Cruautés d'Antiochus Épiphanes.

Le règne d'Antiochus Epiphanes, roi de Syrie, rejeta de nouveau les Israélites au milieu des souffrances et des persécutions. Il y avait déjà un assez grand nombre d'années que la Palestine était assujettie à la Syrie, lorsque ce roi monta sur le trône. Dans la fausse idée de maintenir plus sûrement les Israélites dans son obéissance, Antiochus se proposa d'anéantir leur religion et de les forcer à embrasser celle des païens. Il y avait alors deux grands prêtres à Jérusalem, l'un se nommait Jason et l'autre Ménélaus. Ces hommes, ainsi qu'une grande partie du peuple, étaient entièrement portés à embrasser les mœurs des Grecs. Ils établirent à Jérusalem des jeux gymniques et dépouillèrent le temple pour payer les contributions promises au roi Antiochus. Peu de temps après cette spoliation, Antiochus envahit l'Egypte, et le faux bruit de sa mort se [pg 262] répandit. Alors le peuple irrité de la spoliation du sanctuaire, se révolta contre les deux prêtres sacriléges. A ces nouvelles, Antiochus se dirigea vers Jérusalem. Arrivé en cette ville, il tua une grande partie du peuple, en vendit quatre mille comme esclaves, enleva tous les vases d'or et d'argent consacrés au temple, et pour insulter au peuple, il profana le temple en y faisant égorger un porc sur l'autel. Quelque temps après, ce même roi, forcé par les Romains à quitter l'Egypte, exerça de nouveau toute sa rage contre la Palestine; il envoya à Jérusalem une armée qui pilla la ville et en massacra sans pitié les malheureux habitants. Il défendit, sous peine de mort, d'exercer la religion de quelque manière que ce fût; il fit déchirer les livres de la loi et dressa partout des temples d'idoles. Il envoya à cet effet un prêtre grec à Jérusalem pour instruire le peuple dans la religion païenne. Ce prêtre viola le temple de Jérusalem en le consacrant à Jupiter et en y plaçant la statue de cette idole, puis il sacrifia sur l'autel de Dieu à la manière grecque.

Beaucoup d'Israélites abandonnèrent alors leur religion; mais aussi il y en eut beaucoup qui s'enfuirent ou moururent de la mort des martyrs. Au nombre de ces derniers se trouva un vieillard qui se nommait Eliasar. Celui-ci préféra mourir que de transgresser les commandements de Dieu lors même que le tyran ne lui demandait qu'une transgression apparente. Il y eut aussi une femme, nommée Hanna, qui se montra tellement attachée aux devoirs de sa religion, qu'elle ne chancela pas un instant dans la foi en voyant même de ses propres yeux, qu'on égorgeait ses sept fils les uns après les autres, qui se refusèrent tous à sacrifier aux faux dieux. Le dernier de ses fils, très-jeune encore, fut même encouragé à l'idolâtrie par le tyran, [pg 263] qui lui promit de le sauver, s'il fléchissait seulement le genou devant l'idole, ne fût-ce que pour l'apparence. Mais ce jeune homme qui avait vu mourir courageusement ses six frères n'hésita point et, rendant le dernier soupir sous la main de son bourreau, il s'écria: «Ecoute Israël! l'Eternel est notre Dieu, l'Eternel est unique!» Cette mère ayant ainsi vu mourir tous ses enfants de la mort des martyrs, mort à laquelle elle les avait encouragés elle-même, ne se sentit plus de douleur; elle se précipita du haut d'une maison et mourut.