NOTES

[1] Démosthènes, in Neoer., 71. Voy. Plutarque, Thémist., 1. Eschine, De falsa legat., 147. Boeckh, Corp. inscr., 385. Ross, Demi Attici, 24. La gens chez les Grecs est souvent appelée [Grec: patra]: Pindare, passim.

[2] Hésychius, [Grec: gennaetai]. Pollux, III, 52; Harpocration, [Grec: orgeones].

[3] Plutarque, Thémist., I. Eschine, De falsa legat., 147.

[4] Cicéron, De arusp. resp., 15. Denys d'Halicarnasse, XI, 14. Festus, Propudi.

[5] Tite-Live, V, 46; XXII, 18. Valère-Maxime, I, 1, 11. Polybe, III, 94. Pline, XXXIV, 13. Macrobe, III, 5.

[6] Démosthènes, in Macart., 79; in Eubul., 28.

[7] Tite-Live, V, 32. Denys d'Halicarnasse, XIII, 5. Appien, Annib., 28.

[8] Denys d'Halicarnasse, II, 7.

[9] Denys d'Halicarnasse, IX, 5.

[10] Boeckh, Corp. inscr., 397, 399. Ross, Demi Attici, 24.

[11] Tite-Live, VI, 20. Suétone, Tibère, 1. Ross, Demi Attici, 24.

[12] Deux passages de Cicéron, Tuscul., 1, 16, et Topiques, 6, ont singulièrement embrouillé la question. Cicéron paraît avoir ignoré, comme presque tous ses contemporains, ce que c'était que la gens antique.

[13] Démosthènes, in Macart., 79. Pausanias, I, 37. Inscription des Amynandrides, citée par Ross, p. 24.

[14] Festus, vis Caeculus, Calpurnii, Cloelia.

[15] Nous n'avons pas à revenir sur ce que nous avons dit plus haut (liv. II, ch. v) de l'agnation. On a pu voir que l'agnation et la gentilité découlaient des mêmes principes et étaient une parenté dé même nature. Le passage de la loi des Douze Tables qui assigne l'héritage aux gentiles à défaut d'agnati a embarrasse les jurisconsultes et a fait penser qu'il pouvait y avoir une différence essentielle entre ces deux sortes de parenté. Mais cette différence essentielle ne se voit par aucun texte. On était agnatus comme on était gentilis, par la descendance masculine et par le lien religieux. Il n'y avait entre les deux qu'une différence de degré, qui se marqua surtout à partir de l'époque où les branches d'une même gens se divisèrent. L'agnatus fut membre de la branche, le gentilis de la gens. Il s'établit alors la même distinction entre les termes de gentilis et d'agnatus qu'entre les mots gens et familia. Familiam dicimus omnium agnatorum, dit Ulpien au Digeste, liv. L, tit. 16, § 195. Quand on était agnat à l'égard d'un homme, on était à plus forte raison son gentilis; mais on pouvait être gentilis sans être agnat. La loi des Douze Tables donnait l'héritage, à défaut d'agnats, à ceux qui n'étaient que gentilis à l'égard du défunt, c'est-à-dire qui n'étaient de sa gens sans être de sa branche ou de sa familia.

[16] L'usage des noms patronymiques date de cette haute antiquité et se rattache visiblement à cette vieille religion. L'unité de naissance et de culte se marqua par l'unité de nom. Chaque gens se transmit de génération en génération le nom de l'ancêtre et le perpétua avec le même soin qu'elle perpétuait son culte. Ce que les Romains appelaient proprement nomen était ce nom de l'ancêtre que tous les descendants et tous les membres de la gens devaient porter. Un jour vint où chaque branche, en se rendant indépendante à certains égards, marqua son individualité en adoptant un surnom (cognomen). Comme d'ailleurs chaque personne dut être distinguée par une dénomination particulière, chacun eut son agnomen, comme Caius ou Quintus. Mais le vrai nom était celui de la gens; c'était celui-là que l'on portait officiellement; c'était celui-là qui était sacré; c'était celui-là qui, remontant au premier ancêtre connu, devait durer aussi longtemps que la famille et que ses dieux. — Il en était de même en Grèce; Romains et Hellènes se ressemblent encore en ce point. Chaque Grec, du moins s'il appartenait à une famille ancienne et régulièrement constituée, avait trois noms comme le patricien de Rome. L'un de ces noms lui était particulier; un autre était celui de son père, et comme ces deux noms alternaient ordinairement entre eux, l'ensemble des deux équivalait au cognomen héréditaire qui désignait à Rome une branche de la gens. Enfin le troisième nom était celui de la gens tout entière. Exemples: [Grec: Miltiadaes Kimonos Lachiadaes], et à la génération suivante [Grec: Kimon Miltiadou Lachiadaes]. Les Lakiades formaient un [Grec: genos] comme les Cornelii une gens. Il en était ainsi des Butades, des Phytalides, des Brytides, des Amynandrides, etc. On peut remarquer que Pindare ne fait jamais l'éloge de ses héros sans rappeler le nom de leur [Grec: genos]. Ce nom, chez les Grecs, était ordinairement terminé en [Grec: idaes] ou [Grec: adaes] et avait ainsi une forme d'adjectif, de même que le nom de la gens, chez les Romains, était invariablement terminé en ius. Ce n'en était pas moins le vrai nom; dans le langage journalier on pouvait désigner l'homme par son surnom individuel; mais dans le langage officiel de la politique ou de la religion, il fallait donner à l'homme sa dénomination complète et surtout ne pas oublier le nom du [Grec: genos]. (Il est vrai que plus tard la démocratie substitua le nom du dème à celui du [Grec: genos].) — Il est digne de remarque que l'histoire des noms a suivi une tout autre marche chez les anciens que dans les sociétés chrétiennes. Au moyen âge, jusqu'au douzième siècle, le vrai nom était le nom de baptême ou nom individuel, et les noms patronymiques ne sont venus qu'assez tard comme noms de terre ou comme surnoms. Ce fut exactement le contraire chez les anciens. Or cette différence se rattache, si l'on y prend garde, à la différence des deux religions. Pour la vieille religion domestique, la famille était le vrai corps, le véritable être vivant, dont l'individu n'était qu'un membre inséparable; aussi le nom patronymique fut-il le premier en date et le premier en importance. La nouvelle religion, au contraire, reconnaissait à l'individu une vie propre, une liberté complète, une indépendance toute personnelle, et ne répugnait nullement à l'isoler de la famille; aussi le nom de baptême fut-il le premier et longtemps le seul nom.

[17] Démosthènes, in Stephanum, I, 74. Aristophane, Plutus, 768. Ces deux écrivains indiquent clairement une cérémonie, mais ne la décrivent pas. Le scholiaste d'Aristophane ajoute quelques détails.

[18] Ferias in famulis habento. Cicéron, De legib., II, 8; II, 12.

[19] Quum dominus tum famulis religio Larum. Cicéron, De legib., II, 11. Comp. Eschyle, Agamemnon, 1035-1038. L'esclave pouvait même accomplir l'acte religieux au nom de son maître. Caton, De re rust, 83.

[20] Caton, dans Aulu-Gelle, V, 3; XXI, 1.