NOTES

[1] M. Boyé a encore publié récemment la Querelle des vingtièmes en Lorraine. L'exil et le retour de M. de Châteaufort. Nancy, 1906. Mais nous n'avons pas eu connaissance de ce travail.

[2] Voir la Cour de Lunéville au XVIIIe siècle, par G. Maugras.—Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1904. 11e édition.

[3] Comme nous l'avons vu dans notre précédent volume, le prince et la princesse de Craon étaient revenus en Lorraine en 1749, abandonnant leur vice-royauté de Toscane, pour prendre enfin un repos bien gagné.

Bien que les Lorrains fussent détestés en Toscane, M. et Mme de Craon avaient su, par leurs qualités personnelles, s'y créer une haute situation. Ils y tenaient un grand état de maison; la princesse recevait beaucoup, et malgré son âge, elle était encore si belle que le président des Brosses pouvait écrire: «Quoiqu'elle soit grand'mère d'ancienne date, en vérité, je crois qu'en cas de besoin, je ferais bien encore avec elle le petit duc de Lorraine.»

Si les Toscans n'aimaient pas les Lorrains, ils détestaient encore plus les Espagnols. «Un homme de beaucoup d'esprit, raconte encore de Brosses, me disait l'autre jour qu'il préférait les Lorrains aux Espagnols, parce que, dit-il, les premiers m'ôteront bien jusqu'à ma chemise, mais ils me laisseront ma peau (c'est à-dire ma liberté de penser), que m'arracheront les seconds, en ne me laissant pas le reste.»

[4] Comme bien des grands seigneurs de son époque, le prince de Craon était un lettré et ses souvenirs classiques lui revenaient avec à-propos. Se promenant un jour avec Stanislas au bois de Haye, il s'étonna des travaux immenses qu'on y exécutait pour combler les deux fonds, et il cita aussitôt au Roi ce passage d'Horace:

Valet ima summis mutare.

(Liv. 1, Od. 28.)

Stanislas charmé s'écria qu'il fallait élever une colonne sur le chemin et y graver ce passage.

[5] Voir la Cour de Lunéville, ch. XIX.

[6] Né à Paris en 1707, mort en 1780.

[7] M. de Bercheny était propriétaire de la terre de Luzancy, dont il restaura le château. Il était venu en France à la suite de la défaite de Rakoczy et il avait offert son régiment de hussards au Roi, qui le combla d'honneurs. En 1744, il fut nommé lieutenant-général.

[8] Il en avait eu seize.

[9] Souvenirs de Valentin Esterhazy.

[10] Voir la Cour de Lunéville, chap. XIX, p. 363 et suiv.

[11] Il s'occupait beaucoup de mathématiques, de physique, d'anatomie, d'histoire, d'art militaire, etc., etc.; il publia un mémoire important sur le fluide électrique, et en 1749 il fut reçu à l'Académie des sciences.

[12] Nous reproduisons ce quatrain, qui a été cité de façon incorrecte dans la Cour de Lunéville, chap. VII, p. 128.

[13] Toute la correspondance entre Tressan et Panpan, citée au cours de ce volume, est inédite; elle nous a été gracieusement communiquée par Mme Morrison, qui possède les originaux.

[14] Souvenirs du comte de Tressan, par le marquis de Tressan. Versailles, Henry Lebon, 1897.

[15] Il avait été d'abord sous-lieutenant au régiment des gardes lorraines, ensuite capitaine au régiment d'Heudicourt (cavalerie), puis aide de camp du maréchal de Saxe, enfin mestre de camp de cavalerie.

[16] Inédite. Bibliothèque de Nancy.

[17] Les censeurs étaient:

Le Père de Menoux; le Père Leslie; M. Thibault, lieutenant général du bailliage de Nancy; M. de Tervenus; M. l'abbé Gautier, professeur d'histoire et de mathématiques à Lunéville; le chevalier de Solignac, bibliothécaire; l'abbé Montignot, sous-bibliothécaire; l'évêque de Troyes; le comte de Tressan; le Primat de Nancy; M. Déguerty.

[18] Voir appendice no I.

[19] Voir la Cour de Lunéville, chap. IV, page 73, et chap. VI, page 103.

[20] L'adresse de Mme de Graffigny à Paris était: rue Sainte-Hyacinthe, vis-à-vis le corps de garde des grenadiers des Gardes Françaises.

[21] Turgot écrivait un jour à Mme de Graffigny ces réflexions si sages: «Il y a longtemps que je pense que notre nation a besoin qu'on lui prêche le mariage, et le bon mariage; nous faisons les nôtres avec bassesse, par des vues d'ambition ou d'intérêt, et comme par cette raison il y a beaucoup de malheureux, nous voyons s'établir de jour en jour une façon de penser bien funeste aux États, aux mœurs domestiques.»—Il relève dans la même lettre ce propos qui se tient, dit-il, tous les jours: «Il a fait une sottise, un mariage d'inclination.»

[22] Helvétius s'est montré dans ses écrits tout l'opposé de ce qu'il était dans la réalité. Rien ne ressemble moins à l'ingénuité de son caractère que la singularité préméditée et factice de ses ouvrages. Par une véritable aberration d'esprit, il imagina de calomnier tous les gens de bien et lui-même, pour ne donner aux actions morales d'autre motif que l'intérêt. Or il avait dans l'âme tout le contraire de ce qu'il a écrit; il était libéral, généreux, sans faste, bienfaisant; il n'existait pas un meilleur homme. Il mourut le 26 décembre 1771.

[23] Par son mariage, Helvétius était devenu le neveu du prince de Craon, et le cousin de Mme de Boufflers, du prince de Beauvau, etc. Mais il y avait alors une telle distance entre un grand seigneur et un bourgeois que, lors de la mort du prince de Craon, Mme Helvétius seule prit le deuil; son mari crut de bon goût de ne pas l'imiter et tout le monde applaudit à cette modestie.

[24] Une jeune Péruvienne, Zilia, transportée tout à coup au milieu d'un monde dont les mœurs et les usages lui sont totalement inconnus, raconte ses impressions. Il y a des descriptions charmantes, un composé de sentiments naïfs autant que passionnés, mais plus ordinairement

Une métaphysique où le jargon domine
Souvent imperceptible à force d'être fine.

[25] Entre autres, Le Temple de la vertu et Célidor.

En remerciement, l'empereur accorda à l'auteur une pension de 1,500 livres, mais à la condition que les pièces ne seraient pas imprimées.

La margrave de Bayreuth ne se montra pas moins généreuse que l'empereur. Elle aussi accorda une pension à la femme-auteur; elle chercha même à l'attirer auprès d'elle, mais Mme de Graffigny prit prétexte de son âge pour repousser une offre flatteuse et demeurer auprès de ses amis de Paris.

[26] Mme de Graffigny vendit sa pièce au libraire Duchesne pour la somme de 2,000 livres.

La reprise de Cénie lui valut, pour onze représentations, du 18 novembre au 12 décembre, comme droits d'auteur, 1,613 livres qui lui furent payées ainsi: «2 sacs de 600 livres, 17 louis, et 5 francs de monnaie.»

[27] Quant à Collé, qui s'était d'abord montré enthousiaste, il écrivait après avoir lu la pièce:

«Je fais amende honorable du peu de bien que j'en ai dit.

«Je trouve cette rapsodie au-dessous de celle de La Chaussée. Mal écrite, toutes les pensées sont communes, fausses, louches, jamais le terme propre. Enfin la forme et les détails sont aussi mauvais que le fonds, qui est bien la plus pitoyable création que l'on ait faite depuis cent cinquante ans.»

[28] Elle était la nièce de Mlle de Seine, qui avait épousé Dufresne, le célèbre comédien. Elle était entretenue par M. de Voyer, fils du marquis d'Argenson. Elle mourut en 1758 de la petite vérole, à l'âge de vingt-quatre ans.

[29] Mlle Lamotte (1704-1769), était fille d'un officier; elle fut élevée au couvent des Ursulines de Metz, se fit enlever et entra au théâtre. Elle avait été protégée par le maréchal de Saxe.

[30] Comme Mme de Graffigny s'était occupée de la pièce de Panpan et en avait surveillé les répétitions, on lui en attribua très faussement la paternité. On lit en effet dans les Cinq années littéraires, par Clément, La Haye, 1752:

«On nous a donné ces jours-ci à la Comédie-Françoise une pièce nouvelle en prose et en un acte, de Mme de Graffigny, dit-on, auteur des Lettres péruviennes et de Cénie, qui lui ont fait une réputation difficile à soutenir. Ceci est moins une intrigue qu'un embrouillement sans nœud, d'où il résulte pourtant quelques situations comiques, mais foiblement rendues, et si communes! Des qui pro quo de tabatière, des mal-entendus de portrait, imaginez-vous. Mais ce qui n'est pas commun, c'est que les deux amans, se rencontrant en scène vive, s'enfuient pour ne pas s'expliquer et pour se déclarer leur passion par écrit. Le comique du style n'est qu'un enjouement précieux, un pointillage, une espèce de jeu de mots, ou de travail d'esprit: je vous avois déjà fait remarquer quelque chose d'approchant dans Cénie, si vous vous en souvenez; mais c'est de toutes les maladies du goût la plus dangereuse pour une femme, et celle qui fait les progrès les plus rapides: je ne doute point cependant qu'on ne puisse guérir avec beaucoup d'attention sur soi-même et sur le triste ridicule des modèles qu'on se pique d'imiter. Il serait plaisant et je serais charmé que ce ne fût point Mme de Graffigny qui eût fait cette pièce. Elle est intitulée: Les engagements indiscrets. Parlez-moi d'une bonne comédie bourgeoise. Quand reverrons-nous cela? ou d'un franc galimatias, bien naturel et réjouissant.» (Lettre CXI, Paris, 15 novembre 1752.)

[31] Mme de la Marre a bien voulu nous communiquer tous les documents que son père, M. Arthur Ballon (1816-1883), l'aimable et savant conservateur de la Bibliothèque de Nancy, avait réunis sur Mme de Graffigny. Ces pièces nous ont été très précieuses et nous exprimons à Mme de la Marre nos plus vifs remerciements.

[32] Inédite. Bibliothèque de Nancy.

[33] Inédite. Bibliothèque de Nancy.

[34] Inédite. Bibliothèque de Nancy.

[35] Il était né le 29 avril 1679.

[36] Voici la copie de l'inscription gravée sur une plaque de marbre dans l'église d'Haroué.

D. O. M.

CI GÎT

TRÈS HAUT ET TRÈS PUISSANT SEIGNEUR

MARC DE BEAUVAU

PRINCE DE CRAON ET DU SAINT-EMPIRE,

GRAND ÉCUYER DE LORRAINE,

GRAND D'ESPAGNE DE PREMIÈRE CLASSE,

CHEVALIER DE LA TOISON D'OR, VICE-ROI DE TOSCANE,

DESCENDANT DES ANCIENS COMTES D'ANJOU

ET ROIS D'ANGLETERRE.

IL NAQUIT EN 1679,

IL ÉPOUSA EN 1704 MARGUERITE,

COMTESSE DE LIGNÉVILLE.

EN 1737 LES TOSCANS FIRENT FRAPPER UNE MÉDAILLE

EN SON HONNEUR.

LE 8 AVRIL 1739 LE ROI LUI DONNA

AINSI QU'A TOUTE SA POSTÉRITÉ,

PAR LETTRES PATENTES ENREGISTRÉES AU PARLEMENT,

LE TITRE DE COUSIN DE SA MAJESTÉ,

COMME RÉCOMPENSE

DE SES LOYAUX ET VALEUREUX SERVICES,

ET EN MÉMOIRE D'ISABEAU DE BAVIÈRE

HUITIÈME AÏEULE DU ROI.

IL MOURUT AU CHATEAU DE CRAON

[37] En 1759, un nouvel incendie éclata. Le feu prit à six heures du soir dans la cuisine du maréchal de Bercheny et on eut encore toutes les peines du monde à éviter un désastre.

[38] «Avec l'aide de Dieu,

«Ma résolution étant prise de dresser la statue le 26 novembre, voici le réglement qui doit être observé ce jour-là:

«Je me rendrois à huit heures du matin pour entendre la grande messe et un sermon. A neuf heures, après le service, je me rendrois à l'hostel de ville, où je dois trouver l'académie, M. Tressan portant la parolle.

«A dix heures un héros à cheval ayant déjà devant lui six trompettes avec le tymballier faira le tour de la place en annonçant le jour destiné à l'élévation de la statue.

«A onze heures, on découvrira la statue au bruit du canon et toute la garnison rangée dans le milieu de la carrière faisant trois salves de la mousqueterie.

«A midy on donnera le repas selon l'arrangement partyculier et bien réglé pour éviter toute confusion.

«A deux heures après midy des fenestres de chacque pavillon de la place, on jettera de l'argent au peuple.

«A quatre heures, on ira à la Comédie et au concert.

«A huyt heures aprez que l'illumination sera allumé on ira à l'intendance pour voir le feu d'artyfice.

«Au retour on commencera le bal qui terminera la feste.»

[39] Cette statue fut renversée et détruite par les Marseillais, à leur passage en 1792.

[40] Palissot de Montenoy, né à Nancy en 1730, donnait dès sa plus tendre enfance les plus belles espérances. Son père, ancien conseiller de Léopold, lui fit donner une brillante éducation. A neuf ans, il composait un poème épique en vers latins; à douze ans il avait terminé son cours de philosophie; à treize ans il soutenait une thèse de théologie. On le fit entrer à l'Oratoire, mais il ne put s'y supporter. A dix-huit ans il était marié, et il avait déjà composé plusieurs tragédies.

Sa précocité et la réputation qu'elle lui attirait avaient décidé Stanislas à comprendre Palissot au nombre des membres correspondants de son académie.

Il mourut à Paris le 15 juin 1814, dans les sentiments de la plus vive piété.

[41] Le Cercle ou les Originaux.—L'auteur mettait en scène des originaux de toutes sortes; on y voyait figurer des poètes, un financier, un médecin, de beaux esprits, une femme auteur avec son entourage, et enfin un philosophe. Les premiers personnages étaient de fantaisie, mais le philosophe représentait à s'y méprendre J.-J. Rousseau. L'auteur signalait ironiquement ses contradictions, ses ridicules, son esprit paradoxal, son amour de la célébrité et de la singularité.

[42] Guibal mourut peu après et Cyfflé fut nommé sculpteur ordinaire du roi de Pologne.

[43] En 1751, J.-J. Rousseau avait publié son fameux discours sur le tort causé par les lettres et les sciences à la pureté des mœurs. Ce discours souleva à Paris et dans toute la France un véritable enthousiasme et il fut couronné par l'Académie de Dijon. Stanislas, qui ne partageait pas l'opinion du philosophe, écrivit une réfutation pour prouver que les lettres et les mœurs pouvaient fort bien s'allier, et il n'en voulait d'autre preuve, disait-il, que l'exemple même donné par Rousseau.—Le philosophe riposta, mais de la façon la plus courtoise. «J'avais le bonheur, dit-il, dans ses Confessions, d'avoir à faire à un adversaire, pour lequel mon cœur plein d'estime pouvait, sans adulation, la lui témoigner; c'est ce que je fis avec assez de succès, mais toujours avec dignité. Mes amis, effrayés, croyaient déjà me voir à la Bastille. Je n'eus pas cette crainte un seul moment et j'eus raison. Ce bon prince, après avoir vu ma réponse, dit: «J'ai mon compte, je ne m'y frotte plus.»

[44] Voir la Cour de Lunéville, chap. III.

[45] Il rendit un décret qu'il fit approuver par le conseil des finances le 25 août 1756.

«Moi soussigné, j'atteste par cet écrit que je donne la jouissance à Mme la marquise de Boufflers de la ferme de Malgrange avec tout le territoire, maisons, bâtiments et jardins tout comme en jouissait feu M. le duc Ossolinski, en y ajoutant tous les meubles qui se trouvent et dont elle prendra possession suivant l'inventaire qui en a été fait, en assurant sur ma parole que durant toute ma vie elle possédera cette ferme en toute tranquillité, sans qu'elle en soit troublée et sans que jamais de mon vivant je veuille la reprendre, et pour qu'après mon décès elle puisse y avoir tout le droit d'une tranquille jouissance, je m'engage d'obtenir du Roi une assurance par écrit pour que, moyennant une redevance usitée aux domaines, elle en jouisse avec la même sécurité sous le règne du Roi comme elle en jouira toute ma vie sous le mien.

«Le 25 d'août 1756 à Lunéville,

«Stanislas Roi.»

La redevance annuelle fut fixée à 42 l. 16.

Cette pièce nous a été gracieusement communiquée par M. Noël Charavay.

[46] Le marquis de Boufflers n'était âgé que de seize ans et ne devait exercer qu'à vingt-cinq ans.

[47] Arch. Nat., T. 47111-12}.

[48] Saint-Lambert avait obtenu un brevet de colonel au service de France; il fit les campagnes de Hanovre (1756-1757), comme attaché à l'état-major de l'armée de Contades. Il ne se distingua pas particulièrement et renonça à l'état militaire.

[49] Souvenirs du comte de Tressan, par le marquis de Tressan. Versailles, 1897.

[50] Voir la Cour de Lunéville, chap. XI.

[51] Souvenirs du comte de Tressan.

[52] Souvenirs du comte de Tressan.

[53] Voir la Cour de Lunéville, chap. XX.

[54] Souvenirs du comte de Tressan.

[55] Surnom qu'on avait donné à Mlle de Tressan. Le roi de Pologne, son parrain et Marie Leczinska, sa marraine, l'avaient appelée Maryczka, ce qui veut dire en polonais «chère petite Marie». Maryczka se transforma en Maroutzchou, puis en Marichou, puis par abréviation en Michou. Michou devint plus tard marquise de Maupeou.

[56] Souvenirs du comte de Tressan.

[57] Inédite. Collection d'autographes de M. G. Maugras.

[58] Pièce autographe dont nous devons la communication à l'obligeance de M. Noël Charavay.

[59] Le salon de Mme Helvétius, par Guillois.

[60] Voir la Cour de Lunéville, chap. VII.

[61] Françoise-Louise de Bassompierre, marquise de Stainville.

[62] Stanislas ne se contentait pas d'écrire le français de façon fort incorrecte, il le parlait plus mal encore. Il avait aussi pour habitude de tutoyer les courtisans qui vivaient dans son intimité.

[63] Il était auparavant intendant de Montauban.

[64] Les émoluments de la charge de grand maréchal des logis s'élevaient à 4,000 l.

[65] Souvenirs du comte de Tressan.

[66] Voici l'acte de baptême du chevalier:

«Stanislas-Jean, fils légitime de haut et puissant seigneur messire Louis-François, marquis de Boufflers, capitaine de dragons pour le service de Sa Majesté très chrétienne, et de haute et puissante dame, madame Marie-Catherine de Beauvau-Craon, son épouse, étant né à Nancy le 31 mai 1738, fut baptisé le lendemain dans la paroisse Saint-Roch. Les cérémonies ayant été différées par ordre de Monseigneur l'Évêque ont été suppléées le 21 juin de la même année dans la chapelle du Roi; il a eu pour parrain et marraine Leurs Majestés le Roi et la Reine, qui ont signé avec moi.

«Stanislas, Roy,Catherine.
«Cl. Verlet C. R., curé de Lunéville.»

C'est par erreur que l'acte de baptême porte les prénoms de Stanislas-Jean. Boufflers, en réalité, reçut les prénoms de Stanislas-Catherine, en l'honneur de son parrain et de sa marraine.

[67] Voir la Cour de Lunéville, chap. X.

[68] Voir le charmant volume publié en 1894 chez Calmann Lévy par le comte de Croze: Le chevalier de Boufflers et la comtesse de Sabran, et aussi les articles du même dans le Correspondant.

[69] Voir la Cour de Lunéville, p. 215.

[70] François-Xavier Auguste, né à Dresde, le 25 août 1730. Le Roi le nomma lieutenant-général et le plaça à la tête d'un corps de 10,000 Saxons. En 1771, le prince se fixa en France, où il acheta le château de Pont-sur-Seine. Il prit alors le nom de comte de Lusace. Chassé par la Révolution en 1790, il mourut à Zabelitz, le 21 juin 1806.

[71] M. Borwslaski avait cinq frères et sœurs; deux étaient également nains, mais remarquables par leur intelligence et leur gentillesse. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans, en 1837. Il s'était marié et avait eu deux enfants.

[72] Bébé avait 33 pouces, c'est-à-dire 89 cent. 5 et Borwslaski 28 pouces, c'est-à-dire 75 cent. 6.

[73] Louise-Élisabeth Dufréne était née le 3 février 1738, à Lunéville. Son père était maître d'hôtel du roi de Pologne et lieutenant des chasses. Louise fut élevée dans une grande intimité avec les enfants du chancelier de la Galaizière. Elle épousa, le 24 mai 1761, «noble» Jean Durival, secrétaire greffier des conseils du Roi. C'est par erreur que dans le premier volume de cet ouvrage nous avons fait figurer Mme Durival à la Cour en 1747; elle n'y fit son entrée qu'en 1757.

[74] Anecdotes touloises, Bib. Nat. Mss. n. acq. franç. 4502.

[75] Bibl. de Nancy.—Inédite.

[76] C'était en décembre 1751 que le titre de Bienfaisant avait été donné à Stanislas.

[77] Voyez le Dictionnaire philosophique au mot Chine.

[78] Voltaire, dans son Essai sur les mœurs, dit qu'Aurengzeb mourut à cent trois ans. Muley-Ismaël, dont il porte la vie à plus de cent années, n'en a vécu que quatre-vingt et une.

[79] La comédie des Philosophes ne fut imprimée qu'en 1762. Le 9 juin, Palissot écrivait au duc de Choiseul en lui envoyant sa comédie: «J'espère qu'on la lira mieux qu'elle n'a été écoutée; j'ai voulu être l'Aristophane de la France et donner une comédie athénienne. Mon but est de corriger le caractère de la nation, altéré par l'habitude des rêveries philosophiques et par une tournure anglaise qui, n'étant pas naturelle à notre sol, ne peut y produire que des monstres.»

Palissot publia quelque temps après la Dunciade: «Dunciade, dit-il, dérive du mot anglais dunce, qui signifie un sot, un stupide, un hébété», et à la tête de la bande des hébétés il plaçait Marmontel, Thomas, Diderot, Raynald. Le même auteur provoqua encore un scandale effroyable en 1775 avec sa pièce des Courtisanes, que tout le parti dévot soutenait avec rage.

[80] Morellet, né à Lyon le 10 mars 1727, mourut à Paris le 12 janvier 1819. Il fut nommé à l'Académie française par l'influence du parti philosophique.

[81] Libertin s'employait autrefois dans le sens de «libre-penseur».

[82] Un des membres de l'Académie.

[83] Il était interdit en séance publique de faire une lecture ou de prononcer un discours qui n'avaient pas été soumis d'avance à la Société.

[84] Confesseur polonais de la Reine.

[85] Louis Bruno de Boisgelin, né en novembre 1734, était entré comme enseigne au régiment des gardes, en novembre 1748; il fut nommé mestre de camp en octobre 1758.

Les titres du fiancé étaient:

«Très haut et très puissant seigneur Louis-Bruno du Boisgelin de Cucé, chevalier seigneur de Lesturgant, de Kerhuluc, de Bothmar, du Perso, du Lié, de Bogar, du Trechef, du Kerisoet, de Taloet, Keridec et autres lieux.»

[86] Le 24 février 1761, un arrêt du Conseil confirmait la concession faite à M. de Boisgelin.

[87] M. de Boisgelin avait acheté sa charge pour la somme de 640,000 l., dont il ne possédait pas le premier sol.

Il avait dû payer en prêtant serment entre les mains du Roi, 6,000 l. et aux notaires, pour les sommes qu'il lui avait fallu emprunter, 10,350 l. Il devait donc 656,350 l.

Les appointements de sa charge étant de 15,785 l., il était obligé d'ajouter de sa poche, tous les ans, 17,015 l. pour payer les intérêts de ses emprunts.

Pour comble de disgrâce, sa charge ne lui rapporta rien pendant les trois premières années, et il dut encore emprunter 90,000 l.

[88] Cela ne l'empêcha pas d'être nommé brigadier en 1769 et maréchal de camp en 1780.

[89] Claude Drouas de Boussey (1712-1773), évêque de Toul en 1754.

[90] Le maréchal de Beauvau.

[91] Arthur Richard Dillon (1721-1806), évêque d'Évreux en 1753, archevêque de Toulouse en 1758 et de Narbonne en 1762.

[92] Étienne-Charles de Loménie de Brienne (1724-1794).

[93] Le duc de Lauzun et la Cour de Louis XV, chap. XXII.

[94] Toutes les lettres de Boufflers citées dans ce chapitre nous ont été gracieusement communiquées par M. le comte de Croze-Lemercier.

[95] Le Mercure voulut reproduire ce conte qui avait tant de succès, mais il crut devoir l'épurer à l'usage de ses lecteurs. Grimm écrit à ce propos: «Si vous voulez voir un chef-d'œuvre de bêtise et d'impertinence, il faut lire ce conte tel qu'il a été inséré dans le dernier Mercure. L'auteur de ce journal a voulu rendre ce conte décent, mais décent à pouvoir être lu pour l'édification des séminaires où il a été composé et des couvents de religieuses. Les changements auquel ce projet l'a obligé à chaque ligne sont, pour la platitude et la bêtise, une chose unique en son genre.»

Aline, reine de Golconde, fut plus tard mise à la scène et jouée comme opéra; Sedaine en composa les vers et Monsigny la musique.

[96] Voir le Duc de Lauzun, chap. IX.

[97] Inédite. Communiquée par M. le comte de Croze-Lemercier.

[98] Voir la Cour de Lunéville, chap. XVIII.

[99] Cet hôpital était desservi par les sœurs de la Charité connues en Lorraine sous le nom de sœurs de Saint-Charles.

[100] Plus tard, après 1770, on se servit pour couvrir les maisons de lave ou pierre plate qu'on trouvait sur les hauteurs à 2 ou 3 pieds de profondeur.

[101] Un des gentilshommes de la Chambre.

[102] Apologie de l'Institut des Jésuites, 1762, 3 vol. in-12.

[103] Marie Leczinska avait toujours eu pour confesseur un jésuite polonais. Depuis 1756, c'était le P. Bieganski qui remplissait ces fonctions. Malgré les édits du Parlement, la famille royale conserva au château de Versailles les jésuites qui possédaient sa confiance. Mais après l'édit de 1764, Louis XV n'osa plus les disputer au Parlement. La Reine, cependant, put garder près d'elle deux jésuites polonais, dont la présence, disait-elle, était nécessaire à la paix de sa conscience; mais ils durent prendre le costume des simples ecclésiastiques; ils demeurèrent à la Cour jusqu'à la mort de Marie Leczinska.

[104] La «belle mignonne» était le crâne de Ninon de Lenclos, que la Reine illuminait intérieurement et parait de rubans et de fanfreluches pour mieux se pénétrer de la vanité des choses humaines.

[105] Plombières ancien et moderne, par Jean Parisot. Paris, Champion, 1905.

[106] L'abbesse était la princesse Charlotte. La princesse Christine de Saxe lui succéda en 1773; elle eut elle-même pour coadjutrice la comtesse de Brionne, de la maison de Lorraine.

[107] Vie de la princesse de Poix par la vicomtesse de Noailles. Paris, Lahure, 1855.

[108] Inédite. Collection G. Maugras.

[109] Voir la Cour de Lunéville, chap. I.

[110] François mourut l'année suivante, en 1765; son fils fut nommé empereur sous le nom de Joseph II. Il succéda à Marie-Thérèse en 1780.

[111] Fils de Mme du Châtelet. Il était ambassadeur de France à Vienne.

[112] Diane-Adélaïde de Rochechouart-Faudoas, marquise du Châtelet.

[113] Communiquée par le comte de Croze-Lemercier.

[114] Haller (Albert de), né à Berne en 1708, mort en 1777, fut aussi célèbre comme médecin que comme botaniste et physiologiste. Sollicité de toutes parts par les gouvernements étrangers, il allait peut-être quitter sa patrie, lorsque le Sénat de Berne rendit un décret qui déclarait Haller en réquisition perpétuelle pour le service de la République, et créait une charge spéciale pour lui.

[115] Rönnow (Casten), né en Suède, le 15 février 1700. Il s'attacha à Stanislas en 1735, pendant son séjour à Kœnigsberg, et il ne le quitta plus jusqu'à sa mort.

[116] Le squelette de Bébé existe encore au Muséum.

[117] Toutes les lettres du Roi portent en tête une croix. Tous ses écrits sont précédés des initiales de ces mots: Ad Majorem Dei gloriam beatæque Mariæ semper Virginis honorem.

[118] Stanislas possédait un trictrac en bois de grenadine, avec seize dames noires et seize blanches; le couvercle servait en même temps d échiquier. Le Roi le légua à Panpan.

[119] Lallement, Société d'archéologie lorraine, année 1862.

[120] Le roi appelait toujours ainsi les Conigliano.

[121] Joly, le Château de Lunéville.

[122] On se rappelle que les chevaux de guerre du chevalier s'appelaient l'un le Prince Ferdinand, l'autre le Prince héréditaire.

[123] Inédite, communiquée par le comte de Croze-Lemercier.

[124] Joly, le Château de Lunéville.

[125] Après l'autopsie, les entrailles du Roi furent renfermées dans une caisse de plomb et déposées à l'église paroissiale de Lunéville, dans un monument en forme d'urne. En 1793 le monument fut brisé, la caisse de plomb convertie en balles et les restes qu'elle contenait dispersés. Ce n'est qu'en 1859 que le monument fut restauré.

[126] Le monument de Stanislas est placé dans l'église de Bon-Secours, du côté de l'Épître, vis-à-vis le mausolée de la reine de Pologne. Ce dernier représente un ange conduisant la princesse à l'immortalité. Il est de toute beauté.

Le mausolée du Roi est d'un travail moins délicat. La statue du prince est assise sur une urne, laquelle est appuyée contre une grande pyramide.

[127] En 1793, le caveau de Stanislas fut profané, les cercueils qu'il contenait brisés et les ossements dispersés. Ce n'est qu'en 1803 que l'administration municipale fit ouvrir le caveau et recueillir dans un même cercueil les ossements qui gisaient épars; c'étaient ceux du Roi et de la Reine de Pologne, du duc et de la duchesse Ossolinski; il y avait aussi le cœur de Marie Leczinska qui, suivant son désir, avait été déposé, après sa mort, dans le caveau.

[128] Voir appendice, no III, le testament du Roi.

[129] Voir appendice, nos IV, V, VI.

[130] Comme cette infinité de legs devait absorber des sommes considérables, il avait eu la précaution de déposer de son vivant 940,000 livres au trésor royal de France pour subvenir aux dispositions de son testament, et le Roi, «son très cher frère et gendre», s'était engagé à les faire payer au moment de son décès à ses exécuteurs testamentaires.

[131] A la mort de Stanislas on trouva dans sa cassette 580,000 livres; dans le tiroir de sa table 1,200 livres.

[132] Archives Nationales, K 1188.

[133] Cet état est tout entier de la main du Roi de Pologne.