CANTIQUE D'ARZON.
Sainte mère de Marie,
Par un miraculeux sort,
Vous nous conservez la vie
Dans le danger de la mort.
Avec actions de grâce,
Nous venons en ce saint lieu
Honorer en cette place
La sainte Aïeule de Dieu.
Sainte mère de Marie, etc.
Nous avons été de bande
Quarante et deux Arzonnois,
A la guerre de Hollande,
Pour le plus grand de nos Rois.
Sainte mère de Marie, etc.
Ce peuple de notre côte
Vint ici à grand concours,
Les fêtes de Pentecôte,
Implorer votre secours.
Sainte mère de Marie, etc.
Pendant que l'ordre nous mande
Qu'il nous falloit faire état
De voguer vers la Hollande,
Pour leur livrer le combat.
Sainte mère de Marie, etc.
Ce fut de Juin le septième,
Mil six cent septante et trois,
Que le combat fut extrême
De nous et des Hollandois.
Sainte mère de Marie, etc.
Les boulets comme la grêle,
Passoient parmi nos vaisseaux
Brisant mâts, cordages, voile,
En mettant tout en lambeaux.
Sainte mère de Marie, etc.
La merveille est toute sûre
Que pas un homme d'Arzon
Ne reçut la moindre injure,
De mousquet, ni de canon.
Sainte mère de marie, etc.
Un d'Arzon changeant de place,
Un boulet vint à passer,
Brisant de celui la face
Qui venoit de s'y placer.
Sainte mère de Marie, etc.
L'Arzonnois la sauvant belle,
Eut l'épaule et les deux yeux
Tout couverts de la cervelle
De ce pauvre malheureux.
Sainte mère de Marie, etc.
De Jésus la sainte Aïeule,
Par un bienfait singulier,
Nous connaissons que vous seule
Nous gardiez en ce danger.
Sainte mère de Marie, etc.
Par humble reconnaissance,
Nous fléchissons les genoux,
Adorant votre puissance
Qui a paru envers nous.
Sainte mère de Marie, etc.
Recevez toutes nos classes,
Pour tout le temps à venir ;
Sous l'asile de vos grâces,
Nul ne pourra mal finir.
Sainte mère de Marie, etc.