À l'Impératrice, à Paris.

Le 27, à 7 heures du soir, 1807.

Mon amie, ta lettre me fait de la peine. Tu ne dois pas mourir; tu te portes bien, et tu ne peux avoir aucun sujet raisonnable de chagrin.

Je pense que tu dois aller au mois de mai à Saint-Cloud; mais il faut rester tout le mois d'avril à Paris.

Ma santé est bonne. Mes affaires vont bien.

Tu ne dois pas penser à voyager cet été; tout cela n'est pas possible; tu ne dois pas courir les auberges et les camps. Je désire, autant que toi, te voir, et même vivre tranquille.

Je sais faire autre chose que la guerre, mais le devoir passe avant tout. Toute ma vie, j'ai tout sacrifié, tranquillité, intérêt, bonheur, à ma destinée.

Adieu, mon amie. Vois peu cette Mme de P..., c'est une femme de mauvaise société; cela est trop commun et trop vil.

Napoléon.

J'ai eu lieu de me plaindre de M. T..., je l'ai envoyé dans sa terre, en Bourgogne; je ne veux plus en entendre parler.


LETTRE LXV