Affiche de la municipalité, 7 juillet 1790, invitant les citoyennes à ne point importuner les députés par l'offrande de leurs bouquets pour la fête de la Fédération.
MUNICIPALITE
DE PARIS.DEPARTEMENT DE POLICE.
DE PAR M. LE MAIRE,
M. LE LIEUTENANT-DE-MAIRE ET MM LES CONSEILLERS-ADMINISTRATEURS.Du Mercredi 7 Juillet 1790.
Le Departement de Police, informé que des Femmes se rendent, en grand nombre, aux Barrières pour offrir des bouquets aux Députés des Provinces que la Fédération améne dans la Capitale, & qu'à force d'instances & d'importunités, elles les contraignent à recevoir leurs bouquets & à leur faire des largesses,
Considérant que, s'il est permis à tous les bons Citoyens d'exprimer le plaisir qu'ils éprouvent en voyant les Membres de la Famille Nationale se réunir autour de l'Autel de la Patrie, il seroit aussi contraire au bon ordre, qu'à l'honneur de la Capitale, que ces démonstrations de joie couvrissent des vues intéressées, & qu'on levât réellement une contribution en paroissant ne présenter qu'un hommage de fraternité ;
Oui & ce requérant le Procureur-Syndic de la Commune,
Fait défenses à toutes femmes Bouquetières ou autres de contraindre, par des importunités, qui que ce soit à recevoir des bouquets, soit aux Barrières, soit dans l'intérieur de la Capitale ; mande au Commandant-Général de la Garde Nationale, invite & autorise les Comités des Districts à tenir la main à l'exécution de la présente Ordonnance qui sera imprimée & affichée.
Fait à l'Hôtel-de-Ville, le 7 Juillet 1790.
Signé Bailly, Maire, Du Port, Lieutenant-de-Maire, P. Manuel, Conseiller-Administrateur.
B. Cl. Cahier, Procureur-Syndic-Adjoint de la Commune.
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