Notes

[1]: Le petit volume, contenant la première série des Sophismes économiques, parut à la fin de 1845. Plusieurs des chapitres qu'il contient avaient été publiés par le Journal des Économistes, dans les numéros d'avril, juillet et octobre de la même année.

(Note de l'éditeur.)

[2]: Cet aperçu a donné lieu plus tard au pamphlet Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, compris dans le volume suivant.

(Note de l'éditeur.)

[3]: L'auteur a rectifié les termes de cette proposition dans un ouvrage postérieur. Voir Harmonies économiques, chap. XI.

(Note de l'éditeur.)

[4]: Nous n'avons pas en français un substantif pour exprimer l'idée opposée à celle de cherté (cheapness). Il est assez remarquable que l'instinct populaire exprime cette idée par cette périphrase: marché avantageux, bon marché. Les prohibitionistes devraient bien réformer cette locution. Elle implique tout un système économique opposé au leur.

[5]: L'auteur a traité ce sujet avec plus d'étendue dans le XIe chapitre des Harmonies économiques, puis, sous une autre forme, dans l'article Abondance, écrit pour le Dictionnaire de l'économie politique, et que nous reproduisons à la fin du 5e volume.

(Note de l'éditeur.)

[6]: Voyez, sur le même sujet, le chapitre XIV de la seconde Série des Sophismes, et les chapitres III et XI des Harmonies économiques.

(Note de l'éditeur.)

[7]: Par ce motif, nous prions le lecteur de nous excuser si, pour abréger, nous désignons dans la suite ce système sous le nom de Sisyphisme.

[8]: Il est juste de dire que M. d'Argout mettait cet étrange langage dans la bouche des adversaires de la betterave. Mais il se l'appropriait formellement, et le sanctionnait d'ailleurs par la loi même à laquelle il servait de justification.

[9]: À supposer que 48,000 à 50,000 hectares suffisent à alimenter la consommation actuelle, il en faudrait 150,000 pour une consommation triple, que M. d'Argout admet comme possible.—De plus, si la betterave entrait dans un assolement de six ans, elle occuperait successivement 900,000 hectares, ou 1/38e du sol cultivable.

[10]: Voyez, sur le même sujet, le chapitre XVI de la seconde Série des Sophismes, et le chapitre VI des Harmonies économiques.

(Note de l'éditeur.)

[11]: M. le vicomte de Romanet.

[12]: Mathieu de Dombasle.

[13]: Il est vrai que le travail ne reçoit pas une rémunération uniforme. Il y en a de plus ou moins intense, dangereux, habile, etc. La concurrence établit pour chaque catégorie un prix courant, et c'est de ce prix variable que je parle.

[14]: La théorie esquissée dans ce chapitre est celle qui, quatre ans plus tard, fut développée dans les Harmonies économiques. Rémunération exclusivement réservée au travail humain; gratuité des agents naturels; conquête progressive de ces agents au profit de l'humanité, dont ils deviennent ainsi le patrimoine commun; élévation du bien-être général et tendance au nivellement relatif des conditions: on reconnaît là tous les éléments essentiels du plus important des travaux de Bastiat.

(Note de l'éditeur.)

[15]: Voir Harmonies, ch. XVII.

(Note de l'éditeur.)

[16]: Voir, au tome V, le pamphlet Paix et Liberté.

(Note de l'éditeur.)

[17]: En mars 1850, l'auteur fut encore obligé de combattre le même sophisme, qu'il entendit produire à la tribune nationale. Il rectifia la démonstration précédente en excluant de ses calculs les frais de transport, etc. Voir la fin du tome V.

(Note de l'éditeur.)

[18]: Cette pensée revient souvent sous la plume de l'auteur. Elle avait à ses yeux une importance capitale et lui dictait quatre jours avant sa mort cette recommandation: «Dites à de F. de traiter les questions économiques toujours au point de vue du consommateur, car l'intérêt du consommateur ne fait qu'un avec celui de l'humanité.»

(Note de l'éditeur.)

[19]: V. le chap. [V] de la seconde série des sophismes et le chap. VI des Harmonies économiques.

(Note de l'éditeur.)

[20]: V. au tome VI, le chap. XIV des Harmonies.

(Note de l'éditeur.)

[21]: De l'Administration commerciale opposée à l'économie politique, page 5.

[22]: Ne pourrait-on pas dire: C'est un terrible préjugé contre MM. Ferrier et Saint-Chamans que les économistes de toutes les écoles, c'est-à-dire tous les hommes qui ont étudié la question, soient arrivés à ce résultat: après tout, la liberté vaut mieux que la contrainte, et les lois de Dieu sont plus sages que celles de Colbert.

[23]: Du Système de l'impôt, etc., par M. le vicomte de Saint-Chamans, page 11.

[24]: V. ci-après le chap. [XV].

(Note de l'éditeur.)

[25]: V. ci-après les chap. [XVIII], [XX], et à la fin de ce volume, la lettre à M. Thiers, intitulée [Protectionisme et Communisme].

(Note de l'éditeur.)

[26]: V. au tome Ier, la 1re lettre à M. de Lamartine et, au tome VI, le chap. I, des Harmonies économiques.

(Note de l'éditeur.)

[27]: V. le pamphlet [Justice et Fraternité], au présent volume.—V. aussi l'introduction de Cobden et la ligue anglaise, puis la seconde campagne de la ligue, au tome II.

(Note de l'éditeur.)

[28]: V. dans la seconde série des Sophismes le chap. [XIV] et dans les Harmonies économiques, le chap. VI.

(Note de l'éditeur.)

[29]: Je ne mentionne pas explicitement cette partie de rémunération afférente à l'entrepreneur, au capitaliste, etc., par plusieurs motifs:

1o Parce que si l'on y regarde de près on verra que c'est toujours le remboursement d'avances ou le paiement de travaux antérieurs; 2o parce que, sous le mot général travail, je comprends non-seulement le salaire de l'ouvrier, mais la rétribution légitime de toute coopération à l'œuvre de la production; 3o enfin et surtout, parce que la production des objets fabriqués est, aussi bien que celle des matières premières, grevée d'intérêts et de rémunérations autres que celles du travail manuel, et que l'objection, futile en elle-même, s'appliquerait à la filature la plus ingénieuse, tout autant et plus qu'à l'agriculture la plus grossière.

[30]: Voy., au premier volume, l'opuscule de 1834, intitulé: Réflexions sur les Pétitions de Bordeaux, le Havre, etc.

(Note de l'éditeur.)

[31]: Nous avons fait remarquer, à la fin du chap. IV, qu'il contient le germe très-apparent des doctrines développées dans les Harmonies économiques. Ici maintenant se manifeste, de la part de l'auteur, le désir et l'intention d'écrire ce dernier ouvrage, à la première occasion favorable.

(Note de l'éditeur.)

[32]: Cette pensée, qui termine la première série des Sophismes, va être reprise et développée par l'auteur, au commencement de la seconde série. L'influence de la Spoliation sur les destinées de l'humanité le préoccupait vivement. Après avoir plusieurs fois abordé ce sujet dans les Sophismes et les Pamphlets (V. notamment [Propriété et Spoliation],—Spoliation et Loi), il lui destinait une place étendue dans la seconde partie des Harmonies, parmi les causes perturbatrices. Enfin, dernier témoignage de l'intérêt qu'il y attachait, il disait, à la veille de sa mort: «Un travail bien important à faire, pour l'économie politique, c'est d'écrire l'histoire de la Spoliation. C'est une longue histoire dans laquelle, dès l'origine, apparaissent les conquêtes, les migrations des peuples, les invasions et tous les funestes excès de la force aux prises avec la justice. De tout cela il reste encore aujourd'hui des traces vivantes, et c'est une grande difficulté pour la solution des questions posées dans notre siècle. On n'arrivera pas à cette solution tant qu'on n'aura pas bien constaté en quoi et comment l'injustice, faisant sa part au milieu de nous, s'est impatronisée dans nos mœurs et dans nos lois.»

(Note de l'éditeur.)

[33]: La seconde série des Sophismes économiques, dont plusieurs chapitres avaient figuré dans le Journal des Économistes et le journal le Libre Échange, parut à la fin de janvier 1848.

(Note de l'éditeur.)

[34]: V. au tome VI, les chap. XVIII, XIX, XXII et XXIV pour les développements projetés et commencés par l'auteur sur les Causes perturbatrices de l'harmonie des lois naturelles.

(Note de l'éditeur.)

[35]: Voy., tome I, la lettre adressée au président du Congrès de la paix à Francfort.

(Note de l'éditeur.)

[36]: Voy., au tome I, la lettre adressée à M. Larnac, et au tome V, les Incompatibilités parlementaires.

(Note de l'éditeur.)

[37]: V. au présent tome, [l'État], [la Loi], et au tome VI, le chapitre XVII, Services privés et services publics.

(Note de l'éditeur.)

[38]: Pour la distinction entre les monopoles véritables et ce qu'on a nommé les monopoles naturels, voir, au chap. V du tome VI, la note qui accompagne l'exposé de la doctrine d'Adam Smith sur la valeur.

(Note de l'éditeur.)

[39]: Cette cause de perturbation, l'auteur devait bientôt assister à son développement et la combattre avec énergie. V. ci-après [l'État], puis, au tome II, Funestes illusions et, au tome VI, les dernières pages du chap. IV.

(Note de l'éditeur.)

[40]: Nous avons eu beau prendre nos mesures, il nous a été impossible d'apercevoir un côté quelconque par lequel le régime protecteur fût avantageux à notre commerce.

[41]: Ce chapitre est la reproduction d'un article du Libre-Échange, no du 25 juillet 1847.

(Note de l'éditeur.)

[42]: Récemment, M. Duchâtel, qui jadis demandait la liberté en vue des bas prix, a dit à la Chambre: «Il ne me serait pas difficile de prouver que la protection amène le bon marché.»

[43]: L'auteur, dans le discours qu'il prononça, le 29 septembre 1846, à la salle Montesquieu, a, par une image saisissante, présenté une démonstration de la même vérité. V. ce discours au tome II.

(Note de l'éditeur.)

[44]: Dans le Libre-Échange du 1er août 1847, l'auteur donna sur ce sujet une explication que nous jugeons utile de reproduire ici.

(Note de l'éditeur.)

[45]: Ce chapitre est tiré du Courrier français (no du 18 septembre 1846), dont les colonnes furent ouvertes à l'auteur pour repousser les attaques de l'Atelier. Ce ne fut que deux mois plus tard que parut la feuille du Libre-Échange.

(Note de l'éditeur.)

[46]: V. au tome II, la polémique directe contre divers journaux.

(Note de l'éditeur.)

[47]: Tiré du Libre-Échange, no du 6 décembre 1846.

(Note de l'éditeur.)

[48]: Tiré du Journal des économistes, no de janvier 1846.

(Note de l'éditeur.)

[49]: Possédant un champ qui le fait vivre, il est de la classe des protégés. Cette circonstance devrait désarmer la critique. Elle montre que, s'il se sert d'expressions dures, c'est contre la chose et non contre les intentions.

[50]: Voici le texte: «Je citerai encore les lois de douane des 9 et 11 juin dernier, qui ont en grande partie pour objet d'encourager la navigation lointaine, en augmentant sur plusieurs articles les surtaxes afférentes au pavillon étranger. Nos lois de douane, vous le savez, sont généralement dirigées vers ce but, et peu à peu la surtaxe de 10 francs, établie par la loi du 28 avril 1816 et souvent insuffisante, disparaît pour faire place... à une protection plus efficace et plus en harmonie avec la cherté relative de notre navigation.»—Ce disparaît est précieux.

(M. Cunin-Gridaine, séance du 15 décembre 1845,
discours d'ouverture.)

[51]: Sophismes économiques, 1re série, chap. V, pag. 49 et 50.

[52]: V. au tome Ier la lettre à M. Larnac, et au tome V, les Incompatibilités parlementaires.

(Note de l'éditeur.)

[53]: Tiré du Libre-Échange, no du 17 janvier 1847.

(Note de l'éditeur.)

[54]: L'auteur avait dit en effet 5 centimes, en mai 1846, dans un article du Journal des économistes, qui est devenu le chap. XII de la seconde série des Sophismes.

(Note de l'éditeur.)

[55]: Tiré du Journal des économistes, no de mai 1846.

(Note de l'éditeur.)

[56]: Voy. chap. [VI] de la Ire série des Sophismes.

(Note de l'éditeur.)

[57]: Tiré du Libre-Échange, no du 21 mars 1847.

(Note de l'éditeur.)

[58]: Voy. chap [II] et [III] de la 1re série des Sophismes et le chap. VI des Harmonies.

(Note de l'éditeur.)

[59]: Tiré du Libre-Échange, no du 26 avril 1847.

(Note de l'éditeur.)

[60]: Tiré du Libre-Échange, no du 13 décembre 1846.

(Note de l'éditeur.)

[61]: Tiré du Libre-Échange, no du 14 février 1847.

(Note de l'éditeur.)

[62]: Si l'auteur eût vécu, il eût probablement publié une troisième série de Sophismes. Les principaux éléments de cette publication nous ont semblé préparés dans les colonnes du Libre-Échange, et, à la fin du tome II, nous les présentons réunis.

(Note de l'éditeur.)

[63]: C'est immédiatement après ce pamphlet que parut la première édition des Harmonies économiques.

[64]: Article inséré au no du 15 mai 1848 du Journal des Économistes.

(Note de l'Éditeur.)

[65]: Voy., au tome Ier, le compte rendu de l'ouvrage de M. Vidal sur la Répartition des richesses, et au tome II, la réponse à cinq lettres publiées par M. Vidal dans le journal la Presse.

(Note de l'éditeur.)

[66]: Voy., au tome Ier, la lettre adressée, dès janvier 1845, à M. de Lamartine sur le Droit au travail.

(Note de l'éditeur.)

[67]: Voy., au tome II, la réunion des articles sur la question des subsistances et, ci-après, Protectionisme et Communisme.

(Note de l'éditeur.)

[68]: Voy., au tome V, Spoliation et Loi;—Guerre aux chaires d'économie politique.

(Note de l'éditeur.)

[69]: Article inséré au no du 15 juin 1848, du Journal des économistes.

(Note de l'éditeur.)

[70]: Voy., au tome V, le pamphlet Capital et Rente, et aux Harmonies économiques, tome VI, le chapitre VII.

(Note de l'éditeur.)

[71]: Dans la pratique, les hommes ont toujours distingué entre un marché et un acte de pure bienveillance. Je me suis plu quelquefois à observer l'homme le plus charitable, le cœur le plus dévoué, l'âme la plus fraternelle que je connaisse. Le curé de mon village pousse à un rare degré l'amour du prochain et particulièrement du pauvre. Cela va si loin que lorsque, pour venir au secours du pauvre, il s'agit de soutirer l'argent du riche, le brave homme n'est pas très-scrupuleux sur le choix des moyens.

Il avait retiré chez lui une religieuse septuagénaire, de celles que la révolution avait dispersées dans le monde. Pour donner une heure de distraction à sa pensionnaire, lui, qui n'avait jamais touché une carte, apprit le piquet; et il fallait le voir se donner l'air d'être passionné pour le jeu, afin que la religieuse se persuadât à elle-même qu'elle était utile à son bienfaiteur. Cela a duré quinze ans. Mais voici ce qui transforme un acte de simple condescendance en véritable héroïsme.—La bonne religieuse était dévorée d'un cancer, qui répandait autour d'elle une horrible puanteur, dont elle n'avait pas la conscience. Or, on remarqua que le curé ne prenait jamais de tabac pendant la partie, de peur d'éclairer la pauvre infirme sur sa triste position.—Combien de gens ont eu la croix, ce 1er mai, incapables de faire un seul jour ce que mon vieux prêtre a fait pendant quinze années!

Eh bien! j'ai observé ce prêtre et je puis assurer que, lorsqu'il faisait un marché, il était tout aussi vigilant qu'un honorable commerçant du Marais. Il défendait son terrain, regardait au poids, à la mesure, à la qualité, au prix, et ne se croyait nullement tenu de mêler la charité et la fraternité à cette affaire.

Dépouillons donc ce mot Fraternité de tout ce que, dans ces derniers temps, on y a joint de faux, de puéril et de déclamatoire.

(Ébauche inédite de l'auteur, écrite vers la fin de 1847.)

[72]: Voy. ci-après [Propriété et Spoliation], y compris la note finale. Voy. aussi, au tome II, la réponse à une lettre de M. Considérant.

(Note de l'éditeur.)

[73]: Déjà plusieurs chapitres des Harmonies économiques avaient alors été publiés dans le Journal des Économistes, et l'auteur ne devait pas tarder à continuer cet ouvrage.

(Note de l'éditeur.)

[74]: Au moment où l'on préparait à Marseille, en août 1847, une réunion publique en faveur de la liberté des échanges, Bastiat rencontra M. de Lamartine en cette ville et s'entretint longuement avec lui de la liberté commerciale, puis de la liberté en toute chose, dogme fondamental de l'économie politique.—Voy., au tome II, la note qui suit le discours prononcé à Marseille. Voy. aussi, au tome Ier, les deux lettres à M. de Lamartine.

(Note de l'éditeur.)

[75]: «Il y a trois régions pour l'Humanité: une inférieure, celle de la Spoliation;—une supérieure, celle de la Charité;—une intermédiaire, celle de la Justice.»

«Les Gouvernements n'exercent jamais qu'une action qui a pour sanction la Force. Or, il est permis de forcer quelqu'un d'être juste, non de le forcer d'être charitable. La Loi, quand elle veut faire par la force ce que la morale fait faire par la persuasion, bien loin de s'élever à la région de la Charité, tombe dans le domaine de la Spoliation.»

«Le propre domaine de la Loi et des Gouvernements, c'est la Justice.»

Cette pensée de l'auteur fut écrite de sa main sur un album d'autographes, qu'envoya la société des gens de lettres, en 1850, à l'exposition de Londres. Nous la reproduisons ici, parce qu'elle nous semble résumer le pamphlet qui précède.

(Note de l'éditeur.)

[76]: Pour expliquer la forme de cette composition, rappelons qu'elle fut insérée au Journal des Débats, no du 25 septembre 1848.

(Note de l'éditeur.)

[77]: Cette dernière phrase est de M. de Lamartine. L'auteur la cite de nouveau dans le pamphlet qui va suivre.

(Note de l'éditeur.)

[78]: Voy. au tome VI, le chap. XVII des Harmonies, et au tome Ier, l'opuscule de 1830, intitulé: Aux électeurs du département des Landes.

(Note de l'éditeur.)

[79]: Ce fut en juin 1850 que l'auteur, pendant quelques jours passés dans sa famille à Mugron, écrivit ce pamphlet.

(Note de l'éditeur.)

[80]: Voy. au tome V, les deux dernières pages du pamphlet, Spoliation et Loi.

(Note de l'éditeur.)

[81]: Conseil général des manufactures, de l'agriculture et du commerce. (Séance du 6 mai 1850.)

[82]: Si la protection n'était accordée, en France, qu'à une seule classe, par exemple, aux maîtres de forges, elle serait si absurdement spoliatrice qu'elle ne pourrait se maintenir. Aussi nous voyons toutes les industries protégées se liguer, faire cause commune et même se recruter de manière à paraître embrasser l'ensemble du travail national. Elles sentent instinctivement que la Spoliation se dissimule en se généralisant.

[83]: Dans le pamphlet Baccalauréat et Socialisme (le 5me d'après notre classement), l'auteur, par une série de citations analogues, montre encore la filiation de la même erreur.

(Note de l'éditeur.)

[84]: Pour qu'un peuple soit heureux, il est indispensable que les individus qui le composent aient de la prévoyance, de la prudence et de cette confiance les uns dans les autres qui naît de la sûreté.

Or, il ne peut guère acquérir ces choses que par l'expérience. Il devient prévoyant, quand il a souffert pour n'avoir pas prévu;—Prudent, quand sa témérité a été souvent punie, etc., etc.

Il résulte de là que la liberté commence toujours par être accompagnée des maux qui suivent l'usage inconsidéré qu'on en fait.

À ce spectacle, des hommes se lèvent qui demandent que la liberté soit proscrite.

«Que l'État, disent-ils, soit prévoyant et prudent pour tout le monde.»

Sur quoi, je pose ces questions:

1o Cela est-il possible? Peut-il sortir un État expérimenté d'une nation inexpérimentée?

2o En tout cas, n'est-ce pas étouffer l'expérience dans son germe?

Si le pouvoir impose les actes individuels, comment l'individu s'instruira-t-il par les conséquences de ses actes? Il sera donc en tutelle à perpétuité?

Et l'État ayant tout ordonné sera responsable de tout.

Il y a là un foyer de révolutions, et de révolutions sans issue, puisqu'elles seront faites par un peuple auquel, en interdisant l'expérience, on a interdit le progrès.

(Pensée tirée des manuscrits de l'auteur.)

[85]: L'économie politique précède la politique; celle-là dit si les intérêts humains sont naturellement harmoniques ou antagoniques; ce que celle-ci devrait savoir avant de fixer les attributions du gouvernement.

[86]: Elle parut dans le Journal des Débats, no du 24 juillet 1848.

(Note de l'éditeur.)

[87]: Voir le petit volume publié par M. Considérant sous ce titre: Théorie du Droit de propriété et du Droit au travail.

[88]: M. Considérant n'est pas le seul qui la professe, témoin le passage suivant, extrait du Juif errant de M. Eugène Sue:

«Mortification exprimerait mieux le manque complet de ces choses essentiellement vitales, qu'une société équitablement organisée devrait, oui, devrait forcément à tout travailleur actif et probe, puisque la civilisation l'a dépossédé de tout droit au sol, et qu'il naît avec ses bras pour seul patrimoine.

«Le sauvage ne jouit pas des avantages de la civilisation, mais, du moins, il a pour se nourrir les animaux des forêts, les oiseaux de l'air, les poissons des rivières, les fruits de la terre; et, pour s'abriter et se chauffer, les arbres des grands bois.

«Le civilisé, déshérité de ces dons de Dieu, le civilisé qui regarde la Propriété comme sainte et sacrée peut donc, en retour de son rude labeur quotidien qui enrichit le pays, peut donc demander un salaire suffisant pour vivre sainement, rien de plus, rien de moins.»

[89]: Cette proposition se trouve plus amplement développée aux chapitres V et IX des Harmonies économiques, tome VI.

(Note de l'éditeur.)

[90]: Voy. à la fin de cet opuscule, la réclamation que provoqua cette première lettre, de la part de M. Considérant, et la réponse de F. Bastiat.

(Note de l'éditeur.)

[91]: Voy. le chap. [XXII] de la Ire série des Sophismes.

(Note de l'éditeur.)

[92]: «Il ne suffit pas que la valeur ne soit pas dans la matière ou dans les forces naturelles. Il ne suffit pas qu'elle soit exclusivement dans les services. Il faut encore que les services eux-mêmes ne puissent pas avoir une valeur exagérée. Car qu'importe à un malheureux ouvrier de payer le blé cher, parce que le propriétaire se fait payer les puissances productives du sol ou bien se fait payer démesurément son intervention?»

«C'est l'œuvre de la Concurrence d'égaliser les services sur le pied de la justice. Elle y travaille sans cesse.»

(Pensée inédite de l'auteur.)

Pour les développements sur la Valeur et la Concurrence, voy. les chap. V et X des Harmonies économiques, au tome VI.

Voy., de plus, au présent volume, les exemples cités pag. [38] et suiv.

(Note de l'éditeur.)

[93]: Voy., sur la question des intermédiaires, au tome V, le chap. VI du pamphlet Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, et au tome VI, le commencement du chap. XVI.

(Note de l'éditeur.)

[94]: Nous avons entendu naguère nier la légitimité du fermage. Sans aller jusque-là, beaucoup de personnes ont de la peine à comprendre la pérennité du loyer des capitaux. Comment, disent-elles, un capital une fois formé peut-il donner un revenu éternel? Voici, par un exemple, cette légitimité et cette pérennité expliquées.

J'ai cent sacs de blé, je pourrais m'en servir pour vivre pendant que je me livre à un travail utile. Au lieu de cela, je les prête pour un an. Que me doit l'emprunteur? la restitution intégrale de mes cent sacs de blé. Ne me doit-il que cela? En ce cas, j'aurais rendu un service sans en recevoir. Il me doit donc, outre la simple restitution de mon prêt, un service, une rémunération qui sera déterminée par les lois de l'offre et de la demande: c'est l'intérêt. On voit qu'au bout de l'an, j'ai encore cent sacs de blé à prêter; et ainsi de suite pendant l'éternité. L'intérêt est une petite portion du travail que mon prêt a mis l'emprunteur à même d'exécuter. Si j'ai assez de sacs de blé pour que les intérêts suffisent à mon existence, je puis être un homme de loisir sans faire tort à personne, et il me serait facile de montrer que le loisir, ainsi acheté, est lui-même un des ressorts progressifs de la société.

[95]: Cette hypothèse a été examinée de nouveau par l'auteur dans la dernière partie de sa lettre à M. Thiers. Voy. ci-après les 12 dernières pages de [Protectionisme et Communisme].

(Note de l'éditeur.)

[96]: Sur la propriété foncière, voy. les chap. IX et XIII des Harmonies économiques, au tome VI.—Voy. aussi, au tome II, la seconde parabole du discours prononcé, le 29 septembre 1846, à la salle Montesquieu.

(Note de l'éditeur.)

[97]: Sur l'objection tirée d'un prétendu accaparement des agents naturels, voy., au tome V, la lettre XIVe de Gratuité du crédit, et, au tome VI, les deux dernières pages du chap. XIV.

(Note de l'éditeur.)

[98]: Sur l'Effort épargné, considéré comme l'élément le plus important de la valeur, voy. le chap. V du tome VI.

(Note de l'éditeur.)

[99]: Vingt ans auparavant, l'auteur, dans son premier écrit, signalait déjà la liberté de l'enseignement comme l'une des réformes que la nation devait s'efforcer d'obtenir. Voy., au tome Ier, l'opuscule intitulé: Aux électeurs du département des Landes.

(Note de l'éditeur.)

[100]: «Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire, la nature humaine..., d'altérer la constitution physique et morale de l'homme, etc.» (Contrat social, chap. VII.)

[101]: Voy. les pages [365] à 380 du présent volume.

(Note de l'éditeur.)

[102]: Rapport de M. Thiers sur la loi de l'instruction secondaire. 1844.

[103]: L'éloignement ne contribue pas peu à donner à des figures antiques un caractère de grandeur. Si l'on nous parle du citoyen romain, nous ne nous représentons pas ordinairement un brigand occupé d'acquérir, aux dépens de peuples pacifiques, du butin et des esclaves; nous ne le voyons pas circuler, à demi nu, hideux de malpropreté, dans des rues bourbeuses; nous ne le surprenons pas fouettant jusqu'au sang ou mettant à mort l'esclave qui montre un peu d'énergie et de fierté.—Nous préférons nous représenter une belle tête supportée par un buste plein de force et de majesté, et drapé comme une statue antique. Nous aimons à contempler ce personnage dans ses méditations sur les hautes destinées de sa patrie. Il nous semble voir sa famille entourant le foyer qu'honore la présence des dieux; l'épouse préparant le simple repas du guerrier et jetant un regard de confiance et d'admiration sur le front de son époux; les jeunes enfants attentifs aux discours d'un vieillard qui endort les heures par le récit des exploits et des vertus de leur père...

Oh! que d'illusions seraient dissipées si nous pouvions évoquer le passé, nous promener dans les rues de Rome, et voir de près les hommes que, de loin, nous admirons de si bonne foi!...

(Ébauche inédite de l'auteur, un peu antérieure à 1830.)

[104]: Les pétrisseurs de sociétés ont quelquefois assez de pudeur pour ne pas dire: Je ferai, JE disposerai. Ils se servent volontiers de cette forme détournée, mais équivalente: On fera, ON ne souffrira pas.

[105]: Dans l'ébauche à laquelle nous avons emprunté la note précédente (page 454), l'auteur examine ces deux questions:

1o Si le renoncement à soi-même est un ressort politique préférable à l'intérêt personnel;

2o Si les peuples anciens, et notamment les Romains, ont mieux pratiqué ce renoncement que les modernes.

Il se prononce, on le pense bien, pour la négative sur la première comme sur la seconde. Voici l'un de ses motifs à l'égard de celle-ci:

«Lorsque je sacrifie une partie de ma fortune à faire construire des murs et un toit, qui me préservent des voleurs et de l'intempérie des saisons, on ne peut pas dire que je sois animé du renoncement à moi-même, mais qu'au contraire, j'aspire à ma conservation.

«De même lorsque les Romains sacrifiaient leurs divisions intestines à leur salut, lorsqu'ils exposaient leur vie dans les combats, lorsqu'ils se soumettaient au joug d'une discipline presque insupportable, ils ne renonçaient pas à eux-mêmes; bien au contraire, ils embrassaient le seul moyen qu'ils eussent de se conserver et d'échapper à l'extermination dont les menaçait sans cesse la réaction des peuples contre leurs violences.

«Je sais que plusieurs Romains ont fait preuve d'une grande abnégation personnelle, et se sont dévoués pour le salut de Rome. Mais cela s'explique aisément. L'intérêt qui détermina leur organisation politique n'était pas leur seul mobile. Des hommes habitués à vaincre ensemble, à détester tout ce qui est étranger à leur association, doivent avoir un orgueil national, un patriotisme très-exalté. Toutes les nations guerrières, depuis les hordes sauvages jusqu'aux peuples civilisés, qui ne font la guerre qu'accidentellement, tombent dans l'exaltation patriotique. À plus forte raison les Romains dont l'existence même était une guerre permanente. Cet orgueil national si exalté, joint au courage que donnent les habitudes guerrières, au mépris de la mort qu'il inspire, à l'amour de la gloire, au désir de «vivre dans la postérité, devait fréquemment produire des actions éclatantes.

«Aussi, je ne dis pas qu'aucune vertu ne puisse surgir d'une société purement militaire. Je serais démenti par les faits, et les bandes de brigands elles-mêmes nous offrent des exemples de courage, d'énergie de dévouement, de mépris de la mort, de libéralité, etc.—Mais je prétends que, comme les bandes de pillards, les peuples pillards, au point de vue du renoncement à soi-même, ne l'emportent pas sur les peuples industrieux, et j'ajoute que les vices énormes et permanents de ceux-là ne peuvent être effacés par quelques actions éclatantes, indignes peut-être du nom de vertu, puisqu'elles tournent au détriment de l'humanité.»

(Ébauche inédite de l'auteur, un peu antérieure à 1830.)

[106]: Voir, dans Justice et Fraternité, les pages [316] et 317.

(Note de l'éditeur.)

[107]: Dans les premiers mois de 1850, l'auteur, qui travaillait au second volume des Harmonies, commençait pour ce volume un chapitre intitulé: Liberté, Égalité. Il renonça bientôt à lui donner cette destination et ne l'acheva point. Nous reproduisons ici ce fragment qui rentre dans l'idée de l'opuscule qu'on vient de lire.

(Note de l'éditeur.)

[108]: Au moment où parut cet opuscule, c'est-à-dire en janvier 1849, M. Thiers était fort en crédit à l'Élysée.

(Note de l'éditeur.)

[109]: Voy., au tome Ier, les lettres adressées à M. de Lamartine en janvier 1845 et octobre 1846, et, au tome II, l'article Communisme, du 27 juin 1847.

(Note de l'éditeur.)

[110]: Voy., au tome II, l'article Libre-Échange, du 20 décembre 1846.

(Note de l'éditeur.)

[111]: Cette pensée par laquelle, suivant l'auteur, M. Billault pouvait fortifier son argumentation, un autre protectioniste devait l'adopter bientôt. Elle fut développée par M. Mimerel, dans un discours prononcé le 27 avril 1850, devant le conseil général de l'agriculture, des manufactures et du commerce. Voy. le passage de ce discours cité au tome V, dans l'opuscule Spoliation et Loi.

(Note de l'éditeur.)

[112]: Voy., au présent volume, page [94], le chap. XVIII des Sophismes. Voy. aussi les p. [101] et 102.

(Note de l'éditeur.)

[113]: Voy., au tome II, les articles Un profit contre deux pertes, Deux pertes contre un profit.

[114]: Voy., au présent tome, la 3e lettre de l'opuscule Propriété et Spoliation, p. [407] et suiv.

(Note de l'éditeur.)

[115]: Voy., au tome V, les dernières pages du pamphlet intitulé Spoliation et Loi.

(Note de l'éditeur.)

[116]: Voy. au tome II, la plupart des articles compris sous cette rubrique Polémique contre les journaux, et notamment l'article intitulé: Le Parti démocratique et le Libre-Échange.

(Note de l'éditeur.)

[117]: Ces deux petits volumes, que l'auteur envoya en effet à M. Thiers, étaient la première et la seconde série des Sophismes.

(Note de l'éditeur.)

[118]: Voy. au tome II, l'introduction.

(Note de l'éditeur.)