XVI
Vu la brièveté de cet ouvrage, j'ai négligé de décrire bon nombre de rues peu importantes, cependant je parlerai encore de quelques-unes qui sont dans le centre de la ville, telles que: Via del Borgo Largo qui continue via del Borgo ou Sotto Borgo. De cette dernière voie, tournant à droite, on entre dans la rue Saint-François, le long de laquelle est située à gauche l'église de Sainte-Cécile (pl. 19, E 3), qui, dans la partie latérale, a deux anciens arcs de style moresque. La rue qui s'ouvre devant cette église en porte le nom. Un peu plus loin, à droite, on voit l'église de S. Paolo all'Orto (pl. 30, E 3).
A la fin de Borgo Largo, il y a deux rues, dont l'une conduit sur la place Sainte-Catherine, l'autre est la rue de Sainte-Anne, derrière laquelle se trouvent la rue et l'église S. Apollonia (pl. 14, D 2). Dans la rue Sainte-Anne, est le Royal Conservatoire des Jeunes Demoiselles, réuni à l'église aussi de Sainte-Anne.
De retour au Lungarno Regio, nous remonterons la place Saint-Nicolas, qui est ornée, au milieu, par une belle statue du Francavilla, représentant le grand-duc Ferdinand 1er, dont l'attitude indique le désir de soulager la ville de Pise, que symbolise une femme qui nourrit deux enfants.
A quelques pas, sur la droite, le R. THÉATRE ERNEST ROSSI, autrefois dei Ravvivati, qui a été construit en 1770, et qui depuis peu a été restauré avec goût et élégance.
Au coin de la place, la façade sur Lungarno, est le Palais Royal, (pl. 49, C 4), érigé en 1550, sous la direction de l'architecte Bandinelli.
Contiguë au palais, la façade donnant rue Sainte-Marie, est l'église de S. Niccola, (pl. 11, C 4), à laquelle peut aller la famille Royale par des tribunes qui la réunissent au palais. Ce qui mérite le plus d'attention pour ce qui concerne cette église, c'est le célèbre clocher, un des plus beaux ouvrages de Nicolas de Pise, de forme octogone, divisé à l'extérieur en quatre étages.
Digne d'observation est aussi, dans l'intérieur, l'escalier établi avec un art extrême; il est soutenu par vingt-quatre colonnes de granit et de marbre. Le Vasari assure que cet escalier servit de modèle au Bramante, dans la construction de celui du belvédère à Rome, pour le pontife Jules II.
En sortant de l'église S. Niccola, on revient à Lungarno Regio à l'Est; prenant au coin de la place S. Niccola, on trouve d'abord le palais Prini, puis, suivant toujours le quai, le palais Vitelli (pl. 50, C 4), résidence des employés du roi, et, tout à fait à côté, le Palais Uppezinghi, anciennement Lanfreducci, dit aussi le Palais de Marbre, ou Alla Giornata (à la journée) (pl. 47, C D 4), à cause de la devise gravée sur l'architrave de la porte qu'on n'a pas encore su clairement expliquer, pas plus que l'on n'a su trouver la signification d'un morceau de chaîne qu'on y voit suspendue. Dans la petite galerie, le palais possède entre autres peintures, un tableau de Guido Reni, qui représente l'Amour divin et l'Amour terrestre.
Vous voyez à peu de distance une petite église nommée la Madone des Galletti, édifiée sur l'emplacement de l'ancienne Porte Aurea, mémorable pour avoir servi d'arc de triomphe aux Pisans lorsqu'ils revenaient victorieux de leurs entreprises militaires.
A peu de distance est un autre palais du comte Agostini, dont la façade de style gothique du XVe siècle est un travail en terre cuite.
Au rez-de-chaussée, est installé l'ancien et renommé café de l'Ussero.
De retour au Pont Solferino, on trouvera, après la descente à droite, l'Eglise Anglaise, (pl. 24, B 5) avec l'entrée sur la petite place de Santa Lucia; et reprenant la rue Solferino qui conduit directement à la cathédrale, on passera devant les nouveaux établissements de l'école de MÉDECINE ET DE CHIRURGIE, édifice vaste et imposant qui a été exécuté sons la direction de M. Corsani, ingénieur communal. Cette école est très fréquentée par d'habiles professeurs et par un nombre considérable d'étudiants en médecine.
Au coin de cette même rue Solferino, et sur la place du Duomo, se trouvent les RR. HÔPITAUX RÉUNIS (pl. 5, B 2). Rue Solferino, annexée aux RR. hôpitaux, est la petite église de santa Chiara (pl. 43, B 2).
Rebroussant chemin, toujours dans la rue Solferino, nous apercevons l'entrée du Jardin Botanique (pl. 37, C 3), ouvert au public depuis 9 heures du matin jusqu'à 4 heures du soir.
Revenant une autre fois à Lungarno Regio, nous trouvons, passé le Pont Solferino, les Stallette qui servent d'écuries à la garnison; et, à côté, la petite église de S. Vito, célèbre à cause du monastère auquel elle était réunie et dans lequel mourut le protecteur de Pise, S. Ranieri. On voit à quelques pas, l'antique édifice de la Tour et de la Citadelle, où est aujourd'hui la caserne occupée par un corps d'artillerie, le 7me régiment.
De là, on aperçoit le nouveau pont de fer construit hors de la ville, sur lequel passent les trains du chemin de fer.
Avant de quitter ce côté de la ville, nous dirons qu'il y a là un nouveau quartier où l'on voit de magnifiques habitations entourées de gracieux jardins donnant tous les agréments réunis de la ville et de la campagne.
De l'autre côté de l'Arno, vous trouvez encore plusieurs rues, parmi lesquelles une des plus importantes est la rue Saint Antoine, qui s'étend depuis la Spina, en passant devant la petite église de S. Cosimo et Damiano (pl. 20, C 5), jusqu'à l'église de Saint-Antoine. Cette dernière fut bâtie, ainsi que le couvent annexe, en 1341, pour les moines Arméniens de l'ordre de Saint-Basile, et appartint plus tard aux Serviteurs de Marie, qui y officient encore aujourd'hui.
On rencontre ensuite l'église et la rue de la Madeleine (pl. 25, D 5), maintenant rue Mazzini, à l'extrémité de laquelle est la maison où est mort Joseph Mazzini, le 10 mars 1872.
Dans cet endroit de Pise se trouvent aussi plusieurs nouvelles et belles rues qui toutes aboutissent au Parterre de la Barrière Victor-Emanuel, par lequel on pourra revenir à la gare du chemin de fer.