XIX

Réforme dramatique grâce à laquelle la pièce est devenue l'accessoire.—Transformations successives d'un drame historique.—Première représentation.—Une loge d'avant-scène.—Analyse de Kléber en Égypte, drame en cinq actes et à plusieurs bêtes.

Au sortir du Musée, Prétorien se rappela qu'il devait assister à la première représentation d'un drame dont l'annonce remuait tout Sans-Pair. Il s'agissait d'une pièce intitulée Kléber en Égypte, qui, au dire des initiés, accusait les études historiques les plus profondes. L'auteur avait su ramener ses caractères et ses fables à la simplicité antique du dix-neuvième siècle. Cependant, il n'était arrivé à faire jouer son drame qu'après une série d'épreuves dont le directeur du Grand Pan fit le récit à ses compagnons.

«Autrefois, leur dit-il, dans une représentation scénique, la pièce était l'objet principal; c'était pour elle que l'on disposait les décorations, les costumes, les acteurs; on admettait la suprématie de l'esprit sur la matière, la soumission de l'instrument à la musique qu'il devait rendre; nous avons changé ces trop commodes habitudes. Aujourd'hui, la pièce est l'accessoire; le directeur l'essaye à ses toiles peintes, l'arrange pour sa troupe. Il la rogne au commencement, l'allonge à la fin, l'élargit au milieu. Chaque comédien, au lieu de représenter un caractère, révèle au public sa propre personnalité; on ne joue plus de pièces, on joue des acteurs. Le drame de Kléber en Égypte offre, du reste, un exemple éclatant de la souplesse avec laquelle nos auteurs accommodent l'idée à toutes les exigences. La pièce, qui s'appelait d'abord La Jeune Esclave, avait été écrite pour les débuts d'une actrice charmante, qui s'est malheureusement trouvée tout à coup hors d'état de jouer les vierges. On a alors proposé de lui substituer un amoureux, en prenant pour titre Le Jeune Esclave! Ce n'était qu'une modification d'artiste, comme le fit observer spirituellement le directeur (car les directeurs ont de l'esprit depuis qu'ils ne laissent plus les auteurs en avoir); mais l'amoureux refusa le rôle à cause du costume, qui ne lui permettait point de porter des bottes à la dragonne; les bottes à la dragonne étaient sa spécialité et l'origine de tous ses succès! Un auteur de votre temps eût sans doute renoncé à son œuvre après de tels échecs, mais les nôtres sont plus tenaces. Celui de la pièce nouvelle apprit qu'un célèbre dompteur de bêtes venait d'arriver à Sans-Pair, et son plan fut aussitôt transformé. Il substitua Kléber au grand Sésostris, un aigle chauve au capitaine des gardes, et remplaça l'amoureux par un jeune caïman de la plus haute espérance. C'est lui que nous allons voir. On dit le rôle merveilleusement approprié à ses facultés dramatiques et plein d'effets saisissants. Mais l'heure du spectacle n'est point encore arrivée, et celle du dîner vient de sonner; entrons au Bœuf de la reine d'Angleterre: c'est un restaurant nouveau établi par notre société, et dont les actions sont déjà de quatre-vingts pour cent au-dessus du pair; on y accepte tout en payement: chapeaux sans bords, breloques de montres, roues de cabriolet. Un pauvre diable peut y échanger ses vieilles bottes contre une côtelette, ou ses bretelles contre un potage; aussi vous voyez quelle foule. Cependant, les consommateurs qui payent en argent ont une salle particulière, et prélèvent les meilleurs morceaux.»

Ils entrèrent dans un réfectoire où se dressaient une douzaine de tables colossales, sur chacune desquelles étaient servis des animaux tout entiers. Ici, c'était un bœuf couché sur une litière de pommes de terre frites ou de choucroute; plus loin, des veaux à demi enfoncés dans la gelée, des moutons piqués d'ail, des porcs dorés au feu, des monceaux de poulardes exhalant le parfum de la truffe, et des files de canards nageant dans des rivières de navets ou de pois verts. D'énormes couteaux, mus par la vapeur, procédaient au dépècement de ce festin homérique.

«Vous êtes peut-être surpris d'une pareille exhibition culinaire, dit Prétorien, mais elle a pour but de rassurer contre la fraude des restaurateurs. Ici, chaque convive constate l'identité du nom et de la chose; ce qu'il mange est bien ce qu'il croit manger; comme saint Thomas, il peut voir et toucher. Asseyons-nous devant ce bœuf encore intact, auquel les cornes et la peau ont été conservés pour plus d'authenticité, et indiquez vous-même le morceau préféré, il vous sera à l'instant découpé et servi. Quant à la boisson, voyez parmi tous les noms gravés sur les tonneaux, et tournez le robinet de celui que vous aurez choisi.»

Les deux époux prirent place à une table défendue, selon la manière anglaise, par des cloisons qui procuraient à chaque consommateur l'agrément de ne pas voir ses voisins et de ne point en être vu. Chacun mangeait comme les chevaux, seul à son râtelier. On n'était jamais exposé à parler à un autre convive, à lui rendre un de ces légers services qui entretiennent la sociabilité entre les hommes; on était chez soi, avec soi, rien que pour soi!

Du restaurant, Prétorien se rendit au grand Théâtre de la République, où se donnait la pièce nouvelle.

Le péristyle était décoré des statues de Shakespeare, de Schiller, de Calderon et de Molière, mises sans doute à la porte pour avertir que leur génie n'avait plus de place au dedans. Les arrivants trouvèrent la salle éclairée et déjà garnie de spectateurs. C'était cette foule d'artistes, de gens de lettres, de journalistes, conviés à venir prendre les prémices de toutes les fêtes de l'esprit ou du regard, et n'y venant que pour railler l'amphitryon et le festin; race blasée, dédaigneuse, qui méprise les plaisirs qu'on lui donne, et qui s'indignerait qu'on les lui refusât.

En traversant un des corridors, Prétorien aperçut un groupe au milieu duquel se trouvait M. Claqueville, assureur de succès en tous genres.

M. Claqueville avait des cheveux blancs, la croix d'honneur et trois mille six cent quarante-trois médailles reçues de la société des auteurs dramatiques pour autant de pièces sauvées du naufrage. Il était, en outre, l'inventeur d'une multitude de perfectionnements destinés à transformer en chefs-d'œuvre tous les ouvrages assurés par sa maison. Non-seulement il avait des rieurs à gages, des pleureuses patentées et des ouvriers en applaudissement, tous élevés pour ces différentes destinations dans la ménagerie humaine de M. Banqman, mais il entretenait une armée de caudataires chargés de figurer de la foule; huit femmes excellant dans les attaques de nerfs et les évanouissements; trois vieillards ayant pour spécialité de se faire écraser aux portes des théâtres, afin de prouver l'affluence; enfin, une escouade de prestidigitateurs chargés d'enlever dans toutes les poches les sifflets et les clefs forées.

Au moment où Marthe et Maurice le rencontrèrent, il se trouvait précisément entouré des chefs d'escouade, auxquels il communiquait son ordre du jour.

«Attention sur toute la ligne, s'écriait-il en levant sa canne comme une épée de commandant; l'administration a dépensé six cent mille francs, il faut que la pièce fasse l'admiration du ciel et de la terre. Enlevez-moi-la au niveau de la grande pyramide d'Égypte… dont vous verrez la réduction en toile peinte. Il nous faut trois cents représentations, mes agneaux. Les claqueurs qui pourront me montrer des ampoules recevront une gratification, et les pleureuses qui se donneront un rhume de cerveau auront droit à un pourboire. Surtout, soignez les entrées du crocodile, vu qu'il m'a donné des billets.»

Prétorien se fit ouvrir une loge d'avant-scène, dans laquelle il avait reconnu madame Facile, en compagnie de MM. Banqman, Le Doux, Blaguefort, et de milord Cant, reconnu à Sans-Pair pour le roi de la fashion.

Milord Cant méritait à tous égards cette royauté: il entretenait les plus beaux équipages et les maîtresses les plus dispendieuses, tenait les plus forts paris et se montrait partout où il n'y avait rien d'utile a faire. On eût en vain cherché dans sa vie un trait de dévouement, un élan de sympathie, une heure de nobles efforts. Milord Cant n'avait jamais dévié de cette distinction qui nous fait tirer orgueil du hasard, non de la volonté; de ce qui est en dehors de nous, jamais de nous-mêmes. Pour lui, le but n'était point vivre, mais paraître; sa loi n'était pas le bien, mais la convenance. Pauvre égoïsme gonflé de vanité, qui jouait dans le monde le rôle de ces colosses brodés d'or que l'on place à la tête des régiments, les jours de revue, pour l'admiration des vieilles femmes et des enfants!

Au moment où Prétorien parut avec ses compagnons, il venait d'approcher de son oreille une petite corne d'ivoire qu'il réussit à y maintenir au moyen d'une contraction particulière. La corne d'ivoire passait à Sans-Pair pour le symbole de la suprême élégance; elle avait renchéri sur le lorgnon. Après avoir trouvé du bon ton d'être myope, on avait trouvé de meilleur ton d'être sourd. C'était une preuve d'inutilité de plus.

Milord Cant avait, en outre, laissé croître ses ongles, à l'exemple des Chinois, afin de constater son oisiveté. Il portait un vêtement de toile de chanvre, qui, vu la rareté de cette dernière production, était un objet de luxe, et, au lieu de diamants, devenus ridicules depuis qu'on les fabriquait comme du verre, des boutons de pierres à fusil, dont toutes les femmes admiraient la beauté.

Le journaliste et lui se saluèrent comme deux rois, dont l'un a conquis sa couronne et dont l'autre l'a reçue; Prétorien avec une ironie voilée, milord Cant avec une légèreté un peu dédaigneuse.

Quant à madame Facile, elle parut ravie de voir Marthe et Maurice; elle les fit asseoir près d'elle, voulut entendre leur histoire, et parut plus émerveillée du souhait qu'ils avaient formé que de le voir accompli.

«Connaître l'avenir du monde! s'écria-t-elle; et vous avez, pour cela, franchi tant de siècles! Que nous importe l'avenir à nous qui n'avons que le présent? que nous sont les hommes qui viendront après nous? avons-nous donc d'autre intérêt que ce que nous pouvons voir et sentir? L'avenir, c'est l'inconnu, et l'inconnu, c'est le vide.

—Non pas pour ceux qui espèrent, dit Maurice. L'inconnu, c'est le champ où sont semés nos rêves, où nous les voyons germer, croître et fleurir. Et qui voudrait vivre sans ce bénéfice de l'incertitude accordée à notre misère? que serait la vie sans les horizons fuyants et sans les nuées qui embrument son lointain? Privée de l'inconnu, l'âme serait prisonnière comme le regard qu'arrêtent les murs d'un cachot; ses ailes oublieraient à voler. Ah! n'éprouvez-vous donc point cette impatience qui fait regarder par-dessus chaque jour ce qui doit venir ensuite? N'avez-vous point la soif de connaître, l'aspiration vers l'infini, cette horreur du doute qui crie sans cesse: «En avant!» Aimez-vous autant aujourd'hui que demain? A quoi pensez-vous donc, enfin, quand vous êtes seule et que vous regardez le ciel?

—A quoi elle pense? interrompit Banqman en éclatant de rire; pardieu! elle pense au temps qu'il fera.

—Moi, je me rappelle les séances auxquelles je dois me trouver, ajouta Le Doux.

—Moi, les visites à faire, reprit milord Cant.

—Moi, mes échéances, continua Blaguefort.

—Moi, je ne pense à rien», acheva Prétorien.

Maurice les regarda tous avec étonnement.

«Quoi! pas un rêve? répéta-t-il; aucun souci de l'invisible? Et pourquoi donc vivez-vous alors?

—Eh! mais… pour vivre!» répliqua Banqman avec un gros rire.

Et se penchant vers Prétorien:

«Évidemment, votre ressuscité est un peu fou, dit-il à demi-voix.

—Non, répliqua Prétorien sur le même ton; c'est un enfant!»

La conversation fut interrompue par le tintement de la cloche qui annonçait le commencement du spectacle. Chacun prit sa place; tous les yeux se tournèrent vers la scène; le rideau se leva!

Ici, nous sommes obligé d'avoir recours à la forme du compte-rendu, et de donner à notre récit l'apparence d'un feuilleton du lundi. Que Dieu et nos lecteurs nous le pardonnent!


Le théâtre représente une campagne aux bords du Nil; vers l'horizon apparaît le Caire, copié sur une vignette anglaise; à droite se trouve la maison d'Achmet, ancien ministre du soudan d'Égypte, mais depuis longtemps tombé dans la disgrâce, et qui vient de mourir. Son corps est exposé sur un palanquin, à la porte de sa demeure, et la foule prie autour en silence. Quelques figurantes, pour compléter l'illusion, font le signe de la croix.

On distingue surtout, au milieu d'elles, Astarbé, la fille du défunt, qui tient les bras levés au ciel, tandis que la foule chante en chœur:

Le vertueux Achmet est mort!

Dieu, ta sagesse est profonde!

Sa fille reste seule au monde;

Sois béni, Dieu prudent et fort.

Quand l'orchestre a fini la ritournelle consacrée à la douleur publique, la foule se retire et laisse Astarbé seule avec un étranger qui, depuis quelques jours, est l'hôte de son père.

Il vient annoncer à l'orpheline son départ!… A cette nouvelle, celle-ci ne peut retenir ses larmes; l'étranger s'écrie:

Elle pleure! ô bonheur! Vous pleurez!… Ah! tu m'aimes!

Astarbé baisse les yeux et ne répond rien. Son interlocuteur, qui connaît le proverbe, lui propose aussitôt de partir avec lui. Astarbé, qui ne veut pas être en reste de politesse, l'engage, de son côté, à rester avec elle; mais, à cette demande, l'inconnu regarde de tous côtés pour s'assurer qu'il ne peut être entendu que par les dix mille spectateurs; il prend Astarbé à part et lui dit:

L'ÉTRANGER.

Écoute… mais toi seule, enfant… Je t'ai trompée!

Mon costume est d'emprunt, mon nom n'est pas le mien.

ASTARBÉ.

Achève!

L'ÉTRANGER.

Eh bien, je ne… suis point Égyptien!

ASTARBÉ.

O ciel!

L'ÉTRANGER.

Je suis Français!

ASTARBÉ.

Qu'Osiris nous assiste!

Et quel est donc alors votre nom?

L'ÉTRANGER.

Jean-Baptiste

Kléber!…

Astarbé, d'abord saisie, s'abandonne ensuite à la joie d'être aimée par le général en chef de l'armée française. Celui-ci ne s'était rendu près du Caire que pour étudier les forces du Soudan; mais maintenant sa mission est terminée, et il doit retourner vers ses soldats. Astarbé consent à le suivre, pourvu qu'un marabout du voisinage bénisse leur union. Kléber, dont la tolérance s'étend aux curés de toutes les nations, accepte le marabout, et il sort pour l'avertir lui-même.

Astarbé, restée seule, se livre à une joie entrecoupée de mélancolie; elle prend congé de tout ce qui l'environne:

Adieu, toit paternel, terre des brunes filles;

Fleuve aux flots limoneux musqués de crocodiles;

Horizon hérissé d'obélisques pierreux,

Que l'on prendrait de loin pour les jambes des cieux;

Bœufs que l'on mange ailleurs et qu'ici l'on adore;

Sphinx dont le front coiffé se couronne d'aurore;

Ibis aux becs pensifs, symboliques lotus;

Légumes trois fois saints, plus saint papyrius;

Noble roseau du Nil, dont l'enveloppe frêle

Fixe cet alphabet que notre enfance épèle;

Et toi, père embaumé qu'attend le jugement;

Heureuse de vous fuir, je vous quitte en pleurant.

Et cependant où vit Kléber rien ne me pèse:

Quand le cœur est français, l'âme est bientôt française.

Puis, entendant tout à coup un frémissement parmi les buissons de la rive, elle se rappelle le nourrisson amphibie apprivoisé par ses soins, et elle s'écrie:

C'est lui, le caïman pour moi devenu doux,

Qu'attirent ma voix et ce plat de couscoussous.

Ici, tous les cuivres de l'orchestre font entendre un forte, le tam-tam déchire l'air, et la tête du crocodile paraît entre deux touffes de roseaux en fer-blanc.

Son entrée est saluée par d'unanimes applaudissements.

L'animal appuie ses courtes pattes sur la planche peinte qui représente les bords du Nil, s'élance lourdement sur le théâtre, court à la pâtée que lui présente Astarbé, l'engloutit en un instant, puis se laisse aller amoureusement sur le dos, et frotte sa tête écailleuse contre les pieds de la jeune fille.

On applaudit de nouveau, et Astarbé commence les exercices innocents qu'elle a enseignés à Moïse: c'est le nom de son crocodile.

D'abord elle lui fait jouer aux osselets, puis sauter à travers un cerceau, puis danser une polonaise.

Un grand bruit, qui se fait entendre derrière la scène, met fin à ces plaisirs. Moïse rentre dans son Nil de carton, et Astarbé, effrayée, remonte vers le fond du théâtre en annonçant le soudan.

Il arrive en effet avec ses gardes et suivi de la foule, qui paraît toujours quand il y a des chœurs. Les gardes chantent:

Voici notre maître suprême;

Ne craignez rien, il veut qu'on l'aime,

Allah! Allah! Dieu seul est grand,

Et son prophète est le Soudan.

Mais la foule varie ingénieusement ce refrain en répétant d'un ton sournois.

Voici le maître dur et blême;

Puisqu'on le craint, il faut qu'on l'aime.

Allah! Allah! Dieu seul est grand,

Mais prenez bien garde au soudan!

Le chœur fini, le prince fait retirer tout le monde, sauf Astarbé, à qui il déclare qu'il l'a aperçue au bain, il y a trois jours; qu'il en est, en conséquence, tombé amoureux, et qu'il est décidé à en faire sa cinq cent quatre-vingt-douzième femme.

Astarbé épouvantée répond que la chose est impossible; le roi veut l'entraîner de force; mais Kléber arrive avec le peuple, qui s'est rassemblé pour le jugement des morts, auquel doit être soumis Achmet avant d'obtenir les honneurs de la sépulture. Le soudan, qui a trop peu de gardes pour faire un coup d'État, feint de se soumettre à la loi; mais, au moment où l'on va accorder une tombe au père d'Astarbé, il présente le titre d'une amende que l'ancien ministre n'a pu lui solder, et réclame, selon l'habitude, son corps pour gage!

Astarbé se jette en vain à ses pieds, en le suppliant de ne point exposer l'ombre du vieillard à errer sans asile sur les sombres bords; le soudan répond par ce vers invincible:

Rendez-vous aux vivants, on vous rendra les morts!

Et il se prépare à faire enlever le corps d'Achmet.

Mais Kléber, touché du désespoir de la jeune fille, saisit un des chevaux du roi, puis, s'élançant avec Astarbé dans ses bras, il pique le coursier de ses deux talons et disparaît au galop, suivi de Moïse emportant le corps d'Achmet.

Stupéfaction obligée.

«Courez! ramenez-le!» s'écrie le soudan quand il a disparu. L'orchestre joue un air annoncé comme égyptien, et dans lequel Maurice reconnaît celui de Va-t'en voir s'ils viennent, Jean.