NOTES

[1: Jean-Ignace de La Ville, né en 1701, mort le 15 avril 1774, évêque in partibus de Triconie, abbé commendataire de Saint-Quentin-lès-Beauvais et de Lessay, ancien ministre du roi près des Provinces-Unies, directeur général du département des affaires étrangères, élu en 1746 membre de l'Académie française, en remplacement de Mongin, évêque de Bazas. Il eut Suard pour successeur.]

[2: Un Noël satirique, attribué au chevalier de l'Isle, et imprimé dans les Mémoires secrets à la date du 31 décembre 1763, renferme sur Dubois le couplet suivant:

Un homme d'importance,
C'étoit monsieur Dubois,
Tout bouffi d'arrogance
Dit en haussant la voix:
«De ma visite ici, Seigneur, tenez-moi compte,
Car à ma porte plus d'un grand
Vient se morfondre en attendant,
Sans en rougir de honte!»

]

[3: Jules-David Cromot du Bourg, conseiller d'État et surintendant de la maison de Monsieur, comte de Provence, père de Cromot de Fougy, qui lui succéda dans ses charges.]

[4: Marie-Catherine-Irène du Buisson de Longpré, femme de Charles-François Filleul, écuyer, secrétaire du roi, mère de Mme de Marigny, dont Louis XV serait, dit-on, le père (Ch. Nauroy, le Curieux, tome II, p. 177 et 205), et de Mme de Flahaut, qui fut mariée en secondes noces au comte de Souza.]

[6: Je n'ai pu retrouver nulle part de renseignements précis sur ce personnage, dont la famille était peut-être alliée à celle d'un M. de Maleseigne, chargé de réprimer, en 1790, les troubles de Nancy, et dont la famille était originaire de la Franche-Comté.]

[7: Élisabeth de Varanchan avait épousé, à Versailles, le 22 septembre 1751, Geoffroy Chalut de Vérin, écuyer, trésorier de Madame la Dauphine. (Mercure de France, décembre 1751, 2e vol., p. 201.)]

[8: Marie-Thérèse-Antoinette-Raphaëlle, infante d'Espagne, fille de Philippe V, née le 11 juin 1726, morte le 22 juillet 1746.]

[9: Marie-Josèphe de Saxe, fille d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, née le 4 novembre 1741, morte le 13 mars 1767.]

[10: Vers sur la maladie et la convalescence de Monseigneur le Dauphin, par M. Marmontel: Paris, Sébastien Jorry, 1752, in-4°, 21 p.; p. 15, envoi à M. Chalut de Vérin, trésorier général de Madame la Dauphine. Le permis d'imprimer est signé par Crébillon père, comme censeur.]

[11: Essai sur l'amélioration des terres: Paris, Durand, 1758, in-12, 3 pl. L'Épître dédicatoire, signée Pattulo, est ornée d'un fleuron aux armes de Mme de Pompadour, gravé par Patte.]

[12: Élisabeth-Charlotte Huguet de Sémonville, veuve du comte d'Estrades, tué à la bataille de Dettingen, le 19 juillet 1743, fils de Charlotte Lenormand, soeur de Lenormand d'Étioles et de Lenormand de Tournehem. Mme d'Estrades se remaria à Séguier, comte de Saint-Brisson.]

[13: François-Martial, comte de Choiseul-Beaupré, cousin germain de M. de Stainviile (plus tard premier ministre), marié le 27 avril 1751 à Charlotte-Rosalie de Romanet, nièce de Mme d'Estrades. À l'occasion de ce mariage, Choiseul-Beaupré fut honoré du titre de menin honoraire du Dauphin et sa femme de dame surnuméraire de Mesdames. Elle mourut à vingt ans, le 2 juin 1753. Choiseul-Beaupré épousa, au mois d'avril 1756, Mlle Thiroux de Mauregard, soeur de Mme de Pracomtal.]

[14: Élisabeth-Josèphe de Laborde, née en 1731, mariée en 1747 à Gérard Binet, baron de Marchais, gouverneur du Louvre, maîtresse de Ch.-Claude de Flahaut de La Billarderie, comte d'Angiviller, qu'elle épousa en 1781, morte à Versailles le 14 mars 1808. D'Angiviller s'éteignit, dit-on, dans un couvent d'Allemagne, en 1810.]

[15: Jean-Potentien d'Arboulin, administrateur général des postes de 1759 à 1777, secrétaire du cabinet du roi en 1769, mort le 25 décembre 1784. Il était oncle des deux Bougainville. Les Mémoires de Mme du Hausset et de Dufort de Cheverny renferment quelques particularités sur ce personnage, que Mme de Pompadour appelait familièrement Boubou.]

[16: Suivant Bernis lui-même (Mémoires inédits, publiés par M. Frédéric Masson, Plon, 1878, 2 vol. in-8), le mot fut dit en 1741 au cardinal de Fleury, qui le trouva plaisant et qui le répéta.]

[17: Bernis était chanoine du chapitre de Brioude depuis 1739. Quant au bénéfice simple que Marmontel place à Boulogne-sur-Mer, il y a certainement confusion avec celui que Bernis obtint en 1749 en Bretagne, dit-il, sans le désigner autrement. Il fut de plus pourvu, en 1755, de l'abbaye de Saint-Arnould de Metz.]

[18: Selon M. Masson, Bernis occupa au Louvre, de 1746 à 1751, un logement dont l'emplacement n'est pas déterminé, et reçut, en février 1757, celui du comte d'Argenson.]

[19: Il fallait, pour être admis dans ce chapitre, faire la preuve de seize quartiers de noblesse d'épée. La promotion de Bernis est relatée dans la Gazette de France du 19 avril 1748.]

[20: Les insignes des comtes de Lyon consistaient en une croix à huit pointes émaillées de blanc et bordées d'or, suspendue à un cordon rouge liséré de bleu.]

[21: Marie-Sophie de Courcillon de Dangeau, née le 6 août 1713, morte le 4 avril 1756, mariée en premières noces (1729) à François d'Albert d'Ailly, duc de Pecquigny, et en 1732 à Hercule-Mériadec de Rohan, duc de Rohan-Rohan, prince de Soubise et de Maubuisson (1669-1746). M. Masson, à qui j'emprunte cette note, ajoute que l'on conserve dans la famille de Bernis, au château de Salgas (Lozère), un beau portrait de la duchesse de Rohan peint par Nattier.]

[22: Le 31 octobre 1751.]

[23: Le 1er mai 1756.]

[24: Le 29 juin 1757.]

[25: Le 2 octobre 1758.]

[26: Épître à Son Excellence M. l'abbé comte de Bernis, ambassadeur auprès de Leurs Majestés Impériales, sur la conduite respective de la France et de l'Angleterre, par M. Marmontel. Paris, Cl. Hérissant, 1756, in-8°, 1 f. et 18 p.

«Il y a beaucoup de beaux vers dans cet ouvrage, écrit le duc de Luynes (17 septembre 1756). La conduite des Anglois y est bien dépeinte. On a remarqué que l'auteur auroit pu parler de M. de La Galissonnière.»]

[27: Le texte de ce manifeste avait été rédigé par le comte de Hertzberg, ministre d'État de Frédéric II. Il a été réimprimé dans le tome Ier du Recueil des déductions, manifestes, déclarations, traités et autres actes et écrits publics qui ont été rédigés et publiés pour la cour de Prusse, par ce même ministre (Berlin, 1790, 3 vol. in-8). Il y porte le titre suivant: Mémoire raisonné sur la conduite des cours de Vienne et de Saxe et sur leurs desseins dangereux contre Sa Majesté le roi de Prusse, avec les pièces originales et justificatives qui en fournissoient les preuves (Berlin, 1756). Selon une note de l'éditeur, Frédéric aurait ajouté de sa main sur le titre le mot raisonné.]

[28: Malgré les plus diligentes recherches, il n'a pas été possible de retrouver le titre exact de ce mémorandum qui manque aux archives des Affaires étrangères et dont aucun autre contemporain n'a parlé. Il n'est pas trace non plus de la date d'impression dans les papiers de la Direction de la librairie, appartenant aujourd'hui à la Bibliothèque nationale.]

[29: Armand Baschet, en citant ce passage (Histoire du dépôt des archives des Affaires étrangères, p. 308), a fait observer que, durant son court passage au ministère, Bernis eut à se débattre au milieu des conjonctures les plus graves, et qui suffiraient à excuser l'indifférence dont se plaint Marmontel.]

[30: La réplique est citée en termes presque identiques dans la Correspondance littéraire de Grimm (éd. Garnier frères, tome VI, p. 64) et dans un des passages les plus connus des Mémoires de Mme d'Épinay, le récit, authentique ou supposé, de son second souper chez Mlle Quinault (1re partie, chap. VIII); là, les interlocuteurs sont Rousseau et un médecin désigné sous ce sobriquet d'Akakia que les plaisanteries de Voltaire sur Maupertuis avaient mis à la mode. Que faut-il en conclure? Non pas que le mot de Malouin a été inventé, mais que Marmontel, comme Mme d'Épinay, a cédé au plaisir de conserver une repartie qu'ils n'avaient peut-être entendue ni l'un ni l'autre.]

[31: Charles-Antoine Le Clerc de La Bruère, né à Crépy-en-Valois en 1714, mort à Rome en 1754, secrétaire du duc de Nivernais, ambassadeur de France, qui l'avait, en raison de son humeur, surnommé Malagrazia, disgracieux. (Lucien Perey, Un petit-neveu de Mazarin, C. Lévy, 1890, in-8.)]

[32: À cause de son roman satirique et allégorique: les Amours de Zéokinizul (Louis XV), roi des Kofirans (François), 1740; souvent réimprimé au siècle dernier.]

[33: Le brevet en faveur de Louis de Boissy, daté du 12 octobre 1754, est transcrit dans les registres du secrétariat de la Maison du roi (Archives nationales, Oi 98, folios 314-317), et renferme la liste des pensions que le titulaire devait servir à partir du 1er janvier 1755, savoir: 2,000 livres à Cahusac, auquel elles étaient accordées depuis 1744 «en considération de ses services et de ses travaux littéraires»; 2,000 livres à l'abbé Raynal, «chargé de la composition du Mercure depuis plusieurs années et qui a perfectionné cet ouvrage par son attention et son travail»; 2,000 livres à M. de Lironcourt, «ci-devant consul de France au Caire, et que S. M., satisfaite de ses services, a nommé au consulat de Lisbonne»; 2,000 livres à Ph. Bridard de La Garde; 1,200 livres à Piron; 1,200 livres à Marmontel; 1,200 livres à Séran de La Tour; 1,200 livres au chevalier de La Négerie, frère de feu M. de La Bruère. Faut-il supposer, comme Marmontel le dit quelques lignes plus bas, qu'il avait été oublié dans une première distribution et que son nom fut rajouté à la liste définitive?]

[34: Le texte du brevet délivré à Marmontel, le 27 avril 1758, figure, comme celui de L. de Boissy, dans les registres du secrétariat de la Maison du roi (Oi 102, folios 231-235). Les pensions de Cahusac, de Raynal, de Bridard de La Garde, de Séran de La Tour et de La Négerie, y sont maintenues au même taux, mais celle de Piron est portée à 1,800 livres, et celle de M. de Lironcourt avait été attribuée, par un brevet du 19 mai 1755, à Mlle de Lussan. Marmontel avait en outre à servir 2,400 livres à la veuve de Boissy et à son fils, 2,000 livres à Crébillon père, 2,000 livres à Gresset, 1,500 livres à Saint-Foix et 1,200 livres à Saint-Germain. Le 30 juillet suivant, sur la pension de Mlle de Lussan qui venait de mourir, deux autres brevets de 200 et de 800 livres furent attribués à l'abbé Guiroy «pour récompenser le zèle qu'il a fait paraître dans différents ouvrages littéraires», restés aussi inconnus que l'auteur à tous les bibliographes.]

[35: Julien-David Le Roy (1724-1803), quatrième fils du célèbre horloger Julien Le Roy, auteur, entre autres ouvrages, des Ruines des plus beaux monuments de la Grèce (1758, in-folio, 60 pl., ou 1770, in-folio, 71 pl.).]

[36: La Dissertation sur l'effet de la lumière dans les ombres relativement à la peinture, par M. C***, ornée d'une charmante planche dessinée et gravée par l'auteur, a été imprimée avec pagination continue et jointe au volume intitulé: Recueil de quelques pièces concernant les arts, extraites de plusieurs Mercures de France. Paris, Ch.-A. Jombert, 1757, in-12. La seconde dissertation ne semble pas avoir été tirée à part, ni réimprimée.]

[37: Ce compte rendu parut dans le Mercure d'octobre 1759, 1er volume, p. 183-192.]

[38: Éloge de Maurice, comte de Saxe, duc de Sémigalle et de Courlande, maréchal général des armées de S. M. T. C. Discours qui a remporté le prix de l'Académie françoise en 1759, par M. Thomas, professeur en l'Université de Paris au collège de Beauvais. Paris, B. Brunet, 1759, in-8°, 1 f. et 42 p.]

[39: Portrait de Mme Geoffrin, par M. L. M. (l'abbé Morellet). Amsterdam et Paris, Pissot, 1778, in-8°. Réimp. en 1812, avec la Lettre et l'Éloge que d'Alembert et Thomas ont également écrits en l'honneur de leur bienfaitrice.]

[40: Le P. Dominique Parrenin (1655-1742) avait adressé de Pékin à Mairan diverses lettres dont quelques-unes ont été imprimées dans un petit volume (1759, in-12) et réimp. à l'Imprimerie royale, 1770, in-8°. On voit par la date de la mort du savant astronome que Marmontel ne pouvait parler que par ouï-dire de la joie de Mairan lorsqu'il recevait ces fameuses lettres.]

[41: Jacques-André Portail, à qui ses délicats crayons, longtemps confondus avec ceux de Watteau et de Lancret, ont conquis aujourd'hui une place d'honneur chez les raffinés. Ce passage, souvent cité, est à peu près tout ce que les contemporains nous ont laissé sur ce petit maître, dont la date et le lieu de naissance (Nantes, selon les uns; Brest, selon les registres de l'Académie royale) ne sont même pas encore exactement connus.]

[42: Cette esquisse, qui n'a figuré, que je sache, à aucune exposition rétrospective, avait dû, comme tant d'autres, rester de longues années entre les mains du peintre, puisqu'il s'en dessaisit seulement à la fin de 1783. Par une lettre datée du 19 décembre de cette année, Marmontel le remercie d'un présent «qui lui sera précieux toute sa vie», et il ajoute: «Je souhaite bien vivement que l'état de vos yeux vous permette bientôt de finir cette belle esquisse; mais, telle quelle, je la préfère au tableau le plus achevé qui ne seroit pas de votre main.» (Catalogue de la collection d'autographes Lucas de Montigny, n° 1969; Aug. Laverdet, expert.) Quand Marmontel reçut son portrait, l'esprit du peintre était irrémédiablement ébranlé; il quitta peu après Paris, et se survécut quatre ans encore à Saint-Quentin.]

[43: Louise-Charlotte de Grammont, épouse de Charles-Louis de Lorraine, comte de Brionne.]

[44: Louise-Henriette-Philippine de Noailles, épouse de Emmanuel-Céleste-Augustin, marquis, puis duc de Duras, alors brigadier d'infanterie.]

[45: Jeanne-Sophie-Élisabeth-Louise-Armande Septimanie (1740-1773), épouse de Casimir Pignatelli, comte d'Egmont.]

[46: Le futur cardinal qui devait jouer dans l'affaire du Collier le rôle que l'on sait, et qu'on désignait alors d'ordinaire sous le simple titre du prince Louis.]

[47: Chennevières-lès-Louvre (Seine-et-Oise), hameau du canton de Luzarches, qu'il ne faut pas confondre avec Chennevières-sur-Marne.]

[48: Voyez ce que l'auteur dit du jeu de Le Kain, sans le nommer, dans ses Élémens de littérature, article Déclamation.]

[49: Barthélémy-Augustin Blondel de Gagny (1695-1776), trésorier de la Caisse des amortissements, possesseur de l'un des plus curieux et des plus riches cabinets du XVIIIe siècle; voir les appendices du Livre-Journal de Lazare Duvaux, publié par M. L. Courajod pour la Société des bibliophiles français (1873, 2 vol. in-8), et les Amateurs d'autrefois, par Clément de Ris (1877, in-8).]

[50: Mlle Saint-Hilaire débuta dans Amadis le 30 décembre 1759. Voir le compte rendu de Marmontel, Mercure, année 1760, page 197.]

[51: Garches (Seine-et-Oise). Clément de Ris assurait (en 1868) qu'une partie du pavillon de Blondel de Gagny subsistait encore.]

[52: Georges-Nicolas Baudard de Vaudesir, fils du receveur des tailles de l'élection d'Angers, à qui il avait succédé, puis trésorier général des colonies françaises. Son fils Claude reçut, lorsque cette dernière charge fut supprimée, le titre de trésorier général de la marine, qu'il perdit en 1780. Mêlé comme témoin à l'affaire du Collier, il mourut en 1787 à la Bastille, après une banqueroute de vingt millions. Il avait bâti au bois de Boulogne la Folie Saint-James, dont le nom est resté à un quartier de Neuilly (C. Port, Dictionnaire du Maine-et-Loire). Il sera question plus loin d'une visite que fit Marmontel au château de Baudard de Vaudesir.]

[53: Louis Coste de Pujolas, né à Toulouse en 1719, mort à Paris le 25 juin 1777, longtemps directeur des Affiches, Annonces et Avis divers, connus sous le nom d'Affiche de province (1752-1784, 33 vol. in-4°). Le Nécrologe de 1778 contient une notice anonyme sur Coste de Pujolas par un de ses amis; dans une note autographe que je possède, Meusnier de Querlon, véritable rédacteur de l'Affiche de province, conteste les titres de son chef de file aux éloges que lui prodiguait le Nécrologe.]

[54: Choix des anciens Mercures, avec un extrait du Mercure françois. Paris, Chaubert, 1757-1764, 108 vol. in-12 et une Table générale, 1765, in-12.]

[55: Les documents sur cet épisode capital de l'existence de Marmontel ne manquent pas, mais ils sont singulièrement dispersés. Dès 1829, J. Delort, dans son Histoire de la détention des gens de lettres à la Bastille et à Vincennes, faisait connaître quelques lettres provenant, semble-t-il, des archives de la Bastille et relatives à l'entrée et à la sortie de Marmontel. En 1835, Mommerqué communiqua au Bulletin de la Société de l'histoire de France un dossier beaucoup plus important, extrait, selon toute apparence, de ces mêmes archives, entassées alors dans les caves et dans les combles de l'Arsenal, et qui, depuis, n'y a pas fait retour. Ce dossier renfermait la lettre de Marmontel au duc d'Aumont (30 novembre 1759) à laquelle il fait allusion plus haut; diverses lettres à Sartine, par Saint-Florentin, d'Abadie, gouverneur de la Bastille, et Marmontel; le rapport d'un exempt sur Durand, «vieil homme vivant de son bien», dont le sort tourmentait si vivement le prisonnier, ainsi que le prouve une nouvelle lettre au lieutenant de police; un désaveu formel de Cury, daté de Clichy, 5 janvier 1760, et adressé à Saint-Florentin; l'avis de mise en liberté de Marmontel, 7 janvier 1760, et une note de la main de Sartine sur le revenu que celui-ci était menacé de perdre. Il existe un tirage à part de ces documents sous le titre de: Détention à la Bastille de Marmontel et de Morellet (imp. Crapelet, 1835, in-8, 16 p.). M. Cocheris a publié en fac-similé dans le Bibliophile français illustré (t. II, p. 184 et 191) la lettre de cachet et l'ordre de mise en liberté de Marmontel, reliés dans un registre de la Bastille appartenant à la Bibliothèque Mazarine.]

[56: D'après une note que veut bien me communiquer M. Fernand Bournon, François-Jérôme d'Abadie (appelé quelquefois de L'Abadie), lieutenant de roi à la Bastille, fut nommé gouverneur à la mort de Baisle, le 8 décembre 1758. Il mourut subitement le 18 mai 1761.]

[57: Mlle Sau…, dit la table des matières de l'édition de 1821. J'ignore qui elle entend désigner.]

[58: C'est-à-dire de Madeleine-Céleste Fieuzal, dite Durancy, dont il a été question tome Ier, livre IV, et qui débuta le 19 juillet 1759 dans les rôles de Dorine de Tartufe et de Marinette du Florentin. L'arrestation de Marmontel étant du 27 décembre 1759, il ne saurait être question dans ce passage du début de Durancy père, qui, selon une note assez obscure de de Manne (Troupe de Voltaire, p. 202), aurait eu lieu le 15 novembre de la même année.]

[59: Philippe Bridard de La Garde fort décrié en effet pour ses moeurs, et longtemps le chaperon,—pour ne pas dire pis,—de Mlle Le Maure; auteur d'un roman agréable et trop peu connu, les Lettres de Thérèse (1737, 6 parties in-12).]

[60: Colin, homme d'affaires de Mme de Pompadour, mort en 1775, à peu près ruiné. Sa bibliothèque, dont on a le catalogue, dénotait un curieux et un homme de goût. Il est souvent question de Colin dans la correspondance de Falconet avec Diderot et avec Catherine II.]

[61: Catherine-Suzanne Jossel, veuve de Charles Gaulard, était aussi la mère de Mme Bouret de Villaumont, dont il sera question plus loin.]

[62: La famille Gradis compte actuellement encore des représentants à Bordeaux.]

[63: Le nom d'Ansely ne figure ni sous cette forme, ni sous aucune autre, dans les répertoires locaux de l'époque, et il ne semble pas qu'à l'exception de Marmontel, ses contemporains aient apprécié les qualités que celui-ci se plaît à lui reconnaître. La romance de Pétrarque et l'Épître aux poètes ont été recueillies dans l'édition des Oeuvres de l'auteur donnée par lui-même (1787).]

[64: Jean de Barbot, président à la cour des Aides de Guyenne, passait, à tort ou à raison, auprès de ses contemporains pour avoir fourni à Montesquieu le canevas de quelques-unes des Lettres persanes.]

[65: Selon l'Almanach du Languedoc (1755), M. de Saint-Amand était receveur général du tabac à Toulouse.]

[66: M. Gaston Boissier a publié dans la Revue des Deux-Mondes du 15 avril 1871 une étude sur Jean-François Séguier, naturaliste et antiquaire, dont une partie des papiers a été transportée à la Bibliothèque nationale, à la suite de la mission bibliographique de Chardon de La Rochette et de Prunelle dans les départements du Midi.]

[67: Honoré-Armand, duc de Villars (1702-1770), membre de l'Académie française et l'un des correspondants de Voltaire. Grimm, en rappelant l'épitaphe proposée pour son tombeau: Ci-gît l'ami des hommes, ajoute: «Je ne connais que M. de Mirabeau en droit de protester contre la profanation d'un titre qu'il s'est réservé exclusivement.» (Corresp. litt., octobre 1770.)]

[68: J.-P.-Fr. de Ripert de Monclar (1711-1773), procureur général au parlement d'Aix, célèbre par son mémoire en faveur du mariage des protestants (1756) et par son Compte rendu des constitutions des Jésuites (1763).]

[69: Le Tilloy, commune de Corbeilles-Gâtinais, arrondissement de Montargis, canton de Ferrières (Loiret).]

[70: Jacques-Annibal Claret de Fleurieu (1692-1776), seigneur de La Tourette, terre située à Éveux, près de l'Arbresle (Rhône), prévôt des marchands de Lyon, et Marc-Antoine-Louis Claret de Fleurieu (1729-1793), secrétaire perpétuel de l'Académie de Lyon, ami de J.-J. Rousseau et de Voltaire.]

[71: Mme Lobreau-Destouches fut longtemps directrice du théâtre de Lyon. En 1776, Voltaire sollicitait de La Tourette, de Vasselier et de Turgot, le renouvellement du bail qu'elle exploitait depuis 1752, et qui devait expirer deux ans plus tard.]

[72: J.-B.-François de Montullé, ancien conseiller au Parlement, secrétaire des commandements de la reine (charge achetée, dit le duc de Luynes, 140,000 livres à Rossignol, son prédécesseur), associé libre de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Montullé avait épousé la fille du fermier général Audry-Neveu. Exécuteur testamentaire du fameux amateur Jean de Jullienne, il lui avait consacré une notice dans le Nécrologe de 1767. Ses propres collections furent dispersées en 1783 sous les initiales M*** T***, et après sa mort (29 novembre 1787). Ses plus beaux dessins de l'École française provenaient de M. de Jullienne.]

[73: Sur les soupçons d'empoisonnement qu'éveilla la mort du Dauphin et de la Dauphine, voir l'Espion dévalisé, p. 81-97, et la Vie privée de Louis XV, t. IV p. 36.]

[74: L'Éloge de d'Alembert a été imprimé dans le tome XVII des Oeuvres de Marmontel publiées en 1787.]

[75: Ce n'est pas ici le lieu de résumer, même sommairement, le débat qui, depuis tantôt un siècle, divise les admirateurs et les adversaires de Rousseau touchant ses procédés à l'égard de Mme d'Épinay, de Mme d'Houdetot et de Diderot; les documents mis au jour par MM. Lucien Perey et G. Maugras, dans la Jeunesse et les _Dernières années de Mme d'Épinay, ont montré avec quelle légitime méfiance devaient être lues les pages des Confessions qui la concernent. On ne lira pas avec moins de profit une remarquable étude de M. Lucien Brunel sur la Nouvelle Héloïse et Mme d'Houdetot, extraite des Annales de l'Est (Berger-Levrault, 1888, in-8°, 63 p.). Enfin, j'ai publié dans les _Appendices de la Correspondance littéraire de Grimm (tome XVI, p. 218 et suiv.) les Tablettes de Diderot, cahier de notes où sont énumérées ce qu'il appelle «les sept scélératesses» de Rousseau contre lui et ses amis.]

[76: Voyez tome I, livre IV.]

[77: Dufort de Cheverny (I, 196), qui visita aussi (en 1757) le ministre exilé, lui fait dire, au contraire, que sa seule consolation était de venir tous les jours voir son maître; mais d'Argenson se flattait sans doute encore que sa disgrâce serait de courte durée. Selon le président Hénault (Mémoires, p. 251), cette statue de Louis XV (en pied) était celle que Pigalle avait modelée pour les jardins de d'Argenson à Neuilly. Vendue en 1792 avec le château des Ormes, elle aurait été chargée, à cette époque, sur un bateau à destination de Nantes; depuis lors, on perd sa trace. (Tarbé, la Vie et les Oeuvres de J.-B. Pigalle, 1859, p. 234.)]

[78: Le véritable nom de cette terre est Sainte-Gemmes-sur-Loire (canton des Ponts-de-Cé, arrondissement d'Angers). Le château, échu par contrat à d'Autichamp (1788), fut ravagé en 1793 par les Bleus et les gendarmes, et repris par les Vendéens sous les ordres de d'Autichamp lui-même. (C. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire.)]

[79: Une communication bénévole de M. C. Port, membre de l'Institut, archiviste de Maine-et-Loire, me permet de donner quelques indications sur ce personnage resté inconnu à toutes les biographies, et pour cause, car, s'il a écrit quelque chose, il n'a rien fait imprimer. L'abbé Roussille, prieur de Champigné-sur-Sarthe et chanoine de l'église cathédrale (Saint-Maurice), fut élu membre de l'Académie d'Angers le 16 mars 1729. Il en était chancelier en 1760, lors de la réception de M. de Contades (13 août), et c'est alors qu'il dut prononcer sa fameuse harangue, mais le procès-verbal de cette séance manque précisément au registre. L'abbé Roussille mourut vers 1782, car son nom figure jusqu'à cette époque dans l'Almanach d'Anjou. Il avait également le titre d'associé de l'Académie de Lyon.]

[80: Le Calendarium medicum de 1764 et de 1767 donne à Noël-Marie de Gevigland les titres d'ancien médecin des hôpitaux militaires durant la guerre de Sept ans, et de utriusque pharmaciæ professor, qui auraient dû lui épargner la qualification dédaigneuse dont Marmontel a payé ses services. Gevigland demeurait rue Saint-Honoré, vis-à-vis les Jacobins. La Bibliothèque nationale possède de lui cinq thèses latines et françaises restées inconnues à Quérard.]

[81: Cette estampe, gravée par J.-L. Bosse, porte le titre suivant: Bélisaire, général de l'armée des Romains sous le règne de l'empereur Justinien. Dédiée aux vertueux militaires. (Paris, Rosselin, rue Saint-Jacques, au Papillon.) H. Walpole et Smith ont émis des doutes sur l'authenticité de ce tableau, qui fit, au siècle dernier, partie de la galerie du duc de Devonshire.]

[82: Karl-Wilhelm, duc de Brunswick-Wolfenbuttel (1735-1806), si fameux depuis par le rôle qu'il joua dans la campagne de 1792.]

[83: J.-Fr. Georgel (1731-1813), d'abord jésuite, puis secrétaire et chargé d'affaires de France à la cour de Vienne, grand vicaire du cardinal Louis de Rohan à Strasbourg, et de M. de La Fare à Nancy, auteur de volumineux Mémoires (1817 et 1820, 6 vol. in-8), dont, selon Quérard, la rédaction aurait été remaniée par divers écrivains.]

[84: Christophe de Beaumont (1703-1781).]

[85: Les Trente-sept Vérités opposées aux Trente-sept Impiétés de Bélisaire, par un bachelier ubiquiste. (Paris, 1777, in-4° et in-8°.) Cette réfutation ironique a été prise au sérieux par un savant allemand, J.-A. Eberhard, dans deux passages de son Examen de la doctrine touchant le salut des païens (trad. par Ch.-Guill.-Fréd. Dumas, Amst., 1773, in-8°), plaisante méprise signalée pour la première fois par Ant.-Alex. Barbier.]

[86: Ces témoignages furent imprimés sous le titre de Lettres écrites à M. Marmontel au sujet de Bélisaire (in-8°, 17 p.). Les Mémoires secrets (12 décembre 1767) prétendent que Marmontel avait fait insérer dans les Affiches, Annonces et Avis divers, une note sur la perte de son portefeuille, afin de mettre «sa modestie à couvert», et qu'il avait prévenu, par la même voie, que ce portefeuille lui avait été restitué.]

[87: Charles de Broglie (1733-1777), évêque, comte de Noyon, pair de France et abbé de l'abbaye des Bernardins d'Ourscamp.]

[88: Yves-Alexandre de Marbeuf, ministre de la feuille des bénéfices (1771) prédécesseur de Talleyrand au siège épiscopal d'Autun (1767-1789).]

[89: Le Discours en faveur des paysans du Nord est imprimé au tome XVII des Oeuvres de l'auteur publiées par lui-même (1787).]

[90: Une tache.]

[91: Françoise-Adélaïde de Noailles, née en 1704, mariée en 1717 à Charles, comte d'Armagnac (1684-1753), dit le prince Charles, grand écuyer de France. Séparée de corps et de biens au bout de quelques années, elle prit, après la mort de son mari, le titre de princesse douairière d'Armagnac.]

[92: Le fils de Bassompierre avait épousé, selon la France protestante, la fille du célèbre pastelliste genevois, Jean-Étienne Liotard. Ce passage de Marmontel a été cité dans le Bulletin du bibliophile belge (II, 393) sans indications de références biographiques sur cet audacieux ou naïf contrefacteur.]

[93: Gabriel-François-Joseph de Verhulst (et non Vérule, comme le portent les éditions précédentes), dont le cabinet fut dispersé aux enchères publiques à Bruxelles, le 16 août 1779 et jours suivants. Le catalogue indique trois paysages de Berghem, mais ne mentionne pas le tableau de Rubens auquel Marmontel fait allusion. Il est à peine nécessaire d'ajouter que le grand peintre fut marié deux fois, et non pas trois.]

[94: Le Huron, comédie en deux actes et en vers, mêlée d'ariettes (Théâtre-Italien, 20 août 1768). Marmontel n'avait pas voulu être nommé, mais personne ne fut dupe de cette feinte modestie.]

[95: Lucile, comédie en un acte et en vers libres, mêlée d'ariettes (Théâtre-Italien, 5 janvier 1769). Cette fois encore Marmontel avait gardé l'anonyme.]

[96: Sylvain, comédie en un acte et en vers libres, mêlée d'ariettes (Théâtre-Italien, 19 février 1770).]

[97: L'Ami de la maison, comédie en trois actes et en vers libres, représentée pour la première fois sur le théâtre de la cour, à Fontainebleau, le 26 octobre 1771.]

[98: Zémire et Azor, comédie-ballet en quatre actes et en vers libres, mêlée d'ariettes, représentée pour la première fois sur le théâtre de la cour, à Fontainebleau, le 14 octobre 1771, et à Paris, au Théâtre-Italien, le 16 décembre suivant.]

[99: Gustave, roi sous le nom de Gustave III (1746-92).]

[100: Loménie de Brienne, reçu le 6 septembre 1770, en présence de Gustave et de son frère, le prince Charles. La réponse de Thomas, en qualité de directeur, ne put être imprimée à raison des allusions à un réquisitoire de Séguier contre les écrits philosophiques que le public crut y saisir. Voir sur cette affaire la Correspondance de Grimm, octobre 1770.]

[101: Mort le 26 mars 1772.]

[102: Mme d'Houdetot disait plaisamment que Mme La Ruette avait de la pudeur «jusque dans le dos». (Corresp. litt. de Grimm, XI, 443.)]

[103: La Fausse Magie, comédie en deux actes et en vers libres, mêlée d'ariettes (Théâtre-Italien, 31 janvier 1775). Les auteurs modifièrent le dénouement l'année suivante.]

[104: La Voix des pauvres, épître sur l'incendie de l'Hôtel-Dieu, réimprimée, ainsi que l'Ode à la louange de Voltaire, au tome XVII des Oeuvres de Marmontel (1787), revues par lui.]

[105: Marmontel a daté du château de La Tour des vers reproduits au tome XVII de ses Oeuvres (1787).]

[106: Je n'ai pu découvrir quel nom cachent ces initiales.]

[107: Jean-Armand de Bossuejouls, comte de Roquelaure, plus tard archevêque de Malines (1721-1818). Il avait succédé à Moncrif.]

[108: L'hôtel d'Angiviller et la rue à laquelle il avait donné son nom (entre l'Oratoire Saint-Honoré et la rue des Poulies) ont disparu en 1854, lors de l'achèvement de la rue de Rivoli.]

[109: Lettre de Marmontel à M*** sur la cérémonie du sacre de Louis XVI (Reims, le 11 juin 1775). S. l. n. d., in-8°, 7 p.]

[110: Charles-Juste de Beauvau, né à Lunéville le 10 novembre 1720, maréchal de France en 1783, mort le 19 mai 1793, au château du Val, près Saint-Germain-en-Laye. Il avait remplacé, en 1771, le président Hénault à l'Académie française.]

[111: Marie-Charlotte de Rohan-Chabot, née le 12 décembre 1720, mariée en 1749 à J.-B. de Clermont d'Amboise, lieutenant général, et remariée en 1764 au prince de Beauvau; morte le 26 mars 1807.]

[112: Voir dans les Mémoires de l'abbé Morellet (1821, tome II, p. 49) une lettre de Mme de Beauvau à la princesse de Poix, où elle proteste, en ce qui la concerne, contre ce portrait «ou plutôt cet éloge», et surtout contre celui que Marmontel trace de son mari. Elle avait voué à sa mémoire un véritable culte, ainsi qu'en témoigne chaque page de ses_ Souvenirs_, publication posthume de Mme Standish, née de Noailles. (L. Techener, 1872, in-8°.) Marmontel avait adressé en 1793 à Mme de Beauvau une lettre de condoléance dont Morellet a également cité un passage, et que les_ Souvenirs _ont reproduite, en la datant par erreur d'Abbeville (pour Abloville).]