Race Saxonne

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EGBERT-LE-GRAND
(827-837)

Oun roi sauvaige ou chef de bande

Etait Egbert probablement,

Et qu'il était d'oun vertu grande

Nul n'affirmerait sous serment.

Issu de le race saxonne,

Il été la premier garçon

Qui porta l'anglaise couronne

D'oune indépendante façon.

On ne sait pas de lui grand chose,

Ni s'il fut bon, nul ou méchant;

Et, peut-être pour cette cause,

On le surnomme Egbert-le-Grand.

Peut-être aussi cet nom splendide

Lui vienné de ce qu'oun beau jour

En France d'oun pas très rapide

Il dut aller faire oun séjour;

Et ce fut la roi Charlemagne

Qui le reçut dans sa palais[ [1].

Chacun sait que toujours on gagne

A fréquenter les gens replets.

Le puce qui pique oun princesse,

Par exemple, il est plus heureux

Qu'oun pauvre ciron en détresse,

Dessus le peau d'oun miséreux.

Charlemagne étant maggnifique,

Egbert fit bien de frotter lui;

Et c'est oun saige politique

Qui soubsisté même aujourd'hui.

Que d'êtres d'insiggnificance

Atteignent la plus haut crédit,

Pour avoir avec persistance

Faisé la frottaige susdit!

[1] Voir note à l'appendice.

ETHELWOLF 836-858
ETHELBALD 858-860
ETHELBERT 860-866
ETHELRED Ier 866-871

Puis, pour trente ans le Angleterre

Fut en guerre avec les Danois

Qui les Anglais mettaient à terre

Souvent et beaucoup à le fois.

Cependant l'anglaise couronne

Il ne fut pas foulée aux pieds,

Mais retomba sur le personne

De rois plus ou moins estropiés.

Ethelwolf il vint après l'autre

Dont nous avons parlé tantôt,

Et fut si tant oun bon apôtre

Que j'en veux dire oun petit mot.

Qu'il nous suffise de comprendre

Qu'oun beau jour, je ne sais trop quand,

Du roi de France il devint gendre

...On s'imagine bien comment,

Et que—la ciel le garde et sauve!—

La beau-père de notre roi

Il s'appelait Charles-le-Chauve

...On peut bien deviner pourquoi.

Reprenant la fil de l'histoire,

Plus tard Ethelwolf s'en alla

Faire oun voyaige méritoire

A Rome, et fut si long par-là

Que, dans la cours de son absence,

Ethelwald, son fils, vrai coquin,

Avec le plus grande indécence

Prit le couronne et le fit sien.

Cet garçon, après deux années,

Finit son règne, par bonheur,

Et l'oun de ses frères puinées,

Ethelbert, fut sa successeur.

De cet-lui je dis peu de chose,

Attendu que je n'en sais rien.

D'Ethelred encore je n'ose

Risquer oun mot en mal ou bien,

Si ce n'est qu'il était la frère

De la monarque précédent

Et que, dit-on, il fut le père

Du roi fameuse Alfred-le-Grand.

ALFRED-LE-GRAND
(871-900)

Dans la cours des règnes dernières

Les Danois, peuple belliqueux,

Causèrent beaucoup les misères

Aux Saxons en allant chez eux.

On se faisait la diable-à-quatre,

Pillant et tuant tour à tour

Et des moyens de se combattre

Sans cesse cherchant, nuit et jour.

Si tant qu'on ne pouvait connaître,

A travers le confusion,

Si la Danois était la maître

Ou bien si c'était la Saxon.

C'est alors que vint oun garçonne

Qui portait la doux nom d'Alfred,

Réclamer pour lui le couronne

Transmis par son père Ethelred.

Il battit à plate couture

Ses très «troublesome» voisins

Que certaines liens de nature

Faisaient à peu près des cousins.

Plus tard le famille danoise

Il vainquit Alfred à son tour;

Mais lui, prince habile et sournoise,

En lui jouant oun fameux tour[ [2],

Le chassa de sa territoire.

Depuis, la Saxon conquérant

Régna tranquille et plein de gloire

Et mérita la nom de Grand,

Si tant il fit au people anglaise

Du bien, du bien, toujiours du bien.

Même, en passant, je suis fort aise

De signaler comme étant sien

L'institution trèsment bonne

(En attendant mieux) du jury[ [3],

Que l'on aime plus que personne

Pourvu... que l'on n'y soit pas pris.

Oh! ce fut oun fameux monarque

Que cet mossieur Alfred-le-Grand,

Et sous son œil l'anglaise barque

Il vogua toujours en avant.

[2] Voir note à l'appendice.

[3] Voir note à l'appendice.

EDOUARD Ier L'ANCIEN (900-925)

Cet Edouard s'appelé l'Ancienne

Pour ne pas confusionner

Avec oun autre qui s'amène,

Plus loin, du nom d'Edouard Premier.

Cet-lui qu'ici je vous mentionne

Il était fils d'Alfred-le-Grand,

Et sur son tête le couronne

Il eut oun lustre flamboyant,

Sinon autant que pour son père,

Du moins, assez pour sa bonheur.

Il pratiqua souvent le guerre

—Car il était fin batailleur,—

Et vainquit sa cousin germaine[ [4]

Qui cherchait à le détrôner,

Ainsi que d'autres qui, sans gêne,

Voulaient sa pays gouverner.

Puis, aimant d'oune amitié vive

La roi de France, Charles Trois[ [5],

Il lui donna son fille Ogive,

Bonne et charmant tout à la fois.

On dit aussi que cet bon prince,

Pour les sciences très porté,

Fonda—bienfait qui n'est pas mince,—

La Cambridge université.

[4] Voir note à l'appendice.

[5] Voir note à l'appendice.

ATHELSTAN
(925-941)

De cet-lui-là l'histoire nette

Pouvé se dire en quelques mots;

Mais nous n'avons de son binette

Point de traits ni petits ni gros.

Pour d'autres encor qui font suite

J'ai le même embarrassement,

N'ayant que leur seule conduite

Pour les rappeler oun moment;

Et j'en suis chagrin à l'extrême,

Car quelques-uns, sans contredit,

Furent de ces princes qu'on aime

Parmi tant d'autres qu'on maudit.

Athelstan était fils de l'autre

Qui s'appelait Edouard Premier.

Il vécut comme oun bon apôtre,

De vertus étant coutumier,

Et ne se mettant en colère

Pour bien gouverner son maison

Que lorsque l'on voulait lui faire

Du tintouin sans bonne raison.

Oh!... ce fut oun grande monarque,

Sans doute, et beaucoup très pouissant,

Et sous son œil l'anglaise barque

Il... a dû filer en avant.

EDMOND I
(941-946)

C'est oun frère du précédente,

Mais il ne régna que cinq ans;

Car, malgré qu'il fut très proudente,

Oun assassin... le mit dedans.

Le chose vous est bien égale,

Mais il paraît que c'est cet roi

Qui mit le peine capitale,

En Angleterre, dans le loi.

Bien! il eût fait oun grand monarque

S'il avait vivé plus longtemps,

Et... sous son œil l'anglaise barque

Eût bousculé les ouragans.

EDRED
(946-955)

Edred était oun autre frère

De cet-là que l'on vient de voir.

Et pour neuf ans le Angleterre

Sur sa trône il le fit asseoir.

Et... ce fut oun grande monarque,

—Là-dessus je dois insister,—

Et, sous son œil, l'anglaise barque

Il... ne pouvé pas s'arrêter.

EDWY
(955-957)

Il était fils d'Edmond Première

Et ne fut roi que pour deux ans,

En essuyant dans son carrière

Les choses les plus déplaisants.

Il s'attira, dit-on, le haine

De ses barons et du clergé:

Doublement lourd et cruel chaîne

Qu'à son col il s'était forgé!

Oun grand moitié de sa royaume

Bientôt il perdit sans retour;

Puis les malheurs sur cet pauvre homme

Semblant s'acharner chaque jour,

Pour je ne sais trop quel caprice

Son femme du nom d'Elgiva

Fut condamnée à la supplice,

Et cette perte l'acheva.

Bien! oun traitement de la sorte

Il devait le toucher oun brin,

Et c'est pour cela qu'il est morte,

Bientôt après, dans la chagrin.

EDGARD, LE PACIFIQUE
(957-975)

Edgard, surnommé Pacifique,

(Probablement pour son douceur),

D'Edwy, son frère impolitique,

Devint alors la successeur;

Et, comme il n'était pas de taille

A faire mentir sa surnom,

Il ne commetté le bataille

Jamais sans excellent raison.

D'abord, il s'en va dans l'Ecosse

Livrer trois ou quatre combats,

Puis chez les Irlandais, qu'il rosse

Et met complètement à bas.

Ensouite il faisé sa possible

Pour sa peuple civiliser,

Well!... ce qui dut être pénible

Assez qu'il ne put s'amuser.

On dit qu'oune Anglaise jolie

Qui portait la nom d'Elfrida

Le mit en si grande folie

Que pour femme il la demanda.

Mais le porteur de sa messaige,

Ayant conçu même appétit,

Trouva qu'il était beaucoup saige

De garder le femme pour lui.

Le roi fut en si grand colère

A cet trompaige audacieux

Qu'il poignarda le pauvre hère

Et prit son veuve d'autant mieux.

Dans cet événement tragique

La monarque outragé, je crois,

S'il n'eût pas été... Pacifique,

Aurait occis l'autre deux fois.

Well! Well! Cet petit incidence

Il n'est devant vous mentionné

Que pour expliquer l'occurrence

Pourquoi si tant fut malmené

La roi suivant dans notre liste,

Et pourquoi plus loin je vous dis

Que, depuis cet temps, il existe

Oun saint de plus au paradis.

Edgard n'en fut pas moins monarque

Très tendre et beaucoup avenant,

Et sous son œil l'anglaise barque

Il prit oun grand sheer en avant.

EDOUARD II, LE MARTYR
(975-978)

Après qu'Edgard fut mis en terre,

Edouard, son fils, lui succéda;

Mais il avait pour belle-mère

La susmentionnée Elfrida

Qui, voulant avoir sur la trône

Sa propre fils plutôt qu'Edouard,

Mena du dernier le personne

Dans oun affreuse traquenard.

Il partit un jour pour le chasse

Et n'en revint que... décédé;

D'Elfrida, dit-on, l'âme basse

En avait ainsi décidé.

Cet monarque si jeune et belle

Au ciel mettait tout sa désir,

Et c'est le raison pour laquelle

Il est saint Edouard-le-Martyr

ETHELRED II
(978-1016)

La fils de l'affreux belle-mère

Alors régna trente-huit ans,

Presque toujours étant en guerre

Avec les danois habitants,

Entre Suénon, roi danoise,

Et lui, sans mesure ni frein

Constamment on se cherchait noise

A propos de tout et de rien.

Si tant que la monarque anglaise

De son trône un jour fut chassé,

Et ne put reprendre son aise

Qu'après que l'autre eut trépassé.

Enfin, pour terminer l'affaire,

De Suénon la successeur

Ayant repris le Angleterre,

Ethelred mourut de douleur.

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