V

Une pensée m’est venue, et c’est le seul remords qui soit venu me troubler, car jamais je n’ai eu de remords, croyant que les hommes n’étaient ni bons, ni mauvais, ni coupables, ni innocents, sachant que j’agissais non par ma volonté, mais par instinct, par puissance d’organisation, par une fatalité plus forte que moi—je ne m’affligerai jamais des sottises que mon ennemi aurait pu faire,—je trouve donc que j’aurais dû vivre comme je meurs, gai et tranquille; qu’au lieu de pleurer et de maudire Dieu, j’aurais dû en rire et le braver; j’aurais dû éteindre mes pleurs sous un rire, oublier la réalité, et puisque je n’avais pu trouver l’amour, prendre la volupté!