CHAPITRE VIII
LES INTRIGUES DE FOUCHÉ ET DE METTERNICH EN 1815.
La Régence et l'Autriche.—Thiers et Metternich en 1849.—Questions historiques à élucider.—Mission du faux Werner à Bâle.—Opinion du prince Richard de Metternich.—Complications des intrigues de Metternich et de Fouché.—Étude de l'état de la France sous la première Restauration.—Mécontentement et complots.—Menées secrètes de Fouché.—Ses relations avec Talleyrand.—Ses propositions diverses au duc d'Orléans et à Marie-Louise.—Projet d'envoyer Napoléon aux Açores ou à Sainte-Lucie.—Correspondance secrète de Fouché et de Metternich.—Débarquement de Napoléon.—Fouché se croit trahi par Talleyrand.—Le duc d'Otrante reparaît le 20 mars.—Talleyrand se croit, de son côté, trahi par Fouché.—Décret impérial contre Talleyrand.—Conversation de Fouché et de Pasquier le 25 mars.—Double et triple jeu de Fouché.—Sa lettre secrète à Wellington.—L'affaire d'Ottenfels est plus qu'un incident.—Aveux incomplets de Metternich.—Confidences de Perregaux.—Arrestation du commis de la banque Eskelès et Cie.—Révélations de ce commis.—Le rendez-vous avec Henri Werner ou baron d'Ottenfels à Bâle.—Napoléon décide d'approfondir l'affaire.—Silence de Fouché.—Mission donnée par l'Empereur à Fleury de Chaboulon.—Départ de ce secrétaire.—Aveux tardifs de Fouché.—Pourquoi Napoléon ne le fait pas arrêter.—Fleury est chargé d'arriver à obtenir un rapprochement pacifique avec l'Autriche.—Prescriptions de Metternich à Werner ou Ottenfels.—Instructions écrites.—Entrevue de Fleury et du faux Werner.—Défiance réciproque des deux agents.—Confidences de Fleury.—Surprise de Werner, qui ne comprend rien au changement de politique de Fouché.—Les deux agents conviennent de se retrouver à Bâle huit jours après.—Fleury rapporte les détails de l'entrevue à Napoléon.—L'Empereur ne veut pas croire encore à la culpabilité de Fouché.—Fleury va, de la part de Napoléon, tout raconter au ministre de la police.—Surprise affectée de Fouché.—Il consent à remettre à Fleury, à son nouveau départ, une lettre pour Metternich.—Second entretien de Fouché et de Pasquier le 2 mai.—Indulgence de Napoléon pour les traîtres.—Fouché remet deux lettres à Fleury pour Metternich.—Des trois hypothèses discutées, le règne de Napoléon est seul possible.—Nouvelle entrevue de Fleury et de Werner-Ottenfels.—Confidences de ce dernier.—Les alliés consentent à la régence.—Fleury demande ce qui a été décidé pour Napoléon.—Werner répond que les alliés ne poseront pas les armes tant qu'il sera sur le trône.—Lecture des lettres de Fouché.—Surprise et défiance de Werner.—Nouveau rendez-vous fixé au 7 juin.—L'Empereur croit à une détente chez les alliés.—Il reconnaît la trahison de Fouché, mais il préfère attendre les événements pour s'en débarrasser.—Ses menaces devant Lavalette au ministre de la police.—Troisième départ de Fleury pour Bâle.—Ottenfels-Werner ne reparaît plus.—Napoléon et la Régence.—Mission de Saint-Léon à Vienne.—Lettre de Fouché en date du 23 avril 1815 à Metternich.—Talleyrand en détruit l'importance.—Conclusion à tirer de l'affaire d'Ottenfels (Werner).—Audace de Fouché.—L'Autriche et les Bourbons.—Appréciations insolentes de Schwarzenberg sur Louis XVIII, le duc d'Angoulême et le duc de Berry.—La situation telle qu'elle était en mai 1815.—Politique tortueuse des alliés.—La régence de Marie-Louise n'eût pas permis à la France de se faire respecter par l'Europe, autant que la monarchie légitime.