LES ESPIONNES A PARIS
Cᵀ EMILE MASSARD
LES
ESPIONNES
A P A R I S
LA VÉRITÉ SUR MATA-HARI.—MARGUERITE
FRANCILLARD.—LA FEMME DU CIMETIÈRE.
—LES MARRAINES.—UNE GRANDE VEDETTE
PARISIENNE. — LA MORT DE MARUSSIA.
A L B I N M I C H E L, E D I T E U R
PARIS—22, RUE HUYGHENS, 22—PARIS
| [TABLE DES MATIÈRES] |
DU MÊME AUTEUR
Pour paraître prochainement:
LES ESPIONS A PARIS
1914-1918
LA TERREUR: LE COMPLOT DES INVALIDES
LA MAITRESSE JALOUSE
DUVAL ET LE «BONNET ROUGE»
L’ESPION TYPE
L’AFFAIRE HANS WRAM.—LES PROTECTEURS MYSTÉRIEUX
UNE FAMILLE D’ESPIONS.—LE HOLLANDAIS FÊTARD
LE CAPITAINE ESTÈVE
DERNIERS MOMENTS DE BOLO PACHA
UN COUP DE THÉATRE.—LE LOUP DANS LA BERGERIE
LES PETITES ANNONCES
LA CRYPTOGRAPHIE ET LA T. S. F.
LE FILS DE L’EMPEREUR MAXIMILIEN
LE SERVICE CHIMIQUE.—LE CONTROLE POSTAL
L’AFFAIRE SWINA-SWOBODA
UNE HISTOIRE TRAGIQUE.—L’ADJUDANT MYSTÉRIEUX
RUSES DE GUERRE
LE CONTRE-ESPIONNAGE A PARIS ET A LONDRES
LA JUSTICE MILITAIRE
LA PREMIÈRE EXÉCUTION DE LENOIR
Droits de traduction et reproduction réservés pour tous pays.
Copyright 1922 by Albin Michel.
AU LECTEUR
Méfiez-vous,
Taisez-vous,
Les oreilles ennemies vous écoutent.
Ce livre n’est pas un roman, c’est un document.
Je l’ai écrit avec mes souvenirs, uniquement avec ce que j’ai vu et entendu. Je n’ai pas pu tout dire, car la défense nationale a encore, aura longtemps peut-être, des secrets.
Mais j’ai pensé qu’on peut dévoiler assez de vérité pour, d’abord détruire les légendes qui se greffent trop vite sur les faits, ensuite renseigner les mobilisés de l’avant sur ce qui s’est passé exactement à l’arrière, enfin mettre les Parisiens au courant des périls auxquels ils ont été exposés et qu’ils n’ont jamais soupçonnés.
Je n’ai appartenu ni aux services des Deuxièmes Bureaux, ni à ceux de la justice militaire: je n’ai donc commis aucune indiscrétion. J’ai révélé des faits que tout le monde a pu connaître, et dont la connaissance est utile à tous les Français.
Il est bon, en effet, qu’on sache: que les espions et les traîtres ont été châtiés par des juges impitoyables, que nos agents ont rivalisé de ruse et d’audace, que les officiers du contre-espionnage ont accompli des prodiges, et que la France a partout été bien servie.
Et il est bon aussi qu’on se rappelle que le courage sans l’adresse, la force sans la vigilance ne servent à rien. Pour se battre il ne faut pas seulement des muscles, il faut des yeux. Voir c’est savoir, et savoir c’est pouvoir.
Maintenant, dans ces pages, qui ont reçu tout d’abord l’hospitalité de la Liberté, on a cru voir un manque de sensibilité.
Quelques-uns m’ont reproché d’avoir parlé sans pitié de ces hommes et de ces femmes qui allaient mourir. Je leur ai répondu:
Quand on est menacé par un serpent on l’écrase. Quand on peut se retourner contre des assassins, qui tentent de vous poignarder dans le dos, on les tue sans gémir sur leur sort.
On peut hésiter à abattre un être vivant qui vous combat face à face, ou qui n’est qu’une brute inconsciente, à immoler un soldat qui obéit et lutte à armes égales et loyales; on ne s’émeut pas devant le châtiment infligé à des misérables qui, par cupidité ou par haine, ont employé la ressource des lâches pour faire massacrer d’innocentes victimes.
Ils tombaient, eux, en lançant un dernier défi à la France pantelante. Nous, nous leur rendions les honneurs.
De la sensibilité, oui et toujours. De la sensiblerie, jamais!
Cᵗ Emile MASSARD,
Officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre,
Médaillé de 1870, ancien Commandant du
Quartier Général des Armées de Paris.