A MES POÉSIES

C'en est fait maintenant, pareil aux hirondelles,

Partez; qu'un même but vous retrouve fidèles.

Et moi, pourvu qu'en vos combats

De votre foi nul coeur ne doute,

Et qu'une âme en secret écoute

Ce que vous lui direz tout bas...

***

Ah! mes pauvres oiseaux que j'élevais en cage,

Mésanges dont les chants dissipaient ma douleur!

En essaim vous volez vers un riant bocage

Sans savoir que l'aspic se cache sous la fleur...

Pourquoi donc avez-vous ainsi quitté ma chambre

Où le mil et l'amour vous étaient prodigués?

Et votre nid moelleux toujours chaud quand décembre

Saccage la ramure où trônaient vos aînés?

Ivres de liberté, de gloire d'aventure:

Eh! oui, voilà l'appât qui fascine et capture

Si souvent les oiseaux... et même les humains!

1er Avril 1892.