Nº XLVIII.—LA SALADE BLANCHE ET LA SALADE NOIRE.

II, pp. [121-123].—Le conte annamite suivant (A. Landes, nº 72) est à joindre aux contes orientaux cités:

De deux sœurs, l'aînée est riche; la cadette, pauvre. Cette dernière va, un jour, demander du riz à l'autre, qui répond par un refus. La pauvre femme s'étant mise à glaner des patates dans un champ, un serpent entre dans son panier; elle lui fait cette prière: «Mes enfants et moi, nous souffrons de la faim; si vous voulez vous donner à nous comme nourriture, restez couché dans le panier, afin que je vous emporte à la maison pour vous faire cuire.» Le serpent reste couché, la femme le fait cuire, et il se trouve transformé en un lingot d'or. La famille devient donc riche; on arrange la maison et on invite la sœur aînée. Celle-ci demande à sa sœur d'où lui est venue cette fortune. L'ayant appris, elle se rend dans les champs et se met à glaner comme une pauvresse. Un serpent entre dans son panier; elle lui fait la même demande que sa sœur et le rapporte à la maison. Mais le serpent se multiplie en une foule d'autres serpents qui remplissent toute la maison, et la méchante femme meurt de leurs piqûres.

II, p. [121].—Dans Mélusine (I, col. 43), se trouve un conte créole du même genre que le conte kariaine de Birmanie: les aventures successives de deux petites filles, l'une bonne, l'autre méchante, chez une vieille «Maman Diable». Entre autres choses, cette dernière demande à l'enfant, après le bain, de la bien frotter, et l'enfant voit que le dos de «Maman Diable» est couvert de couteaux et de morceaux de verre cassé. Ce passage rappelle celui du conte kariaine où, en examinant la tête de la géante, la petite fille la voit remplie de serpents verts et de mille-pieds. Comparer un conte serbe (Vouk, nº 36), cité dans nos remarques.