les hommes qui vivaient encore. Le premier de ces deux points, même seul, aurait suffi pour exciter à Athènes un sentiment pénible de piété offensée. Mais le second point, ici partie essentielle du même oubli, aggrava ce sentiment et le transforma en honte, en douleur et en indignation du caractère le plus violent.» Les huit généraux furent accusés: ils alléguèrent qu'une tempête les avait empêchés de remplir ce double devoir. Plus de mille hommes avaient été noyés ainsi. Les huit généraux furent condamnés, et les six qui se trouvaient alors à Athènes furent exécutés. Au reste, dans ce jugement rendu par passion, les formes de la justice avaient été violées, et Socrate, en qualité de prytane (seule charge politique qu'il ait eue à remplir dans une vie de soixante-dix ans), avait protesté obstinément contre cette violation.—Plus tard, il eut aussi la gloire de résister à l'odieuse tyrannie des Trente.]

[169: Bacchus avait, près d'Athènes, un temple situé sur le bord d'un marais: l'imagination du poëte met à profit cette circonstance.—La principale fête de Bacchus, nommée Anthestérie, se célébrait au mois Anthestérion et durait trois jours. Le premier jour portait ce nom même d'Anthestérie; le second s'appelait la fête des Coupes ou des Conges, le troisième, la fête des Marmites: on faisait bouillir dans des marmites toutes sortes de légumes, qu'on offrait à Bacchus, à Minerve et à Mercure. C'était le jour des concours dramatiques. Selon Théopompe, cet usage remontait au temps du déluge: ceux qui se sauvèrent des eaux offrirent un sacrifice semblable à Mercure, pour le rendre favorable à ceux qui avaient péri dans l'inondation.]

[170: Histoire de la Sagesse et du Goût.—Voyez aussi, sur les Mystères, Ernest Havet, Le Christianisme et ses Origines, dans la Revue moderne du 1er avril 1867.]

[171: La procession des initiés se rendait du Céramique à Eleusis: la distance était de vingt-cinq stades,—plus de deux lieues.]

[172: Trait lancé contre les chorèges qui avaient lésiné sur les costumes en montant cette comédie.]

[173: Tartésia était une ville située près des marais de l'Averne, qu'habitaient, dit-on, des reptiles nés de l'accouplement des murènes et des vipères.]

[174: Tithrasios était, selon le Scholiaste, un endroit de la Libye habité par les Gorgones.]

[175: La purée de pois était, à ce qu'il paraît, le mets favori d'Hercule. Au commencement de cette même comédie, Bacchus, voulant lui faire comprendre à quel point il désire de revoir Euripide, lui dit: «Un désir soudain s'est emparé de moi,… avec quelle force!… je vais te le faire saisir. As-tu jamais eu une envie soudaine de purée?

HERCULE.

De purée? oh! mille fois dans ma vie!

DIONYSOS.

Me fais-je assez comprendre? dois-je en dire davantage?

HERCULE.

Oh! pour ce qui est de la purée, je comprends!

DIONYSOS.

Eh bien! tel est le désir que j'ai d'Euripide!
]

[176: Cf. Don-Salluste disant à Ruy-Blas: «Ah ça, vous vous prenez au sérieux, mon maître!…» et la suite. Victor Hugo, Ruy-Blas, acte IV.]

[177: Théramène n'est pas ici cet honnête homme qui décrit la mort d'Hyppolyte et le monstre «couvert d'écailles jaunissantes.» Non; c'était un des Trente, connu par sa versatilité. Aristophane dit: «C'est agir en sage, en vrai Théramène,»—comme il eût dit de nos jours: en vrai Dupin, ou quelque autre de cette espèce.]

[178: Comme on faisait pour les enfants. Il excepte ce châtiment trop doux.]

[179: Bourg de l'Attique, où était un temple d'Hercule.]

[180: Aristophane veut désigner par ces métaphores la poésie sublime, mais un peu emphatique, du grand Eschyle.]

[181: Le poëte malveillant désigne par ces images dénigrantes les vers d'Euripide.]

[182: Voyez les vers 76 à 82, et 788 à 794.—Nous avons tout à l'heure traduit et cité ce dernier passage.]

[183: La Harpe fait ici un contre-sens bizarre. Il met: «C'est par une tragédie intitulée l'Accouchement de Mars.»]

[184: [Grec: Estrateumhenoi gar eiai], «ils ont fait la guerre, ils ont fait une campagne.» Pour comprendre ce passage, il faut se rappeler que le jury qui jugeait le concours des poëtes comiques était composé de cinq personnes prises au sort, indistinctement parmi tous les spectateurs; tandis que le jury du concours tragique était composé de dix personnes choisies par l'archonte parmi les citoyens qui avaient fait le service militaire. Artaud.]

[185: Voir, pour ces divers rapprochements, les excellentes Études sur les Tragiques grecs, par M. Patin, 2e édition. Paris, Hachette.]

[186: À propos du burlesque mêlé à la religion, V. Ernest Renan, Études d'histoire religieuse, p. 65 et 66.—Voir aussi Lenient, de la Satire au moyen âge.]

[187: Voir Sainte-Beuve, Étude sur le seizième siècle, de l'esprit de malice au bon vieux temps; notamment p. 468.]

[188: Ernest Renan, les Apôtres, p. 314, 315.]

[189: Traité des Études, tome I.—Voir, sur le même point, une très-bonne thèse de M. Dabas.]

[190: Ch. Benoît, Cours de litt. grecque.]

[191: Otfried Müller, Hist. de la litt. gr. trad. K. Hillebrand.]

[192: Cette croyance populaire était peut-être venue de l'Orient. Voici comme parle Azz-Eddin Elmocaddessi, dans son livré intitulé les Oiseaux et les Fleurs:

«Considère la huppe: lorsque sa conduite est régulière et que son cœur est pur, sa vue perçante pénètre dans les entrailles de la terre et y découvre ce qui est caché aux yeux des autres êtres; elle aperçoit l'eau qui y coule, comme tu pourrais la voir au travers d'un cristal; et, guidée par l'excellence de son goût et par sa véracité: Voici, dit-elle, de l'eau douce, et en voilà qui est amère.—Elle ajoute ensuite: Je puis me vanter de posséder, dans le petit volume de mon corps, ce que Salomon n'a jamais possédé, lui à qui Dieu avait accordé un royaume comme personne n'en a jamais eu: la science que Dieu m'a départie, science dont jamais ni Salomon ni aucun des siens n'ont été doués. Je suivais partout ce grand roi, soit qu'il marchât lentement, soit qu'il hâtât le pas, et je lui indiquais les lieux où il y avait de l'eau sous terre. Mais un jour je disparus tout à coup, et, pendant mon absence, il perdit son pouvoir. Alors, s'adressant à ses courtisans et aux gens de sa suite: Je ne vois plus la huppe, leur dit-il; s'est-elle éloignée de moi? S'il en est ainsi, je lui ferai souffrir un tourment violent, et peut-être l'immolerai-je à ma vengeance, à moins qu'elle ne me donne une excuse légitime.—Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il ne s'informa de moi que lorsqu'il eut besoin de mon secours.—Puis, voulant faire sentir l'étendue de son autorité, il répéta les mêmes mots: Je la punirai! que dis-je? je l'immolerai! Mais le destin disait: Je la dirigerai vers toi, je la conduirai moi-même.—Lorsque je vins ensuite de Saba, chargée d'une mission pour ce roi puissant, et que je lui dis:—Je sais ce que tu ne sais pas,—cela augmenta sa colère contre moi, et il s'écria: Toi qui dans la petitesse de ton corps, renfermes tant de malice, non contente de m'avoir mis en colère en t'éloignant ainsi de ma présence, tu prétends encore être plus savante que moi?—Grâce, lui dis-je, ô Salomon, je reconnais que tu as demandé à Dieu un empire, et qu'aucun souverain n'en possédera jamais un semblable au tien; mais tu dois avouer aussi que tu n'as pas de même demandé une science à laquelle personne ne pût atteindre. Je t'ai apporté de Saba une nouvelle que tous les savants ignorent.—O huppe, dit-il alors, on peut confier les secrets des rois à celui qui sait se conduire avec prudence: porte donc ma lettre.—Je m'empressai de le faire, et je me hâtai d'en rapporter la réponse. Il me combla alors de ses faveurs, il me mit au nombre de ses amis, et je pris rang parmi les gardiens du rideau qui couvrait sa porte, tandis qu'auparavant je n'osais en approcher. Pour m'honorer, il me mit ensuite une couronne sur la tête, et cet ornement ne sert pas peu à m'embellir. D'après cela, la mention de mon immolation a été abrogée, et les versets où il est question de ma louange ont été lus.—Pour toi, si tu es capable d'apprécier mes avis, rectifie ta conduite, purifie ta conscience, redresse ton naturel, crains celui qui t'a tiré du néant, profite des leçons instructives qu'il te donne, quand même il se servirait pour le faire du ministère des animaux; et crois que celui qui ne sait pas tirer un sens allégorique du cri aigre de la porte, du bourdonnement de la mouche, de l'aboiement du chien, du mouvement des insectes qui s'agitent dans la poussière; que celui qui ne sait pas comprendre ce qu'indiquent la marche de la nue, la lueur du mirage, la teinte du brouillard, n'est pas du nombre des gens intelligents.»]

[193: Fils de Térée et de Procné.]

[194: Un siècle avant Cyrano, il y a la Néphélococcygie de Pierre Le Loyer. (Voir, à ce sujet, le quatrain de Ronsard cité par Sainte-Beuve, Étude sur le seizième siècle p. 234.)—Passerat, vers le même temps, célébrait aussi la métamorphose des hommes-oiseaux.—Il y a, dans les fragments laissés par Gœthe, un essai d'imitation, assez faible, de cette première partie des Oiseaux d'Aristophane, adaptée avec beaucoup de licence à la scène allemande, ou plutôt au goût des lecteurs allemands. Deux personnages cherchent en l'air, au risque de se casser le cou, une espèce de pays de Cocagne; ils vont trouver un vieux hibou, critique de profession, qui les traite de fous et les envoie promener. Pendant qu'ils causent entre eux, arrivent les oiseaux, qui veulent tout simplement les mettre à mort. Discours ronflant de l'un des deux voyageurs, qui leur fait comprendre qu'ils ne sont pas des hommes, mais des oiseaux en mue. Il les engage ensuite à établir leur royaume de manière à se soumettre les dieux et les hommes, en coupant toute communication entre eux.—Suit un épilogue dans lequel Gœthe promet de donner la continuation de cette pièce, en cas qu'elle soit goûtée du public.—Il fallait qu'il comptât beaucoup sur l'ignorance de ce public, pour piller ainsi Aristophane sans faire la moindre mention de lui ni de sa comédie.]

[195: Bourg de l'Attique. Le même mot, en grec, signifie tête. De là le calembour d'Évelpide, qui fait le Lazarille, le gracioso, le commentateur bouffon de Peisthétairos.]

[196: Odin, le Jupiter de la mythologie scandinave, est représenté avec un casque aux deux côtés duquel sont posés deux corbeaux, qui partent tous les soirs pour faire en volant le tour de la terre et lui rapporter le matin ce qu'ils ont appris.]

[197: Allitération sur [Grec: Thon chênha], l'oie, au lieu de [Grec: Thon Zênha], Jupiter.—Lampon était un des devins envoyés à Sybaris avec la colonie athénienne qui reconstruisit cette ville sous le nom de Thurium.—Socrate, respectant les dieux, jurait par le chien!—C'est par un scrupule analogue que les gens du peuple, chez nous, disent quelquefois: Nom d'un chien!—pour ne pas dire: Nom de D.! De même, s'il leur échappe de commencer à dire: Sac… n. de D.! ils changent et disent: Sac… rist! puis Sapristi! ou Sac… à papier! ou tel autre achèvement insignifiant.—C'est sans doute dans la même intention qu'Henri IV avait adopté Ventre-saint-gris! pour n'offenser personne au ciel, quoiqu'il y eût cependant un saint Gris.—Depuis qu'un de ses prédécesseurs, le dévot roi Louis IX, qu'on appelle saint Louis, avait promulgué une loi qui ordonnait de transpercer d'une pointe de fer rougie au feu la langue des jureurs et blasphémateurs, les anciens jurons s'étaient transformés, de manière à devenir innocents. Ainsi, au lieu de: Par la mort de Dieu, ou par la mort-Dieu!—Par le sang de Dieu ou par le sang-Dieu!—Tête-Dieu!—Ventre-Dieu!—Corps-Dieu!—Je renie Dieu!—Je maugrée Dieu! on se mit à dire: morbieu, morbleu, mordié, morgué, morguienne!—Pa' l' sang-bieu! palsambleu! Par la sambleu!—Tête-bieu, têtebleu!—Ventre-bieu, ventrebleu!—Corps-bieu! corbleu!—Je r'nie-bieu, jarnibieu, jarnidié, jarnigué, jarnigois, jarni!—Maugrebieu, maugrebleu! De même, au lieu de jurer par le Diable, on se mit à jurer par le Diantre; etc.—Dans un sentiment analogue, les gamins, au lieu de Ma parole d'honneur! disent Ma parole d'onze heures, pour ôter le serment donné à faux.]

[198: Allusion malicieuse à ceux qui, en pareilles circonstances, étaient chargés de distribuer du blé aux indigents, et qui détournaient une partie de l'argent destiné à ce secours.]

[199: L'arbre de Minerve et d'Athènes.—On peut rapprocher de ces vers si frais un passage d'une lettre de Luther au comte Palatin sur les Oiseaux des bois: «Ils tiennent leur séance en plein soleil, l'arche du ciel pour voûte, les gais feuillages pour draperies, libres et maîtres… Ils viennent déclarer la guerre à toutes les graines et semences, au blé, au seigle, aux meilleurs fruits.»—Voir l'intéressante et piquante étude de M. Philarète Chasles, intitulée: Luther dans son ménage.]

[200: Sophiste, disciple de Protagoras, et célèbre comme lui. Voir ci-dessus l'analyse des Nuées.]

[201:
Premiers-nés de l'Amour, ils ont gardé ses ailes,
Et restent à jamais ses compagnons fidèles.

A. Baron, analyse des Oiseaux, en prose mêlée de vers.]

[202: Les Grecs ne naviguaient pas, ordinairement, pendant l'hiver.]

[203: Un voleur de ce temps-là.]

[204: «Chaque animal exerce, pour subsister, une industrie spéciale; mais souvent il y joint, pour ses moments de loisir, quelque art ou quelque étude philosophique dont les résultats ne sont pas pour lui sans utilité pratique. Les oiseaux ont certainement pour étude les phénomènes atmosphériques; mais ils sont, en outre, d'excellents géographes. Des siècles avant Magellan, ils pratiquaient, ainsi que certains poissons, le voyage autour du monde. Ils ont parmi eux des géomètres et des arithméticiens: on a constaté que la pie, je crois, sait compter jusqu'à six, et pas au delà. Est-il, même en Allemagne, un plus profond philosophe que le héron? Ne semble-t-il pas qu'il y ait en lui du mystique et de l'ascète? et, par son immobilité recueillie, ne rappelle-t-il pas le vœu étrange de Siméon le Stylite?» Eugène Noel, la Campagne.]

[205: Villemain, Essai sur la Poésie lyrique.]

[206: Vers destinés à être chantés par les jeunes filles.]

[207: A. Baron, analyse des Oiseaux.]

[208: Eugène Fallex, scènes d'Aristophane traduites en vers français.]

[209: Satrape persan.—Allusion à certains orateurs qui recevaient l'or de l'étranger pour défendre à la tribune les intérêts des ennemis de la patrie. Ainsi, Aristophane fait coup double, stigmatisant dans un même personnage, le fonctionnaire prévaricateur et l'orateur vendu.]

[210: Voir le beau livre de Michelet sur l'Oiseau, «bienfaisant creuset de flamme vivante, où la Nature fait passer tout ce qui corromprait la vie supérieure.»]

[211: Cette plaisanterie donne à entendre que cette fameuse muraille est aussi chimérique que les richesses dont se vantaient Théagène et Proxénide, deux Gascons d'Athènes, dont le premier a déjà été touché précédemment dans cette même comédie.]

[212: Voir, sur les sycophantes, la note 11.]

[213: «Dans les situations politiques les plus graves, il y a toujours des idiots comme le Triballe, des gens sensés, mais faibles et débordés par leur faute, comme Neptune, et surtout des pourfendeurs qui «ne parlent que d'échiner,» et qui sont les premiers à se vendre et à vous livrer avec eux, comme Hercule.» Eug. Fallex.]

[214: A. Baron, analyse des Oiseaux.]

[215: Otfried Müller, Hist. de la Litt. gr., trad. K. Hillebrand.]

[216: Voir Edgard Quinet, Marnix de Sainte-Aldegonde, p. 163.]

[217: Livre inspiré peut-être en partie par le curieux chapitre de Ch. Fourier sur l'Analogie. Voir l'Appendice.]

[218: Voir dans ce livre de l'Allemagne, t. I, p., 16, la légende chrétienne du Rossignol de Bâle, et, t. II, p. 87 à 92, une histoire dont les personnages sont le passereau, la pie et le hibou.]

[219: Voir le recueil publié sous ce titre par M. de Marcellus.]

[220: Ernest Renan, Étude sur François d'Assise.—À l'inverse de cette pensée, voir dans notre appendice, un joli plaidoyer de Léon Duval, sur le testament d'un ornithophile.]

[221: On comptait, dans la longue carrière d'Aristophane, une cinquantaine de pièces; pas même la moitié de celles de Sophocle. Dindorf en considère quarante-quatre comme authentiques; Bergk, quarante-trois seulement.]

[222: Sorte de petit autel qui s'élevait à l'endroit où se dresse chez nous le toit du souffleur.]

[223: παραβασις, de [Grec: παραβαινω, passer le long de…]

[224: Primitivement, à Bacchus.]

[225: On trouve de ces sorties dans les Acharnéens, vers 1143 à 1174; dans les Guêpes, vers 1265 à 1291; dans les Oiseaux, vers 1470 à 1493, 1555 à 1565, 1694 à 1705. Il ne faut pas se donner la peine de chercher un rapport entre ces vers et le reste de la pièce. Dans le fait, il n'en existe point. La moindre réminiscence passagère suffit pour motiver de telles sorties.]

[226: Dans la Paix, par exemple, et les Grenouilles, où la première moitié de la parabase est fondue avec la parodos et la chanson d'Iacchos. Ce dieu étant déjà chanté dans ce premier morceau des Grenouilles, les strophes lyriques du second morceau (vers 675 et suivants) ne contiennent plus d'évocations de divinités, ni rien d'analogue, et sont remplies, par contre, de plaisanteries à l'adresse de Cléophon et de Climène, les démagogues. Nous trouvons la même déviation de la règle, et motivée par la même raison, dans la seconde parabase des Chevaliers.]

[227: Comme dans les Chevaliers.]

[228: Dans les Femmes à l'Assemblée et le Plutus, la parabase manque, pour des raisons que nous avons indiquées plus haut.]

[229: Nuées, vers 587 et suivants.]

[230: Si Plutarque, ajoute Otfried Müller en note,—si Plutarque, dans sa comparaison d'Aristophane et de Ménandre, qui nous a été conservée en extrait, porte un jugement diamétralement opposé, cela prouve seulement combien les anciens de la décadence oubliaient le fond pour la forme.]

[231: Et, de nos jours, à l'Odéon, n'a-t-on pas vu jouer deux actes de Zaïre, entre le second et le troisième acte de Tartuffe, en attendant que l'acteur qui devait jouer Tartuffe fût arrivé; puis reprendre Tartuffe, puis achever Zaïre, sans que le public soufflât mot?]

[232: Allusion à quelques-unes des pièces de Magnès: les Joueuses de flûte, les Oiseaux, les Lydiens, les Moucherons, les Grenouilles. On reconnaît là deux des titres et des cadres sur lesquels Aristophane travailla après Magnès.]

[233: Poëte vainqueur aux jeux Olympiques, et réduit, dans sa vieillesse, à la plus extrême misère.]

[234: Aux grandes Panathénées, qui se célébraient tous les quatre ans, on portait en pompe à l'Acropole un péplos, ou voile, sur lequel étaient brodées différentes scènes mythologiques qui se rapportaient à Minerve, les exploits qu'elle avait accomplis contre les Géants, sa lutte contre Neptune au sujet du nom qui devait être donné à Athènes, etc. On avait pris l'habitude d'y représenter aussi les exploits des guerres médiques, etc.]

[235: Deux actrices du Théâtre-Français étaient en rivalité et avaient chacune leurs partisans. C'était dans le moment où une guerre maritime venait de commencer entre la France et l'Angleterre. On publia un prétendu Supplément à la Gazette de France, donnant l'État des deux escadres, rouge et blanche (représentant les deux partis qui divisaient la comédie). On y lisait des détails comme ceux-ci:

ESCADRE ROUGE.

Capitaines: Vaisseaux, canons: Notes:

Mlle Sainval, l'aînée, Le Talent, 129, a Monté par M. le duc amiral. une superbe batterie. de…

Mlle Fanier. Le Prétendant, 64. Monté par M. le Vaisseau qui a besoin comte de… d'un fréquent calfatage.

Etc. Etc. Etc.

ESCADRE BLANCHE.

Mlle Bellecourt. Le Profond, 50. Monté par M. le Pesant voilier, ne prince de… pouvant plus armer en guerre.

FRÉGATES.

Mlle Luzy. La Coquette, 32, Montée par M. le supérieure sous la chevalier de… voile.

Telle autre «louvoie à merveille;» telle autre est un «bâtiment mou;» telle autre, un «bâtiment plat, mais solide;» telle autre «a plus d'apparence que de solidité;» etc.—Les noms de la troisième colonne, indiquant par qui chaque bâtiment est monté, sont en toutes lettres dans la pièce originale, dont il courut plusieurs copies.

Cette pièce est comme le développement à grand orchestre de la plaisanterie jetée ici, en passant, par Aristophane, mais qui revient, du reste, assez souvent dans ses comédies.]

[236: Fils, l'un et l'autre, de Jupiter.]

[237: C'était pendant la nuit que l'on conduisait la fiancée à la maison nuptiale.]

[238: Les deux détails qui viennent ensuite sont intraduisibles en français: Lamiæ coleos illotos, et culum cameli.

Le latin dans les mots brave l'honnêteté,
Mais le lecteur français veut être respecté.
]

[239: Comme qui dirait, chez nous, colonel et général.]

[240: Les Sthénies se célébraient en l'honneur de Minerve déesse de la force σθενος; les femmes s'y attaquaient entre elles par de violentes railleries, comme jadis les poissardes dans notre carnaval.—Pendant les Scires ([Grec: schiron], dais), on portait en pompe les statues de Minerve, de Cérès, de Proserpine, du Soleil et de Neptune, surmontées de pavillons ou dais. Nil sub sole novum!]

[241: Allusion à Alcibiade, qui avait, dit-on, obtenu de Cyrus le Jeune, satrape d'Asie Mineure, un subside pour la flotte lacédémonienne.]

[242: Allusion au poëte dithyrambique Cinésias, auquel on imputait un méfait de cette sorte.]

[243: Ce général, qu'il ne faut pas confondre avec les poëtes du même nom, avait beaucoup contribué à l'établissement du gouvernement oligarchique des Quatre-Cents,—412 ans avant notre ère.—les Grenouilles furent données l'an 406.]

[244: Les Platéens avaient le titre de citoyens d'Athènes depuis la bataille de Marathon, à laquelle ils avaient pris part honorablement.]

[245: À la bataille des Arginuses. Les esclaves qui y avaient combattu avaient été affranchis.]

[246: Remarquons, toutefois, que ce passage des Nuées qui n'est pas en vers anapestes, n'est pas non plus en vers ïambiques ni trochaïques; il est, si l'on peut ainsi dire, en vers ioniques irréguliers. Il est donc toujours dans un mètre différent de celui qui est employé dans le courant de la pièce.]

[247: Mesnard.]

[248: Voir mon petit livre des Courtisanes grecques. Paris, Hetzel.]

[249: Egger, Mémoires de littér. ancienne.]

[250: République, p. 496.]

[251: Ernest Havet, Introduction au discours d'Isocrate Sur l'Antidosis.]

[252: Hist. de la Grèce, trad. par A. L. de Sadous, tome XII]

[253: G. Grote, Hist. de la Grèce, trad. par A. L. de Sadous, tome IX.]

[254: G. Grote, Hist. de la Grèce, trad. par A. L. de Sadous, tome VIII.]

[255: Un volume de la Bibliothèque grecque éditée par Firmin Didot contient ces précieux débris. Ce n'est pas l'un des moins intéressants de cette belle collection.]

[256: Qu'il ne faut pas confondre avec le vieux poëte tragique Phrynichos, nommé plus haut.]

[257: Patin, Tragiques grecs, tome I.]

[258: Rapprochez les écoles des prophètes chez les Hébreux, celles des bardes, des druides et des scaldes chez les peuples du Nord; enfin et surtout, dans le monde moderne, les écoles et familles des peintres italiens.]

[259: Nom donné par Aristophane à Euripide, qui était loin de le mériter comme tous ceux dont nous parlons.]

[260: Plutarque, Vie de Lucullus, 29.]

[261: Plutarque, Vie de Lucullus, 29.]

[262: Tel est le sens du texte grec de ce passage de Plutarque, Vie de Crassus, qu'Amyot n'a pas compris, et les derniers traducteurs pas davantage.]

[263: Ch. Magnin. Origines du théâtre moderne.]

[264: Comme saint Grégoire de Nazianze est le seul père qui porte un titre par lequel on distingue l'évangéliste saint Jean, c'est peut-être une des raisons qui lui ont fait attribuer cet ouvrage.]

[265: Je crois qu'après le vers 1796, malgré ce vers et le précédent, qui ont pu induire en erreur, c'est toujours Joseph qui parle, et non pas la Mère de Dieu. Celle-ci est dans la maison, comme on le voit bientôt après. C'est donc à tort, je pense, qu'on lui fait dire les vers 1797, 1798, 1799.]

[266: Nous avons mis l'esprit de l'agneau au lieu de l'esprit de douceur, pour rendre le jeu de mots entre Αυκοψρονος et [Grec: υλυκοψρονος, qui sans cela est intraduisible en français.]

End of Project Gutenberg's Etudes sur Aristophane, by Emile Deschanel