Hérodes.

Après son avénement au pouvoir, Hyrcan ne se chargea que des fonctions de pontife, laissant les soins de l'Etat à Antipater son ami. Ce dernier, pour se mettre dans les bonnes grâces des Romains, ne songea qu'à se signaler par quelque service. Le peuple mécontent d'Hyrcan, de la négligence de son gouvernement, et fatigué des troubles continuels excités par Aristobule, sollicita le Romain Gabynius, proconsul de Syrie, de changer la constitution du pays. Cet homme, cédant volontiers à cette demande, confirma Hyrcan dans le pontificat, mais lui retira les dignités royales, divisa le pays en cinq districts et remit le gouvernement de chacun à un haut conseil, composé d'hommes les plus distingués du pays.

C'est de cette manière que la constitution monarchique fut changée en constitution aristocratique.

Antigonus, fils d'Aristobule, recouvra le trône quelques années plus tard; cependant, son règne ne fut que de courte durée, il en fut privé par Hérodes fils d'Antipater (l'Iduméen nommé plus haut), qui secouru par les Romains, le vainquit et le tua.

C'est ainsi que finit le règne des Machabées après une durée de cent vingt ans.

Hérodes, homme rusé et intrépide, était allé à Rome se présenter devant le sénat et solliciter le trône. Sa demande lui fut accordée; et, secondé par Antoine et Octave, il réussit à se faire nommer roi d'Israël. Arrivé de cette manière au pouvoir et voyant le peuple mécontent de son [pg 272] règne, il exerça beaucoup de cruautés pour s'assurer du trône. Il fit tuer l'ex-roi Hyrcan quoiqu'il en eût épousé une des parentes nommée Mariane, et fit massacrer sans pitié tous les descendants de cette célèbre famille des Machabées. Pour gagner les bonnes grâces du peuple, il fit restaurer le temple de Jérusalem et ajouta à son ancienne magnificence. Or, toute la vie de ce roi ne fut qu'une série d'adversités et d'infortunes; souvent accablé par le malheur, il fut sur le point de se donner la mort. La cause première de ses afflictions fut la discorde et la division qui régnaient dans sa famille. Entraîné par la défiance, et sur les rapports calomnieux de sa sœur, l'infâme Salomé, il fit tuer son épouse Mariane et plusieurs de ses fils. Cinq jours seulement avant sa mort, il fit massacrer son fils aîné, Antipater, désigné dans son testament comme héritier du trône. Il mourut enfin d'une maladie chronique des plus douloureuses, à l'âge de soixante-dix ans, dans la trentième année de son règne. La postérité lui donna le nom d'Hérodes le Grand. Cependant sa grandeur ne fut qu'une profonde misère cachée sous les apparences d'une splendeur extérieure; car toutes ses actions n'eurent pour but que celui de satisfaire à son faux honneur.