Notes
[1]: Je rendrai cette loi sensible par des chiffres. Soient trois époques pendant lesquelles le capital s'est accru, le travail restant le même. Soit la production totale aux trois époques, comme: 80—100—120. Le partage se fera ainsi:
| Part du capital. | Part du travail. | Total. | ||||
| Première époque: | 45 | 35 | 80 | |||
| Deuxième époque: | 50 | 50 | 100 | |||
| Troisième époque: | 55 | 65 | 120 | |||
Bien entendu, ces proportions n'ont d'autre but que d'élucider la pensée.
[2]: Ce chapitre fut publié pour la première fois dans le Journal des Économistes, numéro de janvier 1848.
(Note de l'Éditeur.)
[3]: «Il est avéré que notre régime de libre concurrence, réclamé par une Économie politique ignorante, et décrété pour abolir les monopoles, n'aboutit qu'à l'organisation générale des grands monopoles en toutes branches.» (Principes du socialisme, par M. Considérant, page 15.)
[4]: Ce chapitre et le suivant furent insérés en septembre et décembre 1848 dans le Journal des Économistes.
(Note de l'Éditeur.)
[5]: «Notre régime industriel, formé sur la concurrence sans garantie et sans organisation, n'est donc qu'un enfer social, une vaste réalisation de tous les tourments et de tous les supplices de l'antique Ténare. Il y a une différence pourtant: les victimes.»
(V. Considérant.)
[6]: V. au tome IV, le chap. II de la seconde série des Sophismes.
(Note de l'Éditeur.)
[7]: Loi mathématique très-fréquente et très-méconnue en économie politique.
[8]: Un des objets indirects de ce livre est de combattre des écoles sentimentalistes modernes qui, malgré les faits, n'admettent pas que la souffrance, à un degré quelconque, ait un but providentiel. Comme ces écoles disent procéder de Rousseau, je dois leur citer ce passage du maître: «Le mal que nous voyons n'est pas un mal absolu; et, loin de combattre directement le bien, il concourt avec lui à l'harmonie universelle.»
[9]: Bien plus, cet esclave-là, à cause de sa supériorité, finit à la longue par déprécier et affranchir tous les autres. C'est une harmonie dont je laisse à la sagacité du lecteur de suivre les conséquences.
[10]: Voir au tome II, Funestes illusions, et au tome IV, la fin du chapitre I de la seconde sérié des Sophismes.
(Note de l'éditeur.)
[11]: Ce qui va suivre est la reproduction d'une note trouvée dans les papiers de l'auteur. S'il eût vécu, il en eût lié la substance au corps de sa doctrine sur l'échange. Notre mission doit se borner à placer cette note à la fin du présent chapitre.
(Note de l'éditeur.)
[12]: Voir, pour la réfutation de cette erreur, le chapitre Producteur et Consommateur, ci-après, ainsi que les chapitres II et III des Sophismes économiques, première série, tome IV, pages 15 et 19.
(Note de l'éditeur.)
[13]: Ajoute! Le sujet avait donc de la valeur par lui-même, antérieurement au travail. Il ne pouvait la tenir que de la nature. L'action naturelle n'est donc pas gratuite. Qui donc a l'audace de se faire payer cette portion de valeur extra-humaine?
[14]: C'est parce que, sous l'empire de la liberté, les efforts se font concurrence entre eux qu'ils obtiennent cette rémunération à peu près proportionnelle à leur intensité. Mais, je le répète, cette proportionnalité n'est pas inhérente à la notion de valeur.
Et la preuve, c'est que là où la concurrence n'existe pas, la proportionnalité n'existe pas davantage. On ne remarque, en ce cas, aucun rapport entre les travaux de diverse nature et leur rémunération.
L'absence de concurrence peut provenir de la nature des choses ou de la perversité des hommes.
Si elle vient de la nature des choses, on verra un travail comparativement très-faible donner lieu à une grande valeur, sans que personne ait raisonnablement à se plaindre. C'est le cas de la personne qui trouve un diamant; c'est le cas de Rubini, de Malibran, de Taglioni, du tailleur en vogue, du propriétaire du Clos-Vougeot, etc., etc. Les circonstances les ont mis en possession d'un moyen extraordinaire de rendre service; ils n'ont pas de rivaux et se font payer cher. Le service lui-même étant d'une rareté excessive, cela prouve qu'il n'est pas essentiel au bien-être et au progrès de l'humanité. Donc c'est un objet de luxe, d'ostentation: que les riches se le procurent. N'est-il pas naturel que tout homme attende, avant d'aborder ce genre de satisfactions, qu'il se soit mis à même de pourvoir à des besoins plus impérieux et plus raisonnables?
Si la concurrence est absente par suite de quelque violence humaine, alors les mêmes effets se produisent, mais avec cette différence énorme qu'ils se produisent où et quand ils n'auraient pas dû se produire. Alors on voit aussi un travail comparativement faible donner lieu à une grande valeur; mais comment? En interdisant violemment cette concurrence qui a pour mission de proportionner les rémunérations aux services. Alors, du même que Rubini peut dire à un dilettante: «Je veux une très-grande récompense, ou je ne chante pas à votre soirée,» se fondant sur ce qu'il s'agit là d'un service que lui seul peut rendre,—de même un boulanger, un boucher, un propriétaire, un banquier peut dire: «Je veux une récompense extravagante, ou vous n'aurez pas mon blé, mon pain, ma viande, mon or; et j'ai pris des précautions, j'ai organisé des baïonnettes pour que vous ne puissiez pas vous pourvoir ailleurs, pour que nul ne puisse vous rendre des services analogues aux miens.»
Les personnes qui assimilent le monopole artificiel et ce qu'elles appellent le monopole naturel, parce que l'un et l'autre ont cela de commun, qu'ils accroissent la valeur du travail, ces personnes dis-je, sont bien aveugles et bien superficielles.
Le monopole artificiel est une spoliation véritable. Il produit des maux qui n'existeraient pas sans lui. Il inflige des privations à une portion considérable de la société, souvent à l'égard des objets les plus nécessaires. En outre, il fait naître l'irritation, la haine, les représailles, fruits de l'injustice.
Les avantages naturels ne font aucun mal à l'humanité. Tout au plus pourrait-on dire qu'ils constatent un mal préexistant et qui ne leur est pas imputable. Il est fâcheux, peut-être, que le tokay ne soit pas aussi abondante et à aussi bas prix que la piquette. Mais ce n'est pas là un fait social; il nous a été imposé par la nature.
Il y a donc entre l'avantage naturel et le monopole artificiel cette différence profonde:
L'un est la conséquence d'une rareté, préexistante, inévitable;
L'autre est la cause d'une rareté factice, contre nature.
Dans le premier cas, ce n'est pas l'absence de concurrence qui fait la rareté, c'est la rareté qui explique l'absence de concurrence. L'humanité serait puérile, si elle se tourmentait, se révolutionnait, parce qu'il n'y a, dans le monde, qu'une Jenny Lind, un Clos-Vougeot et un Régent.
Dans le second cas, c'est tout le contraire: Ce n'est pas à cause d'une rareté providentielle que la concurrence est impossible, mais c'est parce que la force a étouffé la concurrence qu'il s'est produit parmi les hommes une rareté qui ne devait pas être.
(Note extraite des manuscrits de l'auteur.)
[15]: V. ci-après le [chap. XV].
L'accumulation est une circonstance de nulle considération en économie politique.
Que la satisfaction soit immédiate ou retardée, qu'elle puisse être ajournée ou ne se puisse séparer de l'effort, en quoi cela change-t-il la nature des choses?
Je suis disposé à faire un sacrifice pour me donner le plaisir d'entendre une belle voix, je vais au théâtre et je paye; la satisfaction est immédiate. Si j'avais consacré mon argent à acheter un plat de fraises, j'aurais pu renvoyer la satisfaction à demain; voilà tout.
On dira sans doute que les fraises sont de la richesse, parce que je puis les échanger encore. Cela est vrai. Tant que l'effort ayant eu lieu la satisfaction n'est pas accomplie, la richesse subsiste. C'est la satisfaction qui la détruit. Quand le plat de fraises sera mangé, cette satisfaction ira rejoindre celle que m'a procurée la voix d'Alboni.
Service reçu, service rendu: voilà l'économie politique.
(Note extraite des manuscrits de l'auteur.)
[16]: Ce qui suit était destiné par l'auteur à trouver place dans le présent chapitre.
(Note de l'éditeur.)
[17]: Traité d'Écon. pol., p. 1.
[18]: «Prenez parti pour la concurrence, vous aurez tort; prenez parti contre la concurrence, vous aurez encore tort: ce qui signifie que vous aurez toujours raison.» (P.-J. Proudhon, Contradictions économiques, p. 182.)
[19]: Toujours cette perpétuelle et maudite confusion entre la Valeur et l'Utilité. Je puis bien vous montrer des utilités non appropriées, mais je vous défie de me montrer dans le monde entier une seule valeur qui n'ait pas de propriétaire.
[20]: Ce qui suit est un commencement de note complémentaire trouvé dans les papiers de l'auteur.
(Note de l'éditeur.)
[21]: Cette dernière indication de l'auteur n'est accompagnée d'aucun développement. Mais divers chapitres de ce volume y suppléent. Voir notamment Propriété et Communauté, Rapport de l'économie politique avec la morale, et Solidarité.
(Note de l'éditeur.)
[22]: Voir ma brochure intitulée Capital et Rente.
[23]: Les mots en italiques et capitales sont ainsi imprimés dans le texte original.
[24]: Ricardo.
[25]: Ici se terminaient les Harmonies économiques, à leur première édition.
(Note de l'éditeur.)
[26]: Nous reproduisons ici cette liste écrite de la main de l'auteur. Elle indique les travaux qu'il avait projetés, et en même temps l'ordre que nous avons suivi pour le classement des chapitres, fragments et ébauches dont nous étions dépositaire.—Les astérisques désignent les sujets sur lesquels nous n'avons trouvé aucun commencement de travail.
(Note de l'éditeur.)
[27]: Sophismes économiques, chapitre I, tome IV, page 5.
[28]: Voir le discours de l'auteur sur l'impôt des boissons, tome V, p. 468.
(Note de l'éditeur.)
[29]: V. au tome IV la note de la page 72.
(Note de l'éditeur.)
[30]: Quand l'avant-garde icarienne partit du Havre, j'interrogeai plusieurs de ces insensés, et cherchai à connaître le fond de leur pensée. Un facile bien-être, tel était leur espoir et leur mobile. L'un d'eux me dit: «Je pars, et mon frère est de la seconde expédition. Il a huit enfants: et vous sentez quel grand avantage ce sera pour lui de n'avoir plus à les élever et à les nourrir.»—«Je le comprends aisément, dis-je; mais il faudra que cette lourde charge retombe sur d'autres.»—Se débarrasser sur autrui de ce qui nous gêne, voilà la façon fraternitaire dont ces malheureux entendaient la devise tous pour chacun.
[31]: Voir le pamphlet Spoliation et Loi, tome V, pag. 2 et suiv.
(Note de l'éditeur.)
[32]: Deux ou trois courts fragments, voilà tout ce que l'auteur a laissé sur cet important chapitre. Cela s'explique: il se proposait, ainsi qu'il l'a déclaré, de s'appuyer principalement sur les travaux de M. Carey de Philadelphie pour combattre la théorie de Ricardo.
(Note de l'éditeur.)
[33]: La même idée a été présentée à la fin du complément ajouté au chapitre V, p. 202 et suiv.
(Note de l'éditeur.)
[34]: De ces développements projetés, aucun n'existe; mais voici sommairement les deux principales conséquences du fait cité par l'auteur:
1o Deux terres, l'une cultivée A, l'autre inculte B, étant supposées de nature identique, la mesure du travail autrefois sacrifié au défrichement de A est donnée par le travail nécessaire au défrichement de B. On peut dire même qu'à cause de la supériorité de nos connaissances, de nos instruments, de nos moyens de communication, etc., il faudrait moins de journées pour mettre B en culture qu'il n'en a fallu pour A. Si la terre avait une valeur par elle-même, A vaudrait tout ce qu'a coûté sa mise en culture, plus quelque chose pour ses facultés productives naturelles; c'est-à-dire beaucoup plus que la somme nécessaire actuellement pour mettre B en rapport. Or, c'est tout le contraire: la terre A vaut moins, puisqu'on l'achète plutôt que de défricher B. En achetant A, on ne paye donc rien pour la force naturelle, puisqu'on ne paye pas même le travail de défrichement ce qu'il a primitivement coûté.
2o Si le champ A rapporte par an 1,000 mesures de blé, la terre B défrichée en rapporterait autant. Puisqu'on a cultivé A, c'est qu'autrefois 1,000 mesures de blé rémunéraient amplement tout le travail exigé, soit par le défrichement, soit par la culture annuelle. Puisqu'on ne cultive pas B, c'est que maintenant 1,000 mesures de blé ne payeraient pas un travail identique,—ou même moindre, comme nous le remarquions plus haut.
Qu'est-ce que cela veut dire? Évidemment c'est que la valeur du travail humain a haussé par rapport à celle du blé; c'est que la journée d'un ouvrier vaut et obtient plus de blé pour salaire. En d'autres termes, le blé s'obtient par un moindre effort, s'échange contre un moindre travail; et la théorie de la cherté progressive des subsistances est fausse.—V. au tome I, le post-scriptum de la lettre adressée au Journal des économistes, en date du 8 décembre 1850.—V. aussi, sur ce sujet, l'ouvrage d'un disciple de Bastiat: Du revenu foncier, par R. de Fontenay.
(Note de l'éditeur.)
[35]: Voir Maudit argent! tome V, page 64.
[36]: Voir Gratuité du crédit, tome V, page 94.
(Note de l'éditeur.)
[37]: Chap. Ier, pages 30 et 31, et chap. II, page 45 et suiv.
[38]: Voir ci-après le chapitre Responsabilité.
[39]: Voir, au tome IV, le pamphlet la Loi, et notamment page 360 et suiv.
(Note de l'éditeur.)
[40]: Il est à remarquer que M. Roebuck est, à la Chambre des communes, un député de l'extrême gauche. À ce titre, il est l'adversaire né de tous les gouvernements imaginables; et en même temps il pousse à l'absorption de tous les droits, de toutes les facultés par le gouvernement. Le proverbe est donc faux qui dit que les montagnes ne se rencontrent pas.
[41]: Extrait de la Presse du 22 juin 1850.
[42]: Voir tome III, pages 442 à 446.
(Note de l'éditeur.)
[43]: Journées de juin 1848.
[44]: Voyez [chapitre IV].
[45]: Ici s'arrête le manuscrit rapporté de Rome. La courte note qui suit, nous l'avons trouvée dans les papiers de l'auteur restés à Paris. Elle nous apprend comment il se proposait de terminer et de résumer ce chapitre.
(Note de l'éditeur.)
[46]: Tout ce qui suit était écrit en 1846.
(Note de l'éditeur.)
[47]: Il est juste de dire que J.-B. Say a fait remarquer que les moyens d'existence étaient une quantité variable.
[48]: Il existe peu de pays dont les populations n'aient une tendance à se multiplier au delà des moyens de subsistance. Une tendance aussi constante que celle-là, doit nécessairement engendrer la misère des classes inférieures, et empêcher toute amélioration durable dans leur condition... Le principe de la population... accroîtra le nombre des individus avant qu'un accroissement dans les moyens de subsistance n'ait eu lieu, etc.
(Malthus, cité par Rossi.)
[49]: Voyez chapitre XI, pages [405] et suiv.
[50]: Qui nécessite la classe des journaliers.
[51]: «Du moment que cette valeur est payée par le contribuable, elle est perdue pour lui; du moment qu'elle est consommée par le gouvernement, elle est perdue pour tout le monde et ne se reverse point dans la société.»
(J.-B. Say, Traité d'économie politique, liv. III, chap. IX, p. 504.)
Sans doute; mais la société gagne en retour le service qui lui est rendu, la sécurité, par exemple. Du reste, Say rétablit, quelques lignes plus bas, la vraie doctrine en ces termes:
«Lever un impôt, c'est faire tort à la société, tort qui n'est compensé par aucun avantage, toutes les fois qu'on ne lui rend aucun service en échange.»
(Ibidem.)
[52]: «Les contributions publiques, même lorsqu'elles sont consenties par la nation, sont une violation des propriétés, puisqu'on ne peut prélever des valeurs que sur celles qu'ont produites les terres, les capitaux et l'industrie des particuliers. Aussi, toutes les fois qu'elles excèdent la somme indispensable pour la conservation de la société, il est permis de les considérer comme une spoliation.»
(Ibidem.)
Ici encore la proposition incidente corrige ce que le jugement aurait de trop absolu. La doctrine que les services s'échangent contre les services, simplifie beaucoup le problème et la solution.
[53]: Les effets de cette transformation ont été rendus sensibles par un exemple que citait M. le ministre de la guerre d'Hautpoul. «Il revient à chaque soldat, disait-il, 16 centimes pour son alimentation. Le gouvernement leur prend ces 16 centimes, et se charge de les nourrir. Il en résulte que tous ont la même ration, composée de même manière, qu'elle leur convienne ou non. L'un a trop de pain et le jette. L'autre n'a pas assez de viande, etc. Nous avons fait un essai: nous laissons aux soldats la libre disposition de ces 16 centimes, et nous sommes heureux de constater une amélioration sensible sur leur sort. Chacun consulte ses goûts, son tempérament, le prix des marchés. Généralement ils ont d'eux-mêmes substitué en partie la viande au pain. Ils achètent ici plus de pain, là plus de viande, ailleurs plus de légumes, ailleurs plus de poisson. Leur santé s'en trouve bien; ils sont plus contents et l'État est délivré d'une grande responsabilité.»
Le lecteur comprend qu'il n'est pas ici question de juger cette expérience au point de vue militaire. Je la cite comme propre à marquer une première différence entre le service public et le service privé, entre la réglementation et la liberté. Vaut-il mieux que l'État nous prenne les ressources au moyen desquelles nous nous alimentons et se charge de nous nourrir, ou bien qu'il nous laisse à la fois et ces ressources et le soin de pourvoir à notre subsistance? La même question se présente à propos de chacun de nos besoins.
[54]: Voir le pamphlet intitulé Baccalauréat et Socialisme, tome IV, p. 442.
(Note de l'éditeur.)
[55]: L'auteur, dans un de ses précédents écrits, s'est proposé de résoudre la même question. Il a recherché quel était le légitime domaine de la loi. Tous les développements que contient le pamphlet intitulé la Loi s'appliquent à sa thèse actuelle. Nous renvoyons le lecteur au tome IV, page 342.
(Note de l'éditeur.)
[56]: Ici s'arrête le manuscrit. Nous renvoyons les lecteurs au pamphlet intitulé Spoliation et loi, dans la seconde partie duquel l'auteur a fait justice des sophismes émis à cette séance du conseil général. (Tome V, pages 1 et suiv.)
À l'égard des six chapitres qui devaient suivre, sous les titres d'Impôts,—Machines,—Liberté des échangés,—Intermédiaires,—Matières premières,—Luxe, nous renvoyons: 1o au discours sur l'impôt des boissons inséré dans la seconde édition du pamphlet Incompatibilités parlementaires (tome V, page 468); 2o au pamphlet intitulé Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas (tome V, page 336); 3o aux Sophismes économiques (tome IV, page 1).
(Note de l'éditeur.)
[57]: L'auteur n'a pu continuer cet examen des erreurs qui sont, pour ceux qu'elles égarent, une cause presque immédiate de souffrance, ni décrire une autre classe d'erreurs, manifestées par la violence et la ruse, dont les premiers effets s'appesantissent sur autrui. Ses notes ne contiennent rien d'applicable aux Causes perturbatrices, si ce n'est le fragment qui précède et celui qui va suivre. Nous renvoyons pour le surplus au chapitre Ier de la seconde série des Sophismes, intitulé Physiologie de la Spoliation (tome IV, page 127).
(Note de l'éditeur.)
[58]: Voir la fin du chapitre XI.
[59]: On l'oublie quand on pose cette question: Le travail des esclaves revient-il plus cher ou meilleur marché que le travail salarié?
[60]: Voyez Baccalauréat et Socialisme, tome IV, page 442.
(Note de l'éditeur.)
[61]:... parce que je crois qu'une impulsion supérieure la dirige, parce que Dieu ne pouvant agir dans l'ordre moral que par l'intermédiaire des intérêts et des volontés, il est impossible que la résultante naturelle de ces intérêts, que la tendance commune de ces volontés, aboutisse au mal définitif:—car alors ce ne serait pas seulement l'homme ou l'humanité qui marcherait à l'erreur; c'est Dieu lui-même, impuissant ou mauvais, qui pousserait au mal sa créature avortée.
Nous croyons donc à la liberté, parce que nous croyons à l'harmonie universelle, c'est-à-dire à Dieu. Proclamant au nom de la foi, formulant au nom de la science les lois divines, souples et vivantes, du mouvement moral, nous repoussons du pied ces institutions étroites, gauches, immobiles, que des aveugles jettent tout à travers l'admirable mécanisme. Du point de vue de l'athée, il serait absurde de dire: laissez faire le hasard! Mais nous, croyants, nous avons le droit de crier: laissez passer l'ordre et la justice de Dieu! Laissez marcher librement cet agent du moteur infaillible, ce rouage de transmission qu'on appelle l'initiative humaine!—Et la liberté ainsi comprise n'est plus l'anarchique déification de l'individualisme; ce que nous adorons, par delà l'homme qui s'agite, c'est Dieu qui le mène.
Nous savons bien que l'esprit humain peut s'égarer: oui, sans doute, de tout l'intervalle qui sépare une vérité acquise d'une vérité qu'il pressent. Mais puisque sa nature est de chercher, sa destinée est de trouver. Le vrai, remarquons-le, a des rapports harmoniques, des affinités nécessaires non-seulement avec la forme de notre entendement et les instincts de notre cœur, mais aussi avec toutes les conditions physiques et morales de notre existence; en sorte que, lors même qu'il échapperait à l'intelligence de l'homme comme vrai absolu, à ses sympathies innées comme juste, ou comme beau à ses aspirations idéales, il finirait encore par se faire accepter sous son aspect pratique et irrécusable d'utile.
Nous savons que la liberté peut mener au Mal.—Mais le Mal a lui-même sa mission. Dieu ne l'a certes pas jeté au hasard devant nos pas pour nous faire tomber; il l'a placé en quelque sorte de chaque côté du chemin que nous devions suivre, afin qu'en s'y heurtant l'homme fût ramené au bien par le mal même.
Les volontés, comme les molécules inertes, ont leur loi de gravitation. Mais,—tandis que les êtres inanimés obéissent à des tendances préexistantes et fatales,—pour les intelligences libres, la force d'attraction et de répulsion ne précède pas le mouvement; elle naît de la détermination volontaire qu'elle semble attendre, elle se développe en vertu de l'acte même, et réagit alors pour ou contre l'agent, par un effort progressif de concours ou de résistance qu'on appelle récompense ou châtiment, plaisir ou douleur. Si la direction de la volonté est dans le sens des lois générales, si l'acte est bon, le mouvement est secondé, le bien-être en résulte pour l'homme.—S'il s'écarte au contraire, s'il est mauvais, quelque chose le repousse; de l'erreur naît la souffrance, qui en est le remède et le terme. Ainsi le Mal s'oppose constamment au Mal, comme le Bien provoque incessamment le Bien. Et l'on pourrait dire que, vus d'un peu haut, les écarts du libre arbitre se bornent à quelques oscillations, d'une amplitude déterminée, autour d'une direction supérieure et nécessaire; toute rébellion persistante qui voudrait forcer cette limite n'aboutissant qu'à se détruire elle-même, sans parvenir à troubler en rien l'ordre de sa sphère.
Cette force réactive de concours ou de répulsion, qui par la récompense et la peine régit l'orbite à la fois volontaire et fatale de l'humanité, cette loi de gravitation des êtres libres (dont le Mal n'est que la moitié nécessaire), se manifeste par deux grandes expressions,—la Responsabilité et la Solidarité: l'une qui fait retomber sur l'individu,—l'autre qui répercute sur le corps social les conséquences bonnes ou mauvaises de l'acte: l'une qui s'adresse à l'homme comme à un tout solitaire et autonome,—l'autre qui l'enveloppe dans une inévitable communauté de biens et de maux, comme élément partiel et membre dépendant d'un être collectif et impérissable, l'Humanité,—Responsabilité, sanction de la liberté individuelle, raison des droits de l'homme,—Solidarité, preuve de sa subordination sociale et principe de ses devoirs...
(Un feuillet manquait au manuscrit de Bastiat. On me pardonnera d'avoir essayé de continuer la pensée de cette religieuse introduction.) R. F.
[62]: Religion (religare, relier), ce qui rattache la vie actuelle à la vie future, les vivants aux morts, le temps à l'éternité, le fini à l'infini, l'homme à Dieu.
[63]: Ne dirait-on pas que la justice divine, si incompréhensible quand on considère le sort des individus, devient éclatante quand on réfléchit sur les destinées des nations? La vie de chaque homme est un drame qui se noue sur un théâtre et se dénoue sur un autre; mais il n'en est pas ainsi, de la vie des nations. Cette instructive tragédie commence et finit sur la terre. Voilà pourquoi l'histoire est une lecture sainte; c'est la justice de la Providence.
(De Custines, La Russie.)
[64]: Les développements intéressants que l'auteur voulait présenter ici, par voie d'exemples, et dont il indiquait d'avance le caractère, il ne les a malheureusement pas écrits. Le lecteur pourra y suppléer en se reportant au chapitre XVI de ce livre, ainsi qu'aux chapitres VII et XI du pamphlet Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, t. V, pages 363 et 383.
(Note de l'éditeur.)
[65]: La fin de ce chapitre n'est plus guère qu'une suite de notes jetées sur le papier sans transitions ni développements.
(Note de l'éditeur.)
[66]: Cette ébauche se termine ici brusquement; le côté économique de la loi de solidarité n'est pas indiqué. On peut renvoyer le lecteur aux chap. X et XI, Concurrence, Producteur et Consommateur.
Au reste, qu'est-ce au fond que l'ouvrage entier des Harmonies; qu'est-ce que la concordance des intérêts, et les grandes maximes: La prospérité de chacun est la prospérité de tous,—La prospérité de tous est la prospérité de chacun, etc.;—qu'est-ce que l'accord de la propriété et de la communauté, les services du capital, l'extension de la gratuité, etc.;—sinon le développement au point de vue utilitaire du titre même de ce chapitre: Solidarité?
(Note de l'éditeur.)
[67]: La misère est le fait de l'économie politique... l'économie politique a besoin que la mort lui vienne en aide... c'est la théorie de l'instabilité et du vol. (Proudhon, Contradictions économiques, t. II, p. 214.)
Si les subsistances manquent au peuple... c'est la faute de l'économie politique. (Ibidem, p. 430.)
[68]: L'auteur n'a malheureusement rien laissé sur les quatre chapitres qui viennent d'être indiqués (et qu'il avait compris dans le plan de ses travaux), sauf une introduction pour le dernier.
(Note de l'éditeur.)