NOTES:

[1] Ses premières compositions sont ainsi signées: «César-Auguste Franck de Liège».

[2] César Franck a eu un frère, Joseph Franck, né à Liège vers 1820, qui s'est voué également à l'art musical, mais sans grand succès. Il termina ses études de piano, d'orgue et de composition au Conservatoire de Paris; il fut aussi violoniste. Après avoir exercé les fonctions de maître de chapelle et d'organiste à l'église des Missions étrangères, puis à Saint-Thomas d'Aquin, il s'est livré à l'enseignement du piano, de l'orgue et de la composition. On a de lui diverses compositions religieuses et profanes.

[3] Il est bien entendu que nous ne plaçons pas dans cette catégorie les compositeurs qui, bien qu'inféodés à Richard Wagner, ont fini par se dégager de ses formules pour arriver à un style qui leur est propre.

[4] Nous pourrions, à propos du dépôt qui devrait être régulièrement fait à la Bibliothèque du Conservatoire, exprimer le regret que ce dépôt soit pour ainsi dire illusoire. Car, pour ne citer que le dossier de César Franck, nous n'y avons découvert qu'un nombre fort restreint de ses œuvres.

[5] La 1re audition des Béatitudes a été donnée, grâce à l'initiative de M. Ed. Colonne, aux concerts du Châtelet, le 19 mars 1893. Le succès a été considérable. Les interprètes étaient Mlles Pregi, de Nocé, Tarquini d'or, MM. Auguez, Fournets, Warmbrodt, Ballard, Grimaud et Villa.

[6] On pourrait citer les noms de MM. Saint-Saëns, Delibes, Lalo, Joncières, Gabriel Fauré, Widor, Vincent-d'Indy, E. Chabrier, G. Benoit, P. de Bréville, E. Chausson, Gabriel Marie, Marty, Vidal, Guilmant,...... Mme Augusta Holmès......

[7] Depuis que ces pages ont été écrites, Charles Widor a transporté ses pénates rue de l'Abbaye, nº 3.

[8] Nouveaux Lundis de Sainte-Beuve. Tome Ier, page 201.

[9] Guy de Maupassant est décédé le 6 juillet 1893 dans la maison fondée par le Dr Blanche et dirigée actuellement par le Dr Meuriot.

[10] Édouard Colonne est retourné, en novembre 1891, à Saint-Pétersbourg. Il était accompagné de la charmante cantatrice, Mlle Berthe de Montaient.—Le succès n'a pas été moins vif que les années précédentes.

[11] La Walkyrie a été exécutée, on sait avec quel succès, sous la direction d'Édouard Colonne, à l'Académie nationale de musique.—Malgré cette réussite et pour des motifs personnels, Édouard Colonne a donné sa démission de chef d'orchestre de l'opéra et a été remplacé par Paul Taffanel (1er juillet 1893).

[12] M. Philippe Flon, qui est né à Bruxelles le 21 février 1861, actuellement second chef d'orchestre du théâtre de la Monnaie, a conduit avec la plus grande autorité les représentations de Lohengrin à Rouen.

[13] La seconde Symphonie en majeur de Brahms avait déjà été exécutée au Conservatoire, avant la direction de Jules Garcin.

[14] Chéri (Rose-Marie Cizos) née à Etampes en 1824, morte en septembre 1861.

[15] Depuis la mort de Michaël Costa (1883) les grands concerts du Palais de Cristal ont été dirigés par M. Manns.

[16] Lamoureux avait dirigé précédemment, le 13 mars 1873, à la Salle Pleyel, un concert avec l'orchestre et les chœurs, dans lequel furent exécutées plusieurs pages de J. S. Bach: le Concerto en ut majeur pour deux clavecins et orchestre d'instruments à cordes (MM. Fissot et Delaborde); Chœur, extrait d'une Cantate; Introduction et fugue de l'ouverture en si mineur pour flûte et instruments à cordes (M. Taffanel); Berceuse de la Nuit de Noël pour contralto (Mlle A. Monnier); Concerto en ré mineur pour clavecin et orchestre (M. Delaborde); Chœur extrait d'une Cantate pour le lundi de Pâques; La querelle de Phœbus et de Pan, dramma per musica.

[17] Le texte de la Passion selon saint Matthieu est de Henrici (Christian-Frédéric), plus connu sous le pseudonyme de Picander.

[18] Les solistes étaient: Mlles Armandi, Arnaud, Puisais, MM. Auguez, Vergnet, Dufriche, Miquel, Mouret, Jolivet, Couturier.

[19] M. Arthur Pougin avait été un des premiers à concevoir l'organisation de ces fêtes en l'honneur de l'auteur de la Dame blanche. Ambroise Thomas avait composé la cantate Hommage à Boïeldieu.

[20] Les concerts populaires organisés par Pasdeloup au Cirque d'Hiver commencèrent le 27 octobre 1861 et ne prirent fin qu'en 1883, quelques années avant sa mort, qui eut lieu en août 1887 à Fontainebleau, où il s'était retiré. Plusieurs essais infructueux furent tentés pour faire revivre les concerts populaires; leur temps était passé. Le public avait porté ses préférences sur les concerts Colonne et Lamoureux.

[21] «Si jamais tragédie, dit M. Édouard Schuré, fut écrite pour la scène, c'est Tristan et Yseult. Chaque geste y parle, chaque mot y agit. Tout y est plastique, ramassé en peu de paroles; mais d'autant plus puissante déborde dans la musique la vie torrentielle qui l'anime: verbe et mélodie se mêlent impétueusement dans le grand flot de l'harmonie, dans le fort courant de l'action.»

[22] Les rôles étaient ainsi interprétés: Mmes Fidès-Devriès (Elsa); Duvivier (Ortrude); MM. Van-Dyck (Lohengrin); Blauwaert (Frédéric de Telramund); Couturier (le roi); Auguez (le héraut). Le grand succès fut pour Mme Fidès-Devriès, MM. Van-Dyck, Auguez, et pour l'orchestre et les chœurs. Dans le feuilleton du Journal des Débats en date du 8 mai 1887, Ernest Reyer écrivait: «De l'intérieur de la salle on n'entendait pas les sifflets des manifestants, mais il est bien possible que, de la rue, Messieurs les siffleurs aient entendu nos applaudissements. J'ai rarement vu pareil enthousiasme.»

[23] Les individus arrêtés pour leurs manifestations bruyantes devant les portes de l'Éden, le 3 mai 1887, appartiennent presque tous à la classe des ouvriers!! Osaient-ils prétendre au monopole du patriotisme?—Il serait curieux d'inspecter certains dossiers que nous connaissons et dans lesquels se trouvent diverses pièces jetant un jour tout particulier sur les menées et les critiques qui se sont produites.

[24] Charles Lamoureux et son orchestre ont fait une nouvelle tournée artistique, en 1893, dans la région du Nord.

[25] Cet antiwagnérien, dont nous ne transmettrons pas le nom à la postérité, se leva au commencement du second acte pour prier M. Lamoureux de vouloir bien faire chanter la Marseillaise!

[26] Lohengrin. La légende et le drame de R. Wagner par Maurice Kufferath. Pages 100 et 101.

[27] «Schumann, a dit Léonce Mesnard, dans son excellente étude sur le Maître de Zwickau, a presque laissé dans l'ombre le personnage de Méphistophélès qui lui apparaissait nécessairement dès qu'il abordait Faust; il lui a assigné à tout le moins une place restreinte où il figure non pas tant comme l'Esprit du mal incarné qu'à titre de porte-malheur, de messager funèbre chargé de prononcer, à côté de Marguerite, trop bien préparée par le remords à l'entendre, à côté de Faust, trop distrait par ses hautes et fécondes entreprises, l'ironique, le sévère oracle qui équivaut à une sentence de mort.»

[28] «Berlioz ne me connaît pas; mais moi je le connais et si j'attends quelque chose de quelqu'un c'est de lui; à la condition toutefois qu'il ne continue pas à traiter la poésie comme il l'a fait dans son «Faust»; car il ne peut faire un pas de plus dans une telle voie sans tomber dans le plein ridicule. Si un musicien a besoin d'un poète, c'est Berlioz. Et son erreur c'est que ce poète, fût-il Shakespeare ou Goethe, il l'accommode toujours selon son caprice musical...»

Richard Wagner, Lettre à F. Liszt, 8 septembre 1852.

[29] «Quand on connaît la Bible, Shakespeare et Goethe, disait Robert Schumann, et qu'on s'est bien pénétré de leurs maximes, cela est suffisant.»

[30] Le succès fut beaucoup moins vif à Leipzig et Schumann écrivait à ce sujet:

«Des rapports m'ont été transmis sur l'impression produite à Leipzig par mes scènes de Faust. Une partie des auditeurs a été séduite, l'autre a été très réservée.—Je m'y attendais. Peut-être s'offira-t-il cet hiver une occasion pour la reprise de l'œuvre et il serait possible que j'y ajoutasse d'autres scènes.»

[31] D'après les recherches les plus récentes, voici quel serait l'ordre exact dans lequel auraient été composées les diverses Scènes de Faust: en 1844 Nos 1, 2, 3 et 7 de la troisième partie,—en 1848, Nos 4, 5 et 6 de la troisième partie,—en 1849 la première partie et le Nº 4 de la deuxième,—en 1850 les Nos 5 et 6 de la deuxième partie,—en 1853 l'ouverture.

[32] Revue bleue.—Numéro du 7 mars 1891.

[33] Les Scènes de Faust avec texte allemand et traduction française par R. Bussine ont été éditées par la maison Durand, Schoenewerk & Cie.

[34] Goethe écrivait de Naples, le 17 mars 1787: «Je pense souvent à Rousseau, à ses plaintes, à son hypocondrie, et je comprends qu'une aussi belle organisation ait été si misérablement tourmentée. Si je ne me sentais un tel amour pour toutes les choses de la nature, si je ne voyais, au milieu de la confusion apparente, tant d'observations s'assimiler et se classer, moi-même souvent je me croirais fou.»

[35] Dans cet extrait, nous avons suivi non la traduction française de la partition de Schumann, mais celle de l'œuvre de Goethe par H. Blaze de Bury.

[36] Firmery, Jean-Paul Richter.

[37] Enclin à la mélancolie par suite d'un état maladif qui devait aboutir à la perte de la raison, dans les dernières années de sa vie, il croyait entendre des harmonies, des voix qui lui dictaient un thème musical.

[38] La troisième partie des Scènes de Faust de Schumann ne contient pas moins, à elle seule, de 128 pages de la partition, alors que les deux premières parties n'en ont que 119.

[39] La partie immortelle de Faust, avant d'atteindre le ciel, où il sera reçu grâce à l'intercession de l'Éternel Féminin, traversera toutes les phases de purification. Aussi ne peut-on aborder cette dernière partie du Faust de Goethe, sans penser aussitôt à la divine Comédie de Dante.

[40] Léonce Mesnard, Étude sur Robert Schumann, p. 41 et 42.

[41] Léonce Mesnard, Étude sur Robert Schumann, p. 18 et 19.

[42] C'est sous une pluie de roses que les anges, voulant ravir l'âme de Faust à l'enfer, ensevelissent Méphistophélès et la troupe des démons.

[43] Filipepi (Alessandro) dit Sandro Botticelli (1447-1515), École florentine.

[44] Portrait d'un vieillard et d'un enfant. Ghirlandajo (1449-1494), École florentine.

[45] Robert Schumann s'est tellement enthousiasmé pour cette partie mystique et étrange du Faust de Goethe qu'il en a donné deux versions. Le second texte est plus développé que le premier.

[46] Giacomo Leopardi. Poésies: Aspasie.

[47] Essais de critique musicale.—Hector Berlioz, Johannès Brahms,—librairie Fischbacher, 33, rue de Seine.

[48] Ce morceau pourrait être comparé au beau Lied de J. Brahms: À la pluie (op. 50).

[49] Lettre adressée le 1er avril 1869 à M. E. Galabert et publié par ce dernier dans une brochure publiée sous ce titre: Georges Bizet, Souvenirs et Correspondance.

[50] Bizet fut inscrit à l'État civil avec les prénoms de: Alexandre-César-Léopold. Mais il reçut de son parrain celui de Georges, qu'il a conservé toute sa vie. Il naquit le 26 octobre 1838 à Paris et mourut le 3 juin 1875 à Bougival.

[51] La première représentation de Don Carlos eut lieu à l'opéra de Paris le 11 mars 1867.

[52] Sylvie est un opéra-comique en un acte qu'Ernest Guiraud composa à Rome, à l'époque où il était à la villa Médicis.

[53] La première représentation de Roméo et Juliette eut lieu le 27 avril 1867.—La lettre de Georges Bizet est donc datée des premiers jours d'avril 1867.

[54] Les répétitions de la Jolie Fille de Perth! Le rôle de Catherine Glover qu'avait dû créer Mlle Nilsson, avait été donné à Mlle Jane Devriès.—Il avait été question de le reprendre pour le donner à Madame Carvalho.—Ceci n'eut pas de suite et ce fut Mlle Jane Devriès qui créa le rôle.—La première représentation de la Jolie Fille de Perth eut lieu le 26 décembre 1867.—La lettre de Georges Bizet, que nous publions, doit donc être datée du mois de décembre 1867.

[55] Il s'agit d'une pièce-bouffe (Malbrough s'en va-t-en guerre) commandée par Busnach, nouveau directeur de l'Athénée, à MM. G. Bizet, Legouix, Jonas et Delibes.—Georges Bizet n'avait accepté cette commande qu'avec le plus vif regret...

[56] Georges Bizet rééditait une légende absolument fausse. M. Maurice Kufferath, dans un article du «Guide musical» en date du 29 octobre 1893, a péremptoirement prouvé que jamais Wagner n'avait avancé que le Faust de Gounod fût une musique de cocottes!

[57] Noé, opéra biblique en trois actes et quatre tableaux de M. de Saint-Georges, avait été mis en musique par Halévy, maître de G. Bizet.—Mais la partition était loin d'être terminée, et, par amitié pour son maître, G. Bizet avait entrepris le travail ingrat de l'achever.—Interrompu à plusieurs reprises, ce labeur prit fin à la fin de l'année 1869.—Mais des difficultés de toute sorte empêchèrent la représentation de l'œuvre au Théâtre Lyrique.—Depuis, à Pâques 1885, Noé a été joué avec succès sur le théâtre grand-ducal de Carlsruhe, sous la direction de Félix Mottl.

[58] Georges Bizet avait épousé, le 3 juin 1869, la fille de son maître, Mlle Geneviève Halévy.

[59] Mme Prelly était une femme du monde d'une radieuse beauté, mais douée d'une voix médiocre, que la scène avait tentée. Une partie de l'insuccès de Djamileh fut due à l'insuffisance de cette artiste.

[60] La première représentation de Djamileh eut lien le 22 mai 1872.

[61] La première audition de l'Arlésienne aux Concerts populaires eut lieu le 10 novembre 1872.—Elle avait été donnée, précédemment le 1er octobre 1872, au théâtre du Vaudeville.

[62] Le recueil définitif se composait de douze pièces (L'Escarpolette.—La Toupie.—La Poupée.—Les Chevaux de Bois.—Le Volant.—Trompette et Tambour.—Les Bulles de Savon.—Les Quatre Coins.—Colin-Maillard.—Saute-Mouton.—Petit Mari, Petite Femme.—Le Bal).—Les numéros 2, 3, 6, 11 et 12 formèrent la Petite Suite d'orchestre exécutée pour l'inauguration des concerts Colonne à l'Odéon, le 2 mars 1873 (Renseignements donnés par Charles Pigot dans son ouvrage: Georges Bizet et son œuvre, page 318).

[63] Ce n'est que le 3 mars 1875 qu'eut lieu la première représentation de Carmen.

[64] Les fragments de l'oratorio inachevé Sainte Geneviève auraient été complétés par l'ami dévoué de Georges Bizet, par l'excellent et habile compositeur, Guiraud.

[65] Georges Bizet est né à Paris le 25 octobre 1838 et Ernest Guiraud à la Nouvelle-Orléans le 23 juin 1837.

[66] Aucune de ces lettres n'est datée: il eût été, si non impossible, mais du moins très difficile d'assigner à chacune d'elles une date précise.

[67] Ce post-scriptum n'est pas de la main de Georges Bizet et paraît avoir été écrit par une femme, peut-être par Madame G. Bizet.

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