NOTES:
[1] On entend par position la disposition du poids et de la force du cheval par rapport à chaque mouvement qu'il doit exécuter.
[2] Ces préceptes s'adressent plus spécialement aux cavaliers militaires; mais, avec quelques légères modifications, faciles à saisir, ils peuvent également s'appliquer à l'équitation civile.
[3] Voir les principes pour l'éducation du cheval.
[4] Plusieurs pamphlétaires très-érudits et profonds anatomistes ont beaucoup discuté sur cette expression: forces transmises, n'ayant, disaient-ils agréablement, rien trouvé de semblable dans les chevaux qu'ils avaient écorchés à l'école d'Alfort. On reconnaîtra sans doute avec moi que cette bouffonnerie est fort concluante.
Pour parler sérieusement, je déclare qu'en employant l'expression transmises, je ne prétends pas créer des forces en principe, mais seulement en fait. Je parviens à diriger et à utiliser des forces qui, par suite de contractions et de résistances, demeuraient complétement inertes, et qui seraient conséquemment comme si elles n'étaient pas. N'est-ce point là une espèce de transmission?
[5] J'engage beaucoup les amateurs désireux de suivre mes préceptes dans tout ce qu'ils ont de naturel et de méthodique, à bien prendre garde d'y mêler des moyens pratiques qui y sont étrangers et contraires. Dans le nombre de ces grotesques inventions se trouve placé le jockey anglais ou l'homme de bois, auquel de graves auteurs ont attribué des propriétés que la saine équitation réprouve; en effet, la force permanente du bridon dans la bouche du cheval est une gêne et non pas un avis; elle lui apprend à revenir sur lui-même en s'acculant, pour en éviter la sujétion. A l'aide de cette force brutale, il connaîtra de bonne heure comment il peut se soustraire aux effets de main du cavalier.
C'est à cheval, et par de justes et progressives oppositions de main et de jambes, que l'on obtiendra des résultats prompts et infaillibles, résultats qui seront tous en faveur du mécanisme et de l'intelligence du cavalier. Si le cheval présentait quelques difficultés dangereuses, un second cavalier, à l'aide du caveçon, produirait une action suffisante sur le moral du cheval, pour donner le temps à celui qui le monte d'agir physiquement, afin de disposer la masse dans le sens du mouvement qu'on veut exiger. Mais, on le voit, il faut une intelligence pour parler intelligiblement au cheval, et non pas une machine fonctionnant brutalement.
[6] Voir, dans le Dictionnaire raisonné d'Équitation, les mots Mors, Barres et Martingales.
[7] Les vibrations de mains peuvent être employées dans toutes les flexions.
[8] Ce mot, qui, sous le point de vue technique, ne manque pas de cachet, appartient à un écuyer qui a parfaitement profité de quelques leçons que je lui ai données. M. Cinizelli, après avoir reçu les félicitations du roi de Sardaigne, fut, un jour, invité à visiter le manége royal. Il formula ainsi son opinion sur les travaux exécutés devant lui: «C'est très-bien, mais vos chevaux sont muets.» Ce mot, dans la bouche de l'écuyer, faisait tout simplement allusion à l'immobilité de la mâchoire des chevaux.
[9] J'ai habité Berlin pendant quelques mois; j'ai vu mettre en pratique l'équitation allemande dans toute son étendue. Je n'ai pas la prétention de m'ériger en critique; je dirai seulement que les principes professés en Prusse sont diamétralement opposés aux miens: ainsi, plusieurs officiers, qui jouissent dans leur pays d'une certaine réputation de cavaliers, me disaient: Nous voulons que nos chevaux soient en avant de la main; et moi, leur répondais-je, je veux qu'ils soient derrière la main et en avant des jambes; c'est à cette condition seulement que l'animal sera sous l'entière domination du cavalier; ses mouvements deviendront gracieux et réguliers; il passera facilement d'une allure accélérée à une allure lente, tout en conservant son équilibre; car, leur disais-je, tout cheval qui est en avant de la main est derrière les jambes, alors il vous échappe par tous les bouts, ce qui entraîne l'absence complète de grâce et de régularité dans les mouvements; de plus, si sa conformation est vicieuse, comment y remédierez-vous? En procédant à votre manière vous n'obtiendrez jamais l'équilibre ou la légèreté. Toutes les théories mises en pratique jusqu'à moi consistent à donner, avec plus ou moins de peines, une direction aux forces instinctives du cheval, mais non à les harmoniser avec le poids. Ces résultats ne peuvent être obtenus sans l'application de mes principes; c'est fâcheux pour les opposants, mais toute l'équitation est là.
[10] L'appui de l'éperon et les attaques comme moyen de concentration ne doivent se pratiquer qu'avec des molettes rondes ou peu piquantes; il serait dangereux de les employer dans le dressage du cheval de troupe. Le soldat ne doit se servir de l'éperon que pour porter son cheval en avant, lorsqu'il résiste à la pression des jambes.
[11] On peut distinguer trois sortes d'équilibres:
Équilibre du troisième genre:
Résistance constante dans toutes les positions, dans tous les mouvements.
Équilibre du deuxième genre:
Légèreté accidentelle sous l'influence de la position et du mouvement.
Équilibre du premier genre:
Légèreté invariable dans toutes les positions et dans tous les mouvements.
[12] Le mot demi-arrêt, dont je me sers pour exprimer l'action vive et énergique de la main qui a pour but de reporter en arrière le poids dont le devant est trop chargé, ne rend qu'imparfaitement l'idée qu'il doit représenter. Ce terme indique un ralentissement. Je l'ai conservé pour ne pas changer une expression consacrée par l'usage. Je l'emploie pour désigner uniquement un déplacement de poids, avec la condition expresse de ne prendre en rien sur l'action propre au mouvement. Si le demi-arrêt se donne de pied ferme, il ne doit, dans aucun cas, amener le reculer.
[13] Aujourd'hui colonel du 18e dragons.
[14] J'ai eu aussi le premier l'idée de faire exécuter, même par des dames, les grandes difficultés de l'équitation; le public en a été témoin. Tout le monde a pu admirer Mmes Caroline Loyau, Pauline Cuzent, Mathilde et Maria d'Embrun.
Paris.—Imprimerie de J. Dumaine, rue Christine, 2.
A LA MÊME LIBRAIRIE:
| AURE (le comte d').—Traité d'équitation illustré, précédé d'un aperçu de diverses modifications et changements apportés dans l'équitation depuis le XVIe siècle jusqu'à nos jours; suivi d'un appendice sur le jeune cheval, du trot à l'anglaise, et d'une lettre sur l'équitation des dames. 4o édit. Paris, 1870. Joli vol. gr. in-8 avec portrait, planches et figures dans le texte. | 10 fr. 00 |
| CURNIEU (le baron de).—Leçons de science hippique générale, ou Traité complet de l'art de connaître, de gouverner et d'élever le cheval. Paris, 1855-1860. 3 beaux vol. gr. in-8, illustrés de plus de 200 figures gravées sur textes. | 36 fr. 00 |
| DEBOST (Émile), ancien instructeur de l'École de cavalerie, etc. Cinésie équestre.—Nouvelle étude du cheval et principes inédits d'équitation rationnelle et de haute école, etc. Paris, 1873. In-8o. | 6 fr. 00 |
| GERHARDT (A.), capitaine-instructeur des lanciers de la garde.—Manuel d'équitation, ou essai d'une progression pour servir au dressage prompt et complet des chevaux de selle, et particulièrement des chevaux d'armes, précédé d'une analyse raisonnée du Bauchérisme. Paris, 1859. In-8 avec planches par V. Adam. | 6 fr. 00 |
| LENOBLE DU TEIL (Jules).—Étude sur la locomotion du cheval et des quadrupèdes en général considérée dans ses rapports, avec l'équitation et la représentation des quadrupèdes à toutes les allures et à toutes les variétés de ces allures; ouvrage complété par un atlas de 23 planches, indiquant les phases successives d'appui et de soutien de chaque membre à toutes les allures. 1 vol. in-4o et atlas. | 12 fr. 00 |
| MÉGNIN (J.-P.), vétérinaire en 2e.—Dermatologie hippique, ou Traité de l'organisation et des maladies de la peau du cheval. Paris, 1868, 1 vol. in-8 avec 12 planches gravées dont 8 en couleur. | 5 fr. 00 |
| MÉGNIN, vétérinaire en 2e.—Essai sur les proportions du cheval et son anatomie externe comparée à celle de l'homme, à l'usage des écuyers militaires ou civils et des artistes. Paris, 1860. Album in-folio jésus oblong, composé de 15 planches coloriées avec texte. | 20 fr. 00 |
| MERCHE, officier de la Légion d'honneur, vétérinaire principal, membre de plusieurs sociétés savantes, etc.—Nouveau traité des formes extérieures du cheval. Paris, 1868. 1 fort vol. in-8 avec figures dans le texte. | 12 fr. 00 |
| MONTIGNY (le comte de), chevalier de la Légion d'honneur, ancien écuyer de 1re classe et ancien inspecteur général des haras.—Manuel des piqueurs, cochers, grooms et palefreniers, à l'usage des écoles de dressage et d'équitation de France. 3e édit., revue et corrigée. Paris, 1873. 1 fort vol. in-12 avec 22 planches. | 5 fr. 00 |
| MUSSOT (P.), lieutenant-colonel de cavalerie, ancien capitaine-instructeur à l'Ecole de Saumur.—Manuel d'hippiatrique, d'équitation et d'hygiène à l'usage de tous, ou Etude de la connaissance intérieure du cheval, de son instruction et de son emploi, de sa conservation en l'état de santé, de sa reproduction, de son élevage et de son remplacement. Paris, 1856. 2 vol. in-8 avec planches. | 12 fr. 00 |
| NOLAN (L.-E.).—Dressage des chevaux de remonte.—Traduit de l'anglais par Savin de Larclause, colonel du 14e dragons. Paris, 1872. Gr. in-8o avec 13 planches. | 3 fr. 00 |
| VALLON (A.), vétérinaire principal, professeur d'hippologie et directeur de haras de l'Ecole de cavalerie, etc, etc.—Cours d'hippologie, à l'usage de MM. les officiers de l'armée, de MM. les officiers de haras, les vétérinaires, etc.; adopté pour l'enseignement hippologique dans l'armée, par décision ministérielle du 1er juin 1863. 2e édition. Paris, 1873. 2 forts vol. in-8 avec planches et figures dans le texte. | 14 fr. 00 |
| VALLON (A.), vétérinaire principal, professeur d'hippologie, etc., etc.—Abrégé d'hippologie à l'usage des sous-officiers de l'armée. Adopté pour l'enseignement de l'hippologie dans l'armée par décision ministérielle du 11 juin 1863. 4e édition. Paris, 1873. 1 vol. in-12 avec planches. | 3 fr. 50 |
Paris.—Imprimerie J. Dumaine, rue Christine, 2.