LE MARQUIS.
Qu'est-ce que c'est?
ARISTE, à Julie, en se jetant à ses genoux.
Ah! Julie, refusez donc aussi cet Ariste, qu'une passion sincère oblige à se jeter à vos genoux; qui, jusqu'à présent, n'a osé se livrer à un espoir trop flatteur, ni vous découvrir ses sentiments, parce qu'il se croit cent fois indigne de vous, mais qui, de tous les hommes, est le plus passionné.
LE MARQUIS, éclatant de rire.
Ah! monsieur veut aller aussi sur mes brisées? Mais, mais l'aventure devient trop bouffonne.
LISETTE, à part.
Notre tuteur amoureux!
JULIE, à Ariste.
J'ai dit que je renonçois à tout engagement…
LE MARQUIS, l'interrompant.
Oui, et dans le fond il n'en est rien.
JULIE, à Ariste.
Je viens de refuser Orgon et le marquis: l'un m'accuse de caprice, l'autre de singularité. (En souriant.) Un troisième refus m'attireroit sans doute un reproche plus sensible. (Lui présentant la main pour le relever.) J'accepte votre main, Ariste.
ARISTE, se relevant.
C'est in bonheur inattendu, auquel je me livre tout entier.
ORGON, à part.
Parbleu! j'en suis ravi, et pour cause. (Au marquis.) Eh bien ! notre cher neveu, êtes-vous content du personnage que vous m'avez fait jouer ici?