AVERTISSEMENT

Les difficultés du moment ont retardé la publication de ces pages. Écrites dans la guerre et pour la guerre, elles garderont néanmoins toute leur vertu dans la paix. Ceux qui ont vu la mort en face devront ne plus l’oublier de leur vie et demeurer à jamais pénétrés de cette vérité si durement conquise et qui suffit à tout : le but de la vie est la mort. C’est à ce prix qu’ils ressusciteront au jour tant de camarades tombés qui n’ont pas eu sur la terre leur compte et qu’il serait trop douloureux et trop injuste d’abandonner à leur néant. C’est à ce prix qu’ils pourront leur montrer une fidélité et une reconnaissance efficaces, en les aidant par la prière à parachever leur salut. C’est à ce prix qu’il leur sera permis d’espérer un jour les rejoindre dans l’éternelle amitié de Dieu. Pour bien mourir, ils s’efforceront de bien vivre et la qualité de leur vie décidera de celle de leur mort. Il est certes plus malaisé de bien vivre et de bien mourir en temps de paix qu’en temps de guerre. Grâce au ciel, cette ambition ne passe pas les forces du chrétien.

Devant Metz, le 15 novembre 1918.

H. G.

Je m’adresse à mes frères détachés de l’Église et aux compagnons de ma vie mauvaise. Je leur dis humblement : Voici l’œuvre de Dieu ; Dieu a fait pour moi ce miracle. Ouvrez vos cœurs ! Vos cœurs n’en sont pas plus indignes que n’en était le mien. Dieu veut le refaire pour vous.

Et je dédie le récit de ma conversion à

DOMINIQUE-PIERRE DUPOUEY
HÉROS ET SAINT

qui m’apparut un matin de bataille ; qui échangea quelques paroles et quelques regards avec moi : qui tomba sur l’Yser à la veille de Pâques en l’année sanglante 1915, pour participer pleinement à la Résurrection de son Maître et, m’entraînant dans son sillage lumineux, me réapprendre la prière après plus de vingt ans d’oubli et changer dans ma bouche le goût de la vie.

Noël 1915.