EAU DE ROSE

Eau de rose de l’Orient,

L’enfant à qui l’on te destine

Va t’accueillir, en souriant

Avec sa bouche d’églantine.

Son doux teint d’ambre, velouté,

Est celui de la rose-thé

Où court, en ombre purpurine,

Le sang même de la beauté,

Et toute sa personne fière

A, dans ses joyeux dix-sept ans.

Cet air de reine du printemps

Qu’on voit à la rose trémière.

Va donc, parfum ; va, goutte d’eau,

Perler sur cette fraîche peau.

Comme sur la rose baisée

Perle la goutte de rosée.

Sois accueillie en souriant…

Tu seras pourtant peu de chose,

Eau de rose, — pour une rose,

Eau de rose de l’Orient.