XV.—TRADUCTIONS OU IMITATIONS DES OUVRAGES DE CORNEILLE EN DIVERSES LANGUES.

I. Traductions en latin.

XI

826. La Clémence d'Auguste, tragédie, 1715.

Traduction latine de Cinna, représentée au Collège de Navarre, 17 août 1715, avec un épilogue en vers français.

XII

827. Le Combat de l'Amour divin et de l'Amour profane, ballet, 1680.

Traduction abrégée de Polyeucte, représentée au Collège d'Harcourt, le 8 août 1680. Nous n'avons pas retrouvé l'édition qui est citée au Catalogue Soleinne (t. IIIe, no 3646), en même temps que la pièce qui précède. Le titre latin doit être: Duellum Amoris divini et profani.

XXXIV

828. Gratiarvm Actio || Eminentissimo Cardinali || Iulio Mazarino, || ex Gallico Poëmate || Cornelij. Absque nota [Parisiis, 1643]. In-4 de 2 ff. paginés de 24 lignes à la page pleine, sign. A, caract. ital.

Voy. les nos [32] et [146].

Outre cette pièce, traduite par Abraham Remi, nous avons cité (no 158) quelques vers de Corneille traduits par Santeul. Le poëte lui-même avait traduit en latin ses vers Au Roy sur la Conqueste de la Franche-Comté (nos 153-155).

II. Traductions en italien.

829. Tragedie di Pier Cornelio, tradotte in versi Italiani [da Giuseppe Baretti], con l'originale a fronte. Opera divisa in quattro Tomi. In Venezia, presso Giuseppe Bartella, nel negozio Hertz, 1747-48. 4 vol. in-4.

Cette traduction est dédiée au duc de Savoie Victor-Amédée, qui fut plus tard roi de Sardaigne. Les trois premiers volumes contiennent chacun une préface, sous forme de lettre, dans laquelle Baretti s'est proposé de démontrer que les compositions théâtrales doivent s'écrire en vers. Quant au jugement porté sur son œuvre par les écrivains du temps, ils sont contradictoires; les Novelle letterarie de Florence en font l'éloge; Charles Gozzi la trouve élégante; Ugoni, au contraire, l'appelle «una cattivissima cosa». Baretti lui-même, dans une lettre au docteur Bicetti, du 2 mai 1750, la trouve plutôt mauvaise que bonne, avouant qu'il avait besoin d'argent quand il l'entreprit, et qu'il a bâclé en quelques mois une besogne qui aurait exigé plusieurs années pour être bien faite.

On trouve divers fragments des pièces de Corneille dans l'ouvrage suivant: Delle migliori tragedie greche e francesi Traduzioni ed Analisi comparativi di Pietro Napoli Signorelli; Milano, al Genio, 1804, 2 vol. in-4.

II

830. Clitandro, Tragedia [sic] di Pietro Cornelio. In Venezia, per il Lovisa, 1747. In-12.

Traduction en prose.

XI

831. Cid. Tragicomedia tradotta dall' idioma Francese nell' Italiano [dal Dott. Andrea Valfrè di Bora, Accademico Involto di Torino, ed Apatista di Firenze]. In Carmagnola, 1656. In-8.

Nous regrettons de ne connaître cette traduction que par le titre. Peut-être conviendrait-il de citer ensuite: Il Duello d'Amore et di Fortuna, tragicomedia di Giacomo Brunozzi, Canonico di Pistoja (in Bologna, 1670, in-12). Le titre de cette pièce semble indiquer une imitation du Cid.

832. Amore, et Honore. || Tragedia || Portata dal Francese || da || Ferecida Elbeni Cremete, || L'Eccitato || Fra gli Academici Faticosi || di Milano, || dedicata || All'Illustriss., & Ecclentissimo || Prencipe || D. Antonio Teodoro || Trivultio, || Prencipe del Sacro Romano Impero, di || Misoco, e della Valle di Misolcina; || Marchese di Malleo, e di Pici- || leone; Conte di Meltio, || e Gorgonzola; || Signore di Codogno, del Palasio, Prata, || Terrauerde &c. Baron Libero || di Retegno Imperiale; || Grande di Spagna, Caualier del Tosone; || Generale delle Militie nello Stato, e || Capitan della Guardia di S. E. || il Prencipe di Ligne Go- || uernatore di Milano. || In Milano, per Gioseffo Marelli. 1675. Pet. in-12 de 79 pp., 1 f. pour l'Imprimatur et 1 f. blanc.

L'auteur déclare, dans un avis au lecteur, qu'il n'est pas le véritable auteur de cette tragédie, qu'il s'est contenté de l'arranger au goût du jour. «Essa è parto d'un Ingegno Francese; Mà dubitando, se al comparire in Italia in questi Tempi sospetti potesse essere ben accolto, l'hò travestito in fretta alla peggio, che è quanto dire alla moda.» Le rôle de l'Infante et celui de D. Arrias ont été supprimés; Chimène s'appelle Ismenia, Elvire porte le nom de Linda; en dehors de ces changements et des coupures qu'entraîne la suppression de deux rôles, la traduction, écrite en prose, est généralement littérale. La pièce forme trois actes composés de la manière suivante: le Ier acte comprend l'acte Ier de l'original (moins la scène IIe) et les deux premières scènes du second acte; le second acte est formé des scènes VIe, VIIe et VIIIe du second acte et de l'acte IIIe en entier; le IIIe acte comprend le IVe acte, moins la scène IIe, et le Ve acte, moins les scènes IIe et IIIe.

M. Anatole de Montaiglon a bien voulu nous communiquer un exemplaire de cette traduction, qui doit être fort rare.

833. Amore et Honore, Tragedia portata dal Francese da Ferecida Elbeni Cremete, l'Eccitato frà gli Academici Faticosi di Milano. Bologna, 1679, per il Longhi. In-12.

Réimpression de la traduction précédente.

834. Il Cid, Tragi-comedia di M. Pietro Cornelio, Trasportata dal Francese, E rappresentata da' Signori Cavalieri del Collegio Clementino Nelle loro Vacanze di Carnevale dell' Anno M.D.CCI. Dedicata All' Illustrissima, & Eccellentissima Signora, La Signra. D. Olimpia Pamfilii Colonna Gran Contestabilessa del Regno di Napoli. In Roma, M.DCC.I [1701]. Nella Stamperia di Luca Ant. Chracas. Appresso la Curia Innocenziana. Con licenza de' Superiori. Pet. in-12 de 6 ff. et 155 pp., avec la marque de l'imprimeur au verso de la dernière page.

Dans sa dédicace à la princesse Pamfili-Colonna, dédicace datée du 26 janvier 1701, Chracas dit que la tragédie du Cid, empruntée par la France à l'Espagne et par l'Italie à la France, n'a jamais obtenu un succès plus grand que sur le théâtre du Collége Clémentin, «dove lo spirito, e brio di quei nobilissimi Cavalieri, con traduzione loro propria, l'hà fatta spiccare con tal risalto, che meritava il Mondo intiero, non che la sola Roma a sentirla ».

La liste des acteurs qui suit la dédicace et l'argument est des plus curieuses. Voici la distribution de la pièce, lors des représentations de 1701

Le Roi: D. Gio: Vizzaroni, de Porto S. Maria;

L'Infante: l'abbé Nicolò Severoli, de Faenza;

D. Diègue: le comte Giuseppe Bianchetti Gambalonga, de Bologne;

D. Rodrigue: l'abbé Domenico Passionei, de Fossombrone;

D. Gomes: Nicolò Spinola, de Gênes;

Chimène: Francesco Antonio Berardi, de Cagli;

D. Sanche: le commandeur Antonio dal Pozzo, de Rome;

Elvire: D. Ambrogio Spinola, duc de San-Pietro;

Léonore: Costantino Serra, de Gênes;

D. Alonse: le comte Giacomo Ariberti;

D. Arias: D. Lorenzo Marziani, prince de Fornari, de Messine, etc.

Pour donner des rôles à d'autres personnages de distinction, le traducteur a introduit des ballets héroïques, dans lesquels on voit figurer: le comte Emmanuel d'Este, de Milan; D. Francesco et D. Aniello Muscetola, princes de Leporano, de Naples; le duc Gerolamo Gravina, duc de Croyglias, de Palerme, et une foule d'autres grands seigneurs. Les comparses eux-mêmes comptent dans leurs rangs des princes et des ducs.

La traduction est en prose. Le traducteur, qui, d'après Melzi, est le P. D. Filippo Merelli, de Somasca, n'a pas hésité à faire de nombreuses suppressions à l'original, afin de gagner du temps pour les ballets.

835. L'amante inimica, overo il Rodrigo gran Cidd delle Spagne, Opera Tragicomica di Pietro Cornelio, Tradotta dal Francese, & accomodata per le Scene alla maniera Italiana. In Bologna, 1669. Per il Longhi. Con licenza de' Superiori. Pet. in-12 de 89 pp. et 3 ff. blancs.

Traduction en prose assez fidèle, bien qu'elle soit parfois abrégée. Le style ne manque ni de vivacité, ni de précision, par exemple dans la scène du comte et de D. Diègue;

Il conte: Al fine otteneste il posto.—D. Diego: M'hà onorato Sua Maestà.—Co. Possedete il grado d'Aio di quest'Infante.—D. Die. Come premio di mia leal servitù.—Co. Come dono d'una cieca fortuna.—D. Die. Fù giustitia.—Co. Fù capriccio.— D. Die. Hebbe il Re a' miei passati servigi riguardo.—Co. Riguardò egli più alla propria inclinazione che al dovere.—D. Die. Non s'ingannano i Rè.—Co. Non sono forsi Huomini?...

Il existe une autre édition de la même traduction, également publiée à Bologne par Longhi, mais qui ne porte pas de date.

836. L'Amante nemica, ovvero il Cid delle Spagne, Tragedia di Pietro Cornelio.

Réimpression contenue dans le tome IIIe des Opere varie trasportate del Francese e recitate in Bologna; Bologna, Lelio della Volpe, 1724, in-12.

837. Honore contro Amore, Tragedia ricavata da soggetto Spagnuolo, vestito alla Francese, e tradotta in Italiano per G. A. Z. D. O. Bologna, per il Longhi, 1691. In-8.

Traduction du Cid par Giovanni Andrea Zanotti, detto Ottavio. Voy. Melzi, Dizionario di Opere anonime e pseudonime di Scrittori italiani; Milano, 1848, 3. vol. gr. in-8, t. IIe, p. 9.

838. Il Cid, Tragedia di Pietro Cornelio, recitata da' Signori Cavalieri del Collegio Clementino nelle Vacanze del carnovale dell'Anno 1722. Dedicata all' Eẽmo e Rẽmo Principe il sig. Card. di S. Susanna, Gioseffo Pereira de la Cerda, consigliere di stato della Real Maestà di Portogallo, ecc., ecc. In Roma, M.DCC.XXII [1722]. Nella stamperia del Chracas, presso S. Marco al Corso. In-12.

Réimpression de la traduction précédente, avec de nouveaux intermèdes où paraissent des Turcs, des Américains, des cavaliers et dames de Castille, etc. On y trouve également les noms des personnages qui ont figuré dans les ballets.

839. Il Cid, Tragicomedia di messer Pietro Cornelio, trasportata dal Francese. Roma, 1732. In-12.

Réimpression de la traduction de Merelli.

840. Il Rodrigo, Tragedia dell' Abate Antonio Landi Fiorentino. Firenze, 1765, Stamperia imperiale. Pet. in-4, avec un frontispice, qui contient deux beaux portraits.

L'auteur dit qu'il ne prétend pas avoir mieux fait que Corneille, mais que sa tragédie n'est pas une traduction. Ce n'en est pas moins une imitation.

841. Il Cid, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta [in versi] da Giuseppe Greatti [Giuseppe Baretti?].

Teatro applaudito, t. XXIXe; Venezia, 1798, in-8.

842. Tentativo sui tre primi Tragici francesi del conte Cesare di Castelbarco. Milano, Boniardi Pogliani, 1844. Gr. in-8.

Traduction en vers du Cid, d'Andromaque et de Zaïre.

843. Le Cid, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille. Traduction italienne de Giulio Carcano. Paris, Michel Lévy frères, et Librairie nouvelle, [impr. Loignon et Cie, à Clichy], 1866. Gr. in-8 de 38 pp. à 2 col.

Répertoire de M. Ern. Rossi.

X

844. Amor della patria sopra tutti gli amori, o' vero l'Oratio., Tragicomedia tradotta dal Francese di Pietro Cornelio. In Bologna, per il Longhi. S. a. [circa 1700], in-12.

Traduction d'Horace en prose.

845. L'Orazio, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta in versi Toscani, [circa 1720]. Msc. in-4 de 255 pp., texte franç. et ital.

Bibliothèque nationale (Msc. it., no 1388).

846. Orazio, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta dall' abate Placido Bordoni.

Teatro applaudito, t. LIIe; Venezia, 1800, in-8.

XI

847. Il Cinna, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta dal Francese, et accomodata ail' uso delle Scene d'Italia. In Bologna, per il Longhi. Con licenza de' Superiori. S. a. [circa 1700], pet. in-12 de 102 pp. (y compris le titre), 1 f. pour l'approbation et 2 ff. blancs.

Traduction en prose, précédée d'un court argument historique.

848. Il Cinna, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta dal prevosto Giovannardi, Modanese. Venezia, Pietro Bassaglia. S. a., in-12.

XII

849. Poliuto, Tragedia Cristiana di M. Pietro Cornelio Trasportata Dall' Idioma Francese, E recitata da' Signori Cavalieri del Clementino Nelle Vacanze del Carnevale dell' Anno M.DCC.I. Dedicata da Luca Antonio Chracas a' medesimi Cavalieri. In Roma, M.DCC.I [1701]. Nella Stamperia di Luca Ant. Chracas. Appresso la Curia Innocenziana. Con Licenza de' Superiori. Pet. in-12 de 8 ff., 150 pp. et 1 f. pour la marque de l'imprimeur.

Cette pièce fut imprimée en même temps que la traduction du Cid citée plus haut (no 834). La dédicace porte de même la date du 26 janvier 1701. Les acteurs ne furent pas moins distingués. D. Salvatore Caputo, marquis della Petrella, joua Félix; Alessandro Gardoni joua Polyeucte; le marquis Manfredo Trecchi, Pauline; Francesco Passionei de Fossombrone, Sévère; Giuseppe Pelicano de Reggio, Néarque; le comte Emmanuel d'Este, Albin, etc. Quatre ballets, imaginés par le traducteur, donnèrent de la variété au spectacle; on n'y vit également figurer que des gentilshommes, en particulier ceux qui avaient rempli les premiers rôles dans le Cid.

La traduction, fort abrégée, est en prose. Melzi l'attribue au P. D. Filippo Merelli, de Somasca.

Il y avait eu avant Corneille une tragédie italienne sur le même sujet: Polieto, tragedia sacra, di Girolamo Bartolommei, Fiorentino; in Roma per Francesco Cavalli, 1632, in-12; in Firenze, nella stamperia di Pietro Nesti, 1655, in-4.

850. Polieuto, Tragedia cristiana di M. Pietro Cornelio, trasportata dall' idioma Francese. Bologna, per il Longhi. S. a. [circa 1705], in-12.

Réimpression de la traduction de Filippo Merelli.

851. Polierto, Tragedia di Pietro Cornelio.

Traduction en prose insérée dans le t. Ve des Opere varie tradotte e recitate in Bologna (Bologna, Lelio della Volpe, 1725, in-12); nous croyons que c'est celle de Merelli.

852. Il Polieuto martire, Tragedia sacra tradotta dal Francese di Pietro Cornelio. In Venezia, per Domenico Lovisa, 1702. In-12.

Traduction en cinq actes et en prose, qui ne doit pas être confondue avec celle de Merelli.

853. Poliuto, Tragedia cristiana di P. Cornelio, Traduzione dal Francese in versi. Bologna, Pisarri, 1741. In-8.

Traduction dont l'auteur ne s'est fait connaître que dans l'édition suivante.

854. Polieuto, Tragedia di Pietro Cornelio tradotta [in versi] dal P. D. Bonifacio Collina. In Bologna, per il Volpe, 1743. In-8.

855. Polyeucte, tragédie en cinq actes, de Corneille, traduite en vers italiens par Joseph Montanelli, représentée au Théâtre-Italien à Paris par la Compagnie dramatique de Mme Ristori, le 27 avril 1859. Paris, Michel Lévy frères, [impr. Thunot et Cie], 1859. Gr. in-8 de 38 pp. à 2 col.

XIV

856. Il Bugiardo, Commedia di tre atti in prosa, rappresentata per la prima volta in Mantova la primavera dell' anno 1750.

Nous suivons l'exemple de Voltaire en faisant figurer la comédie de Goldoni parmi les imitations des pièces de Corneille; mais, comme l'a déjà fait remarquer M. Marty-Laveaux (t. IVe, pp. 272 sq.), nous avouerons qu'elle n'a que des rapports éloignés avec le Menteur. Il Bugiardo a été imprimé dans les Commedie di Carlo Goldoni (Firenze, 1753, in-8, t. Ier; Pesaro, 1753, in-12, t. Ier; Venezia, 1753, in-8, t. IVe; Bologna, 1753, in-8, t. IVe, etc.) et traduite par M. Aignan dans les Chefs-d'œuvre des Théâtres étrangers (Paris, Ladvocat, 25 vol. in-8).

XVI

857. Rodoguna principessa de' Parti, Tragedia del Cornelio, portata dal Francese in Italiano dal Conte Gio. Orsi, [circa 1720].

Traduction en prose conservée à la Bibliothèque nationale. (Msc. ital., no 1387.)

858. La Rodogona, Tragedia tradotta dal Francese di Pietro Cornelio, e recitata da' Signori Cavalieri del Collegio Clementino nelle vacanze del Carnevale nell' anno 1702. In Roma, nella stamperia di Gianfrancesco Chracas, 1702. In-12.

Traduction en prose attribuée par Melzi au P. D. Filippo Merelli.

859. Rodoguna, Tragedia di Pietro Cornelio tradotta dal Francese. In Bologna. M.DCII [1702]. Nella Stamperia del Longhi. Con licenza de' Superiori. Pet. in-12 de 132 pp.

Réimpression de la traduction de Merelli, précédée de l'Ombra di Nicanoro, Prologo per Musica. Cette même traduction a été encore reproduite dans le t. IVe des Opere varie tradotte e recitate in Bologna (Bologna, Lelio della Volpe, 1725, in-12).

860. Rodoguna, Tragedia di Pietro Cornelio. In Venezia, per il Paoli, 1715. In-12.

Traduction en prose.

861. Rodoguna, principessa de' Parti, Tragedia trasportata dal Francese di Pietro Corneille sopra la Scena Italiana, dedicata all' Alt. Sereniss. del Signor Principe Enrico Lantgravio d'Assia Darmstat, &c., &c., &c., e recitata da' Sereniss. suoi Nipoti con alcune Dame, e Cavalieri per proprio divertimento nel Teatrino di Corte, nel Carnevale dell' anno 1722. In Mantova, per Alberto Pazzoni, 1722. In-12.

Traduction en prose.

XVIII

862. L'Eraclio, imperatore d'Oriente, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta dal Francese et accomodata per le scene alla maniera Italiana. In Bologna, per Pier Maria Monti, 1691. In-12.

Traduction en prose, dont la dédicace est signée G. A. Z. D. O., c'est-à-dire, d'après Allacci et Melzi, Gio. Andrea Zanotti, detto Ottavio.

863. Eraclio, Tragedia di Pietro Cornelio, tradotta e rappresentata da' Signori Cavalieri del Collegio Clementino in Roma nel carnevale dell' anno 1699. Roma, per il Chracas, 1699. In-12.

Traduction libre en prose attribuée par Melzi au P. D. Filippo Merelli, de Somasca. L'auteur italien a fait, à sa guise, un grand nombre de coupures et d'additions.

864. Eraclio, Tragedia di M. Pietro Cornelio, tradotta, e rappresentata da' Sig.ri Cavalieri del Collegio Clementino in Roma, nel Carnevale dell' Anno 1699. In Bologna, nella Stamperia del Longhi, 1701. Con licenza de' Superiori. Pet. in-12 de 138 pp. et 3 ff. blancs.

Réimpression de la traduction de Merelli. M. Marty-Laveaux la confond avec celle de Zanotti.

XX

865. La Vrea Nobilta, tolta dalla Commedia eroica del famoso autor Francese Pietro Cornelio, da lui intitolata D. Sancio. Bologna, stamperia di Longhi. S. a. [circa 1710], in-12.

Traduction de Don Sanche en prose. Elle a été reproduite dans le t. IVe des Opere varie tradotte e recitate in Bologna; Bologna, Lelio della Volpe, 1725, in-12.

XXII

866. Nicomede, Tragedia di Monsù Cornelio, trasportata dall' idioma Francese dal signor Girolamo Gigli. Roma, 1701. In-12.

Traduction en prose.

XXIII

867. Edipo, Tragedia di Pietro Cornelio. In Bologna, per il Longhi. S. a. [circa 1700], in-12.

Traduction en prose.

XXVI

868. La Sofonisba, Tragedia tradotta dal Francese di Mons. Corneille, da L. P. In Ferrara e in Bologna, per il Longhi, 1715. In-12.

869. La Sofonisba, Tragedia tradotta dal Francese di Mons. Corneille. In Bologna, per Lelio Volpe, 1724. In-12.

Il existe une pièce italienne antérieure à cette traduction, et dont l'auteur a peut-être imité la tragédie de Corneille: Sofonisba, opera tragicomica rappresentata in Roma nel Collegio Clementino l'anno 1681 (in Roma, per il Bussotti, 1681, in-12). Un peu plus tard, le Napolitain Saverio Pansuti fit paraître une nouvelle Sofonisba (in Napoli, per Domenico Antonio, e Niccolò Parrino), 1725, in-8).

XXVII

870. Ottone, Tragedia di Pietro Cornelio, trasportata dall' idioma Francese. In Venezia, per Domenico Lovisa, 1720. In-12.

Traduction en prose.

XXVIII

871. Agesilao, Tragedia del famoso autor Francese Pietro Cornelio. In Bologna, stamperia di Longhi, S. a. [circa 1710], in-12.

XXIX

872. Attila, re degli Unni, Tragedia del famoso autor Francese Pietro Cornelio. Bologna, stamperia di Longhi, s. a. [circa 1710], in-12.

Traduction en prose.

XXX

873. Tito e Berenice, Opera heroicomica di Pietro Cornelio, tradotta dal Francese. Bologna, stamperia di Longhi. S. a. [circa 1710], in-12.

Traduction en prose.

XXXI

874. La Pulcheria, Opera di Pietro Cornelio, tradotta dal Francese ed accomodata all' uso delle Scene d'Italia. In Bologna, nella stamperia del Longhi, 1704. In-12.

Traduction en prose.

XXXII

875. Surena, generale de' Parti, Opera tragica di Pietro Cornelio. In Bologna, nella stamperia del Longhi, 1719. In-12.

Traduction en prose.

III. Traductions en espagnol.

IX

876. El Honrador de su padre, comedia en tres actos en verso, por D. Juan Bautista Diamante.

Imitation du Cid, imprimée dans le recueil intitulé: Comedias nuevas escogidas de los mejores ingenios de España; onzena Parte; Madrid, 1658, in-4, ou Madrid, Gregorio Rodriguez, 1659, in-4 (voy. Catálogo de la Biblioteca de Salvá, Valencia, 1872, 2 vol. in-8, t. Ier, p. 403). Elle a été réimprimée dans le Tesoro del Teatro español, desde su origen (año de 1356), hasta nuestros días; arreglado y dividido en cuatro partes, por D. Eugenio de Ochoa; Paris, imprenta de Casimir y Crapelet, 1808, 5 vol. in-8, t. Ve.

Nous avons dit plus haut (n° 9) que Voltaire avait cru retrouver dans la pièce de Diamante le véritable original du Cid; il est démontré aujourd'hui que c'est une simple traduction. Nous citerons dans les chapitres qui suivent plusieurs opuscules relatifs à cette question.

877. Don Rodrigo de Vivar, Tragedia en tres actos, escrita en variedad de metros.

Traduction libre, qui existe en manuscrit dans les archives du Teatro del Principe à Madrid, sans nom de traducteur, mais avec permission de représenter donnée en 1781.

878. El Cid, tragedia de P. Corneille, refundida por D. T. G. S. [Don Tomas Garcia Suelto], y representata por la primera vez en el Teatro de Los Canos del Peral, el dia 25 de Agosto de 1803. Madrid, 1805. In-8.

879. Cid Rodrigo de Vivar, Drama en tres actos y en verso original, de don Manuel Fernandez y Gonzalez. Representado con gran éxito en el Teatro de Novedades el dia 18 de diciembre de 1853. Madrid, libreria de la V. é hijos de Cuesta, [imprenta de C. Gonzalez], 1858. Gr. in-8 de 102 pp.

La España dramática.

Imitation du Cid en trois actes et en vers.

880. Cid Rodrigo de Vivar, Drama en tres actos y en verso, original, de don Manuel Fernandez y Gonzales. Refundido por el autor. Madrid, libreria de la V. é hijos de Cuesta, [imprenta de T. Fortanet], 1862. Gr. in-8 de 102 pp.

La España dramática.

Nous croyons que les auteurs des quatre pièces suivantes se sont également inspirés du Cid:

Las Mocedades del Cid, drama refundido por D. Alberto E. Rossi. Refonte de la tragédie de Guillen de Castro.

Honor y Amor, drama en cinco actos por Iza Zamácola.

Don Rodrigo, drama original en versos de A. F. de la Serna.

Para heridas ls del Honor, ó el Desagravio del Cid, drama original en versos de D. Rafael Galvez Amandi.

X

881. Horacio, tragedia en cuatro actos, habiéndose suprimido el quinto, por Corneille. Original francés con la traduccion literal española, preparada expresamente para Mr. Rafael Félix, director de la Comp. francesa de Mlle Rachel. Nueva-York, imprenta de Baker y Goodwin, 1855. In-4 de 28 pp.

La couverture imprimée porte: Unica Edicion autorizada de las representaciones de Mlle Rachel en francés y español, que contiene la copia original francesa, con la traduccion literal española por Jules Mantéguès.

XI

882. Cinna, Tragedia de P.Cornelio, traducida del idioma Frances en Castellano. Madrid, 1713. In-8.

D. Augustin de Montiano y Luyando, dans son Discurso sobre las tragedias españolas (Madrid, 1750, p. 66), attribue la traduction à Don Francisco Pizarro de Aragon, marquis de San Juan. L'exemplaire décrit par Salvá (Catálogo, t. Ier, n° 1198) porte sur la garde une note manuscrite qui confirme cette attribution.

Le titre est suivi d'une approbation du Dr Don Juan de Ferreras, curé de l'église paroissiale de Saint-André de Madrid, qui a trouvé la traduction faite «con tanta alma, que si pudiera ser verisimil la Metempsichosis de los antiguos errados Philosophos, se pudiera creer, que la del Autor, y del Traductor era la misma.»

La traduction est en vers de différentes mesures, suivant l'usage adopté sur le théâtre espagnol.

883. Cinna. Tragedia de P. Cornellio, traducida del idioma Frances en Castellano. S. l. n. d. [Madrid, Fernando Monge, 1731]. In-8 de 4 ff. et 134 pp.

Réimpression de l'édition précédente. La licence du Conseil, datée du 4 juillet 1731, nous fait connaître le nom du libraire.

884. El Paulino, Tragedia nueva a la moda Francesa con todo el rigor de el arte, en imitacion del Cina de Pedro Cornelio, compuesta por don Thomas de Añorbe y Corregel, Capellan del Real Monasterio de la Encarnacion de Esta Corte. Con licencia. En Madrid. Año de M.DCC.XL [1740]. In-4 de 43 pp.

La permission d'imprimer est datée du 13 avril 1740.

Montiano (Dircurso primero sobre las tragedias españolas, 1750) a cru devoir mettre le public en garde contre cette imitation, de peur qu'on n'attribuât à Corneille les faiblesses du traducteur.

885. Cinna, tragedia de P. Corneille, traducida de D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après une communication de M. Hartzenbusch.

XII

886. La mayor Gloria de un heroe es ser constante en la fe, o el Heroe verdadero, Comedia heroica de F. R. [Fermin del Rey]. Barcelona, 20 de Febrero 1785.

Imitation en trois actes de Polyeucte, qui n'a pas été imprimée. Il en existe une copie manuscrite à la Bibliothèque nationale de Madrid, et une autre dans les archives du Teatro del Principe de la même ville. Le lieu de la scène est changé ainsi que les noms des personnages.

887. Polieucto, tragedia en cinco actos, por Corneille. Copia original francesa, con la traduccion literal española, por Jules Mantéguès, preparada expresamente para Mr. Rafael Félix, director de la Comp. francesa de Mlle Rachel. Nueva-York, imprenta de Baker y Goodwin, 1855. In-4 de 48 pp. à 2 col.

888. Polieucto, tragedia cristiana en cinco actos, por Corneille, traducida al Castellano por D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après une communication de M. Hartzenbusch.

XIII

889. El Embustero engañado, comedia en dos actos, escrita por L. A. J. M. [Luis Antonio José Monein.] S. l. n. d. [Madrid]. In-4 de 24 pp. à 2 col.

Imitation du Menteur.

XVI

890. Rodoguna, Tragedia en cinco actos, escrita en romance en decasilabo.

Traduction libre, sans nom de traducteur, qui se trouve en manuscrit, dans les archives du Teatro del Principe, avec permission de représenter accordée en 1777.

891. Rodoguna, tragedia en cinco actos por Corneille, traducida en castellano por D. Manuel Garcia Verdugo.

Traduction inédite citée par M. Marty-Laveaux, d'après M. Hartzenbusch.

VI. Traductions en portugais.

IX

892. O Cid, Tragedia de P. Corneille. Lisboa, na typographia Rollandiana, 1787, com licença da Real Meza da Commissão Geral sobre o Exame, e Censura dos Livros. Pet. in-8 carré de 92 pp. et 2 ff. contenant un extrait du catalogue de François Rolland.

On lit en tête du titre: Theatro estrangeiro. Numero I.

Traduction en vers attribuée à Antonio José de Paula (Diccionario bibliographico portuguez, estudos de Innocencio Francisco da Silva; Lisboa, 1858-70, 9 vol. in-8, t. VIIIe, p. 209); elle est précédée d'un avis de l'éditeur qui fait l'éloge du théâtre en général, et rappelle que les peuples les plus catholiques ne l'ont jamais condamné. Le libraire s'est proposé de publier un recueil des meilleurs pièces françaises et italiennes comme en possèdent la plupart des nations cultivées de l'Europe.

893. Affronta castigada, ou o Suberbo punido, tragedia por Nicolau Luis. Lisboa, na Officina de Antonio Gomes, 1794. In-4 de 40 pp.

Traduction du Cid en vers.

Nicolau Luis, appelé quelquefois da Silva, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, mais on ne sait rien de sa vie; il a traduit ou imité plus de deux cents comédies ou tragédies, en évitant le plus souvent de nommer les auteurs originaux.

894. O Cid, tragedia de Corneille.

Theatro de Manuel de Figueiredo; Lisboa, na Imprensa Regia, 1804-1815, 14 vol. in-8, t. VIIIe.

895. D. Rodrigo, drama original em cinco actos e em prosa, por D. Antonio Firmino da Silva Campos e Mello. Lisboa, na typographia de Antonio José da Rocha, 1842. Gr. in-8 de 96 pp.

Imitation du Cid.

896. D. Ruy Cid de Bivar, tragedia em cinco actos, de P. Corneille, traduzida por ***, revista e emendada por J. M. Pereira da Silva. Rio de Janeiro, na Typographia imperial e constitucional de Junius Villeneuve e Ca, 1843. Gr. in-4 de 20 pp.

Archiva Theatral, IIIa serie.

M. Jean Manuel Pereira da Silva, né à Rio, en 1817, est un des hommes les plus distingués du Brésil. Il est correspondant de l'Institut de France.

En dehors des traductions que nous avons citées, M. I. Fr. da Silva (Diccionario bibliographico portuguez, t. VIIIe, p. 209) dit qu'il possède une traduction manuscrite du Cid signée des initiales J. A. M.

XI

897. Cinna, ou a Clemencia de Augusto, tragedia de Corneille.

Theatro de Manuel de Figueiredo; Lisboa, na Imprensa Regia, 1804-1815, 14 vol. in-8, t. VIIIe.

898. Cinna, ou a Clemencia de Augusto, tragedia de P. Corneille, traducida por Antonio José de Araujo.

Traduction inédite citée par M. I. Fr. da Silva (Diccionario bibliographico portuguez, t. VIIIe, p. 421).

XVIII

899. Heraclio reconhecido, tragedia por Nicolau Luis. Lisboa, na Officina de José de Aquino Bulhões, 1783. In-4 de 40 pp.

Imitation en vers.

V. Traduction en roumain.

XVIII

900. (voir aussi [900 bis] înmoarat al rasartului, tragedia în 5 acte de Korneil, si tradusa din frantozeste de I. Roset. Bucuresti, în tipografia lui Ediad,] 1831. In-8 de 122 pp.

Traduction très-faible, dont le style est tout à fait primitif.

On a lieu d'être surpris que les Roumains n'aient pas cherché à faire passer dans leur langue d'autres pièces de Corneille. Le poëte Georges Sion, à qui nous exprimions récemment notre étonnement à ce sujet, nous a répondu que ses compatriotes, dont un grand nombre ont étudié nos classiques dans nos écoles, ne se sentaient pas encore en état d'en faire des traductions qui ne fissent pas trop perdre à l'original. Les pièces de Voltaire ont été jugées plus faciles, et plusieurs ont été traduites avec succès; M. Sion lui-même a donné d'élégantes versions du Misanthrope et de Phèdre, mais, à part quelques fragments du Cid et de Cinna, qu'il a mis en vers roumains pour les élèves du conservatoire de Bucarest, il n'a pas abordé le théâtre de Corneille.

VI. Traductions en anglais.

I

901. Melite, a Comedy translated from the French of P. Corneille. London, printed for and sold by T. Bell, no 26 Bell yard, Temple Bar, and G. Burnet, Strand, M.DCC.LXXVI [1776]. In-8, fig.

XI

902. The Cid, a Tragi-Comedy out of French made English, and acted before Their Majesties at Court, and on the Cockpit stage in Drury-Lane, by the Servants to both Their Majesties. London, 1637. Pet. in-12.

Traduction en vers par J. Rutter, dont le nom est au bas de l'épître dédicatoire adressée à Edouard, comte de Dorset, lord-chambellan. Le même auteur fit paraître, en 1640, une traduction de la Vraie Suite du Cid, de l'abbé Desfontaines, qu'il intitula: The Second Part of The Cid.

Malgré l'empressement mis par un poëte anglais à traduire le Cid, l'année même de sa publication, le tempérament britannique ne paraît pas s'être accommodé aux passions toutes méridionales du héros espagnol. Pepys raconte qu'il assista, le 1er décembre 1662, à la représentation du Cid, au Cokpit, et que la pièce, bonne pour la lecture, lui parut à la scène «une fort sotte chose (a most dull thing)». Diary and Correspondence of Samuel Pepys; the sixth Edition; London, 1858, 4 vol. in-12.

903. The Cid, || a || Tragicomedy, || out of French made || English: || And acted before their Majesties || at Court, and on the Cock-pit || Stage in Drury-lane, by the || servants to both their || Majesties. || The Second Edition Corrected and Amended. || London, || Printed by W. Wilson for Humphrey || Moseley, at the Signe of the Princes Armes || in St. Pauls Church-Yard. || 1650. In-12 de 42 ff. non chiff., dont les trois derniers sont occupés par le catalogue du libraire.

Réimpression de la traduction précédente.

904. The Cid, OR the heroick Daughter, a Tragedy in verse, translated from the French of P. Corneille, by John Ozell. London, 1714. In-12.

905. Ximena, or the heroick Daughter, a Tragedy by Colley Cibber, adapted for theatrical representation as performed at the Theatre Royal in Covent Garden, regulated from the Prompt Book. London, printed for the Proprietors under the direction of John Bell, British Library, Strand, 1792. In-8 de 78 ff., avec 2 fig. sur acier.

Simple imitation du Cid, dans laquelle l'auteur s'est proposé d'éviter une partie des fautes que le goût français avait, prétend-il, fait commettre à Corneille.

Cette pièce, imprimée séparément, a été réunie au Bell's British Theatre, t. XVe (London, 1797, in-8): elle a été également reproduite dans les œuvres de Colley Cibber, dont la meilleure édition est celle de Londres, 1777, 5 vol. in-12, avec portr.

906. The Cid, a Tragedy in five Acts by a Gentleman formerly a Captain in the Army. London, printed by A. Young, 18 Vere Street, and sold by M. Faulder, 42, Bond-Street, 1802. Price two shillings and six pence. In-8 de 63 pp.

X

907. Horatius, a Roman Tragedy, by Sir William Lower. London, 1656. In-4.

908. Horace, a Tragedy, by Mrs. Kath. Phillips. London, 1667. In-fol.

Cette traduction de «l'incomparable Orinda», a été réimprimée, avec Pompée, à la suite du recueil de ses œuvres: Poems by the most deservedly admired Mrs. Katherine Philips, the Matchless Orinda, to which is added Monsieur Corneille's Pompey and Horace, Tragedies, with several other Translations out of French; London, printed by N. T. for Henry Herringman, at the sign of the Blue Anchor, in the Lower Walk of the New Exchange, 1678, in-fol.

909. Horace, a French Tragedy of Monsieur Corneille englished by Charles Cotton, Esq. London, printed for Henry Browne, at the Gun, at the West End of St. Pauls, 1671. In-4 de 4 ff. et 75 pp.

En face du titre, une gravure de W. Dolle, représentant le combat des Horaces.

Charles Cotton, né en 1630 à Beresford Hall, dans le comté de Stafford, mort à Westminster en 1687, est surtout connu par ses traductions du français. Il traduisit, entre autres ouvrages, le Virgile travesti de Scarron (Scarronides, or Virgil Travestie). Une seule de ses traductions a eu un succès durable: celle des Essais de Montaigne (1693), qu'on a réimprimée avec corrections en 1759.

Cotton a pris de grandes libertés avec la tragédie de Corneille; il y a ajouté des chœurs de sa composition.

910. Horace, a French Tragedy of Monsieur Corneille, englished by Charles Cotton. London, 1677. In-4, front. grav.

Seconde édition de la traduction précédente.

XI

911. Cinna's Conspiracy, a Tragedy in verse, translated from the French of P. Corneille by Colley Cibber. London, 1713. In-4.

XII

912. Polyevctes, or the Martyr, a Tragedy by Sir William Lower. London, 1655. In-4.

XIII

913. Pompey, a Tragedy, translated from Monsieur Corneille, by Mrs. Catherine Philips, the Fifth Act translated by Sir John Denham. London, 1663. In-4.

Cette traduction, entreprise à la demande du comte d'Orrery, a été reproduite à la suite d'Horace, dans le recueil déjà cité des œuvres de Catherine Philips (voy. le no [908]).

Pompée réussit en Angleterre, sans avoir pourtant le succès qu'obtint plus tard Héraclius. Pepys raconte qu'il fit en voyage la lecture de cette tragédie, «a play translated from thé French by several noble persons, among others, my Lord Buckhurst, that to me is but a mean play, and the words and sense not very extraordinary.» Pepys's, Diary and Correspondence, the sixth Ed.; London, 1858, 4 vol. in-12; t. IIe, p. 400 (23 juin 1666). La traduction à laquelle Pepys fait allusion est probablement la suivante:

914. Pompey, a Tragedy acted with great applause. London, printed for John Crooke, at the sign of the Ship, in St Pauls Church Yard, 1663. In-4 de 3 ff. et 62 pp.

On y a ajouté un prologue écrit par le comte de Roscomon pour le théâtre de Dublin, et un épilogue par sir Edward Deering.

915. Pompey the great, a Tragedy [translated from the French of Corneille by Edmund Waller]. London, 1664. In-4.

Waller fut aidé dans son œuvre par le comte de Dorset et Middlesex, sir C. Sedley et Sidney Godolphin.

Une lettre de Saint-Évremond, adressée à Corneille en 1666, à propos de Sophonisbe, et reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 499 sq.), nous donne de curieux détails sur l'accueil fait par les Anglais aux œuvres de Corneille et en particulier sur Waller: «Je vous puis répondre, dit Saint-Évremond, que jamais réputation n'a été si bien établie que la vôtre en Angleterre et en Hollande. Les Anglois, assez bien disposés naturellement à estimer ce qui leur appartient, renoncent à cette opinion souvent bien fondée, et croient faire honneur à leur Ben Johnson de le nommer le Corneille de l'Angleterre. M. Waller, un des plus beaux esprits du siècle, attend toujours vos pièces nouvelles, et ne manque pas d'en traduire un acte ou deux actes en vers anglois pour sa satisfaction particulière. Vous êtes le seul de notre nation dont les sentiments ayent l'avantage de toucher les siens. Il demeure d'accord qu'on parle et qu'on écrit bien en France; il n'y a que vous, dit-il, de tous les François, qui sache penser. M. Vossius, le plus grand admirateur de la Grèce, qui ne sçauroit souffrir la moindre comparaison des Latins aux Grecs, vous préfère à Sophocle et à Euripide.»

XIV

916. The mistaken Beauty, or the Lyar, a Comedy, acted by Their Majesties Servants at the Royal Theatre. London, printed for Simon Neale at the three Pigeons in Bedford-street in Covent Garden, over again the New Exchange. M.DC.LXXXV [1685]. In-4 de 2 ff. et 52 pp.

La Beauté trompée, simple traduction du Menteur, bien qu'elle ne porte pas le nom de Corneille.

917. The lying Lover: or, the Ladies Friendship. A Comedy. By Sir Richard Steele. Hæc nosse salus est adolescentulis. Ter. London, M.DCC.XI [1711]. In-8.

Seconde imitation du Menteur, due au célèbre humoriste Steele. Celui-ci n'a eu garde de prononcer le nom de Corneille et, pour déguiser son emprunt, a donné des noms anglais à tous les personnages. Géronte est devenu le vieux Bookwit; Dorante, le jeune Bookwit; Alcippe, Lovemore; Philiste, Frederick; Cliton, Latine; Clarice, Penelope; Lucrèce, Victoria; Isabelle, Lettice, etc. Du reste, Steele a respecté les cinq actes de l'original, et, malgré les changements de décors et les couplets qu'il a cru devoir introduire, il a généralement suivi l'ordre des scènes de Corneille; mais dans l'exécution son «humeur» s'est donné libre carrière. Il descend parfois jusqu'à la farce de tréteaux. Voici, à titre d'exemple, comment il a travesti le commencement de la scène IIIe du deuxième acte:

Lovemore. Ah! Penelope! inconstant! sickle Penelope! = Penelope. But, Lettice, you don't tell me what the gentleman said; now there's no body here you may speak— = Love. Now there's no body here?—Then I am a thing, an ustensil—I am no body, I have no essence that I am sensible of—I think 'twill be so soon—This ingrate,—this perjur'd! = Pen. Tell me, I say, how the match happened to break off. = Love. This is downright abuse—What! don't you see me, madam? = Lett. He had the folly, upon her being commonly civil to him, to talk of directing her affairs before his time: in the first place, he thought it but necessary her maid, her faithful servant Mrs. Betty, should be remov'd. = Love. Her faithful servant Mrs. Betty! Her betrayer, her whisperer, Mrs. Lettice—Madam, wou'd you but hear me—I will be heard. = Pen. Pr'y thee step, Lettice, and see what noise is that without. = Love. The noise is here, madam; 'tis I that make what you call noise—'Tis I that claim aloud my right, and speak to all the world the wrongs I suffer. = Pen. Cooling herbs well steep'd—a good anodyne at night made of juice of hellebore, with very thin diet, may be of use in these cases (Both looking at him as disturb'd). = Love. Cases!—What cases? I shall downright run mad with this damn'd usage. Am I a jest? = Lett. A jest!—no faith, this is far from a merry madness—Ha! ha! ha! = Love. Harky'e Lettice—I'll downright box you—Hold your tongue, gipsy. = Lett. Dear madam, save me—go you to him—= Pen. Let him take you—Bless me—how he stares,—take her. = Lett. Take her. = Pen. Take lier (Running round each other). = Love. Very fine—No, madam, your gallant, your spark last night; your fine dancer, entertainer, shall take you..., etc., etc.

918. The lying Lover: or, the Ladies Friendship. A Comedy. By Sir Richard Steele. Hæc nôsse salus est adolescentulis. Ter. The seventh Edition. London: Printed for T. Lownds, T. Caslon, and W. Nicoll. M.DCC.LXIV [1714]. In-12 de 71 pp., y compris une fig.

L'existence de cette 7e édition suffit pour attester le succès qu'eut la farce de Steele.

919. The Lyar. A Comedy in three Acts. As it is Performed at the Theatre in the Hay-Market. By Samuel Foote, Esq. London: Printed for P. Vaillant, J. Rivington, and S. Bladon in Paternoster-Row. M.DCC.LXXVI [1776]. (Price One Shilling and sixpence.) In-8 de 70 pp. et 1 f.

Foote, qui était en même temps acteur et poëte dramatique, profita de ses voyages en France pour emprunter à nos auteurs comiques divers sujets dont il évita de faire connaître les originaux: le Menteur est du nombre. La pièce de Corneille a été réduite en trois actes; les personnages ont reçu des noms anglais: Sir James Elliot (Alcippe); Old Wilding, the Father, (Géronte); Young Wilding (Dorante); Miss Grantam (Clarice); Miss Godfrey (Lucrèce); Kitty (Isabelle). Cliton, qui est resté Français, a pris le nom de Papillon; quant à Philiste, son rôle a été fondu avec celui d'Alcippe. Les premiers mots de la comédie nous reportent au Menteur:

Young Wilding. And I am now, Papillion, perfectly equipped. = Papillion. Personne mieux. Nobody better. = Y. Wild. My figure? = Pap. Fait à peindre. = Y. Wild. My air. = Pap. Libre. = Y. Wild. My address? = Pap. Parisiene (sic). = Y. Wild. My hat sits easily under my arm; not like the draggled tail of my tatter'd academical habit. = Pap. Ah, bein (sic) autre chose. = Y. Wild. Why then, adieu, Alma Mater, and bien venuē, la ville de Londre; fare well to the schools, and welcome the theatres; presidents, proctors, short commons with long graces, must now give place to plays, bagnios, long tavern-bills with no graces at all, etc., etc.

XVI

920. Rodogune, or the Rival Brothers, a Tragedy, done from the French of Mons. Corneille. Humbly inscribed to the Right Honourable Philip Earl of Chestersfield. London, printed for the Authors. M.DCC.LXV [1765]. In-8 de III et 81 pp.

Le traducteur, S. Aspinwall, dit, dans la préface qu'il a signée, que c'est en raison du succès qu'a obtenu la traduction de l'Andromaque de Racine donnée par Mrs. Philips, sous le titre de The distressed Mother, qu'il a entrepris cette traduction. Il dit avec assez peu de modestie que ses amis l'ont assuré que sa Rodogune était supérieure à l'original, et il ajoute ingénument: «I will impute it merely to our language being more nervous than the French, and to the translators being unconfined by the felters of Rhyme in which the original is written.»

XVIII

921. Heraclius, Emperour of the East, a Tragedy written in French by M. de Corneille, englished by Lodowick Carlell. London, 1644. In-4.

Héraclius est peut-être, de toutes les pièces de Corneille, celle qui eut le plus grand succès en Angleterre, si l'on en juge, du moins, par ce qu'en dit Samuel Pepys. Celui-ci raconte, à la date du 8 mars 1663-64, qu'il vit représenter la tragédie nouvellement traduite. La pièce produisit sur lui une vive impression; il fut en particulier très-frappé de la scène où l'empereur d'Orient parait environné de tout le peuple en habits romains. «Cette scène est, dit-il, au-dessus de tout ce que j'ai jamais vu représenter sur aucun théâtre (above all I ever saw at any of the theatres).»

Le 4 février 1666-67, Pepys revit Héraclius au Duke's Playhouse, «excellente pièce, qui lui causa un plaisir extraordinaire.» Il y avait grande compagnie, Mrs. Stewart, très-belle avec de grandes boucles, Lord et Lady Rochester, Lord John Butler, fils du Duc d'Ormond, etc.

Voy. Diary and Correspondence of Samuel Pepys, loc. cit.

L'éditeur de ce recueil croit que la traduction vue par Pepys n'était pas celle de Carlell, qui, dit-on, ne fut jamais représentée.

XXI

922. Nicomede, a Tragi-Comedy translated out of the French of Monsieur Corneille by John Dancer, as it was acted at the Theatre Royal in Dublin, together with an Exact Catalogue of all the English Stage Plays printed till this present year 1671. Licensed Dec. 16. 1670. Roger L'Estrange. London, printed for Francis Kirkman and are to be sold at his shop in Thames Street, over against the Custom House, 1671. In-4 de 2 ff. et 56 pp., plus 16 pp. pour le catalogue.

Dédié au Right. Hon. Thomas Earl of Offroy.

VII. Traductions en néerlandais.

923. Onderzoek over de Nederduitsche Tooneelpoëzy. Amsterdam, A. Schoonenburg, 1724. Pet. in-8, avec front, gravé de J. Goeree.

Ces Recherches sur la poésie dramatique hollandaise renferment la traduction des trois discours de Corneille sur l'Art dramatique.

VIII

924. [De waarschynelyke Tovery, Blyspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille. Te Amsterdam, 1684. Pet. in-8?]

La Magie vraisemblable, traduction en vers de l'Illusion comique, par Simon Van der Cruyssen.

Nous n'avons pas vu cette édition, dont la date nous est fournie par le texte du privilége qui accompagne l'édition suivante.

925. De waarschynelyke Tovery, Blyspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille, Te Amsterdam, by d'Erfg: van J. Lescailje, op den Middeldam, naast de Vischmarkt, 1691. Met Privilegie. Pet. in-8 de 72 pp.

Au titre un joli fleuron de S. Fokke, représentant une ruche posée sur une console, devant un édifice aux deux extrémités duquel sont placées des statues de Melpomène et de Thalie, et qui est surmonté des armes d'Amsterdam.

Privilége du 19 septembre 1684, renouvelé la 18 janvier 1691.

«Comme le traducteur du Menteur, celui de l'Illusion a transporté le lieu de la scène en Hollande, et a baptisé à la hollandaise les personnages et les rôles dont il est parlé dans la pièce. Par malheur, il n'a pas réfléchi que ce changement de lieu tendait à détruire toute illusion dès les premiers mots qui se débitent au lever du rideau. Il est question d'une grotte obscure; or, tout crédule que soit le Pridamant hollandais, on aurait pu difficilement lui faire croire que son pays possédât une véritable grotte, les rochers étant chose inconnue en Hollande. Un autre changement apporté à la pièce, c'est qu'au magicien, le traducteur, pour des raisons qu'il n'explique pas, a substitué une magicienne. La traduction, au reste, n'est pas mauvaise, et bien que Van der Cruyssen ne fût qu'un versificateur médiocre, le dialogue, chez lui, ne manque pas de facilité.» Van Lennep.

926. De waarschynelyke Tovery, Blyspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille. T'Amsteldam, by David Ruarus, Boeckverkooper, 1729. Met Privilegie. Pet. in-8 de 74 pp. et 1 f. blanc.

Privilége du 27 mai 1728.

«Réimpression de la traduction de Van der Cruyssen, exécutée par ordre des régents; elle semble attester le succès de la pièce. Cependant nous ne la retrouvons pas au répertoire à partir de 1774, année où fut inauguré le théâtre actuel.

«Le théâtre d'Amsterdam, fondé en 1617 par une des nombreuses chambres de rhétorique de cette ville, avait été vendu en 1621 aux maisons d'orphelins et d'infirmes, et entièrement rebâti en 1637 par l'ordre des régents de ces établissements. Ce furent ces régents qui, pendant près de deux siècles, dirigèrent le théâtre, l'excédant des recettes étant versé par eux dans la caisse des hospices confiés à leurs soins. Comme ils étaient nommés par les magistrats, le théâtre pouvait être considéré comme une institution publique émanant de l'autorité.» V. L.

IX

927. De Cid. Bly-Eyndend Treurspel. In Franse vaersen gestelt door d'Heer Corneille. Nu in Nederlandse Rijmen vertaald. T'Amsterdam, by Dominicus van der Stichel. Voor Abraham de Wees, Boeckverkooper, op den Middel-dam, in't Nieuwe Testament. Anno 1641. In-4 de 32 ff. non chiffr., sign. A-H.

Traduction du Cid en vers par Van Heemskerck. Cette édition, imprimée à son insu, a échappé aux recherches de Van Lennep. Elle est précédée, suivant un usage cher aux auteurs hollandais, d'un argument en prose, dont Van Lennep nous donne ainsi la traduction d'après la réimpression de 1662:

«Sommaire de la tragi-comédie espagnole nommée Le Cid.

«L'Infante de Castille est amoureuse de Don Rodrigue, jeune et vaillant cavalier; mais, le sachant trop au-dessous d'elle, elle favorise une inclination mutuelle entre lui et Chimène, fille du comte de Gormas, inclination qu'approuvent les parents des deux jeunes gens. Le père de Don Rodrigue va demander au comte la main de Chimène pour son fils; mais comme il vient d'obtenir la charge de gouverneur de l'Infant, qu'avait briguée le comte, il trouve celui-ci plus disposé à lui chercher querelle qu'à écouter ses propositions: des paroles on en vient aux injures, et le comte, à la fin, s'emporte au point de donner un soufflet à Don Diègue, le père de Rodrigue. Le vieillard tire l'épée; mais, désarmé par son adversaire, il se tourne vers son fils et l'excite à venger son injure. Don Rodrigue se rend à cet appel, non sans avoir soutenu un violent combat intérieur; il provoque le comte et le tue. Chimène accourt demander justice au roi du meurtrier de son père; Don Diègue, de son côté, réclame la grâce de son fils. L'Infante, qui n'a pu encore maîtriser l'amour qu'elle éprouve pour Don Rodrigue, tire des événements qui ont eu lieu un augure favorable à ses désirs et, dans un dialogue émouvant avec sa nourrice, Léonor, elle fait part à celle-ci des combats qui se livrent dans son cœur. Le roi, avant de prononcer sa sentence, veut prendre l'avis de son conseil et fait reconduire Chimène chez elle par Don Sanche, rival de Don Rodrigue. Don Sanche saisit cette occasion pour exciter la colère de Chimène contre Don Rodrigue, et lui offre son bras pour la venger. Chimène, revenue chez elle, éclate en plaintes douloureuses et se lamente devant Elvire, sa demoiselle d'honneur, du sort cruel qui la force à demander la mort de celui qu'elle adore. Don Rodrigue paraît inopinément devant elle, prêt à lui livrer sa tête, afin qu'elle venge sur lui la mort de son père; elle refuse son offre, sous le prétexte adroit qu'un trépas volontaire ne pourrait satisfaire à sa vengeance, et qu'elle veut qu'il meure par la sentence de ses juges. En sortant de chez elle, Rodrigue rencontre son père, qui le cherchait pour lui annoncer que les Maures ont fait une descente sur la côte et que toute la ville est en émoi. Il lui dit, en outre, que cinq cents jeunes gentilshommes de ses amis sont venus lui offrir leurs bras pour venger l'affront qu'il a reçu du comte et se trouvent en ce moment chez lui; il engage son fils à se mettre à la tête de cette bande vaillante et à aller combattre les Maures, afin de reconquérir par ce moyen la faveur du roi et celle de sa maîtresse. Don Rodrigue, en effet, vole au combat, défait les Maures et fait prisonniers deux de leurs chefs, qu'il envoie vers le roi. A la suite de cet exploit, il obtient le nom de Cid (mot arabe qui signifie Seigneur) et sa grâce. Chimène, sur ces entrefaites, vient réitérer son accusation et exiger la punition de Don Rodrigue. Voyant le roi incliner vers la clémence, elle demande que, selon les anciennes coutumes du pays, un champ clos soit ordonné. Le roi consent à sa demande, à condition qu'elle épousera le vainqueur. Don Sanche s'offre à elle comme son champion et est accepté. Don Rodrigue désarme son adversaire et lui laisse la vie, mais à charge d'aller se jeter aux pieds de Chimène et de lui faire part de l'issue combat. A la vue de Don Sanche qui se présente devant elle, l'épée nue et teinte de sang (sic), Chimène éperdue se figure qu'il a tué Don Rodrigue, et, n'écoutant que sa passion, elle l'empêche de prendre la parole. Se présentant de nouveau devant le roi, elle avoue sa tendresse pour Don Rodrigue, et demande l'autorisation de se libérer envers Don Sanche en lui faisant don de tous ses biens, et de se retirer dans un cloître afin d'y passer les jours qui lui restent à pleurer son père et son amant. Enfin la vérité se fait jour, l'Infante elle-même amène Don Rodrigue vers Chimène, qui, vaincue par les sollicitations du roi, consent à l'accepter pour époux, mais demande que son mariage soit différé jusqu'à la fin de son deuil. Le roi lui accorde ce délai et ordonne qu'en attendant, Don Rodrigue, à la tête de l'armée, partira pour la Barbarie, afin de combattre les Maures dans leur propre pays. Don Rodrigue se rend à cet ordre avec joie, et, modérant son ardeur amoureuse en faveur de l'heureux avenir qui l'attend, il se fie à son roi et au bon vouloir de sa maîtresse.

«Pendant les deux derniers siècles la propriété littéraire était chose inconnue en Hollande, et les spéculateurs ne se gênaient nullement pour éditer les œuvres des auteurs en vogue, dont ils avaient su se procurer des copies. Il serait presque impossible d'énumérer les vers de Vondel, imprimés sans son aveu. Le grand poëte, dans un distique mis en tête d'un de ces poëmes, parle de ces publications frauduleuses, moins pour se plaindre du larcin que pour prémunir le public contre les fautes nombreuses qui s'y trouvaient, et contre les méchants vers qu'on y avait insérés sous son nom.

«Outre le moyen employé par Vondel pour déjouer ces procédés malhonnêtes, les auteurs en avaient deux autres: l'un, qui était le plus généralement en usage, c'était de faire ce que fit le traducteur du Cid, et de donner au public une édition authentique de leur ouvrage; l'autre, d'engager un libraire à obtenir des États de la province le privilége de la publication. S'agissait-il d'une pièce de théâtre et obtenait-elle les honneurs de la représentation sur la scène d'Amsterdam, c'était aux régents des hospices que la privilége était accordé, et ceux-ci, à leur tour, conféraient à tel ou tel libraire le droit de publication. Quoi qu'il en arrivât, l'auteur ne tirait presque jamais le plus minime profit de son œuvre, à moins qu'il ne la dédiât à un Mécène assez généreux pour lui donner quelque gratification.» V. L.

928. De Cid, bly-eyndend Treurspel. Mitsgaders het gantsche leven en bedrijf van den selven Cid. T'Amsterdam, by Nicolaes van Ravesteyn, 1641. In-12 de 176 pp.

Réimpression de la traduction de Van Heemskerck publiée par lui-même. Elle porte la date de 1641 et nous ne pouvons dire avec certitude qu'elle ait paru avant l'édition décrite ci-après (no 929). Du reste les deux éditions d'Amsterdam et de Hoorn contiennent exactement les mêmes pièces préliminaires.

929. De verduytste Cid. Bly- Eyndend Treur- Spel. Midtsgaders het gantsche leven en bedrijf van den selven Cid. Opt' nieuws daer by ghevoeght. Tot Hoorn. Ghedruckt voor Barent Adriaens Berentsma. Anno 1641. Pet. in-8 de 154 pp.

Réimpression de la pièce de Van Heemskerck.

Elle est précédée d'un avis au lecteur, dont Van Lennep nous a donné la traduction d'après une édition de 1662 en tout semblable à celle-ci:

«L'Imprimeur au Lecteur.

«Lecteur bénévole, ce Cid, qui, à ce que nous assure le traducteur, a beaucoup perdu de ses grâces dans la traduction, n'avait pas appris à parler hollandais pour briller sur la scène, moins encore pour ennuyer les yeux et les oreilles du public par la voie de la presse, mais uniquement afin de se faire connaître à quelques rares amis et patrons du traducteur; puis d'être mis de côté et enfoui dans la poussière d'une Bibliothèque bien close. Mais une copie en ayant été soustraite au Propriétaire et imprimée à son insu et contre son désir, et cela avec tant d'incorrections qu'il en a honte, je lui ai fait sentir que puisqu'il ne pouvait empêcher la publication de son Cid, autant valait le publier tel qu'il l'avait écrit; et j'espère par là avoir rendu service à la jeunesse studieuse.»

L'avis au lecteur est suivi de «témoignages de la valeur du Cid dans sa propre langue» qui contiennent en français ce qui suit:

«Les comédiens de Son Altesse [le duc Ferdinand de Nassau] parlent ainsi en leurs affiches:

«Le grand Cid, qui a porté sa renommée par tout le monde et qui a eslevé le Sieur Corneille, son Autheur, à un degré si haut que les autres de sa profession n'y peuvent atteindre, vous sera représenté. Nous espérons que vous confirmerez le jugement qu'en a fait toute la Cour, et que dans l'embellissement que nous y apporterons vous avouerez que nous sommes curieux de rechercher vostre contentement.

«Un autre, qui l'a fait imprimer à Leyden en l'année 1638, luy a donné des Louanges encore bien plus grandes, l'appellant: une excellente et ravissante piéce, dont la lecture a charmé l'oreille des Rois, Et une œuvre admirable qui n'a point d'éloge assez relevé qui ne soit au-dessous de ses beautez. Que ce n'est rien dire d'égal à ses graces, que d'asseurer qu'elles expriment toutes celles qui sont les plus rares en l'élégance Françoise; qu'elles représentent les traits les plus vifs et les plus beaux dont on se puisse servir pour expliquer la gloire des grandes actions d'une âme parfaitement généreuse, et que les lire et les admirer sont presque une mesme chose.»

Nous avons reproduit nous-même en entier l'avis du libraire de Leyde, sous le no 273.

Après ces préliminaires, vient une préface du traducteur lui-même ainsi conçue:

«Si jamais œuvre de petite dimension [boeckxken] a reçu dans sa propre langue un accueil favorable, ou si jamais pièce dramatique a été chaleureusement reçue au théâtre, c'est bien le Cid, qui n'a pas procuré moins de gloire que de profit à son auteur, le Sieur Corneille. A la demande de ceux dont la prière était un ordre pour moi, j'en avais, il y a déjà quelques années, traduit le premier acte en notre langue, afin de voir jusqu'à quel point on pourrait rendre en hollandais les gentillesses françaises, et mon ardeur, que la beauté de ce chef-d'oeuvre excitait, à mesure que je travaillais, a fait le reste. Et comme on arrive chemin faisant où l'on ne croyait point aller, je me suis trouvé transporté peu à peu de la scène des fictions sur celle des événements véritables, et j'ai rassemblé dans les mémoires espagnols toute la vie et les exploits du fameux Cid; ce que j'ai fait d'autant plus volontiers, que j'ai cru trouver un cœur hollandais dans une poitrine espagnole, c'est-à-dire un défenseur inébranlable de la liberté de sa patrie et un adversaire redoutable de toute domination étrangère, domination que le Cid répudie avec des paroles dignes d'être prononcées par un Hollandais libre, contre la soif de dominer qui possède les Espagnols d'aujourd'hui, et d'autant plus remarquables qu'elles ont été mises dans la bouche du Cid par la plume d'un jésuite espagnol (violent entre les violents). N'ayant pu empêcher, lecteur équitable, que ces choses frivoles ne vinssent entre vos mains, je n'ai pas voulu du moins vous laisser ignorer ces particularités. Veniam pro laude.»

«Tous les écrivains hollandais avaient ainsi leur devise, dont bien souvent ils signaient leurs ouvrages, au lieu d'y mettre leur nom. Veniam pro laude était celle de J. Van Heemskerck.» V. L.

Le volume se termine par la Vie du Cid (Het Leven van Don Rodrigo Diaz de Bivar toe-genaemt de Cid), laquelle est précédée d'un titre séparé et remplit les pp. 99 à 154.

930. De verduytste || Cid, || Bly-Eyndend || Treur-Spel. || Gespeelt op d'Amsterdamsche Schouburg. || T'Amsterdam, Gedruckt by Tymen Houthaeck, || voor Dirck Cornelisz. Houthaeck, Boeckverkoper op de Nieuwe-zijds || Kolck, in 't Bourgoens Kruys. Anno 1650. In-4 de 30 ff. non chiff.

Au titre, un fleuron signé des lettres C V S, en monogramme, et représentant une fontaine avec la devise: eeuwigh (éternellement).

Réimpression de la traduction de J. Van Heemskerck. Elle contient l'avis de l'imprimeur au lecteur, les deux pièces françaises citées plus haut, la préface du traducteur et l'argument.

931. De verduytste Cid. Bly-Eyndend Treurspel. T'Amsterdam, gedruckt by Broer Jansz Bouman. Anno 1662. Pet. in-8.

Au titre, un joli fleuron représentant le roi de Castille assis sur son trône et jugeant le procès du Cid et de Chimène.

Réimpression de la traduction de J. Van Heemskerck, avec l'argument reproduit ci-dessus (no 927), mais sans les autres pièces préliminaires.

932. De Cid. Bly-Eyndend Treurspel. In Franse Vaersen gestelt door d'Heer Corneille. Nu in Nederlandse Rijmen vertaald. Amsterdam, by Michiel de Groot, 1662. In-8.

Réimpression de la traduction de Van Heemskerck, ainsi que les sept éditions suivantes.

933. De verduytste Cid. Bly-Eyndend Treur-Spel. Amsterdam, 1668. In-8.

934. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Amsterdam, 1670. In-8.

935. De verduytste Cid. Bly- Eyndend Treur-Spel. Amsterdam, 1683. Pet. in-8.

936. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Vertoond op de Amsteldamsche Schouwburg. Den laatsten Druk. Te Amsterdam, by d'Erfgen: van J. Lescailje, op den Middeldam, naast de Vischmarkt, 1697. Pet. in-8 de 64 pp.

«Cette édition, supérieure aux précédentes au point de vue typographique, leur est inférieure quant au texte, qui fourmille de fautes. On n'y trouve aucune des pièces qui précèdent les premières éditions. Le titre porte un fleuron avec la devise: Laboranter.» V. L.

937. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. T'Amsteldam, by David Ruarus, Boekverkooper, 1732. Met Privilegie. Pet. in-8.

«Le titre est orné d'une des nombreuses vignettes qui, à cette époque, distinguaient les pièces de théâtre, que les régents des hospices avaient obtenu le privilége de faire jouer et imprimer. Celle dont nous parlons est due au burin de l'excellent graveur Punt, qui en même temps était le premier acteur tragique du théâtre d'Amsterdam. Dans un cartel de style rococo, surmonté des armes de la ville, et entouré d'abeilles et de fleurs, on voit une niche, près de laquelle se tiennent d'un côté deux orphelins, de l'autre un vieillard infirme; au fond le Parnasse avec Apollon et Pégase; en bas, ce distique de Vondel:

De Byen storten hier het eêlste dat sij leezen,

Om d'ouden stok te voên en d'ouderlooze weezen.

c'est-à-dire: Les abeilles répandent ici ce qu'elles ont butiné de plus exquis, pour en nourrir le vieillard et l'orphelin.

«Cette édition reproduit exactement celle de 1697. Elle contient en outre la copie du privilége accordé aux régents, et le droit d'impression concédé par ceux-ci à David Ruarus.» V. L.

938. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Te Amsteldam, by Isaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, 1736. Met Privilegie. In-8.

«Cette édition se trouve dans le recueil des œuvres dramatiques de J. Van Heemskerck; elle ne contient que la tragédie, mais le texte est bien plus correct que celui des précédentes impressions.

«Le libraire Duim était, comme Punt, acteur, et partageait avec lui la faveur du public.» V. L.

939. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Zo als het zelve op den Amsteldamschen Schowburg word vertoond. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper op den hoek van den Voorburg-Wal en Stilsteeg, 1760. Met Privilegie. Pet. in-8 de 63 pp. en tout.

Cette réimpression ne commence qu'à la scène entre le comte et D. Diègue. Le rôle de l'Infante est supprimé.

«Il est presque certain que les éditions signalées par nous [Van Lennep en indique en tout neuf] ne sont pas les seules qu'ait eues la traduction du Cid entre les années 1640 et 1760; mais elles suffisent pour prouver deux choses: l'une que la renommée du Cid et de son auteur s'est établie en Hollande bien plus tôt que partout ailleurs à l'étranger; l'autre, que le public n'a cessé de lire et d'applaudir au théâtre le chef-d'œuvre de Corneille, bien qu'il eût «perdu de ses grâces par la traduction», ainsi que l'en avait charitablement averti l'imprimeur de l'édition de 1641. Jacob Van Heemskerck, en effet, quoiqu'il ne manquât pas de talent et qu'on ait même de lui un livre charmant en prose sous le titre de «l'Arcadie hollandaise», n'était qu'un versificateur médiocre, et l'on ne saurait croire, en lisant ses vers, qu'ils fussent d'une époque où Vondel et d'autres avaient déjà publié tant de chefs-d'œuvre de style et de diction. C'est donc bien au mérite intrinsèque de la pièce et au jeu des acteurs qu'il faut attribuer le succès dont jouissait encore, dans la dernière moitié du siècle dernier, l'œuvre informe de Van Heemskerck; et l'on ne saurait autrement expliquer le courage dont faisait preuve l'éditeur de 1760, en reproduisant une traduction, dans laquelle quelques rares passages assez bien rendus ne rachetaient pas tant d'expressions basses, prosaïques ou tombées en désuétude. Aussi le public commença-t-il à s'en lasser; et bientôt l'apparition d'une traduction nouvelle fit «enfouir» celle de Van Heemskerck «dans la poussière d'une bibliothèque «bien close.» V. L.

940. Den Cid, blyendigh Treur-Spel. In't frans uyt-ghegheven door den on-verghelijckelijcken Corneille, ende nu vertaelt uyt den eersten druck. Tot Duynkercke, ghedruckt by Antonius van Ursel: Boeck-vercooper, woonende bij de groote Kercke, in S. Ursula, 1694. In-8 de 3 ff. et 62 pp.

Cette traduction, dont on ne connaît plus qu'un seul exemplaire, et qui n'a pas été citée par Van Lennep, est l'œuvre de Michel de Swaen, poëte flamand né à Dunkerque. Elle est dédiée au poëte lui-même par le libraire Van Ursel, qui affirme l'avoir mise sous presse à l'insu de l'auteur.

Au moment où la ville de Dunkerque passa sous la domination de Louis XIV, elle possédait une chambre de rhétorique des plus florissantes. C'est là que de Swaen se fit connaître. Outre son poëme sur la vie et la mort de Jésus-Christ, et sa traduction du Cid, il traduisit l'Andronic de Campistron, et composa lui-même une tragédie intitulée: l'Abdication de Charles-Quint. On admire dans ses traductions un style facile et poétique; son drame original est un des plus réguliers qu'ait produits le théâtre hollandais au dix-septième siècle.

Voy. sur de Swaen le Belgisch Museum de J.-F. Willems, t. IXe, Gand, 1845, pp. 392 sqq.

941. De Cid. Treurspel. Van den Heere P. Corneille. Verrykt met leerzame aanteekeningen door den Heere de Voltaire, enz. Het Fransch gevolgd door J. Nomsz. Te Amsteldam, by David Klippink, Boekverkooper, 1771. Pet. in-8.

Traduction en vers par J. Nomsz.

«Au titre, une vignette représentant le Bon Goût personnifié sous la forme d'un petit génie, qui tient d'une main une pique et une couronne de lauriers. Le génie étend le pied sur un autre petit génie qui tient en mains un masque et un serpent. Cette seconde figure représente la Critique anonyme.

«A côté d'une colonne sur laquelle s'appuie le bon génie, l'on voit une lyre et plusieurs livres, dont quelques-uns portent les titres de diverses pièces de théâtre écrites ou traduites par Nomsz.

«Le volume contient une préface, dont voici la traduction: J'aurais une belle occasion maintenant de régaler à leur aise les amateurs de libelles. Après avoir traité Corneille de misérable rimailleur, j'aurais pu me moquer de sa figure, de sa tournure, de sa manière de parler et d'agir, de son costume, de ses mœurs; j'aurais même pu décocher quelques traits contre sa famille et son extraction; mais pour ne point scandaliser les lecteurs bien élevés, les seuls auxquels il faille tâcher de plaire, je ne relèverai aucune des spirituelles insolences qui, lors de la publication de sa tragédie, furent jetées à la tête de Corneille. Je renvoie le lecteur, pour peu qu'il comprenne le français, à ce que dit à ce sujet monsieur de Voltaire dans la préface qu'il a mise en tête de la dernière édition de Corneille. «On voit, y est-il dit, par cet échantillon de plus de cent brochures faites contre Corneille, qu'il y avait, alors comme aujourd'hui, un certain nombre d'hommes que le mérite d'autrui rend si furieux, qu'ils ne connaissent plus ni raison ni bienséance. C'est une espèce de rage qui attaque les petits auteurs, et surtout ceux qui n'ont point eu d'éducation.»

«Il est démontré d'ailleurs, dans cette préface, que le Cid a été dénigré par des gens qui étaient mécontents et qui, par là, s'attachaient plus à l'attaquer qu'à l'éclairer: chose trop commune dans le monde littéraire.

«Quant à ma traduction du Cid, je sens qu'elle n'est nullement exempte de fautes, mais je me flatte qu'elle pourra mieux servir à faire juger du génie du grand Corneille que celle dont on se sert au théâtre d'Amsterdam. Je n'ai rien changé dans les parties principales de la pièce; mais j'ai supprimé le rôle de l'Infante, qui me paraissait un hors-d'œuvre, et qui, selon le témoignage de monsieur de Voltaire, est désapprouvé à bon droit en France. Si mon travail peut être utile aux jeunes auteurs, j'aurai atteint mon but et je verrai ma peine suffisamment récompensée.»

«Les lecteurs de la traduction faite par Nomsz confirmèrent en général le jugement que lui-même en avait porté dans sa préface. Auteur dramatique d'une fertilité prodigieuse et traducteur correct (il a traduit plusieurs pièces de Racine et autres tragiques français), Nomsz faisait de bons vers et s'entendait surtout, en traduisant, à conserver dans les passages les plus applaudis la tournure et l'effet de l'original. Grâce à sa traduction, le Cid a fait longtemps encore les délices du public hollandais. Malheureusement, depuis quelques années, le goût de la tragédie classique et, par suite, l'art même de la déclamation, se sont perdus en Hollande, et la prose, qui jusqu'à la fin du siècle dernier, était bannie de la scène, a fini par y détrôner les vers.» V. L.

942. De Cid, Treurspel. Van den Heere P. Corneille. Verrykt met leerzame aanteekeningen, door den Heere de Voltaire, enz. Het Fransch gevolgd, door J. Nomsz. Te Amsteldam, by Izaak Duim, op den Cingel, tusschen de Warmoesgracht en Drie- Koningstraat, 1772. Met Privilegie. In-12 de 4 ff. et 71 pp.

Réimpression de la traduction de J. Nomsz.

Privilège daté du 8 novembre 1757, renouvelé le 2 février 1772.

X

943. J. J. Z. D. W. D. J. Horace, Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem! T'Amsterdam, gedruckt by Gillis Joosten, voor Adam, Karelsz, in 't Vreeden Jaer, 1648. Pet. in-8.

Au titre, les armes de la ville d'Amsterdam.

«Les initiales J. J. Z. D. W. D. J. doivent être interprétées: Jan Jans Zoon De Witt, Doctor Juris, c'est-à-dire: Jean de Witt, fils de Jean, docteur en droit. Si dans les éditions qui parurent après l'année 1679, on ne mit plus sur le titre que les lettres J[an] D[e] W[itt], c'est que probablement les éditeurs jugèrent qu'elles suffisaient pour indiquer un nom aussi connu que celui du feu Grand-Pensionnaire, car ce n'est pas à un moindre personnage qu'à l'homme qui, pendant vingt ans, gouverna la Hollande avec une autorité despotique, que l'on doit cette première traduction d'Horace. Tout grave et austère que les historiens nous le dépeignent, Jean de Witt, dans sa jeunesse, avait sacrifié aux muses, et notamment dans l'année 1648 il était membre d'une société artistique et littéraire. Sa traduction, faite sur l'édition française originale, a le mérite d'être fidèle, et les vers sont meilleurs que ceux de la traduction du Cid de Van Heemskerck. Il est heureux cependant que le Grand-Pensionnaire ait laissé d'autres titres à l'estime de la postérité que cette œuvre de jeunesse.

«La pièce est précédée d'un sonnet dont voici la traduction:

«Arion mettait en mouvement les poissons; Amphion les rochers et les pierres; Orphée les forêts et les torrents; mais toi, auteur tragique, tu fais accourir vers toi les hommes et leur arraches un jugement qu'approuve le bon goût.

«Qui peut voir sans compassion le deuil de Sabine, les larmes sanglantes de Camille? Qui peut voir succomber ces vaillants jeunes gens, se dévouant pour la patrie, sans pleurer sur leur tombe?

«Si les temps antiques revenaient, tu charmerais même ces dompteurs de brutes par les accords que ta muse t'inspire.

«O vous tous, poëtes tragiques, pardonnez-moi si je me trompe; mais cette tragédie-ci tue les vôtres, et son auteur a l'avantage sur vous tous: car en lui revit l'esprit de Peppias [sic].» V. L.

944. J. J. Z. D. W. D. J. Horace, Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. T'Amsterdam, Gedruckt by Gillis Ioosten, voor Adam Karelsz, in't Vreeden Jaer, 1649. Pet. in-8.

«Cette édition est datée, comme la précédente, de «l'année de la paix», à cause du traité de Westphalie. Elle contient de plus une dédicace dont voici la traduction:

«A Mademoiselle Sarah Van Lennep.

«Mademoiselle,

«Parmi ceux qui, en reproduisant sur la scène les passions de ce monde, ont obtenu un succès universel, le sieur Cornelj [sic] ne figure point au dernier rang; mais comme entre les plus beaux diamants il y a toujours à choisir, ainsi la tragédie d'Horace peut être remarquée comme la plus belle perle entre les bijoux que l'auteur a offerts au public et comme disputant le prix au glorieux Cid, dont la splendeur, si éclatante qu'elle soit, ne saurait offusquer la lumière dont brille son Horace. Quant à cette pièce, tout éloge, quelque grand qu'il fût, serait au-dessous de son mérite. Ce jugement serait celui de tout le monde, si tout le monde était aussi bon connaisseur que Votre Seigneurie; cependant le traducteur confesse qu'il ne fait que bégayer en hollandais ce qui lui a été dicté en un français si mélodieux. Mais je sais que Votre Seigneurie fera comme font ceux qui se connaissent en peinture: leur montre-t-on un tableau bien ordonné et exécuté à larges traits, ils ne s'offenseront point de ce que parmi tant de ligures, de paysages, de bâtiments, se trouve ici une jambe, là un tronc d'arbre, autre part une pierre d'une couleur un peu terne. Votre Seigneurie usera d'un jugement trop fin pour s'arrêter à des fautes qui, à dire vrai, ne doivent point être réputées telles; elle saura que jamais en France pièce ne fut plus chaleureusement applaudie ni plus hautement estimée qu'Horace. Tout présent doit posséder quelque valeur intrinsèque, qui le rende digne de celui qui le reçoit; j'ose assurer Votre Seigneurie que le cadeau que je lui offre recèle je ne sais quoi de sympathique à Votre Seigneurie; ce que j'ai pu découvrir lorsque j'ai eu l'honneur d'entendre quelques réflexions que lui suggérait une lecture qui lui était faite par un de mes amis. C'est par suite de cette circonstance que j'ose prendre la hardiesse de dédier la traduction de cette tragédie à Votre Seigneurie. J'espère qu'elle ne regardera pas aux fautes occasionnées tant par la précipitation avec laquelle l'imprimeur a travaillé, que par l'absence du traducteur, et je demeurerai, en attendant,

«Mademoiselle,
«Le moindre de vos serviteurs,
«Adam Karelsz.»

Van Lennep ajoute les notes suivantes, à propos de l'auteur de la dédicace et de la personne à qui elle était adressée:

«Adam Karelsz signifie littéralement «Adam, fils de Charles». Au dix-septième siècle, et plus tard encore, dans les Pays-Bas, les noms de famille étaient rares, et les personnes, en général, ne se distinguaient entre elles qu'en ajoutant à leur nom de baptême celui de leur père. Souvent aussi on y joignait un sobriquet. Ainsi l'Adam Karelsz dont il est question ici, signait parfois Adam Karelsz Van Zjermesz, et c'est ce nom de Zjermesz surtout qu'il a rendu célèbre par son talent comme acteur, profession qu'il cumulait avec celle de libraire. Il écrivit aussi quelques tragédies qu'on trouve encore mentionnées sur le catalogue des pièces qui formaient en 1682 le répertoire du théâtre d'Amsterdam.

«Sarah Van Halmael, mariée en 1625 à Warner Van Lennep, ce dernier issu d'une famille noble de la Gueldre, s'était établie à Amsterdam peu avant son mariage. De son fils aîné descend en droite ligne l'auteur de cette notice: du puîné la branche des Van Lennep établis en Grèce et dans l'Asie Mineure.»

945. J. D. W. Horace en Curace [sic], Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. T'Amsterdam, by Jacob Lescalje, 1679. Très-pet, in-8.

«Cette édition, loin de répondre à son titre, qui la représente comme corrigée, fourmille de fautes typographiques, qui ne se trouvent pas dans la première. Elle ne contient ni le sonnet, ni la dédicace, mais renferme par contre un argument en vers, dont voici la traduction:

«L'amour de la patrie et celui de la gloire font mépriser les prières d'une épouse, d'une sœur, d'une amante; elles poussent Horace à se dévouer pour Rome et à combattre le fiancé de sa sœur, frère de sa femme. Curiace meurt de la main de l'époux de sa sœur, du frère de sa maîtresse. Camille, outrée de douleur et de désespoir, maudit son frère, le meurtrier de son amant. Horace met fin à ses plaintes en la poignardant. Sabine, désolée, pleure les malheurs d'Albe et ses trois frères morts de la main de son époux. K. L.

«Ces initiales K. L. sont celles de: Katharina Lescaille ou Lescalje, fille du libraire de ce nom, née en 1649, morte en 1711. Nous aurons occasion de reparler d'elle.» V. L.

946. J. D. W. Horace en Curace [sic], Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. T'Amsterdam, by Michiel de Groot, 1680. Très-pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente.

947. J. D. W. Horace en Curace [sic]. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Te Amsterdam, by de Erfgenamen van J. Lescailje, 1699. Met Privilegie. Pet. in-8.

«Cette édition est plus correcte que les réimpressions décrites ci-dessus. Le correcteur a consulté une édition française postérieure à l'année 1656, car il a supprimé les douze vers prononcés par Julie à la fin de la pièce, ainsi que l'avait fait Corneille à partir de cette date. Le sonnet de Catherine Lescailje n'a pas non plus été reproduit.» V. L.

948. J. D. W. Horace en Curace [sic]. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Te Amsterdam, by Gisbert de Groot, 1670. Pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente, qui ne contient naturellement pas de privilége. La date de 1670 est sans doute une faute d'impression pour 1700.

949. Horace, Treurspel. Het Fransche van den Heer P. Corneille nagevolgt. Tot Leyden, by Hendrik Mulhovius, Boekverkoper, 1709. Pet. in-8.

Traduction en vers par Jean Schröder.

«Au titre, un fleuron représentant Melpomène et Thalie qui s'appuient des deux côtés sur un cadre, autour duquel se lit la devise de Schröder: Suum cuique vitium est. Dans le cadre se trouve une lyre éclairée par le soleil levant. La pièce est précédée d'une épitre dédicatoire dont voici la traduction:

«Au très-noble Seigneur Pierre de Leyden, Seigneur de Vlardingue, ancien Bourgmestre et Conseiller de la ville de Leyde, Granad-Heemraad de la Rhinlande et des pays de Putten, Député au noble et puissant Collége de l'Amirauté d'Amsterdam, etc., etc., etc.

«Très-noble Seigneur,

«Connaissant ce que je dois à Vtre Seignrie pour les faveurs nombreuses reçues tant de Vtre Seignrie que de ses illustres ancêtres, je me sens pressé pour peu que j'en sois capable, de prouver ma reconnaissance à Vtre Seignrie, priant Vtre Seignrie d'excuser la liberté que je prends en lui demandant d'abriter cet Horace que je soumets à sa perspicacité contre les flèches des éplucheurs de lettres, la suppliant de bien vouloir tenir pour certain que je ne m'imagine pas être assez maître de la cadence et de la diction pour revêtir ce hardi défenseur et libérateur de sa patrie d'un meilleur habit que d'autres ont essayé de le faire avant moi; mais, ne voulant pas perdre inutilement mes heures de loisir, j'ai tâché, non de braver mes devanciers, mais de suivre la trace de leur lumière; et je jugerai n'avoir pas eu raison de me plaindre de mon travail si j'ai l'honneur de voir que mon étranger travesti ne déplaît pas à Vtre Seignrie. Dans cette attente, et flatté de cet espoir, je proteste que je suis et demeurerai,

«Très-noble Seigneur,
«de Vtre Seignrie,
«le très-humble et très-obligé serviteur,
«Johannes Schröder.» V. L.

950. Den Roms-moedigen Horatius, Verwinnaer der Albaenen, blyeyndig Treurspel, in-rym-gestelt door Joannes Franciscus Cammaert, naems-letterkeer Musen-ciertac of Minnaars-cas. Tot Brussel, by G. Jacobs, boeck-drucker tegen de Baerdbrugge, in de Druckerye, 1751. In-8 de 4 ff. et 52 pp.

«Cette misérable traduction d'Horace est l'œuvre du Bruxellois Jean-François Cammaert, le plus fécond des dramaturges flamands. Soit calcul, soit naïveté, le nom de Corneille est passé complètement sous silence. Pourtant, à part la platitude et l'incorrection du langage qui lui appartiennent en propre, l'auteur ne peut revendiquer pour sa part d'invention que d'avoir remplacé Julie, confidente de Sabine et de Camille, par Jules, prince romain, confident de Sabine. On voit par les pièces liminaires que cet Horace a été représenté à Bruxelles, sur la scène de l'Opéra, le 30 octobre 1747.» A. Willems.

951. Horatius, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper, 1753. Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers par J. Van Stamhorst.

«Le titre est orné d'un cartouche surmonté des armes de la ville, autour desquelles on voit des abeilles et des fleurs; ce cartouche renferme une femme assise (probablement la ville d'Amsterdam) qui a deux ailes au front, une lyre à la main et sur ses genoux un manteau parsemé d'étoiles. A sa droite se tiennent un vieillard et deux orphelins, fouillant une ruche; à sa gauche, des livres de théâtre, un cygne au bord de l'eau, Pégase sur le Pinde, faisant jaillir l'Hippocrène; derrière, la Renommée sonnant de la trompette; à ses pieds un enfant nu, jouant avec des attributs scéniques.

«Cette édition est précédée du privilége et d'un avis, dont voici la traduction:

«Avis.

«J'ai peu de chose à dire au lecteur bénévole à propos de cette nouvelle imitation du grand Horace de Corneille. Qu'on ne cherche le motif de ce travail ni dans un sentiment de jalousie envers ceux qui m'ont devancé, ni dans le présomptueux espoir de faire mieux qu'eux. Je ne parlerai même pas de leurs traductions. Je dirai seulement que, depuis longtemps déjà, on avait jugé celle dont le privilége appartient au théâtre, peu faite pour plaire encore à un public qui n'aime pas les longueurs. Ce motif m'avait engagé, il y a déjà longtemps, à entreprendre une nouvelle traduction d'une tragédie aussi remplie de beaux sentiments que de discours élevés; et mon ardeur, je l'avoue, était si grande, que j'ai trop peu considéré les difficultés du travail et la faiblesse de mes moyens. Plus tard, convaincu de la hardiesse de mon entreprise, j'ai gardé ma traduction sous clef pendant plusieurs années sans vouloir la montrer à personne. J'aurais mieux fait, sans doute, de persévérer dans cette façon d'agir; mais enfin le désir de voir la pièce reparaître sur la scène l'a emporté sur ma répugnance à offrir au public une version si peu digne de l'original.

«Je me suis restreint au nombre de vers que compte la pièce de Corneille, et par là ma traduction en aura une centaine de moins que les précédentes; j'ai de plus tâché de rendre, autant que possible, la pensée de mon illustre devancier. Je n'ai pas fait de changement notable dans la pièce, excepté dans la dernière scène du troisième acte, où le vieil Horace, après s'être plaint amèrement de la fuite de son fils, à la demande qu'on lui adresse, de ce qu'il eût voulu que son fils eût fait contre trois, donne cette courte et fière réponse que Boileau, dans la préface de sa traduction de Longin, cite comme un exemple du vrai sublime:

Qu'il mourût!

mais en y ajoutant:

Ou qu'un beau désespoir alors le secourût.

«Les grands maîtres de l'art ayant jugé d'un commun accord que ce vers affaiblissait la force des deux mots qui précèdent, et qui, dans leur brièveté, renferment un monde d'idées, j'ai pris la liberté de laisser ce vers de côté; ce que j'ai fait d'autant plus volontiers après avoir lu une dissertation sur la tragédie par le célèbre auteur du Télémaque, laquelle se trouve dans les Réflexions historiques et critiques sur les différens Théâtres de l'Europe, imprimée à Amsterdam en 1740 aux frais de la Compagnie, et où ce vers est attribué à l'exigence de la rime.»

«La traduction de Van Stamhorst fut représentée pour la dernière fois au théâtre d'Amsterdam en 1782.

«Quoique meilleure que les deux autres, elle est cependant faible à bien des points de vue, et c'est par cette raison peut-être qu'Horace ne put se soutenir sur la scène hollandaise aussi longtemps que le Cid et Cinna, qui eurent de meilleurs interprètes. La pièce disparut du répertoire dès le commencement du siècle actuel.» V. L.

952. Horatius, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper, 1768. Met Privilegie. Pet. in-8.

«Réimpression de l'édition précédente. Les fautes typographiques y sont corrigées, mais le fleuron que nous avons décrit a fait place à une vignette des plus vulgaires.» V. L.

XI

953. Gebod der liefde, ons door Christus gegeven, te veel door de Christen verzuymt, door Cezar Octavianus romsch Keizer, en algoden dienaer gepleegt aen die hem moorden wilden: (Meester-stuk van den grooten Corneille.) In't Nederduyts vertaelt, en door de veerthien vereenigde Redenryke Gilden op het Tooneel van't Konst-genoodschap der Jong van Zinnen, schuylende onder de Bescherminge der Edele Maget ende Bloedgetuyge Barbara, binnen de Stad Belle vertoont, volgens Lotinge op de navolgende dagen van Herft-maend 1774. Tot Ipre, By F. T. Walwein. In-8 de 58 pp. et 1 f.

Traduction en vers de Cinna par de Swaen. Cette traduction, qui doit être contemporaine de celle du Cid (no 940), a été représentée en 1774 sur le théâtre de Bailleul.

954. [Cinna, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Te Amsterdam, 1677. Pet. in-8?]

Traduction en vers par André Pels.

Nous n'avons pas vu cette édition, dont la date nous est indiquée par le privilége de la suivante.

955. Cinna, Treurspél. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Te Amsterdam, by Albert Magnus, op de Nieuwen Dyk, in den Atlas, 1683. Mét Privilégie. Pet. in-8 de 4 ff. prél. et 63 pp.

Seconde édition de la traduction de Pels. Le titre porte un fleuron représentant un jeune homme qui escalade un rocher; on lit, autour de cette vignette, les mots: Nil volentibus arduum, devise d'une société littéraire.

Le privilége, daté du 25 mars 1677, porte renouvellement du 20 mai 1683.

«La société Nil volentibus arduum, dont Pels fut un des membres les plus actifs, avait été fondée en 1668 par ce qu'on peut appeler la jeune Hollande d'alors. Ses membres s'étaient, dès l'abord, érigés en arbitres du goût et s'évertuaient à acquérir de l'influence sur le public, en lui donnant soit des traités sur la poétique ou des ouvrages de critique, soit des œuvres dramatiques pour la plupart traduites du français. Par malheur ils traduisirent, sans nul discernement, tout ce qui se produisait à Paris: les pièces de Quinaut, de Pradon et consorts, comme celles de Corneille et de Racine. Il leur suffisait qu'une pièce fût écrite en français, et d'après les règles, pour qu'elle leur parût propre il servir de modèle. Par là, l'influence qu'ils exercèrent fut fatale à la littérature hollandaise, qui, au lieu de suivre la route qu'avaient frayée Vondel et ses contemporains, et de conserver un cachet original, se fit traîner à la remorque de la littérature française et n'en devint qu'une pâle copie. La rivalité qui existait entre la société Nil volentibus et celle qui avait pour devise: In magnis voluisse sat est, aurait pu avoir de bons résultats si cette rivalité avait porté sur le principe même de la littérature, au lieu de se manifester par des querelles sur de mesquines questions de forme.» V. L.

956. Cinna, of Goedertierenheid van Augustus, Treurspel. Te Amsterdam, gedrukt voor het Kunstgenootschap, en te bekomen by de Erven van J. Lescailje. Met Privilegie, 1707. Pet. in-8.

Troisième édition de la traduction de Pels. Van Lennep n'a pas vu les éditions antérieures, mais il en a soupçonné l'existence.

957. Cinna, of Goedertierenheid van Augustus. Treurspél. De tweede Druk, mérkelyk verbéterd. Te Amsterdam, Gedrukt voor het Kunstgenootschap, én te bekomen by de Erven van J. Lescailje. Met Privilegie. 1716. Pet. in-8 de 6 ff. et 67 pp.

Les feuillets prélim. contiennent 1 fig. signée Erlinger, au bas de laquelle se trouve le titre de la tragédie; 1 f. de titre; 1 f. pour le privilége et 3 ff. pour une dédicace à Gérard de Papenbroek, et les noms des personnages. La figure représente les conjurés se jetant aux pieds d'Auguste.

Nouvelle édition corrigée de la traduction de Pels. C'est la quatrième et non la seconde, comme l'indique le titre.

«Gérard de Papenbroek, dont la dédicace fait un pompeux éloge, avait été échevin de la ville d'Amsterdam; il se fit connaître par la protection qu'il accorda aux savants et aux artistes. Il enrichit de ses dons le consistoire de l'Église réformée et l'athénée de la ville.» V. L.

958. Cinna, Treurspel. Uit het Fransch van de Heer Corneille. Te Amsterdam, by Pieter Rotterdam, Boekverkooper, op de Vygendam, 1720. Pet. in-8 de 70 pp.

Cinquième édition de la traduction précédente.

Le privilège, accordé à Albert Magnus, à la date du 19 octobre 1713, et cédé à Pierre Rotterdam le 18 septembre 1714, est relatif aux œuvres d'André Pels.

959. Cinna, of Goedertierenheid van Augustus. Treurspél. Te Amsteldam, by Isaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis. Met Privilegie, 1736. Pet. in-8 de 6 ff. et 67 pp., fig.

Les 6 feuillets prélim. comprennent la figure, le titre, un privilège daté du 27 mai 1728, la dédicace à Gérard de Papenbroek, et les noms des acteurs.

Sixième édition de la traduction de Pels; elle n'est pas citée par Van Lennep.

960. Cinna, Treurspel. (Na Corneille.) Door Mr Wm Bilderdijk. Te Amsterdam, bij Immerzeel en Comp. M.DCCC.IX [1809]. In-8 de 11 ff. prél. (y compris le titre gravé) et 102 pp.

Cette pièce forme la première partie du t. IIIe des tragédies (Treurspelen) de Bilderdijk. Elle est précédée d'une épître dédicatoire au roi Louis et d'un avant-propos.

«Guillaume Bilderdijk, né le 7 septembre 1756, mort le 18 décembre 1831, a été le plus illustre poëte que la Hollande ait produit depuis Vondel. Pour l'imagination, il a eu parmi ses compatriotes peu de rivaux; pour la facilité, il n'a pas eu son pareil. Il a traité tous les genres avec un rare bonheur. Dans ses œuvres poétiques (dont le libraire Kruseman a donné en 1856-59 une nouvelle édition en 16 volumes), on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, la beauté des images et de la diction, ou l'immense savoir du poëte, qui montre toujours qu'il connaît à fond la matière qu'il traite. Bilderdijk, en effet, était non-seulement un littérateur érudit, mais un jurisconsulte distingué, familier avec la plupart des langues de l'Europe, avec le latin, le grec, l'hébreu et divers autres idiomes orientaux; distingué par de profondes connaissances en médecine, il dessinait et gravait lui-même les vignettes qui ornaient ses ouvrages. Outre ses poésies, il a publié divers travaux historiques et linguistiques, un traité de perspective, etc.

«Dans sa dédicace, Bilderdijk se plaint en vers magnifiques de la faiblesse de son talent qui l'empêchera de faire sentir les beautés de l'original, et plus encore de ce que le siècle actuel ne produit plus de grands hommes comme Corneille; mais il se dit soutenu par l'espoir que, sous les auspices d'un roi, protecteur des belles-lettres, la terre batave verra naître une époque fertile en génies, comme le siècle d'Auguste.

«Dans la préface, il raconte, en premier lieu, comment le roi, pénétré de la décadence du théâtre, et désirant relever le goût de la nation pour la poésie dramatique, avait exigé de lui une traduction nouvelle de la pièce de Corneille. Le public, poursuit-il, jugera s'il a rempli la tâche qui lui était donnée et s'il s'est pénétré de l'esprit de son devancier. Il doit cependant appeler l'attention du lecteur sur un ou deux points que, pour bien apprécier Corneille, l'on ne saurait négliger. «A l'époque où écrivait Corneille, dit-il, cette délicatesse de sentiments, cette pureté d'expression, cette élégance raffinée, en un mot, qui depuis caractérise les écrivains français, était encore dans l'enfance. Corneille était noble, sublime, parfois divin, et quel vrai poëte peut manquer de l'être? mais il l'était par lui-même et parce qu'il était pénétré de l'esprit (plus que de la manière de dire) des anciens. Il ne pouvait cependant se soustraire à l'influence d'un siècle qui était au-dessous de lui et qu'il avait encore à relever. Il s'ensuit que parfois, s'accommodant au style oratoire de son époque, il se sert d'images moins bien placées dans la bouche des personnages qu'il fait parler, ou peu en harmonie avec la matière qu'il traite.

«Par la même raison, il approche parfois un peu trop, si ce n'est du style, au moins du ton de la comédie. Je cite comme un exemple du premier de ces défauts le passage où Émilie, qui, d'après ce qu'exigent les règles de la bienséance actuelle, devrait conserver dans toutes ses paroles cette réserve de jeune fille qui n'est que la pudeur portée au plus haut degré, où Émilie, dis-je, s'attribue, pour ainsi dire, des enfants:

Enfants impétueux de mon ressentiment,

Que ma douleur séduite embrasse aveuglément.

«De même Auguste se sert d'une expression impropre, quand il dit:

Je vois trop que vos cœurs n'ont point pour moi de fard.

«Les lecteurs sagaces trouveront aisément chez Corneille de ces fautes dont Racine est presque toujours exempt, et nous n'en accusons pas le grand poëte, mais l'état de la poésie à l'époque où il vivait; elles ne déparent pas ses lauriers, mais ne doivent point être données aux commençants comme des exemples à suivre.

«Je citerai, parmi les passages où Corneille s'écarte du ton de la tragédie, les réponses d'Euphorbe à Maxime (act. IIIe, scène Ire), et celle de Maxime à Cinna, dont la tournure est absolument celle de la comédie; les vers suivants, par exemple:

C'est ce qu'à dire vrai je vois fort difficile.

L'artifice pourtant vous y peut être utile;

Il en faut trouver un qui la puisse abuser;

Et du reste le temps en pourra disposer....

Vous pourriez m'opposer tant et de tels obstacles,

Que pour les surmonter il faudrait des miracles;

J'espère toutefois qu'à force d'y rêver, etc.

sont de la comédie toute pure.» «Après avoir dit quelques mots du mérite de la pièce de Corneille, Bilderdijk continue ainsi:

«Lorsque Voltaire attaqua le monologue d'Émilie qui commence la pièce, le qualifia de long et d'inutile, et ne l'attribua qu'à la complaisance du poëte envers les acteurs désireux de briller dans un long discours, il trouva de nombreux échos. Il n'a pas tout à fait tort peut-étre dans les raisons qu'il avance, mais il oublie ce que la tragédie était du temps de Corneille; il oublie que c'est grâce à lui, et grâce à Racine après lui, que la déclamation d'apparat du théâtre latin fit place à des expressions partant du cœur et à un goût se modelant sur celui des Grecs. En condamnant les monologues, Voltaire oublie que la tragédie ne doit pas uniquement représenter l'action qui en forme le nœud, mais aussi les ressorts dont elle résulte, et pour ainsi dire sa conception dans le cœur humain. Les personnages ne doivent pas seulement agir et parler, mais sentir, penser et souffrir; et quelquefois le spectateur, pour trouver dans la pièce des enseignements et une nourriture pour son cœur, doit apprendre à connaître celui qui paraît en scène, non par un dialogue, où malgré toute la confiance qu'il accorde à son interlocuteur, quelque réticence est nécessaire ou probable, mais tel qu'il parle lorsqu'il se montre comme il est, lorsqu'il préfère lire dans son propre cœur. Pour faire voir que le monologue d'Émilie est loin d'être inutile, il suffit de remarquer qu'aussitôt qu'on le supprime, la conversation d'Émilie avec sa confidente paraît sous un tout autre jour, et que son caractère prend quelque chose d'odieux, ce qui n'a pas lieu lorsque son monologue nous a appris à connaître ses vrais sentiments. C'est ce monologue qui nous montre, qu'en suivant l'impulsion de ce qu'elle croit son devoir, elle agit en dépit d'elle-même; que lorsqu'elle donne à Flavie des réponses aussi positives, aussi acerbes, aussi peu conformes à son sexe, elle a refoulé dans son cœur tout sentiment plus doux: c'est ce monologue qui nous prépare à entendre avec indulgence ce qui, sans cela, exciterait chez nous la répugnance et l'indignation. On aime à voir un esprit altier chez une princesse que son âge, sa position et une longue habitude de la domination ont élevée au-dessus de son sexe, et chez laquelle le doute timide d'une jeune fille serait déplacé; mais le front virginal qui ne rougit pas, le jeune cœur qui ne tremble pas à l'idée d'un assassinat, la jeune fille qui ne doit pas mille fois s'enhardir et se cuirasser avant de se résoudre et de soutenir sa résolution même contre la plus légère objection, nous fait horreur. Il serait même à désirer que l'hésitation d'Émilie n'eût pas été attribuée uniquement aux craintes qu'elle ressent pour son amant, et qu'une secrète reconnaissance pour les bienfaits d'Auguste, même quelque aversion pour l'action elle-même qu'elle contemple, y eussent quelque part. Mais le génie de Corneille se plaisait à créer des caractères audacieux et gigantesques, et il faut bien entrer dans le monde où il vit quand on veut sentir ses beautés.

«Mais non-seulement le monologue était nécessaire: il est amené tout naturellement. Qu'y a-t-il de plus naturel, en effet, au moment où l'on va prendre une résolution suprême contre laquelle le cœur se débat, que ce besoin de s'occuper à chaque instant de soi-même, de considérer sous toutes ses faces le projet qu'on va former, tantôt de reculer d'effroi, pour se forger l'instant d'après des prétextes plausibles de se précipiter à corps perdu dans l'exécution? C'est ainsi qu'à coup sûr on doit se représenter la situation d'un conspirateur, même alors que les considérations personnelles de reconnaissance et de relation intime ne subsistent pas.

«On a cependant, dans les derniers temps, supprimé ce monologue à la représentation. On a agi de même avec la prophétie de Livie au cinquième acte, qui manque même dans la traduction de Nil Volentibus. Personne, à ce qu'il paraît, n'a senti que par cette omission le spectateur ne peut être satisfait qu'à demi. Malheureux aristarques, vous voulez toujours en savoir plus que le poëte, sans songer que lorsqu'il s'abandonne au torrent impétueux de ses sensations profondes, il arrive toujours à bon port comme y arrive toute chose qui suit l'impulsion que la nature lui imprime! «La pièce, dites-vous, n'est-elle donc pas finie, lorsque la conjuration a avorté, lorsque et Cinna, et Émilie, et Maxime sont sauvés?»—Non, mes amis, elle n'est pas finie. Car ce n'est pas le sort de Cinna, d'Émilie, qui tient notre âme en suspens: c'est celui d'Auguste. Auguste périra-t-il ou régnera-t-il en paix? Voilà le problème qui nous est soumis, et qui n'est pas résolu. On prévoit déjà vers le commencement, on est sûr dès le commencement du quatrième acte que la conjuration de Cinna ne réussira pas; mais ce qu'on ne sait pas et ce que nous tenons à savoir, c'est si l'homme, qui captive de plus en plus notre cœur et qui va échapper à la onzième tentative d'assassinat, n'aura plus rien à craindre d'entreprises pareilles. Plus la bonté dont il fait preuve en pardonnant à ses assassins est touchante, plus il montre de noblesse dans la manière dont il pardonne, plus nous formons le vœu que cette bonté lui soit à la fin salutaire. «Que le conseil de Livie ne te soit pas fatal!» Ce vœu, le poëte l'a pressenti, il l'a lu dans le cœur du spectateur, et il a eu soin d'y répondre. Oui, Livie, dont les conseils ont gouverné, ont guidé, ont convaincu Auguste; Livie à laquelle il doit cette grandeur d'âme qui nous ravit; Livie, dont les avis paraissaient empruntés à la divinité; Livie est mue par une inspiration prophétique, et elle annonce à son époux la fin de ses terreurs et de son incertitude, un règne désormais calme et prospère sur un peuple qui l'adore. Y a-t-il quelque âme assez froide pour vouloir se passer de cette prophétie, je ne lui envie pas sa tiédeur, mais, pour moi, j'admire le poëte de ce que, dans les vingt-quatre vers dont elle est composée, il a su donner à sa tragédie une perfection qui, sans cela, lui aurait manqué. J'exige seulement qu'Auguste, dans la joie que lui cause la perspective qui lui est ouverte, rende grâces de son bonheur à celle dont les conseils l'y ont conduit. Corneille a-t-il pu négliger de lui faire exprimer sa gratitude envers Livie? ou bien devons-nous la lire dans ce vers:

Ainsi toujours les dieux daignent nous inspirer.

«Je le voudrais, pour l'honneur du poëte. Quoi qu'il en soit, j'ai mis dans sa bouche ce que sentait mon cœur, et celui qui trouve oiseux les quatre vers que j'y ai consacrés, est libre de les supprimer.»

«La traduction de Bilderdijk, bien supérieure à celle de Pels, a remplacé celle-ci au théâtre, où elle jouira de la faveur publique toutes les fois qu'elle trouvera de bons interprètes.» V. L.

961. Cinna, Treurspel. (Na Corneille.) Door Mr Wm Bilderdijk. Te Leyden, by L. Herdingk en Zoon. M.DCCC.XXIV [1824]. In-12 de 68 pp. et 1 f.

La traduction de Bilderdijk a été, en outre, réimprimée en 1852, dans le Klassiek Pantheon, no 47, in-16.

XII

962. Polieukte, Armenisch Martelaar, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk. T'Amsterdam, by de wed: van Gysbert de Groot, op den Nieuwendyk, 1696. Pet. in-8 de 64 pp. en tout.

Traduction de Polyeucte, par François Ryk. Elle est précédée d'une longue épître en vers d'A. Bogaert, «rimailleur du temps».

963. Polieukte, Armenisch Martelaar, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk. T'Amsteldam, By de Wed: van Gijsbert de Groot, Boekverkoopster, op den Nieuwendyk, tusschen de twee Haarlemmer Sluizen, in de Groote Bybel, 1707. Pet. in-8 de 71 pp.

Simple réimpression de la traduction de Ryk.

964. Polieukte, Armenisch Martelaar. Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk. Te Amterdam, by de Erven van J. Lescailje en Dirk Rank, 1724. Pet. in-8.

«Le titre est orné d'une vignette représentant la ruche d'abeilles obligée, etc. Outre l'épître de Bogaert, on trouve dans cette édition un avis des éditeurs, qui avouent qu'en réimprimant cette tragédie, ils vont sur les brisées d'un confrère, chose qu'en général, disent-ils, ils ne se permettent pas. Les raisons qui les ont portés à agir de la sorte sont, à ce qu'ils prétendent, 1o le désir de publier une édition plus correcte que les deux prédentés; 2o l'assurance que leur a donnée le traducteur que, n'ayant jamais reçu un sou pour son travail, son droit sur son œuvre était resté intact.» V. L.

965. Polieukte, Armenisch Martelaar, Treurspel. Het Fransch van den Heer P. Corneille nagevolgt, door Frans Ryk. Te Amsteldam, by Izaak Duim, op den Cingel, tusschen de Warmoesgragt en de Drie-Kooningstraat. S. d. [vers 1750]. In-8 de 4 ff. dont le premier est blanc, 68 pp. et 2 ff. blancs.

Réimpression publiée par la société Melioribus non Pluribus; elle est précédée de l'épître de Bogaert à Ryk, mais ne contient pas de privilége.

«Cette édition, qui ne porte pas de date, est une reproduction exacte de l'édition de 1724. Elle n'en diffère que par le fleuron du titre. La ruche est remplacée par l'agneau dans les flammes, accompagné de la devise: Perseveranter.» V. L.

966. Polieukte, Armenisch Martelaar, Treurspel. Het Fransch van den Heer P. Corneille nagevolgt, door Frans Ryk. Te Amsteldam, by Izaak Duim, 1754. Pet. in-8 de 4 ff. et 68 pp.

«Reproduction exacte des éditions précédentes. Elle est ornée d'une nouvelle vignette très-belle d'exécution, composée par le graveur S. Fokke, et qui représente Apollon sur le Parnasse, entouré des Muses. Apollon envoie Melpomène à la rencontre d'un poëte, qu'elle couronne de lauriers.

«Le fait seul que la traduction de Ryk, toute faible qu'elle fût, eut jusqu'à cinq éditions, prouve en faveur du succès que la tragédie obtint près du public d'Amsterdam. On ne la voit cependant plus figurer sur l'affiche depuis l'année 1774.» V. L.

XIII

967. De Dood van Pompejus, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. 't Amsterdam, by de Erfgenamen van Jacob Lescailje, 1684. Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers de La Mort de Pompée, par Bidloo.

«Le titre est orné d'un fleuron représentant une ruche entourée d'abeilles; la ruche est placée dans un cercle formé par deux branches de laurier et surmonté des armes d'Amsterdam. Sous la ruche on lit la devise de l'ancienne chambre de rhétorique Yver (Zèle): In Liefd' bloejende (Fleurissant en amour). En tête de la traduction se trouve le privilége donné aux régents.

«Le droit d'imprimer accordé aux héritiers Lescaille porte la date du 6 décembre 1684. Au mois d'août 1685 parut une critique de la traduction sous le titre suivant:

«Dichtkundig Onderzoek op het vertaald Treurspel Pompejus, door het Konstgenootschap In Magnis voluisse sat est. T' Amsterdam, by Aart Dirksz Oossaan, Boekverkooper, 1685. Pet. in-8.

«Au titre se lit la devise de la société, écrite sur une banderole qu'un aigle volant vers le soleil tient dans son bec.

«La société In magnis voiuisse sat est était une des sociétés hollandaises qui, au XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, s'occupaient de travaux littéraires. Elle fut établie en 1682; c'est du moins de cette année que date le privilége que lui accordèrent les États pour la publication de ses œuvres. Bon nombre de ses membres travaillèrent à l'opuscule dont il s'agit, lequel ne contient pas moins de six pièces de vers (épigrammes et satires) à l'adresse du traducteur, suivies d'un examen critique, qui compte vingt pages. Toutes ces pièces tendent à prouver que l'auteur de la traduction n'entend ni le français, ni les règles de la syntaxe, ni celles de la prosodie.

«Le traducteur mérite en général les reproches qui lui sont adressés; cependant l'animosité des membres de la société paraît devoir être principalement attribuée à une critique amère que lui-même aurait faite d'une traduction de Cinna, publiée par l'un d'entre eux. L'esprit de camaraderie qui régnait parmi ces messieurs devait naturellement les exciter à tirer vengeance d'un pareil affront. Nous ignorons si le traducteur de Pompée leur répondit; s'il le fit, il eut soin de garder l'anonyme, en quoi il fit preuve de tact.

«L'anecdote suivante est citée comme une des preuves nombreuses de cet esprit de camaraderie dont nous parlons. A la fin de la représentation de certaine pièce nouvelle, un des spectateurs, se tournant vers une de ses connaissances, lui demande ce qu'il pense de la tragédie qu'ils viennent de voir. Vous concevez, répond l'autre, que je ne puis en faire l'éloge, l'auteur n'étant pas membre de notre société.» V. L.

968. De Dood van Pompejus, Treurspel.

Govard Bidloos Tooneelpoëzy; Leiden, J. A. Langerak, 1719, in-4, pp. 333-448.

969. [Pompejus, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd, onder de Zinspreuk Le Tems est un grand maître. Amsterdam, 1728. Pet. in-8?]

Traduction en vers par Charles Sébille.

Nous n'avons pas vu cette édition, qui n'est pas citée par Van Lennep, mais dont la date nous est fournie par le privilége de l'édition suivante.

970. Pompejus, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd, onder de Zinspreuk Le Tems est un grand maître. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1737. Met Privilegie. In-8 de 4 ff., 60 pp. et 2 ff. pour le privilége.

Seconde édition de la traduction de Sébille. Le privilége, daté du 27 mai 1728, est renouvelé à la date du 16 août 1737.

«Il existe deux sortes d'exemplaires de cette édition. Les uns ont été tirés dans le format pet. in-8, en usage à Amsterdam pour les pièces de théâtre; les autres, au contraire, ont été imprimés dans le format gr. in-8, et réunis à deux autres pièces également traduites par Sébille: la Mort de César, de Voltaire, et le Joueur, de Regnard.

«Le titre des deux espèces d'exemplaires est orné d'un beau fleuron de S. Fokke, où la ruche obligée est posée sur une console qui se détache d'un petit édifice. Cet édifice, sur les deux côtés duquel sont placées des statues de Melpomène et de Thalie, est surmonté des armes d'Amsterdam. La ruche est entourée de livres et d'abeilles, et près d'elles se tiennent, comme de coutume, un vieillard infirme et deux orphelins; au fond, le cheval ailé.

«La tragédie est précédée d'un avis, dont nous traduisons la partie essentielle.

«Avis.

«On ne m'accusera pas de vanité si j'ai essayé de donner une nouvelle traduction en vers de cette œuvre d'un auteur français (considéré par moi comme le premier entre tous), la précédente n'ayant pu satisfaire le public. Le peu de succès qu'elle a eu doit être attribué, selon moi, à la précipitation avec laquelle le traducteur s'est acquitté de sa tâche. Peut-être, en y mettant plus de soin et plus de temps, eût-il écrit de meilleurs vers: mais il paraît avoir agi avec une hâte déplorable.

«Quant à la méthode que j'ai suivie, je n'en dirai que ceci: On a toujours critiqué, et avec raison, les quatre premiers vers de Pompée. Je les ai, je crois, délivrés de l'amphigouri qu'on y remarquait. De là même manière, malgré ma haute estime pour l'auteur français, j'ai ça et là changé ou bien entièrement retranché quelques passages; j'ai même osé glisser dans la tragédie quelques vers de ma composition, quatre surtout que j'ai mis dans la bouche de Cornélie (acte IIIe, scène IVe).

«La définition que fait Ptolémée de la défaite du grand Pompée à Pharsale a aussi donné sujet à bien des observations qui me paraissent justes; mais elle est si belle, que je n'ai pas voulu la laisser de côté, tout en reconnaissant que je suis resté bien au-dessous de mon modèle.

«Un auteur, quelque grand qu'il soit, n'est qu'un homme, et par là sujet à faillir.

«J'ai été souvent surpris en entendant des traducteurs répondre à ceux qui leur signalaient des fautes qu'ils avaient commises: «Je l'ai trouvé ainsi dans l'original.» Mauvaise excuse vraiment, surtout dans la bouche de ceux qui traduisent des vers; car les remplissages, les mauvaises locutions et les rimes forcées abondent chez les poëtes français tout comme chez les nôtres, etc.»

«La traduction de Sébille, incomparablement meilleure que l'autre, figurait encore au répertoire du théâtre d'Amsterdam au commencement de ce siècle. Il y a cependant plus de cent ans qu'on ne l'a représentée.» V. L.

XIV

971. De Looghenaar, Blyspel.

Lodewjk Meyers Tooneelpoëzy; t'Amsterdam, by Jacob Lescaille, 1658, in-4.

Traduction en vers du Menteur, par Louis Meyer, poëte assez estimé du XVIIe siècle. Elle est précédée d'une épître dédicatoire dont voici la traduction:

«A Madame, Madame Anne de Hoorn, épouse du noble et très-vénérable seigneur Messire Corneille de Hooswyck, seigneur de Hooswyck, Diemerbrock et Papekop, Bourgmestre et Conseiller de la ville d'Amsterdam.

«Madame, un étranger ose se jeter à vos pieds pour implorer votre protection, tout indigne qu'il se reconnaisse d'obtenir cette haute faveur. C'est un Menteur, né en Espagne, et qui, ayant traversé la France, a l'intention de voir aussi les Pays-Bas. A son arrivée à Paris, il a été accueilli si favorablement que, non-seulement il n'a pas regretté d'avoir quitté sa patrie et d'avoir appris une langue autre que la sienne propre, mais que l'audace lui est venue de s'embarquer pour la Hollande, où, tout en parlant français, il a su charmer tous les gens de goût par son esprit; ce succès lui a donné le courage de plier sa langue à parler aussi notre idiome. Il y a près de six ans qu'il l'a appris par mes soins, et l'expérience lui ayant démontré que lors de sa venue en France il avait bien fait d'échanger ses mœurs et son nom espagnols contre ceux de la France, il a suivi le conseil que je lui ai donné d'élire domicile à la Haye, de prendre un nom hollandais et de conformer sa façon de parler et d'agir à celle qui est en vogue chez nous, afin d'être par là mieux reçu de nos concitoyens. Et maintenant, sur le point de quitter le foyer de son précepteur, il n'ose se hasarder en plein air, s'il ne lui est permis de s'abriter sous les ailes de Votre Seigneurie, laquelle, connaissant à fond la langue française, saura saisir le sens de ses paroles, lorsque, par ci, par là, il lui échappera quelque solécisme. Le jugement sagace de Votre Seigneurie, qui mesure aux bonnes choses les éloges qui leur sont dus et qui ne se laisse point séduire par les mauvaises, toutes fardées qu'elles soient, saura discerner les endroits où il s'écarte de l'esprit et de la gentillesse française et ceux où il a su en approcher. Et quoiqu'il tire son plus grand lustre d'un vice haï de tout le monde et qui le rend indigne de toute faveur, il s'est pourtant mis dans la tête qu'il suffisait de s'orner de l'éclat de votre nom pour obtenir l'estime des Hollandais. Quant à moi, tout en reconnaissant la témérité d'une conduite aussi arrogante, je ne regrette pas de la lui avoir inspirée. Si votre bienveillance pour les Muses et pour ceux qui les cultivent daigne consentir à lui offrir l'asile qu'il réclame, il ne saurait s'y réfugier qu'en présentant en même temps à Votre Seigneurie l'hommage de mon profond respect, et qu'en me fournissant l'occasion de remercier Votre Seigneurie des nombreuses faveurs qu'elle accorde à nos Muses scéniques en leur faisant l'honneur de sa présence, et de lui témoigner la vive reconnaissance que je ressens pour les bontés dont Elle m'a comblé, et dont jamais la mémoire ne périra dans mon cœur. J'aurais bien aimé témoigner ma gratitude en offrant à Votre Seigneurie un sujet noble auquel ma Muse espère donner le jour; mais, comme son fruit n'est point encore à terme, et que je me flatte que l'œuvre à laquelle deux esprits aussi éminents que Lopez de Vega et Corneille ont travaillé, n'aura pas été tout à fait gâtée par la traduction, je n'ai pas voulu attendre plus longtemps pour vous faire connaître l'ardeur de mon cœur reconnaissant, espérant que Votre Seigneurie daignera jeter un regard de bonté sur ce que je me permets de lui offrir, et me permettra de me nommer,

«Madame,
de Votre Seigneurie,
le très-humble, très-obligé et très-dévoué serviteur,
«L. Meyer.

«Anne de Hoorn appartenait à une famille patricienne d'Amsterdam, qui compte encore aujourd'hui plusieurs rejetons. C'était une femme d'un haut mérite, très-versée dans les littératures nationale et étrangère. Elle protégeait les gens de lettres, surtout Vondel, qui, dans des temps malheureux, fut tiré par elle de l'indigence.

«La dédicace est suivie d'un couplet adressé aux Lecteurs, et dont voici le sens:

«Tout homme qui aime à entendre mentir avec esprit et tromper père, maîtresses, amis et valets, doit faire connaissance avec ce Menteur-ci; mais qu'il se garde d'en suivre l'exemple, à moins qu'il ne soit certain d'être né sous la même planète.» V. L.

972. De Loogenaar, Blyspel. De lastste druk. T'Amsterdam, by de Erfgenamen van J. Lescailje en D. Rank, 1721. Pet. in-8.

«Édition revue et corrigée, dans laquelle tous les personnages portent d'autres noms que dans la première édition. Il est presque certain qu'elle avait été précédée d'une autre édition séparée; mais nous n'avons pu la découvrir.

«L'épître dédicatoire nous a déjà appris que le traducteur a transporté la scène de Paris à la Haye, et en général il a adapté avec assez de bonheur les situations et le dialogue au nouveau cadre qu'il a choisi. Les vers de Meyer, sans être des meilleurs, coulent avec assez de facilité, et, si la traduction n'est pas assez bonne pour satisfaire le lecteur qui connaît l'original, elle n'est pas assez mauvaise pour nuire à l'effet que la pièce a pu produire sur la scène.

«Après l'inauguration du nouveau théâtre d'Amsterdam, en 1774, le Menteur ne parut plus sur l'affiche.» V. L.

Les vers de Huygens, dont nous avons parlé ci-dessus, attestent en même temps que cette traduction le succès que le Menteur eut en Hollande. Voy. le no [318].

XVI

973. Rodogune, Prinsesse der Parthen. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Te Amsterdam, by Aart Dirksz Oossaan, Boekverkooper op den Dam, op de hoek van de Beurs-straat, 1687. Met Privilegie. In-12 de 4 ff. prél. et 80 pp.

Traduction en vers par François Ryk.

«Le titre est orné du fleuron de la Société littéraire In Magnis voluisse sat est (voy. le no [966]).

«La tragédie est précédée d'une épître dédicatoire et du texte du privilége accordé à la Société le 16 octobre 1687. Voici la traduction de l'épitre:

«A Madame Jacoba Victoria Bartolotti Van den Heuvel, épouse du très-honorable seigneur Koonraad Van Beuringen, ancien bourgmestre et conseiller de la ville d'Amsterdam.

«Madame, parmi les pièces de théâtre composées par la sieur Corneille, cet excellent auteur français, celle de Rodogune, Princesse des Parthes, n'est pas considérée par lui comme la moins bonne, soit par rapport aux incidents qui en forment le nœud, soit par rapport au tumulte des passions qui y sont développées. L'amour, l'ambition, la soif de la vengeance, l'affection inaltérable que se portent deux frères rivaux, jointe à une tendresse respectueuse pour une mère dénaturée, s'y montrent tour à tour, et sont propres non-seulement à exciter une attention soutenue chez le spectateur, mais à faire vibrer les cordes les plus sensibles de son âme; et c'est surtout à émouvoir que, suivant les connaisseurs, doit tendre la tragédie. On voit ici le crime puni de sa propre main, tandis que l'amour et la vertu, après avoir couru les plus grands dangers, finissent par triompher.

«La Muse française prend plaisir ici à marier aux cyprès funèbres le myrte cher aux amants, et toutes ces raisons, jointes à la majesté et à l'excellence du style dans lequel la pièce est écrite, ont engagé notre Société à l'offrir au théâtre dans notre langue.

«Comme Votre Seigneurie, depuis sa plus tendre jeunesse, a montré un goût singulier pour la poésie et le beau langage, nous avons osé lui dédier cette traduction, dans l'espoir que, dans sa bonté, elle ne la dédaignerait pas, mais voudrait bien l'accepter avec l'hommage respectueux de ceux qui se tiendront éternellement obligés à Votre Seigneurie, et se disent,

«Madame,
de Votre Seigneurie,
les très-humbles serviteurs.

«Sous la devise:

«Frans ou François Rijk était un des membres les plus zélés de la Société In Magnis voluisse. Il traduisit différentes pièces de Corneille, de Racine et d'autres poëtes français. Quoique, parmi les traductions qu'il a faites, celle de Rodogune ne soit pas la meilleure, la pièce obtint cependant beaucoup de succès au théâtre, et ce fut surtout lorsque, dans les dernières années du XVIIIe siècle et dans les premières du XIXe, Mme Wattier fut chargée du rôle de Cléopâtre, que le public s'y porta avec enthousiasme. Après la retraite de cette tragédienne, la pièce disparut du répertoire.

«Koenraad ou Conrad Van Beuningen, mari de Jacqueline-Victoire Bartolotti Van Heuvel, avait été le bras droit du Grand Pensionnaire de Witt, et chargé par lui des négociations les plus délicates aux cours de Danemark, de France et d'Angleterre. Après la mort de de Witt, il continua de servir l'État dans divers postes éminents, jusqu'au jour où des symptômes d'aliénation mentale se découvrirent chez lui et forcèrent les magistrats à confier à sa femme la gestion de ses biens. Il mourut en 1693. Mme Van Beuningen, durant le séjour qu'elle fit à Paris de 1660 à 1666, avait probablement appris à connaître et à apprécier les pièces de Corneille, et ce fut cette circonstance surtout qui engagea la Société In Magnis voluisse à lui dédier la traduction de Rodogune.» V. L.

Sur Mme Wattier, Van Lennep ajoute la note suivante:

«Mme Wattier, connue également sous le nom de Ziesenis, qui était celui de l'architecte distingué qu'elle avait épousé, débuta en 1780 au théâtre d'Amsterdam comme jeune première, dans la tragédie, la comédie et l'opéra-comique. Le 11 novembre 1793, elle remplaça la première tragédienne dans le rôle de Cléopâtre et obtint un immense succès. Sa réputation, depuis ce temps, ne fit que grandir, et ceux qui l'ont connue s'accordent à dire que, si dans son art elle a pu avoir des rivales, aucune d'elles ne l'a surpassée. Elle unissait à un port majestueux une beauté antique, des yeux étincelants de passion, une voix également propre à charmer et à faire frémir de terreur ceux qui l'écoutaient. Un vieil amateur nous racontait un jour qu'il avait joué dans Rodogune avec Mme Wattier sur un théâtre de société. «Lorsque,» nous disait-il, «elle nous adressait ces mots: Mes enfants, prenez place, c'était bien le diable si vous aviez pu rester debout.» Napoléon, l'ayant vu jouer, la nomma sur-le-champ sociétaire de la Comédie française, titre qu'elle conserva jusqu'à la fin de 1818. Invitée par l'impératrice Joséphine à la Malmaison, elle y joua, avec Talma, deux scènes d'Hamlet, lui en français, elle en hollandais.»

974. Rodogune, Prinsesse der Parthen. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Te Amsteldam, by de Erven van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1721. Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Cette édition est absolument calquée sur la précédente. Le titre porte le même fleuron que le no 936.

975. Rodogune, Prinsesse der Parthen. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1744. Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Troisième édition, restée inconnue à Van Lennep. La Bibliothèque nationale en possède un exemplaire.

XVII

976. Theodore, Maegt en Martelares, Treurspel. Uit het Fransch van den Heere P. Corneille. Labor excitat artem. Te Rotterdam, by Joh. van Doesburg, Boekverkooper, 1715. Pet. in-8 de 7 ff., 82 pp. et 1 f. blanc.

Traduction en vers par le libraire Jean Van Doesburg; on la dit fort recommandable.

Les feuillets préliminaires comprennent un très-médiocre frontispice gravé par Bleyswyk (frontispice qui est gravé sur un feuillet séparé); le titre imprimé; 2 ff. pour une dédicace en vers à «Dominique Roosmale, ancien échevin de la Schielande, amateur de la poésie,» dédicace signée: Joh. Van Doesburg; 3 ff. pour un Avis au lecteur et les noms des personnages.

«Le traducteur avoue dans sa préface que la tragédie de Théodore n'a pas réussi à Paris, mais il attribue le peu de succès de cette pièce moins à son manque de mérite qu'à la prudence excessive des spectateurs français, et cite à l'appui de ce qu'il avance l'opinion que l'abbé d'Aubignac a émise sur cette même tragédie.

«L'espoir du traducteur que le public hollandais aurait le goût moins difficile que celui de Paris ne s'est point réalisé. Peut-être même n'a-t-il jamais été mis à l'épreuve. La pièce ne paraissant pas sur le répertoire d'Amsterdam, on peut être à peu près sûr qu'elle n'a pas été représentée ailleurs.» V. L.

XVIII

977. Clavdii de Grieks Heraklivs, Treur-Spel met op-dragt aen Syne Doorluchticheyt Leopoldus Wilhelmus, Aertz-Hertog van Oosten-Rijk, Hertog van Bourgoignien, Gouverneur General van de Neder-Landen. Tot Brussel, by Claudius de Griek, boekverkooper, 1650. In-4 de 4 ff. et 55 pp. (dont la dernière est chiffrée par erreur 43).

«Le poëte Claude de Griek exerçait la profession de libraire à Bruxelles, sa ville natale. Son Héraclius est une version presque littérale de celui de Corneille, qui avait été publié trois ans auparavant; mais l'auteur paraît ne pas s'en douter. Ni sur le titre, ni dans l'épître dédicatoire à l'archiduc Léopold-Guillaume, il ne prononce le nom de Corneille.» A. W.

978. Heraklius, Treurspel. T'Amsteldam, by d'Erven van Albert Magnus, op de Nieuwendyk, in den Atlas, 1695. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Traduction en vers par François Ryk.

«La vignette sur le titre représente Melpomène assise, tenant une lyre sur le genou droit et une ruche sur la genou gauche. A ses pieds sont des attributs de théâtre; derrière elle, un personnage allégorique branlant d'un air furibond un poignard et une torche; plus bas, un satyre tenant les armes d'Amsterdam; au fond, un amphithéâtre, et, plus loin encore, le Parnasse avec Pégase. Au bas, la devise Yver in liefd' bloeiende (zèle fleurissant en amour).» V. L.

«Ryk ne prononce pas plus le nom de Corneille que son devancier, mais il avoue du moins, dans une dédicace en vers qu'il adresse à Laurent Baak, que la pièce n'est pas originale. «J'espère, dit-il, que vous ne trouverez pas mauvais que je vous fasse hommage de ce byzantin français costumé à la hollandaise.» A. W.

«Laurent Baak était issu d'une famille de riches négociants, tous aimant et pour la plupart cultivant les belles-lettres. La maison de son grand-père, appelé Laurent comme lui, servait de point de réunion à Hooft, Vondel et autres beaux esprits du temps. Le Laurent Baak dont il est question ici se distingua aussi comme auteur.» V. L.

979. Heraklius, Treurspel. T'Amsterdam, by Izaak Duim, 1737. Pet. in-12.

«Reproduction de l'édition de 1695, mais avec un nouveau fleuron.

«Le succès d'Héraclius fut moindre que celui de quelques autres pièces de Corneille. Il fut représenté, pour la dernière fois, sur le théâtre d'Amsterdam en 1782.» V. L.

980. Heraklius. Treurspel. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper op den hoek van den Voorburgwal en Stilsteeg, 1762. Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Au titre, le fleuron décrit sous le no 737.

XIX

981. Andromeda. Treurspel. Verciet met Zang, Dans, Konst- en Vliegwerken. T'Amsterdam, by Kornelis Sweerts, 1699. Pet. in-8, front. gravé.

«Traduction en vers par François Ryk. Elle est précédée d'une dédicace à Jo'nas Witsen, bailli d'Amsterdam. Le poëte y raconte que la famille de Witsen a produit nombre de Persées qui ont sauvé la patrie du dragon ennemi venu pour la dévorer.» V. L.

982. Andromeda. Treurspel. Verciert met Zang, Dans, Konst- en Vliegwerken. T'Amsterdam, by H. vande Gaete, 1715. Pet. in-8 de 4 ff. et 54 pp.

Réimpression restée inconnue à Van Lennep. Le frontispice est signé de Schynvoet.

983. Andromeda, Treurspel. Verciert met Zang, Dans Konst- en Vliegwerken. T'Amsterdam, by David Ruarus Boekverkooper, 1730. Met Privilegie. Pet. in-8 de 64 pp., front. gravé de Schynvoet.

984. Andromeda. Treurspel. Verciert met Zang, Dans, Konst- en Vliegwerken. Amsterdam, by Izaak Duim, 1739. Met Privilegie. Pet. in-8.

«Chacune de ces éditions est ornée d'une gravure différente, toutes représentant Andromède attachée au rocher et Persée combattant la monstre. Ce fait, que la pièce fut réimprimée jusqu'à trois fois dans l'espace de quarante ans, tend à prouver qu'elle plaisait au public, attiré sans doute par le spectacle qu'on y déployait. On ne cessa de la donner chaque année jusqu'en 1789. Après cette époque, on ne la retrouve plus sur l'affiche.» V. L.

XXI

985. [Nicomedes, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille gerymd door Kataryne Lescailje. Amsteldam, 1684. Pet. in-8?]

Nous avons déjà cité le nom de Catherine Lescailje, née en 1649, morte en 1711 (voy. le no [945]).

»Dès sa plus tendre jeunesse, elle avait composé des poésies, et Vondel, dans des vers qu'il lui avait adressés, l'avait qualifiée de «moderne Sapho». Quoiqu'il y ait beaucoup à rabattre de cette qualification, Mlle Lescailje mérite d'être placée au rang, sinon des grands poëtes, au moins des meilleurs versificateurs de son temps. Après la mort de son père, elle dirigea la maison de librairie connue sous le nom des héritiers Lescailje, au commencement seule, plus tard conjointement avec Thierry Rank, qui avait épousé la fille d'une de ses sœurs. Elle-même ne voulut jamais se marier, probablement de crainte que le mari qu'elle aurait pris ne compromit le crédit et la prospérité de la maison qu'elle dirigeait avec tant de succès.» V. L.

Nous n'avons pas vu l'édition de 1684, que Van Lennep n'indique pas. Nous en rétablissons la date d'après le privilége de l'édition suivante.

986. Nicomedes, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille gerymd door Kataryne Lescailje. Te Amsteldam, by de Erfg: J: Lescailje, op de Middeldam, op de hoek van de Vischmarkt, 1692. Met Privilegie. Pet. in-8 de 3 ff. et 68 pp.

Au titre, un fleuron avec la devise: Perseveranter.

Les ff. prélim. contiennent un front. gravé dans le genre de Romain de Hooghe, un titre imprimé et 1 f. pour le privilége.

Le privilége est daté du 19 septembre 1684 et renouvelé le 31 mars 1692.

987. Nicomedes, Treurspel. Uit het Fransch van den Heere P. Corneille, door Kataryne Lescailje. T'Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, by den Dam, 1734. Met Privilegie. Pet. in-12 de 72 pp. chiffr.

La traduction de Catherine Lescailje a été en outre réimprimée dans le recueil de ses poésies (De Dichten van Katharyne Lescailje, Amsterdam, by de Erfg. van J. Lescailje, 1731, 3 vol. in-4, t. IIIe, pp. 401-484). Elle est encore portée, en 1782, au catalogue des pièces jouées sur le théâtre d'Amsterdam, bien qu'elle fût dès lors abandonnée.

XXII

988. Pertharitus, Koning der Lombarden. Treurspel, gevolgd naar het Fransche van den Heer P. Corneille. Te Amsteldam, by de Erfgenamen van J. Lescailje en Dirk Rank, 1723. Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers, par Sybrand Feitama.

989. Pertharitus, Koning der Lombarden. Treurspel, gevolgd naar het Fransche van den Heere P. Corneille. Nooit te voren gedrukt.

Tooneelpoezy van S. F[eitama] onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium; te Amsteldam, by P. Visser en A. Slaats, 1735, 2 vol. in-4, t. Ier, pp. 275-354.

On ne s'explique guère cette mention: Nooit te voren gedrukt (imprimé pour la première fois).

990. Pertharitus, Koning der Lombarden. Treurspel. Naar het Fransche van den Heer P. Corneille gevolgd, onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium. Verbeterd in dezen tweeden druk. Te Amsterdam, by Izaak Duim, Boekverkooper, op den hoek van den Voorburgwal en Stilsteeg, 1756. Met Privilegie. In-8 de 4 ff. et 67 pp., front. gravé.

Édition revue et corrigée.

991. Pertharitus, Koning der Lombarden, Treurspel. Naar het Fransche gevolgd, onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium. Amsterdam, 1773. In-8.

Les ff. prélim. comprennent un très-beau frontispice, dessiné par Buys et gravé par Vinkeles.

«Quoique la traduction de Feitama soit une des meilleures qu'il ait écrites, elle n'a pas reparu au théâtre après l'année 1774.» V. L.

XXIII

992. Edipus, Treurspel. Dit het Fransch van P. Corneille. T'Amsterdam, by de Erfgen: van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1720. Met Privilegie. Pet. in-8. de 11 ff. et 96 pp.

Les ff. prélim. contiennent un beau frontispice de J. Goeree; le titre porte l'agneau au milieu des flammes, avec la devise: Perseveranter.

Traduction en vers, par Balthasar Huydecoper.

«Cet auteur, né en 1699, mort en 1778, appartenait à une famille patricienne d'Amsterdam, dont plusieurs membres remplirent des postes éminents dans la république. Lui-même fut échevin dans sa ville natale et bailli de l'île de Texel. Il écrivit quelques tragédies, dont deux surtout, Achille et Arsace, obtinrent un succès mérité. Il publia, en outre, plusieurs ouvrages de critique et de linguistique, dans lesquels il fit preuve d'un goût sûr et d'une profonde érudition, et qu'aiment encore à consulter les Hollandais qui veulent apprendre à bien écrire leur langue.

«La traduction est précédée d'une épître dédicatoire en vers, adressée au fameux professeur P. Burman, à Leide, épître dont nous essayons de donner ici la traduction:

«Le roi Œdipe, cet exemple de toutes les infortunes humaines, ce prince le plus malheureux qu'ait vu l'antiquité, reparaît sur la scène, non dans un habit nouveau, ni versant des pleurs que je lui fais répandre, ni tel qu'il a paru pour la seconde fois à la cour de France, applaudi par tous; mais tel que Corneille l'a fait briller, étoile resplendissante, illuminant de ses rayons l'Hélicon français, tel enfin qu'il se montra aux spectateurs émus jusqu'aux larmes de ses malheurs. Celui-là est digne du supplice de Marsyas, qui, présumant trop de ses forces, ose disputer au grand poëte de la France la couronne qui lui appartient. Tel le soleil lorsqu'en plein midi il réjouit et vivifie les champs qu'il éclaire, tel autrefois apparut Corneille. Un autre [Voltaire] arrive, pâle lune à minuit, et veut se mesurer avec lui: c'est Diane qui osa défier son frère. Mais le soleil fend-il les nuages et se montre-t-il dans sa splendeur, on voit aussitôt pâlir le disque de la lune. De même Corneille relèvera la tête, lorsque tout le monde aura vu flétrir et s'user par le temps et la rouille le clinquant qui l'aveugle aujourd'hui. Mais, sachant ce qui arrive à d'autres, je dois prévoir, etc.»

«La préface est bien écrite, mais elle est trop longue pour la reproduire ici.

«Huydecoper nous apprend pourquoi l'Œdipe de Corneille n'avait point jusque-là trouvé de traducteur; ou plutôt, dans un dialogue amusant, il en fait donner la raison par certain aristarque qui prétend que la pièce est la plus belle que son auteur ait écrite, et par là ne saurait être rendue en hollandais, que la Société littéraire Nil volentibus, qui a tout traduit, n'a pas osé s'y frotter, etc., jugement, comme on peut le croire, peu encourageant pour Huydecoper, qui venait d'achever sa traduction, et qui, malgré cela, ne laissa pas de la faire représenter. Le reste de la préface est consacré à la dissection de l'Œdipe de Voltaire, dont il fait une critique amère et généralement assez juste; il avertit le lecteur qu'il s'est permis de fondre en six lignes ce que dit Thésée dans la Ve scène du IIIe acte, depuis les mots:

L'âme est donc toute esclave, etc.

jusqu'au vers qui se termine par:

Et puis nous laisser faire.

«Ce morceau sur le libre arbitre, qui, d'après ce qu'en disent les commentateurs de Corneille, contribua beaucoup au succès de la pièce, aurait choqué les rigides calvinistes de la Hollande et empêché peut-être la représentation.

«La critique de la pièce de Voltaire dont nous avons parlé ne resta pas sans réponse. Dès le mois de mai de 1720, Huydecoper fut l'objet de vives attaques dans une revue mensuelle de Hollande. Il fut pris à partie aussi bien à cause de sa traduction qu'à cause du jugement porté par lui sur les deux tragédies d'Œdipe. Il n'était pas homme à se laisser réduire au silence, et, dans le courant de la même année, il fit paraître une réponse intitulée: Corneille verdedigd (voy. notre chap. [XIXe)]. Malgré tous les arguments qu'il put faire valoir, la tragédie de Voltaire supplanta sur la scène hollandaise celle de Corneille. Œdipe figurait encore au répertoire dans la première moitié de ce siècle.» V. L.

993. Edipus, Treurspel. Uit het Fransch van P. Corneille. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1735. Met Privilegie. Pet. in-8 de 10 ff. et 96 pp.

Réimpression textuelle de l'édition de 1720.

XXV

994. [Sertorius, Treurspel. Gevolgt naar het Fransche van den Heere P. Corneille. Te Amsteldam, 1714. Pet. in-8?]

Traduction en vers, par Jean Haverkamp.

Nous n'avons pas vu l'édition de 1714, qui n'a pas non plus été citée par Van Lennep. Nous la rétablissons à sa date d'après le privilége de l'édition suivante.

995. Sertorius, Treurspel; Gevolgt naar het Fransche van den Heere P. Corneille. Te Amsteldam, by de Erven van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1722. Met Privilegie. In-12 de 5 ff. prél. et 72 pp., fig.

Seconde édition de la traduction de Havercamp; elle est précédée d'une dédicace à Georges Bruyn, seigneur de Hardenbroek, régent des hospices, directeur du commerce du Levant, etc., etc.

Le privilége est daté du 23 mai 1714, avec renouvellement du 1er juillet 1728.

La figure, que nous avons comptée parmi les ff. prél., est tirée à part; elle porte ce titre: Sertorius: Treurspel.

996. Sertorius, Treurspel. Uit het Frans van den Heere P. Corneille, door T. A. Te Amsterdam, by Hendrik Bosch, 1722. Pet. in-8.

Nouvelle traduction en vers, par T. Arendsz.

«Le titre est orné d'un joli fleuron, représentant un jeune garçon sous un arbre auquel sont suspendus divers instruments de musique. On lit au bas la devise: Kies voorzigtig (fais un choix prudent). La dédicace en vers, adressée au sieur Adriaan Lever, porte la signature de Bosch, l'éditeur. Une notice qui suit la pièce contient une traduction de l'Examen publié par Corneille lui-même; il y est dit, en outre, que la traduction que Thomas Arendsz en avait faite existait depuis longtemps en manuscrit, et qu'on la revit et corrigea avant de la livrer à l'impression. La publication du travail de Haverkamp fut sans doute cause qu'on jugea à propos de publier aussi celui d'Arendsz. Sans cela ce serait un fait assez curieux que ces deux traductions du même ouvrage paraissant simultanément, et cela longtemps après l'original. Quant aux traductions, toutes deux ont leur mérite, et l'on pourrait dire «que les beaux esprits s'y sont rencontrés»; car maintes fois on remarque des vers exactement semblables chez l'un et chez l'autre traducteur.» V. L.

XXVII

997. Otho, met de Dood van Galba, Keizer van Romen, Treurspel. Naar het Fransch van den Heer P. Corneille. Te Amsteldam, by de Erfgenamen van J. Lescailje, 1695. Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers d'Othon, par S. van der Cruyssen.

Au titre, la marque des héritiers de Lescailje, avec la devise: Laboranter.

«La traduction est précédée au privilége et d'une dédicace à Madame Anna-Élisabeth Hinloopen, épouse du sieur Joan Ewruyn Glimmen signée: Simon Van der Cruyssen,

«La traduction est faible, et, comme elle ne fut pas réimprimée, il est à présumer que la pièce ne réussit pas au théâtre.

«Mme Hinloopen, à qui la pièce est dédiée, descendait d'une famille patricienne d'Amsterdam; elle était régente des hospices, dont son mari était régent.» V. L.

998. Otho, Treurspel door Jacob Zeeus. Te Delf, gedrukt by Reinier Boitet, 1721. Met Privilegie. Pet. in-8.

«Seconde traduction en vers, par J. Zeeus. Elle est précédée de six vers en l'honneur de l'auteur, dont voici la traduction:

«Sur la tragédie d'Othon.

«Melpomène, accoutumée à parler un langage épuré, donna ce joyau à Zeeus, qui le traduisit en excellent hollandais, comme elle s'y était attendue. Elle a donné son approbation à cet ouvrage, et, comme elle estime l'art au-dessus de l'or, elle appelle du geste Othon sur la scène et en bannit les mauvaises pièces. J. Van Hoven.

«Malgré l'enthousiasme avec lequel Van Hoven saluait cette traduction, elle ne put obtenir les honneurs de la représentation.» V. L.

XXIX

999. Attila, Koning der Hunnen. Treurspel. Gevolgt naar het Fransche van den Heer P. Corneille. Te Amsterdam, by de Erfgen: van Jakob Lescailje, op de Middeldam, op de hoek van de Vischmart, 1685. Met Privilegie. Pet. in-8 de 2 ff. et 64 pp.

Traduction d'Attila en vers rimés, par M. Elias. Le privilége, daté du 19 septembre 1684, est accordé aux régents du théâtre d'Amsterdam, qui déclarent en faire cession aux successeurs de Jacques Lescailje.

«Le titre est orné d'un fleuron qui représente une grande ruche entourée d'abeilles, mais sans l'accompagnement des vieillards ni des orphelins. Au fond, le Parnasse dont Pégase occupe le sommet, et au pied duquel on voit Apollon et les Muses. Le tout est entouré de deux branches d'églantier, surmontées des armes d'Amsterdam, autour desquelles s'enlace une banderole avec la devise de la chambre de rhétorique: In Liefde Bloeiende.» V. L.

1000. [Attila, Koning der Hunnen. Treurspel. Gevolgt na het Fransche van den Heer P. Corneille. Amsteldam, 1728. Pet. in-8?]

Seconde édition de la même traduction. Elle n'est pas indiquée par Van Lennep, mais nous en donnons la date d'après le privilége de l'édition suivante.

1001. Attila, Koning der Hunnen. Treurspel. Gevolgt na het Fransche van den Heer P. Corneille. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1743. Met Privilegie. In-8 de 71 pp.

Troisième édition de la traduction d'Elias.

Le privilége, daté du 27 mai 1728, porte renouvellement du 18 octobre 1743.

«On a lieu de s'étonner qu'une traduction tout au plus passable d'Attila ait pu avoir plusieurs éditions. Quoiqu'elle soit encore mentionnée sur le catalogue des pièces qui composaient le répertoire courant en 1782, il paraît qu'à cette époque elle était abandonnée déjà depuis longtemps.» V. L.

XXX

1002. [Titus Vespasianus; Treurspel. Gevolgd naar het Fransche van den Heere P. Corneille. Te Amsteldam, 1714. Met Privilegie. Pet. in-8?]

Traduction en vers de Tite et Bérénice, par S. Feitama.

Cette première édition est restée inconnue à Van Lennep, mais la date nous en est fournie par le privilége de l'édition suivante.

1003. Titus Vespasianus; Treurspel. Gevolgd naar het Fransche van den Heere P. Corneille. Te Amsteldam, by de Erfgen: van J. Lescailje, en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1722. Met Privilegie. In-12 de 4 ff. prél. et 62 pp.

Réimpression de la traduction de Feitama; elle est précédée d'une dédicace à Philippe Serrurier.

L'auteur dit qu'il a changé le titre de la pièce de Corneille pour qu'elle ne fût pas confondue avec la Bérénice de Racine.

Le privilége, daté du 23 mai 1714, porte renouvellement du 6 février 1722.

1004. Titus Vespasianus, Treurspel. Gevolgd naar het Fransche van den Heere P. Corneille. Merkelyk verbeterd. Nooit te voren alzoo gedrukt.

Cette édition corrigée se trouve dans les Œuvres dramatiques de l'auteur (Tooneelpoezy van S. F[eitama] onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium;te Amsteldam, by P. Visser en A. Slaats boekverkoopers, 1735, 2 vol. in-4, t. IIe, pp. 229-308).

«Feitama, dont nous avons déjà cité une traduction de Pertharite, était un poëte estimé, surtout un bon versificateur. On a de lui, outre plusieurs pièces originales, bon nombre de traductions, une, entre autres, de la Henriade, et une autre, en vers, du Télémaque,» V. L.

XXXII

1005. Surena, Veldheer der Parthen; Treurspel. Te Amsteldam, by Izaak Duim, boekverkooper; bezuiden het Stadhuis, 1738. Met Privilegie. In-8 de 5 ff. et 64 pp.

Traductions en vers par François Ryk.

Les ff. prélim. comprennent 1 front. gravé par Punt, le titre, le privilége et une dédicace.

XXXIII

1006. Thomas van Kempens Naavolging van Jesus Christus, naar de Fransche Uitbreiding van P. Corneille. In Nederduitsche dichmaat gebracht. Te Amsterdam, gedrukt voor het Kunstgenootschap en te bekomen by de Erven van J. Lescaille, 1707. Met Privilegie. In-8 de 8 ff. (y compris un front. gravé) et 151 pp.

Traduction des deux premiers livres de la Paraphrase de l'Imitation de Jésus-Christ, publiée par la Société littéraire Nil volentibus arduum.

1007. Thomas van Kempens Naavolging van Jesus Christus, naar de Fransche Uitbreiding van P. Corneille. De tweede druk op nieuws in rym vertaald en veel verbeterd. Amsterdam, by de Erven van J. Lescaille, 1716. Met Privilegie. In-8 de 6 ff. et 115 pp., front. gravé par J. Luyken.

Seconde édition, revue et corrigée, de la même traduction.

1008. Thomas a Kempis Navolging Christi in gedicht naer P. Corneille. Gouda, 1710. In-8.

1009. Th. van Kempens Navolging van Jesus Christus, meest gevolgt naar de Fransche Uitbreiding van P. Corneille. Te Rotterdam, by Jan Daniel Beman, 1730. In-8 de 10 ff., 262 pp. et 2 ff. de table.

Traduction du troisième livre de la Paraphrase de l'Imitation, publiée par la Société Natura et Arte.

VIII. Traductions en allemand.

1010. Erstlinge von Tragödien, Helden-Reimen und andern Tichteryen, von Tobias Fleischer. S. l., 1666. In-8.

On trouve dans ce recueil des traductions de Polyeucte et de Cinna.

1011. P. Corneille's Schauspiele. Bearbeitet von J. J. Kummer. Gotha, 1779-1781. 2 vol. in-12.

T. Ier: Der Cid.—T. IIe: Die Horazier.

Ces deux pièces font partie de la collection intitulée: Theater der Ausländer.

1012. Peter Corneille's Meisterwerke metrisch übersetzt [von Carl von Hänlein]. Berlin, Ferd. Dümmler, 1811-1817. 2 vol. in-8, avec 8 figg. (2 thal.)

Ire partie, 1811: Der Cid, Cinna.

IIe partie, 1817: Horatius, oder der Kampf der Horatier und Curiatier, Pompejus Tod.

1013. Auswahl aus Corneille's Dramatischen Werken. Frei bearbeitet von J. J. Kummer. Gotha und Leipzig, Reichenbach. 1832. 2 vol. in-18 (8 gr.)

T. Ier: Der Cid.—T. IIe: Die Horazier.

Ces deux pièces ont reparu quelques années plus tard dans la collection intitulée: Classisches Theater (Gotha und Leipzig, in-18).

1014. Die Sinnreiche|| Tragi-comoedia || genannt || Cid, || ist || ein Streit der Ehre und Liebe. || verdeutscht || vom || Georg Greflinger || Regenspurgern, || Kays. Notar. || Hamburg, || Gedruckt bey Georg Papen, || In Verlegung Johann Naumans|| Buchh. vor S. Joh. Kirchen. || Im Jahr 1650. Pet. in-8 de 42 ff. non chiff., plus un front. gravé.

Le frontispice représente Rodrigue agenouillé devant Chimène, près du cadavre du comte de Gormas. Chimène cherche à percer d'une épée la poitrine du Cid, mais un Amour détourne le coup. On lit au-dessus de la planche: Cid, || Verdeutscht vom Georg Gref || linger || Regenspurg. Kayserl. Not; et en bas: Bey Johann Nauman Buchhandlern || in Hamburg || Bart. Iselburg fe: Hamb.

Au titre se voit une marque qui représente la boule du monde surmontée d'un cavalier dont le cheval porte des ailes. La tête du personnage se perd dans les nuages, où l'on aperçoit le chiffre du Christ. La terre porte aussi le monogramme du Christ et de la Vierge, et sur une banderole, qui se développe à l'entour, on lit la devise: Superata Tellus (il faudrait vraisemblablement Tellure) sidera domat.

Au verso du titre, se trouve une dédicace dont voici la traduction littérale:

«Aux très-excellentes et très-nobles demoiselles, Mademoiselle Éléonore Edwige et Mademoiselle Anne Dorothée, duchesses de Schleswig, Holstein, Stormarn et Dithmarschen, comtesses d'Oldenbourg et de Delmenhorst, etc., ses très-gracieuses demoiselles, l'éditeur Jean Naumann, libraire à Hambourg, dédie respectueusement cette pièce.»

La dédicace est suivie d'un quatrain des plus médiocres. Vient ensuite un Avis au Lecteur dont voici la traduction:

«Cette tragédie qui finit dans la joie, autrement dit cette tragi-comédie appelée le Cid, n'est qu'un combat entre l'honneur et l'amour. Les Français et les Hollandais sont d'avis qu'aucune pièce n'a encore dépassé l'invention de celle-ci. L'auteur, qui est Français, s'appelle Cornelius. Ses paroles sont brèves, mais pleines de sens; il est douteux qu'un Allemand puisse rendre ses vers aussi brièvement sans les massacrer. Je n'en reproduis que l'ombre; c'est dans le français qu'on peut voir le tableau original. Si quelqu'un veut en avoir plus ample connaissance, qu'il s'y reporte; mon tableau s'effacera volontiers, car il n'a pas été composé pour briller, mais pour m'exercer à l'étude des langues. On y trouvera un grand travail. Il m'a fallu beaucoup de peine pour reproduire l'ombre, je ne parle pas du tableau. J'espère d'ailleurs que personne ne me reprochera, à moi, le plus humble de ceux qui se sont enivrés aux fontaines de Castalie, d'avoir traduit en allemand semblable ouvrage. Je suis Allemand, c'est-à-dire libre; j'ai la liberté de m'exercer dans ma langue et dans celle des autres, tout comme le plus savant, pourvu que je me borne à écrire des choses honorables et qui ne fassent tort à personne. J'ai conservé la forme versifiée, à l'exemple des Français et des Hollandais; je n'ai rien dit de plus ni de moins, m'attachant cependant plus au sens qu'aux mots. Chaque langue a ses expressions qui lui sont propres; on doit chercher à les remplacer le mieux possible. Si cette pièce te plaît, tu peux en attendre trois autres: la Fâcheuse Contrainte (der beklägliche Zwang), Laure (die Laura) et Andronic et Aron. Si ces pièces te plaisent à leur tour, accorde-moi tes bonnes grâces, sinon j'aurai du moins le profit de m'être de la sorte initié à la langue française. Porte-toi bien et prends tout en bonne part.

«Je suis ton dévoué serviteur,

«G. G. R. K. N. [Georges Greflinger,
notaire impérial à Ratisbonne].

«Hambourg, le 1er août 1650.»

Les ff. préliminaires comprennent encore un long argument.

Si le style de Greflinger n'est pas sans faiblesse, on ne peut lui contester un vrai mérite. On trouve dans sa traduction nombre de vers bien frappés. Bien que l'expression n'ait pas, en général, la concision du modèle, il est remarquable qu'il ait réussi à rendre le Cid vers pour vers; il a même imité la forme et le mètre des stances de Rodrigue.

1015. Die Sinnreiche Tragi-Comoedia genannt Cid, ist ein Streit der Ehre und Liebe. Verdeutscht von Georg Greflinger, Regenspurgern Kays. Notar. Hamburg, in Verlegung Georg Wolf Buchh. in S. Joh. Kirchen, im Jahr 1679. In-8 de 37 ff. non chiff., plus un front. gravé.

Réimpression de la traduction de Greflinger.

1016. Deutscher Schaubühne erster Theil, auff welcher in dreyen sinnreichen Schau-Spielen, die wunderbare Würfung keuscher Liebe und der Ehren vorgestellet wird. 1. Der Cid. 2. Der Chimene Trauer-Jahr. 3. Der Geist des Graffen von Gormas oder der Todt des Cid. Aus dem Franz. übersetzt durch Isaac Clauz aus Straßburg. Straßburg. 1655. In-8.

Nous n'avons pas eu ce recueil sous les yeux et ne pouvons en donner une description complète.

La seconde pièce est, croyons-nous, la Suite et le Mariage du Cid, de Chevreau (Paris, 1638); la troisième est l'Ombre du comte de Gormas et la Mort du Cid, de Chillac (Paris, 1639).

1017. Der Cid, Trauerspiel. Aus dem Frantzösischen ins Hochdeutsche übersetzt und dem Durchl. Fürsten und Herrn Anthon Ulrichen, Herzogen zu Braunschweig und Lüneburg, unterhänigst zugeeignet, von Gottfried Langen. Braunschweig 1699. In-8.

1018. Der Cid, Tragödie in fünf Aufzügen. Aus dem Französischen von U. L. Gust. S. Kleffel. Rostock, Stiller, 1779. In-8 (9 gr.)

Kayser indique cette traduction avec la date de 1807. Faut-il voir dans cette indication une erreur de chiffre ou supposer une seconde édition?

1019. Der Cid, Tragödie in fünf Aufzügen von Corneille. Uebersetzt von Ant. Niemeyer. Köthen, 1810. In-8.

1020. Der Cid. Trauerspiel in fünf Acten nach Peter Corneille. Von Graf K. Chr. E. Benzel-Sternau. Gotha, Becker, 1811. Gr. in-8 (16 gr.).

1021. Der Cid, ein Trauerspiel in fünf Aufzügen, nach P. Corneille. Von Matth. Collin.

Cette traduction a été publiée dans le t. Ier des Œuvres dramatiques de Collin. (Math. Collin's Dramatische Werke; Pesth, Hartleben, 1817, 4 vol. in-12.)

1022. Der Cid, Schauspiel in fünf Akten nach Corneille.—Der Wahrsager, Schauspiel in zwey Abtheilungen nach Poinsinet. Brandenburg, Wiesike, 1820. In-8.

1023. Der Cid, romantisches Trauerspiel zum Theil nach spanischen Romanzen. Von E. Ortlep. Leipzig, Lehnhold. 1828. In-8.

Imitation partielle de la tragédie de Corneille.

1024. Der Cid, ein Trauerspiel in fünf Aufzügen, aus dem Französichen des Herrn Corneille übersetzet.

Traduction en vers insérée dans: Die deutsche Schau-Bühne nach den Regeln und Exempeln der Alten; ans Licht gestellt von Joh. Christoph Gottscheden, Ire part. (Leipzig, 1742, in-8), pp. 329-406.

1025. Uebersetzung des Cid von Corneille (Act. I-III.), mit einem Nachwort von O. Kallsen, Dr. phil.

Cette traduction est insérée dans le Programm des kön. Gymnasiums zu Meldorf am Ende des Schuljahres 1856; Meldorf, 1836, in-4 de 38 pp.

Meldorf, petite ville du Holstein, appartenait alors au Danemark.

1026. Der Cid, Tragödie von P. Corneille. Uebersetzt von dem Oberlehrer Carl Franke.

Cette traduction est insérée dans la publication suivante:

Programm womit zu der fur Sonnabend und Montag, den 15. und 17. August im königlichen katholischen Gymnasium zu Sagan bestimmten öffentlichen Prüfung, Redeübung, Entlassung der Abiturienten und Versetzung der Schüler aller Klassen ergebenst einladet Dr. Floegel, Director, Ritter des rothen Adlerordens 4. Classe. Sagan, Schnellpressendruck von P. H. Raabe und Sohn, 1868. In-4 de 40 pp. à 2 col. (pp. 3-27).

Elle est en vers non rimés et serre le texte autant que possible. L'auteur n'a voulu, dit-il, que fournir aux élèves de la classe supérieure l'occasion de parcourir de nouveau une pièce qu'ils avaient déjà étudiée avec lui dans le courant de l'année scolaire.

1027. Der Cid, Trauerspiel in 5 Aufzügen von P. Corneille. Uebersetzt von Malvine Gräfin Waltzan. Leipzig, Ph. Reclam jun., 1873. Gr. in-16 de 59 pp.

Universal Bibliothek, no 487.

X

1028. Des Herrn T. (sic) Corneille Horatz, oder gerechtfertigter Schwester-Mord, Trauer-Spiel aus seinem Französischen ins Teutsche gesetzt. In Verlegung Johannis Cundisii, Buchhändlers in Görlitz. Leipzig, gerdruckt bey Christian Michael, 1662. In-8.

Traduction d'Horace, par D. E. Heidenreich.

1029. Die Horazier, ein Trauerspiel in fünf Aufzügen, aus dem Französichen des Herrn Peter Corneille übersetzet von Friedr. Erdmann Freyh. von Glaubitz, Kaiserl. und Reichs-Cammergerichtsassessoren.

Traduction en vers insérée dans: Die Deutsche Schau-Bühne nach den Regeln und Exempeln der Alten; ans Licht gestellt von Joh. Christoph Gottscheden, Ire part. (Leipzig, 1742, in-8), pp. 1-78.

1030. Die Horazier, Trauerspiel. Von Georg Behrmann. Hamburg, 1752. In-8.

Imitation d'Horace.

1031. Die Horatier, Trauerspiel in 5 Aufzügen nach P. Corneille. Quedlinburg, 1811. Gr. in-8.

1032. Horace. Eine Tragödie von P. Corneille. Herausgegeben von Herm. Dörgens. Köln und Neuß, Schwan'sche Verlagshandlung, 1861. Gr. in-8 de XXVIII et 64 pp. (10 gr.)

XI

1033. Cinna, oder die Gütigkeit Augusti, ein Trauerspiel des Corneille.

Irdische Flora, 1702, in-8, pp. 95 sqq.

1034. Cinna, oder die Gütigkeit des Augustus. Trauerspiel aus dem Französischen übersetzt. Wien, 1750. In-8.

Une première traduction de Cinna fut publiée en 1655, en même temps que la traduction de Polyeucte (voy. le no [1010]).

XII

1035. Polyeuctus || oder || Christlicher Märtyrer || Meist aus dem Französischen || des H. Corneille ins Deutsche || gebracht || Mit sich darzu fügenden neuen Erfin- || dungen vermehret || und || vor weniger Zeit || In Gegenwart und Versamlung || hoher Häupter || E. Hochlöbl. Universität und || E. Ed. E. Hochweisen Raths || zu Leipzig || durch || Ein öffentliches Trauer-Spiel || Nach anderer dergleichen Aufführung auff gesche- || henes inständiges Ansuchen || Einer Studierenden Gesellschaft || vorgestellt || von Christophoro Kormarten, Lips. || Leipzig und Hall in Sachsen, || In Fickischen Buchläden anzutreffen 1679. In-8 de 8 ff (dont le 2e et le 3e sont blancs) et 221 pp.

Imitation de Polyeucte en prose par Christophe Kormart. Elle est dédiée à neuf professeurs ou négociants de Leipzig et de Hambourg, protecteurs du traducteur. La dédicace est suivie d'un avis au lecteur, dans lequel Kormart déclare que, malgré tous les mérites de Corneille, il s'est permis d'introduire ça et là quelques changements.

Kormart a voulu arranger la pièce de Corneille d'après le goût allemand. A côté de scènes empruntées mot pour mot à l'original, il a introduit des scènes nouvelles dans lesquelles il met en action les faits qu'un simple récit révèle au spectateur dans la tragédie française. «Il n'est plus question de l'unité de lieu; la scène change sans cesse; l'alexandrin est transformé en simple prose. Si les personnages ont conservé l'étiquette en usage à cette époque, s'ils se parlent encore à la troisième personne du singulier, ils sont cependant devenus plus solides et plus vivants. Le tiède confident et conseiller Néarque, par exemple, a fait place à un Africain, plein de la foi la plus ardente, qu'une amitié enthousiaste unit à Polyeucte. Les principales figures de Corneille ont reçu une marque plébéienne; elles sont devenues infiniment plus communes, mais aussi plus puissantes.» Voy. Devrient, Geschichte der deutschen Schauspielkunst, t. Ier (Leipzig, 1848, in-8), pp. 234-241.

1036. H. Corneille Polyeuctus, oder Tragoedia vom christlichen Martyrer Polyeuctus, aus Frantzöischen [sic] geteutscht und mit neuen Erfindungen anständiglich vermehrt von C. R. L. Hall, in Verlegung Johann Fickens S. Witbe, 1673. Pet. in-8 de 6 ff. prél. non chiff. et 221 pp.

1037. Polyeuctes, ein Märtyrer. Christliches Trauerspiel. Aus dem Frantzösischen des P. Corneille übersetzt von Catharina Salome Linckin, gebohrner Feltzin. Straßburg, 1727. Pet. in-8.

Traduction en vers.

1038. Polyeuctes, christlicher Märtyrer. Trauerspiel. Leipzig, 1733. In-8.

1039. Polyeuctes, christliches Trauerspiel. Wien, 1750. In-8.

1040. Polyeucte Martyr, tragédie chrétienne. Oder Der Märtyrer Polyeuctes, welcher in der achten Verfolgung deren Christen unter dem Kayser Decio enthauptet worden, in einem christlichen poetischen Trauer-Spiel vorgestellet von P. Corneille, Frantzöisch und Deutsch.

Traduction en vers rimés accompagnée du texte original en regard. Elle est insérée dans un recueil qui n'a pas de titre général et commence par la pièce suivante:

Gabinie, tragédie chrétienne, oder die unter der letzteren zehenden schweresten Haupt-Verfolgung Kaysers Diocletiani standhaffte Christin Gabinie, in einem christlichen poetischen Trauer-Spiel vorgestellt von P. B. [Palaprat und Brueys]. Frantzöisch und Deutsch. Franckfurth und Leipzig, verlegt Gottlieb Siegert, Buchhändl. in Hirschberg, 1734. In-8 de 8 ff. prél. et 351 pp. avec 2 figg.

Polyeucte occupe les pp. 160 à 351 de ce volume. Le texte est précédé d'une figure. Le but du traducteur a été simplement de présenter au lecteur des pièces édifiantes.

XIV, XV

1041. Der Lügner, Lustspiel in zwei Theilen von Corneille ins Deutsche übersetzt. Quedlinburg, 1762. Gr. in 8 (6 gr.)

Traduction du Menteur et de la suite du Menteur, par J. A. Tiessen.

1042. Der Lügner, Lustspiel in fünf Aufzügen. Aus dem Französischen von P. Corneille. Wien, Wallishaußer, 1807. In-8 (8 gr.)

XVI

1043. Rodogune Prinzessin aus Parthien, Trauer-Spiel aus des Corneille Französischen übersetzet durch F. E. Bressand. Wolffenbüttel, gedruckt bey Caspar Johann Bißmarckt, 1691. In-8.

Traduction en vers.

1044. Rodogüne, Prinzessin der Parthen, ein Trauerspiel in fünf Aufzügen, aus dem Französischen von P. Corneille. Leipzig, Barth, 1769. In-8 (4 gr.)

1045. Rodogüne, Trauerspiel in fünf Aufzügen nach Corneille, von A. Bode. Berlin und Leipzig, 1803. In-8 (10 gr.)

1046. Rodugune, Parthische Prinzessin. Trauerspiel von P. Corneille. Deutsch von H. Heller. Leipzig, Ph. Reclam jun., 1874. Gr. in-16 de 61 pp.

Universal-Bibliothek, no 528 (2 gr.).

XXV

1047. Sartorius, in einem Schau-Spiel, bey höchsterfreulicher Begehung des Gebuhrts-Tages der durchlauchtigsten Fürstin und Frauen, Frauen Elisabetha Juliana, Hertzogin zu Braunschweigk und Lüneburk, gebohrne Hertzogin zu Schleßwig und Holstein, etc., etc., von einigen Theils Dero hochfürstl. Durchl. Fürstl. hoch-Gräfl. und Adelichen Persohnen, auff dem neuen Theatro zu Saltzthal vohrgestället, im Jahr 1694. S. l., in-8.

L'auteur, F.-E. Bressand, reconnaît dans sa préface que sa pièce n'est qu'une traduction. Il rapporte, du reste, qu'il a traduit encore d'autres tragédies françaises: Rodogune, Athalie, Herménégilde, etc.

IX. Traductions en danois.

IX

1048. Dansk Oversettelse af dend tredie Scena i dend tredie Act af Mr. Corneilles franske Tragoedie, som kaldis Cid. Gioort for tidsfordrivs skyld af Fr. D'Anholt, som i 19 aar haver opholdet sig i Danmark. (A la dernière page:) Trykt i Paris 1696. Pet. in-4 de 8 pp.

Traduction de la troisième scène du troisième acte du Cid par Fr. d'Anholt (Frédéric Rostgaard).

1049. Dansk Oversettelse af dend tredie Scena i dend tredie Act af Mr. Corneilles franske Tragoedie, som kaldis Cid, Gioort for tidsfordrivs skyld af Fr. D'Anholt. Pariis, 1696. (A la dernière page:) Paris, 1696. Pet. in-4 de 8 pp.

Cette traduction est la même que la précédente, mais l'impression offre quelques variantes.

XII

1050. Polieuctes Martyr. Tragedie udi fem Acter. Oversat paa Danske Vers af det Franske Sprog efter Herr Pt. Corneilles Original. Til det Kongl. Danske Theaters Brug. Kiöbenhavn, 1763. In-8 de 96 pp.

Traduction de Polyeucte, à l'usage du Théâtre royal danois. L'auteur est Vilhelm Bornemann.

X.—Traductions en suédois

IX

1051. Le Cid. Eller Then om Heder täflande Kärleken. Sorge-Spel Uti Fem Afhandlingar. Författat på Französka af then widt berömde Pierre Corneille, Och På Swensk vers öfwersatt 1739, Af Gabriel Boding. Förestält på then Kongl. Skådeplatzen i Stockholm. Första gången then 23 Sept. 1740. Stockholm, Tryckt uti Kongl. Tryckeriet. In-4 de 72 pp. (1 daler. 16 öre).

Traduction représentée pour la première fois sur le Théâtre du Jeu de paume (Bollhus), à Stockholm le 23 septembre 1740; reprise sur le Théâtre de la Houblonnière (Humlegården), le 25 août 1777.

Gabriel Boding, né on 1714, mort en 1790, était arpenteur dans le gouvernement de Stockholm. Outre le Cid, il a fait paraître, en 1741, une traduction des Fourberies de Scapin, de Molière.

1052. Cid, tragedi i 5 akter af Pierre Corneille. Fritt öfversatt af P. Westerstrand. Stockholm, Horbergska Botryckeriet, 1843. In-8 de 76 pp. et 1 f. d'errata.

Traduction en vers. Elle avait paru dès l'année 1839 dans les Metriska Öfversättningar af P. Westerstrand, mais l'auteur lui fit subir plusieurs changements dans l'intervalle.

X

1053. Horace, Sorge-Spel i fem Afhandlingar af P. Corneille, öfwersatt af J. Berghult.

Traduction représentée sur le théâtre du Jeu de paume, à Stockholm, en 1741.

On doit à l'auteur, Berghult, deux autres traductions du français: le Grondeur (Tvärviggen), de Brueys et Palaprat, et l'Impromptu de garnison (Den illfänige Friaren).

XIV

1054. En Bättrad Will-Hierna, Och en Trogen Wänskap, Förstäld uti en Af Engelskan öfwersatt Comoedia Som wardt öfwersänd Till Herr Cantzeli-Rådet Baron Eric Wrangel Af En fråwarande wän. Åhr 1721. Stockholm, Tryckt uti A. Holms Tryckerij, 1723. In-8 de 3 ff. et 113 pp.

Traduction du Lying Lover, de Steele. On a vu ci-dessus (no 917) que cette pièce est imitée du Menteur. L'auteur de la présente traduction est le comte Charles Gyllenborg, président de la chancellerie suédoise, né en 1679, mort en 1746, qui fit représenter en 1737 une imitation du Français à Londres, de Boissy (Den Svenska sprätthöken), et, en 1745, une traduction de l'Andromaque, de Racine. L'éditeur, le baron Eric Wrangel, né en 1686, mort en 1765, fit représenter sous son nom, à Stockholm, deux tragédies en vers, Fröken Snöhvit (Mlle Blanche comme neige) (1737), et Torilla (1738).

1055. En Bättrad villhjerna, och en trogen vänskap. Förestäld uti en af Engelskan öfversatt comoedia, som vardt öfversänd till Eric Wrangel. Upsala, tryckt hos P. Hanselli, 1861. In-8 de 124 pp.

Réimpression de la traduction précédente. C'est un tirage à part à 25 exemplaires du recueil intitulé: Samlade Vitterhetsarbeten af Jacob och Anders Wollimhaus samt Olof och Carl Gyllenborg; Upsala, 1863, in-8, pp. 243-366.

1056. Baron Sorgfri eller en förbättrad Will-Hierna, Comoedia i fem Akter efter Steele, fritt öfwersatt af C. Gyllenborg.

Texte revu de la traduction de C. Gyllenborg, représenté au Théâtre du Jeu de paume (Bollhus), à Stockholm, le 11 février 1745.

XI. Traductions en russe.

IX

1057. Сидѣ трасдія въ 5 длйетвіяхъ. Сочинениіе Корнелія; переводѣ съ французскго белыми стихами. Санктпетербург, 1779. In-8 (50 kop.)

Traduction du Cid en vers blancs.

1058. Сидъ трасдія въ 5 длйетвіяхъ въ стихами. Сочинение П Корнелія; переводѣ съ французскго Павел Катйенін. Санктпетербург, 1822. In-8.

Traduction du Cid, par Paul Katjenin.

XI

1059. Цинна,или Августово Милосердіе,трагедія вѣ 5 длйетвіяхъ. Сочинениіе П Корнелія; переводѣ съ французскго белыми стихами. Санктпетербург, 1779. In-8 (50 kop.)

Traduction de Cinna en vers blancs.

XII

1060. Полиевктъ мученикъ, христіансая Петра Корнелія переводъ съ французскго белыми въ русскіе Н. Х.

Traduction de Polyeucte, représentée sur le théâtre de la cour de Russie, au mois de janvier 1759. Il en existe une copie manuscrite à la Bibliothèque nationale (Msc. slaves, no 41).

XIII

1061. Смертъ Помпеева, трагедія вѣ 5 длйетвіяхъ. Сочинениіе П Корнелія; переводъ съ французскго белыми стихами. Санктпетербург, 1779. In-8 (50 kop.)

Traduction de la Mort de Pompée en vers blancs.

XVI

1062. Родогуна, трагедія вѣ 5 длйетвіяхъ. Сочинениіе Корнелія; переводъ съ французскго прозою. Москва, вѣ Т. Компаніи типографической, 1788. In-8 (40 kop.).

Traduction de Rodogune, en prose.

XII. Traductions en serbe.

X

1063. Хорације. Трагедија у 5 чинова од Петра корнеља. С француског превео Никола Маринович. У Београду, у државној штампарији, 1871. In-16 de 4 ff., 102 pp. et 1 f. blanc.

Traduction d'Horace en vers, par Nicolas Marinović, dédiée au major Michel Anastasijevićc], le célèbre patriote à qui Belgrade doit la fondation de son université. Le traducteur, fils de l'ancien président du ministère serbe, a fait toutes ses études à Paris, et sa parfaite connaissance de la langue française lui a permis de suivre le texte original avec une grande fidélité.

XIII. Traductions en polonais.

IX

1064. Cyd Rodryg, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez And. Morsztyna. Supraśl, 1752. In-8.

Traduction du Cid, par André Morsztyn.

1065. Cyd, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez L. Osiňskiego. Warszawa, 1861. In-8.

Traduction du Cid, par Louis Osiňski. M. Estreicher (Bibliografia polska, t. Ier, p. 370) la cite dans sa liste des ouvrages dramatiques, mais ne la mentionne pas, t. IIe, p. 432, au mot Kornel. On en trouve un extrait dans les œuvres d'Ignace Krasicki (Dzieta poetyckie Ignacego Krasickiego; W Warszawie, 1803, 10 vol. in-8, t. IIIe, pp. 364-368).

X

1066. Horacyusze, tragedya P. Kornela, przekɫadania L. Osiňskiego. Warszawa, 1802. In-8.

Traduction d'Horace, par L. Osiňski. On en trouve un extrait dans l'édition des œuvres de Krasicki citée plus haut, t. IIIe, p. 368-373.

1067. Horacyusze, tragedya P. Kornela, przekɫadania L. Osiňskiego. Warszawa, 1861. In-8.

XI

1068. Cynna albo ɫaskawość Augusta, tragedya P. Kornela z francuzkiego przekɫadania Ks. Franc. Godlewskiego. Wilno, Zawadzki, 1807. In-8.

François-Xavier Godlewski, né en 1769, mort en 1838, a publié 4 volumes de sermons et des traductions de Cinna, de Corneille, et de la Thébaïde, de Racine.

1069. Cynna, czyli Ƚaskawość Augusta, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez L. Osiňskiego. Warszawa, 1861. In-8.

M. Estreicher, t. Ier, p. 370, cite la traduction de Cinna, par Osiňski, comme ayant été publiée à Varsovie en 1861, mais, plus loin (t. IIe, p. 432), il en parle comme d'un manuscrit existant à la bibliothèque de l'Université de Cracovie.

XII

1070. Polieukt, tragedya chrześciaňska P. Kornela przekɫadania W. Niemojowskiego. S. l. n. d. [1819]. In-8.

Traduction de W. Niemojowski.

1071. Pollieukt meczennik, tragedya chrześciaňska w 5 aktach, tɫómaczona z francuzkiego z dzieɫ P. Kornela przez Stanislawa Laskowicza. Wilno, A. Marcinowski, 1836. In-8 de 92 pp.

Stanislas Laskowicz ne s'est fait connaître que par sa traduction de Polyeucte et des traductions de Voltaire.

XIII

1072. ŚmierŚ Pompejusza, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez Wɫ. Miniewskiego.

M. Estreicher cite cette traduction de la Mort de Pompée, t. Ier, p. 370; nous ne savons où elle a été publiée.

XIV

1073. Ƚgarz, komedya P. Kornela, naśladowania z Lopego Wegi, przekɫadania Leona Moszyňskiego. S. l. n. d. [vers 1775]. In-8.

Traduction du Menteur, par le célèbre Ignace Krasicki, sous le pseudonyme de Léon Moszyňski.

1074. Ƚgarz, komedya P. Kornela, naśladowania z Lopego Wegi przekɫadania Leona Moszyňskiego. Warszawa, 1780. In-8.

Réimpression de la traduction de Krasicki. Il en existe une autre édition séparée (Warszawa, 1832, in-8).

XVIII

1075. Herakliusz, tragedya w 5 aktach z P. Kornela przez Aleksandrowicza. Lwów, 1749. In-8.

Traduction d'Héraclius, par Aleksandrowicz.

XXVII

1076. Otton, tragedya w 5 aktach P. Kornela, przekɫadania St. Konarskiego. Warszawa, 1744. In-8.

Stanislas Konarski, né en 1700, mort en 1773, appartenait à l'ordre des Piaristes. Il a composé divers traités de grammaire et de rhétorique.

Les autres littératures slaves ne possèdent aucune traduction de Corneille.

XII.—Traductions en grec.

IX

1077. Ὁ Ξιδ. Τραγωδια εις πραξεις πεντε ὑπο Κορνελιου. Μεταφρασθεισα και εκδοθεισα ὑπο Παναγη Τ. Ρειλανδου, φοιτετου της νομικης. Εν Αθηναις, 1868. In-8 de VIII et 72 pp.

Traduction du Cid, par Panaï G. Weiland.

XI

1078. Ποιηματα Ιακωβον Ρἱσου Ρἁγκαβη περιεχοντα μεταφρασιν τριων γαλλικων τραγωδιων μετα του πρωτοτυπου κειμενου, και αλλα διαφορα. Εν Αθηναις, 1836. 2 vol. in-12.

Le t. 1er contient Cinna, de Corneille, et Phèdre, de Racine. Le t. IIe contient Zaïre, de Voltaire, et diverses autres pièces.

La traduction de Cinna est en vers politiques rimés, de quinze syllabes.

XV.—Traductions en arménien.

XII

1079. Polyeucte martyr arménien, tragédie de Pierre Corneille. Venise, typographie des Mekhitaristes, 1858.—Պոլկտոս վԿայ Հայերեն ողբերգություն Պ. Գոռնեյի թարգմանական Հ. Գ. Վ Հ. Վենետիկ ի տպաըանի Մխիթաեանյ. 1858. Gr. in-12 de 157 pp. y compris les ff. prélim., avec un portrait lithographie de Corneille sur papier fort (2 fr. 50).

Traduction en vers rimés arméniens par le R. P. Georges Hurmuz, docteur en théologie, archevêque de Stoussik'. I; en existe des exemplaires avec le texte arménien seul.

1080. Թատրոն արևելեան. Պոլկտոս վԿայ Հայերեն ողբերգություն ը Հինգ արարուծս, Թարգմ, Ս. Հեքիմեան, Կ. պօլիս. 186?.

Théâtre oriental. Polyeucte, martyr arménien, tragédie en cinq actes, trad. par Z. Hekimtan. Constantinople, 186?.

XIV. Traductions en magyar.

IX

1081. Cid Corneille Péterböl. Magyarítva Greguss Ágoston által. Szarvas, Réthy Lipót sajátja, 1847. Pet. in-8 de 2 ff. et 92 pp.

Le Cid, traduit par Auguste Greguss.

Greguss, né à Eperjes le 27 avril 1825, est un des poëtes les plus estimés de la Hongrie actuelle. Il est aujourd'hui professeur d'esthétique à l'Université de Budapest.

1082. Cid. Tragédia öt felvonásban. Fordította Greguss Ágoston. Kiadja a Kisfaludy-Társaság. Budapest, az Athenaeum tulajdona, 1873. Pet. in-8 de 99 pp.

Seconde édition de la traduction de Greguss publiée par la Société Kisfaludy.

X

1083. A' Horatziusok és Kuriatziusok, Szomorújáték versekben és öt részben Zechenter Antal, a' fö-hadi-tanátsnak tisztje által. Pulchrumque mori succurrit in armis. Virg. Posonyban, Landerer Mihály' költségével, és betüivel, 1781. Pet. in-8 de 86 pp.

Horace, traduit par Antoine Zechenter.

Zechenter, né à Bude, vers 1750, était attaché au conseil de guerre aulique. Il a traduit Mithridate, de Racine, et divers ouvrages de Voltaire, de Goethe, etc.