À l'Impératrice, à Malmaison.

Samedi, à 6 heures du soir, 1810.

J'ai dit à Eugène que tu aimais plutôt à écouter les bavards d'une grande ville que ce que je te disais; qu'il ne faut pas permettre que l'on te fasse des contes en l'air pour t'affliger.

J'ai fait transporter tes effets à l'Élysée. Tu viendras incessamment à Paris; mais sois tranquille et contente, et aie confiance entière en moi.

Napoléon.


LETTRE LXXXIX

À l'Impératrice, à l'Élysée-Napoléon.

Vendredi, 6 heures du soir, 1810.

Savary me remet, en arrivant, ta lettre; je vois avec peine que tu es triste; je suis bien aise que tu ne te sois pas aperçue du feu.

J'ai eu beau temps à Rambouillet.

Hortense m'a dit que tu avais eu le projet de venir dîner chez Bessières et de retourner coucher à Paris. Je suis fâché que tu n'aies pas pu exécuter ton projet.

Adieu, mon amie; sois gaie, songe que c'est le moyen de me plaire.

Napoléon.


LETTRE XC

À l'Impératrice, à l'Élysée-Napoléon.

19 février 1810.

Mon amie, j'ai reçu ta lettre. Je désire te voir; mais les réflexions que tu me fais peuvent être vraies. Il y a peut-être quelque inconvénient à nous trouver sous le même toit pendant la première année. Cependant la campagne de Bessières est trop loin pour pouvoir revenir; d'un autre côté, je suis un peu enrhumé et je ne suis pas sûr d'y aller.

Adieu, mon amie.

Napoléon.


LETTRE XCI