I

Montesquieu avait écrit à Solignac en lui envoyant son Lysimaque:

«Monsieur,

«Je crois ne pouvoir mieux faire mes remerciements à la Société littéraire qu'en payant le tribut que je lui dois, avant même qu'elle me le demande, et en fesant mon devoir d'académicien au moment de ma nomination; et comme je fais parler un monarque que des grandes qualités élevèrent au trône de l'Asie, et à qui ces mêmes qualités firent éprouver de grands revers; que je le peins comme le Père de la Patrie, l'amour et les délices de ses sujets, j'ai cru que cet ouvrage convenoit mieux à votre Société qu'à tout autre. Je vous supplie d'ailleurs de vouloir bien lui marquer mon extrême reconnaissance.

«Vous me dites, Monsieur, des choses bien flatteuses, quand vous me parlez d'un voyage en Lorraine; vos paroles ont réveillé en moi toute l'idée de ce bonheur que l'on trouve dans la présence de Sa Majesté.

«Du reste, Monsieur, je me félicite de ce que votre Société a un secrétaire tel que vous, et aussi capable d'entrer dans les grandes vues du Roi et dans l'exécution des belles choses qu'il a projetées.

«Je vous supplie de vouloir bien me conserver l'honneur de votre amitié; il me semble que la mienne s'augmente pour l'historien de la Pologne.

«J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec un attachement respectueux, votre très humble et très obéissant serviteur,

«Montesquieu.

«A Paris, ce 4 avril 1751.» (Inédite.)