XIX

M. de la Roche-Odon avait longtemps balancé le pour et le contre avant de se décider à interroger le capitaine de Gardilane.

Il n'était pas de ceux, en effet, qui jouent avec la passion, s'imaginant dans leur superbe sagesse qu'il n'y a qu'à lui tracer des barrages en lui disant: «Tu n'iras pas plus loin».

Il avait l'exemple de son fils, et c'était là une leçon terrible qui se dressait devant lui et continuellement le frappait au coeur pour lui rappeler ce que sont et ce que font les passions.

Ce fils avait aimé, et dans son amour, tout avait été submergé, emporté: famille, dignité, honneur.

Par plus d'un point, Bérengère ressemblait à son père: qui pouvait savoir ce que la passion ferait d'elle le jour où elle se serait emparée de son coeur.

De là des hésitations, des luttes de conscience, une irrésolution sans cesse renaissante.

C'était le bonheur de sa fille, c'était le sien qui étaient en jeu.

Et au moment de parler, il n'osait plus ouvrir les lèvres.

Le présent, il le voyait et il n'était pas immédiatement inquiétant.

Tandis que l'avenir, il ne savait pas, il ne pouvait pas prévoir ce qu'il serait.

Les choses traînaient ainsi, arrêtées un jour, remises en discussion le lendemain, lorsqu'un entretien que M. de la Roche-Odon eut avec son ancien notaire, le bonhomme Painel, vint leur imprimer une marche plus rapide et déterminée.

Bien que M. de la Roche-Odon eût pris Griolet pour notaire, lorsque celui-ci avait acheté la charge de Me Painel, c'était toujours ce dernier qu'il consultait quand il se trouvait embarrassé ou bien encore lorsqu'il s'agissait d'une affaire importante. Sans doute Griolet méritait toute confiance; il était appuyé et recommandé par les personnes bien pensantes de la ville; ses principes religieux étaient connus de tous; par sa foi autant que par son habileté, il avait acquis dans le pays une réelle autorité, et cependant... cependant c'était à ce vieux sceptique de bonhomme Painel, qui ne mettait jamais les pieds dans une église, que M. de la Roche-Odon recourait dans les questions délicates, c'était à lui qu'il s'ouvrait entièrement et se confessait.

Une seule fois il s'était départi de sa règle de suivre les conseils du vieux notaire, pour écouter ceux du jeune, et ç'avait été dans l'affaire de l'emprunt à madame Prétavoine, que Griolet le pressait de faire, et dont Painel le dissuadait. Encore n'avait-il écouté Griolet que parce que le bonhomme Painel avait refusé de s'expliquer catégoriquement, se renfermant dans des finasseries et des sous-entendus de paysan normand.

—Madame Prétavoine, une bonne dame assurément; cependant en affaires il n'y a pas de bonnes gens.

—N'avez-vous pas confiance en elle?

—Si les affaires se faisaient rien qu'avec la confiance, les notaires seraient inutiles.

—Mais enfin?

—Vous la connaissez mieux que moi.

Et le vieux notaire s'était réfugié dans l'affaire elle-même, qu'il ne trouvait ni sage, ni prudente.

Cependant M. de la Roche-Odon sous le coup de la visite de l'aimable Esperandieu, «huissier à Condé-le-Châtel, y demeurant rue du Pont», avait cédé aux suggestions de Griolet, mais sans l'avouer à Painel qu'il n'avait même pas revu pour ne pas lui dire: «Je ne vous ai pas écouté».

Mais ce mouvement de honte n'avait pas tenu contre l'inquiétude que lui inspirait la situation de Bérengère, et alors qu'il cherchait un moyen de ne pas en arriver à une rupture avec le capitaine, il avait voulu consulter le vieux notaire sur la question de savoir s'il ne serait pas possible de forcer madame de la Roche-Odon à consentir au mariage de sa fille, au cas où celle-ci aimerait M. de Gardilane,—digne de cet amour et de ce mariage.

Depuis qu'il n'était plus notaire, le bonhomme Painel s'était retiré à la campagne, dans un domaine, à une lieue de Condé; ce domaine consistait, selon le style notarial, en une maison d'habitation édifiée en bois et en galandage, couverte en tuiles (la vraie maison normande de la Basse-Normandie), et d'une cour-masure plantée de pommiers. Pas de jardin paysager, pas de pelouses, pas d'arbres d'agrément, mais un beau tapis d'herbes à travers lequel couraient des sentiers conduisant aux bâtiments d'exploitation, granges, étables, poulaillers.

Quand M. de la Roche-Odon arriva chez le vieux notaire, il trouva celui-ci dans sa cour, une petite bêche à la main, en train de gratter le tronc d'un pommier depuis les racines jusqu'à la première couronne de branches, et à faire tomber la vieille écorce couverte de mousse et de lichen sous laquelle grouillaient des insectes.

—Mon cher Painel, dit M. de la Roche-Odon, je viens vous faire mes excuses; je vous ai demandé un conseil et ne l'ai pas suivi; montrez-moi que vous ne m'en voulez pas en m'éclairant aujourd'hui.

—Est-ce que madame Prétavoine vous a joué un tour? s'écria le notaire qui dans sa surprise trahit sa pensée intérieure et ses craintes.

—Non, mon cher Painel, aucun, et ce n'était pas de madame Prétavoine qu'il s'agissait; mais vous m'effrayez à votre tour; quel tour voulez-vous qu'elle me joue?

—Et dame, ma foi! je ne sais pas.

—Si, vous savez bien; vous aviez une idée, une crainte.

—Sans vouloir vous jouer un tour, elle aurait pu... dans un besoin de fonds, transporter une partie de sa créance sur vous, et vous comprenez...

—Puisqu'elle a voulu être ma seule créancière.

—Elle a pu le vouloir à un moment et elle peut avoir changé d'idée maintenant.

—Eh bien, si elle avait fait ce transport, quel danger verriez-vous?

—Que celui auquel aurait été fait ce transport pourrait, lui, vous jouer le tour; enfin puisque heureusement il n'en est rien, dites-moi, je vous prie, ce qui me vaut l'honneur de votre visite, et croyez bien que je suis tout à votre disposition.

Alors tout en se promenant dans la cour au milieu des vaches et des poulinières qui passaient en liberté, M. de la Roche-Odon expliqua son affaire: lui était-il possible, au cas où il voudrait marier sa petite-fille, de forcer la vicomtesse de la Roche-Odon à consentir à ce mariage? Il savait que la loi exigeait ce consentement. Il savait d'autre part que la vicomtesse le refuserait. Mais ce qu'il ne savait pas et ce qu'il demandait, c'était s'il n'y avait quelque moyen de procédure de tourner cette double difficulté. Il était prêt à tout, même à un procès.

Le vieux notaire secoua la tête.

—Aucun moyen de procédure, dit-il, madame la vicomtesse de la Roche-Odon, veuve, se trouve investie seule de la puissance paternelle, et seule elle peut l'exercer comme elle l'entend, selon son caprice ou son intérêt.

—Je ne prévoyais que trop votre réponse, mon cher Painel, et c'est plutôt par acquit de conscience que par espérance que je suis venu vous consulter.

Et il baissa la tête, accablé, désespéré.

Ils s'étaient arrêtés dans leur marche, et le bonhomme Painel avait profité de ce moment de repos pour tirer de la poche de son gilet une tabatière en corne; il l'ouvrit et se bourra le nez de tabac si complétement, qu'il ne pouvait plus respirer que par la bouche.

Alors sa vieille figure tannée et ridée prit une expression de malice.

—Je vous parlais de l'intérêt de madame la vicomtesse, dit-il, on s'entend toujours avec les intérêts.

—Comment cela?

—Voilà mon voisin, j'ai besoin de passer à travers son herbage pour aller à la rivière: il m'en empêche et je ne peux rien contre son droit, qu'il tient de la loi; alors je lui fais une proposition.

—Laquelle?

—Dame, je lui achète à beaux deniers comptants le droit de passer. Madame la vicomtesse a un droit, qui est celui de consentir ou de ne pas consentir à notre mariage; nous désirons qu'elle consente, elle refuse, nous lui faisons une offre.

—Ah! Painel.

—Dame, monsieur le comte, ça n'est pas beau, j'en conviens, mais il y a comme ça dans la vie bien des choses qui ne sont pas belles; un remède n'est jamais ragoûtant, et ce que je vous indique là c'est un remède. Ce qui vous blesse, n'est-ce pas, c'est que la personne en question porte votre nom, et que ce qui abaisse votre nom vous abaisse vous-même. Je comprends cela, et si j'osais, je dirais, moi, vieux roturier, que je sens cela. Mais que voulez-vous, il ne faut pas penser à vous, il ne faut que penser à votre petite-fille et à assurer son bonheur.

—Jamais la personne dont vous parlez n'accepterait un pareil marché.

—Vu la situation dans laquelle elle se trouve, je ne pense pas comme monsieur le comte. D'ailleurs nous n'irions pas le lui proposer comme ça, tout naïvement. Nous commencerions par lui faire une bonne peur qui la disposerait favorablement à écouter toute offre, et en même temps à ne pas se montrer trop exigeante.

—Et vous avez dans votre arsenal une arme pour faire cette bonne peur, comme vous dites?

—Nous l'avons.

—Et quelle est-elle?

—Un petit procès, un tout petit procès; nous attaquons la personne susdite en destitution de tutelle.

—Comment, vous pouvez enlever la tutelle de ma petite-fille à la vicomtesse? s'écria M. de la Roche-Odon.

Le notaire se tapota les deux narines de manière à faire tomber les grains de tabac qui les obstruaient.

—Parfaitement, dit-il, et c'est bien simple; seulement cela est assez vilain.

—Voyons, dit M. de la Roche-Odon, comment vous vous y prenez pour enlever la tutelle à la vicomtesse?

—Tout simplement en invoquant le premier paragraphe de l'article 444 du code civil.

—Et que dit cet article?

Le bonhomme Painel toussa au lieu de répondre, puis ensuite il se bourra le nez de tabac; longuement, en réfléchissant.

—Eh bien? demanda M. de la Roche-Odon, que ce silence inquiétait.

—Je croyais que vous le connaissiez.

—Peut-être, mais le numéro par lequel vous le désignez ne dit rien à mon esprit.

—Voyons, là, franchement, monsieur le comte, vous avez fait votre deuil, n'est-ce pas, de cette alliance, et si ce que l'on vous dit de madame la vicomtesse vous peine, cela ne vous fâche pas?

—De vous, mon cher Painel, rien ne me fâchera. Cet article?

—Eh bien! cet article dit textuellement: «Sont aussi exclus de la tutelle et même destituables, s'ils sont en exercice, 1° les gens d'une inconduite notoire...»

—Assez, Painel; jamais je n'intenterai un procès à madame la vicomtesse de la Roche-Odon, duquel résulterait la preuve qu'elle est d'une inconduite notoire....

—Cependant...

—Jamais; comment voulez-vous que je déshonore la mère de ma petite-fille?...

—Qui veut la fin...

—Non, mille fois non; quand même cette femme devrait dissiper entièrement ce que je laisserai, j'aimerais encore mieux cela que d'exposer ma chère enfant à ne pas pouvoir penser à sa mère sans rougir. Vous n'avez pas réfléchi à cela, Painel.

—J'ai réfléchi à sauver votre fortune; d'ailleurs il me semble que le procès en séparation de corps a révélé assez de choses sur la conduite de madame la vicomtesse, pour qu'un nouveau procès ne soit pas à craindre.

—Bérengère était alors une enfant, et elle n'a su de ce procès que le résultat; maintenant c'est une jeune fille, et il serait impossible de lui cacher pourquoi sa mère n'est plus sa tutrice.

—N'en parlons plus, monsieur le comte, et renonçons à mon moyen. Cependant, je vous avoue que pour moi ce n'est pas sans chagrin. Ah! comme nous aurions manoeuvré! Il est certain, n'est-ce pas, que le procès en destitution de tutelle aurait ému madame la vicomtesse; tout d'abord nous aurions obtenu cette destitution du conseil de famille, cela est certain. En votre qualité de subrogé tuteur, vous auriez poursuivi l'homologation de cette délibération devant le tribunal; là madame la vicomtesse se serait défendue, car on peut bien dire, il faut même dire qu'elle se flatte d'avoir un jour l'administration de la fortune que vous laisserez à sa fille, et elle n'eût jamais adhéré à la délibération ni à l'entrée en fonctions du nouveau tuteur, qui n'aurait été autre que vous, monsieur le comte.

—Assurément elle se serait défendue, et c'est pour cela que je repousse votre moyen.

—Nous n'aurions pas été jusqu'au bout du procès; mais au moment où l'affaire aurait été engagée de telle sorte que madame la vicomtesse eût bien vu qu'elle aurait été perdue pour elle, nous aurions introduit notre demande en consentement au mariage, et nous aurions fait notre offre. La situation était bien simple, et telle qu'une femme comme madame la vicomtesse la comprenait tout de suite et se voyait battue. Si elle refusait de consentir au mariage de sa fille, le procès en destitution de tutelle continuait, et comme madame la vicomtesse était assurée d'être destituée, c'est-à-dire de n'avoir jamais l'administration de la fortune que vous laisserez un jour à mademoiselle Bérengère, elle réfléchissait: «Vous refusez votre consentement, c'est bien; nous attendrons notre majorité; mais pendant ce temps, si une succession nous échoit, vous n'en verrez pas un sou, attendu que vous ne serez plus notre tutrice; au contraire, vous consentez? alors, pour reconnaître ce bon procédé, nous vous offrons...» Nous aurions vu ce qu'on pouvait lui offrir.

Le bonhomme Painel était ordinairement économe de ses paroles, et s'il continuait ainsi à développer son plan, ce n'était pas par amour-propre d'auteur ni par intérêt purement théorique. Seulement, comme il n'osait pas revenir en droite ligne au jamais de M. de la Roche-Odon, il prenait un détour pour montrer comment on aurait réussi. Qui pouvait savoir si, en face de ce succès certain, ce ne serait pas le comte lui-même qui reviendrait sur son jamais?

Il se crut d'autant mieux autorisé à espérer ce résultat, que le comte, après qu'il eut cessé de parler, resta un moment silencieux en homme qui réfléchit.

—Il est évident qu'il y a du bon dans votre idée, dit-il enfin.

—Parbleu! tout est bon.

—Non, pas tout, mais une partie.

—Et laquelle?

—Celle qui a rapport à l'offre à faire à la vicomtesse pour obtenir, disons le mot, pour acheter son consentement au mariage de sa fille. Elle est femme à l'accepter.

—Vous pouvez en être sûr.

—Ce n'était pas parce que j'en doutais que je l'ai repoussée tout à l'heure, mais parce qu'elle a quelque chose de honteux. Cependant, comme il faut avant tout songer au bonheur de Bérengère, je crois que, le moment venu, je tenterai cette négociation.

—Qui échouera ou qui vous ruinera, si elle n'est pas appuyée par la cessation imminente de la tutelle! Tout se tient dans mon plan. Si madame la vicomtesse de la Roche-Odon a l'espérance de rester tutrice, elle ne consentira pas au mariage. En effet, son calcul est bien simple, et si vous voulez me permettre de vous l'expliquer dans toute sa brutalité, vous allez voir qu'il n'y a pas possibilité de scinder mon moyen. Ce calcul le voici: madame la vicomtesse se dit que si vous mourriez demain, dans six mois, dans un an, elle administrerait la fortune de sa fille pendant trois ou quatre ans.

—Vous comptez jusqu'à la majorité de vingt et un ans.

—Sans doute.

—N'allez pas si vite; nous faisons émanciper ma petite-fille à l'âge de dix-huit ans, et alors si nous voulons nous marier, nous offrons, en échange du consentement de la mère, ce que vous vouliez lui proposer au moment de la destitution de la tutelle par jugement: que cette tutelle cesse par émancipation ou par destitution, c'est même chose, n'est-ce pas?

—A mon tour, je vous dis: N'allez pas si vite, monsieur le comte; vous faites émanciper votre petite-fille à l'âge de dix-huit ans, comment cela?

—Au moyen d'une délibération du conseil, comme la loi l'indique.

—Quelle loi?

—Mais le code.

—Jamais le code n'a permis une émancipation de ce genre.

M. de la Roche-Odon regarda le notaire d'un air stupéfait.

—Jamais, monsieur le comte, jamais.

—Mais je vous affirme que moi-même, j'ai fait émanciper un de mes parents en proposant cette émancipation au conseil de famille, et le jeune homme avait dix-huit ans, j'en suis certain.

—Il ne s'agit pas de l'âge; votre parent, n'est-ce pas, n'avait ni père ni mère?

—Sans doute.

—Est-ce là le cas de mademoiselle de la Roche-Odon?

—Elle n'a plus de père.

—Mais elle a une mère, qui exerce la puissance paternelle et qui l'exerce seule; elle peut, cette mère, provoquer l'émancipation de sa fille lorsque celle-ci a atteint non pas l'âge de dix-huit ans, mais simplement de quinze ans révolus; mais personne autre qu'elle ne peut exercer ce droit; ne me parlez donc pas d'une émancipation demandée par vous et prononcée par une délibération du conseil de famille, ni vous ni le conseil n'avez qualité pour cela.

M. de la Roche-Odon resta atterré; puis après un moment d'accablement il se révolta.

—Voyons, Painel, vous vous trompez, mon cher ami.

—Sac à parchemins! s'écria le vieux notaire, je me trompe, moi! Venez à la maison, monsieur le comte, et quand vous aurez lu l'article 477, vous verrez si je me trompe.

—Mais enfin, j'ai dit à tout le monde que je ferais émanciper ma petite-fille à dix-huit ans, me basant sur ce qui s'était passé pour mon jeune parent, et personne ne m'a représenté mon erreur.

—Qui, tout le monde? Moi? Griolet? un magistrat? un avocat?

—Je ne sais; mais enfin plusieurs personnes que je vois.

—Ce qu'on appelle des gens du monde. Eh bien! monsieur le comte, il en est du droit comme de la médecine; chacun croit s'y connaître sans avoir rien appris. On a vu administrer tel remède à une personne de ses amis, il a réussi; alors vite on se l'administre à soi-même dans un cas semblable, ou qu'on estime, d'après ses propres lumières, être semblable. Le remède était bon pour notre ami et il l'a sauvé; il est mauvais pour nous qui ne souffrons pas du tout de la même maladie, et il nous tue. Voilà ce qui s'est passé pour vous. Vous avez fait émanciper un mineur de dix-huit par délibération du conseil de famille, et vous avez conclu que tous les mineurs de dix-huit ans pouvaient être émancipés de la même manière. Voilà votre erreur.

—J'ai lu la loi cent fois.

—Vous avez lu ce que vous aviez dans l'esprit et non ce que vous aviez sous les yeux; venez la lire une cent et unième fois avec moi et vous verrez que je ne me trompe pas.

Il fallut que M. de la Roche-Odon se rendît à l'évidence.

—Et maintenant, dit le bonhomme Painel, vous voyez que pour obtenir le consentement de madame la vicomtesse, il n'y a qu'un moyen, qui est celui que je vous indiquais, une action en destitution de tutelle.

—Oui, je le vois et je le comprends; mais je ne pourrai jamais me résigner au moyen.

—Réfléchissez, monsieur le comte.

—La conscience n'a pas besoin de réfléchir, mon cher Painel.