NOTE.
Fort comme la Mort a paru dans la Revue Illustrée du 15 février au 15 mai 1889.
Le roman fut commencé au printemps de 1888. Maupassant écrivait à sa mère (Paris, 2 mai 1888): «Je prépare tout doucement mon nouveau roman et je le trouve très difficile, tant il doit avoir de nuances, de choses suggérées et non dites. Il ne sera pas long d’ailleurs, il faut qu’il passe devant les yeux comme une vision de la vie terrible, tendre et désespérée.»
Le manuscrit de Fort comme la Mort est couvert de corrections et de surcharges. La seconde partie surtout semble avoir coûté beaucoup d’efforts à l’auteur. Avant d’être définitives, les phrases y sont laborieusement travaillées; les épithètes sont souvent modifiées, adoucies, rendues plus élégantes. La page 289, de 40 lignes (page 315 de notre édition), n’a que 8 lignes non surchargées, et plus on approche de la fin, plus les pages sont nombreuses dans ce cas.
Le manuscrit de Fort comme la Mort est composé de 327 feuillets paginés 1 à 327, écrits au recto, puis, à part, d’un fragment de 26 feuillets paginés 122 à 147 où l’auteur a remanié la scène de la mort d’Olivier Bertin. C’est la version de ce fragment qui a servi à l’impression du volume, à l’exception des deux derniers feuillets qui ont été écrits de nouveau, avec des modifications, sur deux autres feuillets paginés 131, 132. C’est là qu’apparaît pour la première fois, sous sa forme définitive, la dernière phrase de Fort comme la Mort: Il était détendu, impassible, inanimé, indifférent à toute misère, apaisé soudain par l’Éternel Oubli.
Cette phrase, si belle d’harmonie, a été longuement cherchée par Maupassant. Elle existe, dans le manuscrit que nous venons de décrire, sous les formes suivantes:
1o Il ouvrit la bouche comme pour parler encore, battit des paupières, fit une grimace, eut un frisson, poussa un petit soupir, puis demeura immobile, la figure soudain calmée par l’Éternel Apaisement;
2o Puis il se tordit sous ses draps, poussa un gémissement, grinça des dents, agita ses paupières, ouvrit la bouche comme pour parler encore, poussa un long soupir, eut un grand frisson, puis demeura immobile, la figure détendue, apaisée soudain par l’Éternel Oubli;
3o Était-ce vrai? non, peut-être? Elle avait perçu cependant le contact de quelque chose d’inexprimable, et s’étant soulevée ivre de peur, elle regardait le visage. Il était tranquille, détendu, sans angoisse et sans souffle, apaisé soudain par l’Éternel Oubli;
4o Enfin nous la distinguons, à travers les corrections dernières, sous cette forme: Il était tranquille, détendu, impassible à tout chagrin, insensible à toute misère, sans angoisse et sans souffle, apaisé soudain par l’Éternel Oubli.
Nous donnons ci-après la version de la mort d’Olivier Bertin d’après le manuscrit de 327 feuillets, version qui n’a jamais été publiée jusqu’alors.
PREMIÈRE VERSION INÉDITE
DE LA SCÈNE FINALE
DE FORT COMME LA MORT.
Et il s’en alla très vite, sans se retourner.
Quand elle fut seule, elle se laissa tomber sur un siège et sanglota.
Elle serait restée ainsi jusqu’à la nuit si Annette soudain n’était venue la chercher.
La comtesse, pour avoir le temps d’essuyer ses yeux rouges, lui répondit:
—J’ai un tout petit mot à écrire, mon enfant. Remonte et je te suis dans une seconde.
Puis, jusqu’au soir, elle dut s’occuper de la grande question du trousseau.
La duchesse et son neveu dînaient chez les Guilleroy, en famille, et il avait été décidé qu’on irait ensuite passer une heure à l’Hippodrome, où devaient avoir lieu des débuts intéressants.
On venait de se mettre à table et on parlait encore de la représentation de la veille quand la duchesse, qui n’était pourtant guère observatrice, demanda:
—Est-ce que votre ami Bertin est malade? Il avait hier soir la figure très fatiguée.
Le comte répondit:
—Mon Dieu, je crois qu’il vieillit tout simplement. Et puis je crois que les célibataires tombent tout d’un coup.
Se tournant vers sa femme, il ajouta:
—Avez-vous remarqué, vous Any, qu’il ait beaucoup changé?
—Oh oui, dit-elle.
Le marquis reprit:
—Il y avait un article bien désagréable pour lui dans le Figaro de ce matin.
Toute attaque, toute critique, toute allusion défavorable au talent de son ami jetaient toujours la comtesse hors d’elle.
—Oh! dit-elle, les hommes de la valeur de Bertin n’ont pas à s’occuper de pareilles grossièretés...
Un domestique entrait avec une lettre sur un plateau. Il la présenta au comte qui la prit, déchira l’enveloppe, la lut, poussa une exclamation de surprise, jeta sa serviette sur son assiette, puis regarda sa femme avec des yeux effarés.
—Mon Dieu! qu’y a-t-il? dit-elle.
Il balbutia, pouvant à peine parler tant son émotion était vive:
—Oh! un grand malheur... un grand malheur. Bertin est tombé sous une voiture!
La comtesse cria:
—Mort!
—Non, non, dit-il, tenez, lisez vous-même.
Et il tendait la lettre.
Elle n’osait point la prendre, devenue si tremblante que ses dents claquaient, et elle murmura:
—Non, lisez... lisez-la-moi.
Alors il lut:
—«Monsieur, un grand malheur vient d’arriver. Notre ami, l’éminent artiste, M. Olivier Bertin, a été renversé par un omnibus, dont la roue lui passa sur le corps. Je ne puis encore me prononcer sur les suites probables de cet accident, qui peut n’être pas grave comme il peut avoir un dénouement fatal immédiat. M. Bertin vous prie instamment et supplie Madame la comtesse de Guilleroy de venir le voir sur l’heure. J’espère, Monsieur, que Madame la comtesse et vous, vous voudrez bien vous rendre au désir de notre ami commun, qui peut avoir cessé de vivre avant le jour.
«Dr de Rivil.»
La comtesse regardait son mari avec des yeux larges, fixes, pleins d’épouvante. Puis soudain elle reçut, comme un choc électrique, une secousse de ce courage des femmes, qui les fait parfois, aux heures terribles, les plus vaillants des êtres, et appelant d’un signe le maître d’hôtel:
—Vite, un fiacre, qu’on m’apporte un manteau et un chapeau.
Elle se tourna vers la duchesse:
—Vous m’excuserez, n’est-ce pas; mais en des occasions pareilles...
La duchesse, un peu pâle elle-même, répondit:
—Mais comment donc, ma chère enfant, et si vous avez besoin de moi, je suis toute à votre disposition.
Quand on eut apporté ce qu’avait demandé Mme de Guilleroy, elle se couvrit la tête et les épaules avec une hâte maladroite et fébrile.
—Maman, veux-tu que j’aille avec toi, demandait Annette.
—Non, ma chérie.
Regardant alors son mari:
—Eh bien! Jacques, descendons.
—Mais le fiacre n’est pas arrivé.
—Nous l’attendrons en bas. Cela nous fera gagner quelques instants.
Il avait lui-même endossé son pardessus sur son habit. Il s’approcha de sa femme, avec l’air un peu cérémonieux qu’il ne quittait jamais, et lui offrit le bras, pour sortir. Elle le prit et, après de brefs saluts, ils s’en allèrent côte à côte vers celui qui les appelait.
Le trajet fut court et silencieux. La comtesse tremblait toujours.
En arrivant devant la porte du peintre, elle dit à son mari, d’une voix si faible qu’il eut peine à l’entendre:
—Descendez le premier et demandez comment il va. S’il était mort je ne pourrais plus me remuer.
Le comte sonna, entra, puis revint à la portière.
—Non, dit-il. Il va plutôt mieux.
Et il offrit de nouveau son bras pour aider sa femme à sortir de la voiture.
Sur le haut de l’escalier le médecin, le docteur De Rivil, un petit homme grisonnant, court, rond, très soigné, très poli, les attendait. Il fit à la comtesse un grand salut, puis tendit la main au comte.
Elle lui demanda, en haletant comme si la montée des marches eût épuisé tout le souffle de sa gorge:
—Eh bien! docteur?
—Eh bien! Madame, j’espère que ce sera moins grave que je n’avais cru au premier moment.
Elle s’élança vers lui, en balbutiant:
—Alors il ne va pas mourir?
—Je ne crois pas.
—Vous en répondez?
—Oh non. Je dis seulement que j’espère me trouver en présence d’une simple contusion abdominale, sans lésions internes.
—S’il y avait des lésions il mourrait?
—En ce cas-là il pourrait mourir.
—Quelles lésions redoutez-vous?
—Une déchirure du foie, par exemple.
—S’il y avait cette déchirure, il pourrait mourir très vite?
—Oui, en quelques minutes, presque en quelques secondes. Mais rassurez-vous, Madame, je suis convaincu, au contraire, qu’il sera guéri dans quinze jours. Entrons près de lui. Il vous attend avec une grande impatience. Je dirai tout à l’heure quelques mots en particulier à votre mari sur la situation.
Ce qu’elle vit d’abord, en pénétrant dans la chambre, ce fut une tête blême sur du linge blanc. Deux bougies et le feu du foyer l’éclairaient, dessinant les ombres et le profil; et deux yeux, dans cette face livide, regardaient venir la comtesse du bout de l’appartement.
Elle s’élança vers lui en criant:
—Oh! mon pauvre ami.
—Ce n’est rien, dit-il tout bas.
Maintenant elle restait contre le lit, l’examinant avec une anxiété affreuse.
Il était pâle, si pâle qu’il semblait ne plus avoir une goutte de sang dans la tête; ses joues creuses, agitées parfois d’une secousse nerveuse, et ses yeux caves avaient l’air aspirés à l’intérieur du visage.
Il voulut sourire en murmurant:
—Me voici dans un bel état.
Elle demanda, en le regardant toujours fixement:
—Que vous est-il arrivé, mon Dieu!
Il faisait, pour parler, de grands efforts.
—Je n’ai pas regardé... en traversant le boulevard... Je pensais à autre chose... oui... à tout autre chose qu’à l’omnibus Madeleine-Bastille que je ne vis pas venir. Il m’a renversé et la roue m’a passé sur le ventre... Heureusement... ou malheureusement... il était vide...
En l’écoutant, elle voyait l’accident; et elle dut s’asseoir pour ne point tomber.
—Est-ce que vous avez saigné? dit-elle, soulevée d’horreur.
—Non. Je dois avoir seulement l’intérieur un peu meurtri.
Le comte, debout au pied du lit, murmurait:
—Oh! mon pauvre Bertin! quel affreux malheur!
Et le malade répondit d’une voix faible dont l’accent pénétra jusque dans les os de la comtesse:
—Que voulez-vous! Après tout, il est temps que je m’en aille. J’aimerais mieux avoir été tué sur le coup.
Le comte se tourna vers le médecin:
—Qu’avez-vous constaté, en somme?
—Oh! pas grand’chose. On ne peut rien voir. Mais je suis bien convaincu que nous avons là une simple contusion abdominale sans déchirures internes.
—Souffrez-vous beaucoup? demanda la comtesse.
Bertin fit «oui» d’un signe de tête. Son visage livide l’exprimait d’ailleurs.
Le docteur De Rivil tira doucement le comte par la manche, et quand il l’eut éloigné du lit, il demanda tout bas:
—Voulez-vous passer dans l’atelier, j’ai quelques mots à vous dire.
Les deux hommes, s’éloignant sur la pointe des pieds, ouvrirent doucement une porte masquée sous un tapis d’Orient et disparurent.
Dès qu’elle se sentit seule avec Olivier, la comtesse se pencha vers lui et lui demanda, si près du visage qu’elle semblait lui souffler les mots sur la peau:
—C’est vous qui vous êtes jeté sous cette voiture?
Il répondit, en essayant toujours de sourire:
—Non. C’est elle qui s’est jetée sur moi.
—Ce n’est pas vrai, c’est vous.
—Non, je vous affirme que c’est elle.
Il eut une convulsion rapide de tous les traits, puis, quand elle fut passée, il dit avec précipitation:
—Any, ne perdons point de temps. Ouvrez vite le tiroir du bas de mon secrétaire, le grand. Il est plein de vos lettres. Elles y sont toutes. Prenez-les et jetez-les au feu. Vite... vite...
Elle obéit sans trop savoir ce qu’elle faisait. Quand le tiroir fut ouvert, elle aperçut la masse épaisse de papiers blancs et reconnut son écriture qui courait sur les enveloppes.
Olivier, dans son lit, se tournait un peu, pour la regarder.
Il répétait:
—Vite, vite, au feu.
Elle prit deux poignées, deux grosses poignées de lettres et les jeta dans la cheminée. Une grande flamme brilla, puis parut s’éteindre sous une pluie d’autres lettres, puis rejaillit plus éclatante.
La comtesse en jetait toujours, emplissant le foyer de toute la tendresse de sa vie qui flambait là devant elle; et quand le tiroir fut vide, elle demeura debout, devant la cheminée, regardant de ses yeux pleins de larmes se changer en cendres impalpables tous les mots d’amour qu’elle lui avait écrits.
Mais soudain, sur la couche de papiers à moitié consumés déjà qui se tordaient et devenaient noirs, elle vit couler des gouttes de sang. Elles semblaient sortir du cœur même des lettres et glissaient doucement vers la flamme en laissant une traînée rouge. Cela était tellement étrange, tellement affreux, que la comtesse poussa un faible cri, puis elle comprit tout à coup qu’elle avait vu simplement la cire des cachets qui fondait.
—Tout y est? demandait Olivier.
—Oui, tout.
—Approchez-vous de moi.
Quand elle fut tout près, il reprit:
—Adieu, adieu, Any. Je vous ai bien aimée. Tout le bonheur de ma vie je vous le dois. Les derniers jours seuls ont été durs. Ce n’est point votre faute... Ecoutez, j’ai encore quelque chose à vous demander. Si je ne suis pas mort demain, promettez-moi, jurez-moi que vous m’amènerez Annette.
Elle pleurait maintenant si fort qu’elle ne pouvait plus répondre.
Il reprit:
—Oh! promettez-moi de l’amener une fois, rien qu’une fois, pour que je la revoie encore... Songez... songez... que je ne vous verrai plus... moi... ni vous... ni elle... jamais.
La comtesse, à travers ses sanglots, balbutia:
—Oui, je vous jure de l’amener.
Un sourire, un pauvre sourire encore, rampa sur les lèvres d’Olivier.
—Merci, dit-il. Et maintenant embrassez-moi bien vite, pour la dernière fois peut-être, car ils vont revenir.
Elle s’affaissa sur cette figure crispée et la caressa de baisers avec une tendresse éperdue.
Il fit tout à coup un faible mouvement pour la repousser en murmurant:
—Les voici. Prenez garde.
Comme elle se redressait, elle le vit se tordre sous ses draps et elle aperçut dans ses yeux, au fond de ses yeux, un regard fou qu’elle ne connaissait point.
Il ouvrit la bouche comme pour parler encore, battit des paupières, fit une grimace, eut un frisson, poussa un petit soupir, puis demeura immobile, la figure soudain calmée par l’éternel Apaisement.
FIN.
VARIANTES
D’APRÈS LE TEXTE DU MANUSCRIT
DE FORT COMME LA MORT.
Page 2, ligne 14, et aucun bruit...
Page 4, ligne 6, fêté, choyé,...
Page 4, ligne 8, bois, qui préside les assauts d’armes,...
Page 5, ligne 12, mollement pour chercher sur la toile ce que sa pensée ne rencontrait pas, espérant que sa main crayonnant au hasard éveillerait en son œil quelque idée imprévue, évoquerait par un contour la trouvaille insaisissable, etc.
Page 5, ligne 16, mit à semer des lignes, des traits rapides sur un carton gris à coups légers de son fusain pointu, puis...
Page 5, ligne 25, contrôler les poses...
Page 6, ligne 27, Et jetant...
Page 8, ligne 5, ce bel éclat...
Page 8, ligne 24, Puis il enleva...
Page 11, ligne 1, Oh! bien vrai. Entre le pouce et l’index de chaque main, elle prit et roula les deux pointes de ses moustaches en ajoutant:
Oh! je suis tranquille...
Page 12, ligne 4, artiste fêté...
Page 12, ligne 18, arrive demain...
Page 16, ligne 10, pâtisserie, des crimes ou...
Page 17, ligne 21, œil distrait et curieux...
Page 19, ligne 21, était fort à...
Page 19, ligne 24, femme blonde en...
Page 20, ligne 11, billet sur papier teinté...
Page 21, ligne 12, exécutées uniquement par...
Page 21, ligne 19, portrait. D’un regard rapide, il l’avait enveloppée de la tête aux pieds et il répondit:
Page 23, ligne 6, femmes de théâtre et les femmes...
Page 24, ligne 18, fille, devant une table basse chargée d’images, elle...
Page 25, ligne 12, rencontreraient et se plairaient...
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Page 28, ligne 6, avantages sociaux que...
Page 28, ligne 17, qui ne s’aventurait jamais...
Page 28, ligne 28, désirer vaguement d’autres...
Page 29, ligne 26, sentit naître en...
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Page 33, ligne 22, de sa venue.
Page 33, ligne 26, lui laissait quelque...
Page 34, ligne 26, du bout du doigt...
Page 35, ligne 2, enfantine, obstinée et...
Page 35, ligne 13, tressaillir d’émotion...
Page 41, ligne 3, le jeta sur...
Page 41, ligne 4, supplications et les efforts d’Olivier...
Page 42, ligne 1, au lieu de la douleur...
Page 43, ligne 1, elle, contre elle-même, une exaspération contre son...
Page 43, ligne 17, mari? Que penserait le monde? La...
Page 44, ligne 2, émotion. Après avoir longtemps réfléchi, elle s’y décida pourtant, aucune...
Page 48, ligne 24, s’asseyait quelques moments...
Page 55, ligne 3, causerie, où ils avaient parlé des maîtresses...
Page 55, ligne 20, pu saisir à...
Page 61, ligne 1, inquiétudes, qui rendent l’amour si douloureux, qu’elle désirait qu’ils fussent enfin tout à fait vieux l’un et l’autre, pour en avoir...
Page 61, ligne 8, toujours anxieuse, elle...
Page 62, ligne 4, salon aux tapisseries Louis XV...
Page 63, ligne 13, roulant d’instruction...
Page 64, ligne 15, même, au cabaret, avec...
Page 66, ligne 22, barbare.» Un domestique...
Page 70, ligne 28, bras, soutenus par...
Page 72, ligne 9, noirs, trois dans l’un et quatre dans l’autre, comme de minuscules...
Page 72, ligne 29, mère la rassura.
Page 73, ligne 2, connaissance. La duchesse,...
Page 73, ligne 18, fâcha, et avec son libre parler, oubliant...
Page 73, ligne 27, exemple, qui se contentent de vos carcasses...
Page 73, ligne 29, mieux. Mais à présent tout pour le couturier et rien pour l’intimité.
Page 77, ligne 5, esprit fugace et...
Page 79, ligne 3, vie quotidienne d’un...
Page 80, ligne 21, sévère! On met simplement l’eau des convenances dans le vin de la franchise. Je viens de trouver cette image que j’enverrai à quelque journal. Vous...
Page 82, ligne 18, urbanité, nécessaire comme...
Page 84, ligne 1, plus recherchés meneurs...
Page 84, ligne 8, plus en vue de...
Page 84, ligne 18, prudent qui habitait un...
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Page 94, ligne 15, tutoies pas.—Ma foi, écoutez, ça me gêne un peu.
Page 94, ligne 19, intimidez, et puis je ne pourrai pas toujours vous tutoyer.
Page 94, ligne 21, Parce que je ne serai pas toujours une jeune fille.
Page 94, ligne 25, rougit très fort, jusqu’à...
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Page 97, ligne 9, hasards de l’existence et...
Page 98, ligne 20, indolente et dédaigneuse, dont...
Page 99, ligne 23, comtesse, qui n’aimait pas qu’il vantât d’autres...
Page 102, ligne 3, voitures, ces gens, ce luxe, toute cette...
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Page 103, ligne 11, vices, amourettes et passions, comme...
Page 105, ligne 8, Ça vous plaît-il...
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Page 112, ligne 9, Bertin, qui aimait fort les concerts...
Page 112, ligne 15, Quatre vieux messieurs...
Page 114, ligne 4, Rocdiane, qui bâillait, j’ai...
Page 114, ligne 13, cercle. Il rentra donc, et, le lendemain, après...
Page 116, ligne 14, un peuple d’enfants...
Page 126, ligne 2, revernit le...
Page 129, ligne 12, vive lui vint de...
Page 131, ligne 2, soie qui restait vide à côté...
Page 131, ligne 13, doigts actifs, que...
Page 132, ligne 19, jalousait, il jalousait ce...
Page 132, ligne 23, tout remué de...
Page 133, ligne 5, mains, qui laisserait tomber la couverture...
Page 133, ligne 11, soirée au salon.
Page 133, ligne 20, épaules, de le retourner et de le jeter...
Page 137, ligne 21, sirops, et des verres, à côté de la théière, de la lampe, de la grande bouilloire à bascule, des vases à crème et du sucrier, il fit un grog...
Page 140, ligne 19, sais bien, ça...
Page 141, ligne 2, yeux la clarté de...
Page 141, ligne 6, par d’inexprimables besoins.
Page 142, ligne 2, Ronces, bien que ce fût un peu dangereux, mais...
Page 143, ligne 19, monde qui grouillait et bruissait.
Page 145, ligne 13, et capturaient le regard...
Page 146, ligne 3, succès. On lui disait: «Bravo, mon cher, délicieuses vos baigneuses, adorables.» Mais le ton des voix, ce ton de compliment forcé, lui donnait au cœur, à chaque phrase d’éloge, un coup d’aiguille. Les serrements de mains lui semblaient faux; et quand un ami, les bras levés, lui criait: «Très bien, très bien, ça y est en plein,» il croyait entendre, il croyait sentir dans l’expression et dans le regard: «Ça, c’est un four, mon vieux.» Les gens du monde arrivaient, souriaient, disaient discrètement: «C’est fort beau, fort beau.» Ceux-là aussi mentaient, il en était sûr, à leur manque de chaleur; et la crainte devenait de la colère, une révolte d’artiste toujours fêté qui doit subir, écouter, supporter le jugement de ces sots, les remercier de leur mensonge en devinant dans leur pensée: «Voilà une toile que je n’achèterai pas.»
Ce tableau, pourtant, lui avait donné beaucoup de mal, plus de mal qu’aucun autre, et il comptait sur un grand succès, car il avait cherché à plaire. Il avait voulu, dans une œuvre de charme, utiliser et montrer toutes ses qualités de savoir-faire et de grâce, et peindre pour les délicats une séduisante étude de nu.
Dans un bois où le soleil versait une pluie de lumière, à travers les feuilles, sur une cascade tombant par gouttelettes et par fils et par lamelles transparentes du haut d’un rocher moussu, quatre fillettes de campagne, dont les humbles vêtements gisaient sur l’herbe, faisaient arroser leurs corps frais, roses et jeunes, par le mince voile d’eau qui s’égrenait et glissait sur elles. Deux étaient assises et deux debout frémissantes et ravies, riant d’un rire un peu crispé sous la coulée de l’onde légère qui glaçait leurs chairs mouillées.
Pourquoi cette œuvre, qui lui avait coûté un grand effort, où il avait voulu montrer la quintessence de son talent, lui semblait-elle à présent incomplète et médiocre? Il n’admettait point qu’on la contestât, car il l’avait voulue parfaite, mais au fond de sa conscience d’artiste il la sentait manquée, sans savoir pourquoi, et il devinait que les autres pensaient comme lui, et tout en attendant, en désirant, en exigeant le compliment sans réserve il avait vaguement envie de demander: «Dites-moi donc franchement ce qui ne vous semble pas bon là dedans?»
C’était trop joli, peut-être, pas assez simple, pas assez franc, pas assez sincère.
Les corps trop gracieux, les chairs trop fines, les visages trop gentils faisaient songer à de jeunes modèles recevant, sur une table d’atelier, une cascade imaginaire, et non à quatre petites filles de rustres rafraîchissant dans un ruisseau, par un jour brûlant, leurs maigres jambes de gamines et leurs corps nerveux de jeunes brutes.
Pourtant l’artiste ne doit pas être l’aveugle copiste des choses; tout en les exprimant vraies, il doit les montrer belles, mais comment saisir cette nuance? Aucun raisonnement, aucun calcul, aucun vouloir ne la détermine! Il faut la trouver d’instinct; et quand on ne la découvre pas ainsi, c’est qu’on n’est pas ou qu’on n’est plus un artiste.
Et cette crainte qui l’avait toujours hanté malgré ses succès, qui grandissait en lui depuis quelque temps malgré la certitude de son talent, de son savoir, de la maîtrise de sa main, devenait plus lourde, oppressait son cœur.
Bertin s’élança, etc.
Page 147, ligne 21, neuf et beaucoup d’autres.
Page 148, ligne 9, mieux. Il demanda, souriant un peu, le cœur réchauffé:
—Vous trouvez?
Quelqu’un disait en ce moment:
—C’est bien peint, mais un peu mièvre.
Il frissonna, crispé, et feignant de n’avoir pas entendu:
—Vous trouvez que ces petites filles n’ont pas une grâce un peu convenue pour des campagnardes?
—Mais non, pas du tout. Les enfants sont toujours finement gracieux.
—Ne sont-elles pas un peu maniérées dans la pose?
—Mais non, elles ont bien froid, elles sont adorablement frissonnantes.
A son tour, il...
Page 148, ligne 22, mondains. Annette qui contemplait, sérieuse, dit tout à coup:
—Oh! maman, que c’est joli!
La joie qui entra en lui emplit sa poitrine comme un souffle d’air. Il jeta sur la jeune fille un regard de tendresse et de gratitude et il lui sembla que toutes les admirations lui devenaient indifférentes, qu’il n’avait plus besoin de plaire aux autres.
Les entraînant...
Page 148, ligne 27, elles. A tout instant, pour diriger l’attention de la comtesse, il touchait du doigt sa main gantée et ce contact familier, répété, les rapprochait encore. Il sentait qu’elle était à lui, cette femme, qu’il disposait d’elle, de son cœur et de sa pensée, qu’elle lui appartenait aveuglément, l’aimant trop pour le juger, pour le discuter, pour ouvrir jamais les yeux, désormais, en le regardant ou en pensant à lui.
Et elle, sachant qu’il avait été préoccupé, anxieux, s’efforçait par toutes les câlineries, toutes les louanges discrètes qu’elle savait trouver, de rassurer son trouble, de lui prouver, encore une fois, qu’elle le comprenait mieux et plus que tous les autres, qu’elle ne vivait que pour lui plaire et pour lui rendre douce l’existence.
Soudain,...
Page 149, ligne 24, soleil. Des refrains de café concert voletaient de table en table, lancés par une voix d’homme et repris en chœur à l’autre bout de la galerie par des peintres et des femmes déjà étourdis par le champagne.
Un monsieur parut, cherchant une place en vain, ne trouvant rien, appelant les garçons qui ne répondaient pas. Trois fois de suite il inspecta tous les rangs à pas lents, en roulant d’une main sa moustache rousse et tordue en pointe.
Quelqu’un cria: «Tiens, l’empereur.» Peut-être, en effet, ressemblait-il à Napoléon III de visage et de démarche. Une étincelle ne fait pas plus vite sauter une mine que ce cri ne fit éclater par toutes les tables une clameur de peuple en délire. Les hommes, les femmes, tous hurlaient: «Vive l’empereur!» en tendant leurs verres au monsieur, surpris, interdit, puis gracieux et faisant le geste d’apaiser la foule pour parler.
On se tut, et il cria en levant son chapeau:
—Vive la République!
Ce fut une telle explosion d’acclamations, de rires et de bravos que des sergents de ville, inquiets, apparurent au bout des allées. Le calme ne revenait plus, tant cette plaisanterie banale avait surexcité la blague française, la verve de Titi de cette foule mêlée d’artistes, de gens du monde, de boulevardiers et de cocottes.
—Dieu, que c’est farce, disait Bertin debout sur la porte. Il n’y a vraiment qu’une ville sur la terre où on peut voir de ces choses-là.
Un garçon vint annoncer:
—Madame la duchesse est dans le salon numéro six.
En y entrant, etc.
Page 150, ligne 4, soudain, de chercher et...
Page 150, ligne 14, mystérieux, inavouables et...
Page 150, ligne 29, complicité. On parlait peinture naturellement, et le marquis commençait à vanter quelques tableaux et à critiquer quelques autres quand Bertin, avec une impatience où transperçait son irritation, condamna ses jugements, et fit en main le procès des opinions et des engouements des hommes de cercle qui parlent d’art avec la même assurance que de chevaux et de chasse.
La duchesse, étonnée, se révolta et soutint que l’artiste, travaillant pour plaire et pour vendre, devait subir et suivre les influences du monde, tribunal tout-puissant, arbitre du goût, maître de la gloire et de l’argent.
L’artiste, en répondant, eut des mots âpres, directs, presque agressifs, et on l’écoutait avec surprise, avec la gêne de gens qui ne sont pas habitués à ce qu’on soutienne ainsi son opinion, et qui considèrent la franchise comme une des formes du mauvais ton.
Tout à coup, sentant qu’il s’emportait et perdait son sang-froid, Olivier Bertin déclara en haussant les épaules:
—Au fond, je m’en moque et je ne sais pas pourquoi je m’échauffe ainsi.
Et il acheva de déjeuner en s’efforçant d’être calme, de maintenir la causerie sur des sujets sans dangers et d’avoir, pour la duchesse, des prévenances réparatrices.
Aussitôt, etc.
Page 154, ligne 20, sombre de têtes et d’épaules...
Page 156, ligne 8, fille. Retournant chez lui un peu plus tard, il se demandait: «Pourquoi diable est-ce que je m’agite à ce sujet?» Et, en cherchant bien, il découvrit que, reportant sur l’enfant un peu de l’affection qu’il avait pour la mère, que retrouvant en elle tant de signes, tant de gestes, de paroles semblables, qui finissaient par produire en son esprit une bizarre confusion des deux femmes, il lui était impossible de ne pas s’intéresser d’une façon particulière à cette petite, et de ne point regretter qu’on la donnât à un vulgaire monsieur du meilleur monde, qui en ferait une dame quelconque, pareille à toutes. Il trouvait encore la preuve de ce sentiment bien légitime dans cette subite animosité contre le marquis qui lui avait plu jusqu’ici, jusqu’au jour où il avait cessé de le considérer simplement comme un aimable garçon, sans aucune supériorité, bon pour un dîner pas trop ennuyeux, un assaut d’escrime et une camaraderie très honorable.
Vraiment il était regrettable que cette fillette ne tombât point en meilleures mains, sous la direction et l’influence d’un homme plus intelligent et plus fin. Elle était déjà charmante et pourrait devenir une exquise créature, aussi jolie que sa mère, spirituelle et ironique, gaie et bonne, un être rare, si le mari qui prendrait soin de son cœur, savait développer toutes ces qualités. Et il s’indignait contre les parents, contre tous les parents du monde qui ne s’inquiètent guère, en mariant leurs filles, de ce qu’ils devraient avant tout rechercher, de l’intelligence et de la valeur de l’homme. Il se demandait même s’il ne devait pas, en cette occasion, donner à la mère quelques conseils amicaux, mais s’étant ensuite remémoré tous les avantages sociaux que les Guilleroy attendaient de cette union, il conclut: «Ma foi tant pis. Cela ne me regarde pas après tout.»
Mais lorsqu’il...
Page 158, ligne 6, fièvre d’esprit tombait...
Page 164, ligne 16, 23 juillet. Les Ronces.
Page 167, ligne 1, je me sens perdu,...
Page 167, ligne 23, je me sens dans la rue...
Page 169, ligne 11, tour. Je la sentais en...
Page 180, ligne 14, naïvement, poussé par le besoin de soulager son cœur, combien...
Page 181, ligne 17, dîner, au Jardin de Paris, ils...
Page 182, ligne 3, salle à manger du château.
Page 185, ligne 8, Annette battait des mains et criait:
Page 189, ligne 16, contraire, de pouvoir encore être comparée, de...
Page 204, ligne 27, toujours, sans le savoir, sans le vouloir, comme on respire, je sens...
Page 206, ligne 3, avançait, enveloppé, possédé...
Page 217, ligne 5, serons revenus à...
Page 224, ligne 29, pays, où l’on voyait trop clair, dans...
Page 229, ligne 16, cheveux, en lui posant sur la tête des coiffures de formes diverses dont il fallait d’un coup d’œil apprécier la grâce et l’harmonie avec son visage, était...
Page 233, ligne 13, porte, le lendemain de son retour, sitôt...
Page 241, ligne 27, de vers, ouvre-le au hasard, et lis, tout y est beau. Puis quand tu auras trouvé quelque pièce émouvante—tiens: les Pauvres Gens, page 326. Je les sais par cœur, moi. Absorbe ça, laisse-toi attendrir, ferme le bouquin, lève les yeux et pense... Pendant ce temps-là, je vais préparer mes instruments.
Il s’en alla dans un coin triturer sa palette; puis, s’étant un peu retourné, il regarda la jeune fille qui lisait.
Il la contempla quelques instants de côté, comme s’il ne l’eût point observée; mais ce profil blond dans ce crêpe noir, en ce lieu, ressemblait tant à une résurrection, emplit son âme d’un tel flot de souvenirs, remua son cœur d’une telle émotion, que ses doigts se mirent à trembler en vidant les tubes de couleur.
Il eut peur de s’attendrir et se retourna tout à fait; alors il aperçut en face de lui le visage bouleversé et couvert de larmes de Mme de Guilleroy.
Il allait parler; elle l’arrêta d’un signe en lui montrant la porte du petit salon où il faisait attendre parfois ses visiteurs. Puis elle se leva, et, à pas lents, en tournant le dos à sa fille, elle entra dans cet appartement. Le peintre, alors, vint vers Annette d’une façon naturelle, arrangea sa robe, posa par terre sa palette et, ayant dit avec une parfaite tranquillité: «Attends une minute, je vais donner à ta mère de quoi écrire» il pénétra à son tour dans la pièce où venait de disparaître la comtesse en laissant ouverte la porte.
Elle sanglotait, un mouchoir sur la bouche pour qu’on n’entendît rien. Il eut un élan vers elle, et à voix très basse:
—Mon Dieu! qu’avez-vous?
Elle balbutia, en lui saisissant les deux mains:
—Olivier, Olivier, je vous en prie, je vous en supplie, ne la faites pas poser!
Il murmura...
Page 243, ligne 29, seul! Annette, restée dans l’atelier, criait: «Maman.»
Olivier se retourna vers elle et lui dit:
—Ta mère est indisposée. Elle a failli se trouver mal en entrant dans le petit salon. Va la rejoindre, j’apporte de l’éther.
Il sortit, courut prendre un flacon dans sa chambre et puis revint:
—Je me sens un peu mieux, dit la comtesse, ce n’est rien. Vous avez demandé une voiture?
—Oui, vous l’aurez tout à l’heure.
—Merci, mon ami, ce n’est rien. J’ai eu trop de chagrin depuis quelque temps.
—La voiture est avancée, annonçait un domestique.
Et Bertin, secoué d’angoisses inconnues, soutint...
Page 263, ligne 1, Schubert. C’est encore une chose retrouvée récemment. Il...
Page 268, ligne 20, fuir. Elle n’était point reconnaissable, cette jeune figure, à ce qu’il ne se pût tromper. Elle était très jeune, il l’avait aimée, il l’aimait encore. C’était bien Elle, la même, sa maîtresse, mais différente de ce qu’elle était devenue, apparue nouvelle en son rajeunissement.
La confusion...
Page 270, ligne 3, rire, lui baisa la main...
Page 273, ligne 10, choisir une bague?
Page 273, ligne 12, Oui. Cela me ferait beaucoup de peine si vous refusiez.
Elle leva les yeux et devina dans son regard l’envie qu’il avait de la voir contente.
—Je ne fais pas la fière, j’accepte, dit-elle.
On apporta...
Page 274, ligne 9, compara, on discuta, on s’anima,...
Page 284, ligne 2, resterait chez elle.
Page 284, ligne 25, qu’il découvrit en une seconde qu’il était éperdu d’amour.
Page 291, ligne 12, déjà trois heures que...
Page 291, ligne 13, car ils peuvent revenir. Il se leva...
Page 291, ligne 27, loque de feu secouée...
Page 293, ligne 25, même continué par...
Page 295, ligne 2, comme une maison qui brûle appartient au feu.
Page 301, ligne 4, peintre. Plus mince que ses amis, avec la tête plus marquée, il avait conservé un corps étonnant de jeune homme aussi élégant dans sa nudité que distingué sous ses vêtements.
Ils...
Page 302, ligne 7, marquis. Et, soudain, surgit en lui une espèce de haine contre tous les hommes qui l’entouraient. Cette vague hostilité de parvenu qu’il avait toujours conservée au milieu de ses succès pour ses admirateurs, les gens du monde, devint tout à coup une rage furieuse contre tous ces sots à qui tout semblait dû. Durant sa vie entière, il leur avait serré la main, les traitant en égaux et, brusquement, il lui suffisait de se souvenir que le marquis de Farandal était l’un d’eux pour qu’il sentît en lui un déchaînement d’orgueil et de fureur contre eux.
Tout leur était dû, jusqu’à la tendresse de cette petite fille dont la pensée bouleversait son âme.
Puis il...
Page 304, ligne 13, nom de la célèbre cantatrice suédoise Anna Helsson, qui devait donner le mois suivant une représentation unique au grand Opéra. Ce serait, disait le journal, une magnifique solennité musicale, car le ténor Montrosé et le baryton Laverrière avaient promis de prêter leur concours. Depuis six ans Helsson n’avait plus chanté à Paris et Montrosé depuis quatre ans.
Comme tout homme qu’une passion grandissante harcèle, Olivier commençait à rapporter à son amour toutes les idées qui passaient en lui, et le désir subit l’envahit d’offrir à Annette le plaisir de ce spectacle. Puis il songea que, même dans une loge sur la scène, la comtesse ne consentirait point à accompagner sa fille, et il chercha des combinaisons. Une seule se présentait: inviter la duchesse? Mais elle amènerait son neveu! Il revit le hammam et cet homme! puis il réfléchit de nouveau.
Certes, il ne pouvait pas plus éviter la rencontre de Farandal que s’opposer à son mariage. Alors ne serait-il pas politique, pour ôter tout soupçon à la comtesse, de le comprendre dès aujourd’hui dans son invitation?
Cela, d’ailleurs, lui donnerait un prétexte pour retourner chez les Guilleroy, et il se décida, non sans peine et sans tiraillement, à arranger les choses de cette façon.
Dès qu’il eut déjeuné, il descendit à l’Opéra pour s’assurer la possession d’une des loges cachées de la scène. Elle lui fut promise. Alors il remonta vers le boulevard Malesherbes, mais à mesure qu’il approchait de la maison des Guilleroy, la crainte de retrouver chez eux le marquis lui devint intolérable. Certes, il pouvait être là comme la veille, car le mariage était maintenant sans aucun doute une chose arrêtée et fixée, bien qu’on ne lui en eût rien dit. La grand’mère d’Annette était morte depuis bientôt quatre mois; dans six semaines, deux mois au plus, la cérémonie pouvait avoir lieu sans aucune pompe. Il pressentait, il devinait la hâte de la comtesse à presser cela, et il était sûr depuis la veille qu’elle donnerait, qu’elle jetterait sa fille à Farandal dans les limites les plus rapprochées.
Il n’osait plus entrer, il se promenait de long en large sur le trottoir en face de la maison, s’attendant toujours à voir sortir le marquis, et de plus en plus grandissait en lui le désir impérieux de savoir si la date du contrat était fixée. Tout à coup, il traversa la rue, entra, monta et, quand le valet de pied lui eut répondu que ces dames se trouvaient seules, il respira comme après un danger.
La comtesse...
Page 307, ligne 17, fouette, et que pour la première fois il avait éprouvé la veille.
Page 308, ligne 9, frais, qu’il était un homme perdu.
Page 310, ligne 1, une saveur étudiée,...
Page 312, ligne 12, verre redoutable.
Page 312, ligne 15, plaques reflétantes dont...
Page 316, ligne 14, son âme.
Page 317, ligne 1, Tout le long du boulevard...
Page 318, ligne 12, de femmes vêtues...
Page 319, ligne 8, œuvre à l’Opéra-Comique...
Page 319, ligne 14, elle semblait boire le monde...
Page 320, ligne 23, n’en voyait qu’un...
Page 327, ligne 6, frisson de jeunesse, de désir et de passion.
Page 327, ligne 7, acclamations furent formidables, les acteurs rappelés six fois, et lorsque le rideau cessa de se relever, Olivier vit qu’Annette et la duchesse étaient pâles et il devina que leurs cœurs avaient frémi d’une émotion réelle. Le sien fut tordu par un nouveau tourment.
Page 327, ligne 16, qui avait fait ainsi palpiter Annette.
Page 329, ligne 5, âme de cette enfant.
Page 330, ligne 18, banalement, comme il était ce soir affreusement jaloux de ce chanteur...
Page 332, ligne 12, d’elle, comme d’une patrie.
Page 342, ligne 27, pourtant la même chose.
Page 342, ligne 28, aimée autant...
Page 345, ligne 27, famille et il avait été décidé qu’on irait ensuite passer une heure à l’Hippodrome, où devaient avoir lieu des débuts intéressants. On venait...
Page 352, ligne 9, prêt. Elle l’empêcha de se peigner et de faire le nœud de sa cravate. Et l’entraînant:
Page 357, ligne 5, cœur et de le broyer: le...
Page 357, ligne 27, entraînement de passion qui...
Page 362, ligne 2, murmura, d’une voix broyée par la souffrance:—Oh!
Page 368, ligne 2, cette cruelle besogne.
Page 368, ligne 14, amour brûlant, c’était leur amour qui...
Page 369, ligne 2, le frisson d’une peur surnaturelle et elle recula soulevée d’horreur, comme...
Page 369, ligne 15, là. Elle avait repris sa main qu’elle sentait tressaillir malgré lui; elle ne disait plus maintenant, cette main, toutes les tristesses de son cœur, mais seulement les tortures de son corps. La comtesse attendait...
Page 369, ligne 23, Il leva en effet...
Page 371, ligne 7, à ce terrible tête-à-tête.
OPINION DE LA PRESSE
SUR
FORT COMME LA MORT.
Le Temps, samedi 15 juin 1889 (Hugues Le Roux).
«Guy de Maupassant... touche bien juste au milieu de la vie; mais déjà, avec les premiers cheveux gris, ce farouche égoïsme dont il a été si fier se détend et s’attriste. Il semblait qu’il eût triomphé jusqu’ici avec une espèce d’ivresse de la sottise de l’homme et de la brutalité de ses instincts. Est-ce le commencement d’une évolution morale? On ne saurait le dire, mais il est sûr que dans Fort comme la Mort cette joie est finie.
«L’indifférence du romancier est entamée. La pitié pour les hommes est entrée en lui par quelque fine blessure, vite refermée. Cette rosée de larmes se desséchera-t-elle? ou va-t-elle s’enfler, jaillir?»
Revue Bleue, 29 juin 1889 (Jules Lemaître).
«Maupassant ne juge, ni ne condamne. Il regarde et il raconte.
«La thèse du roman, c’est l’immense douleur de vieillir—simplement...—Ce qui est remarquable, c’est que ce drame, de donnée romanesque (par le caractère absolument exceptionnel de la situation et des sentiments), M. de Maupassant le développe par les procédés du roman réaliste. Cette étrange histoire, nous en touchons du doigt la vérité, jour par jour, heure par heure... La sûreté d’observation du conteur est telle que, cette invraisemblance, il la fait comme rentrer de force dans le courant vulgaire des choses...»
Gil-Blas, vendredi 24 mai 1889 (Paul Ginisty).
«C’est un thème mélancolique que celui du roman de M. Guy de Maupassant, qui est tout à fait beau, du moins dans les parties où se poursuit cette analyse douloureuse, tout enveloppée de pitié, d’une chute irrémédiable... C’est l’étude merveilleusement conduite, avec la plus cruelle sûreté, des stériles et torturants élans d’une sorte de seconde jeunesse subite, chez un homme assoupi dans une trompeuse tranquillité. Quand le cœur se réveille, après longtemps, il n’a plus la force que pour souffrir.»