X
Vers la fin de la semaine, une de ses amies, qui lui rendait visite, lui apprit le départ du brillant chef d’escadron. Elle n’en éprouva ni chagrin, ni regret.
C’est qu’elle avait réfléchi. C’est qu’ayant épelé une à une toutes les lettres de ce mot terrible: Adultère! elle avait eu peur.
C’est qu’elle s’était dit que toujours et quand même, le rêve est supérieur à la réalité; c’est qu’elle avait compris qu’il n’est d’idoles éternellement adorées que les idoles de l’imagination, dont la dorure ne reste pas aux doigts. Il pouvait partir, ce soldat à peine entrevu, elle gardait dans son esprit son radieux souvenir.
Mais tout en se jurant de rester fidèle à Me Dubocage, la belle Aurélie se promettait bien de l’assouplir à ses caprices, de le façonner selon ce qui lui semblait l’idéal. Sûre de son empire absolu, elle se dit qu’il serait pour elle quelque chose comme ces pauvres modèles que les peintres couvrent des plus riches draperies et qui, tour à tour, selon la fantaisie du maître, peuvent être des héros, des guerriers ou des rois.
C’est vers ce temps, qu’à la grande stupeur de tout Saumur, le grave Dubocage coupa ses favoris et laissa pousser ses moustaches, il se montra au cercle avec de grandes bottes à l’écuyère, ornées de formidables éperons.
Et à ceux que surprenait sa tournure militaire, il répondait: