Nº XXXII.—CHATTE BLANCHE.
II, pp. [16-23].—Nous avons eu à étudier, à l'occasion d'un épisode de ce conte, un thème que l'on peut appeler le thème des Jeunes filles oiseaux. Aux contes orientaux que nous avons cités, nous ajouterons un conte annamite (A. Landes, nº 53): Dans un certain pays se trouvait une fontaine où venaient se baigner les fées (mot-à-mot les dames génies). Un jour, un bûcheron emporte les vêtements de l'une d'elles qui était restée dans l'eau plus longtemps que les autres; il refuse de les lui rendre, et elle devient sa femme. L'homme cache les vêtements au fond du grenier à riz. La fée vit pendant quelques années avec l'homme, et ils ont déjà un enfant, quand elle trouve les vêtements. Elle s'en revêt, ôtant seulement son peigne, qu'elle attache au collet de son fils. «Reste ici,» lui dit-elle; «ta mère est une fée, ton père est un mortel; il ne leur est pas permis de vivre longtemps unis.» Et elle s'envole.—L'homme, inconsolable, prend son fils et se rend à la fontaine; mais il ne voit plus la fée descendre s'y baigner; seulement des servantes viennent y puiser de l'eau. L'homme ayant soif, leur demande à boire et leur conte ses malheurs. Pendant qu'il leur parle, le petit garçon laisse tomber le peigne dans une des jarres[143].—Quand les servantes versent l'eau, on trouve le peigne au fond de la jarre. La fée interroge les servantes, et, après avoir entendu leur récit, elle charme un mouchoir, qu'elle leur remet en leur ordonnant de retourner à la fontaine, et, si l'homme y est encore, de lui dire de mettre ce mouchoir en guise de turban et de les suivre. Les servantes le ramènent. Les deux époux restent quelque temps réunis; mais, un jour, la fée dit à l'homme de retourner sur la terre: plus tard, elle demandera au Bouddha de retourner vivre avec lui. On le descend avec son fils, assis sur un tambour au bout d'une corde; mais, par suite d'un malentendu, la corde est coupée, et ils tombent dans la mer, où ils périssent.
II, [23].—Pour l'épisode des tâches imposées au héros, voir le conte kabyle résumé dans le supplément aux remarques de notre nº 3.