NOTES:
[115] Cette même combinaison se retrouve dans un conte des Tartares de la Sibérie méridionale, que nous donnerons plus loin.
[116] Au sujet des aventures du héros et de ses frères chez la vieille, et du thème auquel elles se rapportent, voir les remarques de notre nº 3, le Roi d'Angleterre et son Filleul (I, pp. 46-48).
[117] Tout cet épisode, que nous avons déjà rencontré intercalé dans le conte breton de Trégont-à-Baris, offre une grande ressemblance avec le nº 29 de la collection Grimm, le Diable aux trois cheveux d'or, et avec les autres contes européens de même type. Dans le conte tartare, dans le conte breton, comme dans le conte allemand, le héros rencontre successivement sur son chemin des gens qui le prient de demander au personnage mystérieux chez qui il va, la solution de telle ou telle question.—Ce type de conte existe chez les Annamites (A. Landes, nº 63).
[118] Dans un conte arabe des Mille et une Nuits (t. XI, p. 175, de la traduction allemande dite de Breslau), se trouve un passage qui n'est pas sans analogie avec celui de la plume: Le plus jeune des trois fils du sultan d'Yémen trouve un jour dans une plaine un collier de perles et d'émeraudes. Ce collier ayant été remis au sultan, celui-ci déclare qu'il ne sera content que quand il aura «l'oiseau qui a dû porter ce collier».
[119] L'eau du paradis et l'eau de l'enfer se retrouvent dans un conte italien (Comparetti, nº 16).
[120] Une grande partie de ce conte kamaonien a beaucoup de rapport avec un conte persan du Toûti-Nâmeh (Th. Benfey, introd. au Pantchatantra, p. 217), qui n'a pas l'épisode du cheveu.
LXXIV
LA PETITE SOURIS
Un jour, la petite souris était allée moissonner avec sa mère. Celle-ci lui dit de retourner à la maison pour tremper la soupe. Pendant que la petite souris y était occupée, elle tomba dans le pot et s'y noya. Voilà sa mère bien désolée; elle se met à pleurer.
La crémaillère lui dit: «Grande souris, pourquoi pleures-tu?—La petite souris est morte: voilà pourquoi je pleure.—Eh bien!» dit la crémaillère, «je m'en vais grincer des dents.»
Le balai dit à la crémaillère: «Pourquoi donc grinces-tu des dents?—La petite souris est morte, la grande la pleure: voilà pourquoi je grince des dents.—Eh bien!» dit le balai, «je m'en vais me démancher.»
La porte dit au balai: «Pourquoi donc te démanches-tu?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents: voilà pourquoi je me démanche.—Eh bien!» dit la porte, «je m'en vais me démonter.»
Le fumier dit à la porte: «Pourquoi donc te démontes-tu?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le balai se démanche: voilà pourquoi je me démonte.—Eh bien!» dit le fumier, «je m'en vais m'étendre.»
La voiture dit au fumier: «Pourquoi t'étends-tu donc?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le balai se démanche, la porte se démonte: voilà pourquoi je m'étends.—Eh bien!» dit la voiture, «je m'en vais reculer jusqu'au bois.»
Les feuilles dirent à la voiture: «Pourquoi donc recules-tu jusqu'au bois?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le balai se démanche, la porte se démonte, le fumier s'étend: voilà pourquoi je recule jusqu'au bois.—Eh bien,» dirent les feuilles, «nous allons tomber.»
Le charme dit aux feuilles: «Pourquoi tombez-vous donc?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le balai se démanche, la porte se démonte, le fumier s'étend, la voiture recule jusqu'au bois: voilà pourquoi nous tombons.—Eh bien!» dit le charme, «je m'en vais me fendre.»
Les petits oiseaux dirent au charme: «Pourquoi te fends-tu donc?—La petite souris est morte, la grande la pleure, la crémaillère grince des dents, le balai se démanche, la porte se démonte, la voiture recule jusqu'au bois, les feuilles tombent: voilà pourquoi je me fends.—Eh bien!» dirent les oiseaux, «nous allons nous noyer dans la fontaine.»
Et ils se noyèrent tous dans la fontaine.