NOTES:

[124] Si nous nous souvenons bien, le loup, dans le conte de Montiers, emploie un semblable moyen pour renverser les maisons des petits cochons; il y va même d'un si grand zèle, à l'assaut de la troisième, que son arrière-train se détache; il se le fait recoudre par une couturière. (Comparer le passage du conte du Mantouan où le loup se fait raccommoder l'épaule avec des clous par un forgeron, et aussi le passage correspondant du conte tyrolien.)



LXXVII
LE SECRET

Un homme a l'habitude de dire à sa femme, qui naturellement se récrie: «Je te dis que tu me ferais bien pendre!»

Un jour, il va acheter un porc, le tue et l'enterre dans la forêt. Quand il rentre à la maison, sa femme lui dit: «Tu n'as pas l'air gai.—Ah!» répond le mari, «si tu savais! J'ai tué mon camarade et je l'ai enterré dans le bois. Surtout n'en dis rien à personne.»

La femme s'en va chez la voisine, et à peine s'est-il passé un quart d'heure qu'elle lui a conté toute l'affaire, en lui recommandant bien de n'en point parler. La voisine jase à son tour, et le bruit de l'assassinat parvient aux oreilles de la gendarmerie.

Le brigadier se présente chez l'homme et lui enjoint de le conduire dans la forêt à la place où il a enterré le cadavre. L'homme l'y conduit, et, au grand ébahissement du brigadier, c'est un cochon que l'on déterre.

Rentré chez lui, l'homme dit à sa femme: «Quand je te disais que tu me ferais bien pendre!»