FRANCE!

France! il n'est pas de pays en ce monde

Qu'on puisse aimer autant que nous t'aimons!

Un seul jour loin de ta terre féconde

Parait un siècle à nous qui te pleurons!

Oh! que l'exil dont nous portons la chaîne

Depuis six ans, est un supplice affreux...

Mon Dieu! mettez un terme à notre peine

En nous ouvrant le pays des aïeux!

«Courage, enfants, vous reverrez la France.»

Nous dit un soir notre bon vieux pasteur.

Ce mot d'espoir calme notre souffrance

Et verse en nous un rayon de bonheur!

Madame DeBoismorel dit à son frère, en l'embrassant:

--Me pardonnes-tu, chéri, d'avoir mis ta poésie en musique sans ta permission?

--Oui, je te pardonne, parce que la richesse de la musique fait oublier la pauvreté des vers.

--Flatteur et modeste, va!

--Dis donc, reprit-elle as-tu remarqué que «notre bon vieux pasteur» n'est pas venu ici depuis deux semaines; serait-il malade?

--Non, il est absent de Munich pour quelque temps, m'a dit l'autre jour son vicaire.