On feroit un livre vraiment curieux si l'on recueilloit toutes les
locutions vicieuses que certaines personnes substituent au bon langage
avec l'intention de corriger celui qui est mauvais. Ici l'on dit qu'on
va promener, là qu'on ne mouche pas; ailleurs, on recommande à une
demoiselle de se tenir droit, etc. M. Molard condamne les deux
premières de ces locutions; il autorise la troisième.
Voyez les Dictionnaires publiés sous ces titres:
Dictionnaire de l'Académie, revu par l'Académie
elle-même.—Dictionnaire de l'Académie, avec les mots nouveaux.
Il est à remarquer qu'autrefois prêt de, prête
de signifioient également disposé à et sur le point de. Nous
venons de voir que les Lexicographes de Trévoux ont dit villeprête de se rendre; ce qui certainement veut dire: ville sur lepoint de se rendre. Vaugelas, dans sa traduction de Quinte-Curce,
fait dire aux soldats d'Alexandre: «Nous sommes tout prests
d'aller où vous voudrez.» Ce qui ne signifie pas moins
incontestablement: Nous sommes disposés à aller où vous
voudrez.
Ce seroit une chose fort intéressante que l'examen
des locutions dans lesquelles le verbe actif est employé dans un
sens passif, comme dans ces phrases: Prêt à servir, bon à
manger, qui signifient bon à être mangé, prêt à être servi.
Mais ce n'est pas ici le lieu.
Préface du Diction. de l'Acad., p. IV.—L'Académie
n'a pas été toujours fidelle à son plan. Malgré l'article qu'on
vient de lire, elle a placé dans son Dictionnaire quelques
réduplicatifs qui n'expriment que la réitération de la mêmeaction, tels que rebâtir, remoudre, etc. C'est une des
raisons qui ont pu tromper ceux qui n'ont pas lu la Préface.
Je ne connois qu'un Vocabulaire dans lequel le mot
aire soit indiqué comme masculin; mais c'est une faute
d'impression d'autant plus évidente qu'on a fait aire féminin
dans les exemples cités à la suite.