Absalom est tué.
Cependant, David instruit de tout ce qui se passait auprès d'Absalom, passa le Jourdain avec tous ses gens et arriva dans la ville de Mahanaïm. Absalom de son côté passa aussi le Jourdain, et se campa avec son armée dans le pays de Galaad. David ayant fait la revue de ses gens, leur dit: Je veux me trouver au combat avec vous. Mais ses gens lui répondirent: Vous ne viendrez point avec nous; car quand les ennemis nous auraient fait fuir, ils ne croiraient pas avoir fait grand'chose; et quand ils auraient taillé en pièces la moitié de nos troupes, ils n'en seraient pas fort satisfaits; parce que vous êtes considéré vous seul comme dix mille hommes. Il vaut donc mieux que vous demeuriez dans la ville, afin que vous soyez en état de nous secourir. Le roi leur dit: Je ferai ce que vous voudrez. Il se tint donc à la porte de la ville, pendant que toute l'armée en sortait en diverses troupes de cent hommes et de mille hommes. En même temps il donna cet ordre aux chefs de l'armée: Conservez-moi mon fils Absalom. Et tout le peuple entendit le roi qui recommandait Absalom à tous ses généraux. L'armée marcha donc en bataille contre Israël, et la bataille fut donnée dans la forêt d'Ephraïm. L'armée de David tailla en pièces celle d'Israël. La défaite fut grande, et vingt mille hommes demeurèrent sur la place. Les gens d'Absalom fuyant après le combat, furent dispersés de tous côtés; et il y en eut beaucoup plus qui périrent dans la forêt, qu'il n'y en eut qui moururent par l'épée en ce jour-là. Absalom même fut rencontré par les gens de David: car lorsqu'il était sur sa mule, et qu'il [pg 192] passait sous un grand chêne fort touffu, sa chevelure s'embarrassa dans les branches du chêne; et sa mule continuant sa course, il demeura suspendu entre le ciel et la terre. Un soldat le vit en cet état, et vint dire à Joab: J'ai vu Absalom pendu à un chêne. Joab dit à celui qui lui avait apporté cette nouvelle: Si tu l'as vu, pourquoi ne lui as-tu pas passé ton épée au travers du corps? je l'aurais donné dix sicles d'argent et un baudrier. Il répondit à Joab: Quand vous me donneriez présentement mille pièces d'argent, je me garderais bien de porter la main sur la personne du fils du roi; car nous avons tous entendu l'ordre que le roi vous a donné, lorsqu'il vous a dit: Conservez-moi mon fils Absalom. Et si je m'étais hasardé à faire une action si téméraire, elle n'aurait pu être cachée au roi; et vous seriez-vous opposé à lui? Joab lui dit: Je ne m'en rapporterai pas à toi; mais je l'attaquerai moi-même en ta présence. Il prit donc en sa main trois dards, dont il perça le cœur d'Absalom. Et lorsqu'il respirait encore, toujours pendu au chêne, dix jeunes écuyers de Joab accoururent, le percèrent de coups et l'achevèrent. Aussitôt Joab fit sonner la retraite; et voulant épargner le peuple, il empêcha ses gens de poursuivre davantage les Israélites qui fuyaient. Ainsi les Israélites se retirèrent chacun chez soi. On emporta Absalom, et on le jeta dans une grande fosse qui était dans le bois, sur laquelle on éleva un grand monceau de pierres.
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