État de la religion.
Les cruelles persécutions religieuses d'une part et les relations fréquentes avec les païens de l'autre, devaient nécessairement exercer une grande influence sur les opinions religieuses du peuple. Aussi, vers cette époque, différentes sectes se firent-elles remarquer: les Hellènes, ou Israélites qui demeuraient en Egypte et exerçaient leur culte dans le temple de Léontopolis. Les Saducéens (voyez plus haut). Les Esséniens qui pour la plupart, habitaient dans la solitude, menant une vie retirée tout en admettant la communauté des biens. Ils croyaient à une récompense et à une punition future; mais ils expliquaient l'Ecriture sainte dans un sens figuré. Les Pharisiens prétendaient que Dieu, en se révélant à Moïse, lui avait communiqué la Loi écrite et lui en avait donné en même temps une explication orale; ils supposaient, par conséquent, que ces deux parties ne formaient qu'un seul tout. Cette explication, ou Loi orale, pour qu'elle ne fût pas un jour exposée à des exégèses erronées et à des interprétations arbitraires, ne pouvait être communiquée qu'à quelques hommes, les plus distingués de la nation, afin qu'ils conservassent ces doctrines pures et intactes. Ce n'est que [pg 268] plus tard, dans les temps d'oppression et de persécution, lorsqu'il était à craindre que ces traditions orales ne tombassent dans l'oubli, qu'un homme remarquable par sa piété et sa science, Rabbi Jéhuda Hanasi, se chargea enfin de les écrire. Cet ouvrage, formant six parties, s'appelle Mischna. Ce ne fut que trois cents ans après, que le commentaire de la Mischna fut recueilli (les cinq cent vingt-neuf chapitres de la Mischna s'y étendent en douze volumes in-folio) et conservé par écrit. L'ensemble de la Mischna et de son commentaire est ordinairement appelé Talmud ou Gamara.
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