E.

La voyelle e, non seulement est tantôt longue et tantôt breve, mais elle a plusieurs sons, l'e est muet et féminin, quand il n'a qu'un son sourd, comme dans gloire; cette espece d'e ne commence jamais un mot; il ne se trouve pas dans plusieurs syllabes de suite, à moins que ce ne soit des mots composés; ainsi que revenir, redevenir; il faut en excepter, chevelure, ensevelir; et jamais, sur-tout, à la fin du mot. C'est pour cela que les verbes dont la pénultieme est muette à l'infinitif, comme appeler, concevoir, prennent dans les temps qui finissent par l'e muet, ou un e masculin ou la diphthongue oi: j'appelle, ils conçoivent. Par cette même raison, quoiqu'on dise j'aime, on dira, aimé-je?

L'e moyen, comme dans pere, ne prend point d'accent, parce que cet accent seroit inutile, l'e ne pouvant pas se prononcer autrement; il seroit même vicieux, parce qu'il donneroit un son trop grave, comme dans procès.

On prononce trop ouvert le premier e du mot acheve; il est moyen à cause du voisinage de l'e muet. L'e ouvert se marque d'un accent grave, ainsi que dans abcès. L'e plus ouvert prend l'accent circonflexe qui indique suppression de lettre et allongement de syllabe, ainsi que dans tête. L'e fermé prend un accent aigu, comme dans vérité; si cet e est suivi de l'x, il rejette l'accent, comme dans examen. Dans les verbes en er, l'e se prononce fermé, et l'on ne le fait pas sentir, à moins qu'il ne soit suivi d'un mot commençant par une voyelle. Dans item, amen, hymen, examen, on fait sonner la consonne finale.

Ene, enne, longs dans chēne, cēne, scēne, gēne, rēne, frēne, arēne, pēne, Athēnes, Diogēne, Mécēne; bref et moyen dans phénomĕne, ébĕne, étrĕnne, apprĕnne, et par-tout où la consonne est redoublée.

Er, bref dans Jupitĕr, Ethĕr; Clĕrc; et plus ouvert dans enfēr, fēr, mēr, amēr, hivēr.

Esse, long dans abēsse, profēsse, confēsse, prēsse, comprēsse, exprēsse, cēsse, on s'emprēsse; hors de là, bref: tendrĕsse, parĕsse, carĕsse.

L'accent circonflexe rend longs et ouverts tous les e, comme dans intérēt, arrēt; la double consonne rend la syllabe breve, ainsi que dans houlĕtte, tablĕtte.

Euf, bref: veŭf, neŭf, un œŭf, un bœŭf. Dans tous ces mots on prononce l'f; mais non au pluriel dans les deux derniers; quand neuf, nom de nombre, est suivi d'un mot commençant par une voyelle, l'f sonne comme un v: neuf ans.

Eune, long dans jeûne, bref dans jeune homme. Observez que telle syllabe qui est breve, suivie d'un autre mot qui sert de point d'appui à la voix, devient longue si elle finit le sens.

Le nombre des breves et des douteuses, étant plus grand que celui des longues, nous ne parlerons que des dernieres.