Notes

[1]: Voyez t. Ier, 2e partie, p. 489.

[2]: Ibid. 1re partie, p. 335.

[3]: Voyez t. Ier, 2e partie, p. 717.—Aussi est-il remarquable que cette circonstance de sa vie a valu quelques éloges à ce grand et saint roi de la part des philosophes libéraux, ce qui n'est guère moins plaisant que de les voir louer niaisement l'ultramontain Fénelon, et plus niaisement encore le Dieu de Fénelon, parce que cet illustre évêque est auteur d'un livre qui a été condamné par la cour de Rome.

[4]: Il fut convoqué en 1431.

[5]: Voyez 1re partie de ce 2e volume, p. 426.

[6]: En 1432.

[7]: Ils entrèrent, par exemple, dans la révolte des princes du sang et des grands seigneurs contre le roi en 1442. Cette révolte avoit été précédée de la guerre connue sous le nom de la Praguerie, dont le dauphin fut complice, et où il n'étoit question de rien moins que de détrôner son père pour le mettre à sa place.

[8]: Découpé en pointes.

[9]: Il vouloit faire enlever Françoise d'Amboise, veuve de Pierre II, dernier duc de Bretagne, dans le dessein de la faire épouser au duc de Savoie.

[10]: Il entra dans cette conspiration un nombre infini de personnes, parmi lesquelles il y avoit même des dames et des demoiselles. Elle fut quatre ans à se former, et cependant le secret en fut si bien gardé, qu'elle ne fut découverte qu'au moment même de l'exécution, et lorsqu'il n'étoit plus temps d'y apporter remède.

[11]: Quelques-uns affirment cependant que l'entreprise étoit dirigée contre le comte de Charolois lui-même; et le P. Daniel semble adopter cette opinion.

[12]: Le duc s'étoit permis de faire quelques représentations sur les abus du gouvernement, et de hasarder quelques paroles en faveur du duc de Bretagne; ce qui irrita tellement le roi, qu'il l'accabla des plus sanglants reproches, l'accusant publiquement de prendre, contre son souverain, le parti des révoltés. On prétend que la douleur que ce prince ressentit d'un tel affront hâta la fin de ses jours. Il mourut en effet peu de temps après; mais il faut observer qu'il étoit âgé de soixante-quatorze ans.

[13]: C'est de ce prétexte, mis continuellement en avant par les conjurés, que cette guerre reçut le nom de guerre du bien public.

[14]: Elle s'étoit accrue, dans la marche du roi, de plus de dix mille hommes.

[15]: Lorsqu'on les admit à l'audience, le duc de Berri, comme représentant le souverain, étoit seul assis et couvert. Le comte de Charolois, les ducs de Bretagne et de Calabre, ayant la tête nue, et du reste armés de toutes pièces, se tenoient debout aux deux côtés du siége.

[16]: Guillaume, seigneur de Montmorenci, déjà sorti de l'enfance à cette époque, et qui vivoit encore soixante ans après, lorsqu'en 1525 le parlement s'assembla pour donner ordre à la sûreté de Paris, après la fatale journée de Pavie, rapporta qu'il avoit entendu dire à Louis XI, dans le temps de la guerre du bien public, «qu'il falloit qu'il gardât sa bonne ville de Paris, et que, s'il plaisoit à Dieu qu'il y pût entrer le premier devant ses ennemis, il se sauveroit, et avec sa couronne sur la tête; mais que, si ses ennemis y entroient les premiers que lui, il seroit en danger.» (Regist. du Parlement.)

[17]: Elle fut livrée par la dame de Varennes, veuve de Pierre de Proze, sénéchal de Normandie, tué à la bataille de Montlhéry. Cette femme perfide, que le roi avoit comblée de bienfaits, le trompoit par des lettres où elle l'assuroit qu'elle avoit donné les meilleurs ordres pour la sûreté de la ville, tandis qu'elle introduisoit le duc dans la citadelle.

[18]: Les ennemis avoient fait répandre dans Paris des libelles séditieux, dans lesquels le monarque et ses ministres n'étoient point épargnés. On commençoit déjà à commettre des désordres dans la ville, et l'évêque d'Évreux, Balue, l'un des plus intimes confidents de Louis, fut attaqué la nuit rue Barre-du-Bec, reçut deux coups d'épée, et ne dut son salut qu'à la vitesse de sa mule.

[19]: Ce fut dans cette intention qu'il eut une entrevue particulière pendant le siége avec le comte de Charolois, qu'il alla trouver lui-même, quoiqu'une semblable démarche ne convint point à sa dignité, et qu'elle ne fût même pas sans quelque danger. Mais ce qu'il avoit prévu ne manqua pas d'arriver: les autres seigneurs en conçurent de l'inquiétude et de la jalousie, affectèrent de tenir conseil ensemble sans y appeler le comte de Charolois, et furent même sur le point de se séparer de lui.

[20]: Louis XI, en même temps qu'il appuyoit la révolte des Liégeois, eut l'imprudence de se livrer au duc de Bourgogne en le venant trouver à Péronne. Charles, qui apprit les intelligences du roi avec les Liégeois, le retint prisonnier proche de cette même tour où Charles-le-Simple avoit fini sa vie; il hésita même s'il ne porteroit pas la vengeance plus loin; enfin il le força à conclure avec lui un traité qui lui fut fort avantageux, et à l'accompagner au siége de Liége, contre ces mêmes peuples qu'il avoit lui-même excités à prendre les armes. Le roi assista à la prise de cette ville. (Hénault.)

[21]: Il produisit cet heureux changement en profitant des divisions qui s'étoient élevées entre le comte de Warwick et le roi Édouard, que ce grand capitaine avoit mis sur le trône, après en avoir précipité Charles VI. Marguerite d'Anjou, veuve du roi détrôné, étoit alors réfugiée en France avec le jeune prince de Galles son fils. Peu de temps après, Warwick, qui s'étoit brouillé avec Édouard, y arriva aussi en fugitif, et Louis XI, profitant avec la plus grande habileté du malheur commun de deux ennemis qui sembloient devoir être à jamais irréconciliables, rendit leurs intérêts inséparables par le mariage politique du prince de Galles avec une des filles de Warwick. Celui-ci repassa aussitôt en Angleterre, où il battit Édouard, le renversa du trône, et y fit remonter Henri VI, qu'on tira de la prison où il étoit renfermé. Cette révolution ne fut pas malheureusement de longue durée.

[22]: Cet échange fut fait en 1469.

[23]: Le duc de Guienne, sans la participation du roi, et pour se fortifier contre lui, pressoit le duc de Bourgogne de lui donner en mariage sa fille unique; il étoit secondé dans cette demande par le connétable de Saint-Pol, à qui la guerre étoit nécessaire pour maintenir son crédit, ainsi que par le duc de Bretagne, qui prévoyoit que le roi ne chercheroit qu'à les abattre quand il n'auroit plus d'affaires avec le duc de Bourgogne. (Hénault.)

[24]: Cette trève déplut également et à ses sujets fidèles et à ceux qui ne lui témoignoient de l'attachement que pour le trahir. Les Parisiens affichèrent des placards où ils se déchaînèrent sans ménagement contre les conseillers du roi: le duc de Bretagne, ne pouvant cacher le mépris que lui inspiroit la conduite de Louis, l'appeloit hautement le roi couard. Le duc de Bourgogne étoit le seul qui lui rendit intérieurement justice, parce qu'il se sentoit encore plus humilié que le roi d'avoir été dans la nécessité de lui faire de semblables aveux.

[25]: Les villes de Saint-Quentin, d'Amiens, de Roye et de Montdidier, rachetées par Louis XI à Philippe-le-Bon.

[26]: L'un des deux étoit un moine bénédictin, abbé de Saint-Jean-d'Angéli, nommé Jean Faure de Vercors ou Versois; l'autre se nommoit Henri de la Roche, et étoit écuyer de la bouche du duc. Ils l'empoisonnèrent, dit-on, par le moyen d'une pêche préparée, avec la dame de Monsoreau sa maîtresse. Celle-ci mourut le jour même; le jeune prince languit encore quelque temps.

[27]: Louis trompoit alors le roi d'Aragon par des feintes démonstrations d'amitié, tandis qu'il faisoit entrer une armée dans le Roussillon, dont il s'empara.

[28]: Outre les forces combinées du roi d'Angleterre et de ses deux puissants vassaux, il avoit encore à redouter le connétable de Saint-Pol, à qui sa charge, sa naissance, sa fortune et ses talents donnoient un grand crédit parmi la noblesse; le duc de Bourbon, mécontent de la cour, ami et allié de la maison de Bourgogne; le roi René, comte de Provence, lequel, imputant à Louis ses pertes et ses malheurs, avoit déjà conçu le dessein d'instituer Charles son héritier; le duc de Nemours, irrité de son humiliation et de la mort encore récente du comte d'Armagnac, chef de sa maison; la duchesse de Savoie, propre sœur de Louis, que l'espérance de marier son fils à l'héritière de Bourgogne avoit mise dans les intérêts de Charles, et qui avoit entraîné dans le même parti son allié le duc de Milan; le roi de Naples, dont le fils étoit à la cour de Bourgogne; le roi d'Aragon et le prince Ferdinand son fils, alors en guerre ouverte contre la France.

[29]: Une telle alliance ne pouvoit se faire que par un traité qui auroit conservé à Marie tous ses droits. Or, la jeune princesse étoit nubile, le dauphin n'étoit encore qu'un enfant; et si le mariage n'eût pu être consommé du vivant du roi, ce qui étoit très-vraisemblable; si, après sa mort, des intrigues de cour et des cabales presque inséparables d'une minorité eussent fait rompre des nœuds mal assortis; enfin si la princesse, se retirant dans ses États, eût fait choix d'un autre époux, la France perdoit une occasion unique de recouvrer une partie de cette riche succession.

(Villaret.)

[30]: Voyez t. Ier, p. 426, 1re partie.

[31]: Dix ans après cet événement, les inconvénients de la malpropreté des rues devinrent si graves, que, par un arrêt du parlement, il fut arrêté que Paris seroit nettoyé, et que tous les habitants contribueroient aux frais de cette opération, privilégiés ou non.

[32]: En 1483.

[33]: Parmi ces victimes, on compte un grand nombre de personnes illustres, entre autres les archevêques de Narbonne et de Bourges; l'évêque de Lisieux; Jeanne de France, sœur du roi, et femme de Jean, duc de Bourbon; Gaucourt, gouverneur de Paris; Jean Le Boulanger, premier président du parlement, etc.

[34]: Voyez p. 361, 1re partie de ce vol.

[35]: Dans cette revue, faite en 1467, aux environs de Conflans, il se trouva que cette ville pouvoit fournir quatre-vingt mille hommes, dont plus de la moitié étoient bien armés, et en état de servir.

[36]: Voyez 1re partie de ce 2e volume, p. 433.

[37]: En 1467, Jean de Saint Romain, procureur-général du parlement de Paris, étant seul en la cour, osa s'opposer à l'enregistrement des lettres qui abrogeoient la pragmatique sanction, et reprocher hautement à l'évêque d'Évreux, qui conduisoit cette affaire, qu'il trahissoit le prince et l'État. Cette hardiesse, loin de lui nuire, ne fit qu'accroître l'estime que le roi avoit conçue pour ce magistrat. En 1483, l'année même de la mort de Louis XI, Jacques de La Vacquerie, premier président, ayant reçu des édits qu'il jugeoit contraires au bien de l'État, se présenta devant lui à la tête d'une députation de cette cour souveraine. Le roi, surpris de leur arrivée, leur ayant demandé ce qu'ils vouloient: La perte de nos charges ou même la mort, répondit La Vacquerie, plutôt que d'offenser nos consciences. Ce prince admira cette réponse et retira ses édits. Nous rapportons ces deux faits, non que nous approuvions la résistance de ces deux magistrats aux volontés de leur souverain, et que nous pensions que Louis XI ait eu un juste sujet de les en estimer davantage; mais uniquement pour prouver que ce n'est point là la manière d'agir ordinaire aux tyrans. On pourroit citer plusieurs autres faits du même genre; et, nous le répétons encore, si l'on pouvoit faire un juste reproche à ce prétendu tyran, ce seroit d'avoir été plus populaire que ne le demandoit une sage et noble politique.

[38]: Nous ne prétendons point justifier les actes d'une trop grande rigueur exercés au Plessis pendant les deux dernières années de son règne; mais nous soutenons qu'il ne faut point juger la vie entière d'un roi sur ces actes d'un esprit malade et même aliéné par tant de trahisons dont il n'a pas cessé un seul instant d'être environné.

[39]: L'ancienne porte Saint-Martin, dont nous donnons une vue gravée d'après le plan en tapisserie exécuté sous le règne de Charles IX, étoit située au coin de la rue Grenier-Saint-Lazare; voyez pl. 100.

[40]: Les anciens historiens qui ont parlé de cette chapelle ont commis deux erreurs; ils disent qu'elle s'appeloit Saint-Pierre-des-Bois, parce que la partie septentrionale de Paris où elle étoit située étoit anciennement couverte d'une forêt. «Mais, dit Jaillot, il n'est rien moins que prouvé qu'à l'époque dont il s'agit ici il n'y eût que des bois au nord et au midi de Paris; supposons-le cependant, on ne pourra du moins disconvenir que, du temps des Romains, ou sous le règne de nos rois de la première race, il n'y ait eu une enceinte au nord, et je ne crois pas qu'on puisse douter qu'elle ne s'étendît au-delà de l'endroit où est aujourd'hui située l'église de Saint-Merri. Or, puisque cette église étoit renfermée dans cette enceinte, on ne voit pas la raison pourquoi on auroit donné le surnom des Bois à la chapelle de Saint-Pierre, qui n'étoit pas dans une forêt.» Quoi qu'il en soit de la valeur de ces raisons, que nous ne donnons pas comme péremptoires, cette erreur est assez légère; la seconde est plus grave.

Quelques auteurs, et parmi eux les savants bénédictins à qui nous devons une Histoire de Paris, ont avancé que cette chapelle avoit été qualifiée de petite abbaye. Cependant on ne trouve aucun monument qui constate qu'il y ait jamais eu un monastère en cet endroit, nul titre, nul acte qui en fasse mention. Ces historiens se sont fondés sans doute sur un diplôme de Louis d'Outremer, du 1er février 936[40-A]; mais, avec un examen un peu plus approfondi, ils auroient vu que le titre d'abbaye n'est pas donné à l'église Saint-Merri de Paris, mais à une autre située à Linas, près de Montlhéry, laquelle dépendoit de la première. Les termes de ce diplôme ne sont ni obscurs ni équivoques:

Præcipimus atque jubemus ut tam prænominatæ personæ..... quam successores eorum prædicti ecclesiæ Sancti Petri et pretiosissimi confessoris Christi Mederici ABBATIOLAM ubi adspiciunt in villa Linaias manselli XX, etc., in suorum usibus omni tempore possideant, etc.

[40-A]: Gal. christ., t. VII, Inst., p. 18.

[41]: Baluz. append. ad capitul., p. 1418.

[42]: Sæc. 3, Benedict., p. 14.

[43]: Hist. du Dioc. de Par., t. I, p. 253. Dans ces donations étoit comprise, suivant la note précédente, la petite abbaye de Linas et vingt petites maisons qui en dépendoient.

[44]: L'église construite sous le règne de François Ier étoit le second édifice bâti depuis la chapelle de Saint-Pierre; ou du moins l'église fondée par Odon avoit été considérablement agrandie, si elle ne fut pas rebâtie en entier vers l'an 1200.

[45]: On peut présumer que cet Odon le Fauconnier étoit ce fameux guerrier de Paris; lequel, avec Godefroi, autre guerrier non moins célèbre, défendit si vigoureusement la ville contre les Normands en l'an 886, sous les ordres du comte Eudes, qui devint roi deux ans après; du moins ne trouve-t-on aucun autre monument qui fasse mention d'un Odo Falconarius. Il peut se faire que ce surnom de Falconarius lui fût venu de ce que le comte Eudes l'auroit fait son fauconnier, lorsqu'il se vit élevé à la royauté; ou de ce que, pour repousser les Normands, il se seroit servi de l'espèce de lance qu'on appeloit falco, parce qu'elle étoit recourbée. (L'abbé Lebeuf, Histoire du Diocèse de Paris, tome I.)

[46]: Ibid.; p. 255.

[47]: Gr. Past., lib. 20, c. 97.

[48]: Les auteurs se sont partagés sur l'étymologie de ce mot: les uns le font dériver de la cire que ces dignitaires prenoient, capicerius à capiendâ cerâ; d'autres disent capitiarius à capitio, qui est le chevet de l'église, ou le sanctuaire dans lequel se portoient les offrandes. Dom Mabillon et l'abbé Lebeuf ont adopté cette dernière étymologie. Jaillot pense, au contraire, que chefcier, en latin, capicerius, venant de caput et de cera, est la même chose que primi cerius, parce que, selon lui, le chefcier étoit le premier inscrit sur une petite planche enduite de cire, qui contenoit la table ou liste des ecclésiastiques d'une église, et que la dignité de chefcier répondoit à celle de primicier, qui jouissoit dans d'autres églises de la même prérogative.

[49]: Voyez pl. 94. Cette église est une de celles que la rage révolutionnaire a le plus épargnées. Le chœur a conservé presque toutes ses décorations; les vitraux même n'ont été que très-peu endommagés. C'est maintenant une des paroisses de Paris.

[50]: Ce poète, qui fut pendant si long-temps l'oracle de la littérature, où son nom est depuis devenu ridicule, avoit été gratifié par ses héritiers bénévoles, et sans doute assez satisfaits de son riche héritage[50-A], d'une épitaphe qu'on pouvoit lire encore avant la révolution, et qui certainement est une des plus curieuses que la flatterie ait jamais imaginées; la voici:

D. O. M. S. Et memoriæ sempiternæ D. Clar. Joannis Chapelain regi à consiliis; qui præter exquisitam rei poëticæ cognitionem, scriptis immortalibus abunde publico testatam, tot tantasque dotes animo complectebatur, ut universum virtutis bonarumque artium nomen quàm latè diffunditùr, hic collegisse semet ac fixisse sedem videri posset. Prudentiæ singularis, comitatis, candoris, integritatis, studii in demerendis non minùs exteris quam popularibus suis, præsertìm à disciplinâ liberaliori instructis quibuscumque, ut nunquam non parati, sed sic prorsùs indefessi, rarissimo et amabili planè exemplo. Is principum tempestatis suæ virorum, at in hisce maximorum regum Ludovici utriusque, patris et filii, Armandi adhæc Richelii, tum Julii Mazarini, præcipuè verò Longavillæi ducis, munificum favorem solidè consecutus cùm esset, hâc omni prærogativâ tamen adeò sibi moderatè utendum est arbitratus, ut intra privati laris angustias adfluentis ultrò fortunæ atque ad majora identidem invitentis auram modestus coerceret. Hæredes animum, uti par erat, professi gratum, benemerenti posuerunt. Vixit an. 78, mens. 2, dies 18. Obiit Lutetiæ natali in solo an. 1674, die 22 februarii.

[50-A]: On sait que Chapelain étoit de la plus sordide avarice, et que cet homme, qui se refusoit le plus absolu nécessaire, laissa, après sa mort, plus de cinquante mille écus.

[51]: T. I, p. 260.

[52]: Cet hospice existe encore sous la surveillance du bureau de Bienfaisance.

[53]: Ce tribunal a subi peu de changements; le nombre des juges est toujours le même. Il vient d'être transporté dans le nouveau bâtiment de la Bourse, élevé sur le terrain des Filles-Saint-Thomas. (Voyez p. 291, 1re partie de ce vol.)

[54]: Cette petite église a été changée en maison particulière.

[55]: Cet hôtel appartenoit, au douzième siècle, aux archevêques de Reims: il fut ensuite aliéné et racheté par eux en 1266. Les évêques de Châlons l'acquirent dès le commencement du siècle suivant.

[56]: Le couvent des Carmélites a été en partie détruit, en partie changé en maisons particulières.

[57]: Dubreul, Belleforet, Delamarc, dom Marrier.

[58]: Hist. S. Martini, p. 157.

[59]: T. I, p. 326.

[60]: Quart. S. Mart., p. 55.

[61]: Hist. eccles. Par., t. I, p. 270. Au commencement du dernier siècle, les religieux de Saint-Martin-des-Champs firent construire dans cette cour plusieurs maisons qu'ils louoient à des marchands. On y voyoit encore avant la suppression du monastère une chapelle sous l'invocation de saint Michel. (Nous avons déjà dit que c'étoit l'usage d'en bâtir une dans les cimetières sous son invocation[61-A].) Elle avoit été érigée par Nicolas Arrode[61-B]. Les marchands rubaniers établirent ensuite leur confrérie dans cette chapelle, qui, sépulcrale dans son origine, devint ensuite baptismale, et servoit à ce dernier usage pour les enfants de la paroisse Saint-Laurent qui naissoient sur la partie du territoire de cette église renfermée dans la ville par l'enceinte de Philippe-Auguste.

[61-A]: Voyez p. 443, 1re partie de ce vol.

[61-B]: Dom Marrier nous a conservé l'épitaphe de ce fondateur. Elle est ainsi conçue:

Ci gît Nicolas Arrode (fuiz feu Heudon Arrode), qui édifia cette chapelle, qui trépassa en l'aage de LIX ans, en l'an MCCLII, lendemain de la Saint-Lorens: priez pour lui que Dex ayt merci de l'ame.

[62]: T. I, p. 327.

[63]: De ce côté étoient aussi les prisons qui en dépendoient. Il fallut alors changer toutes ces dispositions; et la fabrique de Saint-Nicolas ayant transigé avec les religieux, leur céda en échange une cour qui donnoit sur la rue Saint-Martin.

[64]: Saint-Nicolas-des-Champs est maintenant une des paroisses de Paris.

[65]: Lib. VI, cap. 9.

[66]: Lib. VIII, cap. 33.

[67]: Vit. S. Leob. coll. hist. franc., t. III, p. 431.

[68]: Lib. VI, cap. 25.

[69]: Voici le texte du passage de Grégoire de Tours:

Domus prima secus portam quæ ad medium diem pandit egressum....... incendio concrematur....... Igitur cùm PER TOTAM CIVITATEM, huc atque illuc, flante vento, flamma ferretur, totisque viribus regnaret incendium, adpropinquare ad ALIAM PORTAM cepit, in quâ beati Martini oratorium habebatur; quod hoc aliquando factum fuerat, eò quòd ibi lepram maculosi hominis osculo depulisset.

[70]: Les différents historiens de Paris se sont livrés à de longues discussions pour déterminer l'endroit précis où étoit situé cet oratoire. Adrien de Valois le place au nord en deçà de la porte du grand pont. L'abbé Lebeuf a embrassé cette opinion, et a fixé la situation de cette chapelle à l'endroit où est présentement la tour de l'horloge. Jaillot combat l'opinion de ces deux écrivains, et insinue qu'il devoit être beaucoup plus loin au-delà du pont, hors de l'enceinte de la ville. Il fonde son sentiment 1o sur ce qu'il n'y a nulle preuve que l'oratoire de Saint-Martin fût construit dans le lieu du palais indiqué par l'abbé Lebeuf, parce qu'alors ce palais ne comprenoit pas l'endroit où est la tour de l'horloge; 2o sur ce que Grégoire de Tours dit positivement que cet oratoire fut bâti au lieu même où saint Martin avoit guéri un lépreux. Or, on sait qu'il n'étoit pas permis aux lépreux d'entrer dans les villes; ils se tenoient aux environs des portes ou sur les ponts. Nous avons abrégé autant que possible cette discussion, laquelle n'offre qu'un médiocre intérêt, puisqu'elle n'est appuyée sur aucune preuve positive, et qu'on ne rencontre, dans la suite, nul vestige de ce monument.

[71]: Diplom., lib. 6, n. 28.

[72]: T. I, p. 302.

[73]: Hist. S. Mart., p. 4.

[74]: Hist. S. Martini, p. 664.

[75]: Voyez p. [664].

[76]: Nous ne devons cependant pas dissimuler qu'il est difficile de concilier les trois dates qu'on lit dans la charte de Henri Ier, citée ci-dessus. Elle porte l'an 1060, la vingt-septième année du règne de ce prince, indiction quinze. Or, Henri fut associé à la couronne, par Robert son père, le 14 mai 1027; si l'on compte de cette époque, la vingt septième année de son règne tomboit à l'an 1054, et alors c'étoit l'indiction sept. Il succéda au roi Robert le 20 juillet 1031. Si l'on date de ce jour, la vingt-septième année étoit révolue à pareil jour de l'an 1058, et c'étoit l'indiction onze. Les savants bénédictins qui nous ont donné la Gallia christiana et la collection des historiens de France, n'ayant pu concilier ces dates, se sont bornés à dire qu'elles étoient fautives; qu'en 1060 c'étoit la vingt-neuvième année du règne de Henri, et qu'il faut aussi corriger l'indiction qui étoit la treizième en cette année. Jaillot, tout en reconnoissant le poids de cette autorité, propose cependant aussi ses conjectures. Il croit que la véritable date est l'année 1059, indiction douze. Les copistes, dit-il, par ignorance ou négligence, auront pu facilement omettre la lettre I entre L et X, et auront écrit MLX pour MLIX, et, réunissant les deux II, auront mis XV pour XII à l'indiction. Les raisons dont il appuie son sentiment sont, 1o qu'il a été plus facile de se tromper sur ces chiffres que sur d'autres; 2o que, suivant le calcul de nos anciens historiens, Henri est mort en 1059, et que par conséquent on ne pourroit admettre une charte de ce prince datée de 1060; enfin qu'un auteur anonyme cité par Duchesne place en 1032 la mort du roi Robert, père de Henri Ier: la vingt-septième année du règne de ce prince tomberoit par conséquent à l'année 1059. Nous avouerons que ces preuves ne nous ont paru nullement décisives. L'auteur anonyme et les autres historiens, ne s'accordant point sur l'époque de la mort du roi Robert, ne peuvent faire ensemble autorité pour déterminer le nombre des années du règne de Henri Ier, non plus que pour celle de sa mort. Il y a plus; on lit dans l'histoire de France du président Hénault qu'Henri Ier parvint à la couronne le 20 juillet 1031, âgé d'environ vingt-sept ans; qu'il mourut sur la fin de l'année 1060, âgé de cinquante-cinq ans. Suivant la supputation de l'âge, il seroit mort en 1059. Tout cela, nous le répétons, n'est pas facile à concilier; mais il n'en est pas moins constant que Henri fut le second fondateur de Saint-Martin-des-Champs.

[77]: Hist. S. Mart., p. 19.

[78]: Ibid., p. 26.

[79]: Voyez p. 577, 1re partie de ce vol.

[80]: Ces tableaux, qui sont au nombre des plus beaux de Jouvenet, ont été transportés dans le musée du Roi.

[81]: Sur une table de marbre attachée à l'un des piliers de cette chapelle, on lisoit une fondation faite par eux, en 1426, en faveur de l'église de Saint-Martin-des-Champs, à la charge que les religieux, par leur maire et un religieux, doivent donner chacun an, la veille de Saint-Martin d'hiver, au premier président du parlement, deux bonnets à oreilles, l'un double et l'autre sengle[81-A], en disant certaines paroles; et au premier huissier du parlement de Paris ungs gands et une escriptoire, en disant certaines paroles; et doivent être lesdits bonnets du prix de vingt sols parisis, et lesdits gands et escriptoire de douze sols parisis, etc.

Voici les compliments que le maire et un religieux faisoient au premier président et au premier huissier du parlement, en leur présentant les présents ordonnés par la fondation.

AU PREMIER PRÉSIDENT.

Monseigneur,

Messire Philippe de Morvilliers, en son vivant premier président en parlement, fonda, en l'église et monastère de monsieur Saint-Martin-des-Champs à Paris, une messe perpétuelle, et certain autre service divin, et ordonna, pour la mémoire et conservation de ladite fondation, être donné et présenté, chacun an à ce jour, à monseigneur le premier président du parlement, qui pour le temps seroit, par le maire desdits religieux, et un d'iceux, ce don et présent, lequel il vous plaise prendre en gré.

Le discours au premier huissier étoit le même, à l'exception de la qualité.

[81-A]: Sengle veut dire simple, sans ornements ni fourrures.

[82]: Voyez p. [689].

[83]: Lebeuf, t. I, p. 307. L'église de Saint-Martin-des-Champs sert aujourd'hui de dépôt au Conservatoire des arts et métiers. (Voyez pl. 96.)

[84]: En 1647 on avoit construit dans ce couvent une chapelle semblable à celle de Notre-Dame-de-Lorette, et sous le même titre. Elle fut bâtie par les ordres de M. de Fieubet, trésorier de l'épargne, et de dame Claude Ardier sa veuve, pour satisfaire à la dernière volonté de demoiselle Marguerite de Fieubet leur fille, morte à l'âge de seize ans, le 11 novembre 1646. Elle avoit visité deux fois la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette, et témoigné un désir très-ardent d'en faire bâtir une semblable. La reine Anne d'Autriche assista à la première messe qui fut chantée dans cette chapelle le 22 mars 1648.

[85]: Voyez t. Ier, p. 1052, 2e partie.

[86]: Cette communauté, vulgairement connue sous le nom de Magdelonnettes, est aujourd'hui une maison de réclusion.

[87]: Dans la table du côté de la ville on lit:

Ludovico Magno, Vesontione Sequanisque bis captis, et fractis Germanorum, Hispanorum et Batavorum exercitibus, Præf. et ædil. poni C. C. anno R. S. H. M. DC. LXXIV.

Du côté du faubourg:

Ludovico Magno, quòd Limburgo capto impotentes hostium minas ubiquè repressit, Præf. et ædil. poni C. C. anno R. S. H. M. DC. LXXIV.

[88]: Il fut, dit-on, inventé par un poète italien nommé Ottavio Rinuccini, natif de Florence, et qui vivoit dans le seizième siècle. S'étant associé avec un musicien nommé Giacomo Corsi, ils composèrent ensemble et firent représenter, devant le grand-duc de Toscane, le premier opéra qui ait été donné en Italie. Cette pièce étoit intitulée les Amours d'Apollon et de Circé. Ce Rinuccini vint ensuite en France à la suite de la reine Marie de Médicis.

[89]: Le premier avoit pour titre: la Festa theatrale de la Finta Pazza; le second, Orfeo e Euridice.

[90]: Il composa, sur la demande de ce ministre, un opéra d'Ariane, plus mauvais encore que sa pastorale, mais dont la musique fut jugée le chef-d'œuvre de Cambert. Il fut joué en 1661, l'année même de la mort du cardinal; et cette mort, qui en arrêta les représentations, suspendit aussi quelque temps les progrès de ce nouveau genre de spectacle.

[91]: Il en existoit encore des débris il y a quelques années.

[92]: Ces lettres-patentes permettoient au sieur Lully d'établir une académie royale de musique à Paris, composée de tels nombre et qualités de personnes qu'il aviseroit, et que le roi choisiroit et arrêteroit sur son rapport. Ce privilége, dont il devoit jouir sa vie durant, étoit en outre transmissible à celui de ses enfants qui seroit pourvu de la survivance de la charge de surintendant de la chambre du roi. Ces mêmes lettres ajoutoient que l'académie royale de musique étoit érigée sur le pied des académies d'Italie, et que les gentilshommes et les demoiselles pourroient y chanter, sans que pour cela ils fussent censés déroger au titre de noblesse, ni à leurs priviléges, charges, droits, immunités, etc. On doit compter au nombre des fautes qu'il est possible de reprocher à Louis XIV cette faveur extrême qu'il accordoit aux histrions, et tous ces encouragements donnés sous son règne aux jeux publics du théâtre, véritable école de corruption pour les peuples, et que les gouvernements sages et consciencieux doivent tout au plus tolérer, lorsque l'inconvénient seroit trop grand de les supprimer.

[93]: Les sieurs Trial, Le Breton, Joliveau et d'Auvergne.

[94]: Le comble du grand escalier s'écroula en une heure et demie.

[95]: Voyez t. Ier, p. 939, 2e partie.

[96]: Ibid., p. 881.

[97]: Voyez pl. 100.

[98]: Cette disposition a été changée depuis la restauration de cette salle.

[99]: Sur les diverses mutations qu'a éprouvées l'Opéra depuis la révolution, voyez la 1re partie de ce volume, p. 292. La salle que nous venons de décrire porte aujourd'hui le nom de Théâtre de la porte Saint-Martin, et est occupée par une troupe de comédiens qui y jouent des pantomimes et des mélodrames.

[100]: Liv. VI, chap. 9.

[101]: Ibid, chap. 6.

[102]: Lecointe, ann. 545, no 49; Papeb., mai, t. III, p. 604, no 6.

[103]: Voyez p. [697].

[104]: Val., De Basil. Reg., cap. 3, p. 21.

[105]: Ceci a rapport à un autre passage de Grégoire de Tours. (Voyez p. [697].)

[106]: Mabill., De Re diplom., lib, 6, no 28.

[107]: Deff. not. Gall., p. 164.

[108]: Dubreul, p. 866; Delamare, t. I, p. 75; Lebeuf, t. II, p. 474.

[109]: Hist. S. Martini, p. 156.

[110]: T. II, p. 473. Ces donations ne se faisoient point sans le consentement du chapitre, qui se réservoit certains droits et redevances, comme marques de sa juridiction.

[111]: Hist. eccles. Par., t. I, p. 346.

[112]: Ibid., p. 397.

[113]: Past. A, lib. 19, cart. 79. C'est de là que les évêques avoient introduit l'usage de se faire assister à l'autel, les jours de Noël, de Pâques et de l'Assomption, par ces prêtres-cardinaux, et qu'à la tête de leur chapitre ils alloient célébrer la fête patronale dans leurs églises.

[114]: Voyez pl. 98.

[115]: L'église de Saint-Laurent, rendue au culte, est maintenant l'une des paroisses de Paris.

[116]: La première fut celle des Capucins, la seconde fut celle des religieux du Tiers-Ordre ou Picpus.

[117]: Ce mot vient de récollection, qui, en style mystique, signifie le recueillement, les réflexions que l'on fait sur soi-même, et l'éloignement de tout ce qui peut nous en distraire.

[118]: T. VII, p. 133.

[119]: Le baron de Thisy, son épouse, M. de Bullion, le chancelier Séguier, etc.

[120]: Cet ordre a produit deux prédicateurs qui ont honorablement occupé les meilleures chaires de Paris. Le premier se nommoit Olivier Juvernay, et l'autre Candide Chalippe.

[121]: Depuis la révolution on a converti ce couvent en un hospice consacré à recevoir des hommes indigents attaqués d'infirmités graves et incurables. On y compte environ quatre cents lits.

[122]: Le nombre des pauvres qui étoient entretenus dans cette maison avoit été réduit, en 1719, à quinze hommes et quinze femmes; il fut ensuite porté à dix-huit vers la fin du siècle dernier. C'est maintenant une maison de santé, sous la direction de l'administration générale des hospices.

[123]: Sauval dit que cet hôpital fut commencé par Henri IV en 1604, et achevé par Louis XIII en 1617. L'abbé Lebeuf et plusieurs autres en placent la fondation en 1608. Toutes ces dates manquent d'exactitude.

[124]: Voy. pl. 99.

[125]: L'un est un verger, l'autre un jardin botanique.

[126]: L'hôpital Saint-Louis existe encore, et contient huit cents malades; il est particulièrement destiné aux personnes des deux sexes qui sont attaquées de maladies chroniques, dartres, teignes et gales compliquées.

[127]: T. III, p. 307.

[128]: Sat. VIII, v. 83.

[129]: M. S. de S.-Germain-des-Prés, c. 1585.

[130]: Le Wauxhall est occupé maintenant par des bains publics.

[131]: Cette barrière est partagée maintenant en deux entrées, dont la plus orientale se nomme barrière de Pantin; l'autre, barrière de la Villette.

[132]: Il y a également dans cette barrière deux entrées; celle qui est à l'orient se nomme barrière du Combat; l'autre, barrière de la Boyauterie.

[133]: Sauval, t. II, p. 114.—Tab. Par., p. 31.

[134]: Il y avoit autrefois dans cette rue une caserne des Gardes-Françoises; depuis la révolution on y a bâti, au coin de la rue de Lancry, une petite salle de spectacle, connue sous le nom de Théâtre des Jeunes Artistes, et depuis changée en maison particulière.

[135]: Rec. de Blondeau. (Bibl. du R., t. XX, 2e cahier.)

[136]: Sauval et ses copistes ont parlé inexactement de cette rue, en disant qu'en 1273 elle s'appeloit la rue Baillorhe; en 1399, 1424 et 1427, la rue Boullehouë, Baillehoë et Baillehoc. On voit, par ce que nous venons de dire, que ces auteurs se sont trompés, tant pour l'orthographe que pour la situation.

[137]: L'abbé Lebeuf pense que Guillot a voulu désigner ces deux rues par celles qu'il appelle rues à Chavetiers et de l'Étable du Cloître. Mais, outre qu'on n'a trouvé, dans les archives de Saint-Merri, aucun acte qui fît mention des deux rues indiquées par Guillot, il paroît, par la marche de ce poëte, que les rues qu'il mentionne ne pouvoient être de ce côté, mais qu'elles étoient du côté de la rue de la Verrerie et de l'entrée du cloître qui conduit au Tribunal des Consuls.

[138]: Arch. de S. Merri.

[139]: Manusc. de la Bibl. du R., E. 5185, B.

[140]: P. 52 et 81.

[141]: Reg. noster.

[142]: Arch. de S. Mart. des Champs. Il y avoit dans cette rue une petite maison, vieille et sans apparence, dont la porte offroit un marbre noir avec cette inscription:

Dieu tient le cœur des rois en ses mains de clémence,
Soit chrétien, soit païen, leur pouvoir vient d'en haut,
Et nul mortel ne peut (c'est un faire le faut)
Dispenser leurs sujets du joug d'obéissance.

Une tradition populaire veut que cette maison ait été bâtie par un architecte de Henri IV, ou qu'elle lui ait appartenu. Sur quoi Jaillot remarque que, si cette opinion a quelque fondement, la maison fait moins d'honneur au goût et aux talents de l'architecte, que l'inscription n'en fait au cœur et aux sentiments du sujet.

[143]: Jaillot relève une erreur commise par Sauval, qui dit que cette rue s'appeloit, en 1273, Vicus sine capite, qui vocatur Cul-de-Pet; en 1389, une ruelle sans bout, nommée Cul-de-Pet, et en 1445, la rue du Cul-de-Sac. Cette erreur a été adoptée par l'auteur des Tablettes parisiennes, qui sans doute n'avoit, non plus que Sauval, lu ni l'original ni la copie du titre qu'il cite: car, dans l'accord de 1273, cette rue est énoncée: Item totum vicum Gaufridi Langevin, sicut se comportat ab utrâque parte cum quâdam ruellâ sine capite, quæ vocatur Cul-de-Pet. Ce qui prouve clairement qu'ils ont confondu la rue et la ruelle, et qu'ils ont pris pour la rue Geoffroy-l'Angevin le cul-de-sac qu'on y trouvoit et qui a subsisté très-long-temps. La maison qui le terminoit avoit sa sortie dans le cul-de-sac nommé aujourd'hui mal à propos cul-de-sac Bertaut, sur lequel ces deux auteurs se sont encore trompés. Du reste, le cul-de-sac nommé Cul-de-Pet dans le treizième siècle n'avoit point de nom dans le quinzième; et dans le suivant il étoit désigné par l'enseigne de la maison devant laquelle il étoit situé. C'est pourquoi, immédiatement après la rue Geoffroi-l'Angevin, Corrozet indique une ruelle devant le Petit-Paon. Elle ne subsiste plus aujourd'hui.

[144]: Cart. S. Martini.

[145]: Dès le commencement de la révolution, l'on s'empressa de bâtir dans cette rue une salle de spectacle, où l'on n'a joué que par intervalles, et qui est maintenant abandonnée. On la nommoit Théâtre de Molière.

[146]: Cart. S. Mauri ex bibliot. Reg., no 5414, fo 368. Guillot indique une rue de la porte Saint-Merri, mais ce nom n'a rien de commun avec aucune partie de la rue Saint-Martin, et ne convient qu'au bout de la rue de la Verrerie, du côté de la rue Neuve-Saint-Merri, ou au cul-de-sac de Saint-Fiacre, comme l'abbé Lebeuf l'a pensé.

[147]: On entend par ce mot, des échoppes, de petites chaumières, ou lieux couverts de branchages.

[148]: Par le mot de ménétriers on entend aujourd'hui les joueurs de vielle ou de violon qui vont dans les guinguettes et dans les villages. Celui de jongleurs n'a pas une signification plus noble; mais, dans l'origine, c'étoient des poètes qui alloient réciter leurs vers dans les châteaux des grands, où ils étoient honorablement reçus. On donna ensuite ce nom à des bateleurs ou farceurs qui chantoient les poésies des trouvères ou troubadours, et accompagnoient ces chants ou récits sur différents instruments.

[149]: Past. A, fo 805.

[150]: Cartul. Livriac.—Gall. christ., t. VII, col. 93.

[151]: Cart. S.-Magl., fol. 407.

[152]: Sauval, qui donne à cette rue le nom de Petite Boucherie, a été induit en erreur par une copie inexacte de l'accord fait, en 1273, entre Philippe-le-Hardi et le chapitre de Saint-Merri.

[153]: Plusieurs titres font mention d'une rue nommée Helliot de Brie, qui devoit aboutir dans celle-ci, et qui ne subsiste plus. Sauval dit que, si ce n'est pas la rue Jean-Pain-Mollet, il ne sait quelle elle peut être. Jaillot pense que Sauval s'est trompé dans sa conjecture, parce que la rue Jean-Pain-Mollet existoit sous ce nom en 1261; il lui semble que la rue Helliot de Brie étoit située entre les rues Saint-Bon et de la Poterie; les cartulaires de Saint-Maur et de Sainte-Geneviève ne permettent pas, dit-il, d'en douter; ils énoncent Domum D. Helyoti de Braia in quadrivio sancti Mederici, in stratâ quæ tendit versus orientem.

[154]: Quartier Saint-Paul.

[155]: Voyez 1re partie de ce 2e volume, p. 427.

[156]: Elles s'y font encore aujourd'hui.

[157]: Spicil., t. II, p. 636.

[158]: C'est sans doute à ce marché que faisoient allusion les deux vers qu'on lisoit sur une fontaine élevée dans un coin de cette place.

Grandia quæ cernis statuit sibi regna Lyæus:
Ne violenta gerat, suppeditamus aquas.

Cette fontaine, construite en 1624, fut abattue en 1674, et transportée à la place Maubert.

[159]: Rec. de Blondeau.

[160]: Trés. des chart. Rég. 38, c. 137.

[161]: Quelques historiens ont avancé que la chapelle de cet hôpital avoit été bâtie sur l'emplacement d'un ancien monastère fondé par sainte Geneviève au lieu même où elle demeuroit. Cependant il n'en existe aucune tradition authentique[161-A]; et, en supposant qu'il y eût des monastères à Paris du temps de cette sainte fille, ce qu'il seroit difficile de prouver, nous demanderons quand et par qui celui-ci a été détruit, et dans ce cas, comment il se fait qu'on n'en ait conservé aucun souvenir? Les Parisiens auroient-ils laissé ensevelir sous des ruines la demeure de leur patronne et des vierges qui composoient sa communauté? Auroient-ils perdu jusqu'à la mémoire, d'un lieu consacré par les vertus de cette sainte, et par la pieuse reconnoissance qu'ils lui ont toujours conservée?

Cette opinion est aussi dénuée de preuves que de vraisemblance, et nous l'aurions passée sous silence, ainsi que tant d'autres contes de ce genre, qu'on trouve dans les vieilles légendes, si elle n'avoit été adoptée par dom Duplessis, auteur moderne, renommé par son érudition.

[161-A]: Ces historiens paroissent avoir confondu cette chapelle avec la chapelle que sainte Geneviève fit effectivement bâtir près de Saint-Germain-le-Vieux dans la Cité. (Voyez t. I, p. 262, 1re partie.)

[162]: Hist. eccles. Par., t. II, p. 606.

[163]: Voyez t. I, 2e partie, p. 999. Des Capucins remplacèrent les Haudriettes dans leur ancienne demeure, qui maintenant est changée en maisons particulières.

[164]: Cod. Theod., lib. VII, tit. 13, 20, 22, etc.

[165]: Ibid., lib. XII, tit. 1, leg. 53, 78.

[166]: Ibid., leg. 13, 96, 101, etc.

[167]: Cod. Theod., lib. XII, tit. 1, leg. 4, 8, 14, 21, 39, 49, 117, 151, 161, 189, etc.

[168]: Cod. Theod., lib. XII, tit. 1, leg. 4, 71, 75, 77, etc.

[169]: Ibid. leg. 56, 174 et 21.

[170]: On peut voir l'affreux tableau qu'en présente le saint évêque Salvien (de Gubernat. Dei, lib. V, p. 155.) «C'est peu pour un Romain, dit-il en parlant de ces agents du fisc, d'être heureux, s'il ne rend son concitoyen malheureux, etc.»

[171]: Convent. apud Andelau, an. 587.

[172]: Greg. Tur. hist., lib. II, cap. 23 et 36.

[173]: Cap. Car. Calv., tit. XXXVI, cap. 20.

[174]: Greg. Tur. hist., lib. XV, cap. 31, passim.

[175]: Greg. Tur., lib. III, cap. 34.

[176]: Cod. Theod., lib. III, de deff. civ.

[177]: Voyez t. I, p. 461, 1re partie, ce qui y est dit de l'autel découvert dans les fondations de N. D., et consacré par cette compagnie de nautes à diverses divinités. Une des inscriptions qui y sont gravées prouve que, dès le temps de Tibère, ces nautes formoient un corps assez riche et assez considérable pour pouvoir consacrer des monuments publics.

[178]: Les principaux articles des priviléges dont ce prince leur accorda la confirmation portoient que les marchands de cette capitale pouvoient seuls faire remonter les bateaux depuis le pont de Mantes jusqu'au port de Paris; que ceux qui contrevenoient aux défenses faites à ce sujet perdoient leurs marchandises, dont la moitié étoit confisquée au profit du roi, et l'autre moitié au profit des marchands de l'eau de Paris. On y lit de plus que si le valet d'un marchand se rend coupable de quelque crime, il n'est justiciable que de son maître, à moins qu'il n'eût été pris sur le fait par la justice du roi.

[179]: Son testament, que l'on cite à ce sujet, ne fait mention que d'une commission particulière donnée à quelques habitants de Paris, pour avoir, en son absence, le dépôt de ses finances; ce qui n'a aucun rapport avec les droits de la ville.

[180]: Elle le fit à l'exemple des nobles, qui inventèrent ces armoiries pour se distinguer les uns des autres, et établir en même temps la distinction de leurs sceaux.

[181]: On le trouve sur un ancien sceau gravé vers le temps de saint Louis, avec cette inscription: Sceau de la marchandise de l'eau de la ville. Ces armoiries ont été rétablies depuis la restauration.

[182]: Voyez t. Ier, p. 595, 2e partie.

[183]: Trésor des chart.

[184]: Cet hôtel Dauphin n'étoit qu'une maison formée par deux pignons, et située entre plusieurs maisons de simples particuliers. «Il y avoit, dit Sauval, deux cours, un poulailler, des cuisines hautes et basses, grandes et petites; des étuves accompagnées de chaudières et de baignoires; une chambre de parade, une autre d'audience, appelée le plaidoyer; une chapelle lambrissée, une salle couverte d'ardoises, longue de cinq toises et large de trois, et plusieurs autres commodités.» Cette maison, qui nous paroîtroit aujourd'hui si chétive, étoit une des plus grandes de ce temps-là, et servoit non-seulement de lieu d'assemblée aux officiers municipaux, mais encore de logement au prévôt des marchands et à sa famille. En 1384, Juvénal des Ursins y demeuroit avec ses frères.

[185]: Ce fut lui qui changea le don que la ville faisoit tous les ans à Notre-Dame, d'une bougie d'une longueur égale à celle de l'enceinte de Paris, en celui d'une lampe d'argent. (Voyez t. I, p. 316.) Dans une courte administration de deux années, il fit à lui seul plus d'embellissements à la ville, et fonda plus de monuments utiles, que tous les prévôts ensemble qui l'avoient précédé.

[186]: Au-dessus de cette porte étoit gravée, en lettres d'or, l'inscription suivante:

Sub Ludovico Magno felicitas urbis.

[187]: Feu M. Legrand.

[188]: Outre le prévôt des marchands et les quatre échevins, qui étoient élus tous les ans le 16 août, jour de saint Roch, avec beaucoup de pompe, il y avoit vingt-six conseillers de ville, un procureur, un avocat du roi, un substitut, un greffier, un receveur, des quarteniers, dixainiers, cinquanteniers, trois cents archers et leurs officiers, des commis, des huissiers, des commissaires de police sur les ports, des étalonneurs, etc.

[189]: La principale étoit conçue en ces termes:

Ludovico Magno, victori perpetuo, semper pacifico, ecclesiæ et regum dignitatis assertori; præfectus et ædiles æternum hoc fidei, obsequentiæ, pietatis et memoris animi monumentum posuerunt an. R. S. U. M. D. C. LXXXIX.

[190]: L'abbé Lebeuf est le seul qui dise, sur la foi d'un pouillé de l'ordre du Saint-Esprit, imprimé au commencement du dix-septième siècle, que l'hôpital du Saint-Esprit existoit avant l'an 1228, et que de son temps il restoit une tradition selon laquelle cet hôpital avoit été établi au haut de la rue Geoffroi-l'Asnier; mais il ajoute que peut-être il y a eu deux hôpitaux du même nom.

[191]: Ce bureau n'existe plus, et les bâtiments de l'hôpital du Saint-Esprit sont employés à divers usages.

[192]: C'est ainsi qu'elle est nommée dans une énumération faite à cette époque des biens qui appartenoient au monastère de Saint-Maur, alors nommé Saint-Pierre-des-Fossés. L'abbé Lebeuf a tâché de prouver que l'église de Sainte-Colombe, dont il est fait mention dans la vie de saint Éloi, étoit la même que la chapelle Saint-Bont; il a prétendu encore que ce n'étoit point à la gloire de saint Bont ou Bonnet, évêque de Clermont, qu'elle avoit été élevée, mais bien à la gloire de saint Baldus, pénitent et solitaire de Sens; cependant ce savant avoue qu'il n'en a point trouvé de preuves entièrement décisives; et en effet les conjectures, qu'il établit fort longuement, ne portent que sur ce qu'il a pu entrevoir de plus probable. Jaillot, qui avoit fouillé toutes les archives, et consulté la plupart des chartes et des titres concernant les anciennes églises, réfute, par un grand nombre de raisons, l'opinion de l'abbé Lebeuf. Nous avons cru devoir épargner à nos lecteurs cette longue discussion, qui n'offre pour résultat que des conjectures sur un monument qui d'ailleurs est par lui-même de peu d'importance.

La chapelle Saint-Bont n'existe plus; elle est remplacée par des maisons particulières.

[193]: Sauval ou ses éditeurs attribuent cette érection à Pierre Louis; mais ils se sont évidemment trompés, n'y ayant eu aucun évêque de Paris ainsi nommé. L'auteur du Calendrier historique nomme avec aussi peu de fondement Pierre Lombart, oubliant que cet évêque étoit mort cinquante-deux ans auparavant.

[194]: Outre les nombreux paroissiens qui en dépendoient, le miracle de la Sainte-Hostie, dont nous parlerons à l'article des Billettes, y attiroit un concours prodigieux de fidèles de toutes les parties de la ville.

[195]: L'église de Saint-Jean avoit déjà été agrandie: car on trouve qu'au mois d'août 1255 saint Louis accorda l'amortissement de la maison de Marie La Goulière, que les curés et marguilliers de Saint-Jean devoient acheter pour augmenter l'église et bâtir la maison curiale.

[196]: Voyez pl. 104. Le portail en étoit entièrement masqué par le bâtiment de l'Hôtel-de-Ville.

[197]: Avant que ce terrain fût destiné à la sépulture des paroissiens de Saint-Jean, on le nommoit la place au Bon-homme. Il portoit ce nom en 1322.

[198]: Cette église, dont nous donnons une vue relevée d'après divers plans, et gravée pour la première fois, a été entièrement détruite au commencement de la révolution, à l'exception de la chapelle de la communion, qui a servi dernièrement aux séances du grand Sanhédrin, et dont on vient d'achever depuis peu la démolition.

[199]: T. I, p. 140.

[200]: Traité de la Pol., t. IV, p. 793.

[201]: Après l'assassinat du connétable de Clisson. (Voy. 1re partie de ce 2e vol., p. 97.)

[202]: Brice, Piganiol, Saint-Foix.

[203]: Tome V, pag. 97 et suiv.

[204]: Vit. S. Germ., cap. 57 et 66.

[205]: Lorsque vers l'an 1717 on creusa le cimetière de Saint-Gervais pour bâtir les maisons qui se trouvent entre l'église et la place Baudoyer, on y trouva plusieurs cercueils de pierre à plus de douze pieds de profondeur; ce qui prouve qu'ils étoient très-anciens.

[206]: Cet orme a été abattu depuis peu de temps.

[207]: Ce tableau est actuellement dans la collection du Musée françois, ainsi que le Christ porté au tombeau, du même peintre, que l'on voyoit dans une des chapelles. On admire dans la première de ces deux excellentes peintures un grand style de dessin, une composition noble et dramatique. C'est un des chefs-d'œuvre de ce grand peintre et de l'École françoise.

[208]: Ce tableau de Bourdon, inférieur à ceux de Le Sueur et de Champagne, est aussi dans le Musée françois.

[209]: Ces trois tableaux, dont le premier surtout est une des meilleures productions de cet habile peintre, sont réunis dans la même collection.

Toutes ces peintures ont été exécutées en tapisserie.

[210]: Ces précieux vitraux, notamment ceux qui ont été peints par Jean Cousin, sont extrêmement mutilés, et chaque jour ajoute encore à leur dégradation. À mesure qu'ils se brisent on remplace les vides par des vitres blanches, qui changent entièrement l'effet doux et mystérieux de la lumière, et produisent du reste sur ces peintures les plus bizarres disparates.

[211]: Ce monument, déposé depuis au Musée des Petits-Augustins, représente le chancelier, les mains jointes, et à moitié couché sur un sarcophage de marbre noir. On voit à ses pieds un génie en pleurs appuyé sur son écusson. Malgré tous les éloges qu'on a donnés à ce morceau, nous ne le regardons que comme une production très-médiocre. L'attitude a de la roideur, la draperie est lourde, la tête manque d'expression; l'enfant n'offre ni élégance ni souplesse dans ses contours, et son attitude maniérée est peut-être plus mauvaise encore que celle de la figure principale.

[212]: L'église de Saint-Gervais a été rendue au culte. C'est une des paroisses de Paris.

[213]: Nous en parlerons plus au long à l'article des religieuses de Sainte-Anastase ou Hospitalières de Saint-Gervais, vieille rue du Temple.

[214]: Les bâtiments de cette communauté sont maintenant occupés par des particuliers.

[215]: Cet hôtel prit ensuite le nom de La Macq, de Thomas La Macque, qui demeura d'abord vis-à-vis, et occupa depuis cette maison, dans laquelle, selon Sauval, on a pratiqué pour la première fois l'art de filer de l'or, suivant les procédés employés à Milan, et introduits en France vers cette époque.

[216]: Sur ce nom singulier, voyez l'article de la rue du [Pet-au-Diable], dans la nomenclature des rues de ce quartier.

[217]: Voyez p. [797].

[218]: T. I, p. 110.

[219]: Past. A., p. 654.

[220]: Le censier de Saint-Éloi de 1367 énonce dans la rue des Arsis une maison qui fait le coin d'une ruelle qui va vers Saint-Jacques devers la Planche-Mibrai. Cette ruelle s'appeloit, en 1304, ruelle Richard-Arrode. Elle a été depuis comprise dans l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie.

[221]: Past. A., p. 639 et 772.

[222]: Cart. S. Mauri., 1263.

[223]: Sauval, t. I, p. 127.

[224]: Jaillot pense que ce nom n'étoit donné qu'à la partie de cette rue qui va du petit carrefour à la rue Planche-Mibrai.

[225]: L'auteur des Tablettes Parisiennes dit qu'on nommoit ce carrefour Guigne-Oreille, parce qu'on y coupoit les oreilles au pilori, qui y étoit du temps de Raoul de Presle. Jaillot pense que cette étymologie ne mérite pas une grande confiance. «Il est vrai, dit-il, qu'on coupoit les oreilles dans les carrefours, aux halles et aux places publiques, et celui-ci pouvoit être un lieu patibulaire de la justice de Saint-Éloi ou Saint-Maur; mais je ne vois pas que dans notre ancien langage, ni dans le nouveau, le mot guigner ait jamais signifié couper

[226]: Sauval a prétendu que les seigneurs de Craon avoient dans cette rue un hôtel dont elle avoit pris d'abord le nom; que Pierre de Craon ayant caché dans cet hôtel quelques gens apostés pour assassiner le connétable de Clisson, l'on donna à la rue le nom des Mauvais-Garçons, que l'hôtel fut rasé, et la place donnée aux marguilliers de Saint-Jean pour être convertie en cimetière. Non-seulement les historiens modernes ont adopté ce récit peu exact; il y en a même qui ont fait de nouvelles fautes en disant que ce cimetière avoit été depuis converti en marché. Nous avons déjà prouvé, en parlant du cimetière Saint-Jean, que cette opinion est contraire aux titres, que l'hôtel de Craon n'étoit point dans cette rue, et qu'on a confondu l'ancien cimetière avec le nouveau.

[227]: Reg. du parlem. 1320.

[228]: Sauval, t. I, p. 345.

[229]: Ibid., p. 367.

[230]: Le Monceau-Saint-Gervais, Moncellum, étoit connu sous ce nom avant le règne de Louis-le-Jeune; il en est fait mention dans une charte de ce prince de l'an 1141. (Hist. de Par., t. 1, p. 95.) On voit, par le petit cartulaire de l'évêché de Paris (Fol. 35, verso, Cart. 55.), que le Monceau de Saint-Gervais était un fief de cet évêché; que Pierre de Nemours le transmit par un échange, en 1216, à Gautier, fils de Jean-le-Chambrier; et que celui-ci le céda ensuite au roi, ainsi qu'il est constaté par la charte de Philippe-Auguste, de 1222. (Rec. des hist. de Fr., t. 6, 2e part., not. 122.) Ce fief étoit qualifié de prévôté: car on voit, dans le trésor des chartes, qu'au mois de juin 1245 saint Louis acquit de Gui et d'Isabelle sa femme, 100 sous sur la prévôté du Monceau-Saint-Gervais.

[231]: Sauval et l'auteur des Tablettes Parisiennes ont avancé qu'en 1410 cette rue s'appeloit la rue aux Bretons: ils se sont trompés et l'ont confondue avec une ruelle nommée aux Bretons, qui avoit d'un bout une issue dans une maison de la rue Grenier-sur-l'Eau, et de l'autre dans la rue de la Mortellerie. Dreux Budé, secrétaire du roi et audiencier en la chancellerie, avoit, en 1449, sa maison rue des Barres; elle aboutissoit par-derrière sur la ruelle aux Bretons, et il obtint la permission de renfermer dans son enclos la partie de cette ruelle qui régnoit le long de sa maison. Sauval en convint lui-même en rapportant le compte qui en fait mention. (T. 3, p. 34.)

[232]: F. 233 et seg.

[233]: T. 1, p. 144.

[234]: Past. A., p. 759 et 777.

[235]: Sauval, t. III, p. 494.

[236]: Ibid., t. I, p. 146.

[237]: Ordin. de Par., 1518, f. 352.

[238]: Sauval, t. III, p. 371 et 552.—Compte des Annivers. de N. D., 1482.

[239]: Sauval, t. I, p. 149.

[240]: Pag. 387.

[241]: Le jeune roi Philippe, que son père Louis-le-Gros avoit associé à la couronne, passant par cette rue, un cochon s'embarrassa dans les jambes de son cheval et l'abattit; la chute du jeune prince fut si rude qu'il en mourut le lendemain, 13 octobre 1131. Il fut alors défendu de laisser vaguer des pourceaux dans les rues.

[242]: Dans cette rue, entre celle de Longpont et la rue des Barres, sont deux rues autrefois sans nom. La plus occidentale se nomme aujourd'hui rue des Trois-Maures, l'autre rue Frileuse. Cependant celle-ci offroit une ancienne inscription gravée sur la pierre, laquelle porte le nom de Chat-Frileux.

Entre la rue des Barres et celle de Geoffroi-l'Asnier se trouve une autre rue sans nom, qui a reçu celui de rue Hyacinthe.

[243]: Sauval, t. I, p. 152.

[244]: Ibid., p. 423.

[245]: Quelques titres indiquent dans cette rue la cour Brisset, laquelle devoit être située entre les rues Pernelle et de Longpont. Jaillot parle aussi d'une ruelle aux Foulons et d'une rue Dame-Agnès, qu'il dit avoir trouvées mentionnées dans des titres du quinzième siècle, mais dont il n'a pu découvrir aucune trace. Cette dernière étoit située près de la chapelle des Haudriettes.

[246]: On a autrefois fabriqué de la monnoie à la Grève, et c'étoit peut-être dans cette maison. Nos annales font mention des moutons d'or et des écus au mouton. Saint Louis passe pour être le premier qui les ait fait frapper. On les appeloit des agnels d'or: ils portoient pour empreinte un mouton ou agneau d'or, avec ces mots: Ecce Agnus Dei.

[247]: T. II, p. 600.

[248]: On la nomme maintenant rue du Sanhédrin.

[249]: T. I, p. 157.

[250]: Voyez pag. [852] et [853].

[251]: Il est fait mention dans un diplôme de Henri Ier d'environ 1032, et dans la grande charte de Saint-Martin-des-Champs en 1137, d'un moulin en Mibrai, que Robert Pisel avoit donné à ce prince, in Malbraio. (Hist. S. Martini de Campis., p. 27.)

[252]: Fange, boue.

[253]: C'étoit au coin de cette rue que le voyer de Paris tenoit autrefois sa justice.

[254]: T. I, p. 159.

[255]: Archiv. de Saint-Martin-des-Champs.

[256]: Cart. S. Mauri, fol. 237, cart. 5.

[257]: Lorsque les Juifs furent chassés par Philippe-le-Bel, en 1306, ce prince donna l'année suivante leur synagogue à Jean Pruvin son cocher. (Sauval, t. I, p. 163.)

[258]: Part. A., p. 759 et 782.

[259]: Fol. 2333 et 407. Biblioth. du Roi.

[260]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac appelé Saint-Benoît; il se nommoit auparavant Ruelle des Bons-Enfants. Ces deux noms viennent d'une enseigne. La caille l'appelle de la petite Tâcherie.

[261]: Sauval, t. I, p. 163. Il y avoit dans cette rue, au commencement du dix-septième siècle, trois ruelles descendant à la rivière, lesquelles n'existent plus: la première, du côté de la Planche-Mibrai, est simplement appelée ruelle, sans aucun nom dans les censiers de l'archevêché. Peut-être étoit-ce celle qu'on nommoit Jean-Le-Forestier en 1369. La seconde, nommée de l'Archet, à cause d'une arcade qui étoit au bout, faisoit la continuation de la rue des Teinturiers, laquelle va maintenant jusque sur le quai. La troisième est celle que Corrozet désigne sous le nom de ruelle allant aux chambres de Maître Hugues. On nommoit ainsi trois moulins qui étoient situés vis-à-vis l'entrée de cette ruelle, et qu'un particulier nommé Me Hugues Restoré, avoit eu la permission de faire reconstruire. (Cart. S. Magl., 5414. Fol. 273, Bibliot. du Roi.) Gomboust les a marqués sur son plan.

[262]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac nommé le cul-de-sac Saint-Faron, lequel doit ce nom à l'hôtel des abbés de Saint-Faron, qui y étoit autrefois situé. On trouve qu'il a été aussi nommé successivement rue de l'Escullerie, rue de la Violette en 1313, et depuis cul-de-sac et rue des Juifs, ruelle ou cul-de-sac Barentin, enfin cul-de-sac Saint-Faron.

[263]: Cart. S. Mauri, p. 253.

[264]: (Ms. de Saint-Germain-des-Prés, cot. 453, p. 144.) Paul Scarron logeoit au second étage d'une maison située au milieu de cette rue; lui et sa femme (depuis madame de Maintenon) n'avoient pour tout logement que deux chambres sur le devant, séparées par l'escalier, une cuisine sur la cour, et un cabinet où couchoit un petit laquais.

[265]: Arch. de l'archev.

[266]: Il y a dans cette rue un carrefour où aboutit la rue de la Coutellerie, que quelques auteurs ont mal à propos appelé le carrefour Guilleri ou Guillori, dont nous avons déjà parlé. Sauval le nomme carrefour des Recommandaresses; et il en a conclu avec raison que le haut de cette rue, du côté de la Planche-Mibrai, était appelé rue des Recommandaresses. On voit en effet, dans une sentence du trésor du 12 juillet 1597, concernant le fief de Mercadé, qu'il consiste entre autres en deux maisons rue de la Coutellerie, et une entre la rue des Recommandaresses, autrement dite rue de la Vannerie. Il paroît que ce carrefour a été formé par le retranchement de quelques maisons, retranchement qui fut ordonné le 19 mars 1565, ainsi qu'on le voit dans les registres de la ville. (Fo. 255, verso.)

[267]: Past. A., p. 654.

[268]: Traité de la pol. t. I, p. 555.

[269]: Ces trois rues ne sont point nouvelles; mais elles étoient sans nom avant la révolution. (Voyez p. [863]).

[270]: Depuis que la Bastille a été abattue, une partie de ces fossés a été remplacée par un nouveau boulevart; mais le mur de revêtement existe encore du côté de la rue Contrescarpe, et la ligne qu'il décrit forme, de ce côté, la limite du quartier.

[271]: Olivier Le Daim et Jean Doyac, les deux hommes qu'il avoit le plus tendrement aimés, qu'il avoit recommandés avec le plus de soin à son fils avant de mourir, furent livrés à la justice, l'année même de sa mort. La haine publique les poursuivoit depuis long-temps, et on les accusoit d'abus de pouvoir et de cruautés atroces, surtout pendant les trois dernières années du règne du feu roi. Le Daim, convaincu, dit-on, de plusieurs assassinats, fut pendu avec un de ses agents; Doyac n'évita la potence que pour subir un autre supplice plus long et non moins ignominieux: il fut condamné à être fouetté dans tous les carrefours de Paris, à avoir une oreille coupée et la langue percée d'un fer chaud. On le conduisit ensuite à Montferrand en Auvergne, lieu de sa naissance; là il fut fouetté de nouveau, perdit l'autre oreille et fut banni à perpétuité. Cependant on trouve que, peu de temps après, sa famille fut réhabilitée.

Le médecin de Louis XI, le fameux Cotier, fut enveloppé dans la même disgrâce. Toutefois, comme on ne pouvoit lui reprocher qu'un orgueil extrême et une insatiable avarice, il ne fut condamné qu'à des restitutions, qui le replacèrent dans son ancienne médiocrité. On dit que, content d'être échappé au naufrage et rendu à sa première profession, il fit sculpter sur sa maison un abricotier, avec ce rébus en forme de devise: À l'Abri-Cotier.

[272]: Le clergé, qui dès lors montroit contre la cour de Rome l'esprit de mutinerie, qui depuis, a fait sa honte et a été le commencement de sa servitude, y demanda le rétablissement formel[272-A] de la pragmatique-sanction et des décrets des conciles de Constance et de Bâle. Les cahiers du tiers-état étoient également dirigés contre la cour de Rome qu'ils accusoient d'exaction et d'abus d'autorité; ils se plaignoient, suivant l'usage de tous les peuples dans tous les temps, du fardeau accablant des impôts et de la manière dure et impitoyable dont ils étoient exigés; puis les trois ordres réunis demandèrent que désormais il ne fût fait aucune levée sur le peuple sans leur consentement, et qu'on rassemblât de nouveau les états dans deux ans. Nous jouissons maintenant de ces heureuses prérogatives dans toute leur plénitude; nous avons même beaucoup plus qu'on ne demandoit alors, et nous savons par expérience combien est léger le fardeau des peuples qui consentent eux-mêmes l'impôt.

[272-A]: Elle avoit été abolie par Louis XI, mais n'en continuoit pas moins d'être suivie dans tous ses points, dans toutes les parties de la France; et ne fut réellement annulée que sous François Ier par le concordat.

[273]: Il étoit fils de ce fameux bâtard d'Orléans dont nous avons raconté les exploits sous Charles VII.

[274]: Nous suivons ici le récit de Vély; celui du P. Daniel est un peu différent, et ne place la démarche du duc auprès du parlement et de l'université qu'après sa fuite de Paris, où, selon cet historien, il revint dès qu'il eut rassemblé une petite armée qu'il laissa à Beaugenci, espérant mettre alors plus aisément cette ville et le parlement dans ses intérêts. Vély nous semble ici plus exact.

[275]: Il avoit été d'abord tailleur d'habits dans la petite ville de Vitré.

[276]: Ses droits n'étoient autre chose que ceux des Penthièvres, descendants de Charles de Blois, vaincu, sous le règne de Philippe de Valois, par le comte de Montfort qu'assistoient les Anglois, et dépouillé de la Bretagne, quoique le roi de France, son suzerain, lui eût donné gain de cause. Les Penthièvres avoient tenté plusieurs fois de faire valoir ces droits, sans aucun succès; cependant, par une intrigue qu'il n'est point de notre sujet de faire connoître ici, l'un d'eux avoit extorqué du duc de Bretagne, François Ier, des lettres qui sembloient porter une reconnoissance de la légitimité de leurs prétentions; et c'étoit en vertu de ce titre que Louis XI, voyant la ligne masculine prête à défaillir dans la branche de Montfort, avoit acheté de Nicole de Penthièvre et de Jean de Brosse son mari, derniers héritiers de la branche de Blois, tous leurs droits au duché de Bretagne. Quelque litigieux qu'ils fussent, ce prince se proposoit de les appuyer d'une armée formidable, et n'attendoit que la mort du duc pour les faire hautement valoir: il mourut le premier, et les transmit à son fils.

[277]: Si l'on en juge d'après ses portraits, elle étoit effectivement d'une beauté remarquable; et les contemporains ont vanté ses grâces naturelles, tout en convenant qu'elle étoit petite et un peu boiteuse.

[278]: Chacun avoit eu son intérêt particulier dans cette démarche commune. Les Vénitiens l'avoient faite par l'espérance de s'agrandir au milieu des troubles; le pape Alexandre VI, pour procurer des établissements à sa famille; mais Ludovic Sforce y étoit surtout intéressé, parce qu'ayant formé le projet d'usurper le duché de Milan sur son neveu Galéas, qu'il méditoit d'empoisonner, il vouloit donner assez d'affaires à Ferdinand, roi de Naples, dont la petite-fille avoit épousé Galéas, pour l'empêcher de s'en venger.

[279]: Les François étoient au nombre de sept à huit mille combattants, et l'armée des confédérés, commandée par François de Gonzague, marquis de Mantoue, montoit à trente-cinq mille hommes.

[280]: Ce projet étoit d'établir un nouveau parlement à Poitiers, et de lui donner pour ressort les provinces de Poitou, de Touraine, d'Anjou, du Maine, de la Marche, d'Aunis et d'Augoumois.

[281]: Tout le monde connoît le beau mot de ce prince, qu'on exhortoit à se venger de ses ennemis, principalement de Louis de La Trémouille, qui l'avoit fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin, et ne l'avoit pas épargné dans son malheur: Un roi de France ne venge point les querelles d'un duc d'Orléans.

[282]: Elles avoient été méditées dans une assemblée composée des magistrats les plus intègres et les plus éclairés du royaume, que le roi avoit convoqués à Paris; et contenoient des réglements sur presque toutes les parties de l'administration, sur la discipline des troupes, sur celle des cours de judicature, sur les monnoies, sur le grand-conseil, dont la forme fut changée, etc., etc.

[283]: Nos rois ayant eu, dans tous les temps, le plus vif désir de faire fleurir les lettres en France, avoient accordé une foule de priviléges à ceux qui venoient étudier à Paris, entre autres celui d'avoir leurs causes évoquées au Châtelet, et de pouvoir décliner toute autre juridiction; en cela ils considéroient la situation particulière des étudiants, qui, forcés de s'expatrier pour résider dans la capitale, auroient été sans cesse exposés à se voir dépouillés de leurs biens, ou à interrompre leurs études pour se transporter dans des lieux éloignés. Mais on avoit fait la faute d'étendre ce privilége à toute la durée de la vie, au lieu de le restreindre au cours des études, et il en résultoit que non-seulement ceux qui avoient étudié dans l'université en abusoient, mais encore que beaucoup de gens, désirant jouir d'une exemption si favorable, trouvoient le moyen de se faire inscrire sur les registres de cette compagnie, même sans avoir jamais fait d'études. Outre ce premier privilége, les membres de l'université avoient obtenu des papes la permission de procéder dans les affaires qui les concernoient personnellement, par la voie de l'interdit et de l'excommunication; et par une contradiction étrange ils prétendoient conserver ce droit, alors qu'ils se montroient les plus grands ennemis de l'autorité des papes. C'étoient ces abus que l'édit du roi attaquoit.

[284]: Après la réponse du cardinal, les députés s'étant adressés au roi pour lui demander ses ordres: «Saluez de ma part, leur dit-il, ceux de vos confrères qui n'ont point eu de part à la sédition; quant aux autres, je ne m'en soucie guère; ils ont osé, ajouta-t-il avec émotion, m'insulter dans leurs sermons; je les enverrai bien prêcher ailleurs.»

[285]: C'étoit le fameux Standonck, principal du collége de Montaigu. Quelques années après son bannissement, qui devoit être perpétuel, le roi ayant été informé que cet homme dur et atrabilaire étoit au fond vertueux et bienfaisant; qu'il consacroit un riche patrimoine et le revenu de ses bénéfices à la subsistance des pauvres étudiants; qu'enfin le collége de Montaigu, jusque là l'asile de tous les jeunes gens sans fortune qui montroient des dispositions pour les lettres, étoit à la veille d'être détruit en perdant un tel protecteur, ce prince daigna lui-même, dans une lettre qu'il écrivit au parlement, faire l'éloge de son ennemi, et ordonna qu'on le rétablit avec honneur dans toutes ses places.

[286]: Il s'agit ici de ces petits princes qui, pendant les troubles occasionnés par les longues factions des Guelphes et des Gibelins, s'étoient emparés, sous le titre de vicaires de l'empire ou de l'église, d'un grand nombre de villes, où ils exerçoient une entière souveraineté. Il avoit été convenu, entre le pape et le roi, qu'on formeroit une principauté à Borgia d'une partie de leurs dépouilles.

[287]: Voyez t. Ier, p. 398, 1re partie.

[288]: Cette institution avoit commencé, en 1226, à Nivelle en Flandre, et se répandit ensuite en très-peu de temps dans toute la contrée, et même en France. (Dict. de Trévoux.)

[289]: Duches., t. V, p. 252.

[290]: Vie des écrivains de l'ordre de Saint-Dominique, par le P. Echard, t. II, p. 265.

[291]: On sait que ce prince avoit une dévotion particulière à la Sainte-Vierge; ce fut lui qui, le 1er mai 1472, institua en son honneur, au son de la grosse cloche de la cathédrale, les trois récitations de l'Ave-Maria.

[292]: Dubreul et Lemaire.

[293]: Elles étoient sous la direction de ces religieux.

[294]: Hist. de Par., t. II, p. 875.—Gall. christ., t. VII, col. 959.

[295]: Les historiens de Paris, suivant toujours la même tradition, font revivre Charlotte de Savoie, et lui attribuent, en cet endroit, la fondation d'un hospice propre à loger douze religieux.

[296]: Ce monument, déposé au Musée des Petits-Augustins, n'y étoit point exposé.

[297]: On le voyoit au même Musée: c'est un ouvrage d'un travail assez médiocre, mais auquel on a ajouté deux génies en marbre, du même auteur; qui sont d'une assez bonne exécution.

[298]: Cette statue, dont on ignore l'auteur, a été extrêmement vantée par tous les historiens pour la naïveté de son exécution; quant à nous, nous n'y avons vu que de la sécheresse et une petite manière. Le vêtement, dont on louoit surtout la vérité, nous a semblé d'un ciseau lourd et entièrement dépourvu de sentiment. Elle étoit aussi déposée aux Petits-Augustins.

[299]: L'église de l'Ave-Maria a été changée en un magasin de bois; on a fait une caserne du reste des bâtiments.

[300]: Tous les historiens, à l'exception de l'abbé Lebeuf, conviennent que cette chapelle cimétériale étoit sous l'invocation de saint Paul apôtre, et ils se sont fondés sur l'autorité du texte de la vie de saint Éloi, écrite par saint Ouen son ami. Ce savant pense, au contraire, qu'elle étoit sous le nom de saint Paul, premier ermite; mais les raisons qu'il en apporte ne paroissent pas décisives.

[301]: Sainte Aure, abbesse de ce monastère, y fut inhumée, ainsi que l'abbé Quintilien. Le corps de la sainte fut depuis transféré dans son couvent.

[302]: Gallia Christiana, t. VIII.

[303]: Il est probable que ce changement arriva après la donation faite du monastère de Saint-Éloi et de ses dépendances à l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, et lors de la remise qui en fut faite, en 1125, à l'évêque de Paris, par Thibaut. (Voyez t. Ier, p. 226.)

[304]: Nous croyons que ces vitraux ont été entièrement détruits pendant la révolution.

[305]: Ces monuments étoient chargés d'épitaphes, parmi lesquelles nous citerons seulement celle de Maugiron, écrite en vers françois.

La déesse Cyprine avoit conçu des cieux,
En ce siècle dernier, un enfant dont la vue
De flammes et d'éclairs étoit si bien pourvue,
Qu'Amour, son fils aîné, en devint envieux.
Chagrin contre son frère et jaloux de ses yeux,
Le gauche lui creva[305-A]; mais sa main fut déçue;
Car l'autre, qui étoit d'une lumière aiguë,
Blessoit plus que devant les hommes et les dieux.
Il vient, en soupirant, s'en complaindre à sa mère:
Sa mère s'en moqua; lui, tout plein de colère,
La Parque supplia de lui donner confort.
La Parque, comme Amour, en devint amoureuse;
Aussi Maugiron gît sous cette tombe ombreuse,
Et vaincu par l'Amour et vaincu par la Mort.

Saint-Foix remarque avec raison qu'on peut éprouver quelque étonnement de rencontrer les Parques, l'Amour et Vénus dans une église.

[305-A]: À l'âge de seize ans il avoit perdu un œil au siége d'Issoire.

[306]: Ce tombeau, décoré d'une épitaphe très-honorable, se voyoit au Musée des Petits-Augustins.

[307]: L'église Saint-Paul a été entièrement détruite pendant la révolution. La vue que nous en donnons, faite d'après un dessin original, et que nous croyons unique, n'a jamais été gravée. Voyez pl. 106.

[308]: Dom Félibien écrit de Mouron.

[309]: Dubreul attribue à Jacques Marcel la donation faite aux Célestins. Cette erreur a été relevée par Jaillot, qui produit à l'appui de son opinion les actes et titres que nous avons cités dans le texte.

[310]: Ces dons consistoient principalement en riches ornements, parmi lesquels on remarquoit deux chapes de drap d'or, l'une semée de fleurs de lis et l'autre d'étoiles. À l'offertoire de la première messe qui y fut célébrée, le roi présenta une croix d'argent doré, la reine une statue de la Vierge aussi d'argent doré, et le dauphin, qui régna dans la suite sous le nom de Charles VI, un vase très-riche du même métal.

[311]: Un accident, dont ce prince fut la cause innocente, donna lieu à la construction de cette chapelle. Dans un bal qui se donnoit à l'occasion du mariage d'une des dames de la reine, Charles VI avoit imaginé de se déguiser en satyre avec quelques jeunes seigneurs de sa cour. Lorsqu'ils entrèrent dans la salle, le duc d'Orléans, qui n'étoit pas dans le secret de cette partie, s'étant approché avec un flambeau pour essayer de reconnoître ces masques, le feu prit à l'habit de l'un d'entre eux, et se communiqua aux autres avec d'autant plus de rapidité que ces habits avoient été enduits de poix, afin d'y faire tenir du coton et du lin, disposés de manière à figurer le poil des satyres. Par une circonstance plus malheureuse encore, il se trouva que tous ceux qui composoient la mascarade étoient enchaînés les uns aux autres, ce qui porta le désordre à son comble, et donna une nouvelle activité à l'embrasement. Plusieurs y périrent; le roi lui-même courut risque de la vie, et n'échappa à cet affreux danger que par le courage et la présence d'esprit de la duchesse de Berri, qui jeta sur lui son manteau, et étouffa les flammes en le serrant fortement dans ses bras. On rendit au ciel les actions de grâces les plus solennelles, et le duc d'Orléans, pour expier son imprudence, fit bâtir aux Célestins la chapelle qui portoit son nom. C'est ce même duc d'Orléans qui fut assassiné, en 1407, par ordre du duc de Bourgogne.

[312]: L'original de ce testament étoit gardé dans ce monastère.

[313]: Voyez pl. 107.

[314]: Ce monument, qui avoit été déposé au Musée des Petits-Augustins, représente ce prince couché sur sa tombe, et revêtu de ses ornements royaux. Il est du gothique le plus grossier.

[315]: Déposé aux Petits-Augustins.

[316]: Déposé au Musée des Petits-Augustins.

[317]: Ce tombeau, partagé maintenant, nous ne savons pourquoi, en trois parties, se voyoit aussi dans le même Musée. Louis d'Orléans et Valentine de Milan sont séparément sur deux portions du monument, et leurs deux fils sur la troisième. On voit déjà dans ces sculptures gothiques une sorte de retour vers l'étude de la nature. Il y a dans les grandes figures une exécution qui n'est pas dépourvue d'agrément; et les petites figures d'apôtres, quoique d'un dessin très-mauvais, annoncent déjà quelque science et l'origine d'une école. Elles ont été exécutées sous le règne de Louis XII, à qui l'on devoit l'érection entière du monument.

[318]: Sur chacune des trois faces du piédestal étoient gravés deux vers latins.

Ire face.

Cor junctum amborum longum testatur amorem,
Ante homines junctus, spiritus ante Deum.

IIe face.

Cor quondam charitum sedem, cor summa secutum,
Tres charites summo vertice jure ferunt.

IIIe face.

Hîc cor deposuit regis Catharina Mariti,
Id cupiens proprio condere posse sinu.

On étoit étonné de rencontrer dans un temple chrétien un monument dont l'allégorie étoit toute païenne, et cette inconvenance avoit en effet quelque chose de choquant; mais cette première impression peu favorable faisoit bientôt place à la juste admiration que faisoit naître cette excellente production. On y retrouve sans doute un peu du style maniéré de l'école florentine, mais il y a tant d'élégance dans les formes, une grâce si naïve dans les attitudes, les caractères de têtes sont si vrais et si charmants, l'exécution totale d'un sentiment si délicat, qu'on pardonne facilement à l'artiste l'agencement bizarre de ses draperies, qui ressemblent un peu à de la gaze chiffonnée, et sous lesquelles toutefois il a eu l'adresse de faire sentir parfaitement le nu. Ce vêtement singulier nous semble le seul défaut qu'on puisse reprocher à ce monument, considéré avec juste raison comme l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture françoise. Il étoit déposé aux Petits-Augustins.

[319]: Ce monument existoit, dit-on, dans les dépôts du même Musée, mais n'étoit point exposé.

[320]: Cette colonne, que les historiens ont appelée composite, n'est certainement d'aucun ordre; et l'on ne peut rien imaginer de plus bizarre et de plus capricieux que les ornements dont elle est surchargée depuis la base jusqu'au chapiteau. Toutefois ces ornements sont traités avec un soin extrême et une grande délicatesse. Il n'en est pas de même des figures; et si l'on peut juger de celles qui manquent par la seule qui nous reste, le dessin en étoit roide, mesquin, presque barbare, le travail très-grossier. Cette figure est maintenant fixée sur le sommet de la colonne, où elle remplace l'urne, qui probablement aura été profanée et détruite pendant les jours révolutionnaires. (Déposé aux Petits-Augustins.)

[321]: Ce beau monument, qui se voyoit également au Musée des Petits-Augustins, doit être mis, de même que les Grâces de Germain Pilon, au nombre des chefs-d'œuvre de la sculpture françoise. L'attitude de la figure est simple et noble, la tête pleine de vérité et du plus beau caractère; l'exécution totale d'une main ferme et savante; on reconnoît ici la grande école de Michel-Ange, et ce morceau ne seroit pas indigne de lui. Cependant il est remarquable que tous les historiens de Paris qui ont donné la description de ces monuments et prononcé sur leur mérite, accoutumés à prendre leurs jugements dans Piganiol, n'ont pas manqué de répéter très-exactement, d'après lui, que tout ce monument étoit bizarre et de mauvais goût. Ils débitoient de semblables blasphèmes dans le temps même qu'infatués de tous les préjugés systématiques du siècle de Louis XV, ils prodiguoient les éloges les plus outrés aux détestables productions de cette époque de dégénération et de barbarie.

La petite figure de la Fortune existe encore; l'attitude en est un peu contournée, mais le style et l'exécution y sont dignes de la figure principale. Du reste ce tombeau est maintenant composé d'une foule de pièces de rapport, de débris tirés d'autres monuments. Il n'est pas le seul qu'on ait défiguré de cette manière, et il est inutile sans doute de faire sentir le ridicule et l'inconvenance de ces restaurations arbitraires: il n'est pas un bon esprit qui d'abord n'en soit frappé.

[322]: Ce monument, déposé aux Petits-Augustins, est de la main d'Anguier, que les mêmes historiens qualifient de fameux. Ils donnent aussi de grands éloges à toutes ces figures. S'il faut dire ce que nous en pensons, nous les trouvons lourdes, maniérées, d'un mauvais goût, d'une exécution qui manque de finesse, et dans laquelle on ne trouve qu'un sentiment médiocre d'imitation de la nature, mêlé à ces combinaisons systématiques qui commençoient déjà à infecter l'école.

[323]: Dans une salve d'artillerie que l'on avoit faite pour lui à son entrée à Dourlens. Son épitaphe faisoit entendre que c'étoit un simple accident. Saint-Foix en pense autrement, et voici ce qu'il dit à ce sujet: «La princesse de Conti, dans son Histoire des amours de Henri IV, met l'assassinat de ce duc sur le compte de Gabrielle d'Estrées, qui vouloit se venger, dit-elle, d'une fourberie qu'il lui avoit jouée; mais d'autres ont écrit avec plus de vraisemblance que le marquis d'Humières, ayant surpris quelques lettres de sa femme et du duc de Longueville, se détermina à faire tuer ce prince. Il est certain, ajoute-t-il, qu'à peu près dans ce temps-là le mari, qui devenoit furieux au moindre sujet de jalousie, étrangla sa femme avec ses propres cheveux.»

[324]: Voici encore un monument présenté comme un prodige de perfection par Piganiol et par ses copistes, admiré sur parole par le vulgaire des amateurs, et qui cependant est un ouvrage de tous points médiocre et de mauvais goût. Les quatre vertus, grandes comme nature, qui en sont les parties les plus remarquables, offrent, dans toutes leurs draperies, un style maniéré, un agencement faux; dans leurs formes, un dessin lourd, dépourvu de sentiment, et qu'on peut appeler en quelque sorte la caricature de l'antique. Les ornements qui couvrent la pyramide, les deux bas-reliefs dorés qui décorent le piédestal, sont encore plus médiocres que les statues. On remarque seulement, sur les deux autres faces de ce piédestal, deux petits bas-reliefs en marbre blanc, qui représentent des enfans et quelques autres sujets allégoriques, dont le dessin, le sentiment et l'exécution sont tellement supérieurs à tout le reste, qu'on peut douter qu'ils soient de la même main. (Déposé au Musée des Monuments françois.)

[325]: Ce petit monument existe encore dans le même musée. L'attitude de la figure a la roideur gothique alors en usage; mais le travail en est fin et naïf, et l'on y remarque ce progrès sensible vers la bonne sculpture, qui caractérise cette époque de l'art.

[326]: L'épitaphe du jeune duc de Valois étoit en vers latins très-délicatement tournés; ils exprimoient avec beaucoup de vivacité les sentiments des tendres parents à qui la mort l'avoit enlevé.

Blandulus, eximius, pulcher, dulcissimus infans,
Deliciæ matris, deliciæque patris,
Hîc situs est teneris raptus Valesius annis,
Ut rosa quæ subitis imbribus icta cadit.

[327]: On prétend que les Rostaing avoient offert aux pères Feuillants de faire reconstruire leur maître-autel, dont le dessin étoit très-pauvre, à condition qu'ils y placeroient leurs armoiries en soixante endroits. Cette vanité parut à ces bons pères si déplacée et si peu chrétienne qu'ils rejetèrent l'offre qu'on leur faisoit, quel qu'en fût d'ailleurs l'avantage.

[328]: Voyez tome 1er, page 991.

[329]: Ces trois statues avoient été déposées au Musée des Petits-Augustins.

[330]: Cette figure, d'une exécution médiocre, est cependant encore de la bonne école. La roideur qu'on y remarque ne doit être attribuée qu'à l'armure dont elle est couverte, car du reste l'attitude ne manque pas de naïveté. (Déposée aux Petits-Augustins.)

[331]: Presque tous les monuments dont nous venons de faire la description étoient ornés de longues épitaphes, dont la plupart avoient été composées par le père Carneau, célestin. Il eût été fastidieux de les rapporter; et généralement, dans ces sortes d'inscriptions, nous nous bornons à choisir celles qui offrent quelque chose de piquant ou de singulier.

[332]: Nous croyons qu'ils avoient été transportés au Musée des monuments françois.

[333]: L'église et les bâtiments des Célestins ont été depuis peu en partie abattus; ce qui reste de ces constructions forme une caserne de cavalerie. La vue que nous en donnons est curieuse, en ce qu'elle offre la perspective de l'ancien Mail qui régnoit le long de l'Arsenal. (Voyez pl. 107).

[334]: Voyez pl. 108.

[335]: Le tonnerre étant tombé sur la tour de Billy le 19 juillet 1538, mit le feu à une grande quantité de poudre qui y étoit renfermée, et détruisit entièrement cette tour, placée sur le bord de la Seine, derrière les Célestins.

[336]: Ce fut aussi ce prince qui créa, en 1600, la charge de grand-maître de l'artillerie de France, en faveur de Sully, son ministre et son ami, chez lequel il alloit souvent; et c'est en s'y rendant, le 14 mai 1610, qu'il fut assassiné. Cette place fut supprimée par édit du 8 décembre 1755, et ses fonctions réunies au ministère de la guerre. Quelques historiens attribuent l'érection du mail à Charles IX.

[337]: On appeloit alors les lits Couches quand ils avoient dix ou douze pieds de long sur autant de large, et Couchettes quand ils n'avoient que six pieds de long et six de large. Il a été long-temps d'usage en France de retenir à coucher ceux à qui l'on vouloit donner une marque d'affection.

[338]: En 1742 on voyoit encore dans les jardins de cette maison un monument assez singulier: c'étoit un petit tombeau de fort bon goût, que Paule-Françoise-Marguerite de Gondi, veuve d'Emmanuel de Créqui, duc de Lesdiguières, avoit fait ériger à une chatte qu'elle avoit beaucoup aimée. On y lisoit cette épitaphe, d'un tour naïf et délicat:

Cy gît une chatte jolie:
Sa maîtresse, qui n'aima rien,
L'aima jusques à la folie.
Pourquoi le dire? on le voit bien.

[339]: Trés. des Chart., f. 45.

[340]: Nous avons jugé à propos de donner une vue de ce bâtiment, qui, dans plusieurs parties, telles que les portes et les frontons, étoit chargé des ornements les plus délicats de l'architecture gothique. On retrouve sur notre gravure toutes ces sculptures, détruites pendant la révolution. (Voyez pl. 109.) L'hôtel de Sens est depuis long-temps une maison de roulage, et on le trouve déjà indiqué sous ce titre dans le plan de La Caille.

[341]: T. I, p. 115.

[342]: Mss. de S. Germ. des Prés, c. 1589.

[343]: Il y a dans cette rue deux culs-de-sac; le premier, qu'on nomme Putigno[343-A], n'est désigné sur aucuns plans antérieurs à celui de Roussel, publié en 1731; il existoit cependant dès la fin du treizième siècle. Guillot en fait mention sous le nom de rue des Poulies-Saint-Pou (Saint-Paul). Sauval en parle sous celui de Viez-Poulies (t. I, p. 170), comme d'une rue inconnue, quoiqu'il rapporte ensuite des titres où elle est clairement énoncée.

Le second, appelé Putigneux, a été confondu avec le premier dans la nomenclature des rues de Paris par Valleyre; Corrozet le nomme Putigneuse. Jaillot croit que c'est le cul-de-sac que Guillot a désigné sous le nom de Rue Ermeline-Boiliauë, laquelle sans doute se prolongeoit alors jusqu'à la rue des Barrés. Ces deux culs-de-sac servoient encore, en 1640, de passage et d'entrée à deux jeux de paume.

[343-A]: Ce cul-de-sac est maintenant occupé par un établissement de voitures publiques.

[344]: Trésor des chart.

[345]: Il y avoit dans cette rue deux culs-de-sac. Le premier s'appelle cul-de-sac Guépine: l'abbé Lebeuf a pris ce cul-de-sac pour la rue des Viez-Poulies de Guillot; cependant la rue à la Guépine étoit connue sous ce nom, et indiquée dans un acte du mois de mai 1266 (Cart. S. Maur., fol. 22), et dans le rôle de taxe de 1313.

Le second se nomme cul-de-sac de Fourci; il doit ce nom à l'hôtel auquel il est contigu. Le censier de Saint-Éloi de 1367 le nomme petite ruelle Sans-Chef, et ruelle qui fut jadis Hélie-Annot. Au commencement du dix-septième siècle on le nommoit rue de l'Aviron, nom qui lui venoit d'une enseigne. On voit cependant que dès 1633 il avoit été donné à M. de Fourci. (Chamb. des Compt. Mem. C. D., f. 260.)

[346]: Il y avoit dans cette rue un cul-de-sac appelé d'Aumont. La Caille et Valleyre l'ont confondu avec celui de Fourci, et n'en font qu'un des deux. On voit, par l'indication qu'ils en donnent comme aboutissant à la place aux Veaux, qu'ils l'ont identifié avec la rue du Paon-Blanc. Ce cul-de-sac a été bouché depuis quelques années.

Il y avoit aussi dans cette rue un autre cul-de-sac appelé de la Longue-Allée, qui conduisoit à un grand logis nommé la cour Gentien. Il est assez difficile d'en déterminer au juste la position: car dans le manuscrit du procès-verbal des commissaires, fait en 1637 et années suivantes, ce cul-de-sac est indiqué entre la rue Geoffroi-l'Asnier et celle des Nonaindières; et dans la déclaration de l'abbé de Tiron, du 12 avril 1676, la ruelle Gentien est dite aboutir sur le quai des Ormes et la rue des Nonaindières, entre cette rue et le chantier du Roi, près l'hôtel de Sens. Dans le même recueil qui contient ces actes, on trouve qu'il y avoit une ruelle sans bout nommée ruelle du Mûrier, dont l'entrée étoit rue de la Mortellerie, et dont rien n'a pu nous indiquer la position.

[347]: T. I, p. 157.

[348]: Gall. christ., t. VII, col. 607.

[349]: T. II, p. 270.

[350]: Reg. de la ville, f. 371.

[351]: Nous rapporterons ce fait et le miracle dont il fut accompagné, d'après le témoignage unanime de tous les historiens, qui eux-mêmes ne l'ont raconté qu'en s'appuyant sur des titres certains et sur une tradition constante qui remonte jusqu'aux contemporains. Ce juif se nommoit Jonathas: une pauvre femme lui ayant emprunté 30 sous parisis sur le meilleur de ses habits, et se trouvant hors d'état de retirer ce gage extrêmement précieux pour elle, le pria de vouloir bien le lui prêter seulement pour les fêtes de Pâques, afin qu'elle pût paroître décemment à cette solennité. Le juif n'y consentit que sous la condition qu'elle lui apporteroit l'hostie qu'elle recevroit à la communion. Cette malheureuse le lui promit, reçut la communion à Saint-Merri, mit l'hostie dans un mouchoir et alla la livrer au juif. Celui-ci, qui ne l'avoit demandée que pour exercer sur elle les outrages les plus insensés, prit un canif et l'en frappa à plusieurs reprises; il en jaillit aussitôt du sang, qui coula encore avec plus d'abondance lorsqu'il eut imaginé de la déchirer avec un clou, de la flageller, de la percer d'un coup de lance, imitant ainsi tous les supplices racontés dans la passion de Jésus-Christ. Enfin, n'ayant pu la détruire par tant d'outrages réitérés, il la jeta dans un grand feu, la plongea dans une chaudière d'eau bouillante, d'où l'hostie s'éleva, voltigeant dans la chambre, et échappant à tous les efforts qu'il faisoit pour la saisir, jusqu'à ce qu'une bonne femme du voisinage étant entrée dans sa maison pour demander du feu, l'hostie miraculeuse vint se reposer sur une jatte de bois qu'elle tenoit à la main. Elle la reçut avec respect, et la porta à Saint-Jean-en-Grève, où on la voyoit encore avant la révolution[351-A]. Telles sont les circonstances principales d'un récit sur lequel les incrédules peuvent former telles conjectures qu'il leur plaira d'imaginer, mais dont tant d'actes authentiques qui en constatent la vérité, qui constatent en même temps et les aveux du juif et son supplice, ne nous permettent pas de douter. Ce crime fut commis le 2 avril 1290.

[351-A]: Elle étoit enchâssée dans un petit soleil placé au-dessous du grand. On conservoit aux Carmes-Billettes le canif arec lequel le juif l'avoit percée, et le vase de bois sur lequel elle s'étoit reposée.

[352]: D. Félibien a cru, sans fondement, que ce lieu étoit dans le fief aux Flamands, et qu'on l'avoit ainsi appelé à cause de Reinier Flaming, fondateur de la chapelle. Il est vrai que ce territoire a depuis reçu ce nom; mais on le nommoit alors la Bretonnerie, et il étoit possédé par Jean Arrode, panetier de France, lequel le tenoit à foi et hommage de Jean de Sèvre (Jaillot.)

[353]: Les lettres-patentes par lesquelles Philippe-le-Bel donna cette maison aux frères de la Charité-de-Notre-Dame, se trouvoient en original dans les archives du couvent des Carmes-Billettes. Comme cette maison étoit alors dans la censive et seigneurie de la Bretonnerie, les frères de la Charité obtinrent de Jean Arrode, seigneur de ce fief, des lettres d'amortissement datées de 1302. Ce territoire prit ensuite, comme nous l'avons dit, le nom de fief aux Flamands. On y bâtit plusieurs hôtels et de grandes maisons, qui appartinrent par la suite aux Carmes-Billettes, et dont ils furent possesseurs jusqu'au moment de leur suppression.

[354]: Parmi les acquisitions que les religieux de la Charité firent pour s'agrandir, étoit une maison située vis-à-vis leur église. Charles V, par ses lettres du 6 juillet 1375, leur avoit permis de faire construire une arcade sur la rue, pour communiquer de leur couvent à cet édifice; mais il est probable qu'ils n'usèrent pas de cette permission, puisque Charles VI, par d'autres lettres du 29 juin 1382, leur permit de faire une voûte sous la rue, pour servir au même usage. Cette maison étant tombée en ruines fut entièrement démolie au commencement du seizième siècle. Il paroît que l'emplacement qu'elle occupoit forme aujourd'hui le petit cul-de-sac qui se trouve dans cette rue.

[355]: L'ancienne devint alors souterraine, et servit, jusque dans les derniers temps, de cimetière aux religieux et aux bienfaiteurs du couvent. Malgré ces changements et ceux qui les ont suivis, la chapelle des Miracles fut toujours conservée, et l'on voyoit près d'elle des restes de l'ancien cloître. Sur l'entrée de cette chapelle, dans laquelle on descendoit par un escalier entouré d'une balustrade, on lisoit encore, en 1685, une inscription conçue en ces termes:

«Ci-dessous le juif fit bouillir la sainte Hostie.»

Mais cette partie de la chapelle souterraine ayant été depuis couverte d'une espèce de tambour de bois, l'ancienne inscription avoit été remplacée par celle-ci:

«Cette chapelle est le lieu où un juif outragea la sainte Hostie.»

[356]: L'église des Billettes a été restaurée et accordée aux religionnaires professant le culte luthérien.

[357]: Cartul. Sorbon., fo 54, vo.—Dubreul, p. 618.

[358]: Ils en sortirent le 13 octobre 1641, par un ordre du roi, que les chanoines de Sainte-Croix eurent le crédit d'obtenir.

[359]: L'église et la maison n'existent plus; une moitié a été remplacée par des maisons particulières, l'autre partie forme un passage qui donne dans le cul-de-sac ouvert vis-à-vis les Billettes.

[360]: Les uns attribuent leur établissement à saint Louis, d'autres confondent ces religieuses avec les béguines de l'Ave-Maria, et la porte des Barrés avec celle du Temple. Quelques-uns, comme nous le dirons tout à l'heure, pensent que les béguines n'y furent pas établies d'abord, mais qu'on les y introduisit par la suite, etc.

[361]: Hist. eccles. Paris, t. II, p. 510.

[362]: T. I, p. 271.

[363]: Pag. 827.

[364]: Ce changement est le seul qu'ait subi cette maison, quoique dom Félibien, Piganiol et ceux qui les ont copiés, aient dit qu'on y introduisit des religieuses béguines. Cette erreur a pris sa source dans le mot béguines, que l'on n'a pas bien entendu, ou auquel on a donné trop d'extension. Les béguines étoient des filles ou femmes dévotes qui, sans s'astreindre à aucune règle, ni s'engager par des vœux, vivoient en commun, et consacroient à la prière et à d'autres exercices de piété le temps qu'elles n'employoient pas au travail des mains. Ainsi elles tenoient un milieu entre le genre de vie des laïques et celui des personnes qui avoient embrassé l'état religieux. Le peuple prit l'habitude de donner le nom de béguines à toutes les femmes qui vivoient en commun; et comme les bonnes femmes de Sainte-Avoie vivoient ainsi, on les appela béguines, sans que pour cela il y ait eu le moindre changement dans leur communauté.

[365]: En reconnoissance de ces droits, le couvent faisoit présenter chaque année à l'offrande, en l'église de Saint-Merri, et le jour de la fête de ce saint, un cierge d'une livre, auquel étoit attaché un écu d'or.

[366]: Ils reçurent l'habit de leur institut dans l'église cathédrale de Barcelone, des mains de Bérenger, qui en étoit évêque, en présence de Jacques Ier, roi d'Aragon, le 10 août 1223. Cet habit, tout blanc, consistoit en une tunique, une chape et un scapulaire sur lequel étoit l'écu d'Aragon, avec une croix en chef. Leurs constitutions particulières furent dressées par Raimond de Pegnafort, dominicain fameux, qui étoit le confesseur de Pierre Nolasque, fondateur de l'ordre.

[367]: En 1348, Arnould de Braque avoit fondé cette chapelle et un hôpital. On voit, par les registres de la chambre des comptes, que, le 7 juillet 1384, Charles VII donna à Nicolas de Braque, moyennant douze deniers de cens annuel, les anciens murs, avec les tours ou tourelles, et les places vagues entre la porte du Chaume et celle du Temple; Nicolas de Braque y fit bâtir un hôtel, et augmenta beaucoup la chapelle et l'hôpital. Ce dernier établissement étoit déjà détruit au commencement du dix-septième siècle; mais la chapelle, suffisamment rentée par la famille de Braque, étoit encore desservie par quatre chapelains.

[368]: Voyez pl. 113.

[369]: Les bustes de Nicolas de Braque et de Jeanne Bouteillers de Senlis son épouse étoient déposés au Musée des Petits-Augustins.

[370]: L'église et les bâtiments de ce monastère ont été démolis.

[371]: Sauval et Lemaire disent, mal à propos, que ce fut en 1252.

[372]: Hist. de Par., t. III, p. 243.

[373]: Le nom de Monastère des Blancs-Manteaux fut donné au couvent des serfs de la Vierge, parce que les religieux portoient des manteaux blancs. Les Guillelmites, qui les remplacèrent, conservoîent ce nom, quoique les leurs fussent noirs; et cette dénomination passa aux Bénédictins, qui succédèrent aux Guillelmites.

[374]: Ce concile avoit été tenu sous Innocent III, en 1215.

[375]: La communauté n'étoit plus composée que d'un prieur, six profès et deux novices.

[376]: Hist. de Par., t. I, p. 378, et t. III, p. 243 et 298.—Gall. Christ., t. VII, col. 141 et 142.

[377]: Voyez pl. 111.

[378]: Les bâtiments des Blancs-Manteaux ont été détruits, et sur leur emplacement on a percé une rue nouvelle. L'église vient d'être rendue au culte.

[379]: C'est aujourd'hui le siége de la municipalité du sixième arrondissement.

[380]: Ce seigneur mourut dans cet hôtel, le 12 novembre 1567, des blessures qu'il avoit reçues à la bataille de Saint-Denis; il étoit âgé de soixante-quatorze ans, avoit servi sous cinq rois, et s'étoit trouvé à près de deux cents combats et à huit batailles rangées.

[381]: C'est aujourd'hui la demeure de l'administrateur général des droits réunis.

[382]: Lorsque, selon Pasquier, ils se virent réduits, par son moyen, à venir crier miséricorde au roi dans la cour du palais; et en effet les M d'or couronnées qu'on a vues long-temps sur les murailles et sur les combles de cet hôtel y avoient été peintes pour rappeler le souvenir de la faute et du châtiment des Parisiens. Elles indiquent aussi la raison pour laquelle, sous Charles VI, et même après lui, on nommoit cet hôtel l'hôtel de la Miséricorde. La manière dont Froissard et les historiens nous parlent de l'assassinat d'Olivier de Clisson (Voyez 1re partie, p. 97), fait croire que ce connétable logeoit encore dans cette maison, et qu'il étoit en chemin pour s'y rendre lorsqu'il fut attaqué.

[383]: Voyez pl. 112. L'hôtel de Soubise est maintenant le dépôt des archives de France.

[384]: Depuis la révolution, l'imprimerie royale a été établie dans les bâtiments de cet hôtel.

[385]: Sauval, t. I, p. 113.

[386]: Voyez dans la nomenclature de ce quartier l'article de cette [rue].

[387]: Les archives du Temple font mention d'une rue du Four-du-Temple qui donnoit dans celle-ci; elle étoit située entre la maison de la Barre et la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie.

[388]: Voyez p. [1011].

[389]: On appeloit ces endroits, la barre, barra, septum curiæ, cancelli auditorium. De là vient cette façon de parler: «la barre des requêtes du palais, la barre du chapitre Notre-Dame, la barre de l'officialité, etc.»

[390]: Dans cette rue, et près celle de la Verrerie, il y en avoit une autre dont les archives du Temple font mention, en 1463, sous le nom de rue Dorée.

[391]: Dubreul, p. 970.

[392]: Billette, terme de blason, petite pièce carrée qu'on met dans l'écu pour signifier constance et fermeté. (Dict. de l'Acad.) On donnoit le même nom à de petits scapulaires qui avoient une forme toute semblable.

[393]: T. I, p. 115.

[394]: Entre cette rue et celle des Vieilles Haudriettes, étoit anciennement une rue ou ruelle appelée de la Traverse-Cadier.

[395]: Telle est l'opinion de Jaillot; Saint-Foix lui donne une autre origine: «Sous le règne de saint Louis, dit-il, il n'y avoit encore dans ce quartier que quelques maisons éparses et éloignées les unes des autres. Renaud de Brehan, vicomte de Podoure et de l'Isle, qui avoit épousé, en 1225, la fille de Leolyn, prince de Galles, étoit venu à Paris pour quelque négociation secrète contre l'Angleterre. La nuit du vendredi ou samedi saint 1228, cinq Anglais entrèrent dans son vergier, le défièrent et l'insultèrent. Il n'avoit avec lui qu'un chapelain et un domestique; ils le secondèrent si bien, que trois de ces Anglais furent tués, les deux autres s'enfuirent; le chapelain mourut le lendemain de ses blessures. Brehan, avant que de partir de Paris, acheta cette maison et le vergier, et les donna à son brave et fidèle domestique, appelé Galleran. Le nom de Champs-aux-Bretons qu'on donna au verger ou jardin à l'occasion de ce combat, devint le nom de toute la rue; on l'appeloit encore, à la fin du treizième siècle, la rue du Champ-aux-Bretons». (Essais hist. sur Paris.)

[396]: Quelques auteurs prétendent que la monnoie se frappoit anciennement dans l'endroit de cette rue où furent depuis établis les chanoines réguliers.

[397]: Sauv., t. III, p. 572.—Lebeuf, t. II, p. 594.

[398]: Cens. de S. Éloi.

[399]: T. I, p. 157.

[400]: Ibid., p. 162.

[401]: Il y avoit dans cette rue une ruelle que les titres du Temple nomment rue Étienne le Meunier.

[402]: Arch. de S. Merri.

[403]: C'est dans cette rue que demeuroit Jacquemin Gringonneur, peintre, qui fut l'inventeur des cartes à jouer, vers la fin du règne de Charles V; car il en est fait mention dans la Chronique de Petit-Jehan de Saintré, page de ce prince. On lit aussi dans un compte de Charles Poupart, surintendant des finances et argentier de Charles VI: Donné cinquante-six sols parisis à Jacquemin Gringonneur, peintre, pour trois jeux de cartes à or et diverses couleurs, de plusieurs devises, pour porter devers ledit seigneur roi, pour son ébattement (pendant les intervalles de sa funeste maladie).

[404]: Le plus remarquable fut l'établissement de la Tournelle perpétuelle, créée pour procéder continuellement à l'interrogation des prisonniers, à la confrontation des témoins et à l'instruction des procès criminels, partie de l'administration judiciaire jusque là très-mal ordonnée, et sujette aux plus grands abus.

[405]: La pragmatique rétablissoit la liberté entière des élections pour les archevêchés, les abbayes et les autres bénéfices électifs, sans que le pape pût s'en attribuer la nomination; elle abolissoit les annates, les réserves, les expectatives; enfin elle ordonnoit la convocation d'un concile général tous les dix ans, dernière clause non-seulement absurde, mais encore impraticable, qui toutefois supposoit l'autorité des papes au-dessous de celle des conciles, et mettoit en même temps l'esprit de révolte dans tous les cœurs.

[406]: Le concile de Latran.

[407]: M. l'abbé F. de la Mennais, tradit. de l'Église, etc., introd., p. XIV.

[408]: Dans le concordat, les réserves et les expectatives demeurèrent supprimées comme dans la pragmatique; le pape conserva seulement les annates, c'est-à-dire, le revenu d'une année des bénéfices, à chaque nomination nouvelle; et sauf quelques clauses de pure formalité, cette nomination fut accordée au roi. Il n'est pas besoin de dire qu'il n'y fut fait mention ni de l'obligation imposée au Saint père d'assembler un concile tous les dix ans, ni de la prétendue supériorité du concile sur le pape. Telles furent les bases principales de ce traité.

[409]: Voy. p. [598]. Les docteurs d'alors étoient plus conséquents que ceux de nos jours, qui combattent de toutes leurs forces l'autorité des papes, et qui veulent que l'on considère comme inviolable celle des rois; qui prétendent que le peuple soit à la fois souverain et sujet. Ceux-là, meilleurs logiciens, le maintenoient envers et contre tous dans la souveraineté dont ils l'avoient gratifié. Si le concile est au-dessus du pape, le peuple est au-dessus du roi: la conséquence, nous le répétons, est de rigueur. «La raison en est, dit Gerson, que, lorsqu'il s'agit de remédier aux maux de l'Église ou d'un état quelconque, les sujets sont les maîtres et les juges des souverains, quand ceux-ci cherchent leur intérêt aux dépens de l'État;» d'où il conclut que, si un roi sévit injustement contre son peuple, ses sujets sont déliés du serment de fidélité. (Oper. Gerson, t. II, col. 190.)

Est-on étonné de ce passage? Nous allons donner d'autres sujets d'étonnement. Dans un sermon prêché par le même docteur, alors chancelier de l'université, devant Charles VI, il introduit la Sédition, qui veut que l'on use sans ménagement de cette maxime de Sénèque: «Il n'y a point de sacrifice plus agréable aux dieux qu'un tyran.» Alors se présente la Dissimulation qui défend de s'en prévaloir. Au milieu de leur dispute arrive la Discrétion, envoyée par la fille du roi, qui est l'Université, mère des sciences, à l'effet de mettre d'accord entre elles la Sédition et la Dissimulation. Elle leur apprend donc quand et comment l'on doit mettre en pratique la maxime de Sénèque; elle établit des règles, des principes, et conclut enfin que, «si le chef ou quelque membre de l'État vouloit sucer le venin de la tyrannie, chaque membre pourroit s'y opposer par les moyens convenables, et tels qu'il ne s'ensuivît pas un plus grand mal». (Oper. Gerson, t. IV, p. 600.) Or veut-on savoir quand un roi est réputé tyran? C'est lorsqu'il opprime ses sujets par des exactions, des impôts, des tributs, et qu'il empêche le progrès des lettres. «En tous ces cas, continue Gerson, chaque particulier a le droit de s'opposer de toutes ses forces au tyran.» Est-ce par la sédition? À Dieu ne plaise; mais, selon lui, il n'y a sédition que lorsqu'on se révolte sans cause. Comment donc connoître qu'il y a ou non cause légitime de se révolter. «Ceci demande une grande prudence,» ajoute-t-il; et, pour ne se point tromper, il est d'avis «que l'on consulte les philosophes, les jurisconsultes, les légistes, les théologiens, qui sont des gens de bien, d'une prudence consommée et d'une grande expérience, et qu'on s'en tienne à leur décision.» (Ibid.) Ainsi, dit à l'occasion de ce passage l'illustre archevêque de Cambrai, voilà le sort des rois dans les mains des suppôts de l'université! Par suite de ces principes, nous l'avons vu depuis dans des mains plus viles, et l'on sait ce qui en est arrivé.

Partant de ces mêmes principes, Jean Major en déduit les mêmes conséquences..... «Pourquoi les conciles sont-ils au-dessus des papes? c'est qu'il y a dans les peuples une puissance au-dessus des rois, et qui peut les réduire à la raison quand ils s'en écartent. Le roi, dit Major, tient son royaume du peuple» (Tract. de auct. conc. sup. pap., t. II, oper. Gerson. col. 1139): d'où il conclut que le peuple peut lui ôter son royaume pour une cause raisonnable; et par une analogie nécessaire, que les pontifes romains, ayant reçu comme les princes temporels leur puissance de la communauté, sont comme eux justiciables de la multitude, et peuvent être déposés par elle.

Jacques Almain nous fournira dans son Traité du pouvoir naturel, civil et ecclésiastique, le complément de toutes ces doctrines. Il y dit formellement «que le droit du glaive a été donné à l'État pour sa conservation; qu'un particulier, quel qu'il soit, n'est, à l'égard de la communauté, que comme une partie par rapport au tout, et qu'en conséquence, si quelqu'un est pernicieux à la communauté, c'est une action louable que de le mettre à mort.—Il ajoute que le droit de vie et de mort ayant été donné au prince par la communauté, il s'ensuit qu'elle possédoit ce droit auparavant, et qu'elle ne l'a reçu de personne, à moins que ce ne soit de Dieu:» puis, tirant de ce principe les conséquences fécondes qui en découlent, il les réduit aux quatre conclusions suivantes: «1o Que la puissance du glaive, quant à son institution, n'est point positive; mais qu'elle est positive, quant à la participation qu'en fait la communauté à une certaine personne, par exemple au roi ou à plusieurs, selon qu'il lui paroît plus convenable; 2o qu'aucune communauté parfaite ne peut renoncer à cette puissance; 3o que le prince n'use point du droit du glaive par sa propre autorité; que la communauté même ne peut lui donner ce pouvoir; et que c'est à cause de cela que Guillaume de Paris, dit (suivant Almain) que le pouvoir de juridiction des princes n'est que ministériel;» c'est-à-dire que les princes agissent comme ministres de la communauté et par l'autorité qu'elle leur délègue. 4o Enfin «que la communauté ne peut renoncer au pouvoir qu'elle a sur le prince établi par elle, et qu'elle peut s'en servir pour le déposer quand il gouverne mal; cela étant un droit naturel. D'où il s'ensuit en outre que naturellement il ne peut exister, en aucun cas, de monarchie purement royale.» (Jacob. Almain. Quæst. resump. de Dominio natur. civil. et eccles., t. II, oper. Gerson., p. 963 et 964.—Voyez aussi, tradit. de l'Égl. etc. introd., p. XCXVI et seqq.)

Tels étoient les principes de l'Université au quinzième siècle: ils se sont propagés jusqu'à nos jours par des traditions non interrompues et fidèlement conservées par Richer, Febronius et leurs disciples les Quesnellistes, les Jansénistes, etc.; et le protestant J.-J. Rousseau, citoyen de Genève et membre souverain de sa communauté, n'a fait que reproduire, dans le dix-huitième siècle, des doctrines qui ont eu leur dernière application avant la fin de ce siècle détestable. L'histoire de Paris ne sera presque plus maintenant qu'un long récit des ravages qu'ils firent et des malheurs qu'ils causèrent en France entre ces deux époques à jamais mémorables; et l'on en peut dire autant de l'histoire de l'Europe entière.

[410]: La reine Anne de Bretagne, qui jouissoit en propre des revenus de son duché, avoit donné le premier exemple de cette nouveauté, en appelant auprès d'elle un grand nombre de demoiselles de condition qu'elle élevoit, et qui l'accompagnoient partout. Cet établissement fut conservé après la mort de cette princesse, et fit naître à François Ier la pensée d'attirer aussi à la cour les dames les plus distinguées par leur beauté, leur esprit et leur naissance. C'étoit un moyen infaillible d'y faire venir tout ce qu'il y avoit en France d'hommes ambitieux et galants. Dès ce moment la vie de la cour devint une suite de bals, de fêtes, de voyages, qui se succédèrent sans interruption; le luxe y fit des progrès effrayants, et le trésor public en fut épuisé.

[411]: On continua de créer des rentes sous les règnes de Henri II, de François II, et jusqu'au commencement de celui de Charles IX, avec une telle profusion, que l'Hôtel-de-Ville, qui, en 1562, ne payoit que 633,000 liv. de rentes, se trouva chargé, en quatorze ans, de 1,938,000. Elles augmentèrent encore par la suite dans une proportion encore plus rapide; et le mal devint si grand sous Louis XIV, qu'il fallut songer sérieusement à détruire ce ver rongeur des finances, en remboursant le plus grand nombre des rentiers. C'est alors que furent créées les tontines, les rentes viagères, les rentes moitié viagères et moitié perpétuelles, etc. Toutefois l'Hôtel-de-Ville étoit encore chargé de beaucoup de rentes au moment de la révolution.

[412]: Nous osons exprimer ici une opinion entièrement opposée à celle de deux illustres écrivains de notre âge (MM. de Bonald et de Maistre), qui, tout en blâmant les motifs qui firent établir la vénalité des charges, ont pensé que cette mesure fiscale, bien qu'elle eût des inconvénients, valoit mieux cependant que le choix prétendu du mérite et du talent. En considérant la question sous cet aspect, il est évident qu'ils n'ont vu dans le parlement que ce qu'il devoit être en effet, la cour de justice du roi, et non ce qu'il avoit trouvé le moyen de se faire, et ce qu'il étoit déjà sous François Ier, une sorte d'assemblée politique, et, relativement à l'action du pouvoir monarchique, comme une chambre d'opposition permanente. Pour achever de se constituer ainsi, il ne lui manquoit que d'assurer à ses membres une existence entièrement indépendante du choix et de la volonté du monarque. Déjà sous Charles VIII, et par un concours de circonstances qu'il est inutile de rappeler ici, s'étoit introduit un usage qui mettoit une grande différence entre les conseillers que créoit le roi en vertu du pouvoir qu'il avoit toujours eu d'en faire, et les conseillers formant le parlement ou sa cour de justice: ce fut le privilége que s'arrogea cette cour et qu'on lui laissa prendre, de choisir elle-même ses membres et de les présenter au roi, qui confirmoit alors ou rejetoit ce choix selon son plaisir; d'où il arriva que tous les conseillers n'eurent plus comme autrefois le droit de siéger au parlement. Par la vénalité des charges, le monarque se priva lui-même de la faculté qu'il avoit du moins conservée jusqu'alors de punir par la destitution ceux de ces magistrats qui s'étoient mis dans le cas de lui déplaire; leur inamovibilité fut consacrée; le parlement prit dès lors le nouveau caractère que nous avons déjà signalé, et commença à jouer dans les affaires publiques un rôle d'une tout autre importance. La suite nous apprendra si ce changement fut avantageux ou funeste à l'État.

[413]: Les portes Saint-Antoine, Saint-Denis, Saint-Honoré, Saint-Jacques et Saint-Victor.

[414]: Tout fut réglé alors par un conseil, composé de quatre présidents à mortier du parlement, de quatre conseillers de la grand chambre et trois des enquêtes, de trois officiers de la chambre des comptes, et six du corps de ville, de l'évêque de Paris, accompagné d'un chanoine qui représentoit le chapitre, et d'un abbé avec deux docteurs représentant l'université.

[415]: Voyez p. [629].

[416]: Ces brigands, connus sous le nom de mauvais garçons, avoient des relations secrètes avec des archers de la ville, qui leur donnoient avis des moments où ils pouvoient y venir sans crainte. Ils étoient mieux armés, plus aguerris que les bourgeois, et ne craignoient pas même de les attaquer en plein jour. Il fallut employer contre eux des troupes de ligne, qui ensuite causèrent elles-mêmes des désordres, et qu'on fut forcé de réprimer à leur tour.

[417]: Duprat, qui étoit veuf et tonsuré, s'étoit fait conférer, par la voie du concordat, l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, laquelle prétendoit jouir du droit d'élire ses abbés, par un privilége particulier du saint Siége, que l'on soutenoit avoir été maintenu par la teneur même du concordat. Le parlement, à qui les moines portèrent leurs plaintes, ayant voulu s'opposer à la prise de possession, Duprat fit évoquer l'affaire au grand conseil. La régente prit parti pour lui; et tandis que ce ministre, fort d'un tel appui, faisoit casser toutes les procédures commencées par le parlement, et signifioit même des ajournements personnels à plusieurs de ses membres par-devant le grand conseil, cette compagnie nommoit de son côté des commissaires pour informer de toutes les violences, fraudes et contraventions aux lois, dont elle accusoit le chancelier, et chargeoit son avocat général de le dénoncer aux chambres assemblées.

[418]: Le comte de Braine et le seigneur d'Alègre. Le premier, plus actif que l'autre, avoit déjà purgé les environs de Paris des brigands qui les désoloient, lorsque l'autre arriva avec une troupe de cinquante lances qu'il voulut loger dans la ville, suivant une lettre de la régente dont il étoit porteur. De Braine, assuré de l'affection des Parisiens, s'y opposa, et le seigneur d'Alègre se vit forcé d'aller établir sa troupe à Brie-Comte-Robert. Telles étoient les scènes licencieuses qui se passoient journellement dans cette capitale.

[419]: 1,300,000 liv.

[420]: Dans ce temps-là, tous les loyers de Paris réunis ne produisoient qu'une somme de 318,000 liv.

[421]: Ainsi nommé parce qu'il fut conclu entre Marguerite d'Autriche et la régente. Dans ce traité François renonçoit à tous ses droits sur le comté d'Ast, sur les comtés de Flandre et d'Artois, ainsi que sur le Milanais; mais cette dernière renonciation n'étoit faite qu'en faveur de Sforce, et sa mort fit renaître les prétentions du roi et de nouvelles brouilleries.

[422]: On avoit effectivement fait quelques tentatives auprès du roi pour le déterminer à violer la parole qu'il avoit donnée: «Mon frère, dit-il à l'empereur, dans un de ces accès de gaieté et de franchise qu'il n'étoit pas le maître de réprimer, voyez-vous cette belle dame (il lui montroit la duchesse d'Étampes)? elle me conseille de ne point vous laisser partir d'ici que vous n'ayez révoqué le traité de Madrid.—Eh bien, répondit l'empereur un peu déconcerté, si l'avis est bon, il faut le suivre.» C'en fut un pour lui de mettre la duchesse dans ses intérêts. Cette dame n'étoit pas la seule qui eût conçu de semblables idées: le fou de la cour, nommé Triboulet, qui pouvoit, en raison du rôle qu'il jouoit, s'exprimer plus librement qu'un autre, avoit écrit sur ses tablettes que Charles-Quint étoit plus fou que lui de s'exposer à passer par la France. «Mais, lui dit François, si je le laisse passer sans lui rien faire, que diras-tu?—Cela est bien aisé, reprit Triboulet; j'effacerai son nom et je mettrai le vôtre.» On prétend que le dauphin, le roi de Navarre et le duc de Vendôme, désespérés de voir le roi laisser échapper une semblable occasion, avoient résolu d'arrêter l'empereur en leur propre nom dans le château de Chantilly, mais que le connétable fit avorter leur projet.

[423]: Il abandonna les conquêtes qu'il y faisoit, ayant sous lui Claude de Guise, pour venir partager la gloire de la prise de Perpignan, dont le siége fut levé.

[424]: La conduite que ce duc tint en cette circonstance fut, dit-on, la source de la vive affection que les Parisiens conçurent pour sa famille, affection dont elle fit par la suite un usage si funeste à la France.

[425]: Pour l'histoire des Capucins, voyez t. I, p. 992, 2e partie.

[426]: L'église de ce monastère existe encore, et a été rendue au culte. Elle n'offre rien de remarquable dans son architecture.

[427]: Nous parlerons de leur origine à Paris, à l'article de ce couvent.

[428]: Piganiol est le premier qui ait fait connoître la pieuse munificence de cette dame. Tous les historiens venus avant lui avoient présenté l'établissement des Filles du Saint-Sacrement dans l'hôtel de Turenne comme le résultat d'une vente qui leur en avoit été faite. (T. IV, p. 376.)

[429]: Cette église a été rendue au culte.

[430]: Arch. de Sainte-Opportune.

[431]: Ce monastère a été détruit, et sur son emplacement on a percé une rue nouvelle, qui, d'un côté, aboutit au boulevart, de l'autre à la rue Saint-Louis. (Voyez pl. 117.)

[432]: Hist. de Par., t. III, p. 614.

[433]: On sait que, dans l'Écriture, la Charité est figurée par le feu.

[434]: Hist. de Par., t. IV, p. 703.

[435]: Cette chapelle a été détruite, et sur son emplacement on a percé une rue nouvelle.

[436]: Jean d'Ipres, dans sa Chronique, dit que c'étoient des oblats du monastère de Jérusalem, appelé Sainte-Marie-des-Latins.

[437]: Hist. de Malte., t. I, p. 578. Il paroît qu'alors saint Jean-Baptiste étoit le patron des hospitaliers: car cette bulle est adressée à Gérard, prévôt de l'hôpital de Saint-Jean-Baptiste de Jérusalem.

[438]: Hist. de Malte, t. I, p. 72.

[439]: S. Bern. opusc. VI, cap. 4 et 5.

[440]: Lacaille la met en 1128, supposant apparemment qu'ils y eurent un lieu fixe immédiatement après le concile de Troyes. Le commissaire Delamare la place d'abord en 1148, ensuite dix ans plus tard; dom Félibien la fixe après le retour de Louis-le-Jeune de la Terre-Sainte; l'auteur des Tablettes parisiennes en marque l'établissement à l'année 1100, sans faire attention que cet ordre ne s'est formé que dix-huit ans après cette époque. Dubreul, les historiens de Paris et Piganiol ne rapportent point de titres plus anciens que l'année 1211; et Sauval dit «qu'il ne sait ni par qui ni quand il a été fondé, mais qu'il a lu des actes qui en font mention avant l'année 1210.»

On voit encore dans les registres du Châtelet que les Templiers eurent un différend avec les bouchers de Paris, au sujet d'une boucherie que ceux-ci avoient établie sur leur territoire, rue de Braque; et qu'en 1182 il fut décidé, par lettres de Philippe-Auguste, données au mois de juillet de cette année, que cette boucherie n'auroit que deux étaux de douze pieds de large chacun. (Hist. de Par., t. I, p. 203.)

Il est aussi fait mention de la maison du Temple en 1205, à l'occasion d'un legs de 10 sols fait en faveur de cette maison par Christophe Malcion, chambellan de Philippe-Auguste. Vingt ans auparavant ils sont nommés, dans un arrêt du parlement, præceptor et fratres militiæ Templi. Enfin, nous pourrions encore citer les lettres de Philippe-le-Bel de 1292, par lesquelles il confirme aux Templiers les priviléges qui leur avoient été accordés par Philippe-Auguste et par le roi Louis. Ludovicum atavum nostrum. (Louis VII.) Hist. eccles. Par., t. II, p. 295.

[441]: Monasticon anglic., t. II, p. 523.

[442]: Trés. des chart., p. 132.

[443]: Cette particularité étoit inscrite sur des tablettes de cire qui se voyoient autrefois à l'abbaye de Saint-Victor. On y lisoit, entre autres choses, qu'après un voyage fait dans le Gâtinois et dans la Brie durant l'hiver de l'année 1301, ce prince vint résider dans la maison des Templiers, depuis le 26 janvier jusqu'au 25 février, etc. etc.

[444]: Ceux qui connoissent la tragédie des Templiers n'ont point oublié sans doute l'hémistiche qui termine le récit de leur supplice:

«Les chants avoient cessé.»

[445]: Au moyen de la position de certains signes célestes, tels qu'ils étoient, disoit-on, gravés sur ce zodiaque, les savants du philosophisme démontroient évidemment qu'il avoit au moins vingt mille ans d'antiquité; et par cette démonstration ils renversoient toute la tradition, et détruisoient surtout l'autorité des livres saints, ce qui étoit le but essentiel et la grande affaire: car ces livres-là les embarrassent toujours un peu. Cette démonstration se faisoit sur des dessins de ce zodiaque, dont on attestoit la scrupuleuse exactitude. Désirant toutefois rendre son triomphe encore plus éclatant, la secte imagina, comme nous venons de le dire, de faire apporter le zodiaque lui-même d'Égypte à Paris. Le ciel a béni son entreprise, heureusement amenée à sa fin au milieu de beaucoup de dangers et de travaux. Le zodiaque est arrivé à sa destination; et à l'instant même il a été démontré que les positions des astres, si exactement copiées sur les dessins, étoient fausses; et un savant de bonne foi (M. Biot), conduisant ses confrères pour ainsi dire par la main, leur a démontré à son tour, et jusqu'à l'évidence mathématique, que cette pièce curieuse n'avoit pu être fabriquée plus de 700 ans avant Jésus-Christ. Depuis ce temps on garde le plus profond silence sur le zodiaque de Denderah[445-A]. Nous nous estimerions heureux si notre dissertation sur les Templiers produisoit de semblables résultats.

[445-A]: Ce monument, acheté par le roi, est maintenant exposé dans les salles du musée des antiques.

[446]: Cet ouvrage a pour titre original: Versuch über die Beschuldigungen, Welche gegen die Tempel herren Orden gemachtworden, und uberdessen geheimniss. (Berlin, 1782.)

[447]: Mémoires historiques sur les Templiers, etc., par Ph. G***. (Paris, 1805.)

[448]: Ce manuscrit venoit de la famille de Harlay; tout démontroit que c'étoit un exemplaire authentique que les commissaires du pape avoient fait transcrire par l'un des notaires leurs greffiers, et déposer aux archives de l'église de Notre-Dame.

M. Moldenhawer en publia la traduction à Hambourg en 1792, sous ce titre: Prozess gegen den orden der Tempel herren. Il est maintenant dans la bibliothéque du roi.

[449]: Ces statuts étoient écrits en langue provençale. M. Münter les copia d'abord littéralement, ensuite les traduisit en allemand, et les fit imprimer avec des notes explicatives. Depuis (en 1801), ce même professeur a publié un ouvrage sur le même sujet, ayant pour titre: Dissertation sur les principales accusations qui furent élevées contre les Templiers. Ces statuts, du reste, n'ajoutent et ne diminuent rien à la force des preuves qui résultent de la découverte des actes.

[450]: Pogiancourt, 38e témoin; Étienne de Nercat, 58e témoin, puis après lui le 59e; Bono de Boulaines, 116e témoin; Pierre Grumemil, prêtre, 130e témoin.

[451]: J. de Poilcourt, 37e témoin; Grand-Villard, 60e témoin; Pierre de Saint-Just, 63e témoin; Jean de Corneilles, 79e témoin; Raoul de Tavernay, 115e témoin; Varmond de Saconin, 119e témoin.

Cinquante-quatre chevaliers qui s'étoient rétractés et déclarés défenseurs de l'ordre devant la commission papale furent jugés par le concile provincial de Sens, assemblé à Paris, avant d'avoir été entendus sur cette défense, condamnés le 11 mai 1210, et brûlés le lendemain dans le faubourg Saint-Antoine qui étoit alors hors de la ville, l'abbaye de ce nom étant encore située au milieu des champs. On a fait grand bruit de cet incident dont les apologistes ont essayé de tirer parti. Nous allons l'examiner brièvement et le réduire à sa juste valeur.

Les Templiers étoient jugés par la commission papale et par les évêques réunis en conciles provinciaux. Les commissaires du pape procédoient contre l'ordre en général, les conciles contre les individus. Tous les actes de cette grande affaire attestent la douceur, l'équité, l'humanité avec lesquelles procédoient les délégués du saint Siége; et sur ce point les accusés eux-mêmes leur rendirent témoignage.

Dès que ces commissaires eurent eu connoissance de l'arrêt rendu par le concile de Sens et de l'exécution des cinquante-quatre Templiers, ils suspendirent l'audition des témoins, et firent demander très-vivement des explications sur un incident qui sembloit de nature à empêcher aucun défenseur de l'ordre d'oser désormais parler en sa faveur. Le concile députa aussitôt vers la commission pour lui déclarer qu'il n'avoit procédé contre ces accusés que par suite du procès d'inquisition spéciale déjà commencé contre eux, il y avoit deux ans, et par ordre du pape, procès que le concile appelé à Paris étoit chargé de finir, suivant les mêmes ordres du pape, et qu'il avoit été obligé de terminer dans cette session, d'autant que l'archevêque de Sens qui le présidoit ne pouvoit le réunir aussi souvent qu'il le voudroit. La commission trouva cette réponse satisfaisante, et continua ses opérations, ce qui prouve que le concile n'avoit péché ni par la forme ni par le fond.

Ces cinquante-quatre Templiers furent condamnés comme rétractants ou relaps. Les apologistes ont cru trouver de la contradiction dans ces deux termes: ils se sont trompés. L'instruction de leur procès (et cette instruction ayant duré deux années entières, on ne peut douter que toutes les formalités prescrites par la jurisprudence d'alors n'y eussent été scrupuleusement et complétement observées) avoit suffisamment éclairé la conscience de leurs juges, leur avoit apporté la conviction pleine et entière de leur culpabilité. On n'osera pas soutenir sans doute qu'il leur suffisoit de se rétracter pour être déclarés innocents, ni de se déclarer défenseurs de l'ordre pour arrêter le cours et l'action de la justice. Que prouvoit donc leur rétractation, lorsqu'ils étoient évidemment reconnus coupables, sinon leur endurcissement, leur orgueil, leur mauvaise foi, une véritable rechute, qui les rendoit indignes de la pitié de leurs juges, de l'indulgence offerte au seul repentir? Dans un tel cas, le devoir de ceux-ci n'étoit-il pas de se montrer inflexibles comme la loi, et de la faire exécuter dans toute sa rigueur[451-A]? Il nous semble que ceci est sans réplique, et qu'on n'y peut répondre, comme sur tout le reste, que par des déclamations.

[451-A]: Le grand-maître ayant osé porter une espèce de défi chevaleresque devant la commission, «l'Église n'en use pas ainsi, répondirent les commissaires: elle juge les hérétiques qu'on découvre, et remet les opiniâtres au bras séculier.» Telle fut en effet la marche qu'ils se tracèrent: il y eut indulgence et pardon pour tous ceux qui se montrèrent repentants. Ainsi la justice et la miséricorde présidoient à ces jugements, que des sophistes, dont les doctrines ont de nos jours créé des tribunaux d'assassins, et depuis trente ans ensanglantent le monde, osent appeler barbares!

[452]: Pierre de Masvalier, 109e témoin; Jean Fabry, 110e témoin; Hugues de la Hugonie, 111e témoin; Pierre Pufand, 215e témoin; Hugues de Jausat; 216e témoin.

[453]: Raymond de Vassiniac; 10e témoin; Baudouin de Saint-Just, 11e témoin; Gérard de Caus, chevalier de Rouergue, 40e témoin.

[454]: 35e témoin. Voyez à ce sujet un petit ouvrage de Cadet-Gassicourt, intitulé Sur les Templiers et les Francs-Maçons, 1821.

[455]: Cette clandestinité des réceptions étoit une des présomptions les plus fortes qui s'élevoient contre eux. Elles se faisoient le plus souvent la nuit, et c'étoit aussi au milieu de ses ténèbres que se tenoient les chapitres généraux. Les précautions les plus extraordinaires étoient prises pour rendre ces assemblées inaccessibles à tous les regards. Non-seulement le lieu en étoit soigneusement fermé, mais encore on en faisoit garder les avenues, et, par un surcroît de précautions, on établissoit des sentinelles jusque sur les toits. Pourquoi ce mystère sans exemple dans aucun autre ordre religieux, s'il ne se passoit rien que d'innocent dans de telles assemblées?

[456]: Guillaume de Liége, 124e témoin.

[457]: Gérard de Caus, déjà cité.

[458]: Il étoit le 221e témoin, et sa déposition sert à expliquer le peu d'uniformité de ces pratiques détestables dans les maisons de l'ordre qui en étoient déjà infectées, et comment plusieurs s'en trouvoient encore préservées. Ainsi s'expliquent en même temps les jugements différents et en apparence contradictoires rendus par les diverses commissions établies dans les autres parties de l'Europe. En Espagne, en Allemagne, plusieurs conciles déclarèrent innocents les Templiers qui comparurent devant eux. Ceux qui habitoient le Portugal, étant depuis long-temps sans communication directe avec l'ordre, et même jusqu'à un certain point hors de sa dépendance, furent reconnus entièrement étrangers à tous ces désordres. Partout ailleurs les Templiers furent convaincus et condamnés. Ainsi, pour établir l'innocence de ces moines, dont leurs apologistes les plus enthousiastes sont forcés d'avouer l'orgueil, l'insolence, la rapacité, les mœurs licencieuses, il faut supposer que presque tous les tribunaux ecclésiastiques de l'Europe, ayant à leur tête la plupart des évêques de la chrétienté, se sont tout à coup transformés, et simultanément, et par un concert unanime, en hordes de brigands et en conciliabules d'assassins.... Voilà les miracles que veulent nous faire croire les philosophes, qui cependant se moquent beaucoup des miracles.

[459]: 46e témoin.

[460]: Expressions des bulles du pape, répétées dans les articles de l'acte d'accusation.

[461]: Baluz. Vitæ Pap. Avenionens. Hugues de Narsac, prieur d'Epanes en Saintonge, déclara depuis, devant la commission, que le même Jacques Molay étoit connu pour avoir un commerce honteux avec son valet-de-chambre favori, nommé Georges, ajoutant que plusieurs autres grands de l'ordre étoient renommés pour cette infamie.

[462]: Ces aveux confirmés à Chinon importunent beaucoup l'auteur de la tragédie des Templiers, M. R.... qui, comme le dit assez plaisamment l'auteur des Mémoires historiques, s'étant identifié en prose et en vers avec ces innocentes victimes, a publié avec sa tragédie une espèce de factum pour démontrer leur innocence. Il a donc essayé de reporter la date des variations du grand-maître avant celle de ce fâcheux interrogatoire de Chinon; mais s'apercevant bientôt que toutes ces petites arguties venoient se briser contre la force des actes et des faits, il a pris alors un parti plus commode et plus expéditif: c'est de rejeter tous ces actes et tous ces faits comme supposés. Cette licence a paru un peu trop poétique, même à ceux de son parti qui n'ont pas encore fait une abnégation entière du sens-commun, et qui reconnoissent dans la critique historique et littéraire certaines règles qu'il n'est pas permis d'enfreindre sous peine d'absurdité et même de ridicule; et M. R.... en plaidant ainsi la cause des héros qu'il a rendus si dramatiques, a prouvé plus fortement que nous-mêmes ne pourrions le faire, combien cette cause étoit désespérée.

[463]: Mémoires historiques sur les Templiers, etc., p. 169.

[464]: Ibid., p. 228.

[465]: On conserve à Vienne des monuments métalliques, lapidaires et manuscrits qui ne laissent aucun doute sur les pratiques secrètes et les turpitudes infâmes de la secte des Templiers; et parmi ces monuments se trouve, dit-on, une de ces têtes que l'on adoroit dans les réceptions. Il existe à ce sujet des recherches savantes et curieuses dans un ouvrage allemand dont il a été fait des extraits, il y a environ deux ans, dans plusieurs journaux anglois, et en France dans le journal des Débats. Nous avons oublié le nom de son auteur.

[466]: Mémoires historiques sur les Templiers, p. 290.

[467]: Un christianisme rectifié en crachant sur la croix et en reniant Jésus-Christ!.... Ô philosophes! quelle langue parlez-vous donc? prétendez-vous la faire entendre aux autres; et vous-mêmes, l'entendez-vous?

[468]: Condorcet dit dans son Esquisse des progrès de l'esprit humain: «Cette époque (le quatorzième siècle) nous présente de paisibles contempteurs de toutes les superstitions, à côté des réformateurs enthousiastes de leurs abus les plus grossiers; et nous pourrons presque lier l'histoire de ces réclamations obscures, de ces protestations en faveur des droits de la raison, à celle des derniers philosophes de l'école d'Alexandrie.

»Nous examinerons si, dans un temps où le prosélytisme philosophique eût été si dangereux, il ne se forma point des sociétés secrètes destinées à perpétuer, à répandre sourdement et sans danger, parmi quelques adeptes, un petit nombre de vérités simples, comme de sûrs préservatifs contre les préjugés dominateurs.

»Nous chercherons si l'on ne doit pas placer au nombre de ces sociétés cet ordre célèbre, contre lequel les papes et les rois conspirèrent avec tant de bassesse, et qu'ils détruisirent avec tant de barbarie

Voilà donc encore un apologiste des Templiers qui, jugeant un siècle avec les idées d'un autre, se range aussi de notre côté, et les justifie comme nous les aurions accusés.

[469]: Mémoires historiques sur les Templiers, page 308.

[470]: Ce fait, auquel on ne peut rien opposer, suffiroit seul pour détruire de fond en comble tous ces soupçons odieux élevés contre Philippe-le-Bel par les apologistes, qui sont allés chercher dans l'avarice de ce prince les motifs atroces de la condamnation des Templiers. Nous l'avons déjà dit et nous le répétons: quand même le roi de France se seroit emparé de ce que possédoit cet ordre dans son royaume, il n'eût fait qu'user du droit de souverain, lequel adjugeoit au profit du seigneur la confiscation des biens des coupables; cependant il renonça à ce droit, et l'on ne peut assez s'étonner de l'aveuglement de ceux qui, pour l'insulter et le calomnier, ont justement choisi une circonstance dans laquelle, sortant en quelque sorte de son caractère, il donne la plus grande preuve de modération et de désintéressement. Quelques-uns de ces apologistes, moins absurdes que les autres, et que cet abandon des biens-fonds embarrassoit, ont essayé de soutenir l'accusation contre le roi en supputant curieusement la valeur des biens mobiliers, qu'ils ont fait monter à des sommes immenses, supérieures même à la valeur des autres biens, et cela au gré de leur imagination. Ce sont là sans doute de misérables subtilités, et nous ne perdrons point encore notre temps à les combattre. La vérité est que les Hospitaliers abandonnèrent à Philippe-le-Bel quelques sommes qui appartenoient aux Templiers, et qui lui furent payées en vertu d'une transaction passée en 1315 (Trésor des chartes;—Dupuy, p. 184); mais ce fut pour l'indemniser des frais considérables que ce procès avoit occasionnés, et qu'il n'étoit pas juste qu'on lui fît supporter.

[471]: Voyez pl. 116.

[472]: Il fut condamné à être brûlé, comme étant particulièrement accusé d'hérésie.

[473]: Voy. pl. 115. Elles seront fameuses jusque dans la dernière postérité, par la captivité de l'infortuné Louis XVI et de sa famille.

[474]: Tout le monde sait que l'abbé de Chaulieu alla demeurer au Temple, lorsque Philippe de Vendôme, avec qui il étoit lié d'amitié, en eut été nommé grand-prieur. Il y étoit visité par ses amis La Fare, Chapelle, etc., et par tous les beaux esprits du temps. Telle fut l'origine de ces réunions fameuses, connues sous le nom de soupers du Temple, auxquelles le prieur de Vendôme assistoit habituellement. Jean-Baptiste Rousseau s'y rendoit aussi très-souvent. On connoît son épitre à Chaulieu, dans laquelle il dit:

Par tes vertus, par ton exemple,
Ce que j'ai de vertu fut trop bien cimenté,
Cher abbé, dans la pureté
Des innocents banquets du Temple.

Lorsque Jean-Jacques Rousseau revint de Suisse en 1770, il demeura aussi quelque temps au Temple, sous la protection du prince de Conti. Beaucoup de princes en Europe protégeoient alors les rhéteurs et les prétendus philosophes qui machinoient leur ruine, et ces princes vivoient familièrement avec eux.

[475]: Les titres sur lesquels étoient fondés ces priviléges n'étoient peut-être pas d'une authenticité bien établie: cependant nos rois y avoient consenti tacitement, d'autant mieux que les grands-prieurs n'en abusèrent jamais, et que tout réfugié réclamé par un ordre du prince étoit livré sur-le-champ.

[476]: Voyez pl. 117.

[477]: Il y avoit quatre confréries dans cette église: celle du Saint-Sacrement, celle de Notre-Dame-de-Lorette, la confrérie de Sainte-Anne, établie par les menuisiers en 1683, et celle de Saint-Claude, par les marchands de pain d'épice.

[478]: Le droit que l'église du Temple avoit d'inhumer tous les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean qui mouroient dans l'étendue de sa juridiction, étoit fondé sur un usage fort ancien. En 1687, Charles Lefebvre d'Ormesson, chevalier, étant mort, et sa famille désirant qu'il fût enterré avec ses ancêtres à Saint-Nicolas-des-Champs, elle fut obligée de demander une permission au chapitre de l'église du Temple, qui l'accorda, Sans tirer à conséquence pour l'avenir; ce qui fut mentionné sur les registres.

[479]: Ces vitraux, qui doivent être mis au nombre des plus beaux qu'il y eût dans les églises de Paris, se voyoient, pendant la révolution, au Musée des Petits-Augustins.

[480]: Il étoit aussi déposé au Musée des Petits-Augustins: c'est un ouvrage médiocre.

[481]: Ce cénotaphe, que l'on avoit déposé dans le même musée, représente ce chevalier à genoux devant un prie-dieu; auprès de lui sont déposés son casque et ses brassards. L'exécution totale en est médiocre; mais il y a de la naïveté dans la pose de la figure.

[482]: La tour du Temple, l'église et une partie des bâtiments ont été détruites; l'hôtel du grand-prieur, qui subsiste encore, est occupé par les religieuses de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, dont le couvent étoit établi, avant la révolution, rue Cassette. Elles ont pour supérieure madame Louise de Bourbon, fille de l'illustre et à jamais vénérable prince de Condé.

[483]: Hist. des ord. mon., t. VII, p. 287.

[484]: Hist. de Par., t. II p. 1253, et t. V, p. 50. Quoique ces religieuses fissent profession du Tiers-Ordre-de-Saint-François, on croit néanmoins qu'elles possédoient des biens-fonds dont elles recevoient les revenus, comme semblent le prouver les donations qu'elles acceptèrent, et les acquisitions qu'elles firent de plusieurs maisons aux environs de leur monastère.

[485]: Voyez pl. 117.

[486]: Ces rapports qu'ils avoient avec les Filles de Sainte-Élisabeth, ont fait dire à l'abbé Lebeuf et à plusieurs historiens que cet établissement fut fait en 1630. Il paroît certain néanmoins qu'il ne fut légalement autorisé que quelques années après, car ce n'est qu'en 1642 que leur fut accordé le consentement de l'archevêque de Paris pour l'établissement dudit couvent, et pour la demeure et les fonctions desdits religieux en icelui. (Reg. du secrétariat.)

Les contrats pour la fondation sont du 19 novembre 1645 et dernier décembre 1649, et les lettres-patentes confirmatives de la fondation, du mois de janvier 1650. Ces religieux obtinrent des lettres de surannation en 1656, en vertu desquelles les précédentes furent enregistrées le 8 février suivant.

[487]: Ce couvent a été transformé, depuis la révolution, en maisons particulières.

[488]: L'église, qui existe encore, a été changée en boutiques; les bâtiments sont occupés par des particuliers.

[489]: Ce théâtre s'est maintenu, pendant la révolution, sous le nom de Théâtre de la Gaieté.

[490]: Ce théâtre existe encore sous la même dénomination; et si l'on en excepte les enfants, auxquels on a substitué des acteurs ordinaires, le genre de son spectacle n'a point été changé.

[491]: Voyez t. I., 2e partie, p. 887; et t. II, 1re partie, p. 293.

[492]: Il a porté successivement les noms de Jardin de Paphos et de Jardin des Princes.

[493]: Elle a été supprimée pour les voitures.

[494]: Elle avoit pris, pendant la révolution, le nom du fameux cabaretier Ramponneau, dont la maison étoit à côté. (Supprimée et murée.)

[495]: Henri IV avoit conçu le projet de faire au Marais une place magnifique et de la plus vaste étendue, qui auroit été appelée place de France. Ce prince en fit tracer le plan en sa présence, l'an 1608. On devoit y entrer par huit rues, larges de dix toises, bordées de bâtiments uniformes, et chacune devoit porter le nom d'une de nos grandes provinces. La mort funeste du roi empêcha l'exécution de ce grand projet. Louis XIII ayant permis depuis de bâtir sur l'emplacement qui avoit été réservé à cet effet, on changea les alignements, et l'on donna aux rues qu'on y perça en 1626 et depuis, les noms de nos provinces et de leurs principales villes. Telle est l'origine des noms d'Anjou, de Bretagne, du Perche, de Limoges, de Périgueux, etc., sous lesquelles sont indiquées diverses rues de ce quartier.

[496]: Sauval parle d'une communauté de Barratines, sous le titre de saint François de Paule, établie dans cette rue. Nous n'avons pu rien découvrir de cette communauté, détruite sans doute depuis très-long-temps, si elle a jamais existé. La rue de Beaujolois a pris pendant la révolution le nom de rue des Alpes.

[497]: Jaillot conjecture qu'elle pourroit venir d'une barrière dormante qu'on avoit posée à l'une de ses extrémités. Il y a eu effectivement plusieurs de ces barrières nommées Blanches.

[498]: On la nomme aujourd'hui rue Lorillon. Robert indique une rue de la Haute-Borne: c'est la continuation du chemin de Mesnil-Montant, depuis la rue du Bas-Popincourt. Elle doit ce nom à un lieu dit la Haute-Borne, connu par quelques cabarets, dans l'un desquels le fameux Cartouche fut arrêté.

[499]: Claude Charlot étoit originairement un pauvre paysan du Languedoc qui devint un riche financier, adjudicataire des gabelles et de cinq grosses fermes, et propriétaire d'une terre érigée en duché.

[500]: Arch. de Saint-Opport. Il y a dans cette rue un cul-de-sac qui porte le même nom, et qui existoit également en 1644. Il y en avoit un second qui conduisoit au jardin du chancelier Boucherat, et qui forme aujourd'hui une partie de la rue de Harlai. (Voyez plus bas cette [rue].)

[501]: Cette rue a pris le nom de celle de Saint-Maur, au bout de laquelle elle est située.

[502]: Arch. du Templ.—Sauval, t. I, p. 160.

[503]: On la nomme aujourd'hui rue Fontaine.

[504]: Trait. de la Pol., t. I, p. 81.

[505]: On voyoit encore en 1789, au coin de cette rue et de la rue du Temple, des fragments de cette échelle. Ces échelles, qui étoient des espèces de piloris, ou carcans, servoient de marque de haute-justice. Pendant la minorité de Louis XIV, de jeunes seigneurs, qu'on appeloit les petits maîtres, s'avisèrent de faire brûler l'échelle de la justice du Temple: elle fut rétablie sur-le-champ. L'archevêque de Paris en avoit deux, l'une dans le parvis Notre-Dame et l'autre au port Saint-Landri.

[506]: On l'a nommée, pendant la révolution, rue de Turenne.

[507]: On la nomme maintenant rue Lorillon.

[508]: Il y a dans cet endroit un marché nommé autrefois le Petit-Marché du Marais, et que Piganiol dit avoir été établi en 1615 (t. IV, p. 371). Il y a sans doute une erreur dans cette date: car dans les lettres de permission du roi pour l'établissement de ce marché, il est dit qu'il sera construit sur une place contenant deux cent soixante-trois toises ou environ, tenant à la maison de M. Claude Charlot, à la rue de Bretagne et à la grande rue de Berri. Le procès-verbal de 1636 le place dans la rue de Berri; or, cette rue ainsi que celles qui sont contiguës à ce marché n'ont été percées qu'en 1626. On le nomme maintenant le Marché-Rouge.

[509]: T. I, p. 155.

[510]: T. I, p. 155.

[511]: Ibid. p. 156.

[512]: T. IV, p. 374.

[513]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac qui porte le même nom, lequel faisoit partie, ainsi que le retour de la petite rue Saint-Gilles, d'un chemin ou ruelle qui conduisoit au rempart.

[514]: Il y avoit aussi dans cet endroit une porte qui avoit reçu le nom de Porte de Saint-Louis, et sur laquelle on lisoit cette inscription:

Ludovicus Magnus avo divo Ludovico.

Anno R. S. M. DC LXXIV.

Cette inscription a fait croire à Piganiol que cette porte avoit été bâtie en 1674 (t. IV, p. 363). Jaillot prétend que cette date ne se rapporte qu'à sa reconstruction: car il dit avoir trouvé dans un registre des ensaisinements de Saint-Éloi, au 18 septembre 1642, porte commencée à bâtir au bout de la rue de Poitou; il ajoute toutefois qu'il est difficile de concilier cette date avec les provisions de la charge de concierge de la nouvelle porte du Marais du Temple, appelée la porte Saint-Louis, qui, suivant un mémorial de la chambre des comptes, furent accordées en 1637. Cette porte a été abattue en 1760.

[515]: T. I, p. 158.

[516]: La rue nouvelle percée sur l'emplacement de cet hôpital se nomme rue Molay.

[517]: T. V, p. 158.

[518]: Cette rue est nommée maintenant Mesnil-Montant, comme celle dont elle fait la continuation.

[519]: Ce fut dans cette rue que fut assassiné le duc d'Orléans, frère de Charles VI, vis-à-vis d'une maison qu'on appeloit alors l'image Notre-Dame, près le couvent des religieuses hospitalières de Saint-Gervais.

[520]: Sauval, t. I, p. 163.

[521]: Il y a dans la rue du Temple un cul-de-sac appelé de l'Échiquier, lequel a pris son nom de l'enseigne d'une maison qui en faisoit le coin. Sauval dit que ce cul-de-sac est un reste d'une rue nommée du Noyer; mais, selon Jaillot, cette rue du Noyer étoit placée entre celle de Braque et des Vieilles-Haudriettes. Il cite à l'appui de son opinion des lettres du garde de la prévôté de Paris, du 8 mai 1371, qui déterminent cette situation.

[522]: À l'extrémité de cette rue étoit une caserne des Gardes-Françoises.

[523]: Cens. de l'évêché, fol. 130.

[524]: Nous avons joint à la représentation que nous donnons ici de la porte de ville qui dépendoit de ce quartier, celle du quartier du Temple située, jusqu'au règne de Louis XIV, à l'extrémité de la rue du même nom. (Voyez pl. 131.)

[525]: T. I, p. 559.

[526]: Dubreul, p. 950.

[527]: Voyez p. [847].

[528]: Lemaire, t. III, p. 166.

[529]: Hist. de Paris, t. I, p. 199.—Piganiol, t. IV, p. 128.—Dubreul, p. 951.

[530]: Voyez t. I, p. 572, 2e partie.

[531]: Les bâtiments de cette communauté sont maintenant occupés par une manufacture.

[532]: Voy. t. I, p. 289, 1re partie.

[533]: Corrozet, Sauval et Lemaire le placent sous saint Louis, sans en apporter aucune preuve; l'abbé Lebeuf, vers 1360; Piganiol, en 1361; Dubreul et dom Félibien, en 1368.

[534]: Archiv. du Petit Saint-Antoine.

[535]: Drocon Guarrel et Jean de Vaux, qui s'étoient soustraits à son obéissance, et avoient embrassé le parti du roi de Navarre.

[536]: Les nouveaux établissements éprouvent toujours des difficultés, et celui-ci en eut plusieurs à vaincre: le curé de Saint-Paul, dans la paroisse duquel étoit situé le monastère du Petit Saint-Antoine, éleva quelques contestations qui furent terminées par une transaction passée le 26 février 1365, par laquelle Hugues d'Optère, commandeur, s'oblige, lui et ses successeurs, à payer tous les ans dix livres au curé de Saint-Paul, et à partager avec lui l'honoraire de ceux qui seroient inhumés dans la nouvelle église. Cette transaction fut confirmée par Estienne, évêque de Paris, et par Pierre de Lobet, général de l'ordre.

Peu de temps après il s'éleva un autre différend entre Hugues de Châteauneuf, successeur de Hugues d'Optère, et le prieur de Saint-Éloi, à l'occasion du manoir de la Saussaie, qui relevoit de son prieuré. Cette contestation fut encore terminée moyennant une rente annuelle de quarante livres, que le commandeur s'obligea de payer, lui et ses successeurs.

[537]: Hist. de Par., t. III, p. 484.

[538]: Publiées sous le nom de Duchesne, chap. VII, p. 59, de l'édit. de 1614.—Dubreul, p. 997.

[539]: Voyez 1re partie de ce vol., p. 444.

[540]: T. IV, p. 476.

[541]: Dans cette église étoit établie, depuis plusieurs siècles, une confrérie de Saint-Claude, autrefois si célèbre que le roi Charles VI ne dédaigna point de s'y faire recevoir, exemple qui fut suivi par les principaux seigneurs de sa cour.

[542]: Les bâtiments du Petit Saint-Antoine sont remplacés par des maisons particulières, et l'on y a percé un passage qui donne vis-à-vis la rue des Juifs.

[543]: Voyez, à la fin de ce quartier, l'article [Hôtels].

[544]: Voyez t. Ier, 2e partie, p. 521.

[545]: Delamare, Trait. de la Pol., t. I, p. 114.

[546]: Voyez t. Ier, p. 738, 2e partie.

[547]: Delamare, Traité de la Pol., t. Ier, p. 114.

[548]: Delamare, Traité de la Pol., t. I, p. 117.

[549]: Delamare, Traité de la Pol., t. I, p. 118.

[550]: Ibid., p. 119.

[551]: Ibid., p. 120.

[552]: L'hôtel de la Force, ainsi que la Petite-Force dont nous allons parler, sont encore aujourd'hui des prisons publiques.

[553]: Voy. pl. 133. La destination de cette prison est toujours la même.

[554]: Hélyot, Hist. des ord. relig., t. IV, p. 297.

[555]: Gall. Christ., t. VII, col. 173.—Sauval, t. III, p. 150.

[556]: T. I, p. 656.

[557]: Les bâtiments de cette communauté ont été changés en maisons particulières.

[558]: François-Xavier, Pierre Lefèvre, Jacques Lainez, Alphonse Salmeron, Nicolas-Alphonse Bobadilla, Simon Rodriguez.

[559]: D'Alembert.

[560]: Lainez porta la lumière dans plusieurs articles des constitutions, et, confident de saint Ignace pendant sa vie, fut son interprète après sa mort. On doit à Aquaviva une suite d'instructions faites pour prévenir les abus, et un choix d'industries propres à y remédier. C'est encore sous sa direction que de savantes mains dressèrent le plan d'études connu sous le nom de Ratio studiorum.

[561]: Ad majorem Dei gloriam.

[562]: Ps. XVIII, 2.

[563]: Constit., pars 10, §. 5, p. 446.—Ibid, pars 3, cap. I, §. 7, p. 371.—Ibid, pars 6, cap. II, §. 15, p. 410.—Ibid, §. 16.—Etc.

[564]:

Privatus illis census erat brevis,
Commune magnum.

Horat., lib. II, Od. 15.

[565]: Constit., pars 3, cap. I, §. 4.—Regul. comm., reg. 34, p. 77, 2e vol.—Constit., pars 3, cap. I, §. 6, p. 74.—Ibid, §. 3.—Regul. sacerd., reg. 18, p. 139, 2e vol.—Instit., p. 94, 299, 398, etc., etc.

[566]: Instit., p. 298, 2e vol. Ibid, 299.

[567]: Quel procès à la fois plus injuste et plus célèbre que celui qui fut intenté au P. Girard? et cependant, malgré le nombre et la puissance des ennemis de la société, qui triomphoient contre elle de ce qui n'eût été, dans tous les cas, que la faute d'un de ses membres, la calomnie fut confondue cette fois et réduite à la honte et au silence.

[568]: On aura peine à le croire, mais il n'en est pas moins vrai que les ennemis des jésuites, ne pouvant attaquer la pureté de leurs mœurs, en vinrent, par une contradiction monstrueuse, à soutenir que la chasteté n'est point une vertu; que si c'est une vertu, c'est une vertu inutile: que c'est du moins une vertu barbare, etc. (Voyez Apol. des Jés., cap. IX.) Voilà jusqu'où l'impiété peut faire descendre la raison humaine.

[569]: Constit., pars 6, cap. I, §. 1, p. 407, Ier vol.—Ibid., pars 3, cap. I, §. 23, Ier vol.—Epist. B. Ignat. de obedientiâ, etc., etc.

[570]: Au-delà des justes représentations commence en effet la révolte; et c'est une bien pitoyable objection que celle qu'ont si souvent répétée les philosophes de nos jours: «Mais si celui qui a l'autorité absolue commande de mauvaises actions, des bassesses, des crimes, etc.» Nous ne connoissons pas, dans l'exercice de l'autorité spirituelle, un seul exemple éclatant qui puisse légitimer ces craintes si scrupuleuses, ces alarmes de conscience si édifiantes de nos honnêtes philosophes; mais si, par impossible, un tel cas se présentoit jamais, qui doute qu'un chrétien et à plus forte raison un religieux, appelant aussitôt à son secours une autorité infiniment supérieure, et tout le corps des fidèles faisant en même temps cause commune avec lui, celui qui auroit fait de tels commandements ne fut déclaré fou, et à l'instant même séquestré de la société, sans que pour cela il y eût la moindre violation du pouvoir et de son caractère sacré, sans que ceux qui lui doivent obéissance eussent la moindre pensée de l'envahir? Ce cas s'est présenté quelquefois pour la puissance temporelle. Sans attaquer le pouvoir monarchique, on a imposé des tuteurs à des rois qui avoient donné des preuves évidentes d'aliénation d'esprit; et il faut avoir soi-même perdu le sens, pour être sérieusement arrêté par de semblables difficultés.

[571]: Constit., pars 3, cap. II, §. 5, p. 377, vol. I.

[572]: Constit., pars 10, cap. unic., p. 446, vol. I.

[573]: En Europe jusqu'au fond de la Laponie; en Asie chez les Tartares, et parmi toutes ses peuplades les plus grossières; en Afrique, dans ses sables les plus brûlants; en Amérique, au milieu de ses forêts les plus inaccessibles. Vous attesterez à jamais leur courage et leurs travaux dans ces contrées affreuses, missions du Paraguay, en même temps que vous rendrez exécrable à la dernière postérité le nom de l'homme puissant dont la politique atroce et insensée épuisa à la fois toutes ses fureurs sur des religieux soumis et désarmés à qui elle arracha leur innocente conquête, et sur de pauvres sauvages qu'elle replongea dans leur misère et dans leur premier abrutissement.

[574]: Dans tous les grands royaumes de l'Inde, et particulièrement à la Chine et au Japon.

[575]: Non-seulement le commerce étoit défendu aux jésuites, mais même on leur défendoit jusqu'à l'apparence du commerce. (Cong. 2, decr. 61, p. 499, vol. I.) Rien ne le prouve plus que le bruit que l'on fit, dans l'Europe entière, de l'affaire du P. Lavalette, affaire qui même encore à présent n'est point suffisamment éclaircie, et qui ne démontra qu'une seule chose; c'est que, dans l'espace de deux siècles qui avoient produit plus d'un million de jésuites, UN SEUL, sur ce point capital, avoit désobéi à la règle de l'institut; encore ne le fit-il que par un zèle mal entendu pour le bien de la maison particulière à laquelle il appartenoit.

[576]: Avant les jésuites, il n'y avoit guère d'autres livres de dévotion à l'usage des fidèles que l'Imitation et quelques Vies des saints, écrites avec plus de simplicité que d'exactitude et de discernement. Saint Ignace mit la composition et la publication de livres de piété au nombre des travaux de la société. (Constit., pars 7, cap. IV, §. 11, p. 422, vol. I.)

[577]: Reg. provinc. 100, p. 86, vol. II.—Decret. 16, Cong. 13, §. 3, p. 666, vol. I.—Ibid., 62, Cong. 2, p. 499, vol. I.—Constit., pars 4, cap. VIII, D., p. 319, vol. I.—Instruct. 3, §. 1, p. 308, vol. II.—Reg. sacerd. 10, p. 138, vol. II.—Ibid., 8 et 13, p. 138, vol. II.—Instruct. pro confess., p. 310 et 331, §. 9, 11, 12, vol. II.—Reg. sacerd. 15, 16, 17, 19, 20, 23, 25, p. 139, vol. II, etc. etc.

[578]: En France, la plus haute société ne prenoit guère ses confesseurs que parmi les jésuites. On sait que Henri IV, Louis XIII et Louis XIV n'eurent point d'autres confesseurs.

[579]: Constit., pars 7, cap. II, E, p. 419, vol. II.—Decret., 62, Cong. 2, p. 499, vol. I.—Instruct. pro concion. 19, §. 1, p. 306, vol. II.—Ibid, 10, p. 308.—Reg. concion., 19, p. 140, 141, vol. II.—Instruct. pro concion., §. 7, p. 307, vol. II.—Constit., pars 4, cap. VIII, B, p. 390, 391, vol. I.—Ibid, C, p. 391.—Ibid, pars 10, cap. unic., p. 446, vol. I, etc. etc. etc.

[580]: Les congrégations avoient pour objet le culte de la Mère de Dieu. Les statuts prescrits et les usages observés dans ces associations étoient «de s'assembler à des heures convenables, de réciter l'office divin, d'écouter la parole de Dieu, de participer aux sacrements, de vivre dans une grande union, de s'aimer les uns les autres, de contribuer selon son pouvoir au culte et à la gloire de Marie, de faire plusieurs œuvres de charité, comme de secourir les malades, de pourvoir aux besoins de pauvres, et de visiter les prisons, de prier pour la prospérité de l'Église, de l'État et du roi.» (Bull., p. 92, vol. I.)

[581]: Act. IV, 32.

[582]: Instruct. pro Mission. 2, 3, 4, 5, p. 322, 323, vol. II.—Reg. Mission. 1, 2, 7, 8, 12, 16, 18, 19, 25, 26, p. 141 et seqq., vol. II.—Ordinat. general., cap. I, §. 18, p. 242, vol. II, etc. etc.

[583]: Voyez, dans le livre des Constitutions, les instructions dressées sous le titre de Ratio studiorum.

[584]: «J'ai observé, dit Henri IV lui-même en parlant au parlement (et ces paroles sont à jamais mémorables), quand j'ai commencé à parler de rétablir les jésuites, que deux sortes de personnes s'y opposoient, particulièrement ceux de la religion prétendue réformée, et les ecclésiastiques mal vivants; et c'est ce qui me fait estimer davantage les jésuites. Si la Sorbonne les a condamnés, ç'a été sans les connoître. L'université a occasion de les regretter, puisque, par leur absence, elle a été comme déserte; et les écoliers, nonobstant tous vos arrêts, ont été chercher les jésuites au-dedans et au-dehors de mon royaume.».

L'historien même de l'université est obligé de leur rendre le même témoignage: «On se rend en foule dans leurs écoles, dit-il, et on déserte celles de l'université; ce que perd par là l'université, la religion catholique le gagne, de l'aveu même des plus grands ennemis de cette société.» (Du Boulay, Hist. de l'univ., I, VI, p. 916.)

[585]: La liste en seroit trop longue à donner ici. Leurs noms se trouvent à toutes les pages des Annales de la science et de la littérature, dans tous les pays et dans toutes les langues savantes de l'Europe.

[586]: En France particulièrement par Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.

[587]: Saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Vincent-de-Paul, saint Philippe de Néri, sainte Thérèse.

[588]: Voyez l'Hist. du concile de Trente par Pallavicin.

[589]: Voyez pl. 121.

[590]: Voyez pl. 122.

[591]: Ces monuments n'avoient point été déposés au Musée des Petits-Augustins; ils auront sans doute été détruits pendant le règne de la terreur; et le métal dont ils étoient formés étoit une proie bien faite pour tenter la cupidité des brigands révolutionnaires.

[592]: Ce monument, qui avoit été transporté au musée des Petits-Augustins, est composé de quatre statues de bronze de grandeur naturelle, représentant des Vertus assises sur des piédestaux de marbre noir, et environnées des symboles qui les caractérisent. Plusieurs des bas-reliefs offrent des allégories qui rappellent les principales actions du prince; et deux anges, placés un peu plus bas que les Vertus, soutiennent, l'un son épée, l'autre une table sur laquelle est gravée une inscription.

Tous les historiens de Paris ont parlé de ce monument avec la plus vive admiration; il a encore été vanté dernièrement avec une sorte d'enthousiasme par un auteur[592-A] qui devoit s'entendre aux arts; et l'on prétend que Le Bernin le regardoit comme un des chefs-d'œuvre les plus excellents de la sculpture françoise. Nous avouons que de tels jugements nous confondent: si l'on en excepte les bas-reliefs et l'ange qui soutient l'écusson, dans lesquels on retrouve le style de Sarrazin, les autres figures nous semblent d'une conception si médiocre, d'un dessin si faux, si mesquin, si maniéré, que nous serions tenté de croire qu'il y a ici quelque grande erreur, et que c'est faussement qu'on les a attribuées à cet habile sculpteur. On ne faisoit pas plus mal dans l'école dégénérée du dix-huitième siècle.

[592-A]: M. Legrand, architecte.

[593]: L'église a été rendue au culte.

[594]: L'histoire les nomme Guillaume dit l'Anglois, Richard de Narcey, Évrard et Manassès.

[595]: Gall. Christ., t. IV, instr. col., 199.

[596]: Ibid., col. 202.

[597]: Descript. de la France, 1re part., p. 38. La Chronique d'Albéric ne place aussi l'origine de ce couvent qu'en 1212, et sans doute par la même erreur. L'historien de la ville de Paris, qui en fixe l'époque en 1201, ne parle cependant de cet établissement que comme s'il n'eût été formé qu'en 1207, par la donation que leur fit en ce temps Guillaume de Joinville. Ces deux dates sont fausses: la donation ne fut faite, ainsi que nous l'avons dit, qu'en 1212, ce qui est parfaitement prouvé par la chronique d'Albéric, qui dit que Joinville procura cet établissement aux écoliers du Val, la troisième année de son épiscopat; or, Joinville n'étoit pas évêque en 1207.

[598]: Ils se trouvoient, dans la vallée, exposés à la chute des pierres qui se détachoient des rochers dont la maison étoit environnée, aux pluies, à des neiges abondantes, dont la fonte occasionnoit des inondations qui leur faisoient craindre d'être submergés.

[599]: La fondation de cette église étoit gravée sur deux pierres du portail: l'une représentoit saint Louis, gravé en creux entre deux archers de sa garde; l'autre les effigies d'un chanoine régulier du Val-des-Écoliers, revêtu de sa chape, et ayant aussi à ses côtés deux archers armés de pied en cap. Sur la première de ces pierres on lisoit cette inscription:

À la prière des sergents d'armes, monsieur saint Louis fonda cette église, et y mit la première pierre; et fut pour la joye de la victoire qui fut au pont de Bouvines, l'an 1214.

Sur l'autre pierre on lisoit:

Les sergents d'armes pour le temps gardoient ledit pont, et vouèrent que si Dieu leur donnoit victoire, ils fonderoient une église de Sainte-Catherine, et ainsi soit-il.

[600]: Jaillot apporte une foule de preuves qui confirment cette opinion. «Il n'est guère possible de douter, dit-il, que ces chanoines n'eussent commencé leur église avant cette époque, puisque le nécrologe de cette maison assure que ce bâtiment fut achevé en 1229. Ecclesia.... fundata et perfecta fuit in opere suo anno Domini 1229. Germain Brice dit qu'elle ne fut bâtie qu'en 1234: son opinion seroit-elle fondée sur les doutes des nouveaux auteurs du Gallia Christiana, qui ne croient pas que ce bâtiment ait été sitôt achevé: 1o parce que dans le nombre de ceux qui ont contribué aux frais de la construction est nommé Geoffroi, évêque du Mans, qui ne fut pourvu de cet évêché qu'en 1234; 2o parce que le Nécrologe déjà cité porte que saint Louis mit la première pierre à cette église, après le consentement de l'évêque, donné au mois d'octobre 1229, et que l'espace de temps qui restoit à écouler de cette année n'étoit pas assez long pour cette construction?»

Jaillot répond à ces objections que, lorsque l'on dit que saint Louis mit la première pierre au mois d'octobre 1229, cela ne doit pas s'entendre strictement de la première pose dans les fondements: le bâtiment pouvoit être dès lors élevé à une certaine hauteur lorsque ce prince fit cette cérémonie. On en peut citer un exemple dans l'église de Sainte-Geneviève, commencée le 1er août 1758, et dont le roi ne posa la première pierre que le 6 septembre 1764.

«En second lieu, dit encore Jaillot, quoique Geoffroi n'ait été élevé à l'épiscopat qu'en 1234, je ne crois pas qu'on en puisse tirer une conséquence juste qui détruise le fait avancé dans le Nécrologe: ce registre n'a été fait que long-temps après; on y a donné à Geoffroi le titre d'évêque, qu'il avoit à son décès; mais cela ne prouve ni ne suppose qu'il fût décoré de cette dignité lorsqu'il donna 600 livres pour la construction de l'église. Ainsi nos historiens disent que Childebert fit bâtir l'église et le monastère de Saint-Vincent (depuis Saint-Germain-des-Prés) à la sollicitation de saint Germain, évêque de Paris, quoique ce saint n'ait été placé sur le trône épiscopal que plus de dix ans après qu'on eut commencé les bâtiments et l'église de l'abbaye. Je crois donc devoir préférer le témoignage du Nécrologe aux opinions contraires, et ne regarder celles-ci que comme des conjectures incapables de détruire un fait constaté par un monument aussi authentique que la lettre de Guillaume d'Auvergne.»

[601]: On voyoit encore, du temps de Henri III, plusieurs de leurs tombeaux; mais le cloître ayant été rebâti, il ne resta plus aucun vestige de ces monuments.

[602]: C'étoit un religieux de cette congrégation, nommé Decreil. L'intérieur du cloître que nous donnons ici, relevé sur d'anciens plans, n'a jamais été gravé en perspective. (Voyez pl. 123.)

[603]: Voyez pl. 133.

[604]: Cette sculpture, qui a toute la roideur et toute la barbarie du style gothique, représente ce chancelier à genoux et les mains jointes. Il est revêtu de l'habit militaire, lequel est orné, suivant l'usage de ce temps-là, de ses armoiries brodées dans la partie inférieure de la soubreveste. Une particularité remarquable de ce monument, c'est que la figure et le vêtement sont peints de couleurs imitant le naturel. Nous ignorons à quelle époque ces couleurs y ont été appliquées; mais elles paroissent très-anciennes. Il étoit déposé au musée des Petits-Augustins.

[605]: Ce chef-d'œuvre de la sculpture françoise avoit été déposé dans le même musée. Le chancelier de Birague y est représenté, en bronze, à genoux devant un prie-dieu, et revêtu des marques de sa dignité. Derrière lui, un génie éploré semble éteindre un flambeau. Il est impossible de rien imaginer de plus noble et de plus vrai que la tête de cette figure. La draperie, si difficile à agencer à cause de son énorme volume, est rendue avec un art admirable; et telle est la vérité qui règne dans son exécution, que l'on y sent tout le mouvement, que l'on y retrouve en quelque sorte toutes les formes du corps, bien qu'il soit entièrement enseveli sous cette vaste simarre. Le génie n'est pas exécuté avec moins de sentiment et de délicatesse; tout enfin, dans ce monument, rappelle le bel âge de la sculpture moderne, et porte l'empreinte d'un talent du premier ordre.

[606]: Cette dame y est représentée à demi couchée sur son sarcophage, appuyée sur un coussin, et tenant un livre de la main droite. La forme de sa robe, composée d'une étoffe brochée et à grands ramages, ainsi que celle de sa coiffure, offrent une image exacte et naïve des modes de cette époque; auprès d'elle est un chien, symbole de la fidélité, et à ses pieds, de même que dans l'autre monument, un génie en pleurs éteint un flambeau. Dans cette sculpture, non moins excellente que la première, éclatent toute la grâce, tout le sentiment, toute la finesse qui caractérisent les productions de Germain Pilon; et, pour la délicatesse du ciseau, peut-être est-elle préférable même à la statue du chancelier. Le marbre nous y semble travaillé avec une facilité égale à celle que l'on admire dans les plus beaux monuments antiques. Cette facilité si attrayante, lorsqu'elle est réunie à la science et au sentiment, est surtout remarquable dans un bas-relief placé sur la partie inférieure du sarcophage, dans lequel est représenté le cadavre de madame de Birague, consumé par la maladie et déjà défiguré par la mort. Nous croyons qu'il n'y a rien dans la sculpture françoise que l'on puisse mettre au-dessus de ce morceau. Il avoit été déposé dans le même musée.

[607]: Liv. III, p. 1050.

[608]: Sauval, qui ne connoissoit pas ce contrat, dit que cette vente se fit en 1398; D. Félibien s'est conformé à cette date. Dans un autre endroit Sauval avance que ce fut en 1404, et que ce prince l'échangea, en 1422, avec le duc d'Orléans. Cet historien ne s'étoit pas aperçu que ces dates étoient doublement inadmissibles, le duc d'Orléans ayant été assassiné en 1407, et le duc de Berri étant mort en 1416.

[609]: Cap. VIII, p. 177.

[610]: Archiv. de S. Cather.

[611]: À l'exception de Louis XI, car on voit dans les registres de la chambre des comptes qu'en 1467 «ce prince donna à Jacques Coitier (alias l'Hoste), astrologien, la conciergerie des jardins de l'hôtel des Tournelles, et les profits, sa vie durante.» L'année suivante il appartenoit à la comtesse d'Angoulême.

[612]: Le 5 avril de cette même année, Marie de Médicis y donna le spectacle d'un magnifique carrousel, qu'elle avoit ordonné à l'occasion de la double alliance contractée entre la France et l'Espagne.

[613]: Celles des rues Royale et des Minimes.

[614]: Voy. pl. 124.

[615]: Voyez pl. 131. Cette statue a été abattue le 10 août 1792.

[616]: Sur la face qui étoit du côté de la rue Saint-Antoine, on lisoit:

«Pour la glorieuse et immortelle mémoire du très-grand et très-invincible Louis-le-Juste, XIIIe du nom, roi de France et de Navarre, Armand, cardinal et duc de Richelieu, son principal ministre dans tous ses illustres et généreux desseins, comblé d'honneurs et de bienfaits par un si bon maître et un si généreux monarque, lui a fait élever cette statue, pour une marque éternelle de son zèle, de sa fidélité et de sa reconnoissance. 1639.»

Sur la face du côté des Minimes:

Ludovico XIII, christianissimo Galliæ et Navarræ regi, justo, pio, felici, victori, triomphatori, semper augusto, Armandus cardinalis, dux Richelius, præcipuorum regni onerum adjutor et administer, domino optimè merito, principique munificentissimo, fidei suæ, devotionis, et ob innumera beneficia immensosque honores sibi collatos, porenne grati animi monimentum, hanc statuam equestrem ponendam curavit, anno Domin. 1639.

Sur la face à droite:

POUR LOUIS-LE-JUSTE.

SONNET.

Que ne peut la vertu? que ne peut le courage?
J'ai dompté pour jamais l'hérésie en son fort.
Du Tage impérieux j'ai fait trembler le bord,
Et du Rhin jusqu'à l'Ebre accru mon héritage.
J'ai sauvé par mon bras l'Europe d'esclavage;
Et si tant de travaux n'eussent hâté mon sort,
J'eusse attaqué l'Asie, et d'un pieux effort,
J'eusse du saint tombeau vengé le long servage.
Armand, le grand Armand[616-A], l'âme de mes exploits,
Porta de toutes parts mes armes et mes lois,
Et donna tout l'éclat aux rayons de ma gloire.
Enfin il m'éleva ce pompeux monument,
Où, pour rendre à son nom mémoire pour mémoire,
Je veux qu'avec le mien il vive incessamment.

Sur la face à gauche:

Quod bellator hydros pacem spirare rebelles,
Deplumes trepidare aquilas, mitescere pardos,
Et depressa jugo submittere colla leones,
Despectat Lodoicus, equo sublimis aheno,
Non digiti, non artifices fecere camini;
Sed virtus et plena Deo fortuna peregit.
Armandus vindex fidei pacisque sequester
Augustum curavit opus; populisque verendam
Regali voluit statuam consurgere circo,
Ut post civilis depulsa pericula belli,
Et circum domitos armis felicibus hostes,
Æternum Dominâ Lodoicus in urbe triumphet.

[616-A]: On doit remarquer, pour l'honneur du cardinal de Richelieu, que ce sonnet ridicule, composé par Desmarets de Saint-Sorlin, ne fut gravé sur ce piédestal que long-temps après la mort de ce ministre.

[617]: Voyez t. Ier, 2e partie, p. 1053.

[618]: Cet hôtel, situé dans le quartier du Palais-Royal, étoit contigu à celui que le cardinal de La Rochefoucauld céda aux religieuses de l'Assomption. Il y en eut même une petite portion d'enclavée dans ce monastère.

[619]: Ch. des comptes. Mémor. 4, L. fo 316, verso.—Ibid., Reg. des arrêts, R. 1700, fo 658.

[620]: Voyez pl. 133.

[621]: Cette chapelle étoit décorée de pilastres composites à cannelures dorées; le plafond en calotte étoit chargé de sculptures qui se détachoient sur un fond doré.

[622]: Les galeries qui régnoient au-dessus du cloître étoient également ornées de peintures. On y remarquoit une Magdeleine et un saint Jean dans l'île de Pathmos, ouvrages du père Niceron, religieux de cette maison, et fameux mathématicien. Ces deux tableaux, peu remarquables sous le rapport de l'art, étoient extrêmement curieux comme prestiges d'optique. À mesure que le spectateur s'en approchoit, le sujet principal s'évanouissoit, et l'on n'apercevoit plus qu'un paysage.

[623]: Ce médaillon, qui étoit déposé au musée des monuments françois, est du bon faire de ce sculpteur. Les cheveux y sont traités surtout avec une grande vérité.

[624]: (Déposé aux Petits-Augustins.) Il est représenté à genoux, revêtu des marques de sa dignité, et tenant un livre de la main gauche. Sa femme est également à genoux, avec un livre entre ses mains. Ces deux statues sont d'une assez bonne exécution, quoiqu'un peu maniérée. La tête de madame La Vieuville annonce une femme d'une grande beauté, et se fait remarquer surtout par une coiffure pleine d'élégance et de simplicité.

[625]: Elle est à genoux devant un prie-dieu. Très-mauvaise sculpture. (Déposé dans le même musée.)

[626]: Il est couché sur des canons, et revêtu du manteau ducal. Sculpture barbare. (Déposé dans le même musée.)

[627]: La statue de Magdeleine Marchand la représente à genoux et les mains jointes, dans le costume maussade de la fin du seizième siècle. La tête a quelque naïveté, mais tout le reste est traité d'une manière rude et grossière. (Déposé dans le même musée.)

[628]: Le marbre, dans ces deux bustes, est manié avec intelligence et facilité. (Déposé dans le même musée.)

[629]: L'église des Minimes a été détruite; les bâtiments ont été changés en caserne.

[630]: Vie de la V. mère Françoise de la Croix, etc., 1745.

[631]: Cette maison se faisoit honneur d'avoir servi de retraite à Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, avant son séjour à la cour de Louis XIV.

[632]: On a établi dans les bâtiments de cette communauté une filature en faveur des indigents.

[633]: Voyez p. [848].

[634]: Ces bâtiments sont maintenant occupés par des particuliers.

[635]: Lett. de S. Franç. de Sales, liv. I, lett. 21.

[636]: Elles furent enregistrées le 5 avril 1621, et ratifiées par Louis XIV en 1651.

[637]: 27e liv. des Chart., fos. 329 et 330. On l'appeloit hôtel du Petit-Bourbon. Il fut confisqué, ainsi que tous les biens du connétable de Bourbon, et vendu à François de Kervenoi le 10 décembre 1554, moyennant 6,125 liv. La dame de Kervenoi le rétrocéda au roi le 16 décembre 1576; les filles de la Visitation en firent l'acquisition le 18 février 1621; et cette acquisition fut amortie par deux lettres-patentes, l'une du mois d'avril suivant, enregistrée au parlement le 3 juillet de la même année; l'autre du mois d'août, enregistrée à la chambre des comptes le 10 septembre de ladite année 1621.

[638]: C'est apparemment à ces émigrations qu'il faut attribuer les différentes époques que les historiens de Paris ont fixées à l'établissement des filles de la Visitation. L'abbé Lebeuf et M. Robert donnent à tort pour époque l'année 1528. L'éditeur de Du Breul commet encore une plus grande erreur en faisant venir ces religieuses au faubourg Saint-Michel en 1612, et Le Maire en les établissant rue Saint-Antoine en 1619; enfin l'auteur du Calendrier historique a renchéri sur ces fautes, en plaçant ces religieuses, à leur arrivée, rue du Faubourg-Saint-Jacques, en 1623.

[639]: Voyez pl. 133.

[640]: M. Legrand.

[641]: L'église est maintenant destinée au culte des Réformés.

[642]: Voyez pl. 131.

[643]: Germ. Brice, p. 237.

[644]: Lemaire, t. III, p. 462.

[645]: P. 1063.

[646]: Sauval, t. I, p. 105.—Delamarre, t. I, p. 88.

[647]: Cette inscription étoit conçue en ces termes:

Paci, victricibus Ludovici XIV armis, felicibus Annæ consiliis, augustis M. Theresiæ nuptiis, assiduis Julii cardinalis Mazarini curis, portæ fundatæ, æternùm firmatæ, præfectas urbis, ædilesque sacravére. Anno M.D.C.LX.

[648]: La première portoit:

Ludovico Magno, præfectus et ædiles. Anno R. S. H. 1672.

On lisoit sur l'autre:

Quod urbem auxit, ornavit, locupletavit. P. C.

[649]: Voyez pl. 127.

[650]: T. I, p. 159.

[651]: Le récit de sa mort n'est présenté de cette manière que par des écrivains qui ont peu d'autorité, tels que Du Breul, Piganiol, Belle-forêt. Sur les circonstances authentiques de la mort de ce traître, voyez 1re partie de ce vol., p. 56.

[652]: Méz., règne de Charles V.

[653]: Voyez pl. 132.

[654]: Voyez pl. 126.

[655]: Voyez pl. 132.

[656]: Personne n'ignore à quelle époque la Bastille a été abattue. Cent mille bastilles s'élevèrent aussitôt dans tous les coins de la France; et il n'y eut presque pas de famille, dans toutes les classes de la société, qui n'y comptât des prisonniers.

[657]: Voy. t. Ier, p. 977, 2e partie.

[658]: Cet hôpital existe, et n'a point changé de destination.

[659]: Les Angloises qui ont causé cette erreur étoient des chanoinesses régulières, réformées, de l'ordre de Saint-Augustin, qui avoient obtenu, en 1633, la permission de s'établir dans la ville ou dans les faubourgs de Paris. Elles se fixèrent effectivement près des fossés Saint-Victor, sous la direction de la sœur Marie Tresdurai. Quoique, aux termes des lettres-patentes qui leur avoient été accordées, elles n'eussent pas été autorisées à créer un second établissement, cependant leur supérieure imagina de faire, dans la rue de Charenton, l'acquisition d'une maison et d'un jardin; puis, ayant fait approuver ce nouveau monastère, elle s'y transporta avec sa communauté. Mais comme il ne se présentoit pas, pour la profession, autant de sujets qu'elle l'avoit espéré, cette dame prit le parti de ramener son troupeau à l'ancien couvent, et céda celui-ci, en 1660, aux Angloises du tiers-ordre dont nous parlons.

[660]: T. Ier, p. 652.

[661]: Ces bâtiments sont occupés aujourd'hui par des religieux qui tiennent une maison d'éducation.

[662]: Voyez t. Ier, p. 384, 1re partie.

[663]: T. II, p. 539.

[664]: Cet hôpital existe encore sous le même nom et avec la même destination.

[665]: Hist. des ordr. relig., t. VII, p. 345 et 349.

[666]: T. Ier, p. 655.

[667]: T. V, p. 105.

[668]: Ce mot est formé du mot latin ancilla, qui signifie servante. Les religieuses de l'Annonciade l'avoient pris par humilité.

[669]: L'église a été rendue au culte.

[670]: Voyez p. [1244].

[671]: Les bâtiments de cette communauté sont occupés par une filature.

[672]: Leurs bâtiments ont été changés en maisons particulières.

[673]: Sauval, t. I, p. 663. Les Bénédictins qui ont donné l'Histoire de Paris et le Gallia Christiana donnent pour époque de cette institution l'année 1670, et l'auteur du Calendrier historique a suivi la même date. Il est vrai que les lettres-patentes ne sont que du mois de juillet 1667, et que le parlement ne les a enregistrées le 16 mai qu'après avoir vu le consentement de l'archevêque du 23 janvier 1669, et l'avis des prévôts des marchands et échevins, du lieutenant-général de police et du substitut du procureur-général au Châtelet, en date des 16 mars et 18 juillet de la même année; mais il faut observer, dit Jaillot, qu'on néglige quelquefois d'obtenir des lettres-patentes pour certains établissements religieux, ou qu'on ne les demande que plusieurs années après qu'ils ont été formés; que les lettres-patentes de 1667 n'ont pas pour objet de permettre, mais de confirmer l'établissement fait par la dame Vignier, ce qui prouve son existence antérieure; enfin que les auteurs du Gallia Christiana en fournissent eux-mêmes la preuve, en disant que la seconde prieure de cette maison fut dame Laurence de Saint-Simon Sandricourt, qui en étoit la première professe, y ayant pris l'habit le 27 décembre 1648, et prononcé ses vœux le 1er février 1650. Ainsi l'établissement réel et de fait du prieuré de Notre-Dame-de-Bon-Secours est de l'année 1648.

[674]: Cette abbaye est située à quatre lieues de Paris du côté du levant.

[675]: Cette maison a été changée en atelier de filature.

[676]: T. V, p. 119.

[677]: T. XII, col. 574.

[678]: Il avoit été déposé au musée des Petits-Augustins, et scellé sur les murs du cloître. C'est une sculpture extrêmement médiocre.

[679]: On a aussi établi une filature dans les bâtiments de cette communauté.

[680]: Voyez 1re partie de ce vol., p. 229.

[681]: Il y a maintenant une école dans les bâtiments de cette communauté.

[682]: Hist. de Par., t. II, p. 356.

[683]: Ce motif est constaté dans sa requête, visée dans l'arrêt du 4 février 1634, et détruit tout le récit de cet historien, qui n'avoit pas lu sans doute les titres originaux qu'il cite, et qui a pris pour une donation une vente réelle faite au curé de Saint-Paul par le seigneur de Reuilli.

[684]: Cette église a été rendue au culte.

[685]: Cette maison est maintenant occupée par des particuliers.

[686]: Gall. Christ., t. VII, col. 899.

[687]: Hist. eccles. Paris., t. II, p. 209. On voit par le diplôme de saint Louis, pour la confirmation des droits de cette abbaye, donné à Saint-Germain-en-Laye, au mois de novembre 1227, et par l'acte de donation de Barthélemi de Roie, chambrier de France, dans la seigneurie duquel étoit située l'abbaye de Saint-Antoine, que l'enclos de cette abbaye contenoit quatorze arpents de terre; que les religieuses en possédoient en outre cent soixante-quatorze arpents, plus onze arpents et un quartier de vigne entre Paris et le bois de Vincennes, et deux maisons dans la ville, le tout dans la censive du chambrier. Cette communauté jouissoit de tous ces biens dès le temps de Philippe-Auguste et de Louis VIII. Ces deux actes détruisent entièrement ce qui a été avancé par Du Breul sur une prétendue donation faite à cette abbaye, donation qu'il suppose bien plus considérable qu'elle n'étoit.

[688]: Voyez pl. 132.

[689]: L'enclos de l'abbaye étoit entouré d'un fossé. On remarquoit, à l'angle qu'il forme avec la rue de Reuilli, une croix dont Du Breul fait mention: cet historien ajoute qu'en 1562 on trouva parmi les ruines de cette croix une pierre qui en faisoit partie, avec cette inscription:

L'an M. CCCC. LXV fut ici tenu le landit des trahisons, et fut par unes tresves qui furent données: maudit soit il qui en fut cause.

C'est d'après ce rapport que Sauval dit «qu'en 1465 on érigea une croix au carrefour de Reuilli, en mémoire de la paix faite entre le roi et les premiers chefs de la guerre du bien public.» Cependant, d'après l'inscription, il paroît constant que la croix ne fut point érigée en souvenir des traités de Conflans, de Saint-Maur et de la Grange-aux-Merciers, mais bien plutôt comme une marque de l'inexécution de ces traités, et de la perfidie de ceux qui s'étoient de nouveau révoltés contre le roi. D'ailleurs, le compte du domaine de 1479, rapporté par Sauval (t. V, p. 456), prouve que ce ne fut qu'en cette année que ce monument fut élevé; on y lit, fol. 378:

À Jean Chevrin, maçon, pour avoir assis, par ordonnance du roi, une croix et épitaphe près la Grange-du-Roi, au lieu où l'on appelle le Fossé des Trahisons, derrière Saint-Antoine-des-Champs.

[690]: L'église a été abattue, et son emplacement forme maintenant une petite place. Le monastère a été changé en hôpital.

[691]: Hist. de Par., t. V, p. 94.

[692]: La fonte et le coulage s'en font à Tour-la-Ville, près de Cherbourg, et à Saint-Gobin; elles sont mises ensuite à leur perfection dans cette manufacture, où elles reçoivent le douci, le poli et l'étamure.

[693]: Ils existent encore dans le même état qu'avant la révolution.

[694]: C'est par erreur que Sauval place cette époque au commencement du seizième siècle (t. I, p. 702), et dit qu'après avoir demeuré quelque temps aux faubourgs Saint-Marcel et Saint-Jacques, les Filles de la Trinité vinrent demeurer dans celui de Saint-Antoine en 1608, et dans la petite rue de Reuilli en 1613. L'abbé Lebeuf, Piganiol et l'auteur des Tablettes parisiennes en fixent la date en 1618; et ceci est une suite de l'erreur de Sauval. Ces historiens, en se copiant ainsi, ne se sont pas aperçus que cette date étoit inadmissible, puisque, à cette époque, madame Voisin et M. de Noailles n'étoient pas encore au monde.

[695]: Cette maison a été changée en ateliers de filature.

[696]: Ce couvent est maintenant occupé par un pensionnat de jeunes demoiselles.

[697]: Hist. de Par., t. II, p. 1252.—Piganiol, t. V, p. 82, etc.

[698]: Un ancien mémoire manuscrit porte que, dans l'endroit où ils s'établirent, étoit autrefois un lieu destiné aux lépreux, et qu'il y avoit un bâtiment et une chapelle desservie par des chanoines, qui l'abandonnèrent. Mais, dit Jaillot, je n'en ai trouvé aucune preuve; j'ai seulement lu que les capucins s'y établirent en 1573, et qu'ils n'en sortirent que pour venir occuper la maison qu'ils habitèrent depuis rue Saint-Honoré. Les jésuites succédèrent ensuite aux capucins: leur dessein étoit d'y établir une maison professe; mais le cardinal de Bourbon leur ayant procuré un emplacement plus convenable (voyez p. [1208]), ils abandonnèrent la chapelle, qui passa aux héritiers de l'évêque de Sisteron. Ceux-ci, à la considération de Diane de France, duchesse d'Angoulême, consentirent que la maison et la chapelle fussent occupées par Robert Reche (alias Richer), ermite de l'ordre de Saint-Augustin, qui s'y établit avec son frère, en vertu de la permission de Jean Prévôt, vicaire-général du cardinal de Gondi, évêque de Paris, en date du 29 août 1588. (Sauval, t. III, p. 220.—Lebeuf, t. II, p. 538.)

[699]: La maison et le terrain sont maintenant occupés par des jardiniers.

[700]: Voyez pl. 127.

[701]: Sauval, t. I, p. 68.

[702]: Les historiens disent que le duc d'Orléans en sortoit lorsqu'il fut assassiné.

[703]: Tout ce vaste emplacement, depuis la rue Saint-Antoine jusqu'aux Célestins et à la rivière, étoit couvert de maisons, cours, jardins, et de vastes hôtels qui furent presque tous réunis à la maison royale dite l'hôtel Saint-Paul, et ensuite divisés et vendus comme nous l'avons dit en parlant de ce célèbre édifice. Cette division a trompé nos historiens, et les a mis dans le cas ou de confondre ces différents hôtels, ou de ne pas remarquer que les noms divers qu'ils ont portés ne doivent souvent s'appliquer qu'à la même demeure, successivement occupée par divers particuliers. Ainsi cet hôtel du Petit-Musc a porté successivement les noms d'hôtel Neuf, d'Étampes, de Bretagne, d'Orange, de Valentinois, de Boisi, de Langres, du Maine (Mayenne), et d'Ormesson.

[704]: T. II, p. 126.

[705]: Nous avons parlé de ce qui a rapport à la démolition de cet hôtel à l'article des hôtels du quartier Saint-Paul.

[706]: Bannières du Châtelet, vol. VII, fo 204, verso.

[707]: Fredeg. Schol. Chron., no 58.—Duchesne, t. Ier, p. 757. Coll. hist. Fr., t. II, no 58.

[708]: On proposa, dit l'historien de ce prince, de la donner au roi de Navarre, qui offroit de la payer comptant; «mais il fut impossible d'y réduire l'université: si bien que le roi n'en put sauver que les galeries qui étoient bâties sur les murailles de la ville, et qui furent conservées, en les payant selon l'estimation pour la merveille de l'ouvrage, pour la rareté et la diversité des peintures.»

[709]: Cette pierre, qui avoit deux pieds carrés, fut enlevée quand on bâtit l'hôtel de Lorraine, et trouvée depuis dans quelques démolitions. Elle a été long-temps encastrée dans les murs du jardin de M. Foucault, conseiller d'État. Voici ce qu'on y lisoit:

«Cette maison de Savoisi, en 1404, fut démolie et abattue par arrêt, pour certains forfaits et excès commis par messire Charles de Savoisi, chevalier, pour lors seigneur et propriétaire d'icelle maison, et ses serviteurs, à aucuns écoliers et suppôts de l'université de Paris, en faisant la procession de ladite université à Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, près dudit lieu, avec autres réparations, fondations de chapelles et charges déclarées audit arrêt, et a demeuré démolie et abattue l'espace de cent douze ans, et jusqu'à ce que ladite université, de grâce spéciale, et pour certaines causes, a permis la réédification d'icelle, aux charges contenues et déclarées ès lettres sur ce faites et passées à ladite université en l'an 1517.»

[710]: Corroz., fo 135, recto.

[711]: T. II, p. 1090.

[712]: Chamb. des compt. Mémor. E., fo 223.

[713]: La gravure que nous en donnons ici représente cet hôtel tel qu'il étoit après ces dernières constructions. (Voyez pl. 128.)

[714]: Voyez p. [1175].

[715]: Voyez pl. 129.

[716]: L'auteur du quatrième volume de la Description de Paris et de ses édifices les présente comme des chefs-d'œuvre.

[717]: Sauval, t. I, p. 693.

[718]: Sur plusieurs plans du dix-huitième siècle on trouve un jardin des arquebusiers placé à côté de la boucherie, qui étoit alors située à l'esplanade de la porte Saint-Antoine. Quelques particuliers s'y exerçoient effectivement à tirer de l'arquebuse, et même on y distribuoit des prix; mais ils ne formoient point un corps comme la compagnie des arquebusiers.

[719]: Voyez à la fin de ce quartier l'article [Monuments nouveaux].

[720]: Tout près d'un des angles du clos de Mont-Louis, et dans le parc du seigneur de Charonne, étoit une petite terrasse qui avoit pris la place d'un pavillon assez anciennement construit. On assure que ce fut en cet endroit que le cardinal Mazarin plaça Louis XIV, pour lui faire voir la bataille qui se donna au faubourg Saint-Antoine le 2 juillet 1652.

[721]: Voyez pl. 130, une Vue de la portion de ces boulevarts qui est la plus élégante et la plus fréquentée.

[722]: Maintenant barrière d'Aunay.

[723]: Elle est fermée.

[724]: Elle a pris le nom de la barrière des Rats.

[725]: Elle est fermée pour les voitures.

[726]: T. II, p. 598.

[727]: Cart. S. Mauri, p. 1284.

[728]: Fol. 7, recto.

[729]: Cens. de S. Éloi, 1367. Nicolas Bonfons, libraire, qui nous a donné une édition plus ample des Antiquités de Paris, publiées par Corrozet, indique, dans ce quartier, quatre rues que nous ne connoissons plus: la rue Sainte-Catherine, pour aller droit à la porte Saint-Antoine, la rue de la Royne, la rue Royale et la rue d'Orléans. Corrozet n'avoit point fait mention de ces rues, soit par oubli, soit qu'elles n'existassent point alors, comme cela paroît plus vraisemblable.

Le palais des Tournelles ayant été détruit presque de fond en comble en 1565, on put faire un chemin qui conduisoit en droite ligne de l'église de la Couture Sainte-Catherine à la porte Saint-Antoine, et qui se trouve aujourd'hui couvert de maisons: ce seroit la rue Sainte-Catherine. La rue d'Orléans semble être le chemin qui conduit à la Bastille et à l'Arsenal. On sait que le duc d'Orléans avoit un hôtel situé en cet endroit, et qui fait partie des jardins de l'Arsenal. La rue de la Royne pourroit être le passage qui conduisoit au cimetière Saint-Paul et aux charniers, lesquels subsistoient encore vers la fin du dix-huitième siècle. Jaillot avoit vu cependant un ancien plan manuscrit de la censive et des terrains dépendants du monastère de la culture Sainte-Catherine, sur lequel ce passage étoit indiqué sous le nom de rue aux Lyons. La rue Royale semble être représentée par le cul-de-sac Guémené.

[730]: Dans cette même rue, et un peu avant celle de Saint-Bernard qui vient y aboutir, il y a un cul-de-sac nommé des Forges Royales.

[731]: T. I, p. 112.

[732]: Arch. de l'archev.

[733]: Portef. de Blondeau, t. XII, 1er et 8e cahiers.

[734]: Compt. de Recett. de Ligny de 1601 à 1602, fo 257, verso.

[735]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac qui porte le même nom.

[736]: Ce fut dans cette rue que le connétable de Clisson fut assassiné par l'ordre de Pierre de Craon le 13 juin 1392, et que le roi et une partie de sa cour allèrent le visiter dans la boutique d'un boulanger chez lequel il s'étoit réfugié. (Voyez 1re partie de ce volume, p. 97.)

[737]: Arch. de Sainte-Cather.

[738]: Cette rue est fermée maintenant depuis la rue de Berci jusqu'à la rivière.

[739]: Il y avoit dans la rue de Charonne deux culs-de-sac: le premier, appelé de Mortagne, lequel n'existe plus, devoit son nom à un hôtel voisin; le second, nommé de la Croix-Faubin, existe encore, et doit son nom à une croix qui s'élevoit vis-à-vis de l'endroit où il est situé. Du reste ce nom tire sa première origine d'un petit hameau qui fait aujourd'hui partie du faubourg Saint-Antoine.

[740]: Arch. de Sainte-Cather.

[741]: L'abbé Lebeuf, dans ses notes sur le Dit des rues de Paris de Guillot (p. 597), a cru que c'étoit cette rue-ci que le poète désigne sous le nom du Pute-y-Muce. Robert, en lui donnant aussi ce dernier nom, ajoute qu'elle le portoit encore en 1560, et qu'en 1620 on lui donnoit celui de la Grosse-Margot, de l'enseigne d'un cabaret. Nous croyons que ces deux auteurs se sont trompés. Guillot, d'accord avec les rôles de taxes de 1300 et de 1313, indique la rue Renaut Lefèvre; or c'étoit ce nom que portoit alors la rue Cloche-Perce, comme on peut s'en convaincre en voyant le plan de d'Heuland et autres plans anciens, de même qu'en lisant Sauval et Corroset.

[742]: T. I, p. 126.

[743]: On la nomme maintenant rue Saint-Sabin.

[744]: Arch. de l'archev.

[745]: Recueil de Blondeau, t. XII, 6e cahier.

[746]: On la nomme maintenant rue Sainte-Anne.

[747]: Sauval et ses copistes disent qu'elle a porté successivement les noms de Vieille-Barbette, des Poulies, des Viez-Poulies, de Ferri-des-Poulies en 1258, et de Richard-des-Poulies. Cet auteur ajoute que les poulies étoient un jeu usité alors, et qu'on ne connoît plus aujourd'hui, lequel produisait 20 sols parisis de rente, que Jean Gennis et sa femme donnèrent aux Templiers en 1271. Il est certain qu'au quinzième siècle et au suivant cette rue portoit le nom des Poulies; mais nous n'avons point trouvé ailleurs que dans Sauval qu'elle ait été appelée Vieille-Barbette. Il l'a peut-être confondue avec la Vieille rue du Temple, à laquelle elle aboutit, et qui, dans cet endroit, se nommoit rue Vieille-Barbette.

[748]: Hist. de Par., t. I, p. 591.

[749]: Sauval, t. I, p. 135, 136, 521.

[750]: Sauval, t. I, p. 143.

[751]: Il y a, dans la rue Saint-Antoine, un cul-de-sac parallèle à cette rue, et qui porte le même nom.

[752]: Trait. de la Pol., t. I, p. 181.

[753]: Au bout de cette rue, et en face de celle des Rosiers, est un cul-de-sac appelé Coquerel. C'étoit anciennement une rue ou ruelle nommée de la Lamproie, laquelle aboutissoit à la rue Couture-Sainte-Catherine. (Arch. de Sainte-Cather.) Dans le terrier du roi de 1540 elle est nommée rue de la Cocquerie, rue Coquerée dans les titres des Haudriettes, et de la Cocquerée dans ceux du Temple en 1415.

En face de cette rue, sur le terrain du Petit-Saint-Antoine, on a ouvert un passage qui donne dans la rue du même nom. On l'appelle passage du Petit-Saint-Antoine.

[754]: Arch. de l'archev.

[755]: De Chuyes, dans son Guide de Paris, ne fait pas mention de la rue de Lappe, mais il indique une rue Gaillard, qui nous paroît être celle-ci; s'il dit qu'elle aboutit à la rue de Charenton, c'est une faute d'impression, il faut lire: à la rue de Charonne. Cette identité nous semble prouvée par la fondation que l'abbé Gaillard avoit faite dans cette rue, d'une communauté composée de six frères et d'un supérieur ecclésiastique, pour apprendre à lire et à écrire aux pauvres garçons du faubourg Saint-Antoine.

[756]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac qui faisoit la continuation de la rue du Foin. On l'appelle des Hospitalières, parce que leur maison y étoit située.

[757]: L'avenue qui donne d'un côté sur la place du Trône, de l'autre dans cette rue, se nomme avenue des Ormes.

[758]: T. III, p. 307.

[759]: Archiv. du Templ.

[760]: T. Ier, p. 165, et t. II, p. 121 et 255.

[761]: T. IV, p. 401.

[762]: Arch. de Sainte-Cather. et du Temple.

[763]: Voyez p. [954].

[764]: P. 1237.

[765]: Il y avoit anciennement dans cette rue, entre la rue Saint-Sébastien et celle du Chemin-Vert, trois culs-de-sac qui n'existent plus. Le premier n'avoit point de nom certain; le second étoit appelé des Jardiniers; le troisième, de la ruelle Pelée.

[766]: Recueil de Blondeau, t. LXVI.

[767]: Ibid, t. XXX., 4e et 5e cahiers.

[768]: Cette maison est mentionnée dans l'histoire de Charles IX; les protestants y tenoient une de leurs assemblées. Les registres de la ville nous apprennent que, le 24 avril 1562, le connétable de Montmorenci s'y transporta, ainsi que dans deux autres appelées le Patriarche et le Temple de Jérusalem, et fit brûler les bancs et la chaire du ministre. Quelques auteurs ont prétendu que ce lieu fut ensuite donné à des hospitalières du Saint-Esprit de Montpellier, qu'on y construisit une chapelle sous le titre du Saint-Esprit, et que c'est de là que les religieuses Annonciades du Saint-Esprit ont pris leur nom; mais cette opinion est destituée de tout fondement.

[769]: Depuis la rue de Berci jusqu'à la rivière on la nomme maintenant rue Villiot.

[770]: Dans cette rue aboutissent trois ruelles: la première, nommée ruelle des Quatre-Chemins, commence à côté de la barrière de Charenton; la seconde s'appelle ruelle des Trois-Chandelles; la troisième, désignée sous le titre de ruelle des Trois-Sabres, se dirige vers la barrière de Reuilly.

[771]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac nommé cul-de-sac de Reuilli.

[772]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac qui porte le même nom.

[773]: On la nomme maintenant rue de la Folie-Regnau.

[774]: Arch. du Templ.

[775]: En parlant de la rue des Juifs, nous avons remarqué que Guillot, le rôle de 1313 et autres titres subséquents n'en faisoient pas mention, et cette observation pourroit suffire; mais nous avons encore, pour nous appuyer dans notre opinion, un monument de sculpture placé à la maison qui fait l'angle de la rue du Roi-de-Sicile et de celle des Juifs. Nos historiens nous ont conservé le souvenir de l'attentat commis sur une statue de la Sainte-Vierge qui fut mutilée la nuit du 31 mai au 1er juin 1528: elle étoit placée en la rue des Rosiers. François Ier fit faire une autre statue en argent, qu'il plaça au lieu même où étoit l'ancienne de pierre. Cette cérémonie se fit le 12 dudit mois, à la fin d'une procession générale ordonnée à cet effet. Cette statue ayant été volée en 1545, on en substitua une troisième en bois qui fut brisée par les hérétiques la nuit du 13 au 14 décembre 1551. On fit de nouveau une semblable procession, et l'on y plaça alors une statue de marbre. Les actes qui constatent ces différents faits indiquent que ces réparations furent faites rue des Rosiers, devant l'huis de derrière du Petit-Saint-Antoine. Ce monument en sculpture, où François Ier est représenté, a toujours subsisté depuis au même lieu, et n'a été déplacé qu'au moment de la révolution.

[776]: On la nommoit, pendant la révolution, rue des Vosges, ainsi que la place.

[777]: Il y a dans cette rue un cul-de-sac qui porte le même nom.

[778]: Pag. 48.

[779]: T. II, p. 597.

780: Elle a porté, pendant la révolution, le nom de rue Saint-Denis.

[781]: Voy. t. I, p. 279, 1re partie.

[782]: Le scandale de ces inscriptions a été porté si loin, que depuis quelque temps, dit-on, il a été nommé des inspecteurs chargés d'examiner, d'admettre ou de rejeter les épitaphes.