K
Un homme qui s'appelait Franqlin songea qu'il pourrait bien être le parent de ce fameux Américain, que les philosophes ont si bien fait mousser. Il alla donc trouver à Paris le neveu de Franklin et lui présenta ses papiers.--Monsieur, lui répondit le jeune homme, faites un K de votre Q, et vos papiers pourront alors vous servir.
KARR
On s'est amusé à chercher les aptitudes et les qualificatifs de M. Alphonse Karr, qui a un esprit si original, et on a fait ces médiocres calembours:
Karr abat (Carabas), Karr casse (carcasse), Karr touche (Cartouche), Karr aime (carême), Karr nage (carnage), etc.
KANIFERSTANE
Un Parisien, allant de La Haye à Amsterdam, remarqua une de ces riantes maisons de campagne qui bordent la route (on allait encore alors en diligences), et demanda en français à un Hollandais, son voisin:
--A qui appartient ce délicieux château? Le Hollandais lui répondit: Ik kan niet verstaan (je ne comprends pas). Le Parisien traduisant cette phrase comme il l'entendait prononcer, reprit:--Ah! cette belle demeure appartient à M. Kaniferstane. C'est un mortel bien heureux.
En entrant à Amsterdam, il vit passer trois charmantes jeunes filles et demanda à un passant: Quelles sont ces demoiselles si brillantes? il ne reçut pour réponse que la phrase de la route.--Ce sont les demoiselles Kaniferstane, se dit-il. Cet homme est bien privilégié!
Un des palais d'Amsterdam donna lieu à de nouvelles admirations.--Cet homme, dit le Parisien, est vraiment le marquis de Carabas.
En passant devant la loterie, il entendit sonner des fanfares, qui annonçaient que le gros lot venait de sortir. Il voulut savoir qui l'avait gagné; et comme on lui jeta encore l'ik kan niet verstaan, il se récria de nouveau sur le bonheur-monstre de ce M. Kaniferstane.
Un peu plus loin il rencontra un enterrement pompeux; il salua le convoi et demanda qui était le défunt. Sur la réponse habituelle des Hollandais qui n'entendent pas le français, il pensa que M. Kaniferstane avait ici-bas une félicité trop grande pour qu'elle fût durable; et il gagna son hôtel, en faisant de sages réflexions sur la fragilité des choses d'ici-bas.