Le 24 Décembre.

Nous imaginons chaque jour quelque nouveau moyen de remplir nos heures pour combattre l'ennui, et certainement nous avons gagné aujourd'hui quelque chose, grâce à notre persévérance.

—Nous sommes aveugles pendant une partie du jour, a dit mon grand-père; mais les aveugles savent bien souvent occuper leurs mains, et faire des ouvrages dont la perfection nous étonne: essayons de les imiter! Ne saurions-nous tresser de la paille sans y voir? Nous devons y parvenir, avec de l'attention et la facilité que donne l'habitude.

Nous avons fait une première tentative, et, quand nous en avons examiné le résultat, à la clarté de la lampe, nous n'avons pas été trop mécontents. Je suis sûr qu'en peu de jours nous parviendrons à faire des tresses assez régulières.

Je veux essayer de fabriquer un chapeau de paille, comme je l'ai vu faire à quelques petits bergers. Si je peux réussir, j'en serai plus surpris, car ce travail est moins simple. Il faut engager les brins de paille les uns dans les autres, les attacher par des fils nombreux, ce qui exige des nœuds fréquents, et monter le tout sur une forme, comme celles dont se servent les fabricants de feutres. Mon premier essai sera sans doute quelque chose de merveilleux!