L’IMMORTELLE

O Sérénité,

Tout n’est que décombres,

Ruines sans beauté,

Dans ce cœur plein d’ombre !

Pour ne point mourir,

De quelle substance

Y peux-tu nourrir

Ta frêle existence ?

La fleur qui du roc

Jaillit sans prestige,

Il suffit d’un choc

Pour briser sa tige.

Bientôt, décrivant

Mainte parabole,

Elle suit le vent

Dans sa course folle.

Toi, lorsque ton front

Subit une injure,

Tu luis sous l’affront

Plus droite et plus pure !