I. Ouvrages en prose ou en vers publiés séparément de son vivant ou après sa mort.

140. Meslanges || poetiques || Du mesme. || A Paris, || Chez François Targa, au premier pilier de la grand'Salle du Palais, || au Soleil d'Or. || M.DC.XXXII [1632]. || Auec Priuilege du Roy. In-8.

Nous citons ici pour mémoire ce petit recueil dont nous avons déjà donné une description (voy. ci-dessus, no [2]). En le joignant à Clitandre, sur les instances de son libraire, Corneille suivait l'exemple de plusieurs auteurs de son temps. Nous mentionnerons plus loin deux pièces de Scudéry: Ligdamon et Lidias et le Trompeur puny (nos 180-182), et une pièce de La Pinelière, Hippolyte (no 185), qui sont suivies toutes trois de poésies diverses.

141. Excvse a Ariste. S. l. n. d. [Paris, 1637], in-4 de 2 ff. non chiffr. de 28 lignes à la page pleine, caract. ital.

Ce petit poëme, qui fut en partie cause de la querelle du Cid, est trop connu pour que nous ayons à en parler ici. Il nous suffira de renvoyer aux savantes recherches de Marty-Laveux, t. IIIe, pp. 29-31; t. Xe, pp. 74-78.

L'édition in-4 que nous décrivons n'a pas été citée jusqu'ici. Nous en avons trouvé un exemplaire à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (4) Rés.). Cet exemplaire est couvert d'annotations manuscrites qui nous ont paru curieuses; malheureusement la marge qui les contient a été à moitié coupée par le relieur, et nous n'osons pas tenter un travail de restitution que nous recommandons à des personnes plus familiarisées que nous avec la paléographie du XVIIe siècle.

[142]. Excvse a Ariste. S. l. n. d. [Paris, 1637 ], in-8 de 4 pp. de 34 lignes, sign. A, caract. ital.

Le titre de cette pièce n'occupe qu'une ligne, au-dessous de laquelle commence le poëme, sans qu'on ait réservé aucun blanc. La 1re page contient trente et un vers; la page 4 en compte cinq, au-dessous desquels se trouve le rondeau: Qu'il fasse mieux, ce jeune jouvencel, puis ce vers: Omnibus invideas, livide, nemo tibi.

Bibliothèque nationale (Y. 5665 Rés.—2 exempl.).—Bibliothèque de l'Arsenal (B. L. 9809).

M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 74) indique une autre édition de l'Excuse à Ariste, dans le format in-8, qui, dit-il, se trouve à la Bibliothèque nationale, à côté de la précédente. La réimpression que le savant éditeur a prise pour une édition séparée appartient, en réalité, à la seconde édition des Observations sur le Cid (voy. notre chapitre XIXe p. [338]), et c'est par erreur qu'elle en a été séparée dans un des recueils de la Bibliothèque nationale. Elle ne compte que 3 ff., et le 4e f., qui doit compléter le cahier, est précisément le titre du volume: Observations sur le Cid, etc.

Cette réimpression, en tête de laquelle se trouve un fleuron à tête de lion, est fort peu correcte. On y lit, au vers 15: laisse au lieu de leurre, et au vers 35: m'ait au lieu de met, etc.

L'Excuse à Ariste ne fut pas oubliée aussi vite que la querelle du Cid; elle fut reproduite, en 1671, par la Fontaine, dans son Recueil de Poësies chrestiennes et diverses, dédié à Mgr le prince de Conty.

143. Rondeau.

Qu'il fasse mieux, ce ieune iouuencel,

A qui le Cid donne tant de martel,

Que d'entasser iniure sur iniure,

Rimer de rage une lourde imposture,

Et se cacher ainsi qu'un criminel, etc.

Ce rondeau, dont on trouvera le texte dans l'Histoire de Corneille, de M. Taschereau, 2e édit., p. 64, et dans les Œuvres de Corneille, éd. Marty-Laveaux, t. Xe, p. 79, parut d'abord imprimé sur un simple feuillet in-4. Nous en avons vu des exemplaires à la Bibliothèque de l'Arsenal (B. L. 9809) et à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (5), in-4, Rés.).

144. Lettre || apologitiqve || dv Sr Corneille. || conten̄at sa responce aux Observations fai- || ctes par le Sr Scuderi || sur le Cid. || M.DC.XXXVII [1637]. S. l., in-8 de 14 pp. (y compris le titre) et 1 f. blanc, signé à la fin Corneille.

«Monsieur, dit Corneille au commencement de cette lettre, il ne vous suffit pas que vostre Libelle me deschire en public. Voz lettres me viennent quereller jusques dans mon Cabinet, et vous m'envoyez d'injustes accusations lorsque (sic) me devez pour le moins des excuses. Je n'ay point fait la piece qui vous picque, je l'ay receue de Paris avec une lettre qui m'a appris le nom de son Autheur; Il l'adresse à un de nos amis qui vous en pourra donner plus de lumiere. Pour moy, bien que je n'aye guere de jugement, si l'on s'en rapporte à vous. Je n'en ay pas si peu que d'offencer une personne de si haute condition, dont je n'ay pas l'honneur d'estre cogneu, et de craindre moins ses ressentimens que les vostres.»

Bibliothèque nationale (Y. 5668 Rés.).—Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 2538 (2) Rés.).—Arsenal (9809).—Bibliothèque Mazarine (20220).

145. Lettre || apologetiqve || dv S r Corneille, || contenant sa Response aux || Observations faites par le || Sr Scudery sur le Cid. || M.DC.XXXVII [1637]. S. l., in-8 de 8 pp.

Cette édition, qui paraît être la seconde, se termine par une imitation en vers d'une épigramme de Martial, qu'on retrouve dans la Lettre pour Monsieur de Corneille contre les mots de la Lettre sous le nom d'Ariste: Je fis donc résolution de guérir ces idolatres.—Bibliothèque nationale (Y + 5665 (7) et Y + 5668. A. Rés.).—Bibliothèque de l'Université.

146. Remerciment || a || Monseigneur || Monseigneur l'Eminentissime || Cardinal Mazarin. || A Paris, || Chez || Antoine de Sommauille, en la Salle || des Merciers à l'Escu de France. || au Palais. || & || Augustin Courbé, Imprimeur & Libraire || de Monseigneur le Duc d'Orléans, dans la mesme Salle à la Palme. || M.DC.XXXXIII [1643]. In-4 de 4 ff. non chiffr. de 25 lignes à la page pleine, sign. ã, caractères ital.

Ce Remercîment, intercalé la même année dans l'édition originale de la Mort de Pompée (no 32), compte quatre-vingts vers et commence ainsi:

Non, tu n'es point ingrate, ô Maistresse du monde,

Qui de ce grand pouvoir sur la terre, et sur l'onde

Malgré l'effort des temps retiens sur nos Autels

Le Souverain Empire, et des droits immortels.

Si de tes vieux Heros j'anime la memoire,

Tu releves mon nom sur l'aisle de leur gloire,

Et ton noble Genie en mes vers mal tracé

Par ton nouveau Heros m'en a recompensé...

Il est signé à la fin, en gros caractères: Corneille.

Le Remercîment parut isolément, mais il fut suivi à court intervalle de la traduction latine d'Abr. Remius, dont voici le titre:

Gratiarvm Actio || Eminentissimo Cardinali || Iulio Mazarino, || ex Gallico Poëmate || Cornelij. Absque nota, in-4 de 2 ff. paginés, de 24 lignes à la page pleine, sign. A., caract. ital.

Cette pièce n'a qu'un simple titre de départ. Nous en avons trouvé un exemplaire relié à la suite du Remercîment, dans le précieux recueil conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 in-4, Rés.). Elle se retrouve dans le recueil intitulé: Abrahami Remmii Poemata; Parisiis, 1644, in-12.

147. Svr le depart de Madame la Marqvise de B. A. C.

Granet (Œuvres diverses de Corneille; Paris, 1738, in-12, p. 194) nous apprend que les vers composés par Corneille Sur le départ de Madame la Marquise, autrement dit de Mlle du Parc, parurent d'abord «en feuille volante in-4, mais sans date d'année». Nous n'avons pas retrouvé cette édition que d'autres bibliographes auront peut-être la chance de rencontrer. La même pièce figure dans le recueil dit de Sercy (no 207); elle se trouve aussi dans un Petit Recueil de Poësies choisies publié, en 1660, sous la rubrique d'Amsterdam (no 210). M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 141) en cite une copie manuscrite conservée à la Bibliothèque de l'Institut, dans un des portefeuilles de la collection Godefroy.

148. Remerciment || Av Roy. || A Paris, || M.DC.LXIII [1663]. In-4 de 7 pp.

Sur les rapports de Chapelain et de Costar, Louis XIV pensionna soixante-douze écrivains français ou étrangers, à partir du 1er janvier 1663. Corneille, compris dans ces libéralités, adressa au roi un Remercîment qui commence ainsi:

Ainsi du Dieu vivant la bonté surprenante

Verse quand il luy plaist sa grace prévenante,

Ainsi du haut des Cieux il aime à départir

Des biens dont nostre espoir n'osoit nous advertir...

Les autres écrivains qui avaient eu part aux faveurs royales durent adresser de même à Louis XIV leurs remercîments dans une forme solennelle. Ils ne furent pas tout à fait libres de conserver leur reconnaissance dans leur for intérieur. C'est ce que nous apprend une curieuse lettre de Huet à Ménage, dont l'original appartient à M. le baron James de Rothschild. Nous en citerons un passage qui permet de fixer approximativement la date des vers de Corneille.

«A Rouen, le 17. Aoust 1663.

«Je suivray vostre exemple en ce qui regarde Mr. Colbert, et plust à Dieu le pouvoir suivre aussi en ce qui est des vers de remerciement au Roy. Je le feroi du meilleur de mon cœur, tant parce que je suis presentement en des estudes tout à fait opposées à la versification, que par ce que je suis fort occupé à disposer mon livre [Origenis Commentaria in Sacram Scripturam; Rothomagi, 1668, 2 vol. in-fol.] pour le donner à l'Imprimeur, et qu'il y a quelque sorte de honte de faire des vers pour de l'argent, comme vous me le dittes avec raison. Mais si le Roy en desire, et que Mr. Colbert s'en soit expliqué, comme vous me l'apprenez, et comme le P. Rapin me le confirme, adjoustant mesme que ceux qui y manqueront, seront remarquez; la honte et la bassesse qui peut estre en cela n'est elle pas couverte et effacée par ce commandement? Je ne vois donc pas de moyen de m'en dispenser, et si vous m'en voulez croire vous n'y manquerez pas non plus. Vous voyez que tout le monde le fait; cette singularité que vous aurez affectée, sera sans doute condamnée. Il fait bon suivre le torrent, et in neutram partem conspici. Dans le dessein où je suis contre mon gré de deployer ma chalemie je vous supplie tres humblement de m'envoyer le plustost que vous pourrez, les remerciemens de Mrs. de Valois [Soteria pro Ludovico Magno; Parisiis, 1663, in-4; Oratio de laudibus Ludovici Adeodati regis; Parisiis, 1663, in-4] et de Mrs. Corneille [le Remercîment de Th. Corneille n'est cité nulle part], car je n'ay pas appris que d'autres en ayent encore fait outre ces Mrs. et Mrq. Chapelain [Ode pour le Roy; Paris, 1663, in-4o] et du Perier [ce Remercîment est resté inconnu] dont j'ay veu les pieces, et celle du P. Rapin (Regi Ludovico XIV. Pacifer Delphinus; Carmen heroicum; Parisiis, 1662, in-fol.).»

Nous ne connaissons de l'édition originale du Remercîment au Roy qu'un seul exemplaire qui appartient à M. le baron de Ruble.

149. A Monseignevr || le Dvc de Gvise, || Sur la Mort de Monseigneur son Oncle. || Sonnet. S. l. n. d. [Paris, 1664], placard in-fol., imprimé d'un seul côté.

En tête, un fleuron; puis viennent les quatre lignes de titre, immédiatement suivies du sonnet, lequel est imprimé en gros caractères et porte en bas la signature: Corneille. Nous transcrivons les quatre premiers vers:

Croissez, jeune Heros, nostre douleur profonde

N'a que ce doux espoir qui la puisse affoiblir;

Croissez, et hastez-vous de faire voir au Monde

Que le plus noble sang peut encor s'ennoblir.

Le duc de Guise, dont il est ici question, est Louis-Joseph, fils unique de Louis de Lorraine, duc de Joyeuse et d'Angoulême, lequel hérita, en 1664, du titre de son oncle, Henri II, duc de Guise. M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 182 sq.) cite avec beaucoup d'à-propos un passage d'une lettre de Mézerai, publiée par M. Edouard Guardet (Revue française, Ve année, t. XVIIe, 1859, pp. 568 sq.), lettre datée du 10e de juillet de 1664, et dans laquelle il est parlé du sonnet de Corneille.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

150. Av Roy || svr son retovr || de Flandre.—[A la fin:] Corneille. || Avec Permission. 1667. S. l. [Paris], in-4 de 4 pp. chiffr. de 30 lignes, caract. ital.

Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque Cousin, n'a qu'un simple titre de départ précédé d'un fleuron. Elle se compose de 94 vers et commence ainsi:

Tu reviens, ô mon Roy, tout couvert de lauriers,

Les palmes à la main tu nous rends nos guerriers,

Et tes peuples surpris et charmés de leur gloire

Meslent un peu d'envie à leurs chants de victoire.

Louis XIV revint à Paris, à la fin du mois d'août 1667.

151. Poeme || svr les || Victoires || dv Roy || Traduit de Latin || en François || Par P. Corneille. || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire || juré, au Palais, en la Salle des Merciers, sous la || montée de la Cour des Aydes, || à la Iustice; [ou Chez Thomas Iolly, au Palais, en la Salle || des Merciers, à la Palme, & aux Armes d'Hollande; ou Chez Loüys Billaine, au second Pilier de la grand'Sale du Palais, à la Palme & au grand César]. || M.DG.LXVII [1667]. || Avec Privilege du Roy. In-8. de 38 pp. (y compris le titre), et 1 f. pour l'Extrait du Privilége.

La page 3 contient un avis Au Lecteur. Le Poëme sur les Victoires du Roy occupe les pp. 4 à 29. Le texte latin signé du P. Charles de la Rue, jésuite, est imprimé en regard du texte français, sous le titre de Regis Epinicion. La p. 30 est remplie par une épigramme latine de M. de Montmor, «premier maistre des requestes de l'Hostel du Roy,» en quatre vers latins, suivie de quatre traductions ou imitations de Corneille, chacune en quatre vers. Viennent ensuite les pièces suivantes également de Corneille: Au Roy sur son retour de Flandre, pp. 31-35, et Remercîment presenté au Roy, en l'année 1663, pp. 35-38.

Le privilége, daté du 28 novembre 1667, est accordé pour sept ans à Guillaume de Luynes (sic), qui déclare y associer les sieurs Jolly et Billaine. L'achevé d'imprimer est du 15 décembre 1667. Voy. l'éd. Marty-Laveaux, t. Xe, p. 192.

152. De Victoriis Regis Christianissimi Ludovici XIV. Poema a Clarissimo viro Petro Corneille versibus Gallicis redditum. Parisiis, Apud Sebastianum Mabre-Cramoisy, 1667, in-8.

[153]. Av Roy || svr la Conqveste || de la Franche-Comté. S. l. n. d. [Paris, 1668], in-4 de 2 ff.

Cette pièce, qui n'est qu'un simple sonnet, est imprimée au verso du 1er feuillet, et la traduction en 18 vers latins lui fait face sur le recto du 2e f. Le sonnet qui commence par ces deux vers:

Quelle rapidité de conqueste en conqueste

En depit des hyvers guide tes étendars?

est signé P. Corneille. Les vers latins imprimés en regard ne sont précédés d'aucun autre titre que du mot Idem; ils sont au nombre de 19 et sont signés: Santolivs Victorinvs.

Le recto du 1er feuillet et le verso du 2e sont blancs.

Nous avons vu cette pièce à la Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

154. Av Roy || svr sa Conqveste || de la Franche-Comté.—[A la fin:] A Rouën. De l'Imp. de L. Maurry, 1668. In-8 de 8 pp., sign. A.

Cette édition, qu'il ne faut pas confondre avec la précédente, n'a pas de feuillet de titre, mais un simple titre de départ. Elle comprend:

1o Les stances:

Quelle rapidité de conqueste en conqueste

En dépit des Hyvers guide tes étendarts?

signées: P. Corneille.

2o Idem latine:

Quis te per medias hyemes, Rex Maxime, turbo,

Quis-ve triumphandi præscius ardor agit?...

10 distiques, signés: P. Corneille.

3o Idem, 20 vers hexamètres latins, signés: Car. de la Rue, Soc. Jesu.

4o Idem, 5 strophes latines de 4 vers, signées: I. Tourné Soc. Iesu.

5o Idem, 19 vers latins, signés: Santolius Victorinus (ce sont les mêmes que dans l'édition précédente).

6o Idem, 3 vers hexamètres latins, signés: Carolus Du Perier.

7o Idem alio Carmine, 5 strophes latines de 4 vers, signées: Carolus Du Perier.

8o Idem, 6 strophes latines de 4 vers, signées: Rob. Riguez Soc. Iesu.

9o In juctionem utriusque Maris Epigraphe, 13 vers hexamètres latins, signés: I. Parisot, in Senatu Tolosano causarum patronus.

10o Imitation:

La Garonne et l'Atax dans leurs grottes profondes

Soûpiroient de tout temps pour voir unir leurs ondes.

12 vers signés: P. Corneille.

Bien que l'édition précédente ne soit pas datée, il est certain que celle-ci doit être postérieure. La variété des pièces qui la composent en est la meilleure preuve.

155. Poeme || svr les || Victoires || dv Roy || Traduit de Latin || en François || Par P. Corneille. S. l. n. d. [Paris, vers 1670], in-12 de 34 pp. (y compris le titre), et 1 f. pour l'Extrait du Privilége.

Ce recueil, dont nous avons trouvé un exemplaire à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, n'a qu'un simple faux-titre, sans nom de lieu ni d'imprimeur. Il contient les pièces suivantes:

1o, p. 3: Au Lecteur;

2o, pp. 4-5: Regi. Epinicion [par le P. de la Rue];—Les Victoires du Roy en l'année 1667 [texte latin et traduction française en regard];

3o, p. 24: Traductions et Imitations de l'Epigramme Latine de Monsieur de Montmor premier Maistre des Requestes de l'Hostel du Roy [texte en deux distiques latins et quatre quatrains français traduits ou imités de l'original];

4o, p. 25: Au Roy sur son retour de Flandre;

5o, p. 28: Remercîment présenté au Roy en l'année 1663;

6o, p. 32: Au Roy sur sa Conqueste de la Franche-Comté;

7o, p. 33: Idem, latine. [Cette traduction est signée en toutes lettres: P. Corneille];

8o In junctionem utriusque Maris, Epigraphe [signée I. Parisot];

9o Imitation [signée P. Corneille].

L'Extrait du Privilége, qui occupe le recto du dernier feuillet, est le même que celui que nous avons décrit ci-dessus (no 152); il ne se rapporte qu'au Poëme sur les Victoires du Roy et se termine par un rappel de l'achevé d'imprimer du 15 décembre 1667, bien que le recueil contienne des pièces relatives à l'année 1668.

Il ne faut pas confondre ce recueil avec celui qui, d'après M. Taschereau, complète certains exemplaires du Théatre de Corneille, édition de 1668 A (no 110).

156. Deffence des Fables || dans la Poesie. || Imitation du latin || de M. de Santeüil. [A la fin:] P. Corneille. S. l. n. d. [Paris, vers 1670], in-4 de 4 pp., de 28 lignes, caract. ital.

Ce poëme n'a qu'un titre de départ, surmonté d'un large fleuron, au milieu duquel se voient les armes de France et de Navarre. Il compte 82 vers, dont voici les premiers:

Qu'on fait d'injure à l'Art de luy voler la Fable!

C'est interdire aux Vers ce qu'ils ont d'admirable,

Anéantir leur pompe, éteindre leur vigueur,

Et hazarder la Muse à secher de langueur.

Les vers de Jean-Baptiste Santeul, imités par Corneille, durent être composés en 1669. Ils furent publiés l'année suivante (Ad illustrissimum Virum P. Bellevræum, pro defensione Fabularum, Elegia; 1670, in-4 de 2 ff.) et réunis en 1729 aux œuvres du poëte latin. M. Marty-Laveaux les a réimprimés en même temps que ceux de Corneille (t. XIe, pp. 234-241).

157. La Thebaïde de Stace, traduite en Vers François. Paris, 1671?

Tous les bibliographes de Corneille se sont efforcés de retrouver cette traduction qui a dû être imprimée, mais les recherches entreprises jusqu'ici sont demeurées infructueuses. Il ne nous coûte pas d'avouer que nous n'avons pas été plus heureux que nos devanciers. En parlant de Tite et Bérénice (no 87), nous avons fait observer que Corneille avait obtenu un privilége valable à la fois pour cette pièce et pour la traduction de la Thébaïde. Ce privilége étant daté du 31 décembre 1670, l'impression de ce dernier ouvrage ne put avoir lieu qu'en 1671. Un fragment tout au moins en fut imprimé et communiqué à quelques amis, puisque Ménage en cite trois vers dans ses Observations sur la langue Françoise, publiées au commencement de l'année 1672. Il est probable, malgré ce témoignage, que l'ouvrage ne fut jamais mis en circulation et même ne fut jamais achevé. On ne peut expliquer autrement la disparition totale d'un livre aussi important. Si quelques exemplaires avaient été donnés au public, le fait aurait été assez connu, pour que le Mercure galant d'octobre 1684 ne parlât pas de la Thébaïde comme d'un poëme laissé par Corneille en portefeuille.

Voy. l'excellente note que M. Marty-Laveaux a consacrée à cette question (t. Xe, pp. 245 sq.).

158. Svr le Depart dv Roy.—Regi iter meditanti. S. l. n. d. [Paris, 1672], in-4 de 2 ff.

Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque nationale (Y n. p.), ne se compose que de 8 vers empruntés à la première scène du second acte de Tite et Bérénice. Santeul les fit réimprimer à part et y joignit une traduction latine en 6 vers.

L'édition forme un simple placard sur lequel le texte latin est placé en regard du texte français. Les deux morceaux ont été reproduits dans les diverses éditions des œuvres de Santeul.

159. Regi pro restituta apud Batavos Catholica Fide. [Parisiis, 1672], in-12 de 2 ff.

Corneille nous apparaît ici à la fois comme poëte latin et comme poëte français. Ses vers latins, au nombre de 24, sont suivis d'une traduction française en autant de vers, intitulée: Au Roy sur le rétablissement de la Foi Catholique et ses Conquestes de Hollande. Nous ne connaissons l'édition séparée que par une citation de Granet (Œuvres diverses de Corneille; Paris, 1738, in-12, p. 46), qui nous apprend que ces deux pièces furent imprimées in-12 en feuille volante. Elles ont été réimprimées dans un recueil qui sera décrit plus loin (no 224).

160. Les || Victoires || du Roy || sur les Estats de Hollande, || en l'année M.DC.LXXII. || Par P. Corneille. || A Paris, Chez || Guillaume de Luyne, au Palais, || et || Simon Benard, ruë Saint Jacques. || M.DC.LXXII [1672]. || Avec Permission. In-fol. de 19 pp., caract. ital.

Cette belle édition est ornée au titre d'un fleuron qui représente le Rhin et l'Escaut enchaînés, détournant leurs regards éblouis par le soleil. En tête de la p. 3 se trouve un grand fleuron de Fr. Chauveau représentant le passage du Rhin, fleuron que reproduit, croyons-nous, un tableau de Van der Meulen.

Le poëme, traduit de l'original latin du P. de la Rue, se compose de 444 vers, à la fin desquels se trouve répété le nom de P. Corneille. Il commence ainsi:

Les douceurs de la Paix, et la pleine abondance

Dont ses tranquilles soins comblent toute la France,

Suspendoient le couroux [sic] du plus grand de ses Rois,

Ce couroux seur de vaincre, et vainqueur tant de fois, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.)—Bibliothèque Mazarine (C. 274. A9).

Voici la description de l'édition latine du poëme qui correspond à celle-ci:

Lvdovico || Magno || post || Expeditionem || Batavicam. || Epinicivm. || Parisiis, || Apud || Guillelmun de Luynes, in Palatio. || Et || Simonem Benard, via Jacobæa, || M.DC.LXXII [1672]. || Cum Permissu. In-fol. de 12 pp., avec un grand fleuron sur le titre, un autre au-dessus du titre de départ et un petit fleuron à la fin (les mêmes que dans l'édition française donnée par Corneille). A la fin: C. de la Rue. S. I.

Bibliothèque Mazarine (C. 274. A9).

161. Les Victoires du Roy sur les Estats de Hollande, en l'année M.DC.LXXII. Par Pierre Corneille. A Paris, Chez Guillaume de Luynes, au Palais, et Simon Benard, ruë Saint Jacques. M.DC.LXXII [1672]. Avec Permission. In-8.

Édition citée par l'abbé Granet.

162. Les Victoires du Roy sur les Estats de Hollande en l'année M.DC.LXII. Par Pierre Corneille. Grenoble, 1673, in-12.

Catalogue L*** [Longuemare], 1853, no 780.

163. Av Roy || Svr sa liberalité envers || les Marchands de la Ville de Paris. || S. l. n. d. [Paris, 1674], in-fol. de 4 ff. de 26 lignes à la page, caract. ital.

Cette pièce, dont la Bibliothèque Mazarine possède un exemplaire (C. 274. A9. 77), n'a qu'un simple titre de départ, au-dessus duquel se trouve un grand fleuron de Chauveau, représentant Alexandre entouré de guerriers; un général s'avance en se prosternant devant le roi. A la fin se trouve la signature P. Corneillee (sic), au-dessous de laquelle on voit un grand fleuron aux armes de la ville de Paris.

Les Mémoires secrets de Bachaumont (t. Vo, pp. 62 sq.) nous font connaître les circonstances dans lesquelles fut composé ce poëme, qui n'est qu'une traduction de Santeul. Les vers de Corneille commencent ainsi:

Chantez, Peuple, chantez, la valeur libérale,

La bonté de Louis à son grand cœur égale...

Voici la description de l'édition latine faite pour accompagner celle-ci:

Regi || pro sva || erga Vrbis || Mercatores || amplioris ordinis || Mvnificentia. || Parisiis, || Typis Petri le Petit, Regii Typographi: || via Iacobæa, sub Cruce aurea. || M.DC.LXXIV [1674]. || Cum Permissu. In-fol. de 8 pp.

L'édition renferme trois grands fleurons placés sur le titre, au-dessus du titre de départ et à la fin. Les deux derniers sont signés de Chauveau. La pièce est signée: Santolius Victorinus.

Bibliothèque Mazarine (C. 274. A9, 11).

164. Regis || pro sva || erga Vrbis || Mercatores || Amplioris ordinis || Mvnificentia || Encomivm. || Parisiis, || Typis Petri le Petit, Regii Typographi: via || Iacobæa, sub Cruce aurea. || M.DC.LXXIV [1674]. || Cum Permissu. In-8 de 14 pp. et 1 f. blanc.

Les pp. 3-8 sont occupées par le poëme de Sauteul; les pp. 9-14 par la traduction de Corneille. Aucune des deux pièces n'est signée.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

Il existe sous le même titre et dans le même format une autre édition où les vers de Santeul sont accompagnés d'une traduction française de Du Perier. Ce poëte, plus connu par ses œuvres latines que par ses œuvres françaises, était grand ami de Santeul; il se vante dans sa traduction de l'avoir vue préférée par Santeul lui-même à celle de Corneille.

165. Poeme a la louange de Louis XIV, présenté par les Gardes des Marchands merciers de la ville de Paris. Paris, 1770, in-fol.

Ce recueil, imprimé avec grand luxe, contient les vers de Santeul et de Corneille, accompagnés d'une notice extraite des registres des délibérations du bureau de la mercerie.

166. Au Roy || sur son depart || pour l'armée en 1676. S. l. n. d. [Paris, 1676], in-4 de 4 pp. de 23 lignes, caract. ital.

Cette pièce n'a qu'un titre de départ surmonté d'un grand fleuron aux armes de France; un autre fleuron occupe le bas de la 4e page. Le poëme ne porte pas de signature; il commence ainsi:

Le Printemps a changé la face de la terre,

Il ramene avec luy la saison de la guerre.

Corneille s'est borné à paraphraser une pièce latine publiée sous le titre suivant:

Regi || ad exercitvm inevnte || vere proficiscenti || Ode.—[In fine:] Joannes Lucas Societatis Jesu.—Ex Officinâ Simonis Benard, viâ Jacobæâ. S. d. [1676], in-4 de 4 pp. de 24 lignes, avec un fleuron à la première page et à la dernière.

Bibliothèque nationale (Recueil Thoisy, matières historiques, t. Xe, in-fol.).

Le catalogue de M. de Bruyères-Chalabre (Paris, 1833, no 168) mentionne un exemplaire de ce poëme avec envoi autographe de Corneille à l'abbé de Camilly.

167. Vers presentez || au Roy || sur sa Campagne de 1676.—[A la fin:] A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Iuré; au Palais || dans la Salle des Merciers, sous la montée de la Cour || des Aydes à la Justice. || M.DC.LXXVI [1676].|| Avec Permission. In-4 de 2 ff. de 30 vers à la page pleine, sans chiffre, réclames ni signature, caract. ital.

La pièce n'a pas de feuillet de titre, mais un simple titre de départ. Le nom du libraire et la date se trouvent au bas de la p. 3.

Le poëme ne se compose que de 76 vers, dont voici les premiers:

Ennemis de mon Roy, Flandre, Espagne, Allemagne,

Qui croyiez que Bouchain deust finir sa Campagne,

Et n'avanciez vers luy que pour voir comme il faut

Régler l'ordre d'un Siege, ou livrer un assaut, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

168. Ode a Monsieur Pellisson. S. l. n. d. [Paris, vers 1676], in-4.

Cette pièce, traduite par Corneille d'une pièce latine dont on ignore l'auteur (Clarissimo Viro D. Pellissonio, Regi Christianissimo a secretioribus Consiliis, supplicum Libellorum Magistro), dut être composée vers 1676; elle a été reproduite pour la première fois par l'abbé Granet (Œuvres diverses de Corneille, pp. 220 sqq.).

Nous n'avons pu retrouver l'édition originale citée par Granet.

169. Sur les Victoires du Roy. En l'année 1677.—[A la fin:] A Paris, Chez Guillaume de Luyne, Libraire Juré, au Palais, dans la Salle des Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes à la Justice. Avec Permission. In-4 de 2 ff.

Cette pièce, reproduite dans le Mercure galant du mois de juillet 1677, compte 72 vers; elle commence ainsi:

Je vous l'avois bien dit, Ennemis de la France,

Que pour vous la victoire auroit peu de constance,

Et que de Philisbourg à vos armes rendu

Le pénible succès vous seroit cher vendu...

Elle n'a pas d'autre titre qu'un simple titre de départ et ne porte pas le nom de Corneille.

M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 322) dit que cette édition existe à la Bibliothèque de l'Arsenal: nous ne l'y avons pas retrouvée.

170. Sur les Victoires || du Roy || En l'Année 1677. S. l. n. d. [Paris, 1677], in-4 de 2 ff. de 26 lignes à la page, sans chiffre, réclame ni signature.

Cette édition n'a, comme la précédente, qu'un titre de départ.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

171. Av Roy. || Sur la Paix de 1678.—[A la fin:] De l'Imprimerie de Pierre le Petit. Impr. ord. du Roy & de l'Academie Françoise. In-fol. de 4 pp. chiffr. de 30 lignes.

Cette pièce n'a qu'un simple titre de départ surmonté d'un large fleuron représentant les armes royales.

Le poëme, qui n'est pas signé, compte 100 vers et commence ainsi:

Ce n'estoit pas assez, grand Roy, que la victoire

A te suivre en tous lieux mist sa plus haute gloire,

Il falloit pour fermer ces grands evenements,

Que la paix se tinst preste à tes commandements, etc.

Bibliothèque nationale (Y. Rés.).

172. Inscription pour l'Arcenal de Brest. S. l. n. d. [Paris, 1679]. 1 f. in-8.

Cette feuille volante contient la traduction, faite par Corneille, en huit vers, d'une des inscriptions que Santeul avait composées pour l'arsenal de Brest. Elle est signée P. Corneille.

Le poëte de Saint-Victor avait dû primitivement faire imprimer cinq des pièces qu'il écrivit sur ce sujet, bien que nous n'en connaissions pas d'édition antérieure à l'impression des vers de Corneille. Le placard, dont la Bibliothèque de l'Arsenal (B. L., no 7329 B. a) et la Bibliothèque de Caen possèdent un exemplaire, contient, en effet, avec les vers français, cinq pièces latines. Nous ignorons si ce placard doit se confondre avec le placard in-4 dont parle l'abbé Granet.

Santeul composa plus tard d'autres inscriptions sur le même sujet. Un recueil intitulé: Inscriptions faites pour l'Arcenal de Brest, et daté, en français, Du 6 Septembre 1679 (s. l., in-4 de 10 ff., à la Bibliothèque Mazarine), en contient huit, à la suite desquelles on trouve une longue Réponse à la critique des Inscriptions faites pour l'Arcenal de Brest. Dans les œuvres de Santeul, les inscriptions sont au nombre de neuf.

Un placard, formant 2 ff. in-4 imprimés d'un seul côté (Bibliothèque nationale, Y), contient, sous ce titre: Pour l'Arcenal de Brest, les neuf inscriptions de Santeuil, et une dixième pièce: Pour la Fontaine du même Port.

173. A || Monseignevr. || Svr son Mariage. S. l. n. d. [Paris, 1680], in-fol. de 4 pp. chiffr. de 34 lignes, caract. ital.

La pièce commence par un simple titre de départ, précédé d'un fleuron qui représente Apollon entouré des Muses; elle est signée à la fin des initiales: P. C.

Le poëme, composé de 124 vers, débute ainsi:

Prince, l'appuy des Lys, et l'amour de la France,

Toy, dont au berceau mesme elle admira l'enfance,

Et pour qui tous nos vœux s'efforçoient d'obtenir

Du Souverain des Rois un si bel avenir... etc.

Il a été reproduit dans le Mercure galant du mois de mars 1680.

La Bibliothèque nationale possède en même temps l'imprimé (Y + Rés.) et le manuscrit autographe du poëme (Msc. franc., no 12763, fol. 165).

174. Œuvres diverses de Pierre Corneille. A Paris, chez Gissey, rue de la Vieille Boucherie, à l'Arbre de Jessé; Bordelet, ruë S. Jacques, vis-à-vis le College des Jésuites, à S. Ignace, M.DCC.XXXVIII [1738]. Avec Approbation et Privilége du Roi. In 12. de XXXIV-461 pp. et 3 ff. non chiffr. pour la Table (laquelle commence p. 462) et le Privilége.

Les pp. XXXIII-XXXIV sont imprimées sur un encart, sans feuillet correspondant.

L'abbé François Granet, éditeur de ce recueil, l'a fait précéder d'une préface dans laquelle il insiste sur l'intérêt que présentent les moindres fragments de Corneille. Il a réuni les traductions que le grand tragique avait faites de plusieurs poëmes latins du P. de la Rue et de Santeul, les vers qu'il avait présentés au Roi dans plusieurs circonstances, etc. Pour les productions de la jeunesse de Corneille, il s'est montré plus réservé. «En retranchant les morceaux d'une galanterie licencieuse, dit-il, je n'ai fait que me conformer à l'exemple de M. Corneille, qui a purgé ses premieres comédies de tout ce qui en pouvoit rappeler l'idée.» L'éditeur a fait entrer dans son livre trois madrigaux extraits de la Guirlande de Julie; il a réimprimé plusieurs morceaux qui figuraient dans les éditions originales des pièces de théâtre, mais qui avaient été laissés de côté depuis; enfin il a reproduit quelques-uns des vers adressés par Corneille aux auteurs de ses amis et mis par ceux-ci en tête de leurs ouvrages.

A l'exemple de Fontenelle, Granet s'est efforcé de retrouver les deux livres de Stace traduits par Corneille, mais il n'a pas été plus heureux que son devancier.

Le privilége, daté du 13 décembre 1737, est accordé pour six ans au sieur.....

La préface est suivie de la Défense du grand Corneille, par le Père Tournemine, jésuite.

Les pièces qui composent le recueil sont au nombre de 96, en y comprenant diverses épigrammes latines traduites par Corneille.

Le volume doit renfermer un carton qui n'est pas semblable dans tous les exemplaires. Dans les uns, il contient seulement le Sonnet sur la Mort de Louis XIII; dans les autres, il contient une autre rédaction de la même pièce, suivie du Placet au Roy, sur le retardement de sa pension. (Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 88 sq.)

175. Œuvres diverses de Pierre Corneille. Nouvelle édition augmentée. A Amsterdam, chez Zacharie Chatelain, 1740, in-12 de LX pp. 1 f. blanc, 428 pp. et 4 ff.

Réimpression du recueil de l'abbé Granet. L'éditeur hollandais se vante dans un avis Au Lecteur de l'avoir notablement augmenté; mais, en réalité, il n'y a pas ajouté une seule pièce de Corneille.

Les additions sont indiquées à la table des matières par un astérisque; elles comprennent:

1o Dissertation sur les caractères de Corneille et de Racine, contre le sentiment de la Bruyère (par Tafignon), pp. XXXI-LX;

2o La Fable est un reste du paganisme dont les poëtes chrétiens doivent s'abstenir dans leurs ouvrages (imitation en vers d'une pièce de Santeul; elle n'est pas de Corneille), pp. 209-212;

3o In hæc verba Sancti Augustini Deum alloquentis: Quis mihi dabit acquiescere in te, etc. (épigramme latine de Santeul, traduite par Corneille; Granet n'avait pas reproduit le texte original), p. 372;

4o Ad Santolium Victorinum de obitu Petri Cornelii (5 distiques latins de Léonard Mathieu imprimés dans les Œuvres de Santeul), p. 428.

Le titre du recueil porte un fleuron avec la devise: Libertas ex fœdere et pace. On lit au-dessous · B. Picart del.—C. de Putter fecit 1739.

176. Document relatif a Corneille, communiqué à l'Académie par M. Floquet. [Rouen, 1835], in-8 de 4 pp.

Extrait du Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1835, in-8, pp. 240 sqq.

Le document publié par M. Floquet est la touchante lettre adressée par Corneille à Colbert, en 1678, pour le prier de lui faire obtenir, comme par le passé, une part dans les faveurs du roi. Cette lettre, dont la Bibliothèque nationale possède l'autographe original, a été découverte par M. Lacabane dans la collection généalogique de Chérin de Barbimont.

177. Vers inédits de P. Corneille, publiés par M. Faugère. Paris, Typographie de F. Didot frères, 1847, in-8 de 16 pp.

Extrait de la Nouvelle Revue encyclopédique, t. IIIe, pp. 466-478, mars 1847.

M. Faugère a eu l'heureuse chance de retrouver, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, une version des Hymnes de Sainte-Geneviève, écrite en entier de la main de Corneille. Cette version, exécutée sans doute entre 1660 et 1665, à la requête du P. Boulart, ou de quelque autre génovéfain, ami du poëte, a été réunie, en 1855, par M. Lefèvre aux Œuvres de Corneille. (Voy. Marty-Laveaux, t. IXe, pp. 615 sqq.)

178. Lettres inédites de P. Corneille. 1653-1656. Avec une introduction par M. Célestin Port. Paris, Typographie de F. Didot frères, 1852, in-8 de 15 pp.

Extrait de la Bibliothèque de l'École de Chartes, 3e série, t. IIIe, pp. 348 sqq.

Ces lettres sont au nombre de quatre; elles sont adressées au R. P** Boulard, et datées de Rouen, la veille de Pasques (30 mars) 1652, le 12 avril 1652, le 23 avril 1652 et le 10 juin 1656. Elles sont tirées d'un manuscrit de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, intitulé: Recueil de pièces pour prouver que Thomas à Kempis est l'auteur de l'Imitation (D. f. 11, in-fol.), et sont toutes relatives à la traduction de l'Imitation.

179. Deux Lettres inédites de P. Corneille à Huyghens de Zuilychem, par Édouard Fournier. (Extrait de la Revue des Provinces du 15 février 1865.) Paris, Imprimerie parisienne Dupray de la Maherie, 1865, in-8 de 11 pp.

«Ces deux lettres, dit M. Fournier, se trouvent au British Museum, où nous en avons nous-même pris copie, il y a deux ans, avec l'aide de notre savant ami Francisque Michel. Elles y sont placées dans les Additional Mss., sous les nos 21,514, fol. 20, 21 et 22, 23. La première fut acquise, en 1824, à une vente dont le livret (Catalogue of a valuable Collection of Autograph Letters, 1824, in-8), l'indique à la p. 21. La seconde ne fut achetée qu'en 1856 (British Museum. A Guide to the Autograph Letters, 1862, in-8).»

Les deux lettres sont datées du 6 mars 1649 et du 28 mai 1650.

Dans la première, Corneille remercie son correspondant de l'envoi d'un volume de poésies latines, sans doute, les Momenta desultoria, Poematum Libri XIV; il lui envoie en même temps deux recueils de ses ouvrages, «qui n'ont rien de nouveau que l'impression», et y joint quelques vers ïambiques latins sur sa tragédie de Médée, tout en s'excusant de «cette eschappée en une langue qu'il y a trente ans qu'il a oubliée».

Dans la seconde, Corneille annonce à Zuilychem l'envoi d'une comédie qu'il lui dédie, c'est-à-dire de Don Sanche d'Aragon. (Voy. no [60].)