XI.
Siége de Montauban.—Mort du duc de Luynes.
Louis XIII, qui avait hérité quelque chose de l'ardeur martiale de son père, et le duc de Luynes, impatient de prouver qu'il pouvait porter dignement l'épée de connétable, s'empressèrent de saisir l'occasion de quelques troubles survenus dans le Midi pour entrer en campagne contre les protestants. Cette guerre, signalée d'abord par le succès des armes royales et par de cruelles exécutions contre plusieurs villes du Languedoc, obligées de se rendre à merci, aboutit, en novembre 1621, à un grave échec sous les murs de Montauban. Cette place importante, l'un des principaux boulevards de la ligue protestante, se défendit avec toute l'énergie du désespoir. L'armée royale, outre les pertes sensibles qu'elle faisait chaque jour par le feu de l'ennemi, s'affaiblissait encore par les maladies, et il fallut enfin lever le siége. Pendant que le connétable cherchait à rétablir sa réputation militaire par la prise d'une petite place du voisinage, Monheurt, il fut atteint d'une fièvre qui l'emporta en quelques jours. Cette mort fut un grand événement. Elle laissait sans direction un roi de vingt ans, né pour subir la domination d'un habile favori ou d'un sage conseiller; elle ouvrait la lice à quiconque se sentait l'ambition et la force de s'imposer au souverain, et de gouverner en son nom l'État.